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Jours tranquilles à Paris

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19 avril 2020

La Levrette

levrette

Le bestiaire sexuel est-il universel ? Si l’animalisation des rapports sexuels traverse les continents, chaque culture adopte pourtant ses propres références. Côté levrette, la langue française semble avoir la logique de son côté – comment ne pas associer la femelle du lévrier, aux pattes avant plus courtes que les pattes arrière, à la célèbre position sexuelle ? L’anglais, avec le doggy style, nous accompagne dans les plaisirs canins, quoique de manière moins spécifique. Dans la Rome antique, on parlait de coitus more ferarum, le « sexe à la manière des bêtes sauvages ». Et, dans l’Italie moderne, la levrette est une brebis (pecorina) – moins dangereuse que la lionne proposée par Aristophane. Le Kama-sutra décrit le « congrès de la vache » (congress of a cow). On l’aura compris : la levrette, ça n’est pas pour nous autres humains, censés faire l’amour de manière civilisée, donc de face, en déclamant du Baudelaire.

La levrette garde d’ailleurs, aujourd’hui encore, sa mauvaise réputation : mettre à quatre pattes une femme, une équipe de foot ou une nation… est-ce dégrader ? (Y compris si, pour ce faire, le pénétrant doit lui-même se mettre à genoux ?) A l’heure du triomphe végane, doit-on continuer à considérer l’animalisation comme une insulte ? C’est compliqué : la levrette n’est objectivement pas égalitaire. Le pénétrant a tout contrôle sur les opérations, il peut imposer une pénétration anale et, sans surprise, la pornographie lui adjoint volontiers des fessées et des tirages de cheveux – comme marques de domination et d’humiliation. La personne pénétrée est traitée comme un chien et qualifiée de même – une logique qui se heurte pourtant à l’irrationnel du désir : la sulfureuse levrette reste la position préférée des Français (enquête Zava, 2017).

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19 avril 2020

Miss Tic

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19 avril 2020

StopCovid : les Français peu enclins à se faire suivre à la trace

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COURRIER INTERNATIONAL (PARIS)

Une application pour smartphone est actuellement testée en France pour suivre et avertir ses utilisateurs, dans le but de lutter contre la propagation du coronavirus. Si en Asie, une initiative similaire a été un succès, dans l’Hexagone, les réticences sont nombreuses.

Le gouvernement français s’était d’abord montré hostile à l’idée de “traçage” des individus pour lutter contre la propagation du Covid-19. Au nom du respect des libertés individuelles et de la vie privée, des valeurs auxquelles tiennent particulièrement les Français, souligne The New York Times. Mais “trois semaines plus tard - et une multiplication par dix du nombre de décès” liés au virus, “la culture française pourrait bien changer” et “des options qui semblaient autrefois inenvisageables sont progressivement devenues acceptables”.

C’est ainsi qu’une application est actuellement testée par le gouvernement français et les chercheurs de l’Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique). Fonctionnant avec le Bluetooth d’un smartphone, elle “permettrait d’envoyer des alertes téléphoniques aux personnes ayant été en contact avec des malades du Covid-19 grâce à la géolocalisation”, explique The Daily Telegraph. “Ces personnes seraient ensuite testées ou isolées.” L’application, pour l’heure nommée “StopCovid”, ne devrait pas être prête avant quelques semaines puisque, d’après Cédric O, secrétaire d’État chargé du Numérique, son utilisation ne sera pas effective lorsqu’elle sera débattue au Parlement les 28 et 29 avril.

Les Français réticents

Néanmoins, la nouvelle est déjà source de divisions en France. D’après un récent sondage, indique le Telegraph, “près de la moitié des Français refuseraient de télécharger l’application pour des raisons de confidentialité et de respect de la vie privée”. Ce qui en limiterait donc l’utilité. Plusieurs politiques ou associations, notamment Amnesty International ou le Défenseur des Droits Jacques Toubon, ont également émis des craintes.

Il faut dire que “la France, où les valeurs nationales sont nées de la Révolution contre la monarchie, est particulièrement attachée aux notions de droits individuels”, rapporte The New York Times. Cédric O l’a lui-même reconnu, rapporte le quotidien américain :

Les Français sont par nature prudents vis-à-vis de la technologie et même du progrès.”

Beaucoup d’opposants au projet, “craignent que les gouvernements ne profitent de cette occasion pour appliquer des mesures de surveillance de grande envergure, qui ne sont pas conformes au cadre réglementaire et qui restent en place après la crise du coronavirus”, complète TechCrunch. “C’est probablement la raison pour laquelle le gouvernement essaie de rassurer les gens de manière préventive avant de diffuser l’application ‘StopCovid’”, ajoute le média spécialisé.

L’exemple sud-coréen

Et si, Cédric O se justifie en effet en expliquant que “l’application sera en open source et que la CNIL, l’organisme français de surveillance de la vie privée, aura son mot à dire”, note TechCrunch, c’est davantage sur des modèles à l’étranger que se basent les principaux arguments des partisans de l’application. En Asie, “le traçage sur la totalité des chaînes d’infection, associé à des tests massifs, se sont avérés essentiels pour lutter contre la pandémie”, rappelle ainsi The New York Times.

Particulièrement en Corée du Sud où “grâce au suivi numérique sur plusieurs fronts - des téléphones portables, de l’utilisation des cartes de crédit et des images des caméras de sécurité - les autorités peuvent savoir précisément quel endroit est contaminé, quel endroit est propre et donc, quelle zone doit être verrouillée”. En somme, ajoute Ki Mo-ran, un épidémiologiste qui conseille le gouvernement sud-coréen : si “la liberté de chacun est affectée, nous devons nous demander si la vie privée d’une personne est plus importante que la vie d’une famille ou d’autres personnes”.

Une question européenne

Il n’empêche, “qu’en Europe, cette possibilité évoque des images de dirigeants autoritaires”, tranche The New York Times. Et la France n’est pas la seule à se questionner sur le sujet : le même type d’application est en préparation ou est déjà utilisé dans au moins une douzaine de pays européens (Autriche, Italie, Norvège, Allemagne…)

Le 16 avril, la Commission européenne s’est dite favorable aux applications de traçage tout en mettant en ligne “une boîte à outils” pour guider les États à veiller au respect de la vie privée.

Audrey Fisné

19 avril 2020

Extrait d'un shooting - photos : Jacques Snap

shoot porn art (5)

shoot porn art (6)

19 avril 2020

Chine - Des systèmes de notation récompensent ou sanctionnent les citoyens

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19 avril 2020

Auray - Baie de Quiberon : « La saison n’est pas encore perdue »

cote sauvage

Photo ci-dessus : la côte sauvage un jour de tempête

Presqu'ile de Quiberon

Bernard Hilliet est maire de Quiberon et président de l’Office de tourisme Baie de Quiberon La Sublime. Il veut rester positif sur la qualité de la saison touristique.

Mathieu Pelicart

Pour Bernard Hilliet, président de l’Office de tourisme intercommunal Baie de Quiberon La Sublime, la saison touristique n’est pas encore perdue. Malgré le manque de visibilité, il invite les acteurs du territoire à se tenir prêts.

Quelle est la situation chez

les professionnels du tourisme ?La situation est pour le moins difficile. Le confinement national est intervenu au plus mauvais moment, soit trois semaines avant le début des vacances de Pâques des Parisiens, qui marquent traditionnellement ici le lancement de la saison touristique. Tout le monde était prêt. Les travaux sont faits, les promesses d’embauche et les commandes de matériel étaient passées. Mais le pire, c’est que nous n’avons à ce jour toujours aucune visibilité. On ne sait pas quand les hôtels et les campings auront le droit d’ouvrir. Sans parler des bars et des restaurants.

Quel est l’enjeu pour les prochaines semaines ?

L’enjeu est de savoir quand et combien de vacanciers vont venir sur notre territoire pour pouvoir réorganiser la saison. Et de tout mettre en œuvre pour soutenir nos entreprises. Dans des stations touristiques comme Quiberon, Carnac ou La Trinité-sur-Mer, 70 % de l’activité repose sur le tourisme, directement ou indirectement. C’est l’intercommunalité, forte de ses compétences en matière d’économie et de tourisme, qui est chargée de faire l’interface entre les acteurs du territoire et les aides de l’État et des collectivités. Nous avons déjà reporté le versement de la taxe de séjour, ce qui n’est pas rien, en attendant une éventuelle annulation.

La saison est-elle d’ores et déjà perdue selon vous ?

Non, il faut rester optimiste. Elle sera amputée des mois d’avril et de mai, peut-être d’une partie de juin, et sera globalement bien inférieure aux années précédentes. Mais on peut espérer une première arrivée massive de vacanciers en juillet. Reste à savoir dans quel volume.

On peut penser qu’on aura beaucoup plus de Français, alors que 60 % des vacanciers de l’Hexagone partent d’habitude à l’étranger à cette période de l’année. Les premières remontées du terrain nous indiquent aussi que certains résidents secondaires, qui d’habitude louent leurs biens en juillet, seront présents dès le début de l’été. Et, dans ces conditions, on peut espérer de très bon mois d’août et de septembre. Sachant qu’avec juillet, ces trois mois d’été concentrent 70 % des nuitées annuelles sur le territoire, tout type d’hébergement confondu.

Comment s’organise l’Office de tourisme intercommunal Baie de Quiberon La Sublime dans ces conditions ?

L’accueil physique est fermé dans les dix offices du tourisme du territoire, mais une permanence téléphonique est assurée. On se concentre sur le plan de sortie de crise, en lien avec le Département et la Région. Nous avons rapidement décidé de décaler la campagne d’affichage dans le métro parisien, qui devait avoir lieu initialement en mars, à la fin du mois de juin. De même pour nos actions de communication à Nantes. Nous allons enfin renforcer notre communication digitale.

Quel message souhaitez-vous faire passer auprès des acteurs du tourisme ?

Nous traversons une période inédite et très compliquée, mais il n’est pas l’heure de baisser les bras. Nous avons déjà eu à surmonter ensemble d’autres crises par le passé. Il s’agit désormais de se tenir prêt à très bien accueillir, et avec le sourire, le plus grand nombre de vacanciers, dès que cela sera possible. L’enjeu est aussi de marquer les esprits pour les saisons prochaines. Et de rappeler à nos habitués et nos anciens habitués que nous sommes sur le plus beau territoire du monde !

Pratique

L’intercommunalité Auray Quiberon Terre Atlantique (Aqta) a mis en ligne un guide pratique pour aider les entreprises du territoire à faire face à la crise. Il est téléchargeable sur le site Internet auray-quiberon.fr

19 avril 2020

Coronavirus : situation au 18 avril 2020 à 20 heures

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19 avril 2020

Sabine Pigalle

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19 avril 2020

19 avril 1943 : soulèvement du ghetto de Varsovie

ghetto varsovie

Répression de l'insurrection du ghetto de Varsovie, photo extraite du « rapport Stroop » adressé en mai 1943 à Himmler - source : WikiCommons

En avril 1943, le soulèvement du ghetto de Varsovie est réprimé dans un terrible bain de sang. Les rares journaux libres français font le récit ému de cet événement qui deviendra le symbole de l'esprit de résistance à la barbarie.

19 avril 1943. 850 soldats allemands pénètrent en force dans le ghetto juif de Varsovie pour le liquider. 3 000 résistants les attendent de pied ferme. 600 seulement disposent d'armes à feu. Aucun n'a de formation militaire.

Il faut remonter trois ans plus tôt pour comprendre la souffrance où cette révolte désespérée puise ses racines.

En novembre 1940, quelques mois après l'invasion de la Pologne par les Allemands, les Juifs de la capitale polonaise et de ses environs ont été rassemblés dans un quartier transformé en ghetto et isolé du reste de la ville par des barrières, des murs et des façades aveugles. Ils sont 500 000 à être confinés, affamés, exploités.

L’Écho d’Alger, l’un des seuls journaux français à paraître pendant toute la durée du conflit – il est édité hors des frontières métropolitaines, à Alger donc – décrit les effroyables conditions de survie des habitants du ghetto de Varsovie, dans un article paru deux mois après le soulèvement :

« Le ghetto de Varsovie : un camp de concentration construit par l'envahisseur où l'on a parqué toute la population juive. On a élevé de grands murs. On a enfermé là ces misérables, isolés du reste du monde, seuls les protecteurs y avaient droit de cité.

Et commencèrent alors, à l'abri de toute indiscrétion, les tortures rapides et lentes, le massacre à petit feu de milliers de créatures humaines. [...]

Ce furent donc d'abord les torturés à longue échéance, la mort distillée goutte à goutte : le manque d'hygiène, le froid, la faim, une livre de pain par semaine. Les épidémies ne tardèrent pas à se déclarer. Il en mourait par centaines, hommes, femmes et enfants. On ramassait les cadavres dans la rue.

On ramassait les cadavres dans la rue, de pauvres gens morts de maladie, de faiblesse, de faim, car l'Allemagne lutte pour le bonheur des hommes. »​

En juillet 1942, les Allemands entament sur le territoire polonais ce qu'ils nommeront la « Grande déportation ». Des milliers de personnes sont transférées chaque jour vers le pseudo-camp de travail de Treblinka – en réalité, l'un des plus grands camps d'extermination en activité. La situation devient de plus en plus désespérée pour les habitants du ghetto.

 « Au ghetto de Varsovie la vie devint intenable, impossible de fuir, nuit et jour les S.S. étaient là, avec leurs mitrailleuses braquées, et nuit et jour des files de malheureux étaient menées, mitraillette au poing, à l'abattoir. On en tua ainsi 100 000 en une semaine.

Sur 250 000 Polonais évacués de la ville, 20 000 seulement parvinrent aux travaux forcés du front russe. Le témoignage des chiffres est dur : sur quatre millions de Juifs en Pologne, il n'en restait que 300 000.

Et c'est alors que commença la résistance. »

En janvier 1943, des groupes de résistants se forment en effet et s'opposent par la force aux déportations ; le 18 janvier 1943, après quatre jours de combats de rue, le ghetto est paralysé et les déportations momentanément suspendues.

Face à cette rébellion imprévue, le chef de la SS Heinrich Himmler donne l'ordre à son représentant en Pologne de détruire définitivement le ghetto. Sa lettre du 16 février 1943 ne laisse aucun doute :

« Pour des raisons de sécurité, j'ordonne que le ghetto de Varsovie soit détruit […] après que tous les éléments de maison ou les matériaux ayant de la valeur ont été récupérés. »

Ce 19 avril 1943, lorsque les soldats allemands pénètrent dans le ghetto, les résistants tentent le tout pour le tout : certains essaient de bloquer les Allemands à l'entrée du quartier, d'autres se cachent où ils le peuvent.

Pris de court, le général SS Jürgen Stroop, qui dirige l'opération, ne tarde pas à réagir : 2 000 hommes et des chars arrivent bientôt en renfort. La riposte est terrible. Les immeubles sont systématiquement incendiés, du gaz est propulsé dans les souterrains pour en déloger les résistants, immeuble par immeuble, cave par cave.

Certains tiennent pendant un mois. Quelques miraculés parviennent à s’échapper par les égouts. La grande majorité meure ou se suicide.

« Que peuvent faire des malheureux désarmés contre les Panzer Divisionen ? », interroge avec émotion L'Écho d'Alger : « [Leur] destin était écrit d'avance.

Mais le destin d'Hitler est lui aussi écrit d'avance, car celui qui viole cyniquement les lois les plus antiques de l'humanité, celui qui entre en lutte contre l'Univers et contre les dieux ne saurait espérer une éternelle immunité.

Il n'est qu'un homme après tout. »

Moins de deux ans plus tard, le sort d’Hitler est bel et bien scellé : acculé, il s’est suicidé dans son bunker le 30 avril 1945.

À Varsovie, la vie a repris sur les décombres de l’ancien ghetto.

Survolant la capitale polonaise, le journaliste et historien Georges Storia en fait dans le journal communiste Ce soir cette apocalyptique description en juillet 1945 :

« Du haut des airs, Varsovie est une gigantesque écumoire criblée de trous alignés de part et d'autre le long des avenues. C'est une vision d'épouvante qui vous coupe le souffle.

À perte de vue, des pâtés de maisons se succèdent avec leurs vastes aires fracassées, leurs façades effondrées et découpées par des festons bizarres. L'œil cherche en vain un immeuble qui ne soit pas détruit. [...]

Au centre même de ce tableau de désolation, on aperçoit un cercle d'une couleur rouge brique : c'est l'ancien ghetto de Varsovie que les Allemands ont complètement rasé ; l'emplacement se détache sur le reste des ruines. Pas la moindre trace n'est restée de ce quartier si ce n'est les matériaux de construction pulvérisés par les destructions à la dynamite. »

Et conclut sur cet espoir :

« Varsovie est une ville décidée à renaître de ses cendres. »

19 avril 2020

A l'écoute du monde...

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