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Jours tranquilles à Paris

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6 septembre 2019

Hongkong : après le retrait de la loi contestée, les manifestants dénoncent du « sparadrap sur de la gangrène »

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Par Florence de Changy, Hongkong, correspondance

« Trop peu, trop tard », estiment les protestataires, qui veulent désormais obtenir satisfaction sur toutes leurs revendications.

L’effet de soulagement n’aura été que de courte durée, mercredi 4 septembre en fin de journée, après l’annonce solennelle de Carrie Lam, la chef de l’exécutif de Hongkong, qu’elle « retirait » le projet de loi d’extradition qui a plongé le territoire dans une grave crise politique durant tout l’été. Dans les heures qui ont suivi, plusieurs participants au mouvement de contestation ont exprimé leur frustration face aux propositions de Carrie Lam. Et affirmé leur intention de continuer leur combat.

« Nous n’avons même pas besoin de changer nos slogans, nous disions déjà : répondez à nos cinq revendications, pas une de moins. Aujourd’hui, le gouvernement a répondu à l’une des cinq, il en reste donc quatre… », a déclaré une porte-parole des contestataires, au cours d’une conférence de presse improvisée à la nuit tombée. « Miss Chan », de son nom de guerre, coiffée d’un casque de cycliste et le visage masqué jusqu’aux yeux, a estimé que les solutions apportées par Carrie Lam revenaient à « soigner de la gangrène avec un sparadrap ». « Ce qui n’était au départ qu’une demande facile à satisfaire a fait boule de neige à cause de ce gouvernement malfaisant », a-t-elle ajouté.

« Trop peu, trop tard », résument la plupart des manifestants. Un poster publié en ligne par les responsables de la communication du mouvement indique : « Trois yeux abîmés, 1 183 arrestations, plus de 100 inculpations, deux attaques terroristes et d’innombrables incidents de brutalité policière, 8 vies sacrifiées, et vous voudriez que le retrait du projet de loi suffise ? »

Une partie des jeunes protestataires, réunis autour du Parlement dans la soirée, ont fondu en larmes en apprenant le neuvième « saut » (suicide) de l’une de leurs congénères lié à cette crise… Les porte-parole du mouvement soupçonnent le gouvernement d’avoir été poussé à réagir à l’approche de la rentrée du Sénat américain, où doit reprendre l’examen du « Hongkong Democracy Act » qui, s’il était adopté, pourrait remettre en cause le statut particulier, fiscal et commercial, de Hongkong vis-à-vis des Etats-Unis.

Une demande non pertinente

Dans la vidéo officielle de son annonce, diffusée mercredi soir, Carrie Lam décrit d’abord les scènes de chaos que le territoire a connus au cours des dernières semaines. Elle énumère les tunnels fermés, l’aéroport bloqué, la baisse des touristes, l’inquiétude internationale. Elle qualifie d’actes de vandalisme grave les attaques contre le drapeau chinois.

« Nous sommes tous très soucieux de trouver une sortie à cette crise », affirme-t-elle. Mais avec la maladresse qui a caractérisé à peu près toutes ses prises de parole depuis le début de cette crise, elle explique qu’en fait, le gouvernement avait déjà répondu aux revendications des manifestants… Le projet controversé ? Il était « suspendu » depuis deux mois et même déclaré « mort ». La qualification des manifestants comme émeutiers ? C’est « sans conséquences juridiques lorsque les suspects seront devant les tribunaux », autrement dit, c’est une demande non pertinente. La reprise de réformes politiques en vue d’instaurer un système réellement démocratique ? Elle-même le souhaite ardemment mais cela ne peut avoir lieu que dans un contexte apaisé…

Carrie Lam rejette toutefois explicitement la demande d’amnistie pour tous les manifestants susceptibles de poursuites en lien avec les manifestations. Et face à la revendication qui est devenue la plus importante, qui a même devancé dans les sondages la demande du retrait du projet de loi, celle d’une commission d’enquête indépendante sur les violences policières, la chef de l’exécutif a réitéré sa confiance dans l’organe interne de la police, le Conseil indépendant sur les plaintes contre la police (ICCP), rejeté par les manifestants. Elle a toutefois annoncé que des experts internationaux allaient rejoindre l’institution, qui serait également renforcée par deux personnalités locales dont les manifestants ont immédiatement contesté l’impartialité.

Carrie Lam a aussi promis l’ouverture d’un dialogue direct entre la population et le gouvernement et une étude approfondie du « malaise profond de la société ». Pourtant, hormis les aspirations démocratiques réelles, le problème social le plus évident de Hongkong est archiconnu et dénoncé depuis des années. C’est celui du logement. Le parc immobilier et foncier est dans les mains d’un quasi-cartel de grandes familles qui maintiennent les prix à un niveau totalement inaccessible pour la majorité des Hongkongais, dans une ville qui a la plus grande disparité de richesses de tous les « pays » développés.

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6 septembre 2019

Le Turk (photographe)

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6 septembre 2019

Brexit : la stratégie de Boris Johnson au Parlement tourne au chaos

Par Cécile Ducourtieux, Londres, correspondante

Les députés ont voté contre l’avis du premier ministre, mercredi, un texte demandant le report de la sortie de l’UE au 31 janvier 2020. Ils ont également rejeté sa proposition d’élections le 15 octobre.

Boris Johnson, déjà la sortie de route ? Mercredi 4 septembre, six semaines à peine après son arrivée à Downing Street, le premier ministre britannique a perdu la maîtrise de sa stratégie sur le Brexit, celle de son calendrier et même celle de son propre camp, en pleine crise interne.

La veille déjà, Boris Johnson avait encaissé coup sur coup la défection d’une vingtaine de tories de premier plan, perdu sa majorité et cédé le contrôle de l’agenda législatif à la Chambre des communes. « Il y aura des bosses sur la route », avait-il prévenu fin août, à propos d’un éventuel « no deal » ou d’une négociation commerciale avec les Etats-Unis. Avait-il prévu d’être aussi secoué, et aussi vite 

La surprise n’est pas totale, mais la claque quand même sonore. Mercredi, vers 17 heures, les députés britanniques infligent à M. Johnson son deuxième camouflet législatif en deux jours, votant à une majorité jugée confortable (28 voix) une loi l’obligeant à aller quémander un report de la date du Brexit au 31 janvier 2020. Le but ? Eviter une sortie sans accord le 31 octobre, brutale et très dommageable pour l’économie britannique.

Une « loi défaitiste »

Aux Communes, Boris Johnson a beau rouler des yeux, dénoncer une « loi défaitiste », jurer qu’il travaille toujours à un accord avec Bruxelles, l’Alliance du « non au no deal », cet attelage improbable constitué des travaillistes, des libéraux, des indépendantistes écossais, et des « rebelles » conservateurs, tient bon. C’en est presque fini du Brexit « do or die » (maintenant ou jamais) promis par le premier ministre pour Hallowen.

La deuxième défaite de la journée est encore plus cinglante pour le locataire du 10 Downing Street. M. Johnson avait prévenu : si les députés devaient l’obliger à demander un report du Brexit à Bruxelles, il réclamerait immédiatement des élections générales, le 15 octobre, via une dissolution du Parlement. Mais cette dernière ne peut advenir qu’avec les deux tiers des voix aux Communes. Or, en fin de soirée mercredi, le compte n’y est pas du tout… M. Johnson avait besoin de 434 voix, il n’en obtient que 298.

Les votes travaillistes, indispensables, manquent largement à l’appel. Pris à partie par un Boris Johnson électrique, Jeremy Corbyn explique avoir voulu éviter un « piège ». « C’est un mouvement cynique de la part d’un premier ministre cynique », ajoute le leader travailliste, dans une Chambre des communes survoltée, les yeux braqués sur son premier adversaire politique. « Notre priorité est d’éviter un “no deal”, de terminer d’adopter ce texte de loi [anti-“no deal”] », assure encore M. Corbyn.

La date du 15 octobre jugée trop risquée

« Il est devenu le premier leader de l’opposition dans l’histoire démocratique de notre parti à refuser des élections générales. Je ne peux m’empêcher de penser que la seule raison pour laquelle il refuse, c’est qu’il pense qu’il va perdre », éructe Boris Johnson. Le chef des travaillistes rêve pourtant d’élections générales depuis deux ans. Tout comme les lib-dems, les Verts, et le SNP, le parti nationaliste écossais. Mais tous refusent cette date du 15 octobre, jugée trop risquée. Si M. Johnson était réélu, ce jour-là, avec une majorité confortable, rien ne l’empêcherait de passer la loi anti-« no deal » imposée par les députés aux oubliettes et de laisser le pays sortir brutalement de l’UE le 31 octobre, sans accord avec Bruxelles… Dans les rangs de l’opposition, personne ne fait plus confiance à M. Johnson.

Plus grave pour lui : ce mercredi, la défiance à son égard a encore monté d’un cran dans ses propres rangs. L’expulsion, la veille au soir des vingt et un élus tories « rebelles » ne passe vraiment pas chez les conservateurs. « Au nom de tout ce qui est sacré, n’y a t-il donc pas de place au sein des conservateurs pour Nicholas Soames, un officier et un gentleman ? » : c’est Ruth Davidson qui ouvre le bal, mercredi matin, en faisant référence au petit-fils de Winston Churchill, recalé des bancs conservateurs par M. Johnson la veille, après trente-six ans de mandature, pour avoir voté contre le gouvernement. La jeune femme, ex-chef de file des conservateurs écossais, a passé la main fin août, mais reste une voix très écoutée dans le parti.

Les « rebelles » tirent aussi à vue, et bruyamment sur le premier ministre. « Je suis un conservateur passionné, mais voir les principes du parti mis à la poubelle me consterne », assène le très sérieux Dominic Grieve, ex-attorney general (haut magistrat conseiller juridique du gouvernement), qui s’est échappé de la Chambre des communes, et participe à un rassemblement de militants anti-Brexit, devant les grilles du Parlement. Les manifestants approuvent en hurlant : « Oh Dominic Grieve ! Oh Jeremy Corbyn ! »

Grosse boulette

Aux Communes, Kenneth Clarke a lui aussi droit, à plusieurs reprises dans l’après-midi, aux hommages appuyés de l’opposition. Comment le « father of Parliament » a t-il pu être « sorti » des rangs conservateurs, alors qu’il siège depuis… 1970 dans la très vénérable Chambre ? M. Johnson est « maintenant premier ministre, il a une très grande responsabilité, je lui demande d’arrêter de traiter tout cela comme un jeu », lui assène M. Clarke, deux rangs derrière lui à la Chambre, en plein débat.

M. Johnson a t-il commis une grosse boulette en procédant à une telle « purge », à la veille de probables élections générales où toutes les voix tories compteront, y compris celles des modérés ? A t-il trop écouté Dominic Cummings, son principal conseiller, architecte de sa stratégie « do or die », et considéré comme un idéologue du Brexit ? « La grande Margaret Thatcher avait dit une fois que les conseillers conseillent et les dirigeants dirigent », souligne aux Communes Margot James, une des élues « rebelles » mise à l’index. Le Telegraph, bien renseigné sur M. Cummings, rapporte mercredi soir que les relations se sont brusquement tendues entre le premier ministre et l’ex-directeur de la campagne « Leave » en 2016.

Le doute gagnerait-il à Downing Street ? Il y a une semaine tout juste, le premier ministre semblait en position de force : il venait d’annoncer la suspension du Parlement pendant cinq longues semaines, à partir du 9 septembre, afin de mieux neutraliser des élus réfractaires au « no deal ». Désormais, il est à la tête d’un gouvernement sans majorité, avec un Parlement qui dit non à presque tout : les élus ont voté trois fois contre l’accord de Theresa May, ils ne veulent pas d’un « no deal », ni d’élections générales à la date avancée par M. Johnson.

Comment le premier ministre peut-il s’extraire d’un tel piège ? Il aurait intérêt désormais à laisser le texte anti-« no deal » suivre son cours et être définitivement adopté par la Chambre des lords, afin d’espérer récupérer les voix travaillistes pour sa motion de dissolution du Parlement. Puis de faire campagne en jouant au dirigeant bridé par un Parlement favorable à l’UE et sourd au vote populaire de 2016, qui a saboté sa stratégie de négociation avec Bruxelles… « Il n’a pas encore perdu, la politique britannique est devenue extrêmement volatile et les travaillistes sont très divisés », estime Anand Menon, professeur de politique européenne au King’s College.

Ironie de l’histoire : s’il joue cette option, Boris Johnson se trouve pris de court par sa propre décision de suspendre le Parlement à partir du 9 septembre au soir : il faut que d’ici là, la loi anti « no deal » et sa motion visant à provoquer les élections aient eu le temps d’être traitées. A moins que l’opposition aille au vote de défiance, qu’elle a de bonnes chances de gagner, en tout début de semaine prochaine… Qui comprend encore quelque chose à la bataille du Brexit, hors de la bulle de Westminster ?

6 septembre 2019

Boris Johnson

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6 septembre 2019

La lettre politique de Laurent Joffrin - Les «antisystèmes» du système

Proclamer la naissance du nouveau monde… pour préserver l’ancien. La désaffection des électeurs envers les partis traditionnels et l’apparition de nouvelles têtes dans la plupart des démocraties viennent illustrer une nouvelle fois la très classique maxime du prince de Salina dans le Guépard : «Il faut que tout change pour que rien ne change.»

Jusqu’à une date récente, il était entendu qu’il y avait d’un côté les «hommes (ou les femmes) du système» – en gros, la classe politique traditionnelle, vouée à la conservation ou à la réforme prudente de l’état des choses –, et, de l’autre, une escouade bigarrée d’outsiders sommaires et brutaux portés au pinacle par la vague populiste. Trump aux Etats-Unis, Bolsonaro au Brésil, Orban en Hongrie, Le Pen en France, Farage ou Johnson en Grande-Bretagne, Duterte aux Philippines, incarnaient ce type de leaders forts en gueule, démagogues, intolérants et souvent xénophobes.

Décidément créative, la politique démocratique a inventé, peut-être comme un antidote, une nouvelle forme de responsables politiques, tout aussi étrangers à la classe politique d’antan, mais tenants de politiques furieusement «mainstream». Emmanuel Macron fut le premier d’entre eux, franc-tireur inconnu du grand public, jamais élu auparavant, qui a battu à plate couture les caciques de «l’ancien monde», promis une «révolution» pour mener une politique traditionnelle, pro-européenne et de centre droit, à coups de réformes inspirées d’un libéralisme mâtiné de social, tout à fait conforme aux vœux de l’establishment français. «Révolution» de courte durée : trop pressé dans sa première année, ayant dressé contre lui une bonne partie de la population, Emmanuel Macron ralentit le rythme des réformes, cherche l’appui des corps intermédiaires, multiplie les consultations, jusqu’à marcher somme toute dans les pas de son prédécesseur Hollande qu’il avait voué aux gémonies.

De la même manière en Ukraine, un comédien, rendu célèbre par une série télévisée, balaie dans une campagne éclair le paysage politique ancien, suscite un raz-de-marée électoral, prend le contrôle du Parlement, pour lancer au bout du compte une politique fort prudente de réformes intérieures, de rapprochement avec l’Union européenne et l’Otan, et de discussions plutôt accommodantes avec le voisin russe. Tout le contraire d’un casseur d’assiettes.

En Italie, après avoir piloté tant bien que mal un attelage infernal entre la Ligue d’extrême droite et le mouvement Cinq étoiles, Giuseppe Conte, Premier ministre sorti de nulle part sinon d’une université, prend soudain une épaisseur politique, désavoue Matteo Salvini et se retrouve à la tête d’une coalition de centre gauche qui annonce son intention de renouer avec l’Union européenne et de gouverner avec sagesse l’économie du pays.

Ainsi «le système» a-t-il finalement produit des «antisystèmes» dédiés à la préservation du «système». Joli tour de passe-passe, qui a néanmoins son inconvénient : ainsi En marche, mouvement antisystème très vite institutionnalisé, suscite désormais en son sein ses francs-tireurs à leur tour lancés dans le même genre de brillante entourloupe. La macronie trop vite changée en parti classique, avec discipline de vote, investitures et commission électorale, voit naître en son sein une dissidence spectaculaire en la personne de Cédric Villani, candidat «antisystème» de «l’antisystème prosystème», qui se présente contre le candidat officiel d’En marche tout en se réclamant de l’esprit initial du mouvement. Dans plusieurs villes, Montpellier ou Sens par exemple, la même opération se dessine, qui verrait des macroniens se retourner contre la macronie pour se vêtir du manteau chatoyant de la dissidence à l’intérieur de la dissidence.

Du coup le «nouveau monde» prend un coup de vieux, relégué dans les limbes d’un changement déjà flétri par des adeptes du «changement dans le changement», le tout pour faire à peu près la même chose. Ce qui tend à prouver que cette distinction ébouriffante entre «nouveau monde» et «ancien monde» n’est qu’une vaste faribole. La question est moins de savoir si une politique est neuve ou classique, mais si elle est juste, efficace et conforme aux intérêts du peuple. Mais ce sont sans doute là critères tristement anciens…

Effrayés par la possible multiplication des Villani, les responsables d’En marche crient à la trahison, ce qui n’est guère audible dans la mesure où ils ont eux-mêmes bâti leur succès sur une trahison précédente. Ils peuvent désormais méditer sur cette question ironique et profonde à la fois : trahir un traître, est-ce trahir ?

LAURENT JOFFRIN

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5 septembre 2019

Après la candidature Villani, La République en marche craint l’émergence d’autres dissidences

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Par Alexandre Lemarié

Certains prétendants, qui n’ont pas obtenu l’investiture du parti présidentiel, hésitent à se lancer. A Montpellier ou à Sens, le risque est réel.

« Le problème, c’est que cela risque de faire des petits ailleurs cette histoire… » Au sein de La République en marche (LRM), plusieurs responsables craignent que la décision de Cédric Villani de présenter sa candidature pour les élections municipales à Paris face au candidat investi par le parti présidentiel favorise l’émergence de dissidences dans d’autres villes. D’autant plus que LRM a choisi, mercredi, de ne pas exclure M. Villani.

« Il y a un vrai risque que cela ouvre d’autres fronts et crée une jurisprudence Villani, redoute un poids lourd de la majorité. Beaucoup vont se dire : “Il y a un candidat officiel mais il peut aussi y avoir un candidat officieux.” »

Si l’embrasement n’est pas général, un possible effet boule de neige n’est pas à exclure dans l’optique du scrutin de mars 2020. Dans plusieurs villes, des prétendants à l’investiture LRM se disent prêts à se lancer en solo, au cas où leur candidature ne serait pas retenue. C’est notamment le cas à Montpellier, où les velléités d’indépendance de M. Villani donnent des idées à Patrick Vignal. « Vous avez aimé Villani ? Vous allez adorer Vignal ! », prévient le député LRM de l’Hérault, qui a déclaré sa candidature fin avril.

Cet ex-député socialiste est déterminé à se lancer si le parti présidentiel soutient le maire sortant, Philippe Saurel, sans exiger qu’il porte l’étiquette de la majorité. « Je suis rentré en campagne, ce n’est pas pour m’arrêter au prétexte que des barons locaux se voient bousculés dans leurs habitudes », met-il en garde.

Ce scénario est déjà à l’œuvre à Sens (Yonne), où l

Dans d’autres villes, la fronde contre certains choix de la CNI risque d’entraîner une démobilisation des troupes, sur fond de division interne. A Lille, la députée LRM du Nord Valérie Petit, qui n’a pas obtenu l’investiture, a ainsi annoncé son refus de soutenir la candidate désignée, Violette Spillebout, invoquant « l’objection de conscience ». Comparant sa démarche à celle de M. Villani, Mme Petit se dit « mal à l’aise avec un processus de désignation opaque, qui fait passer les amitiés avant les choix rationnels, éloigné de la promesse originelle du macronisme de renouvellement des visages ».

A Marseille, le député LRM Saïd Ahamada, candidat déclaré à l’investiture, assure qu’il ne présentera pas de « candidature dissidente » s’il n’est pas choisi, « dans la mesure où le processus de désignation aura été respecté ». Mais si le parti noue une alliance avec Les Républicains au premier tour, il ne mènera pas campagne pour le candidat soutenu par sa formation. « Dans ce cas, je me mettrais en retrait », confie-t-il.

A Tours ou à Angers, le risque de dissidence vient de la base : les « marcheurs » locaux menacent de présenter leur propre candidat contre le maire sortant « macroncompatible », avec lequel le siège parisien envisage de s’allier.

« Tout le monde n’est pas Villani ! »

Même si le risque de contagion est bien identifié, la direction de LRM veut croire que la probable candidature de M. Villani « ne déclenchera pas une hémorragie ». « Il y a peu de cas où le problème peut se poser. Et nos statuts sont clairs : tout dissident s’exclut automatiquement du parti », prévient-on. Comme pour dissuader ceux qui voudraient s’y risquer… « Certains vont saisir la perche, évidemment, mais tout le monde n’est pas Villani ! », veut se rassurer un cadre.

Pour certains élus de la majorité, la CNI doit avant tout tirer les leçons du « cas » Villani. « Cet épisode montre la nécessité de revoir nos procédures pour éviter que cela se passe ailleurs, juge le député LRM du Val-d’Oise Aurélien Taché. Si l’on veut que la désignation de nos candidats soit incontestable, il faut clarifier en amont la ligne idéologique et la stratégie politique de chacun d’eux, en instaurant plus de démocratie et de transparence en interne. Et faire ensuite un choix collectif sur cette base. »

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5 septembre 2019

Peter Lindbergh 1944-2019

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Ce sont des jours sinistres, Steve Hiett jeudi dernier, Jean Marquis ce lundi et hier Peter Lindbergh. Et demain?

L’édition d’aujourd’hui est dédiée à Peter Lindbergh et Carole Schmitz a partagé avec nous ses conversations avec l’un des derniers rares photographes de génie, universellement respecté et aimé.

Le Sultan a tiré sa reverence par Carole Schmitz

Pour lui le plus important était de créer des images. Peter Lindbergh, un des photographes les des plus demandés et les plus appréciés de la planète mode nous a hélas quitté trop tot. Maître-façonneur d’images, il appartenait au cercle très fermé des quelques dix photographes stars, un statut dont il ne se vantait guère. A nul autre pareil, il ciselait ses sujets avec un œil parfait. Son regard sur les femmes était d’une sensuelle beauté. Sa vision en était actuelle et intemporelle. Venu à la photo par hasard, comme il se plaisait à le rappeler, Peter était avant tout un observateur et aucun détail ne lui échappait. La photo et la mode ne lui sont jamais montées à la tête, bien au contraire… Ouvert, accessible, toujours souriant, c’était un homme d’une incroyable générosité et d’une parfaite lucidité quant au monde dans lequel il évoluait. Pour lui, la création était la naissance de quelque chose qui vient d’un sentiment, d’une émotion ou d’une combinaison d’idées. Ses images à l’atmosphère réalistes célébraient la beauté sans artifice. Pour la plupart déjà iconiques, elles sont et resteront désormais et pour l’éternité puissantes, pleines de contrastes et de mélancolie par instant. Privilégiée d’avoir pu, à plusieurs reprises, rencontrer et échanger avec ce grand Monsieur, je garderai surtout de lui l’image d’un gentleman qui ne trichait pas.

Carole Schmitz : L’ exposition qui vous est consacrée et qui va faire le tour du monde s’intitule « A Different Vision on Fashion Photography », que pouvez vous nous dire sur cette vision différente ?

Peter Lindbergh: C’est Thierry Loriot qui a eu l’idée de cette exposition. Son envie était de montrer une approche personnelle sur plus de trente ans de mode. Je suppose qu’il considérait ce que j’ai fait pendant toutes ces années comme très différents de ce qui se faisait habituellement en matière de photos de mode.

C.S : Qu’est ce qui a initié cette exposition ?

P.L :Je suppose que Thierry Loriot était intéressé par une interprétation différente et consistante de 30 ans ou plus de mode et bien entendu de photographie.

C.S : Sera-t-elle identique dans chaque ville ?

P.L :Cette exposition est sensée être montrée dans 5 à 10 musées à travers le monde et s’adaptant à chaque ville, sera à chaque fois quelques peu différente. Le contenu ne changera pas, seule la scénographie et peut-être l’espace alloué aux différentes

C.S : Vous êtes considéré comme l’un des photographes de mode les plus influents de son époque, que vous inspire le monde d’aujourd’hui ?

P.L :Mon inspiration ne me vient quasiment jamais de la mode, ou disons plutôt, une fois de temps à autre. Je ne vais plus aux défilés depuis plus de 15 ans. Pourquoi me direz-vous ? La raison en est simple, je ne veux pas me laisser influencer par des collections qui changent ou évoluent trop vite à mon gout, comme je le suppose, c’est le cas pour de nombreux autres photographes. J’aime et j’admire l’immense créativité que déploient les designers à chacun de leurs shows, mais je pense aussi que le fait de me tenir à l’écart de tout ceci m’offre une palette d’inspiration beaucoup plus large. Actuellement je suis inspiré par tout ce qui peut m’entourer, une histoire, un poème, une conversation avec quelqu’un qui peut vous apprendre quelque chose que vous ignoriez… etc. Il y a tant de choses qui chaque jour s’offrent à nous, tant de choses qui ne demandent qu’à être découvertes et transformées en quelques choses d’autre. Je pense que le devoir de la photo de mode n’est pas d’aider à vendre des vêtements, mais plus globalement d’inspirer, de parler des femmes, ce qui signifie également, définir ces femmes dans l’époque dans laquelle nous vivons. La photographie de mode devrait être plus étendue que la mode elle même. Pour en revenir à votre question, le monde est rempli d’inspirations de toutes sortes. Les choses les plus atroces auxquelles nous faisons face actuellement, tout à coté des choses les plus belles. Tout à la fois est inspirant.

C.S : Vous sentez-vous davantage photographe ou photographe de mode ? Artiste aussi ?

P.L :Franca Sozzani, directrice de Condé Nast Italie et éditrice du Vogue Italien et depuis trente longues années une de mes proches amis a dit ce qui suit dans une interview qu’elle a donné il y a peu : « Peter est un photographe qui marquera l’histoire de la photographie (pardonnez moi, mais c’est Franca qui dit cela !!!) car il n’est pas rattaché aux tendances, il a sa propre identité. Ce n’est pas un photographe de mode, il utilise la mode pour parler des femmes, ce qui est très différent »… J’acquiesce totalement à ses propos. Et pour répondre à la seconde partie de votre question, à propos du fait de me sentir artiste ou non, je vous propose si vous en avez l’occasion de lire l’interview que j’ai accordé au magazine américain d’art « Art Forum » de mai 2016 (pages 296 à 307 « The new look, Art and fashion Photography »), j’y aborde cette question dans le détail. Comme une boutade ou une provocation même, je dis souvent que je suis photographe de mode…  Un qualificatif que bon nombre renient pour se targuer d’être des artistes. Personnellement, je pense que la photo de mode est un véhicule fantastique pour exprimer ce que l’on a envie de dire.

C.S : On vous surnomme affectueusement le « Sultan », d’où cela vous vient-il ?

P.L :Cela date d’une autre époque, lorsque j’ai encore à l’école d’art tout en participant à une exposition de groupe dans un musée allemand. Lorsqu’ils ont imprimé le catalogue, le commissaire d’exposition m’a appelé pour me demander si j’avais un nom d’artiste, et j’ai très spontanément répondu : « Oui, Sultan ». Ce nom m’est resté tout au long de mes années d’artiste, y compris pour mon exposition solo chez « Denise Rene/ Hans Mayer Gallery ».

C.S : Quelle image avez vous de la femme d’aujourd’hui ?

P.L :Lorsque je regarde autour de moi, je suis choqué par ce qui est fait aux femmes aujourd’hui. L’idée de la beauté a été transformée, elle est déconnectée de la réalité et tout signe emmenant d’expériences personnelles ont été gommés pour n’être qu’un masque interchangeable utilisé à des fins commerciales. L’image que j’ai de la femme sur papier glace est horrible. Au fond, je ne sais pas qui decide réellement de l’image à donner de la femme, ni où est leur intérêt… si ce n’est pécuniaire. Et à ce titre tout est aseptisé. Pas une trace de rides ou de vécu… Est-ce cela l’image de la femme que nous devons donner ? Je ne le pense pas. Les femmes sont aujourd’hui coincé par des diktats, elles veulent paraitre jeune à tout prix. Cela me désole, car ce qui fait la beauté d’une femme ce sont justement les empruntes laissées par le temps. Et à titre plus personnel, je pense que la femme est la plus belle des créations. Les femmes sont selon moi bien plus intéressantes que les hommes. Elles sont courageuses, fines, sensibles. Je les adore… D’ailleurs, il m’arrive quelques fois de penser que si j’avais été une femme, je serais lesbienne… (rires). Mais peut-être que si j’en été vraiment une, je ne penserais pas de la sorte !!!

C.S : Qu’est ce que la beauté pour Peter Lindbergh ?

P.L :Je viens de finir le calendrier Pirelli 2017. J’avais une idée très précise du message que je voulais véhiculer à travers ces images. J’ai écrit quelques lignes pour l’expliquer, mais laissez moi d’abord vous raconter ce que nous avons fait. J’ai demandé à 15 actrices dont je suis très proche, si elles souhaitaient participer à ce projet. Les 15 m’ont dit oui et ont donc accepté de se prêter à cette expérience. 15 actrices dont je ne peux hélas pour le moment  pas vous révéler les noms. Mais voici le texte que j’ai rédigé et qui figurera en ouverture du calendrier : « En ces temps où les femmes sont représentées dans les médias comme ambassadrices de la perfection et de la jeunesse, j’ai pensé qu’il était important de rappeler qu’il existe une beauté différente, plus réelle et crédible, pas manipulée par la publicité ou n’importe quels autres intérêts, une beauté qui parle d’individualité, de courage d’être soi-même et laisser s’exprimer  sa propre sensibilité… »

C.S : Quelles sont vos canons de beauté ?

P.L :C’est une question à laquelle il est bien trop compliqué de répondre tant il y en a…

C.S : Quel est votre regard sur la mode aujourd’hui ?

P.L :La mode aujourd’hui est trop stressante pour les designers. Personne ne peut imaginer 25 collections par ans sans devenir fou sous la pression du succès à la fois artistique et commercial.

C.S : Une tendance de mode qui vous agace ?

P.L :Non.

C.S : Dans une interview, je vous ai entendu dire que le beau est « boring ». Le pensez-vous toujours ?

P.L :Tout dépend dans quel sens est utilisé « beau ». Si cela s’apparente à la sacro-sainte quête de perfection et de jeunesse, je dirais que le « beau » est non seulement synonyme d’ennui mais qu’il est d’avantage encore dévastateur. C’est la beauté faite d’imperfections qui est interessante.

C.S : Vos portraits dégagent une certaine absence d’inhibition et de grâce physique, comment parvenez vous à obtenir ce résultat quelque soit la personne que vous photographiez?

P.L :La réponse est très simple : en étant moi-même et vrai.

C.S : Qui aimeriez vous photographié et qui n’est pas encore passé devant votre objectif ?

P.L :Vanessa Redgrave !

C.S : Vous affectionnez tout particulièrement la photographie en noir et blanc, qui présente près de 60 % de votre travail. Qu’apporte le noir et blanc que vous ne trouvez pas dans la couleur ?

P.L :J’utilise à 75% le Noir&Blanc, mais je dois avouer que la couleur peut souvent être bien plus interessante que le Noir&Blanc. Il y a eu diverses raisons à cela et à différentes époques. Au départ, j’ai aimé l’idée que le Noir&Blanc interprétait la réalité et cela semblait comme être un petit pas vers l’art (rires), mais par la suite il a été plus important pour moi de le ressentir comme plus réel et plus authentique, ce qui du reste est faux. Je me sentais plus proche de la vérité en utilisant le Noir&Blanc, surtout lorsqu’il s’agissait de portraits

C.S : La photographie a beaucoup évolué depuis vos débuts. Quel est votre regard de professionnel sur ces changements?

P.L :La digitalisation a été très positive à bien des égards. Utilisation d’un écran, qui permet à chacun de voir les images en temps réel, un privilège qui jadis n’était réservé qu’au photographe. Ce petit détail finira par « tuer » les photographes et par là même la photographie.

C.S : Depuis le temps que vous travaillez dans la mode, quel regard portez vous sur la mode, et sur la presse aussi ?

P.S :Ca dépend des journaux, mais dans l’ensemble je me rends compte qu’il y a de moins en moins de lieux où je peux encore être l’enfant terrible que j’étais. La consigne aujourd’hui c’est d’être sage, c’est le cas par exemple avec le Vogue américain. Pas avec le Vogue Italie qui est plus pointu. Mais ça m’amuse aussi de faire des photos plus “straight”, c’est un exercice de style, d’une certaine manière. En tout cas, je l’assume. Et puis aujourd’hui, les journaux de mode fonctionnent tous de la meme manière, ce qui ne laisse plus vraiment de place aux photos plus personnelles. Il y a quinze- vingt  ans, on pouvait s’amuser en travaillant pour certains journaux, je pense notamment à Marie-Claire qui à l’époque était assez pointues, aujourd’hui, c’est terminé ! Quant à la mode, c’est un monde sans pitié, d’une incroyable cruauté, où la pression exercée peut rendre les gens fous.

C.S : Qu’est ce qui est primordial dans votre travail ?

P.L :L’humilité et la vérité.

C.S : Qu’est ce qui vous faire encore courir ?

P.L :Il n’y a rien de plus intéressant que la photographie, mais rassurez-vous, je parle pour moi !

C.S : Quels pourraient être vos regrets, si toute fois vous en avez ?

P.L :La seule chose qui me manque dans la vie c’est le temps, je veux du temps que je peux utiliser pour moi ou pour mes (bientôt) 7 petits-enfants.

C.S : Qui est Peter derrière Mr Lindbergh ?

P.L :Impossible de répondre à cette question étant donné que je suis Peter derrière Mr. Lindbergh et que je ne pense pas l’avoir jamais rencontré !

 C.S : Quels sont les 3 artistes contemporains avec lesquels vous échangeriez volontiers votre art ?

P.L :Michael Heizer, Gerhard Richter, Joseph Kosuth.

C.S : Quel est votre devise ?

P.L :« Se montrer tel que l’on est, sans vouloir de manière intentionnelle ou drôle ajuster sa personnalité, est la chose la plus importante qui soit » (Shunryu Suzuki)

C.S : Quel est votre luxe ?

P.L :De pouvoir vivre selon la citation de Suzuki, mais aussi, je dois l’avouer, de posséder un magnifique yacht anglais de 100ft de 1964 dont l’intérieur a été réalisé par mon ami Christian Liaigre.

5 septembre 2019

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jaime61

5 septembre 2019

À Hong Kong, la contestation se poursuit malgré l'abandon du projet de loi

La concession de l'exécutif hongkongais annoncée mercredi ne semble pas apaiser la colère des manifestants prodémocratie, qui réclament désormais l'instauration du suffrage universel à Hong Kong.

Une sortie de crise pour Hong Kong ? L'exécutif hongkongais a accédé mercredi à une demande clé des manifestants en annonçant le retrait définitif du projet de loi sur les extraditions, à l'origine du mouvement de contestation. La concession ne devrait toutefois pas suffire à apaiser la grogne, selon notre correspondant sur place, Antoine Védeilhé.

S'il s'agit d'une "petite victoire", les manifestants prodémocratie ont élargi leurs revendications, pour dénoncer l'érosion des libertés et les ingérences grandissantes de la Chine dans les affaires de cette région semi-autonome. Ils réclament ainsi l'instauration du suffrage universel à Hong Kong, une amnistie pour le millier de manifestants arrêtés et la mise en place d'une commission d'enquête sur les violences policières.

"Les Hongkongais méritent le suffrage universel"

Enfin, les manifestants demandent que le gouvernement retire le terme d'"émeute" qu'il utilise pour qualifier les manifestations les plus violentes. "Tant que le gouvernement n'aura pas répondu à ces demandes, les manifestants continueront à descendre dans la rue", souligne Antoine Védeilhé.

"Pas assez, trop tard", a ainsi commenté, mercredi, Joshua Wong, qui fut en 2014 le visage du "Mouvement des parapluies" et qui a été brièvement arrêté la semaine dernière dans le cadre d'un coup de filet contre les grandes figures de la mobilisation actuelle. "Nous appelons aussi le monde à prendre garde à cette tactique et à ne pas se laisser tromper", a-t-il lancé.

Les dirigeants de Hong Kong et Pékin "n'ont en fait rien concédé et une répression de grande ampleur se prépare." "Notre détermination et notre courage pour combattre pour notre liberté vont continuer" car "les Hongkongais méritent le suffrage universel et d'élire leur propre gouvernement", a-t-il ajouté.

Adoptant un ton beaucoup plus conciliant qu'à ses précédentes prises de parole, Carrie Lam a exhorté les manifestants à renoncer à la violence et à participer à un "dialogue" avec le gouvernement. "Remplaçons les conflits par les conversations et recherchons des solutions", a-t-elle dit, ajoutant vouloir mobiliser des universitaires, des conseillers et des professionnels "pour examiner de façon indépendante les problèmes profondément enracinés dans la société et conseiller le gouvernement sur des solutions".

"Cinq exigences majeures, pas une de moins"

Mais si elle a cédé sur le projet de loi, elle a aussi réaffirmé qu'elle ne lâcherait rien sur les quatre autres demandes.

Des commentaires empreints de fureur n'ont pas tardé à fuser sur les forums utilisés par les manifestants, soulignant notamment qu'un retrait du projet de loi ne mettait pas fin aux actions de protestation. "Cinq exigences majeures, pas une de moins. Libérez HK, la révolution maintenant", disait notamment un message largement diffusé sur l'application Telegram.

"Ils ont essayé de fermer la porte de l'écurie, mais c'est trop tard", a estimé le politologue Dixon Sing, expliquant que seule une commission d'enquête indépendante serait de nature à commencer à apaiser "le très fort sentiment de colère et d'injustice" partagé par la population et les manifestants.

Menace d'intervention de Pékin

Samedi a été une des journées les plus violentes depuis le début du mouvement, des contestataires allant jusqu'à incendier une énorme barricade dans le quartier de Wanchai, dans le centre, à une centaine de mètres du QG de la police, et les forces de l'ordre pourchassant et passant à tabac des manifestants jusque dans les stations de métro.

Si elle s'est montrée conciliante dans son message, Carrie Lam a aussi averti du fait que les violences plaçaient Hong Kong dans une position "vulnérable et dangereuse", une possible référence aux menaces d'interventions de Pékin.

5 septembre 2019

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