Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Jours tranquilles à Paris

Publicité
19 mai 2020

La lettre politique de Laurent Joffrin - En marche ou en morceaux ?

Virement de bord en macronie. Dans l’escadre LREM où les notions de droite et de gauche n’ont en principe plus cours, une flottille vient de se détacher par bâbord. Chassez le naturel… Le projet était en gestation depuis plusieurs semaines, il devient réalité avec la création de ce «neuvième groupe», dénommé «Ecologie, Démocratie, Solidarité» (EDS), situé à gauche, donc, d’un groupe lui-même ni à droite ni à gauche, ce qui pose un problème géométrique ardu.

Ces frondeurs désormais hors les murs – ils lanceront leurs pierres par-dessus une muraille symbolique – comptent dix-sept députées et députés, soit bien moins qu’annoncé auparavant, ce qui permet aux caciques d’En marche de juger l’affaire anecdotique. Le groupe majoritaire n’est plus majoritaire, certes, mais il bénéficie du soutien du Modem et des francs-tireurs d’Agir, et reste donc maître de l’Assemblée. Il peut aussi récupérer la suppléante d’un élu ex-LREM devenu maire et dont on dit qu’elle rejoindrait les «marcheurs».

Le nouveau groupe EDS sera doté d’une direction à cinq têtes, Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot, Paula Forteza, Delphine Bagarry et Aurélien Taché, dissidents revendiqués et, last but not least, Cédric Villani, le mathématicien qui avait pris la tangente dans l’élection parisienne avant de réaliser un score asymptotique. Cinq chefs sur dix-sept : voilà un groupe démocratique qui ne manquera pas de verticalité.

L’affaire est peut-être plus inquiétante qu’il n’y paraît. Au fil de la législature, LREM a perdu régulièrement des députés, dépités par les orientations du «macronisme réel», souvent éloigné du macronisme idéal de la campagne présidentielle. Avant la scission, d’ailleurs, les chefs LREM avaient pris la chose très au sérieux et dénoncé vertement cette équipée verte, taxée d’entreprise de division et de «contresens politique».

Mais contresens, il y a, en effet, ou plutôt contradiction : c’est au moment où Emmanuel Macron laisse entendre qu’il est prêt à réviser de fond en comble sa politique, suggérant un virage lui aussi social et écologique, que ces dissidents passent à l’acte. En principe, ils auraient dû applaudir à cette perspective : ils préfèrent claquer la porte ; au moment où la macronie envisage de pencher à gauche, sa gauche se dérobe. Une manière de dire que ces marcheurs qui font un pas de côté ne croient guère à la conversion de leur ex-patron.

Erratum : Une erreur s’est glissée dans la lettre d’hier. Les 500 milliards annoncés par le couple Macron-Merkel s’ajoutent aux 1 000 déjà prévus par le budget européen. Mais ces 1 000 milliards sont la somme de sept années de crédits, et non ceux de cette année. La somme totale est donc inférieure. Ce qui ne change rien à la nouveauté de cet emprunt communautaire.

Publicité
19 mai 2020

Le Facteur Cheval

facteur cheval222

19 mai 2020

Différentes configurations de mon STUDIO PHOTO

configurations studio photo (1)

configurations studio photo (2)

configurations studio photo (3)

configurations studio photo (4)

configurations studio photo (5)

configurations studio photo (6)

configurations studio photo (7)

configurations studio photo (8)

configurations studio photo (9)

configurations studio photo (10)

configurations studio photo (11)

configurations studio photo (12)

configurations studio photo (13)

configurations studio photo (14)

configurations studio photo (15)

configurations studio photo (16)

configurations studio photo (17)

configurations studio photo (18)

configurations studio photo (19)

configurations studio photo (20)

configurations studio photo (21)

configurations studio photo (22)

configurations studio photo (23)

configurations studio photo (24)

configurations studio photo (25)

19 mai 2020

À Carnac, le coup de gueule du maire après le premier week-end de déconfinement

Il y avait du monde sur les plages du département à l’occasion du premier week-end « déconfiné ». Beaucoup de monde. Et pas seulement sur les plages. Malgré la fermeture des siennes, c’était l’affluence des grands jours à Carnac… Au détriment de toutes les mesures de distanciation. Irresponsable, selon le maire Olivier Lepick.

Stéphanie HANCQ.

Qu’avons-nous constaté ce week-end ? Un port de masque ridiculement faible, des comportements totalement insouciants et même parfois verbalement agressifs lors de tentatives de pédagogie, des arrivées massives en Bretagne et à Carnac en complète violation avec la règle des 100 kilomètres…  Le maire de Carnac, Olivier Lepick, ne décolère pas. Sur sa page Facebook, l’élu s’est agacé – ce lundi 18 mai 2020 – du comportement de nombreux visiteurs ce week-end.

Et pour cause : malgré l’interdiction d’accès des plages de la commune, de nombreux promeneurs ont afflué sur le boulevard et en centre-ville, créant parfois même… des bouchons sur les trottoirs, et ce, au mépris des règles sanitaires en vigueur. « C’est exactement ce que je craignais qui est en train de se passer : c’est un complet relâchement dans les attitudes et les comportements sanitaires », regrette l’élu.

Mesure symbolique

Sans compter les comportements agressifs également observés le dimanche matin. Des élus volontaires pour assurer la bonne tenue du marché se sont fait insulter alors qu’ils rappelaient les règles d’accès – à savoir le port du masque obligatoire.  Quand on est maire, c’est un excellent poste d’observation de la société. On y voit le plus beau mais aussi le pire… Ça va, par exemple, avec les lettres de dénonciations. Je n’en ai jamais reçues autant que depuis deux mois !

C’est le seul élu du département à avoir pris la décision de ne pas ouvrir ses plages. « J’ai conscience que la mesure était plus symbolique qu’autre chose et qu’elle n’aura pas d’impact sanitaire. »

Pour le premier édile de cette station balnéaire prisée, « c’était surtout une façon de dire attention, la pandémie n’est pas terminée. »

S’il espère se tromper sur le risque d’une seconde vague Covid, il prévient que «  si nous n’y prenons pas garde, c’est 60 jours d’efforts inouïs que nous allons dilapider alors que personne, en France, ne semble vraiment mesurer l’ampleur de la catastrophe économique qui vient ! »

 

19 mai 2020

Michel Piccoli, les choses de sa vie

picco38

Monument du cinéma français, l’acteur prolifique, anti star-system et intelligence aux aguets, n’a cessé de se réinventer à travers plus de 200 films, dont «le Mépris» et «Habemus Papam». Il est mort le 12 mai à 94 ans.

Alors voilà, le plus grand acteur que l’on ait connu est mort, un mardi 12 mai, à 94 ans. L’emphase chez Michel Piccoli se doublait toujours d’un envers de farce qui la faisait tenir debout, d’un souci de se rendre invisible, pudique à l’extrême sous l’habit des centaines de rôles endossés, pour mieux laisser l’imaginaire, le délire et le lyrisme s’y engouffrer à bas bruit. Et pourtant, on ne voit pas bien comment dire autrement l’un des seuls comédiens de ce siècle et du précédent qui ne puisse d’aucune manière se trouver réduit à une idée, un geste, un trait ou un rôle où l’on voudrait discerner, un peu plus qu'ailleurs : le plus grand. Personne, à vrai dire, depuis que des images fixent la vie des corps ne s’est approché sans doute de la démesure de la fresque composée par Piccoli, où se sont inscrites pendant près de soixante ans ce que tant de grands auteurs et d’insondables êtres de fictions avaient de secrets auxquels il prêtait son insatiable disponibilité. Des films qui nous écrasent, d’autres dont les beautés nous coulent dans les veines, des films aussi qu’on n’aime pas beaucoup, où il n’est pas moins génial, malgré sa discrétion, sa défiance des numéros d’acteurs. Il s’est souvent engouffré dans des rôles et des projets avec passion, perte et fracas, jusqu’à s’endetter pour que certains se fassent (pas forcément ses meilleurs), s’y ruiner, lui qui avait si longtemps été un acteur pauvre et méconnu, et devoir se refaire en cachetonnant dans des réclames.

Fraternité fusionnelle

«J’aimerais jouer comme Munch peint», a-t-il dit dans un de ces entretiens où se lisaient sa défiance des termes vagues, imprécis, et son souci de la valeur des mots, comme on parle de valeurs musicales - même s’il s’entichait aussi de vocables auxquels il prenait goût au point de vouloir y plier le monde entier : ainsi toutes choses et personnes dépeintes par Piccoli pouvaient se repeindre aux couleurs des «extravagant !» qu’il énonçait à tout propos, comme s’il cherchait à tirer tous les vertiges possibles d’un alcoolisme de mignonettes. A propos de Munch encore : «Ça peut paraître intellectuel et très prétentieux. Lorsqu’on regarde ses tableaux de loin, on voit bien ce qu’il a représenté, un arbre, quelqu’un qui crie. Alors on s’approche : il y a là, de près, un apparent désordre, un fouillis. Puis en reculant, le fouillis disparaît, mais le délire reste.» Face à la démesure et au délire calme du monument Piccoli, on aura beau s’avancer et reculer, on sera en peine de saisir quoi que ce soit qui ne nous échappe aussitôt, tout comme il semblait jouer une chose et en vivre une autre en même temps, écouter, entendre comme aucun autre acteur ne savait le donner à voir, et fomenter une acrobatie ravalée - «l’écoute peut suffire à jouer», a-t-il aussi dit. L’épaisseur de regards où l’on pouvait lire à la fois l’aménité et la folie, les abîmes de l’égarement en même temps qu’un coup d’avance ; la droiture stricte de postures cintrées mais comme vêtues de tutus imaginaires ; la furie tendue de velours rugissant quand les rêveries ductiles qu’il semblait contenir se faisaient orages électriques ; cette voix surtout, dont on n’aurait su dire si elle nous étreignait de douceur ou de violence contenue, si elle était un baume ou un venin, tout cela disait la multiplicité des vies que menait Michel Piccoli à chaque seconde passée sur un plateau de théâtre ou de cinéma : vivre toujours absolument, à la fois à côté de là où on l’attend, et si totalement présent.

«Il faut que l’acteur soit un peu auteur aussi, sans quoi ce n’est pas très passionnant», disait-il en 1973, sans deviner peut-être que la liberté de son appétit, sa force de travail, la reconnaissance de son génie et sa longévité le rendraient coauteur de centaines de films et spectacles, bien au-delà des quelques-uns qu’il aura mis en scène lui-même, sur le tard. Des films de Godard, Ferreri, Buñuel, Varda, Demy, Bava, Doillon, Ruiz, Sautet, Bellocchio, Hitchcock, Cavalier, Vecchiali, Costa-Gavras, Skolimowski, Brisseau, Malle, Corbucci, Lelouch, Carax, Bonello, Bonitzer, Lvovsky, Oliveira, Chahine…. enchaînés au gré d’une fraternité fusionnelle vouée aux personnages et aux auteurs, des rencontres et des fidélités aux petits et grands cinéastes, dont son intelligence mimétique se faisait souvent l’alter ego, ou le relais, en même temps que sa manière de paraître le spectateur le plus attentif, aux aguets de l’action dont il était au centre, ménageait un espace généreux à ceux qui le regardaient de part et d’autre de l’écran.

La dernière fois qu’on l’avait croisé en personne, il y a une dizaine d’années à Locarno, où il venait présenter encore, à 80 ans passés, un premier film (le Bel âge de Laurent Perreau), on l’avait vu se faire alpaguer par un officiel suisse qui, les yeux brillants, tenait à se rappeler à son souvenir : «Monsieur Piccoli ! Vous vous souvenez ? On avait déjeuné ensemble à Lausanne il y a cinq ans !» L’acteur, dont la mémoire devenue friable n’avait rien abîmé de la majestueuse répartie, s’était fendu d’un de ces sourires dont il cultivait mille nuances, et, avec cette affabilité si aiguisée qu’on ne saigne qu’une heure après sa coupure, avait répondu : «Et c’était bon ?» On n’y était pas, Michel, mais on jurerait que oui, c’était bon.

«Hasard tragique»

Il est né dans le XIIIe arrondissement de Paris le 27 décembre 1925 - père italien, mère française, tous deux musiciens. Cinquante ans plus tard, il écrira : «J’existe par hasard. Si mes parents n’avaient pas perdu un premier enfant peu avant ma naissance, je n’aurais sans doute jamais eu le loisir de vivre. Je ne pense pas être né de la surprise, mais bien d’une compensation. En soi une tragédie.» (Dialogues égoïstes, 1976, Olivier Orban). Ou encore : «C’est le hasard tragique par lequel je suis venu au monde. Je n’ai pas souffert d’être le fils de remplacement, mais cela me poursuit : tous mes amis sont nés de la quête d’un frère impossible.» (dans Libé en 2006). D’autres regrets plus ou moins tragiques planent sur le berceau : Henri Piccoli, dont le violon accompagne films muets et enterrements entre deux concerts, se serait rêvé acteur. La mère, Marcelle, qui joue du piano sans plus de gloire, macère entre sentiment de déclassement et révolte contre une condition de cadette d’une fratrie de douze, à la fortune évaporée. «Moi, je n’ai pas souffert comme elle, dira-t-il. Je suis tout de suite entré dans une vie modeste, mais tout à fait honorable. Je n’ai été blessé qu’à travers les souffrances de ma mère. C’est peut-être pour ça que j’ai une espèce de négligence, de mépris ou de hauteur vis-à-vis de l’argent.»

Dans un appartement minuscule où ses parents se vouent à leur activité musicale, Michel se révèle un enfant difficile, lorsqu’il ne se retranche pas dans une réserve «presque maladive». Il refuse furieusement d’apprendre la musique, prétextant même avoir la vue mauvaise pour déchiffrer les partitions - démasqué, il s’en tirera avec une paire de claques et la paix. On entreprend de soigner à la fois sa timidité et ses accès de caractère dans divers internats, où il monte pour la première fois sur scène, à 10 ans, dans une représentation des Habits neufs de l’empereur d’Andersen. En 1940, la famille choisit l’exil en Corrèze. Sur le trajet, qu’il accomplit seul à vélo tandis que sa mère prend le train, l’ado dira s’être senti pour la première fois libre et maître de lui-même, malgré le chaos des tableaux qu’il traverse sous la mitraille des avions allemands.

Bals populaires et boulots marmiteux

Depuis la grange d’une ferme où sa famille et d’autres s’entassent pour un temps, il poursuit sa scolarité sans éclat tantôt par correspondance, tantôt dans un moulin alentour, d’où il entend la voix de De Gaulle en juin. Sa mère rentrée à Paris rejoindre son père, son exode se poursuivra à Cavalaire, dans le Var, où il découvre l’amour en marge des bals populaires et de petits boulots marmiteux. Lors de ces deux années au vert, il contracte une passion qui ne le quittera pas, pour les chevaux - un coup de tête équin reçu bien plus tard lui vaudra bien à 70 ans une fameuse cicatrice sur le crâne. Puis il regagne la capitale en 1942, sèche les cours, fomente, comme on planifie une distraction, un attentat contre un officier allemand, feuillette les hypothèses de professions et de vies possibles sans fixer sur l’une d’entre elles sa passion. Chaque jeudi, il esquive les cours de maths pour lire voracement une revue hebdomadaire, Comédia : «Je lisais des articles qui traitaient de littérature, de cinéma, de spectacle… comme d’autres lisaient Mickey ou comme aujourd’hui les jeunes achètent, par exemple, des revues sur le surf. Ils adorent ça et ils dévorent pour nourrir leurs rêves… Je dévorais Comédia.»

Il n’idolâtre pourtant aucun acteur, ne sait rien du théâtre ou du cinéma, où ses parents ne l’ont jamais emmené. Et cependant, un jour, il assène à sa mère qu’il veut être comédien, et celle-ci le met alors simplement au défi d’intégrer un cours qui verrait un acteur en lui. Ce que, Paris libéré, il réussit. Il passe douze heures par jour à se familiariser avec quelques rudiments classiques d’articulation, «enfin heureux «d’apprendre». Il y croise épisodiquement Roger Carel, Maria Casarès venue se débarrasser de son accent et Luis Mariano, pas encore roucouleur. Il fréquente et fricote avec des danseuses. On est en 1945, la guerre s’achève. Il n’a pas encore 20 ans et n’aspire à rien tant qu’au théâtre, dont il se nourrit en auditeur libre au Conservatoire, puis au cours Simon, dans l’admiration éperdue d’un Louis Jouvet qu’il n’a pourtant aperçu que par bribes, avant de forcer la porte de la scène via la troupe de Georges Douking, «l’un des grands magiciens de théâtre». «Je ne pouvais pas tomber mieux. Cela m’a conduit vers un certain style dans le théâtre qui se divise en deux catégories, l’intellectuel et le boulevard. Moi je suis resté dans la première catégorie… Si j’étais tombé sur Bernstein ou Guitry ç’aurait été le contraire.» Sur la scène du Pigalle, théâtre bientôt détruit, il joue déjà deux rôles, un jeune homme et un vieillard.

«Mon talent réside entier dans le mimétisme»

D’autres costumes et pièces suivent, se montent et se chassent vite, où il est «un pion sur un jeu d’oie théâtral», classiques, staliniennes, cocardières, de cabaret, peu importe, irriguées par plus d’enthousiasme que de recettes, et il apparaît pour la première fois à l’écran, figurant en habit de paysan cévenol, dans Sortilèges de Christian-Jaque. Une fois, il joue une tragédie moderne sur une scène si étroite qu’un geste trop vaste lui brise l’index contre le mur. Parfois, la salle est moins peuplée que le plateau, mais à l’époque rien n’est cher et il survit de peu.

Il cachetonne sans honte ni ennui à la radio, vit sous le toit de ses parents qui le nourrissent encore et jouit de la voiture d’une amoureuse dotée «d’un monsieur très riche». A la Rose rouge, détenu par le futur cinéaste Nikos Papatakis, il rencontre des poètes, «les bohémiens de l’époque : Nimier, Blondin, Sartre évidemment». D’autres rencontres essentielles suivront : Boris Vian, Roger Blin… Un soir où il joue à la Renaissance, on le remarque. Le cinéaste communiste Louis Daquin lui offre en 1949 son premier rôle d’envergure, un mineur maudit, dans le Point du jour, puis le reconduit dans le Parfum de la dame en noir, en second couteau de Serge Reggiani. D’un revisionnage du Point du jour trente-deux ans plus tard, il dira à Libé : «C’était une autre personne que je voyais sur l’écran, mais ce qui m’a frappé c’est à quel point j’étais crédible en jeune mineur. J’ai compris à cet instant que mon talent réside entier dans le mimétisme, et que ma curiosité m’avait formé, plus que tout le reste.»

Humilité hirsute

Mais son apprentissage de la caméra, de laquelle il n’avait à ses débuts «aucun sens», s’opère aussi dans des courts métrages, pastiches de genres américains (western, épouvante et gangsters), plus tard réunis sous le titre Parodie parade. Entre deux spectacles, de G.B. Shaw ou des Frères Jacques, les tournages où il campe des rôles mineurs dans des films qui ne le sont pas moins aiguisent son goût de la technique, cette machinerie optique qui tend la mise en scène, pour mieux y faire luire les affects et les effets de son jeu. Il attendra toutefois ses 65 ans, en 1990, pour passer de l’autre côté de la caméra, le temps d’un court, sept ans avant de tourner le premier de ses trois beaux longs métrages de réalisateur, avec toute l’humilité hirsute du monde : Alors voilà (1997), la Plage noire (2001), C’est pas tout à fait la vie dont j’avais rêvé (2005).

Jusqu’en 1953, il subsiste à force de petits rôles arrachés sur des scènes modestes de la rive gauche où se cherchent les avant-gardes théâtrales du moment dans une obscurité qui tardera à se dissiper. Il prend part à l’aventure coopérative du théâtre de Babylone. Mettant la main à tout, de la régie aux menus travaux, il bricole beaucoup, joue tout autant sans guère s’enrichir plus, et lie connaissance avec sa future première épouse, la comédienne Eleonore Hirt, qui sera aussi la mère de sa fille, Anne-Cordélia. Un soir où il joue, tremblant, l’un des rôles majeurs des Aveux les plus doux de Georges Arnaud, Jean Renoir et Luis Buñuel sont dans la salle. Le premier le couvre de compliments, le second s’éclipse par dégoût des mondanités, mais deviendra vite son ami, et tous deux seront les premiers grands cinéastes à employer Piccoli. Renoir en 1954, dans French Cancan, où Piccoli n’a qu’un petit rôle de militaire, dans l’ombre de Gabin, mais suit le travail du maître avec passion ; Buñuel deux ans plus tard (la Mort en ce jardin, tourné avec Simone Signoret à Mexico), pour ne cesser de le retrouver, à six reprises : le Journal d’une femme de chambre (1964), Belle de jour (1967), la Voie lactée (1969), le Charme discret de la bourgeoisie (1972), le Fantôme de la liberté (1974) et Cet Obscur Objet du désir (1977).

Gouaches et lumières primaires

En attendant, il se fâche avec Jean Vilar, mais nourrit sa boulimie de rôles au théâtre, s’y ébat désormais avec tant d’aise qu’il se plaît à jouer des tours improvisés à ses partenaires de jeu et y connaît quelques succès. Surtout, il commence à travailler pour la télévision, où il conquiert un début de notoriété. Au cinéma, quand Jean-Pierre Melville le remarque et l’embauche pour le Doulos (1962), il cumule déjà une trentaine d’apparitions plus ou moins heureuses sur grand écran, y compris en armure et en Yougoslavie, dans un péplum de Cottafavi (les Vierges de Rome, 1961). Melville le range avec Reggiani et Belmondo du côté des plus américains des acteurs français : «Ils sont underplay», «avec cette nonchalance, cette économie de moyens que j’admire tant».

Et quand survient enfin l’année suivante «le grand départ» de sa carrière de star éclose tardivement, à 38 ans, c’est dans l’ombre du glamour hollywoodien. Godard, qui s’est entiché de lui chez Melville, avait Frank Sinatra en tête avant de lui proposer le rôle de Paul dans le Mépris, où il doit porter toujours le chapeau selon le modèle du «Dean Martin de Comme un torrent». Un jour de 1963, il convoque Piccoli, lui annonce qu’ils tournent trois semaines plus tard l’adaptation du livre de Moravia. L’aventure peinte de gouaches et lumières primaires au soleil de Capri, la villa Malaparte («Un des plus beaux lieux qui existent. Un nid d’aigle de mégalomane superbe. Une espèce de paquebot»), la nudité de Bardot arrachée de haute lutte au jeune gourou Nouvelle Vague par les producteurs s’agaçant de la continence du scénario qui se réinvente au jour le jour en des coulisses «difficiles», les fétiches hollywoodiens Fritz Lang et Jack Palance, tout cela laissera pour Piccoli la trace d’«un éblouissement» joyeux, dont le film fixe pour le reste du monde l’éclat indélébile, aussitôt versé à jamais à la mythologie cinéphile.

Enfin, joyeux, «capital» pour lui, et bizarre, se souviendra-t-il en 1981, entre deux bouffées de cigare au journal de TF1, quand il retrouve le cinéaste pour Passion : «Godard ? Quelqu’un d’exceptionnel et de bizarre», Bardot, «un animal bizarre aussi» ; Jack Palance «encore un boxeur bizarre». Fritz Lang, qui deviendra son ami, «pas rien»… Lui ? «Moi, petit débutant.» «Rencontrer Bardot était exceptionnel. Palance, je le connaissais déjà, j’avais joué au basket avec lui en Yougoslavie où on tournait chacun un péplum. Avec Brigitte on jouait au basket aussi, en quelque sorte, une sorte de basket.»

«Happé par le cinéma»

Aussitôt l’affaire en boîte, une partition tout autre face à Jeanne Moreau dans le Journal d’une femme de chambre de Buñuel permet à l’acteur d’entériner sa stature nouvelle dans le regard de tous. A la télé, le Dom Juan de Marcel Bluwal (1965) que l’on montrera encore dans les salles de classe des décennies plus tard, nourri de sa réputation déjà faite de séducteur, achèvera de donner au plus vaste nombre la mesure de sa grandeur, tandis que l’aspire désormais le tourbillon des tournages : «Le cinéma, écrira-t-il plus tard, est une magie qui rend fous ceux qui le regardent et ceux qui le font. J’ai été un jour happé par le cinéma.»

Et ainsi s’engouffre-t-il avec exaltation dans une enfilade de projets et de rôles qui l’enlacent et le recrachent à toute allure. Sans vertige aucun. Car l’acteur est mûr, sûr de son métier autant que de son art : en 1966, alors que sa filmographie vient de s’enrichir d’une quinzaine de titres en dix-huit mois, en des contrées aussi dépareillées du cinéma français que les Demoiselles de Rochefort chez Demy, Paris brûle-t-il ? de René Clément, les Créatures de Varda, Belle de jour de Buñuel, les Ruses du diable de Paul Vecchiali, la Curée de Roger Vadim ou Compartiment tueurs d’un Costa-Gavras débutant, un journaliste lui demande si son métier déborde totalement sa vie, et il réfute placidement. «Absolument pas. Je fais mon métier, une fois qu’il est fini, je pense à vivre. Et pas seulement à travers mon métier. Vivre c’est me promener, prendre mon temps, faire du petit avion, m’occuper de ma fille, de ma femme, des amis. Pas se regarder le nombril toute la vie sous prétexte qu’on est acteur.»

Cette année-là, au lendemain du tournage de Belle de jour, fin 1966, vivre c’est aussi se marier «le plus discrètement possible» avec Juliette Gréco, de deux ans sa cadette, quelques mois seulement après leur coup de foudre. «Et vous savez, finalement, là où on est le mieux caché, c’est chez soi.» «On n’arrivera certainement pas toujours à concilier nos carrières, mais ça ira sans doute très bien», assure-t-il aux échos mondains, le lendemain de la noce. Il l’accompagnera dans son premier voyage en URSS, elle le nourrira de foie gras, ils iront ensemble aux concerts hippies de Hugues Aufray. Dix ans plus tard, ils se séparent. Il épousera en 1978 la scénariste Ludivine Clerc, auprès de qui il finira ses jours, entouré des deux enfants qu’ils avaient adoptés ensemble, Inord et Missia.

Mais alors que les médias raffolent désormais de lui, pourtant bombardé star totale seulement une fois la quarantaine passée, déjà dégarnie et grisonnante, loin des silhouettes de play-boys et éphèbes en vogue (Delon, Belmondo, Brialy), il a beau poser entouré de mannequins dénudées dans les pages de Lui, quelque chose de la discrétion qui enveloppait ses débuts ne le quitte jamais vraiment. A moins que ce ne soit l’emprise du souvenir de l’Homme invisible, le premier film qu’il se rappellera avoir vu, et une figure dont il dira souvent combien il aurait aimé l’incarner. Il esquive les questions personnelles («Parler des femmes avec qui j’ai vécu serait indécent») et n’envisage sa notoriété vrombissante qu’en véhicule de combats sociaux rivés à gauche (de manifestations contre la censure et la guerre du Vietnam ou pour l’Indochine, aux bras de Rocard et Krivine, en plaidoyers pour les précaires) et, surtout, de son insatiable appétit de jouer, de jouir à plein de ce monde et cette époque si distants des nôtres, de vagues nouvelles déferlant de toutes parts, qui ont consacré en idole ce type certes génial, mais dépourvu du minois ou de l’ego d’un jeune premier.

Expériences sauvages et monument ogresque

Jamais il ne perdra la mémoire amère de ses débuts, de la misère dans laquelle ont baigné les premières décennies de sa vie d’artiste, et il ne cessera de rappeler les éloges de ses interlocuteurs à la prime cruauté de son parcours. Jamais non plus il n’abandonnera le théâtre, où son itinéraire croise Peter Brook, Bob Wilson ou Chéreau, pour découvrir la cour d’honneur à Avignon en 1988, dans un Conte d’hiver mis en scène par Luc Bondy. Cela, en même temps qu’il sillonne autant de continents que possible du cinéma du moment, tournant avec (et «ratant», de son propre aveu) Hitchcock (l’Etau, 1969) comme Mario Bava (Danger : Diabolik ! 1969), croisant Orson Welles chez Philippe de Broca (la Poudre d’escampette, 1971) et Catherine Deneuve aussi souvent que possible (une quinzaine de films ensemble, de 1966 à 2012). Collectionnant également les pactes au long cours avec des cinéastes aimés (avec son «Pygmalion» Buñuel donc, Ferreri dont «l’univers fou [lui] convient parfaitement», comme par «télépathie», Sautet - «un jumeau» -, Chabrol, Deville, puis Rivette, Ruiz et De Oliveira ou même Carax) et les expériences sauvages où il se jette tête baissée ou cul nu, dont la liberté n’a pas toujours bien vieilli mais où la légèreté qui ourle ses excès et ses inventions n’apparaît aujourd'hui défraîchie en rien.

«Quand on a beaucoup travaillé, on a des amis, des metteurs en scène qui eux mettent un, deux ou trois ans à faire un film. Quand on a rencontré un metteur en scène, on ne peut plus le quitter comme ça, dira-t-il en 1973. On dit que je travaille beaucoup, d’aucuns disent même qu’avant 40 ans j’avais une carrière un peu nulle, ce qui était absolument faux alors que je travaillais autant, mais dans des théâtres. Ça ne se savait pas.»

Chaque fois qu’on l’interrogera au passé comme au présent sur ses faits de gloire de monument ogresque et suprêmement vivant, il aura semblé recevoir les honneurs avec le même alliage de moquerie et de défiance bravache avec lequel il essuyait les scandales - les films de Ferreri, souvent hués à Cannes, la Grande Bouffe en tête. En 1970, quand une speakerine lui demande s’il n’a pas le sentiment «d’être en ce moment vraiment LA vedette» («Sans doute, oui. Enfin, les autres ont la sensation, moi pas tellement»), comme en 2006, quand il s’agace dans la Croix qu’on veuille le statufier en ce roi Lear qu’il joue sur scène : «Il n’y a rien de pire, sinon se statufier soi-même. Cette seule idée m’est insupportable. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai beaucoup résisté à André Engel quand il m’a proposé de jouer le Roi Lear en 1993. Je n’ai dit oui [qu’en 2006] , parvenu à un certain âge, on vous épingle Lear comme une décoration. Je n’ai jamais aimé être décoré. Encore moins épinglé. C’est très beau, mais ça signifie la mort comme pour les papillons.»

«Fantasme»

Jusqu’au bout, veut-on croire, alors que sa santé et la frilosité des assureurs l’avaient éloigné des plateaux depuis cinq ans, Michel Piccoli n’aura jamais habité que cet intense présent qui était en lui le temps unique et absolu du jeu, d’une modernité toujours à venir, qui n’a cessé de rajeunir, des plus antiques traces de son art captées par l’ORTF et des cinéastes oubliés jusqu’en des films récents de Bertrand Bonello (De la guerre, 2008), Nanni Moretti (Habemus Papam, 2011) ou Bertrand Mandico (Notre-Dame des hormones, 2015, ultime surgissement de sa voix au cinéma). Ainsi n’aura-t-il peut-être jamais trouvé le temps de se livrer à ce projet, ajourné à un «plus tard» sans point de chute, qu’il énonçait à Libé en 2006, à 81 ans : «Longtemps, j’ai fait un rêve. Je marche dans la rue, Bresson me croise, m’arrête et me dit : "Je suis Robert Bresson, accepteriez-vous de jouer dans mon prochain film de cinématographe ?" Ce fantasme s’est en quelque sorte concrétisé quand j’ai rencontré Otar Iosseliani, qui m’a dit : "Que diriez-vous de jouer le rôle d’une vieille dame dans mon prochain film ?" J’ai fait des essais de robes, rouges à lèvres, soutiens-gorge, et ce fut extrêmement voluptueux. Je n’ai jamais demandé à Iosseliani pourquoi il avait pensé à moi mais, en me voyant dans ce rôle, je me suis immédiatement dit, et ce fut un choc : "Je suis ma mère."» Avant de se prescrire, pour «plus tard» et pour lui-même, du haut de ses quelque 200 films tournés : «Faire une psychanalyse à travers tous les personnages que j’ai joués.» LIBERATION

Publicité
19 mai 2020

Vu sur internet

jaime87

19 mai 2020

Ecran total pour les fashion weeks

Fini les personnalités au pied des podiums, les photographes et les happy few à la sortie des défilés. Après Londres, c’est au tour de Paris et de Milan de décréter que leurs semaines de la mode se dérouleront en ligne. Avec un nouveau défi : maintenir un calendrier officiel

MODE

Condamnée à exister à travers des écrans en période de confinement, la mode restera digitale dans les semaines à venir. Quelques jours après que la London Fashion Week a indiqué qu’elle deviendra totalement digitale, la Fédération de la haute couture et de la mode (FHCM), qui organise la puissante fashion week de Paris, lui emboîte le pas. Le 6 mai, elle a annoncé la tenue d’un événement 100 % numérique, qui aura lieu du 9 au 13 juillet.

Pour compléter le tableau, la Chambre nationale de la mode italienne (CNMI), l’organisateur de la fashion week milanaise, a décrété, le même jour, que sa session se tiendra également en ligne, et dans la foulée (du 14 au 17 juillet). Voici donc venue une saison sans carton d’invitation ni premier rang, sans photographes de street style, ni salut final sous les applaudissements.

Pour Paris comme pour Milan, il s’agira de présenter au travers de films et divers contenus (photos, live-streaming, séminaires en ligne, etc.) les collections homme printemps-été 2021 et les précollections printemps-été 2021. Une initiative qui n’allait pas de soi il y a peu. « Dans la mode, la réunion physique de la fashion week est un repère : un rituel où se retrouve une communauté. Sa digitalisation briserait l’unité de lieu et l’amoindrirait en termes de sensations et d’émotions », jugeait Pascal Morand, le président exécutif de la FHCM, devant un groupe de journalistes français, le 18 septembre 2019. Six mois quasiment jour pour jour avant le confinement de la France. Depuis, une pandémie mondiale, assortie de déplacements limités, de frontières fermées et de vols aériens suspendus, a balayé les certitudes et contraint le système de la mode à faire preuve de souplesse.

Dès février, Milan avait franchi une première étape avec le projet « China, We Are With You » : la retransmission de ses défilés en ligne pour les professionnels chinois empêchés de se rendre à l’étranger. « Plus de 25 millions de personnes ont ainsi pu assister virtuellement » à ces parades, se félicite la CNMI. Cette fois, les plates-formes numériques de juillet représentent, comme le résume la CNMI, « une réponse concrète au besoin de promotion et de business exprimé par les marques ».

Car, en mode comme ailleurs, la nature a horreur du vide. Et, si maisons et créateurs n’ont pas pour l’instant publiquement réagi aux annonces de Paris et de Milan, ils devraient profiter du terrain d’exposition offert, car convaincre journalistes et surtout acheteurs de l’intérêt d’une collection reste un prérequis pour espérer vendre des vêtements ensuite.

Saint Laurent fera bande à part

Si, pour juillet, les programmes restent à découvrir, on sait déjà que les jeunes labels recevront un coup de pouce. Milan s’engage à financer la production de leurs contenus. Paris les mettra en lumière dans Sphere, un showroom réservé, rendu virtuel. Mais, pour parvenir à faire de leurs événements numériques un succès, les organisateurs devront prendre soin de composer un calendrier divers. Paris, notamment, a une réputation à tenir en termes de variété de son offre de mode masculine, qui mélange généralement créateurs pointus (GmbH, Botter, Sankuanz), valeurs montantes (Hed Mayner, JW Anderson, Alyx), fidèles habitués (Paul Smith, Raf Simons, Dries Van Noten) et poids lourds (Louis Vuitton, Dior Men, Hermès).

Autre défi pour les fédérations : conserver leur autorité pour sélectionner les participants et attribuer les horaires des défilés, même s’ils ont lieu en ligne. Le 27 avril, Saint Laurent a décrété son émancipation du calendrier officiel pour l’année 2020. Au même moment, en Italie, un coup d’éclat similaire est venu d’Ermenegildo Zegna, qui a déclaré prévoir un événement « phygital » (contraction de physique et digital) de son côté.

Les semaines de la mode de juillet seront aussi une façon de garder la main pour éviter que les marques ne fassent toutes bande à part. Milan s’est d’ailleurs empressé de préciser que le fameux coup de com « phygital » de Zegna, rattrapé à la volée, figurerait dans les clous du calendrier officiel. De son côté, la FHCM rappelle dans son communiqué que « le principe du calendrier officiel est maintenu ».

Pour participer à une fashion week dématérialisée, chaque griffe doit se repenser ; les designers réfléchir à de nouveaux formats pour présenter leurs collections ; les directeurs de casting faire une croix sur les mannequins étrangers qui ne pourront pas voyager ; les stylistes et coiffeurs sublimer des silhouettes destinées à n’être vues qu’à travers un écran ; les constructeurs de décors apprendre à bricoler des mises en scène purement virtuelles. Les professionnels qui forment un microcosme cosmopolite resteront, quant à eux, cloîtrés dans leurs pays.

Conséquences ? Les chiffres démontrant la puissance incontestée de la fashion week de Paris – 5 000 participants, 5 000 postes en équivalent temps plein, 440 millions de chiffre d’affaires annuel grâce aux retombées économiques, selon une étude réalisée en 2016 par l’Institut français de la mode et le cabinet Quadrat Etudes – pourraient pâlir… A l’inverse, les acteurs qui devraient en profiter sont les entreprises du numérique. Les canaux de communication de Google, Facebook et Microsoft (tels qu’Instagram, Facebook, YouTube, LinkedIn…) seront d’ailleurs partenaires de Londres et de Milan (Paris n’a pas encore précisé les siens).

Le principe même de défilé de mode physique, lancé en 1858 par Charles Frederick Worth, se retrouve cette saison, pour la première fois de son histoire, éclipsé au profit du digital. Comme un rituel mis en sommeil. Rien de neuf, minimisent depuis quelques jours les connaisseurs, en rappelant le défilé Helmut Lang automne-hiver 1998, que l’Autrichien avait montré à travers une vidéo, accessible sur Internet et sur CD-Rom. Un « grand succès », se remémorait le designer dans un entretien à WWD paru le 5 mai. Renouvelée en 2001, l’expérience n’avait pourtant pas été jugée pertinente par les concurrents, qui ne l’ont pas imitée. Jusqu’à ce qu’ils n’y soient contraints et forcés par une crise sanitaire mondiale.

19 mai 2020

Presse - Michel Piccoli

la une du telegramme

picco39

picco41

19 mai 2020

Donald Trump révèle qu’il prend de l’hydroxychloroquine.

trump665

Le président américain a déclaré lundi que la présence du coronavirus n’avait pas été détectée dans son organisme mais qu’il prenait ce médicament contre le paludisme depuis une semaine et demie, à titre préventif. “J’entends beaucoup de choses extraordinairement positives” sur l’hydroxychloroquine, a déclaré Donald Trump à la surprise générale lors d’un échange avec des journalistes. Les autorités sanitaires canadiennes et américaines ont pourtant mis en garde fin avril contre l’utilisation de cet antipaludéen dont l’efficacité contre le coronavirus n’a pas été démontrée à ce stade. L’Agence américaine des médicaments a notamment déconseillé son usage “en dehors d’un milieu hospitalier ou d’essais cliniques, en raison du risque de troubles du rythme cardiaque”. Trump cherche une nouvelle fois à “montrer qu’il s’y connaît mieux que les experts”, analyse Philip Bump, journaliste au Washington Post. “C’est un message qui a trouvé une forte résonance auprès de nombre de ses partisans en 2016 mais son utilisation dans les circonstances actuelles est beaucoup plus risquée”.

19 mai 2020

Milo Moiré

milo sexy (1)

Publicité