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Jours tranquilles à Paris

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8 septembre 2019

Monica Bellucci

monica24

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8 septembre 2019

Paris – Des cyclistes nus roulent pour le climat

nudistes

La fédération française de naturisme organise ce dimanche la première «world naked bike ride» parisienne : un défilé écolo à vélo en tenue d’Adam et Eve. La préfecture de police de Paris a interdit la manifestation.

Pédaler à Paris dans le plus simple appareil pour «sensibiliser à la crise climatique» et «défendre notre humaNUté». C’est le programme de cette première édition de la «cyclonue», un défilé organisé par la Fédération Française de Naturisme ce dimanche.

Des "world naked bike ride" organisées dans une trentaine de pays depuis 2001

Inspirée des «world naked bike ride», organisées chaque année dans une trentaine de pays depuis 2001, la «cyclonue» a pour but de «faire vivre la liberté d’être nu comme expression de la fragilité  humaine, de la nécessité de se reconnecter avec la nature et avec sa propre nature et sans honte du corps», détaille la Fédération Française de Naturisme sur son site.

Urgence écologique, climat en péril, 6ème extinction animale.

Dimanche 8 septembre, la @velorutionParis vous invite à rejoindre la World Naked Bike Ride : une rando à propulsion humaine pour "donner une vision d’un monde + propre, + sûr et + positif".

Le cortège avait notamment prévu de traverser le parc de Bercy et de se rendre place de la Bastille. Problème : la préfecture de police de Paris n’a pas autorisé cette manifestation. L'article 222-32 du Code pénal prévoit en effet que «l'exhibition sexuelle imposée à la vue d'autrui dans un lieu accessible aux regards du public» peut être punie d'un an de prison et de 15 000€ d'amende.

La manifestation sera donc cantonnée au bois de Vincennes où un peu plus d’une centaine de naturistes se sont rassemblés ce matin, en prévision d'un départ à 14h.

8 septembre 2019

Extrait d'un shooting

shoot99

8 septembre 2019

Langue bondage

langue

langue

8 septembre 2019

"La Chute du Président" - vu hier

La Chute du Président ou L'Ultime Assaut1 au Québec (Angel Has Fallen) est un film américain réalisé par Ric Roman Waugh, sorti en 2019. Après La Chute de la Maison-Blanche (2013) et La Chute de Londres (2016), il s'agit du troisième opus d'une série de films mettant en scène le personnage de Mike Banning, incarné par Gerard Butler.

Synopsis

Au début du film, l'agent du Secret Service Mike Banning combat violemment des soldats d'élite, dans un centre d'entraînement opéré par la société paramilitaire Salient Global, qui appartient à son ex-collègue des forces spéciales et ami Wade Jennings. Par ailleurs, Banning cache à son entourage qu'il souffre de migraines, d'insomnie et de maux de dos et consulte plusieurs médecins pour les traiter. Plus tard, il accompagne le Président des États-Unis, Alan Trumbull, à une partie de pêche sur une rivière. Sur le bateau de pêche, lorsque ses douleurs l'empêchent de poursuivre son travail, il demande à être remplacé par un collègue. Près de la rive, Banning aperçoit un essaim se diriger vers le site et comprend qu'il s'agit de drones. Les hommes sur place sont tués, sauf Banning et Trumbull.

Banning se réveille à l'hôpital, où il apprend que le Président est inconscient et lui, menotté. Accusé d'avoir attenté à la vie du Président par l'agent du FBI Thompson, il est amené par convoi sécurisé vers un centre de détention à haute sécurité. En cours de route, Banning est enlevé, mais parvient à tuer ses ravisseurs, qu'il a confrontés au centre d'entraînement. Dès que son évasion est connue des autorités, toutes les forces policières du pays sont informées du rôle de Banning ; il devient donc le fugitif le plus recherché des États-Unis. Banning appelle sa femme Leah et lui dit qu'il est vivant. Cet appel permet à Thompson de retracer le fugitif, ce qui mène à une course poursuite. Ayant échappé aux policiers à ses trousses, il se rend chez son père, Clay. Entre-temps, le vice-président Martin Kirby est assermenté comme Président par intérim parce que Trumbull est inconscient.

Avec Clay, un ancien rat des tunnels qui vit en reclus dans un bois, Mike parle du passé avec amertume. Dans la nuit, son père le réveille et lui explique que des hommes se dirigent vers la cabane. Après que les deux s'enfuient dans un tunnel, Clay fait sauter des explosifs autour de la cabane, tuant tous les agresseurs potentiels. Le matin, après avoir rassemblé les corps contre un mur de la cabane, Mike quitte les lieux avec son père. Il révèle ensuite à Clay qu'il a une femme et une fille, ce qui trouble son père. Pendant que Banning se dirige vers l'hôpital où se trouve le Président, sa femme et sa fille sont kidnappées mais Clay tuent les ravisseurs. De son côté, le Président par intérim Kirby accuse la Russie d'avoir comploté l'assassinat de Trumbull.

Thompson, informé par Banning, découvre les cadavres avec un message accusant Salient et en déduit que Banning a été piégé. Avec un autre agent, elle rencontre Jennings, mais il les tue tous les deux. Trumbull redevient conscient et apprend que Kirby veut entrer en guerre avec la Russie pour riposter, ce que Trumbull refuse.

Banning arrive à l'hôpital et agit pour être capturé par des agents du Secret Service. Amené auprès de Trumbull, ce dernier ordonne sa libération, démontrant toute sa confiance. Lorsqu'une alerte au gaz est déclenchée, Banning conclut que Jennings veut faire exploser l'hôpital. Le Président et son escorte armée quittent rapidement les lieux, mais sont bloqués par Jennings et des tireurs d'élite. Après plusieurs combats, Banning détruit l'hélicoptère de Jennings, puis les deux s'engagent dans un duel à mort qui se conclut par Banning poignardant son ancien camarade, le tuant.

Plus tard, Banning est officiellement disculpé tandis que le vice-président Kirby est arrêté pour trahison grâce aux preuves découvertes par Thompson. Clay décide de vivre avec son fils et sa famille. Se sentant coupable de son incapacité à protéger Trumbull ainsi que d'avoir caché ses maladies, Banning offre sa démission. Le Président pardonne ses erreurs et offre à Banning une promotion au poste de directeur du Secret Service.

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8 septembre 2019

Helmut Newton

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8 septembre 2019

Portrait A Hongkong, Carrie Lam au cœur du chaos

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Par Frédéric Lemaître, Pékin, correspondant, Florence de Changy, Hongkong, correspondance

Première femme « élue » à la tête de l’exécutif de Hongkong, la dirigeante vacille face à la révolte du camp prodémocratie. Cette fervente catholique a longtemps marché sur l’eau avant de multiplier les faux pas.

Ce 25 mars 2017, Carrie Lam est la reine du jour. Toute de blanc vêtue, cette haute fonctionnaire qui, jusque-là, dirigeait l’administration de Hongkong en tant que « secrétaire en chef » (numéro deux), peut savourer son triomphe. Par 777 voix contre 365 à son principal adversaire, pourtant plus populaire, elle vient d’être élue chef de l’exécutif de Hongkong. Mais les chiffres sont trompeurs, et montrent surtout que la démocratie promise dans les textes à cette « région administrative spéciale » de Chine n’en est encore qu’à ses débuts : sur 7,4 millions d’habitants, seuls 1 194, pour la plupart proches de Pékin, participent à l’élection. Carrie Lam sera donc le quatrième leader, mais la première femme, à occuper ce poste, depuis la rétrocession de 1997. Ce semblant d’élection restera son péché originel.

En ce 25 mars, elle n’en a cure, et 777, c’est bien mieux que 689, le score médiocre, devenu sobriquet, du précédent chef de l’exécutif, autrement dit son ancien patron, Leung Chun-ying, détesté par une grande partie de la population. Et puis, 777, c’est aussi un triplé du chiffre saint, ce qui permettra à cette fervente catholique d’affirmer qu’elle est appelée par Dieu. Cette pirouette ne fait pas pour autant oublier qu’elle doit avant tout son succès au numéro un chinois, Xi Jinping, contre l’avis d’une majorité de Hongkongais.

Bien sûr, elle n’est pas dupe. Après trente-six années passées dans l’administration, elle connaît sa ville comme personne : « Hongkong, notre maison, souffre de sérieuses discordes et a accumulé nombre de frustrations. Ma priorité sera de réduire les clivages et d’atténuer les frustrations, d’unir notre société et d’aller de l’avant. Cela commence maintenant », affirme-t-elle lors de la proclamation des résultats, sous les applaudissements de ses partisans.

Pourtant, le même jour, une grande figure du camp prodémocratie, Anson Chan, l’ancienne chef de l’administration, qui a servi avant et après 1997, note que « Mme Lam est le produit d’une élection injuste et inéquitable. Ça va lui rendre la vie difficile dès le premier jour ». Joshua Wong, le jeune leader du mouvement étudiant de 2014, en faveur d’un système « vraiment démocratique », partage ces prémonitions : « Ceci est une sélection. Pas une élection. Carrie Lam va être un cauchemar pour nous. »

Faute « impardonnable »

De fait, alors qu’elle n’est même pas à mi-mandat et que nul ne sait aujourd’hui si elle sera en mesure d’aller au bout de ses cinq ans, Carrie Lam vient de reconnaître qu’elle a commis une faute « impardonnable ». En voulant imposer un projet de loi facilitant les extraditions de Hongkong vers un certain nombre de pays, dont la Chine, cette femme de 62 ans, à laquelle tout semblait réussir, a provoqué un chaos inédit dans cette place financière internationale, réputée parmi les plus ordonnées et civiles qui soient. Cinq ans après le « mouvement des parapluies », qui, en 2014, avait vu l’occupation de plusieurs artères pendant soixante-dix-neuf jours, les mêmes revendications reviennent sous une nouvelle forme. Il s’agit encore et toujours de résister à l’emprise croissante de Pékin et à ce que les Hongkongais appellent leur « continentalisation ». Tandis qu’ils veulent défendre leur système, Pékin insiste sur l’unicité du pays. C’est toute la difficulté, mais aussi la grandeur de la mission de Carrie Lam.

« SA RÉPUTATION DANS L’ADMINISTRATION ÉTAIT D’ÊTRE TRÈS COMPÉTENTE, EXTRÊMEMENT TRAVAILLEUSE, MAIS SANS AUCUN ESPRIT D’ÉQUIPE »

ANSON CHAN, ANCIENNE CHEF DE L’ADMINISTRATION DE HONGKONG

Si les dirigeants chinois l’ont choisie pour ce poste stratégique, c’est sans doute parce que, en trente-six ans de carrière dans l’administration, elle a fait preuve de deux qualités essentielles à leurs yeux : elle n’a aucun état d’âme et s’est toujours montrée d’une parfaite loyauté. Tant à l’égard de l’Union Jack hier que du drapeau rouge aux cinq étoiles aujourd’hui. Issue d’une famille modeste – son père était un simple employé, et elle fut la première de cinq enfants à suivre des études supérieures –, Carrie Lam est l’archétype de ce que les universités et l’administration britanniques ont produit de meilleur dans les années 1970 et 1980, à Hongkong. Et elle n’a jamais été antichinoise pour autant.

Pendant ses études de sociologie à l’université de Hongkong, la meilleure de la ville, elle coorganise même des échanges avec l’université Tsinghua de Pékin. Une photo la montre, jeune fille souriante, sur la place Tiananmen. En 1978, elle participe à un éphémère mouvement étudiant contre la puissance coloniale, seul moment de rébellion qu’on lui connaît. Cela ne l’empêche pas, dès l’obtention de son diplôme deux ans plus tard, d’entamer une carrière dans l’administration britannique, qui l’amènera à passer un an à Cambridge. Elle y rencontre son futur mari, Lam Siu-por, un mathématicien lui aussi originaire de Hongkong.

En 1990, le couple fait d’ailleurs partie des 50 000 Hongkongais qui obtiennent la nationalité britannique, en vertu d’une décision spéciale prise par Londres après le massacre de Tiananmen, en 1989, destinée en priorité aux fonctionnaires de la colonie. En 2007, dix ans après la rétrocession, Carrie Lam devra toutefois renoncer à ce second passeport pour accéder au poste de secrétaire au développement de la ville, l’équivalent d’un statut de ministre. Son mari et leurs fils – qui vivent en Europe –, en revanche, gardent le leur. Une exception en Chine, où aucun dirigeant n’a le droit d’être marié à un étranger et où l’on ne reconnaît pas la double nationalité.

Pékin aux anges

En 2007, cette femme, qui a grandi à Wan Chai, quartier alors populaire de l’île de Hongkong, donne, à 50 ans, la pleine mesure de son talent. A peine nommée, elle impose une modernisation controversée d’une des jetées les plus emblématiques de la ville. « Elle a été la protégée de Donald Tsang [chef de l’exécutif de 2005 à 2012]. Il parlait d’elle comme de “la fille aux yeux bleus” qui peut relever n’importe quel défi », se souvient Mme Chan, de près de vingt ans son aînée. La cuirasse a pourtant un défaut qui, ces jours-ci, pourrait lui être fatal : cette technocrate modèle perd assez facilement son sang-froid et n’écoute pas ses conseillers. « Sa réputation dans l’administration était d’être très compétente, extrêmement travailleuse, mais sans aucun esprit d’équipe », ajoute Mme Chan. Et, hormis le consul de France qui, en 2015, ose louer ses talents « de négociatrice et de pacificatrice », en l’élevant au rang d’officier de la Légion d’honneur, nul ne prête de telles qualités à cette autre « dame de fer ».

Mais le Parti communiste chinois n’a que faire de son style de management. Fin 2016, quelques jours avant de démissionner pour se présenter à la tête de l’exécutif, Carrie Lam apporte aux Chinois un gage supplémentaire de sa loyauté. Elle se rend à Pékin et, à la stupéfaction générale, en revient avec un accord on ne peut plus symbolique : l’installation à Hongkong d’une antenne du Musée de la Cité interdite. Carrie Lam a beau connaître mieux que personne les procédures et les règles de l’administration, elle les bafoue allègrement. Les Hongkongais sont furieux, mais Pékin est aux anges. Trois mois plus tard, elle sera adoubée.

« IL Y A UN POINT FAIBLE DANS SA PERSONNALITÉ. PEUT-ÊTRE À CAUSE DE SON ENFANCE TRÈS PAUVRE ET TRÈS DURE, ELLE A TOUJOURS VOULU SAUVER LA VEUVE ET L’ORPHELIN »

CHIP TSAO, ÉDITORIALISTE

Est-ce parce que, contrairement à son prédécesseur, elle n’a aucune sensibilité communiste reconnue, que Carrie Lam se sent obligée de faire du zèle ? Depuis son élection, elle a modifié sa garde-robe pour y inclure de nombreuses qipao, la robe féminine traditionnelle chinoise. Pareille nuance vestimentaire n’a pas échappé aux Hongkongais, qui s’amusent de constater que, depuis le début de la crise, curieusement, elle opte de nouveau pour un style occidental.

Depuis 2017, son phrasé en mandarin est également devenu beaucoup plus « communiste », affirment des spécialistes. En mars 2018, quand un journaliste lui demande quel est l’homme politique qu’elle admire le plus, cette première de classe, qui a toujours la bonne réponse au bout des lèvres, mais aucun sens de l’humour, répond sans hésiter : « Xi Jinping. Je dois dire que je trouve le président Xi de plus en plus charismatique et admirable. »

Parfois, la surdouée en fait trop. Par exemple, en 2018, pour l’inauguration du grand pont reliant Hongkong, Macao et le continent. Ce jour-là, en présence de ce même Xi Jinping, on la voit, vêtue, cette fois, d’une superbe qipao rose pâle, marcher au côté du nouvel « empereur » de Pékin, sans respecter la distance requise par le protocole. Une erreur dont se délectent encore ses détracteurs.

Pourtant, cette femme aime tout contrôler, jusque dans les moindres détails. Ainsi tient-elle à lire elle-même la plupart des courriers qui lui sont adressés. C’est d’ailleurs à cause de sa volonté sincère de redresser le tort subi par les parents d’une jeune femme, assassinée à Taïwan par son petit ami hongkongais, que la crise actuelle a commencé. Ce fait divers ayant incité Carrie Lam à utiliser une procédure d’urgence pour faire passer une loi sur les extraditions, prévue à l’origine pour les crimes financiers. « Elle a sans doute voulu faire d’une pierre deux coups, répondre à un appel du cœur et plaire à Pékin », analyse Mme Chan.

Servir deux maîtres

C’est que Carrie Lam est loin d’être insensible. « Il y a un point faible dans sa personnalité. Peut-être à cause de son enfance très pauvre et très dure, elle a toujours voulu sauver la veuve et l’orphelin », observe Chip Tsao. Cet éditorialiste, célèbre à Hongkong, rappelle volontiers l’émotion de Carrie Lam, en 2011, après l’effondrement d’un immeuble insalubre dans lequel une prostituée avait perdu la vie. « Elle avait publiquement porté le deuil pour cette pauvre femme, et elle avait ensuite décidé de s’attaquer à tous les immeubles dans le même état, mission irréaliste qu’elle a dû abandonner », rappelle-t-il, avant d’ajouter : « Elle se prend par moments pour Mère Teresa. » Peut-être faut-il voir là l’héritage de l’éducation reçue auprès des Filles de la charité, cet ordre d’origine italienne qui a fait d’elle une croyante pratiquante et conservatrice – farouchement hostile au mariage pour tous, par exemple.

Mais, manifestement, les sœurs ne lui ont guère enseigné le doute. Et, à force de marcher sur l’eau au côté de Xi Jinping, il lui arrive de déraper. Comme durant la pseudo-campagne électorale de 2017, durant laquelle la candidate Lam reconnaît n’avoir aucune idée de l’endroit où l’on achète du papier toilette à Hongkong. Ou qu’elle se révèle incapable d’utiliser le passe Navigo local. En octobre 2017, elle laisse même entendre, au cours d’une émission télévisée, que, si elle ne possède pas de bien immobilier à Hongkong, c’est qu’elle n’en a pas les moyens. « Quand j’ai quitté le service public et rejoint le rang ministériel, je n’ai touché qu’une pension forfaitaire de 7 millions de HK dollars [environ 810 000 euros] », explique-t-elle benoîtement, oubliant sans doute que cette somme représente plus de trente années de salaire moyen à Hongkong.

Tout récemment, recevant à huis clos des hommes d’affaires, elle leur explique devoir « malheureusement » servir deux maîtres, Pékin et les Hongkongais. Sans doute avait-elle en tête l’Evangile selon Matthieu : « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. » Pour les Hongkongais, il y a longtemps qu’elle a résolu ce dilemme. Et celle qui affirmait, en 2015, avoir « sa place réservée au paradis » vit au contraire une inexorable descente aux enfers.

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8 septembre 2019

Exposition à la Concorde Art Gallery

8 septembre 2019

Le Lion d’or à « Joker », Roman Polanski, Ariane Ascaride et Luca Marinelli couronnés à Venise

Le jury présidé par Lucrecia Martel a distingué des films très différents les uns des autres, sans reculer devant la contradiction.

Non seulement elle n’a pas sanctionné Roman Polanski, mais Lucrecia Martel, la présidente du jury de la 76e Mostra de cinéma de Venise n’a pas hésité à accorder au réalisateur polonais le Lion d’argent du grand prix du jury, la deuxième récompense en importance après le Lion d’or, pour J’accuse.

roman polanski

Photo ci-dessus : Roman Polanski qui était à Deauville lorsqu'il a appris la nouvelle

Quelques jours plus tôt, le producteur italien de cette relation de l’affaire Dreyfus avait évoqué le retrait du film de la compétition, après que la réalisatrice argentine eut déclaré qu’elle ne souhaitait pas célébrer la personne de son confrère franco-polonais. De toute façon le réalisateur de Rosemary’s Baby n’était pas venu avec son film au moment de la projection officielle, pas plus qu’il n’a assisté à la remise des prix. C’est son interprète et épouse, Emmanuelle Seigner, accompagnée des producteurs de J’accuse, Alain Goldman et Luca Barbareschi, qui a reçu son prix.

On pouvait se demander aussi ce que la présidente penserait de Joker, film de superhéros produit par un grand studio, Warner, elle qui avait repoussé les avances de Disney-Marvel qui envisageait de lui confier la réalisation de Black Widow. Son jury (les cinéastes italiens Paolo Virzi, canadienne Mary Harron, et japonais Shinya Tsukamoto, le chef opérateur mexicain Rodrigo Prieto, l’actrice franco-britannique Stacy Martin et l’ex-directeur du festival de Toronto Piers Handling) a épousé l’éclectisme de la sélection élaborée par le directeur artistique de la Mostra Alberto Barbera et son équipe. Il a remis à Joker la récompense suprême de la Mostra, le Lion d’or.

Discours politiques

Les Coupes Volpi qui récompensent les acteurs sont allés à deux films cousins, venus de Naples et de Marseille, le Martin Eden de l’Italien Pietro Marcello et Gloria Mundi, de Robert Guédiguian. Luca Marinelli qui tient le rôle-titre de cette adaptation du roman éponyme de Jack London a dédié son prix aux marins qui aujourd’hui naviguent en Méditerranée pour recueillir les migrants. Ariane Ascaride, bouleversante dans le rôle d’une mère broyée par le travail, a rappelé, en italien, qu’elle était petite-fille de Napolitains qui avaient fui la misère pour Marseille.

A contre-courant, le réalisateur hongkongais Yonfan, récompensé par le prix du scénario pour N° 7 Cherry Lane, film d’animation rêveur situé en 1967 dans ce qui était alors une colonie anglaise, a expliqué que les manifestations d’aujourd’hui (son film évoque celles de 1967, pro maoïstes) avaient ouvert une boîte de Pandore qu’il fallait refermer pour retrouver la liberté.

Faute de traduction, sans doute, ces propos ont suscité dans le public le même enthousiasme que ceux du jeune réalisateur soudanais Amjad Abu Alala, qui a reçu le prix de la première œuvre pour You Will Die at 20 (Tu mourras à vingt ans). Le lauréat a raconté comment son tournage avait commencé le jour du début de la révolution qui a chassé Omar Al-Bachir du Soudan.

Les productions Netflix boudées

Le prix de la mise en scène est allé au Suédois Roy Andersson pour About Endlessness (au sujet de l’infinitude), collection d’aphorismes visuels aussi élaborés que pessimiste. Le prix spécial du jury, lui, est revenu à La mafia non e piu quella da una volta (La mafia n’est plus celle d’antan), satire documentaire du Palermitain Franco Maresco.

Il s’en est fallu de peu pour que les deux films réalisés par des femmes, The Perfect Candidate de la Saoudienne Haifaa al Mansour et Babyteeth de l’Australienne Shannon Murphy, repartent bredouilles. Finalement le jeune interprète masculin de Babyteeth, Toby Wallace s’est vu décerner le prix Mastroianni du meilleur jeune comédien (trophée unisexe).

Finalement, si l’on peut discerner un parti pris dans cette distribution des prix, c’est dans l’absence des deux concurrents présentés par Netflix. Alors qu’ils avaient été aussi bien accueillis par le public que par la critique, Marriage Story de Noah Baumbach et The Laundromat de Steven Soderbergh ont été tout à fait ignorés.

Voici les principaux prix de la 76e édition de la Mostra de Venise :

Lion d’Or du meilleur film : Joker de l’Américain Todd Phillips

Lion d’Argent Grand Prix du jury : J’accuse du Franco-Polonais Roman Polanski

Lion d’Argent de la meilleure mise en scène : Roy Andersson (Suède) pour About Endlessness

Prix du meilleur scénario : N° 7 Cherry Lane du Hongkongais Yonfan

Prix spécial du jury : La Mafia Non e Piu Quella Di Una Volta (La Mafia n’est plus ce qu’elle était) de l’Italien Franco Maresco

Coupe Volpi de la meilleure interprète féminine : la Française Ariane Ascaride pour Gloria Mundi de Robert Guédiguian

Coupe Volpi du meilleur interprète masculin : l’Italien Luca Marinelli pour Martin Eden de Pietro Marcello

Prix Marcello-Mastroianni du meilleur espoir : l’Australien Toby Wallace pour Babyteeth de Shannon Murphy

Lion d’Or pour l’ensemble de leur carrière au réalisateur espagnol Pedro Almodovar et l’actrice britannique Julie Andrews

8 septembre 2019

Concorde Art Gallery

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