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Jours tranquilles à Paris

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4 septembre 2019

Cunnilingus: Comment faire un cuni à votre partenaire ? Astuces et conseils

dessin cunni

Comment faire un cunnilingus parfait ? La rédaction de Gentside s'est entourée du docteur Gérard Leleu, sexologue le plus connu de France, et de Nephael, modèle de charme et spécialiste du plaisir, pour décoder tous les mystères du plaisir féminin. Quels sont les gestes à faire et à ne pas faire ? Comment parvenir à la faire jouir ? Quels sont les techniques à adopter ? Découvrez toutes les petites astuces coquines pour la faire grimper au plafond.

Le cunnilingus est un rapport bucco-génital. C'est l'équivalent au féminin d'une fellation. Il s'effectue avec la bouche, la langue et les lèvres d'un partenaire sur le sexe de la femme (vagin, clitoris, lèvres et vulve). Souvent appelée cuni, cette pratique tire son nom de son explication latine: Cunnus pour désigner la "vulve" et lingere qui signifie "lécher". On ne peut pas être plus explicite.

Pourquoi les femmes adorent les cunnilingus ?"Il y a ce côté, 'c'est tout pour nous'. C'est un acte de don", nous indique Nephael, modèle de charme pour Dorcel. L'inspiration technique du sexologue Gérard Leleu nous explique pourquoi c'est si agréable. "Les lèvres et la langue sont infiniment plus adaptées que la main et les doigts. La bouche, les lèvres et la langue sont humides et chaudes. Les muqueuses sont très douces donc le contact est agréable. La langue est aussi infiniment plus intelligente que le doigt. La langue est subtile et déliée". Tout autant de précisions qui font du cunnilingus un véritable travail d'orfèvre.

Enfin, tout comme pour la fellation, la dimension psychologique prend également une énorme part du plaisir ressenti. Le sentiment d'abandon lié à la domination est un facteur d'excitation. Il faut prendre du plaisir à faire plaisir, ça n'en sera que plus excitant. Imaginez quand une femme vous fait une fellation avec enthousiasme. Le plaisir en est multiplié.

Patience et rythme, les mots-clés d'un cunnilingus réussiLe cunnilingus est une "pratique assez longue qui demande de l'organisation et de la patience", confesse notre sexologue. ll faut savoir prendre son temps. En réalité, tout dépend de l'éveil du corps de la femme. "Il y a des femmes qui peuvent venir en quelques minutes alors que pour d'autres ça peut prendre un quart d'heure voire une demi-heure. C'est plus long que pour la fellation chez un homme", nous rappelle Gérard Leleu.

S'il faut ne faut donc pas regarder sa montre pendant que l'on s'occupe de sa dulcinée, il faut néanmoins rester concentré. Car pour faire venir sa partenaire, il faudra jouer du rythme et ne pas compter sur une accumulation de léchouilles. "Il ne faut pas se focaliser sur un seul mouvement et faire la même chose en boucle. Il faut trouver la bonne combinaison", précise Nephael.

N'oubliez pas non plus de mettre votre partenaire à l'aise. Donner accès à ce qu'on a de plus intime peut en inquiéter plus d'une. Soyez donc gentleman, courtois et délicat. Ne foncez pas directement vers l'entrejambe de votre amante, surtout si c'est la première fois. En plus de la détendre et de la familiariser avec votre corps, cela fera également monter le désir...

Le piège du clitorisAttention messieurs, ne soyez pas un obsédé du clito. Si certains croient être arrivés en Terre Promise quand ils parviennent à le trouver, ce serait une erreur de penser que vous êtes le dieu du cuni !

"La femme peut s'irriter qu'on fonce droit sur le clitoris alors que tout le reste est sensible, prévient le sexologue Gérard Leleu. Les grandes lèvres, les petites lèvres, le vestibule vaginale, le méat urétral, la fourchette vaginale... Il y a des quantités de coins à fouiner et à explorer". Il faut savoir faire monter le désir et ne pas se jeter sur le clitoris bien qu'il reste "le point le plus sensible" du sexe féminin.

Comment trouver le clitoris ? Il est situé à l'intérieur des petites lèvres, juste en-dessous du vestibule vaginale. C'est-à-dire légèrement au-dessus de la zone de pénétration classique. Vous le reconnaitrez au toucher, c'est un petit appendice très sensible et plutôt dur. Mais il est fragile, traitez-le avec soin.

Comment faire un cunni parfait ?Cette question a certainement déjà trotté dans la tête de nombreux hommes. Comme chaque femme est différente, il n'y a pas de recette magique mais on peut tout de même vous donner quelques ingrédients pour lui faire plaisir.

Tout d'abord, il faut penser à la femme dans son ensemble et ne pas la réduire à un petit bout de vagin. "Il faut savoir être polyvalent", aime rappeler Nephael, spécialiste du plaisir. Ainsi n'oubliez pas que votre bouche n'est pas le seul argument que vous avez à proposer à Madame. Mains, doigts, baisers, "il faut étendre la caresse", comme le dit si poétiquement Gérard Leleu. La stimulation des zones proches et des autres parties érogènes du corps sont un surplus de plaisir que ne reniera pas votre exquise. "Tout compte. Il faut jouer avec le clito et tout le reste", ordonne Nephael. "On accompagne la caresse principale d'autres caresses". Il faut combiner.

Les techniques pour faire un bon cunnilingus:

- Ne pas être un obsédé du clito. On l'a bien vu, le salut ne passera pas uniquement par là. Varier les plaisirs.- Utiliser ses mains: "L'homme n'aime pas qu'on fonce droit sur son pénis", tance notre sexologue C'est pareil pour les femmes. "Il faut d'abord conquérir l'ensemble du corps et viser une sorte d'abandon avant d'attaquer les zones les plus sensibles et sensuelles". - Jouer avec son corps d'homme: Messieurs, vous aussi, vous êtes sexy. N'hésitez pas à le lui montrer en jouant de vos plus belles courbes pour la rendre folle.- Varier vos coups de langue: de bas en haut, de haut en bas, de droite à gauche, de gauche à droite, en cercle, en zigzag, etc. La langue est un concentré de technicité qu'il faut savoir faire apprécier. Elle doit être plutôt molle pour au mieux rendre grâce à la fleur de votre dame. La mâchoire doit aussi être lâche pour donner un maximum d'amplitude aux festivités linguales. Le cou doit aussi être de la partie afin d'explorer les moindres recoins de l'intimité de votre belle.- Ne pas penser qu'avec sa langue: Si vous pensez triompher à la force de votre langue uniquement, vous vous trompez. La bouche, les lèvres et les doigts sont autant d'artifices supplémentaires qui complèteront votre savoir-faire. Un baiser, une succion, une caresse buccale, une pénétration avec le doigt ou encore une caresse légère avec les dents peuvent être appréciées. Attention néanmoins à ne pas mordre !- Souffler le chaud et le froid: Le coeur du corps d'une femme est extrêmement sensible à la chaleur. Une bouche chaude ou fraîche (à l'aide d'un glaçon ou d'un chewing-gum par exemple) changera sa perception de la caresse, mais lui fera un effet retentissant. De même pour la respiration, votre rythme haletant sera aussi un argument de plaisir pour son entrejambe.- Savoir prendre son temps: Pour amener la femme au désir, il faudra s'armer de patience... mais quel plaisir ensuite. - Être délicat: Ne traitez pas la fleur de Madame comme une vulgaire batavia. Sachez être doux sans être mollasson.- Garder le rythme: Quand on a trouvé le rythme et que la femme est réceptive, il faut être attentif par tous les sens au plaisir de la femme. Fréquence, mouvement, pression, vitesse mènent à l'orgasme. Il faut savoir maintenir sans s'arrêter pour la délivrer. "Pour nous, c'est plus crescendo. Il faut y aller progressivement. Mais il faut tout de même qu'il y ait une certaine intensité à la fin", explique Nephael.

Les positions pour un bon cuniComme il demande un peu de temps, il faut avant tout penser au confort. Une femme bien installée se libérera plus facilement. De même, un homme bien posté pourra donner son maximum pour sa demoiselle. "Il faut se mettre dans une bonne position confortable. Un cunnilingus demande de la constance. Il faut aussi oublier les quelques douleurs que l'on peut avoir (langue, cou, etc)", précise Gérard Leleu.

"Le mieux c'est allongé ou un peu assis. Pour le mec comme pour la nana, c'est ce qu'il y a de plus confortable", recommande Nephael. "Sinon il y a le 69, le mec allongé, la femme au-dessus", de cette façon la femme ressent un maximum de plaisir puisque son sexe est parfaitement exposé.

Sachez aussi que debout, l'orgasme est bien plus difficile à atteindre. La pression du sang est plus forte quand les pieds sont collés au sol, donc en appui. Dès lors, l'orgasme est plus compliqué à atteindre. Seuls les plus intrépides s'y aventureront.

Les signes de l'orgasme et que faire après ?Comment repérer quand elle va jouir et surtout que faire après ? Quand s'arrêter de se démener à l'étage inférieur ? Difficiles questions. "Il faut écouter les soupirs, les cris, les gémissements", indique Nephael, notre mannequin experte du plaisir. "Comme l'orgasme est long, il ne faut pas s'arrêter tout de suite après le premier cri, sinon ça va être très frustrant. Mais il ne faut pas non plus rester trop. Il y a un timing à respecter parce qu'au moment de l'orgasme, cela devient très sensible et plus agréable".

Mais si votre dame a joui, rien ne dit que tout est terminé pour autant. Si vous vous sentez d'attaque et qu'elle aussi, vous pouvez tenter le doublé. "Il est possible d'enchaîner sur un autre. Dans ces cas-là, il faut bien faire redescendre la pression, y aller tout doucement et repartir de plus belle. Il n'y a pas de faux-pas tant qu'on est en accord avec sa partenaire".

Quelle épilation pour un cuni ?"Le mieux c'est des poils sur le pubis (si on le souhaite) mais toujours les lèvres épilées". Voilà la maxime prescrite par Nephael. Le fait d'avoir les lèvres dégagées vous assure une plus grande sensibilité et un plaisir retrouvé. Parole d'experte.

Les risques du cuniComme pour tout rapport bucco-génital, le risque de transmission d'IST est important si l'on ne se protège pas. "Si l'on n'est pas sûr de sa partenaire, il faut mettre un carré de latex. Comme le préservatif, c'est un intermédiaire qui couvre un peu les sensations", mais qui est nécessaire en cas de doute de son partenaire.

L'astuce coquine qui fait la différence:Le réflexe veut que l'homme mette ses mains sous les genoux de sa partenaire ce qui lui permet un meilleur accès au vagin. S'il est une position agréable dans un premier temps, il peut empêcher le relâchement total de votre partenaire. Pour faciliter l'orgasme de votre dame, pensez à lui allonger les jambes, ainsi les flux se projetteront mieux et vous verrez votre amante tortiller de plaisir.

La playlist pour un cunnilingus parfaitUntitled (How does it feel) - D'AngeloMorceau mythique de NuSoul de cet artiste américain qui raconte exactement ce que vous êtes en train de faire. C'est la mise en musique du plaisir buccal offert à son/sa partenaire. 7 minutes 11 secondes d'intense plaisir.

Les 3 commandements du cunnilingus

- Les souffles et les gémissement de ta partenaire, tu écouteras

- Dans le piège du clitoris, tu ne tomberas pas

- De la patience, tu auras

"Beaucoup de mecs pensent savoir faire un cunnilingus alors que la plupart ne savent même pas trouver le clitoris", Nephael.

 

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4 septembre 2019

Erdeven

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3 septembre 2019

Hong Kong

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3 septembre 2019

Le Turk

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3 septembre 2019

La lettre politique de Laurent Joffrin - Griveaux et les «abrutis»

Benjamin Griveaux s’est platement excusé auprès de la mère d’Hugues Renson, élu d’En Marche un temps aspirant maire de Paris. Il était temps : cet été, commentant en privé la floraison de candidatures En Marche pour la mairie de Paris, il avait qualifié aimablement ce Renson de «fils de p…», ce qui lui avait permis d’insulter deux personnes en une seule formule, rapportée ensuite par le Point. Rencontrant la supposée «p…» en question il y a quelques jours, il lui a dit sous forme de boutade : «J’ai eu des propos peu amènes à votre égard, madame, mais c’était parce que je ne vous avais pas rencontrée.» Le geste est méritoire, mais l’explication étrange. Si l’on prend cette amende honorable au pied de la lettre, il en ressort que Griveaux a tendance à tenir les femmes qu’il ne connaît pas pour des «p…», ce qui élargit nettement le cercle de ses déte stations potentielles. On pense à ce vieux proverbe à la fois machiste et méditerranéen (dit-on) : «Toutes les femmes sont des p…, sauf ma mère qui est une sainte.» Comme quoi, le nouveau monde souffre parfois des réminiscences de l’ancien.

On n’ose imaginer, du coup, ce que Benjamin Griveaux pense de la mère de Cédric Villani, lequel envisage très sérieusement de se présenter à l’élection parisienne tout en se réclamant lui aussi de la République en marche, ce qui pourrait obérer les chances du candidat officiel. On sait en revanche ce qu’il pense du fils de cette innocente mère de famille. Villani n’a, selon lui, «pas les épaules» pour ce genre de campagne. Il concède toutefois que son concurrent «est plus intelligent que les autres», ce qui est un demi-compliment, puisque Griveaux tient ceux qui guignaient la mairie de Paris au sein d’En Marche pour une bande «d’abrutis». Villani est ainsi un «abruti» plus «intelligent» que les autres «abrutis». L’intéressé pourrait en être blessé s’il n’avait pas reçu la médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel en mathématiques, ce qui atteste, en principe, d’une certaine agilité intellectuelle.

Cette compétition fratricide va en tout cas pimenter la course à l’hôtel de ville parisien. Villani semble décidé à aller jusqu’au bout. Deux signes ne trompent pas : il a changé de coupe de cheveux, passant du style Musset à celui du pubard moyen ; il a abandonné la lavallière et le bijou en forme d’araignée qu’il portait entre ces deux épaules qu’il n’a pas (selon Griveaux) et qui en faisaient un personnage reconnaissable par son excentricité assumée. Paris vaut bien une araignée.

Villani est un faux farfelu qui prépare sa candidature aussi méthodiquement qu’il a conduit sa carrière de mathématicien. Il confesse même en privé, dit-on, qu’il vise à terme l’Elysée. Pour cette première étape, il a réuni un brillant comité de soutien et les sondages lui prédisent une bonne prestation dans le scrutin. Mais il pourrait aussi faire les affaires d’Anne Hidalgo en divisant les voix d’En Marche, assurant ainsi la réélection de la socialiste. Si tel était le cas, on devine ce qu’Emmanuel Macron pourrait dire à son tour – et en privé – des candidats En Marche à Paris, Griveaux compris : «une bande d’abrutis».

LAURENT JOFFRIN

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3 septembre 2019

Banksy

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L'oeuvre de Bansky dérobée près du Centre Georges Pompidou à Paris. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Une œuvre attribuée à l'artiste de rue le plus célèbre au monde, Banksy, a été dérobée à Paris dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 septembre, a appris franceinfo de source proche de l'enquête, confirmant une information de LCI.

Le graffiti est une représentation de l'iconique rat de l'artiste. L'animal porte un foulard et semble déclencher une bombe. L'œuvre était peinte à l'arrière d'un panneau de signalisation, au 36 rue Rambuteau dans le 3e arrondissement de Paris. La partie en plexiglas du panneau qui indique la direction du Centre Georges Pompidou a été dérobée.

Cette affaire de "vol d'œuvre d'art", comme elle est caractérisée par la police, a été confiée au commissariat du 4e arrondissement. Une petite dizaine d'œuvres de Banksy, artiste originaire de Bristol en Angleterre, sont répertoriées à Paris.

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3 septembre 2019

"Wedding Nightmare" - Vu hier

Film de Tyler Gillett et Matt Bettinelli-Olpin           Épouvante-Horreur et thriller     1 h 35 min  

Avec Samara Weaving, Adam Brody, Mark O'Brien

Le jour de son mariage, une jeune femme est invitée par ses beaux-parents pour le clou de la cérémonie : un jeu familial traditionnel auquel elle devra survivre.

Mon avis : il y a tellement de sang que ça en devient comique ! Film inintéressant...

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3 septembre 2019

Réflexion

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3 septembre 2019

Suis moi...

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3 septembre 2019

Des associations féministes critiquent les conditions d'organisation du Grenelle sur les violences conjugales

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Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, ouvre mardi 3 septembre un Grenelle contre les violences conjugales, qui doit se conclure le 25 novembre pour la Journée contre les violences envers les femmes.

C'est un triste décompte. Selon les chiffres du collectif Féminicides par (ex) compagnons, le 100e féminicide a eu lieu dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 août à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes). Face à cette situation, plusieurs associations et militantes féministes réclament, dans une tribune publiée mardi 3 septembre sur franceinfo.fr, "un milliard d'euros contre les violences faites aux femmes", alors que s'ouvre le même jour le Grenelle du gouvernement. Un Grenelle déjà critiqué par ces associations et militantes que ce soit dans son "contenu ou la façon dont il va se dérouler". Elles s'expriment ici librement.

Au moins 100 femmes victimes de violences conjugales ont vu leur vie arrachée depuis le 1er janvier 2019, poignardées, frappées, étranglées, brûlées, tombées sous les balles, écrasées par une voiture. Nous, militantes féministes, restons néanmoins optimistes et mobilisées, car nous savons, depuis le bout de notre lorgnette, qu'il n'y a pas de fatalité !

Les politiques publiques peuvent faire en sorte que des victimes soient détectées et sauvées à temps. Ces victimes émettent souvent des signaux d'alerte, appellent le 115, les valises à la main, à voix basse pour ne pas être entendues par le conjoint violent... et ne sont pas entendues tout court. Certaines osent entrer dans un commissariat pour porter plainte, ou juste poser la question, savoir si ce qu'elles subissent est normal, mais on les incitera plutôt à déposer une main courante. Certaines disent avoir reçu sur leur répondeur des menaces de mort et se sont vus répondre : "Ne vous inquiétez pas madame, ce ne sont que des mots." Certaines voient leurs récits minimisés, sont culpabilisées, on leur fait comprendre qu'elles font perdre leur temps aux agents pour pas grand chose.

Une énorme part des meurtriers avaient déjà fait l'objet de plaintes, de gardes à vue, de condamnations, de peines, de sursis ou de médiations pénales avant de commettre l'irréparable.

La police manque à son devoir, le gouvernement manque à son devoir en ne reconnaissant pas explicitement ces défaillances.

Les signataires de la tribune

Nous ne nous en laisserons pas compter ! Parce que l'argent est le nerf de la guerre, nous réclamons un milliard d'euros contre les violences faites aux femmes ! A quoi servira-t-il ? A doubler les moyens des associations pour qu'aucun département, en France métropolitaine comme dans les territoires d'Outre-mer, n'en soit privé ; à former tou-tes les professionnel-les en lien avec les victimes, dans la santé, la police, à recruter des référent-es spécialisé-es pour qu'aucune plainte ne soit plus jamais négligée ou refusée ; à financer de grandes campagnes contre les violences sexuelles et sexistes à la télévision, à la radio, sur les affichages publics, sur internet ; à augmenter les accueils de jour, les lieux d'écoute, d'accueil et d'orientation (LEAO) et les centres d'hébergement pour les femmes et leurs enfants, avec un personnel spécialisé ; à donner plus d'ordonnances de protection et de Téléphones grave danger [un dispositif d'urgence créé en 2013]. De l'aveu même de Marlène Schiappa, les deux tiers de ces Téléphones grave danger dorment dans des placards, faute d'attribution.

Sans oublier un programme d'éducation contre le sexisme à l'école de la maternelle au supérieur. Marlène Schiappa nous dit : "Nous attendons les résultats d'un audit" sur le manque de séances d'éducation à la sexualité et à l'égalité. Pourtant, lors du précédent quinquennat, tout un programme avait été expérimenté, les "ABCD de l'égalité", avec de bons résultats, puis abandonné. Pourquoi ne pas le reprendre et le généraliser ?

Des mesures simples à mettre en œuvre pour répondre à l'importance de l'enjeu

Les associations sont d'autant plus déroutées que ce n'est que quatre jours avant le Grenelle contre les violences conjugales, lancé par Marlène Schiappa, que certaines (pas toutes !) ont enfin reçu un mail d'invitation, portant le titre "Save the date !"… Comme si on risquait d'oublier une date à quatre jours près. Nous n'avons pas eu non plus d'informations sur son contenu ou la façon dont il allait se dérouler. Un procédé franchement affligeant de "diviser pour mieux régner" face à l'importance des enjeux sur lesquels nous militons toutes depuis tant d'années, à savoir l'effroyable rythme d'une victime qui meurt tous les deux jours.

Des associations non conviées qui se sont pourtant énormément mobilisées pour sensibiliser l'opinion, avec la grande manifestation #NousToutes en novembre dernier, l'action des Femen aux colonnes de Buren, le Die-In au Panthéon, l'action des Marianne devant Bercy, le rassemblement des familles des victimes place de la République à Paris, etc. Toutes, nous avons dénoncé les lois non appliquées, la faiblesse des moyens financiers, le manque de formation des professionnel-les, le non respect de la convention d'Istanbul (traité international exigeant des Etats signataires qu'ils mettent en œuvre des politiques publiques contre toutes les formes de violences faites aux femmes) ou encore la situation des associations débordées qui ne peuvent plus décrocher le téléphone ou qui ont décidé de cesser leurs activités.

Nous nous interrogeons sur le pourquoi d'une grande réunion de trois mois, pour parler de solutions que nous avons depuis dix ans !

Les signataires de la tribune

En témoignent les cinq mesures simples que nous avons réclamées avant l'été : la consigne ferme aux commissariats et gendarmeries pour qu'aucune victime ne reste sans réponse ; des objectifs d'attribution d'ordonnances de protection dans chaque département ; l'ouverture de 200 places d'hébergement pérennes d'ici la fin de l'année ; un plan de détection systématique des victimes de violences à l'hôpital afin qu'elles soient prises en charge ; un doublement des subventions aux associations pour leur permettre d'embaucher et de fonctionner correctement.

Un Grenelle qui ne devrait pas se limiter aux violences conjugales

Les dysfonctionnements les plus criants, ceux qui ont fait de nouvelles victimes depuis juillet, qui continueront à en faire jusqu'à fin novembre, date de conclusion du Grenelle, on les connaît ! Les commissariats qui refusent les plaintes, n'est-ce pas Monsieur Castaner ? Les juges aux affaires familiales qui délivrent si peu d'ordonnances de protection – 1 300 par an contre plus de 20 000 en Espagne –, n'est-ce pas Madame Belloubet ? Les solutions de mise à l'abri qui manquent. Les hôpitaux qui reçoivent une femme avec une trace de main sur la figure et la laissent partir sans la prendre à part ou l'informer, parce qu'elle dit s'être cognée contre un placard, n'est-ce pas Madame Buzyn ?

Quant au milliard d'euros, nous le réclamions déjà en 2017 pour faire de la Grande cause nationale non pas un coup de com', mais une réalité, vu que la France n'investit aujourd'hui chaque année que 79 millions dans cette cause. Marlène Schiappa vient en revanche d'annoncer le lancement d'un fonds... d'un million pour financer des associations locales dans trois régions. On est loin du compte ! Surtout que le budget global reste pour l'instant secret, et que le projet de loi de finances sera présenté dans quelques semaines, avant la fin du Grenelle. Pour finir, le fait même de limiter ce Grenelle aux seules violences conjugales montre que le gouvernement ne comprend pas vraiment ce qui se passe dans notre société après #MeToo.

Les violences sexuelles et sexistes, c'est tout un continuum, des viols au cyberharcèlement, du harcèlement de rue au coup de hache mortel, en passant par les violences économiques.

Les signataires de la tribune

Tout ceci découle d'une même haine des femmes insidieusement injectée dans l'inconscient de toute la société qui couve des millénaires de misogynie institutionnalisée. Un héritage reproduit par les non-dits. C'est en se le formulant ainsi qu'on osera des solutions ambitieuses pour que cesse, non pas la "terreur féministe", mais bien la terreur patriarcale !

Les signataires : Alyssa Ahrabare, porte-parole de l'association Osez le féminisme ! ; Onwen Alexandre, Laetitia Piccarreta et Valentine Sberro, porte-paroles de l'association Les Effronté-es" (Strasbourg) ; Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter Les Glorieuses ; Fatima Benomar, fondatrice de l'association Les Effronté-es ; Alix Béranger, membre du collectif La Barbe ; Sonia Bisch, porte-parole du collectif Tout.es contre les violences obstétricales et gynéco ; Anaïs Bourdet, fondatrice de Paye ta shnek ; Geneviève Brotte, du collectif #NousToutes ; Claire Charlès, secrétaire générale de l'association Les Effronté-es ; Alix Chazeau-Guibert, porte-parole de l'association Osez le féminisme ! ; Tiffany Coisnard, membre du bureau de l'association Les Effronté-es (Rennes) ; Madeline Da Silva, membre de #NousToutes et maire-adjointe aux Lilas ; Caroline De Haas , membre de #NousToutes ; Louise Dubray, porte-parole de l'association Les Effronté-es ; Emma, blogueuse, autrice de BD féministe et révolutionnaire ; Marion Georgel, porte-parole de l'association Osez le féminisme ! ; Sophia Hocini, fondatrice de Les Grandes Parisiennes ; Marie Laguerre, militante féministe ; Stephanie Lamy, co-fondatrice du collectif Abandon de famille-Tolérance zéro ! ; Mathilde Larrère, historienne, autrice et militante féministe ; Ophélie Latil, fondatrice du collectif Georgette Sand ; Klervi Le Berre, membre de #NousToutes ; Anaïs Leleux, membre de #NousToutes ; Daniela Levy, porte-parole de l'association Osez le féminisme ! ; Céline Piques, porte-parole de l'association Osez le féminisme ! ; le collectif #PasTaPotiche ; Tatyana Razafindrakoto, fondatrice de l'association Les Aliennes ; Raphaëlle Rémy Leleu,  porte-parole de l'association Osez le féminisme ! ; Valérie Rey-Robert, autrice, militante féministe ; Muriel Salmona, présidente de l'association Mémoire traumatique et victimologie ; Cécile Tavan, membre du bureau de l'association Les Effronté-es.

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