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Jours tranquilles à Paris

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31 août 2019

En Colombie, des FARC annoncent reprendre la lutte armée, Bogota riposte

Les dissidents de l’organisation compteraient sur près de 2 300 combattants rejetant le processus de paix lancé en 2017. Le président Duque a annoncé une offensive militaire.

D’anciens chefs de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui ont quitté le processus de paix, ont annoncé qu’ils reprenaient les armes, dénonçant « la trahison » par l’Etat du pacte historique signé à la fin de 2016, dans une vidéo diffusée jeudi 29 août sur YouTube. « Nous annonçons au monde qu’a commencé la seconde Marquetalia [berceau de la rébellion marxiste en 1964] au nom du droit universel des peuples à se lever en armes face à l’oppression », a déclaré l’ancien numéro deux des FARC, Ivan Marquez, dans cette vidéo de trente-deux minutes.

En réaction, la Juridiction spéciale de paix (JEP), chargée de juger les crimes commis pendant la confrontation armée, a donné l’ordre d’arrêter ces anciens chefs rebelles. L’instance, qui peut décider de peines alternatives à la prison pour ceux qui contribuent à la vérité, dédommagent les victimes et renoncent à la violence, avait enclenché plus tôt dans la journée la procédure qui pourrait aboutir à l’expulsion du processus des ex-guérilleros qui ont annoncé leur retour aux armes.

Le président de droite, Ivan Duque, qui avait tenté de modifier l’accord de paix, selon lui trop laxiste envers les anciens guérilleros, a riposté en déclarant qu’une offensive contre le groupe armé allait être lancée. Il a par ailleurs accusé le Venezuela voisin de Nicolas Maduro d’abriter les combattants. A la fin de juillet, le président vénézuélien avait déclaré qu’Ivan Marquez et Jesus Santrich étaient les bienvenus dans le pays. « J’ai ordonné la création d’une unité spéciale afin de poursuivre ces criminels avec des capacités renforcées de renseignement, d’enquête et de mobilité sur tout le territoire colombien », a déclaré le chef de l’Etat, qui s’exprimait depuis la Casa de Nariño, le palais présidentiel, à Bogota.

La vidéo est hébergée sur le portail Web farc-ep.info localisé au Venezuela, dans l’Etat d’Anzoategui (est), selon la base de données de la Corporation d’Internet pour l’assignation des noms et des numéros où il a été enregistré le 12 août 2019, a vérifié l’Agence France-Presse.

« Poursuite de la guerilla »

Le haut-commissaire de paix du gouvernement colombien, Miguel Ceballos, avait réagi plus tôt en qualifiant l’annonce de « très préoccupante », mais pas surprenante. Il a également demandé qu’ils soient recherchés au niveau international. « Malheureusement, ces personnes avaient, par leur comportement, déjà clairement exprimé qu’elles tournaient le dos à l’accord de paix » de 2016, a déclaré M. Ceballos à la radio locale Blu.

Le chef du parti FARC, Rodrigo Londoño, alias « Timochenko », a pour sa part dénoncé un « coup bas », mais estimé que « la grande majorité des gens restent dans le processus » de paix. Allant dans le même sens, l’ex-président Santos a déclaré sur Twitter que « 90 % des FARC restent dans le processus de paix » et a appelé à « réprimer les déserteurs ». L’Organisation des Nations unies (ONU), qui supervise l’application du pacte, a condamné cette annonce, mais souligné qu’il s’agissait d’« un groupe réduit d’ex-combattants » et que l’« immense majorité des hommes et des femmes » de l’ancienne guérilla continuaient d’être « engagés en faveur de la paix ».

Dans la vidéo publiée jeudi, Ivan Marquez apparaît avec d’autres anciens chefs rebelles, également entrés dans la clandestinité depuis plusieurs mois. De la jungle du sud-est de la Colombie, le commandant des FARC annonce ainsi « la poursuite des opérations de guérilla en réponse à la trahison par l’Etat des accords de paix de La Havane », qui ont permis le désarmement, en 2017, de quelque 7 000 combattants de l’organisation armée, qui s’est depuis transformée en parti politique.

Attentat à la bombe

Le commandant Marquez avait été le chef de la délégation rebelle aux négociations de paix menées pendant quatre ans à Cuba avec le gouvernement du président centriste Juan Manuel Santos, au pouvoir entre 2010 et 2018. A ses côtés apparaissent armés un autre négociateur, Jesus Santrich, recherché par la justice pour trafic de drogue présumé et passé à la clandestinité il y a trois mois, et l’ancien commandant Hernan Dario Velasquez, aussi connu sous le nom de guerre d’« El Paisa ». Ils sont entourés par dix-sept hommes et femmes munis de fusils, devant une pancarte affichant le sigle FARC-EP (Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple).

« La fourberie, la duplicité et la perfidie, la modification unilatérale du texte de l’accord, la non-application de ses engagements de la part de l’Etat, les montages judiciaires et l’insécurité nous obligent à reprendre le maquis », a justifié Ivan Marquez lors de cette déclaration. « Nous n’avons jamais été vaincus, ni défaits idéologiquement, c’est pour cela que la lutte continue », lance-t-il, précisant que le nouveau groupe cherchera à cordonner ses « efforts avec la guérilla de l’ELN et avec les camarades qui n’ont pas replié leurs drapeaux ».

 

L’Armée de libération nationale (ou ELN, pour Ejercito de Liberacion nacional en espagnol), considérée comme la dernière guérilla active de Colombie, s’est renforcée ces dernières années, passant de 1 800 à environ 2 300 combattants, selon les autorités. Des pourparlers de paix, entamés en 2017, ont été enterrés par le gouvernement de l’actuel président issu de la droite dure, Ivan Duque, à la suite notamment d’un attentat contre l’école de police de Bogota revendiqué par l’ELN et qui a fait vingt-deux morts en janvier.

« Coup bas »

Les groupes dissidents des FARC comptent aussi quelque 2 300 combattants armés, dont l’activité est surtout consacrée au narcotrafic et à l’exploitation minière clandestine, selon les services de renseignement militaires colombiens. Après la signature de la paix, les FARC s’étaient transformées en parti politique légal sous le nom de Force alternative révolutionnaire commune. Mais des centaines d’anciens rebelles ont quitté le processus visant à mettre fin à plus d’un demi-siècle de guerre.

Ivan Marquez, désigné comme parlementaire FARC, avait pris ses distances il y a plus d’un an, reprochant déjà à l’Etat de ne pas respecter ses engagements. Une autre personnalité du mouvement, Jesus Santrich, soupçonné de trafic de drogue et accusé par les Etats-Unis de trafic de cocaïne après l’accord de paix, a disparu il y a trois mois et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

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31 août 2019

« Un film féministe réalisé par un homme »

ùonica b

Cinéma L’actrice Monica Bellucci présente « Irréversible, Inversion intégrale » samedi à Venise En 2002, Monica Bellucci avait bouleversé le public du Festival de Cannes dans Irréversible de Gaspar Noé. Le réalisateur a remonté son film, dont l’histoire était racontée à rebours, de manière chronologique. Cette mouture, intitulée Irréversible, Inversion intégrale, sera projetée en séance spéciale ce samedi à la Mostra de Venise, qui se tient jusqu’au 7 septembre. Quel était l’intérêt de remonter le film ? Cela permet de le considérer d’un autre point de vue. Peut-être aussi de mieux comprendre la violence finale de la « vengeance ». C’est une œuvre très dure, sans concessions mais aussi très belle et poétique. Qu’est-ce qui a changé depuis 2002 ? Le sous-titre de la première version est : « Le temps détruit tout ». Celui de ce nouveau montage est : « Le temps révèle tout ». C’est très juste. Nous avons tous changé pendant ces dixsept ans, et la société a évolué. De gros progrès ont été faits pour les femmes grâce à celles qui ont osé parler. Pensez-vous que la nouvelle version du film fera polémique, comme en 2002 ? Il n’y a aucune raison. Les mentalités ont évolué, j’espère. Gaspar Noé a eu le courage de faire un film qui ne montre pas les hommes sous leur meilleur jour. Je trouve important qu’un homme, un réalisateur, ose faire cela frontalement. Irréversible est un film féministe réalisé par un homme. Gaspar Noé y montre qu’un viol n’est pas une affaire de désir et de sexe, mais de domination et de pouvoir. La scène de viol était-elle difficile à tourner ? Je n’en garde aucun souvenir traumatisant. Nous l’avions tellement répétée que je ne me suis sentie à aucun moment menacée. Gaspar avait su me protéger. C’est un réalisateur très attentif et un homme délicat. Cette séquence était bien plus violente à regarder pour le spectateur qu’à filmer pour moi. Comment avez-vous réagi en revoyant Irréversible ? Je n’avais pas d’enfant quand je l’ai tourné en 2002. Je vois le film différemment maintenant que j’ai une fille de 15 ans. Je le trouve positif parce qu’il ne me semble pas conçu pour faire peur aux femmes, mais pour faire parler du rôle de la femme et faire en sorte que ce genre d’acte épouvantable n’arrive plus jamais. Il est temps que les femmes n’aient plus peur.  Propos recueillis par Caroline V

30 août 2019

Au Théâtre ce soir : "Chacun son tour"

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UN DUEL D’HUMORISTES AU SOLEIL CET ÉTÉ À PARIS

Quand deux humoristes et amis, Philippe Chevallier (Chevallier & Laspalès, La revue de presse) et Bernard Mabille (les Grosses Têtes, Thierry Le Luron), décident de se réunir pour vous faire rire cet été, on sait déjà que l’on va passer un moment drôle et explosif.

Dans « Chacun son tour », nos deux complices vont s’affronter avec humour : une occasion unique d’assister à un match au sommet où chacun d’eux devra surprendre, critiquer, bousculer l’autre, sans jamais l’épargner, pour le plus grand bonheur du public.

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30 août 2019

La violence à l'encontre des journalistes s'intensifie à Hong Kong

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Reporters sans frontières (RSF) demande aux autorités de Hong Kong de protéger les journalistes couvrant des manifestations contre la violence de la police et des foules.

Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités de Hong Kong à mettre fin aux violences contre la presse alors que quatre journalistes étaient agressés dans la région de North Point, dimanche 11 août . Au cours des deux derniers mois, les journalistes qui couvraient les manifestations anti-extradition étaient de plus en plus victimes d'intimidations et de violences physiques de la part de la police, ainsi que de foules pro-pékinoises (voir les événements dans l'ordre chronologique ci-dessous).

"La violence à l'encontre des journalistes est désormais systématique et vise clairement à les dissuader de couvrir les manifestations", a déclaré Cédric Alviani, responsable du bureau de Reporters sans frontières (RSF) pour l'Asie de l'Est, exhortant les autorités de Hong Kong à "mettre fin à la violence contre la presse". et lancer une enquête indépendante sur les actes de brutalité passés.

Le Club des correspondants à l'étranger de Hong Kong (FCCHK) a écrit hier à Stephen Lo Wai Chung, commissaire de police de Hong Kong, une lettre dans laquelle il exprimait son inquiétude face aux récents actes de violence .

Depuis le début de juin, Hong Kong a assisté à des manifestations massives contre un projet de loi autorisant les autorités à extrader des résidents ou des visiteurs, y compris des journalistes et leurs sources, vers la Chine. Il y a deux semaines, RSF a écrit à Carrie Lam, directrice générale de Hong Kong, détaillant cinq propositions visant à rétablir la pleine liberté de la presse.

Selon l' indice mondial RSF de la liberté de la presse de RSF , la région administrative spéciale de Hong Kong, en Chine, est passée de la 18e en 2002 à la 73e cette année . La Chine elle-même est classée 177ème sur 180.

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Les attaques contre les journalistes au cours des deux derniers mois

11 août 2019: cinq journalistes des médias en ligne HK01 , de la radio télévision de Hong Kong (RTHK) et du quotidien Ming Pao, dont un d'un média non identifié, ont été agressés physiquement par un groupe de personnalités pro-pékinoises dans la région de North Point, alors que un journaliste des médias en ligne Stand News a été agressé et menacé verbalement.

5 août 2019: Dans la région de Sham Shui Po, un étudiant-journaliste s'évanouit après avoir été frappé par une cartouche de gaz lacrymogène tirée par la police. Dans la région de Wong Tai Sin, un journaliste de Sing Tao Daily a reçu des gaz lacrymogènes au visage. Un groupe de gangsters a attaqué un photographe de HK01 dans la région de Tsuen Wan.

30 juillet 2019 : La police frappe un photojournaliste du Apple Daily devant le commissariat de Kwai Chung, tout en menaçant continuellement un journaliste de RTHK. De nombreux journalistes ont également été aspergés de poivre et l'un d'eux a été hospitalisé.

28 juillet 2019 : la police tire à plusieurs reprises des gaz lacrymogènes sur la direction de journalistes dans les régions de Sai Ying Pun et de Sheung Wan.

21 juillet 2019 : Quatre journalistes travaillant pour Apple Daily, Stand News et la chaîne d'information Now News font partie des 45 personnes grièvement blessées dans une attaque à grande échelle perpétrée à la station de métro Yuen Long par un groupe mafieux vêtu de blanc. Le journaliste de Stand News a ensuite été hospitalisé.

14 juillet 2019 : un journaliste de Commercial Radio Hong Kong est aspergé au poivre au visage, puis bloqué et repoussé par la police dans la région de Shatin.

7 juillet 2019 : dans la région de Mongkok, la police a agressé verbalement et physiquement trois journalistes de Apple Daily, HK01 et de Metro Radio.

1er juillet 2019 : une radio indépendante, Citizens 'Radio, est attaquée et son équipement est endommagé devant le personnel par des inconnus portant des armes.

30 juin 2019 : plusieurs journalistes de South China Morning Post (Stand, Morning News Post) et de Next Magazine sont insultés et frappés à coups de pied lors d'un rassemblement de soutien à la police dans la région de l'Amirauté.

12 juin 2019 : Plus de 12 agressions contre des journalistes ont été enregistrées dans la région de l'Amirauté, dont 10 cas de policiers tirant des gaz lacrymogènes à bout portant.

30 août 2019

C'est arrivé un 30 août...

telephone rouge

L'URSS et les Etats-Unis créent le téléphone rouge (1963). A la suite de la crise des missiles de Cuba, qui a failli déclencher une guerre mondiale, les deux superpuissances mettent en place une ligne de communication directe entre le Kremlin et la Maison Blanche.

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30 août 2019

A Hongkong, le militant prodémocratie Joshua Wong « arrêté », selon son parti

mouvement des parapluies

Son parti politique indique qu’il a été « poussé de force dans un fourgon, dans la rue, en plein jour ». Figure du « mouvement des parapluies », il avait été libéré de prison en juin après cinq semaines de détention.

Le militant prodémocratie Joshua Wong a été arrêté vendredi 30 août, a fait savoir son parti politique, à la veille d’une manifestation prévue à Hongkong et interdite par la police.

« Notre secrétaire général @joshuawongcf vient d’être arrêté ce matin vers 7 h 30 », a tweeté le parti Demosisto. « Il a été poussé de force dans un fourgon, dans la rue, en plein jour. Nos avocats suivent le cas désormais. »

Joshua Wong, 22 ans, l’une des figures du « mouvement des parapluies » qui avait paralysé Hongkong en 2014, avait été libéré de prison en juin dernier après cinq semaines de détention pour outrage au tribunal.

Cette arrestation n’a pas été officiellement confirmée par les autorités, la police n’ayant pas répondu aux sollicitations de l’Agence France-Presse.

Hongkong est secoué depuis près de trois mois par une mobilisation populaire sans précédent depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Ce mouvement a été marqué par de nombreuses actions organisées par la mouvance prodémocratie, en particulier des manifestations monstres, dont certaines ont dégénéré en affrontements violents entre radicaux et forces de l’ordre.

Manifestation interdite samedi

Plus de 850 personnes ont été arrêtées en lien avec ces manifestations, et notamment le militant indépendantiste Andy Chan, qui a été interpellé jeudi soir. Le fondateur du Parti national (HKNP), minuscule formation indépendantiste interdite par les autorités en 2018, a été interpellé alors qu’il était sur le point d’embarquer dans un vol à destination du Japon, rapporte le site Hong Kong Free Press en citant un porte-parole de la police. Ce dernier a précisé au site que M. Chan était soupçonné de participation à une émeute et d’avoir agressé un policier.

Samedi, les manifestants entendent marquer le cinquième anniversaire du refus par Pékin d’organiser des élections au suffrage universel dans la ville, une décision qui avait déclenché le « mouvement des parapluies », dont Joshua Wong, alors âgé de 17 ans, fut la figure la plus en vue.

Lors de ce mouvement, des foules avaient bloqué le cœur financier et politique de Hongkong pendant 79 jours pour exiger des réformes démocratiques. Mais Pékin n’avait fait aucune concession. Joshua Wong, qui avait été condamné à une peine de prison pour son rôle dans ce mouvement, avait été libéré mi-juin, en annonçant d’emblée qu’il allait rejoindre les rangs de la nouvelle mobilisation qui avait débuté à Hongkong.

Invoquant des raisons de sécurité la police a refusé d’autoriser la manifestation de samedi, une mesure qui fait craindre des affrontements entre police et protestataires qui vont vraisemblablement braver l’interdiction.

30 août 2019

“Once upon a time… in Hollywood” : comment expliquer l'accueil en dents de scie du dernier Tarantino

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Quelques jours après sa sortie, le dernier Tarantino déclenche une réévaluation majeure du cinéaste, entre désamours et théories cinéphiles.

Que se dit Quentin Tarantino ces dernières semaines lorsque, une fois seul, et ruminant bien humainement, il se pose la question la plus universelle qui soit : est-il aimé ? C’est qu’elle n’a jamais été aussi épineuse depuis la sortie, le 26 juillet en Amérique du Nord et le 14 août un peu partout ailleurs, de Once upon a time… in Hollywood, avant-dernier film annoncé d’une œuvre (il a encore confirmé récemment son souhait de la limiter à dix films, et en est donc à neuf en comptant les deux Kill Bill comme un seul titre), à laquelle il reste donc un créneau vacant, mais dont semble pourtant déjà venu le temps du bilan.

S’il veut se faire du bien, il n’écoute que les chiffres : à l’argus des recettes et des tickets vendus, QT n’a jamais été aussi plébiscité. Aux États-Unis, il réalise le meilleur démarrage de sa carrière, avec un chèque de 40,4 millions encaissé dès son premier week-end d’exploitation. En France, ses 1 132 000 spectateurs lui offrent aussi la tête pour une première semaine – dans un pays hautement symbolique, pour lui qui y a inscrit tant sa légende cannoise (la Palme de Pulp Fiction, la présidence du jury 2004) que sa légitimité critique.

Or voilà, déjà un endroit où le bât blesse : Tarantino a perdu le soutien de plumes historiquement acquises à ses films, comme celle de Michel Ciment, “profondément déçu” à Cannes – un divorce dont le réalisateur aurait tout aussi profondément pris ombrage. Au Masque et la plume, le film s’est mangé dimanche dernier une impressionnante volée de bois vert, poussée rétroactivement jusqu’à une remise en question des principes même de l’œuvre tarantinienne – Xavier Leherpeur ne “sauve aucun” de ses “copier-coller” et dégomme ce “génie surestimé”.

"Frère d'âme de Trump"

Le désaveu frenchie se connecte, bien sûr, à un désaveu américain qui frappe depuis déjà deux ans le cinéaste, à l’aune de l’affaire Weinstein (producteur de tous ses films pré-Once upon a time, timidement désavoué par son poulain) et de révélations éclaboussant certains de ses tournages (Uma Thurman rapportait en 2018 au New York Times le calvaire que fut pour elle Kill Bill, accusant le cinéaste d’exigences dangereuses et de comportements dégradants). Il se cristallise brutalement sur ce neuvième film aux accents burnés, qui selon l’éminent Jonathan Rosenbaum, par exemple, fait de Tarantino le “frère d’âme de Trump”.

Pour la sphère féministe, le verdict est sans appel : Once upon a time, entre blagues sur le féminicide et provocations de casting (la participation fort contestée d’Emile Hirsch, qui a plaidé coupable de l’agression d’une actrice en 2015), bétonne le statut d’épouvantail viriliste du cinéaste, par exemple soutenu – pour n’en citer qu’un et rester francophone – par une chronique généreusement partagée de Camille Wernaers pour la RTBF ("Tarantino ou le triomphe du mâle alpha").

Intellos à la rescousse

Il flotte donc une forte odeur de soufre, répandue presque partout et difficilement camouflée par le succès public. Pourtant en même temps, et bien qu’on imagine difficilement l’ancien roi d’Hollywood consulter telles lectures, une cinéphilie plus pointue semble plus que jamais s’être emparée du cinéaste lâché par la cinéphilie pop. On pense aux places-fortes de la critique contemporaine à tendance cérébrale : Critikat salue l’adieu au “principe d’efficacité” tarantinien et la “vaste opération de synthèse” qui en découle ; Carbone en fait un Sunset Boulevard pour notre temps.

Difficile de ne pas y voir une cohérence avec la douche relativement froide des retours publics : sur Allociné, le film réalise la pire note spectateurs de toute l’œuvre de Tarantino (3,5 étoiles, ce qui reste évidemment décent). Chez les déçus, les piques les plus récurrentes déplorent un film “trop long” quand il n’est pas “soporifique”, y compris chez des fans qui “attendai [ent] ce film comme le Messie”.

What next ?

Faut-il y voir le présage d’un mauvais bouche-à-oreille qui verra les œuvres courtement détrônées au démarrage (de deux millions aux États-Unis pour Inglourious Basterds, d’à peine 5000 entrées en France pour Django Unchained) récupérer leur première place sur le long-terme de l’exploitation ? Encore trop tôt pour le dire, mais toujours est-il que le statut de QT semble aujourd’hui radicalement reparamétré, sur tous les radars qui soient.

L’auteur le plus starifié du monde, emblème de la cinéphilie pop au tournant du siècle, s’est métamorphosé en pomme de discorde : rasoir pour ceux qui le trouvaient jouissif, ultramoderne pour ceux qui le trouvaient convenu, réac pour d’autres qui l’auraient rangé autrefois à la pointe de l’empowerment féminin (Jackie Brown, Kill Bill…). Mais en tout cas pour tous, plus attendu, plus inévitable, et aussi plus ambigu, plus complexe que jamais. Est-ce là ce qu’il se dit, lorsqu’il se retrouve seul ? Il ne lui reste qu’un dixième film pour y répondre.

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30 août 2019

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30 août 2019

Les tulipes de Jeff Koons arrivent

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Venues d’Allemagne, des locaux de l’entreprise Arnold près de Francfort-sur-le-Main, deux gigantesques tulipes en alliage de bronze et aluminium, accompagnées de la non moins colossale main destinée à les tenir, ont été acheminées en toute discrétion vers le jardin municipal du bas des Champs-Élysées. C’est en effet ce site, à proximité du Petit Palais et de l’Ambassade américaine, qui avait finalement été retenu par la Mairie de Paris, en octobre dernier, pour tenter de mettre un terme à la polémique qu’avait fait naître l’encombrant cadeau de Jeff Koons, désireux de rendre ainsi hommage aux victimes des attentats de 2015. La perspective du Palais de Tokyo sauvée, la controverse n’en reste pas moins vive, les uns pointant du doigt des coûts d’installation et d’entretien de l’œuvre exorbitants, les autres, sans doute plus hermétiques au style de l’artiste, s’insurgeant qu’on enlaidisse ainsi le paysage urbain en célébrant l’ego-trip d’une superstar surestimée de l’art contemporain. Audace ou supercherie ? Voilà un débat qui devrait alimenter pour quelques années les conversations des promeneurs de la plus belle avenue du monde, ou les visiteurs du Petit Palais, lorsqu’ils tomberont nez à nez avec ce spectaculaire bouquet multicolore de 10 mètres de haut, pour un poids avoisinant les 33 tonnes. En cours de montage à l’abri des regards, l’œuvre devrait atteindre sa pleine floraison au début du mois d’octobre, date supposée de son inauguration à quelques jours de l’ouverture de la Fiac.

30 août 2019

Jardin des Halles

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