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Jours tranquilles à Paris
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14 janvier 2014

Conférence de presse de François Hollande

 

  • #HOLLANDE François Hollande assume son identité "sociale-démocrate". Lors de sa conférence de presse à l'Elysée, le président de la République a détaillé son "pacte de responsabilité", plan de bataille basé sur une politique de l'offre mêlant baisses de charges et engagements pour l'emploi. Que faut-il retenir de cette conférence de presse ? Francetv info vous le détaille ici.

#TRIERWEILLER François Hollande a promis de clarifier dans les prochaines semaines la situation de son couple, qui traverse des "moments douloureux". Le président a indiqué que sa compagne Valérie Trierweiler, hospitalisée depuis vendredi, "se repose".

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10 janvier 2014

Miley Cyrus

Quote of the day: “I have worked with Juergen Teller since many years and I love him as an artist. But he just didn’t want to shoot Miley Cyrus for the 2014 Spring Campaign. So he just said 'Look, Marc, it’s her or me?' We wanted this beach with girls kind of sulky and broody, and we thought it would be cool if it was Miley with what could be two friends, feeling distant and quite dark. We all just love her and her entire being, her energy, her talent, her intelligence, everything. There’s nothing I don’t like about her. She is just genuine & very natural.”
- Marc Jacobs for WWD interview, January 2014

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30 décembre 2013

Monastère royal de Brou

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Gisants, transis et pleurants de Brou

Dessinés par Jean Van Roome, dit Jean de Bruxelles, les tombeaux ont été sculptés par un atelier brabançon, comme en témoigne leur style maniériste. Les grands gisants sont dus à Conrad Meit, artiste d'origine allemande attaché à la cour de la princesse à Malines, présent à Brou à partir de 1526. La disposition des tombeaux de Marguerite d'Autriche et de son époux est inspirée du cérémonial des funérailles princières, où était exposé au-dessus du cercueil, sur un lit de parade, un mannequin en habits d'apparat. En haut, le gisant est un portrait réaliste au moment de la mort, en bas le transi, nu dans son linceul, est représenté suivant la tradition médiévale : espérant la Résurrection, le visage transfiguré tourné vers l'est, les yeux ouverts sur une aube nouvelle...

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Le symbole des grandes dynasties.

Les gisants perpétuent dans la pierre le pouvoir des grandes dynasties princières. Inaugurée au XIIe siècle avec la nécropole de Plantagenêt en fond euros, cette tradition se déploie à l'abbaye de saint Denis quand Saint Louis fait sculpter seize gisants de souverains et les fait installer dans la croisée du transept. Au XVe siècle, les ducs de Bourgogne, ancêtres de Marguerite d'Autriche, font édifier à Dijon de splendides tombeaux. Le projet de Marguerite s'inscrit dans ce mouvement et cherche à égaler le tombeau que son père Maximilien fait exécuter à Innsbruck ou celui qu'Anne de Bretagne, sa rivale, commande pour ses parents dans la cathédrale de Nantes

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Le monastère royal de Brou est un complexe religieux situé à Bourg-en-Bresse dans l'Ain, une des capitales de l'ancien duché de Savoie.

Le monastère royal de Brou est un chef-d'œuvre de l'art gothique flamboyant flamand du début du XVIe siècle. Il se compose d'un ensemble de bâtiments monastiques construits entre 1506 et 1512, et de la somptueuse église Saint-Nicolas-de-Tolentin de Brou, édifiée de 1513 à 1532 par Louis van Bodeghem.

Cet ensemble architectural rare a été bâti à grands frais par la très puissante Marguerite d'Autriche duchesse de Savoie, gouvernante des Pays-Bas bourguignons, marraine et tante de Charles Quint. Elle fit édifier l'ensemble en mémoire de son époux Philibert le beau et pour respecter le vœu fait par sa belle-mère Marguerite de Bourbon.

Pour plus d'information voir WIKIPEDIA et http://brou.monuments-nationaux.fr/

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9 janvier 2017

Kerhillio. Ils se baignent, à la folie !

Malgré un soleil plutôt timide, quelques gouttes de pluie, et une eau à seulement 8°, le premier bain de l'année à Erdeven a attiré les foules, dimanche après-midi, à la grande plage de Kerhillio. Le record d'inscrits de 2015 n'a été qu'approché (290 contre 331), mais le nombre total de baigneurs, de 4 ans et demi à 86 ans, dépassait largement les 300, venus de toute la Bretagne et au-delà : le plus lointain venait du Poitou, d'autres de Landerneau, Vannes,etc. Le nombre des costumés a pulvérisé tous les records et le public venu les encourager a rarement été aussi nombreux.

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28 décembre 2016

Et Dieu créa Vadim

Olivier Nicklaus trace avec rigueur et délicatesse le portrait du réalisateur qui a su capter l’air du temps et magnifier ses actrices.

ARTE – MERCREDI 28 DÉCEMBRE – 22 H 25

Cet homme a réalisé des films plus ou moins réussis, vécu avec des femmes sublimes et fut entouré d’amis fidèles. Roger Vladimir Plémiannikov, dit Roger Vadim, né à Paris en 1928, décédé en 2000, s’est offert une belle vie. Préférant parfois se laisser flotter plutôt que de se tuer à la tâche.

Vadim ? L’incarnation du cool à la mode de l’époque, avec une incroyable aptitude à capter l’air du temps, à magnifier ses actrices, à séduire mais aussi à se faire larguer par les femmes de sa vie, de Brigitte Bardot à Jane Fonda en passant par Annette Stroyberg, Catherine Deneuve ou Marie-Christine Barrault. Vadim donne le pouvoir à ses actrices, qui sont souvent ses compagnes. On quitte Vadim, mais sans drame, sans cri, sans ressentiment. Et lui continue à sourire, à parler de ceux qui lui sont proches avec une tendresse infinie. Il aura quatre enfants de quatre mères différentes. C’est sa vie.

Auteur de ce documentaire aussi émouvant qu’instructif, Olivier Nicklaus trace son portrait avec rigueur et délicatesse. Et à travers la vie de cet hédoniste un brin dilettante, au sourire radieux et à la mélancolie élégante, c’est aussi une histoire de la France qui défile à travers les multiples documents d’archives, souvent inédits. Des extraits épatants de Page Cinéma(1961), Panorama (1967), Entrée des artistes (1952) ou Reflets de Cannes(1966), pour ne citer qu’eux, donnent une idée de ce que représentait Vadim et à travers lui le cinéma dans la vie des Français de l’époque.

La vie plutôt que le cinéma

Vadim ? La célébration du plaisir. Avec, évidemment, l’image des fesses de la jeune et sublime Bardot dans Et Dieu créa la femme (1956), son coup de maître qui résonne comme un coup de tonnerre dans la société de l’époque. A moins de 30 ans, le succès inouï de son premier film fait entrer Vadim dans une autre dimension. Il incarne l’hédonisme qui va, dans les années à venir, bercer un pays qui ne demande qu’à oublier les années grises. Vadim aussi veut profiter de la vie, oublier les années de guerre. Oublier le décès sous ses yeux, à l’âge de 9 ans, de son père, issu de la noblesse russe, devenu diplomate au service de la France.

A 17 ans, le bac en poche, il veut profiter de la liberté : « J’étais paresseux, je me promenais », avoue-t-il. Il s’imagine écrivain, consul comme son père. Mais il attrapera le virus de la scène en suivant les cours de théâtre de Charles Dullin. Tout en faisant la bringue jusqu’au bout de la nuit dans les caves de Saint-Germain-des-Prés. On parle déjà de « la bande à Vadim ». Ce type au charme fou est au bon endroit, au bon moment.

Le film revient sur tous les aspects d’une vie mouvementée : tournages, procès, fâcheries, amours. Entre 1958 et 1968, Vadim connaît sa décennie magique, tournant jusqu’à deux films par an. On veut voir le dernier Vadim comme on désire lire le dernier Sagan. Tout le monde veut en être, de Gérard Philipe à Annie Girardot, de Jeanne Moreau à Jean-Louis Trintignant, de Michel Piccoli à Samy Frey. Sans oublier les copains fidèles que Vadim fait tourner : Boris Vian, Robert Hossein, les frères Marquand. Les lieux de plaisir de Vadim deviennent les décors de ses films ; Saint-Tropez, Megève, Castel à Paris… Mais peu à peu, celui qui était en phase avec l’air du temps perd de son charme. On louait sa légèreté ? On va critiquer sa désinvolture. L’intéressé trace sa route : il écrit, peint, s’occupe de ses enfants. Bref, il choisit la vie plutôt que le cinéma. Typiquement Vadim.

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6 janvier 2017

ERDEVEN : Premier bain. Objectif : plus de 331 baigneurs

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Réputé pour son ambiance avec déguisements recommandés, le premier bain de l'année à Kerhillio est fixé au dimanche 8 janvier. Pour l'office de tourisme, ce sera le dernier en raison de la réorganisation intercommunale en cours, mais le relais est repris par la municipalité pour un déroulement à l'identique.

Pour ce rendez-vous, le défi est de battre le record de participation de 2015, où 331 inscrits, de 3 à 76 ans, rejoints par de nombreux non inscrits, s'étaient élancés dans une eau à près de 14 degrés.

Échauffement à 14 h 50

L'organisation reprend les ajustements opérés en vue de l'édition 2016 – qui avait été reportée en raison de la météo – avec échauffement par la section zumba de Jazz-Evasion (14 h 50), et le concours du déguisement avant le bain : « Trois jurés sélectionneront les dix déguisements les plus funs. Les sélectionnés se présenteront sur le podium et le public élira les trois lauréats, qui recevront des lots », explique Pierrick Lofficial, de l'office. Après le bain, un tirage au sort récompensera d'autres participants.

La baignade est ouverte à tous, mais l'inscription (gratuite et sans limite d'âge) est recommandée, notamment pour participer au tirage au sort, mais aussi pour bénéficier d'un coupe-file.

Un vestiaire est à disposition de tous les baigneurs et une boisson chaude leur est offerte. La sécurité sera assurée par les nageurs-sauveteurs de la SNSM (Centre de Formation de Lorient).

Côté animation, le duo musical des Spontailhou, bombarde et accordéon, accompagnera la baignade d'airs bretons à danser et de chants de mer. Pour se réchauffer, la Valse des crêpes sera sur place et un stand de boissons chaudes et froides sera à disposition.

Pratique

Dimanche 8 janvier à la plage de Kerhillio. Inscriptions à l'office de tourisme au 02.97.55.64.60 ou le jour même, sur place, à partir de 13 h 30. Bain à 15 h.

Sur place, crêpes et boissons chaudes.

5 décembre 2016

Bondage et sado-masochisme, comment débuter tout doux

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Comment aborder le fantasme du BDSM (bondage, domination, sado-masochisme) quand on débute complètement ? Quand on voudrait du hard, mais soft ? En laissant tomber tout le folklore, nous dit la chroniqueuse de La Matinale, Maïa Mazaurette.

Ce ne sont pas les angoisses qui manquent quand on pense au BDSM (bondage, domination, sado-masochisme) : la peur de la douleur mais aussi celle du ridicule, le côté élitiste, le tabou des sensations interdites, la question des violences conjugales, le folklore des harnais, l’idée qu’on puisse franchir un point de non-retour, l’impossible choix entre suicide social et passion secrète… en passant par la faute de goût consistant à suivre les goûts du troupeau (cela dit, la mode 50 Nuances de Grey a enfin reflué : allez en paix). Pour enfoncer le clou des réticences : cet acronyme BDSM, comme si « sado-maso » était devenu une expression de novice ayant oublié ses cordes lors de sa dernière rando dans les Alpes. BDSM comme si l’indicible devait être tassé, hygiénisé, onze syllabes dans quatre lettres (or on sait que quatre lettres font toujours mal – ANPE, SNCF, RATP, SIDA, SAMU).

Et pourtant. En 2011, un tiers des Françaises fantasmaient sur le fait d’être dominées, et un cinquième des hommes. Un quart des femmes voulaient être menottées ou ligotées, et 15 % des hommes (Harris Interactive/Marianne). En 2014, les deux tiers des Québécoises et plus de la moitié de leurs chums fantasmaient sur le fait d’être sexuellement dominés, le bondage intéressait presque la moitié des répondants, un quart des femmes et 43 % des hommes auraient volontiers fouetté leur partenaire. (Sur un sujet aussi sensible, les chiffres sont toujours à prendre avec des pincettes – à tétons.)

Bizarre, cette popularité ? Plutôt logique. Nos existences ultra-contrôlées génèrent la tentation du lâcher-prise, surtout avec quelqu’un de confiance (une séance de sexe musclée reste moins risquée qu’un compte bancaire commun). Pour résister au tout-sécuritaire, on joue à se faire peur. Et face à la routine, même un filloniste comprendrait l’intérêt d’explorer de nouveaux territoires. Le pire qui puisse arriver en testant le BDSM, c’est d’en rigoler encore dans trente ans. Le mieux ? Découvrir un nouveau conjoint : se rappeler qu’on ne possède jamais personne, que le partenaire du quotidien n’est pas acquis. Le BDSM implique une distance. Une surprise. Voire un doute. Le grand frisson… mais les pieds au chaud.

Faites au plus simple

Alors comment aborder ce fantasme quand on débute absolument ? Quand on voudrait du hard, mais soft ? A mon humble avis : en laissant tomber tout le folklore. Plutôt que cinquante nuances de gris, commençons par les déclinaisons de blanc cassé. Une initiation ne devrait pas nécessiter d’investissement lourd, ni émotionnellement ni matériellement. Si les snobs de service vous font croire qu’un doctorat ET une croix de Saint-André sont nécessaires, n’oubliez pas qu’un décorum artificiel peut au contraire faire retomber la pression. Le costume de policier va mieux aux strip-teaseurs.

Au commencement était le verbe : avant tout, définissez quels fantasmes vous avez en commun. Un ou deux suffisent, on n’est pas aux Jeux olympiques. Pour lancer la conversation, prenez le sigle BDSM, puis déroulez le programme : la contrainte physique, oui ou non ? Donner ou recevoir des ordres ? Le rapport à la douleur ? Le mode hiérarchique – plutôt dessus ou dessous, plutôt switch (ça veut dire qu’on navigue entre les pôles) ? Une fois le terrain débroussaillé, vous pouvez passer à l’action, ou creuser : attacher mais avec des menottes, une paire de collants, de vraies cordes ? L’élaboration précise du fantasme peut constituer un préliminaire. Ou une perte de temps. C’est vous qui décidez.

Si vraiment c’est la première fois, faites au plus simple. Votre corps suffit – vos mains serrées autour des poignets, le poids du corps pour entraver les mouvements. En zappant les menottes à moumoute rose (qui devraient être interdites par la loi), vous réérotisez votre corps (la main qui d’habitude caresse peut griffer) et votre environnement (« je ne verrai plus jamais ta cravate Mickey de la même manière »). Une cuillère en bois qui a servi pour punir ne touillera plus jamais une soupe de poireaux sans vous rappeler vos ébats érotiques.

Au royaume des contraintes, on fait comme on veut

Oubliez donc l’outillage compliqué, sauf si vous avez trop d’argent (auquel cas votre dévouée chroniqueuse accepte les donations), et regardez autour de vous : quels sont les vêtements, les accessoires qui se prêteraient à votre scénario ? Et même sans instrument du tout, il vous reste le jeu de rôle. La domination commence par une prémisse aussi bête, et efficace, que « ce soir tu fais tout ce que je veux » (sachant que non, personne ne fera tout ce que vous voudrez – on peut toujours refuser).

Il suffit de quelques mots, d’une torsion du bassin, pour changer le contexte d’une relation sexuelle. Le BDSM n’a pas besoin de cravache ou de poses élaborées : il commence le samedi soir en missionnaire, pour peu qu’on décide que ce missionnaire soit commandé, ou qu’on maintienne les poignets collés au lit, ou qu’on utilise des glaçons pour les préliminaires. C’est mettre son/sa partenaire à genoux pour une pénétration plus profonde, ou lui écarter largement les jambes. C’est un nom d’oiseau autre que « ma tourterelle ». C’est une morsure à la fesse gauche. C’est ordonner à l’autre de ne jouir que sur commande, et tant pis si ça rate – on n’est pas à l’armée.

Côté sécurité, même chose : ne dramatisez pas, ne vous lancez pas dans des histoires de contrat de soumission en 89 points et 112 alinéas (sauf si ça vous excite). Vous n’avez pas besoin de safe word (un mot-limite qui marque la fin du consentement) si vous restez dans la zone de sécurité préalablement négociée – et franchement, dans 99 % des cas, le bon sens suffit. Si vous pratiquez avec votre conjoint de vingt ans, vous devriez pouvoir « lire » ses réactions. Et si vous doutez, mieux vaut s’arrêter trop tôt que trop tard, quitte à reprendre les festivités ensuite. Mieux vaut également ne pas serrer les liens, pour que la personne puisse toujours se libérer – être attaché est un fantasme, pas forcément une réalité matérielle. Ordonner « ne bouge pas » est aussi efficace qu’un nœud marin. Et tant que vous restez sur une initiation, le seul vrai dommage physique qui puisse se produire est l’asphyxie : qu’on parle d’attacher, de bâillonner ou d’enfoncer la tête dans l’oreiller, restez absolument sur vos gardes.

Enfin, les puristes BDSM ont tendance à extraire de leurs pratiques toute gratification sexuelle directe. Ce primat du cérébral est passionnant, mais si vous débutez, surtout avec votre partenaire habituel (le), il n’y a aucune raison de vous priver d’orgasme. Enchaîner sur une relation sexuelle basique, apprise et maîtrisée, peut rassurer et permettre de revenir en eaux douces. (Et la tendresse, bordel ?)

Pour résumer : malgré un acronyme menaçant, malgré un imaginaire collectif qui moque ou condamne les plaisirs « sado-maso », vous constaterez que cet univers fantasmatique n’a pas à être compliqué, ni exclusif, ni élitiste. Encore moins violent. Vous n’avez même pas besoin de ressentir ou d’infliger de la douleur ! Comble de l’ironie : au royaume des contraintes, on fait comme on veut. Article de Maïa Mazaurette - Journaliste au Monde

9 mai 2017

Libération du Strutthof - in memorem

Le Stutthof est le premier camp de concentration établi en dehors du territoire allemand. Sa construction commença dès août 1939 sur le territoire de la ville libre de Gdansk (Dantzig), à 34 km de cette ville, sur un terrain entouré par les eaux de la Vistule et de la mer Baltique. Terminé le 2 septembre 1939, il était situé dans un endroit retiré, humide et boisé, à l'ouest de la petite ville de Sztutowo (allemand : Stutthof). Ce camp fut le dernier libéré par les Alliés, le 9 mai 1945. Plus de 65 000 personnes3 y périrent sur les 110 000 qui y furent déportées.

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1 décembre 2016

VICTORIA'S SECRET : « Le plus grand défilé du monde » au Grand Palais

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Grand Palais, Paris (VIIIe), hier soir. Les mannequins égéries de la marque de lingerie assuraient le show, dont la top model star Bella Hadid (photo ci-dessus)

Bruno Mars et Lady Gaga ont participé à la soirée de la marque de lingerie Victoria’s Secret, en compagnie de mannequins stars, hier soir à Paris.

Le feu aux… ou plutôt dans les yeux. La marque de lingerie américaine Victoria’s Secret a tout simplement mis le feu au Grand Palais. Personne n’a été consumé, si ce n’est quelques rétines de spectateurs endiablés par le déploiement de brillants, de plumes et autres artifices pyrotechniques. La marque n’avait pas lésiné sur les moyens, hier soir, à Paris. Un speakeur l’annonçait avant le début du show, c’était tout simplement « le plus grand défilé du monde ». Vraiment ? C’était grand, en tout cas.

L’élite du mannequinat

Pour débuter, l’architecture de verre du Grand Palais est illuminée d’un rose fuchsia de circonstance. Robe de soirée et smoking sont de rigueur pour une foule venue du monde entier. L’industrie du selfie est en marche, mais sur talons hauts, très hauts ! On ne jure que par Louboutin ou Prada et on se prend en photo dans la file d’attente. Et plutôt deux fois qu’une.

« C’est un événement incroyable. On est venues pour l’univers spectaculaire du défilé. On se sent privilégiées. Ça met des étoiles dans les yeux », confient Iris Fabre et Lucile Lemière, deux étudiantes spécialisées dans la lingerie dans une école de stylisme. Adeptes du jean-baskets, les deux jeunes femmes avouent avoir emprunté des fringues aux copines pour sacrifier au dress code glamour de la soirée. L’accueil au champagne les a détendues.

Plus le show se rapproche, plus les « Oh my god ! » fendent l’air un peu frais. Les invités s’installent dans une ambiance assez bon enfant bien éloignée de la très guindée Fashion Week. Mais ce n’est rien comparé à la clameur qui monte du public — à peu près 1 000 personnes lorsque le show débute sur un riff du rock’n’roll « Vertigo » de U 2, d’abord interprété par un aréopage de violonistes !

Déboulent alors une escadrille d’« Anges » labellisés Victoria’s Secret, les mannequins brésiliens Adriana Lima, Alessandra Ambrosio ou encore Izabel Goulart, petite amie du gardien du PSG, Kevin Trapp, mais aussi les Américaines, Gigi et Bella Hadid ou encore Kendall Jenner. L’élite du mannequinat mondial. L’ambiance tourne au stade de football lorsque Lady Gaga dans une robe rouge lamée entame les premières notes de « Millions Reasons », un de ses derniers tubes.

Pas fatigué, le public est carrément debout et hurle devant les déhanchés provocateurs de Bruno Mars. Au son de « 24K Magic », le chanteur embrase littéralement les VIP qui se déhanchent à leur tour à côté du podium. Des papelitos explosent comme un soir de finale de Ligue des champions lors du final d’un show survitaminé. Et la lingerie dans tout ça ? Ce n’était pas le plus important.

Victoria Secret. Bruno Mars accompagne les plus belles filles du monde. #vsfashionshow #victoriasecrets #victoriasecretangel @parismatch_magazine

Une vidéo publiée par redac chef @Paris Match (@elisabethlazaroo) le 30 Nov. 2016 à 16h57 PST

One in a million @ladygaga #vsfashionshow 💛🌙✨🔮 @victoriassecret

Une photo publiée par Stella! (@stellamaxwell) le 30 Nov. 2016 à 15h39 PST

Une photo publiée par V Magazine (@vmagazine) le 30 Nov. 2016 à 19h46 PST

19 novembre 2016

Météo France a placé cinq départements de l'ouest de la France en alerte orange pour vent violent.

Les Côtes-d'Armor, le Finistère, l'Ille-et-Vilaine, la Manche et le Morbihan sont concernés par cette alerte orange qui commence samedi à 21h et qui doit durer jusqu'à dimanche 10h.

Selon Météo France, il s'agit d'"une tempête commune en période automnale se produisant trois à quatre fois par an".

"Les rafales de vent débuteront sur le Finistère en début de nuit pour s'étendre à la Bretagne et au département de la Manche durant la seconde moitié de nuit de samedi à dimanche. Les rafales de sud puis sud-ouest atteindront 100 à 110 km/h, localement 120 km/h près du littoral, et 90 à 100 km/h dans les terres. Une extension du risque de vents forts à la Normandie est à envisager", selon les prévisionnistes.

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29 juin 2019

Musée de la Libération à Paris: Un QG souterrain de la Résistance pour la première fois ouvert au public

Le nouveau musée de la Libération de Paris ouvre ses portes le 25 août prochain dans le 14e arrondissement de la capitale. Pièce majeure de l’exposition, un ancien abri de défense utilisé par la Résistance

Un nouveau musée va de la Libération de Paris va ouvrir ses portes le 25 août prochain, date anniversaire des 75 ans de la libération de la capitale.

Installé place Denfert-Rochereau, il est pensé pour être plus visible et plus moderne que l’ancien musée de la Libération, installé sur les toits de la gare Montparnasse et fermé en 2018.

Clou de l’exposition, un ancien abri de défense qui a permis d’organiser la Résistance sera pour la première fois ouvert au public.

Sous l’imposante verrière, les lanternes bleu, blanc, rouge trônent encore dans leur emballage en plastique. Certains objets d’exposition et écriteaux d’information manquent toujours, mais le nouveau musée de la Libération de Paris commence à prendre forme.

Pour retracer l’histoire cet événement de la Seconde Guerre mondiale, on a fermé en 2018 celui installé sur les toits de la gare Montparnasse, peu visible et visité avec seulement 10.000 à 15.000 visiteurs par an. Le nouveau, installé place Denfert-Rochereau et intitulé musée de la Libération – musée du général Leclerc – musée Jean-Moulin, ouvrira ses portes le 25 août prochain, date des 75 ans de la Libération de Paris. 

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Sur 2.500 m2, dont une galerie couverte d’une verrière, le musée retrace le déroulement de la Seconde Guerre mondiale à Paris : de l’exode des Parisiens à l’arrivée des alliés, via le quotidien sous l’Occupation. Ainsi on trouve de petits souliers d’enfant, une boîte d’allumettes, un carnet d’institutrice… Des objets ordinaires s’ils ne dataient pas de la Seconde Guerre mondiale. « Je voulais que les gens touchent du doigt ce que c’est qu’une société qui bascule. C’est violent au quotidien ! », explique Sylvie Zaidman, directrice du musée et guide du jour. Des objets obtenus grâce à une campagne de dons lancée par le musée.

 

S’y ajoutent d’autres éléments historiques, exceptionnels comme la fausse carte d’identité du héros de la Résistance Jean Moulin pour passer en Angleterre ou une dalle du camp de Drancy sur laquelle apparaît encore une inscription faite par une famille juive déportée.

Pensée pour être la plus didactique possible, l’exposition s’accompagne de frises repères dans chaque pièce. Des documents audio et vidéo accompagneront également la visite pour une immersion maximale. Puis ils accéderont au clou du musée : un abri de défense antiaérien.

Pour accéder à ce lieu ouvert au public pour la première fois, il faut emprunter 100 marches pour descendre à 20 mètres sous terre. Conçu au départ pour que certains services puissent continuer à fonctionner en cas de guerre, cet abri a accueilli le colonel Henri Rol-Tanguy et une partie des forces françaises libres qui y ont installé leur QG. Depuis cette cachette, ils ont guidé les opérations de la Résistance du 20 au 26 août 1944 pour libérer Paris.

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Après avoir traversé une large porte destinée à protéger l’abri des attaques au gaz, le visiteur pénètre dans un couloir étroit et humide où résonnent le bruit des alertes et des messages téléphoniques venus des alliés. « PC Rol-Tanguy », « Direction générale », « Secrétariat ». Sur les murs gris – repeints –, ces inscriptions – nettoyées – témoignent encore de l’organisation de l’époque. Le reste du repaire est resté tel qu’à l’époque. L’exiguïté du lieu ne permet d’accueillir qu’un groupe de 20 personnes maximum.

Le 25 août prochain, pour les 75 ans de la Libération de Paris, des véhicules militaires défileront depuis la porte d’Orléans jusqu’à la place Denfert-Rochereau. La journée se terminera par l’ouverture du musée le soir, suivie d’un bal populaire.

Pour faire un don au musée, la campagne est toujours ouverte. Adressez-vous au Musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin 4, avenue du Colonel-Henri-Rol-Tanguy, 75014 Paris ou aux Archives de Paris 18, boulevard Sérurier, 75019 Paris.

22 juillet 2019

Le consentement masculin : on en parle (enfin) ?

Par Maïa Mazaurette

C’est bien connu, les hommes ne pensent qu’à ça… Rien de moins juste, argumente la chroniqueuse de « La Matinale » Maïa Mazaurette, qui rappelle que le manque de libido concerne aussi la gent masculine.

LE SEXE SELON MAÏA

C’est un cliché constamment rabâché : les hommes auraient envie de rapports sexuels tout le temps, n’importe comment, avec n’importe qui. Cet état d’excitation serait aussi spontané que la respiration : une exigence physique, hormonale, entretenue par des stimulations pornographiques, boostée par la chaleur, exacerbée par le football… bref, il y aurait toujours une raison (lire notre chronique sur les pulsions).

Bien sûr, nous admettons qu’exceptionnellement, le stress, la fatigue ou des problèmes médicaux perturbent la libido – mais dans tous les cas, nous partons du principe qu’il y a une envie, au moins minimale, simplement contrariée ou reportée à plus tard.

Cette conception du mâle « toujours prêt » entraîne des conséquences extrêmement désagréables : si les hommes veulent tout le temps, alors leurs partenaires ne leur donneront jamais suffisamment, et porteront cette culpabilité. Si les hommes sont constamment frustrés, alors il devient « normal » que de temps en temps, ils prennent de force (nous avons toutes et tous entendu le viol ou la prostitution être justifiés par le manque de disponibilité féminine – sous-entendu : c’est de la faute de toutes les femmes si certaines sont violées, d’ailleurs, si elles avaient respecté la nature des hommes, on n’en serait pas là).

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Et pourtant, selon une étude publiée cette année (Charles.co/IFOP), 47 % des hommes ont déjà manqué de désir sexuel, dont 18 % dans l’année écoulée ; 57 % ont déjà connu des érections manquant de fermeté, 29 % n’ont pas réussi à avoir d’érection du tout. Presque un homme sur dix a des complexes à ce sujet.

Recréer une distance propice au désir

L’inépuisable libido masculine constitue donc un mythe, entretenu par les hommes eux-mêmes : la vantardise concernant ses prouesses sexuelles, la taille de son pénis ou son désir font partie des codes de la masculinité. D’où des plaisanteries répétées, quand bien même elles humilieraient ceux qui les propagent : quand on a envie tout le temps, ça s’appelle du priapisme, et c’est une maladie – et si on ne « pense qu’à ça », alors il est peut-être temps d’aller voir un film sympa au cinéma ou de s’intéresser à la politique.

Nous voici donc face à un problème : on sait que la chute de désir est courante dans la réalité, mais on continue malgré tout de perpétrer l’idée qu’un homme, ça veut du sexe, ça consent, tout le temps. Cette norme du « vrai mâle » conduit à des comportements pas terribles pour la santé : 21 % des hommes ont déjà suppléé à leurs « manquements » par des médicaments, 16 % par de l’alcool, 9 % par de la drogue. Moins extrême : 43 % ont consommé de la pornographie pour se motiver (Charles.co/IFOP, 2019).

Ces mécanismes de compensation s’opèrent souvent au détriment de l’écoute de notre intériorité qu’il faudrait mieux cultiver, ne serait-ce que pour mieux se connaître soi-même – ou pour devenir un meilleur amant. Si on peut se poser les questions simples (« ai-je vraiment envie, avec qui, pourquoi, dans quelles circonstances ? »), alors on peut comprendre quelles conditions sont propices à une libido enflammée… tout en récupérant au passage un peu de dignité (« je ne suis pas un homme facile, et non, on ne dispose pas de moi comme d’un objet »).

Les bénéfices s’étendent au couple : en se refusant de temps à l’autre (tout en communiquant), on recrée une distance propice au désir : plutôt que de s’offrir en surabondance, on peut même organiser le manque.

L’érection n’est pas un marqueur de consentement

D’autant que dans ce paradigme, les femmes ne sont pas toujours les plus délicates, sur un continuum qui va des remarques méprisantes (des hommes « en chien », « morts de faim », « comme des bêtes ») à l’agression. En France, un homme sur vingt a subi un viol ou une tentative, la moitié avant leurs 11 ans (enquête CSF, 2006). Leurs agresseurs sont parfois des femmes, qui ont exercé des pressions psychologiques ou physiques, en profitant par exemple d’états d’ivresse.

Malgré la difficulté inhérente au dépôt de plainte (quel que soit le cas de figure), rappelons que la loi votée le 1er août 2018 à l’initiative de la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, permet de qualifier en viol des fellations forcées (reçues) et des pénétrations forcées (quand on est contraint à pénétrer une autre personne).

L’érection n’est pas un marqueur de consentement, l’éjaculation non plus (de même que la lubrification ou l’orgasme féminins ne sont pas des preuves qu’en fait, la victime était d’accord).

Mais même sans en arriver là, la perte de libido d’un amant se traduit souvent par une incompréhension de la part des partenaires. Les femmes, notamment, ne sont pas éduquées au consentement masculin : elles ne demandent pas parce que, par défaut, elles considèrent que l’homme consent (les vantardises masculines ne tombent pas dans l’oreille de sourdes). Cela signifie aussi que les femmes peuvent rater des signes « évidents » de désintérêt ou d’évitement – ou passer outre un rejet verbalisé et répété. Elles mettent alors leur amant dans une situation bien connue : quand on dit non une fois, il faut souvent dire non cinq, dix, quarante fois. Il devient alors plus simple, et plus rapide, de céder que de résister – quitte à se réveiller le lendemain avec la boule au ventre.

Un ego masculin fragilisé

En l’occurrence, l’incompréhension des femmes devant un cas de figure socialement invisible est parfois intériorisée, sur le mode de la déception (« s’il n’a pas envie, c’est vraiment que je suis indésirable »), parfois extériorisée avec agressivité (« tu ne m’aimes plus, je suis sûre que tu vas voir ailleurs, tu pourrais faire un effort »). Dans tous les cas, les enjeux perçus dépassent de loin la réalité du problème : c’est une chute de libido (ou un rendez-vous amoureux raté), pas une explosion nucléaire.

Outre les problèmes d’ego féminins, il faut en outre se pencher sur un ego masculin fragilisé. Culturellement, la virilité d’un homme est encore indexée sur sa libido : un homme qui n’a pas envie, ou pas vraiment envie, n’est plus un homme – et s’il n’est plus un homme, alors il n’est plus le patron. Si ces codes relevaient d’autre chose que du fantasme, vous pensez bien que Rocco Siffredi serait président du Conseil de sécurité des Nations unies.

Cette réduction du masculin à sa seule force désirante pose une pression supplémentaire sur les épaules (ou le pénis) des hommes : quand cette partie-là du corps ne fonctionne pas, alors rien d’autre n’existe, peu importe qu’on soit joli garçon, en pleine santé, souriant, on a « un gros problème ». Si vous cherchez la recette magique pour bloquer une libido, vous venez de la trouver…

Parce que les hommes concernés n’en parlent souvent ni à leurs partenaires ni à leurs amis, et n’ont parfois même pas conscience de n’avoir pas envie, il est temps d’en parler culturellement.

Tout simplement en rappelant que non, les hommes n’ont pas toujours envie, non, ils ne sont pas disponibles pour n’importe quel fantasme à n’importe quelle heure, et non, le manque de libido ne les remet pas en question en tant qu’humains. C’est dit !

21 juillet 2019

Soixante-quinze ans de l’opération « Walkyrie » : « Il y a des moments où la désobéissance peut être un devoir »

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Le 20 juillet 1944, l’officier von Stauffenberg déposait un explosif lors d’une réunion au quartier général d’Hitler, près de Rastenburg.

L’opération « Walkyrie » a soixante-quinze ans. L’Allemagne a rendu un hommage appuyé, samedi 20 juillet, aux auteurs de l’attentat manqué contre Hitler et à leur meneur controversé Claus von Stauffenberg. « Il y a des moments où la désobéissance peut être un devoir », a jugé la chancelière Angela Merkel dans un discours lors d’une cérémonie à Berlin, prononcé devant les jeunes recrues de l’armée.

Le 20 juillet 1944, l’officier aristocrate von Stauffenberg déposait un explosif à retardement dissimulé dans sa sacoche lors d’une réunion au quartier général du Führer, « la Tanière du loup », près de Rastenburg (Pologne). La tentative d’assassinat échoue et le putsch, qui implique alors plusieurs milliers de militaires et civils, est arrêté net.

Hitler s’en sort avec de légères blessures. Le colonel von Stauffenberg, qui a participé à la campagne africaine du maréchal Rommel où il a perdu un œil et une main, et trois autres conjurés sont fusillés le soir même. Mais l’opération « Walkyrie » reste l’acte le plus célèbre de résistance contre le régime nazi.

« Pour nous, Stauffenberg était un lâche »

Pourtant, « il subsiste de l’incompréhension et du malaise » vis-à-vis de l’attentat du 20 juillet, a reconnu la chancelière. Et ce notamment car son auteur emblématique était un officier de l’armée, selon elle. S’il fait souvent figure d’indéniable héros à l’étranger – comme dans le film hollywoodien Walkyrie avec Tom Cruise, sorti en 2008 –, le personnage continue de faire débat en Allemagne, où ses détracteurs lui reprochent une reconversion jugée tardive de sympathisant nazi en organisateur de putsch.

Claus von Stauffenberg fut aussi longtemps considéré comme un « traître » dans une société encore imprégnée par les années du nazisme, souligne par ailleurs Johannes Tuchel, directeur du Mémorial, dans une tribune au quotidien berlinois TAZ. Dans la zone d’occupation soviétique à l’Est, c’est plus son élitisme et sa « révolution de palais », selon l’expression du grand résistant Anton Ackermann, qui s’accordaient mal aux idéaux populaires communistes.

« Pour nous, Stauffenberg était un lâche, qui n’avait pas utilisé un pistolet mais un explosif avec minuteur pour s’en sortir indemne », se souvient Kurt Salterberg, un soldat présent le jour de l’attentat, dans un entretien au Frankfurter Allgemeine Zeitung. Mais à l’époque, « un simple soldat ne savait rien des atrocités des nazis », rappelle-t-il.

Il faudra attendre les années 1980 pour que la résistance au nazisme soit véritablement reconnue. L’attentat du 20 juillet ainsi que le destin des étudiants du groupe « La Rose blanche », décapités pour avoir distribué des tracts contre le régime, en sont devenus les emblèmes. Samedi, la chancelière a ainsi estimé que la Constitution fondant l’Etat de droit allemand n’aurait « peut-être pas pu naître telle qu’elle est » sans l’acte de Claus von Stauffenberg et ses alliés.

Récupération par l’extrême droite

Les historiens sont toutefois réservés. Car les putschistes défendaient bien plus une vision élitiste, antipluraliste, bref « une image très éloignée d’une société ouverte et démocratique », souligne l’historien Gerd Ueberschär, dans un livre récemment publié. Cela explique aussi pourquoi ils séduisent autant l’extrême droite.

Il y a un an, le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) s’est affiché avec un portrait de von Stauffenberg rappelant que « la désobéissance civile et la réflexion critique sont des devoirs citoyens ». L’objectif est clair : se poser en victime de la « dictature de Merkel », pour reprendre la rhétorique des dirigeants de l’AfD, et se forger via cette référence à la résistance contre le nazisme une propre légitimité pour ses activités politiques, souligne M. Tuchel.

D’où l’importance pour la chancelière d’« entretenir la mémoire » des conjurés du 20 juillet, et celle de tous les résistants allemands au nazisme, qui par leurs actes nous appellent à rester « vigilants » face à toute forme de racisme ou d’antisémitisme.

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17 juillet 2019

La démission de François de Rugy prend de court l’exécutif

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Par Cédric Pietralunga, Alexandre Lemarié, Manon Rescan - Le Monde

Son départ intervient alors que « Mediapart » s’apprêtait à publier de nouvelles révélations le concernant. Le ministre a déposé plainte contre le site pour diffamation.

La pression aura été trop forte. Une semaine après les premières révélations du site Mediapart concernant des dépenses effectuées dans son logement de fonction au ministère et lors de dîners fastueux donnés lorsqu’il présidait l’Assemblée nationale, François de Rugy a finalement fait le choix, mardi 16 juillet, de démissionner de son poste de ministre de la transition écologique et solidaire.

Une décision qui a pris de court l’exécutif, qui avait décidé de soutenir le numéro deux du gouvernement et diligenté une enquête interne pour tenter de faire retomber la pression.

« La mobilisation nécessaire pour me défendre fait que je ne suis pas en mesure d’assumer sereinement et efficacement la mission que m’ont confiée le président de la République et le premier ministre », a écrit François de Rugy sur son compte Facebook.

Cette démission intervient alors que Mediapart s’apprêtait à publier de nouvelles révélations le concernant. Dans un article mis en ligne en début d’après-midi, et sur lequel le successeur de Nicolas Hulot à la transition écologique avait été interrogé la veille au soir, le site assure que François de Rugy, lorsqu’il était député de Loire-Atlantique, a utilisé son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) pour payer une partie de ses cotisations à Europe Ecologie-Les Verts (EELV) en 2013 et 2014. Or, non seulement cette indemnité ne peut pas être utilisée pour payer une cotisation à un parti politique, mais l’élu avait déduit ce versement du calcul de son impôt sur le revenu, alors que l’IRFM est déjà défiscalisée.

« Depuis le début de la semaine dernière, Mediapart m’attaque sur la base de photos volées, de ragots, d’approximations, d’éléments extérieurs à ma fonction », s’est plaint François de Rugy sur Facebook, assurant être « soumis à un feu roulant de questions nouvelles et contraint de parer sans cesse à de nouvelles attaques ». Selon lui, « la volonté de nuire, de salir, de démolir, ne fait pas de doute » et c’est pour cette raison qu’il a annoncé avoir déposé « une plainte pénale en diffamation » contre le site d’investigation.

« Un été meurtrier tous les ans ! »

Emmanuel Macron a accepté la démission de son ministre, présentée par l’Elysée comme une « décision personnelle ». Une version accréditée par plusieurs responsables de la majorité, selon lesquels ce ministre fragilisé aurait plié sous la pression.

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« François de Rugy est en saturation sur le plan personnel. Il est à bout car ce qu’il vit depuis une semaine est violent », observe la porte-parole des députés La République en marche (LRM), Olivia Grégoire. Pour justifier sa décision, il a lui-même mis en avant « les attaques et le lynchage médiatique dont [s]a famille fait l’objet ».

Rien ne laissait pourtant présager une telle volte-face de la part de celui qui disait encore, mardi matin dans Ouest France, vouloir rester à tout prix à son poste. Au contraire : après plusieurs jours de flottement, où certains ministres et députés LRM n’hésitaient pas à l’accabler, l’exécutif et la majorité semblaient bien décidés à faire bloc derrière lui. Le chef de l’Etat avait lui-même lancé lundi une mise en garde contre la « République de la délation » et dit refuser de prendre des décisions « sur la base de révélations » et non de faits, en marge d’un voyage officiel en Serbie.

Selon nos informations, l’exécutif avait même demandé aux membres de la majorité de serrer les rangs derrière le ministre. « Le mot d’ordre, c’est solidarité interne face à la délation », expliquait un poids lourd du groupe LRM à l’Assemblée nationale, lundi soir.

Même si la polémique autour de son train de vie n’a pas été appréciée, l’exécutif ne semblait pas vouloir laisser tomber le soldat Rugy. Au risque de donner une victoire à la presse. « La première volonté, c’était de ne pas céder à la pression de Mediapart », confiait un ministre, juste avant l’annonce de la démission.

Mais à partir du moment où cette affaire virait au feuilleton, la position de François de Rugy devenait de plus en plus intenable. « On n’a pas besoin de se faire un été meurtrier tous les ans ! », s’agace un député LRM.

Comme lui, plusieurs élus macronistes craignaient que l’épisode ne dégénère en regrettable série estivale, comme cela a été le cas un an auparavant avec l’affaire Benalla. Et ils préconisaient, en conséquence, de ne « pas laisser pourrir l’affaire ». « Il ne faut pas que cela dure car cela fait beaucoup de tort », estimait ainsi un membre du gouvernement, mardi midi. Surtout, comment François de Rugy, si fragilisé par les accusations contre lui, aurait-il pu être crédible pour porter l’ambition écologique de l’exécutif ?

Crainte d’un retour du « tous pourris »

La démission du numéro deux du gouvernement n’en reste pas moins un nouveau coup dur pour l’exécutif car elle ouvre une nouvelle période d’instabilité au ministère de l’écologie, onze mois après la démission fracassante de Nicolas Hulot. De quoi compliquer la tâche du chef de l’Etat, qui veut faire de la préservation de l’environnement un des marqueurs de l’acte II de son quinquennat. « Malgré cette affaire, il faut absolument qu’on reste audible et crédible sur l’écologie », souligne un ministre. Un défi ardu.

A l’Assemblée nationale, la démission a suscité des réactions contenues mardi après-midi. Damien Abad, député Les Républicains (LR) de l’Ain, a salué une « décision sage qui était devenue inéluctable ». « Sa mission à la tête de son ministère devenait difficile à cause du décalage, au même moment, entre les efforts demandés par l’exécutif aux Français (assurance chômage, aides au logement, réforme des retraites) et l’image renvoyée par ce ministre d’une France qui va bien », a ajouté Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste. Quant au député de la Somme François Ruffin, élu sous la bannière de La France insoumise, il s’est seulement arrêté pour asséner que cette démission est « superficielle » par rapport à l’urgence du dérèglement climatique.

La relative sobriété des réactions s’explique aussi par une crainte, qui plane depuis une semaine au-dessus du Palais-Bourbon : celle du retour du « tous pourris ».

« Quand il y a une affaire de ce type, ce n’est pas le gouvernement et la majorité qui sont perdants, on est tous perdants », commente un élu socialiste. Ces derniers jours, les députés ont constaté à quel point les photos des dîners fastueux à l’Hôtel de Lassay se sont durablement installées dans l’opinion. « J’ai fait un déplacement avec une ministre hier, on ne me parlait que de homards », se désole un député LRM.

Ces craintes se doublent d’une gêne. « On le fait démissionner sur des allégations, des affirmations. C’est la porte ouverte à toutes les dérives ! », fustige le député (LR) de la Manche Philippe Gosselin. Des mots que la majorité n’aurait pas reniés, mardi après-midi.

« Le temps médiatique est devenu le temps de la justice pour les politiques. Mis en cause, vous avez à peine le temps de vous défendre que vous êtes déjà coupable », déplore un député macroniste. « On a l’impression d’être dans une chasse à l’homme, c’est à vous dégoûter d’être ministre ! », s’emporte un autre. En deux ans de mandat, les macronistes ont appris à se méfier de l’un des mots d’ordre, sur lesquels ils ont été élus : l’exemplarité en politique.

Cédric Pietralunga, Alexandre Lemarié et Manon Rescan

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Elisabeth Borne nommée ministre de la transition écologique et solidaire, en remplacement de François de Rugy. Mme Borne gardera également le portefeuille des transports, sans pour autant prendre le titre de ministre d’Etat de son prédécesseur, a précisé l’Elysée. « La confiance que m’accordent le président de la République et le premier ministre est un immense honneur », a-t-elle réagi sur Twitter. « Déterminée à poursuivre ce combat essentiel qu’est la transition écologique et solidaire. Au travail dès demain », a-t-elle ajouté. La nomination de Mme Borne, dont le portefeuille était déjà placé sous la tutelle du ministère de la transition écologique, « est une évidence », a commenté la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

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15 juillet 2019

Reportage - Longue journée sur les Champs-Elysées, des « gilets jaunes » aux supporteurs de l’Algérie

Par Cédric Pietralunga, Léa Sanchez, Christophe Ayad

A Paris, plus de 170 personnes ont été interpellées en marge du défilé du 14-Juillet, avant que l’avenue ne soit envahie dans la soirée par les fans des Fennecs.

A la veille du dimanche 14 juillet, les forces de l’ordre redoutaient surtout les suites d’une éventuelle victoire de l’Algérie en demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) le soir, mais ce sont les « gilets jaunes » qui ont créé la surprise dès le début de la journée.

Plusieurs dizaines d’entre eux ont tenté de profiter du défilé militaire pour conspuer Emmanuel Macron qui a présidé la cérémonie après avoir remonté la célèbre avenue à bord d’un « command car ». Fait inédit, des sifflets nourris ont été entendus au passage de son véhicule, mêlés aux applaudissements.

Les forces de l’ordre, présentes en masse, ont rapidement interpellé plusieurs figures du mouvement présentes dans la foule : Maxime Nicolle (alias Fly Rider), Jérôme Rodrigues et Eric Drouet. Tous trois ont passé plusieurs heures en garde à vue avant d’être relâchés, les deux premiers pour « organisation d’une manifestation illicite », le troisième pour « rébellion ».

Le restaurant Le Fouquet’s, qui avait ouvert le jour même pour la première fois depuis son incendie partiel et son saccage, le 16 mars, date de la dernière incursion des « gilets jaunes » sur les Champs-Elysées, a vite mis en place un important dispositif de protection peu après le défilé militaire, dont le clou a été la démonstration d’un « homme volant » sur une planche turbo propulsée.

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Barricades et gaz lacrymogènes

Peu après la fin du défilé, plusieurs petits groupes de « gilets jaunes » et de black blocs ont investi le haut de l’avenue et les rues adjacentes, dressant des barricades avec des barrières métalliques et incendiant des poubelles.

Quelques vitrines et un abribus ont été endommagés. En fin d’après-midi, les forces de l’ordre étaient venues à bout des troubles en dispersant les manifestants à coups de gaz lacrymogènes et en procédant à 175 interpellations.

« On s’attendait à quelques manifestations », reconnaît un proche du premier ministre Edouard Philippe. Mais pas question de donner de l’importance à l’événement. « Les manifestants n’étaient pas nombreux, même s’ils ont fait beaucoup de bruit », assure-t-on à l’Elysée. « Ce que veulent ces gens, c’est qu’on parle d’eux, ils en ont perdu le sens même de la fête nationale », a encore réagi Matignon. « Ceux qui voulaient empêcher ce défilé devraient avoir un peu honte (…) la nation, il faut la respecter », a renchéri Christophe Castaner, le ministre de l’intérieur.

Quelques heures plus tard, un peu avant 23 heures, les Champs-Elysées étaient à nouveau envahis par les nombreux supporteurs de l’équipe d’Algérie venus fêter la qualification des Fennecs en finale de la CAN.

Des « gilets jaunes » se joignent à la liesse

Pendant que le traditionnel feu d’artifice du 14-Juillet était tiré au-dessus du Champ-de-Mars, de l’autre côté de la Seine, un nouveau défilé, mais cette fois-ci composé de voitures et de scooters pavoisés aux couleurs de l’Algérie, empruntait la célèbre avenue. La place de l’Etoile, théâtre de nombreux tirs de feux d’artifice artisanaux et de pétards, était moins fréquentée par les supporteurs venus en famille. Des « gilets jaunes » restés sur place se sont joints à la liesse, même si un fan des Fennecs tenait à préciser : « Eux et nous, on vient pas pour la même chose. »

Même ambiance festive et assourdissante au carrefour Barbès-Rochechouart, où les supporteurs ont afflué dès le coup de sifflet final et le coup franc miraculeux de Riyad Mahrez qui a envoyé l’Algérie en finale de la CAN.

Ali en a presque les larmes aux yeux : « La dernière fois qu’on était en finale, c’était en 1990, j’avais 2 ans. Après, tout s’est gâté au pays. J’espère que ça ne va pas recommencer avec cette belle révolution qu’on est en train de faire. »

Comme la plupart des jeunes hommes hurlant leur joie, torse nu, enveloppés dans des drapeaux algériens, il est un « blédard » parlant à peine français : il travaille au noir et vit sans papiers. Peu à peu, les familles, des bébés aux grands-parents, rejoignent la gigantesque fiesta. La police se tient à distance et ne s’approche que lorsque les pétards sont trop forts.

Klaxon enfoncé sans discontinuer

Inès est venue de Boulogne : « D’habitude, les blédards nous regardent de travers, nous les “beurs”, parce qu’ils nous trouvent trop Français et nous, on les trouve mal éduqués, rigole-t-elle. Mais c’est pas grave, tout ce qui nous permet de fêter et de nous rassembler est bon à prendre. » Pour sa sœur Saliha, « la violence de la joie de la jeunesse est à la mesure de la force de son désespoir. Ces jeunes mettent dans le foot toutes leurs frustrations. Leur vie est violente et ils célèbrent violemment. C’est ça que les Français ne peuvent pas comprendre. »

Des drapeaux tunisiens, marocains, soudanais et même égyptiens se joignent à la liesse. Trois jeunes tiennent en équilibre sur un feu tricolore. Tous les automobilistes sont là pour célébrer, klaxon enfoncé sans discontinuer. Les filles sont en amazone à la portière des voitures. Un jeune assis sur le toit d’une voiture crie « Vive la France ! » en direction des gendarmes. Le conducteur passe la tête par la fenêtre : « Mais qu’est-ce que tu racontes ? » « T’inquiète, je dis ça pour les racistes ! », rigole l’autre.

Une femme en niqab filme par la fenêtre entrouverte de sa voiture pendant que son mari salafiste slalome entre les piétons. Astou, une jeune Sénégalaise venue fêter la qualification de son équipe en finale aussi, décide de rentrer : « Le problème des Algériens, c’est qu’ils n’ont pas de limites. »

Un bus veut passer pour rentrer au dépôt, coincé par la foule. Rapidement, un petit groupe lui dégage la voie et finir par faire la circulation sous l’œil goguenard des gendarmes. Sur les Champs-Elysées, la liesse s’est terminée à 3 heures du matin, lorsque la police a dispersé les derniers fêtards qui incendiaient deux poubelles et ont endommagé une voiture. Pas de quoi impressionner les « gilets jaunes ».

Christophe Ayad, Cédric Pietralunga et Léa Sanchez

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Des scènes de liesse et des échauffourées à Lyon et à Marseille. Des milliers de supporteurs de l’équipe de football d’Algérie ont explosé de joie dimanche 14 juillet au soir à Lyon et à Marseille. Des scènes de liesse ont parfois laissé la place à des tensions ou à des incidents. Dans la cité phocéenne, des jeunes ont entrepris de démolir méthodiquement des abribus. Alors que plusieurs feux de poubelles étaient pris en charge par les marins-pompiers de Marseille, les forces de l’ordre ont été bombardées de projectiles, des bouteilles et des pierres notamment, à proximité du bâtiment du conseil régional. Plusieurs personnes ont été interpellées. Pour se fournir en munitions, de jeunes manifestants ont été vus brisant des blocs en béton utilisés pour tenir les barrières des chantiers. A Lyon, les scènes de joie des fans des Fennecs ont été suivies par des heurts avec les forces de l’ordre. Selon la préfecture et les pompiers, de nombreux véhicules ont été incendiés, dans le centre de Lyon mais aussi dans les villes voisines de Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Bron ou Villeurbanne.

15 juillet 2019

MASTURBATION : 5 PRATIQUES SOLITAIRES À S’ACCORDER CET ÉTÉ

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par Elia Manuzio

Rien de tel qu’une bonne routine masturbatoire. Mais à force d’appliquer toujours les mêmes recettes, le corps s’ennuie... Et si vous profitiez de l’été pour sortir de vos propres sentiers battus ?

#1 Ambiancez-vous

Au lieu de vous ruer sur votre jouet préféré et d’expédier votre séance de masturbation en trois minutes douche comprise, accordez-vous une pause en solo avec le même soin que vous le feriez à deux. Choisissez un moment où vous êtes vraiment tranquille et créez vous un espace propice à la détente. Débarrassez-vous de tous les tue-l’amour que compte votre chambre (chaussettes sales, linge qui sèche, paperasse), éteignez votre téléphone, allumez des bougies, enfilez votre plus belle lingerie, mettez une playlist sexy en route. Ensuite, faites votre petit business en prenant votre temps. Vous le méritez.

#2 Autorisez-vous (tous) vos fantasmes

Faire l’amour avec un.e politique, tromper son.sa partenaire, coucher avec une personne du même sexe (quand on est hétéro), avoir un rapport violent… Certains fantasmes sont parfois difficiles à assumer. Vous pouvez décider de lutter éternellement contre eux, ou de les laisser s’exprimer librement. Avec seulement votre imagination ou en vous aidant d’une vidéo porno (vous verrez ainsi que vous n’êtes pas la seule à rêver de transgression), donnez-vous la permission de vous faire plaisir en pensant à absolument tout ce que vous voulez.

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#3 Investissez les lieux

Vous passez vos vacances dans une vieille maison en pierre ? Dans un hôtel en bord de mer ? Sous une yourte ? Quelle que soit votre destination, c’est l’occasion de changer vos habitudes de masturbation et d’expérimenter d’autres sensations. Au contact de nouvelles odeurs, de nouveaux bruits ou même d’une literie différente, votre corps réagira peut-être d’une toute autre façon que dans la pièce ou vous avez l’habitude de vous adonner au plaisir solitaire. N’hésitez pas à provoquer vous même ces changements : enduisez vous de crème qui sent l’été, posez votre tête près d’herbes fraîches, allumez la radio locale ou masturbez-vous allongée au bord de la piscine quand il n’y a personne. De quoi se fabriquer de beaux souvenirs.

#4 Pratiquez le slow orgasm

La raison pour laquelle beaucoup de femmes ont des difficultés à avoir un orgasme ? Parce qu’elles cherchent à tout prix à l’atteindre. Profitez de l’été pour vous concentrer uniquement sur le plaisir et les sensations que peuvent vous procurer votre corps, sans objectif particulier. Prenez une demi-heure pour ne faire rien d’autre que de vous toucher, vous frotter, vous caresser. Mais lentement, en explorant toutes les zones que vous laissez d’habitude à l’abandon : l’intérieur de vos cuisses, la paume de vos mains, le pli de vos seins, vos tétons... Si orgasme il y a, tant mieux pour vous. Sinon, vous aurez juste passé un moment sympa avec vous-même. Et il sera toujours temps de sortir l’artillerie lourde en septembre.

#5 Essayez un "threesome" en solo

Faites ce que vous faites habituellement pour stimuler votre clitoris. Avec votre main libre, selon que vous êtes gauchère ou droitière, introduisez un doigt dans votre vagin et calez-le contre la paroi supérieure (vous devriez sentir une sorte de crête). Vous pouvez aussi, avec ce même doigt exercer une pression sur votre périnée, un peu plus bas ou même l’introduire dans votre anus après avoir appliqué du lubrifiant. Si vous manquez de souplesse, ou d’endurance, vous pouvez remplacer votre doigt par un objet (vibromasseur, dildo ou plug anal).

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6 juillet 2019

Libération - spécial Arles

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« Cinquante années dejubilation photographique dans la moiteur et la chaleur arlésienne. C'est ce que fête cette édition du plus grand festival mondial dédié à la photographie au travers des 50 expositions officielles et plus de 160 autres dans le off. Un tournant cette année avec la présence significative des femmes photographes dans la programmation. A l'ère post-#MeToo et après les tribunes publiées dans nos pages sur les efforts à faire pour plus de parité dans les musées comme dans les festivals, nous-mêmes au sein du journal avons récemment quadruple la proportion de reportages ou portraits commandés à des femmes. Ce numéro en est un bon exemple, avec Marguerite Bornhauser, à qui nous avons confié la tâche de retranscrire l'ambiance arlésienne, à Nolwenn Brod celle de s'immiscer dans les backstages de la haute couture, ou à Lucile Boiron de saisir les migrants apprentis apiculteurs. Mais l'autre combat collectif est la lutte contre la précarisation des photographes dont nous nous sommes fait l'écho. Nous avons publié plusieurs tribunes pour relayer le désarroi d'une profession acculée. Face à l'exception culturelle française, ces dernières années ont été le théâtre de «disruptions» récurrentes avec l'apparition des banques d'images massives à des prix au ras du plancher jusqu'à la toute jeune arrivée de la plateforme Merro qui, sous des airs de défenseurs de la photographie, en sont les nouveaux fossoyeurs. Une nouvelle étape dans la paupérisation et l'ubérisation de la profession. Mais à Libération, nous restons optimistes en faisant le pari qu'il y aura toujours des photographes, autour d'une table arlésienne, une nappe à carreaux parisienne ou, pour les plus vernis, un magnum (de champagne) pour créer de nouveaux espaces. Des initiatives non pas tournées vers le low-cost ou le broyage souriant des règles et solidarités établies, mais vers une réinvention permanente de la photographie. Ce cinquième Libé des photographes est aussi là pour vous le prouver. » Lionel Charrier, chef du service photo de Libération.

6 juillet 2019

Amsterdam : les "vitrines" du Quartier rouge bientôt interdites ?

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La maire d'Amsterdam souhaite interdire les "vitrines" du célèbre Quartier rouge pour améliorer les conditions de travail des prostituées.

L'emblématique "attraction" de la ville d'Amsterdam est-elle en voie d'extinction ? C'est le combat de la nouvelle bourgmestre écolo de la ville. Élue en 2018, Femke Halsema, première femme à la tête de la capitale néerlandaise, a pour projet de changer la manière de travailler des prostituées. Son but : protéger les droits des prostituées qui s'y dandinent pour attirer le client, tout en réduisant les nuisances pour les riverains.

Une organisation incohérente

Si le profession est légalisée depuis plus de 20 ans à Amsterdam, Femke Halsema estime que les changements de mentalité de notre époque ne sont plus compatibles avec le mode de fonctionnement de cette "activité". Elle met notamment en avant l'incohérence entre la condamnation de la traite des êtres humains et cette pratique qui consiste à "regarder des femmes dans une minuscule salle derrière une vitre, comme des animaux en cage". 

Une mauvaise publicité pour les touristes

Amsterdam est l'une des destinations les plus prisées d'Europe, et le nombre de touriste augmente presque chaque année. Un aspect positif pour la capitale, qui n'est pas sans contrepartie puisqu'il va de pair avec l'augmentation de la clientèle pour ces prostituées. Une clientèle de plus en plus jeune, qui banalise par exemple les selfies, affichés sans le consentement de ces femmes sur les réseaux sociaux, ce qui accentue le côté humiliant pour les travailleuses du sexe. 

Des solutions à l'étude

Plusieurs options sont envisagées pour modifier le "cadre" de travail des prostituées amstellodamoises. Par exemple la création de maisons closes communes, à l'image du modèle allemand, fermées, et auto-gérées par les prostituées elles-mêmes. En fonction des retours, elles seront ensuite soumises au vote au conseil municipal, afin de trouver la meilleure solution.

Pas question pour l'instant d'interdire la prostitution, mais la volonté de mieux la contrôler est réelle. Du côté des prostituées, cette annonce ne passe pas inaperçue. Les réactions sont mitigées. Certaines craignent pour leur sécurité car elles ne pourraient plus juger le client avant qu'il n'entre dans la maison close. D'autres sont au contraire favorables, pour ne plus être considérées comme des "bêtes de foire" mais comme de vraies travailleuses, avec des conditions de travail plus dignes.

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6 juillet 2019

France Télécom : l’accusation requiert une condamnation pour « harcèlement managérial »

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Par Pascale Robert-Diard

Les procureures Françoise Benezech et Brigitte Pesquié ont demandé au tribunal de condamner les anciens dirigeants au maximum de la peine encourue, un an d’emprisonnement, et la publication du jugement.

Dans une vie de procureure de chambre correctionnelle, ils sont rares ces moments où le public serré sur les bancs vous est tout entier acquis, savoure chacun de vos mots, surtout les plus cruels, et même, oui, vous applaudit. Ce moment, Françoise Benezech et Brigitte Pesquié l’ont vécu, vendredi 5 juillet, pendant leur réquisitoire à deux voix au procès France Télécom. Six heures pendant lesquelles elles ont accablé les anciens dirigeants de l’entreprise devant un auditoire de syndicalistes, d’agents, de proches ou de familles parties civiles au procès.

Avant de requérir contre les trois principaux prévenus, Didier Lombard, Louis-Pierre Wénès et Olivier Barberot, la peine d’un an d’emprisonnement ferme et 15 000 euros d’amende pour le délit de harcèlement moral qui leur est reproché, Brigitte Pesquié avait résumé d’un trait mordant leur personnalité : « Je suis quelqu’un de bien et vous n’y connaissez rien à l’économie. » Ils se comportent « comme les chauffards sur la route, avait ajouté la procureure, ce n’est jamais leur conduite qui est en cause, c’est celle des autres et la réglementation ».

« Contre ce harcèlement moral commis en réunion, voire en bande organisée par des personnes qui abusent de leur pouvoir, je vous demande de prononcer la peine maximum parce que son seul sens est d’être maximum », a conclu Brigitte Pesquié, qui a également requis la peine maximale d’amende de 75 000 euros contre l’entreprise, poursuivie en qualité de personne morale, ainsi que huit mois d’emprisonnement et 10 000 euros d’amende contre les quatre autres prévenus, jugés pour « complicité de harcèlement moral ». Elle a demandé au tribunal d’accompagner son jugement d’une obligation de publication « en pensant à tous ceux qui, hors de cette salle, attendent votre décision dans leur entreprise ».

« Procès historique »

A sa collègue du parquet, Françoise Benezech, était revenu le rôle de présenter, une à une, les pièces du puzzle qui, selon l’accusation, établissent la preuve d’un harcèlement moral érigé en stratégie d’entreprise. Elle avait adressé ses premiers mots à l’ancien PDG : « Quel dommage, Didier Lombard, qu’un esprit organisé comme le vôtre qui a contribué à l’excellence scientifique française, ait été mis au service d’un seul impératif, au point de vous rendre sourd et aveugle à tout ce qui n’était pas la fin qui justifie vos moyens ! Quel dommage que vous ayez toujours réponse à tout au point d’éprouver de la tristesse mais pas de regret face au drame vécu par les personnes humaines qui ne sont plus là aujourd’hui pour vous parler ! »

A l’intention de l’ensemble des prévenus qui récusent les faits qui leur sont reprochés, Françoise Benezech a précisé : « Le but de ce procès n’est pas de poser un jugement de valeur sur vos personnes. Il est de démontrer que le harcèlement moral prévu à l’article 222-33-2 du code pénal peut être constitué par une politique d’entreprise, par l’organisation du travail et qualifier ce que l’on appelle le harcèlement managérial. » Appelant le tribunal à faire œuvre de jurisprudence, elle a observé : « On a parlé à juste titre de procès historique. L’évolution du droit vous permet de reconnaître l’infraction pénale de harcèlement managérial. »

Cette infraction « suppose une pluralité d’actes positifs répétés qui outrepassent l’exercice normal du pouvoir de la direction, a expliqué la procureure. La preuve de la réalité de la dégradation des conditions de travail n’est pas nécessaire s’il est établi qu’il s’agissait de l’objectif de l’auteur des agissements. Le harcèlement est nécessairement intentionnel. »

Pour l’accusation, la preuve de cette « intention » se trouve dans le dossier. « Il est incontestable qu’en programmant la restructuration par des réductions massives d’effectifs – les 22 000 départs – et des mutations professionnelles en trois ans, les dirigeants ont conscience qu’ils déstabilisent les salariés. Depuis la conception des plans Next et Act jusqu’à leur mise en œuvre que vous pilotez, vous savez que vos prévisions et les méthodes pour y parvenir vont dégrader les conditions de travail. Vous allez même plus loin. Vous la recherchez cette déstabilisation. Et vous la baptisez déstabilisation positive », a affirmé la procureure.

Un « choix prémédité de déstabilisation des salariés »

Dans les nombreux documents écrits ou enregistrés à l’époque du lancement des plans Next et Act, Françoise Benezech puise des citations des dirigeants – « Il faut sortir les salariés de leur zone de confort », « c’est le business qui commande » – et observe : « C’est trop facile treize ans plus tard de refaire l’histoire parce que la vérité vous dérange ! »

En 2006, dit-elle, France Télécom avait surmonté le pic de la crise financière. « L’entreprise était sur la crête. Il fallait faire un choix. Et au lieu de profiter de la bouffée d’oxygène et de ralentir, vous décidez au contraire de maintenir et même d’accélérer le processus en profitant du mieux-être de la société pour rassurer les investisseurs, en doublant les dividendes. Il fallait alors faire un maximum de cash-flow, 7 milliards en trois ans, au moyen, notamment, de réduction massive d’effectifs. »

Les plans Next et Act, rappelle la procureure, n’ont pas fait l’objet d’un accord collectif. Ils ont été mis en place « dans l’impréparation et l’imprécision. Nécessairement leur mise en œuvre ne peut s’effectuer sans déstabilisation ». « Il faut faire vite, vite » est alors le maître mot du responsable des Opérations France, Louis-Pierre Wenès. « Il est tellement pressé, Monsieur Wenès, qu’il en oublie qu’il parle de personnes humaines : “Les 22 000, d’où doivent-ils partir, où je vais faire entrer les 6 000 et ces 10 000 qui doivent changer de métier ?” », cite-t-elle.

Françoise Benezech reprend chaque étape de ces plans qui, selon elle, révèle un « choix prémédité de déstabilisation des salariés » : l’objectif des 22 000 départs, « conçu avec la direction financière », alors même que les dirigeants savent que ces départs ne peuvent être « naturels » ; des « mesures d’accompagnement » qui visent en réalité à pousser les salariés vers la sortie. La procureure ironise au passage sur « le mélange de novlangue et de langage corporate permettant de justifier n’importe quelle action délétère derrière des mots en apparence inoffensifs et bienveillants », tels que ceux incitant le salarié à « devenir acteur de son évolution professionnelle ».

« On ne va pas faire dans la dentelle »

Elle leur oppose le « parler vrai » des réunions de cadres dans lesquelles ceux-ci étaient fortement incités à « mettre le même niveau de pression partout », « supprimer le poste pour faire bouger », « retirer la chaise en mettant en déploiement », « déstabiliser par le développement des emplois précaires et des tâches dévalorisantes pour les sédentarisés » et rappelle que la part variable de leur rémunération était indexée sur la déflation des effectifs.

« Et pour faire faire le sale boulot aux managers de proximité », ajoute la procureure, on crée une Ecole de management France, dans laquelle on organisait « des jeux de rôles pour apprendre à convaincre quelqu’un qui ne voulait pas partir ». Elle cite encore les mots des dirigeants eux-mêmes face aux cadres réunis en convention à la Maison de la chimie à Paris à l’automne 2006 : « Il faut bien se dire qu’on ne peut plus protéger tout le monde », « on ne va pas faire dans la dentelle ». « Des gaffes », avait dit Didier Lombard à l’audience. « Non, Monsieur Lombard, quand les paroles vont toujours dans le même sens, ce ne sont plus des gaffes ! », répond Mme Benezech.

Françoise Benezech cingle : « Ces mots vous reviennent aujourd’hui en boomerang. Ils reflètent très exactement ce que les témoins et les parties civiles ont pu constater et vivre sur le terrain. Ils étaient devenus le véritable catéchisme des managers. » Elle conclut : « Parce que cette obsession du départ en trois ans de 22 000 salariés est devenue le cœur de métier des dirigeants de France Télécom, alors on peut dire que Didier Lombard, Louis-Pierre Wenès, Olivier Barberot et dans une moindre mesure leurs quatre zélés complices, peuvent qualifier leurs agissements ainsi : le harcèlement moral est mon métier. »

La dernière phrase est de trop. Mais il est difficile de résister à la tentation d’être acclamée.

7 octobre 2016

En Pologne, le parti au pouvoir rejette l'interdiction totale de l'IVG

La majorité ultraconservatrice recule sous la pression de la rue

Dans une atmosphère extrêmement tendue, la commission de la justice et des droits de l'homme du Sejm (la chambre basse du Parlement polonais) a -rejeté, mercredi 5  octobre au soir, la proposition de loi visant à interdire totalement l'avortement. La motion de rejet a été déposée par le député de la majorité ultra-conservatrice du PiS (Droit et justice) Witold Czarnecki. Au sein de la commission, qui compte 31 membres, 15 députés se sont prononcés pour le rejet du projet, un s'est abstenu. L'ambiance autour du vote a frisé le chaos, et l'opposition a dénoncé des atteintes aux procédures parlementaires. Des organisations non gouvernementales se sont vu refuser l'accès au Parlement.

Le texte devait revenir jeudi en session plénière de la chambre. Cette dernière devait choisir de le rejeter définitivement ou de le renvoyer en commission. Le groupe parlementaire PiS devait se réunir jeudi matin pour une consultation sur le futur vote. Pour le parti au pouvoir, le sujet est explosif et source de division : si seule une minorité de députés PiS semble en faveur de l'interdiction totale, ces élus sont influents et habitués aux sorties controversées dans les médias. Auparavant, la porte-parole du groupe, Beata Mazurek, avait soutenu que les votes sur ce sujet se feront sans discipline partisane, " en fonction de la conscience de chaque député ".

Conscient de l'extrême sensibilité du sujet, qui avait amplement mobilisé les femmes lundi à travers le pays, le chef du parti au pouvoir, Jaroslaw Kaczynski, a décidé de mettre le holà à une proposition de loi dont son parti n'était pas l'initiateur, mais qui avait recueilli près de 500 000 signatures citoyennes. Selon un sondage Millward Brown publié mercredi, 67  % des Polonais ont apporté leur soutien aux manifestations de lundi. C'est la première fois depuis son arrivée au pouvoir, en octobre  2015, que le parti -conservateur semble reculer sous la pression de la rue, alors qu'il avait soutenu le renvoi du texte en commission parlementaire.

" Ce n'est pas notre projet, et nous ne sommes pas d'accord pour la pénalisation - en justice - des femmes, a expliqué à l'issue du vote le député PiS Ryszard Terlecki, un -fidèle de Jaroslaw Kaczynski. Nous avions des signaux clairs de la part de l'Eglise qu'elle ne soutient pas non plus ce point de vue radical. Nous préparons des solutions qui seront acceptables par les deux partis. " Le projet de loi prévoyait notamment des peines jusqu'à cinq ans de prison pour les femmes, les médecins, ou toute personne accompagnant une interruption volontaire de grossesse. " Aujourd'hui, le PiS a mis sa conscience dans sa poche, (...) parce qu'il a eu peur des femmes qui sont sorties dans la rue, a commenté l'ancienne chef du gouvernement centriste, Ewa Kopacz. C'est la liberté et le droit de faire ses propres choix qui ont gagné. "

" Le projet ne passera pas "

Avant même le vote, le ministre de la science et de l'enseignement supérieur, Jaroslaw Gowin, avait déjà donné des signes sur la position du parti. " Je voudrais rassurer ceux qui craignent que l'avortement soit totalement interdit en Pologne. A coup sûr, le projet d'interdiction totale ne passera pas. A coup sûr, l'avortement ne sera pas interdit en cas de viol ou quand la vie ou la santé de la femme sont menacées ", avait-il déclaré. La manifestation de lundi a " fait réfléchir " la majorité et lui a donné " une leçon d'humilité ", a-t-il ajouté. Reste à savoir si la majorité conservatrice ne voudra pas donner certains gages aux organisations " pro-vie " et à l'Eglise, en interdisant par exemple l'avortement en cas de handicap constaté chez le foetus. Pour le parti, ce serait un jeu risqué, au risque de ne satisfaire aucun des deux camps.

Ces tensions surviennent à un moment où le Parlement polonais se penche sur un autre projet de loi controversé, visant à restreindre considérablement la législation qui encadre la procréation médicament assistée. En juillet, le PiS avait déjà supprimé son financement public. Mais un projet de loi déposé en septembre à l'initiative de plusieurs élus conservateurs veut -aller plus loin. Le texte propose d'autoriser la fécondation d'un ovule seulement - contre six actuellement, voire plus pour les femmes ayant passé l'âge de 35 ans. Le projet de loi interdit également toute insémination au-delà de soixante-douze  heures après la fécondation, ce qui rend en pratique impossible la congélation des embryons - une pratique jugée " immorale " par les auteurs du projet.

Selon les experts, s'il venait à rentrer en vigueur, ce texte restreindrait considérablement l'efficacité de la fécondation in vitro. Pour le docteur Waldemar Kuczynski, qui avait contribué à la première fécondation in vitro en Pologne en  1987, " ce sont les dispositions qui détruiraient vingt-cinq ans de développement de la médecine de reproduction en Pologne. En fécondant un ovule seulement, l'efficacité du traitement tomberait à 4  % ou 6  %. "

Si ce projet sera soutenu par une grande partie du groupe populiste Kukiz'15, la troisième force politique du Parlement, à droite, beaucoup pensent que le PiS voudra éviter d'ouvrir un autre front sensible, en noyant le projet dans les travaux en commission. Aucune figure parlementaire du PiS ne fait en tout cas partie des initiateurs du texte.

Jakub Iwaniuk

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Avortement en Pologne. La mobilisation des femmes a payé

Le parti conservateur au pouvoir en Pologne a fini par jeter l'éponge, hier au Parlement, face à une éventuelle interdiction quasi complète de l'avortement dans ce pays. Un revirement à 180 degrés qui fait suite à la forte mobilisation des femmes, dans la rue (ci-contre), et à l'émotion suscitée par ce projet, en Europe.

La proposition de loi d'initiative citoyenne instituant l'interdiction d'avorter a été rejetée par 352 députés de la majorité conservatrice et de l'opposition, contre 58 voix pour et 18 abstentions. « Nous constatons qu'elle conduirait à un processus dont l'effet serait contraire à ses objectifs », a justifié le président du Parti Droit et Justice (PiS), Jaroslaw Kaczynski, après que certains, au sein de son parti, ont mis en garde contre l'adoption d'une loi trop sévère qui, en cas de changement de majorité, pourrait provoquer un retour de balancier en faveur d'une loi beaucoup plus libérale que l'actuelle. Le revirement conservateur fait suite à d'importantes manifestations qui ont réuni quelque 100.000 « femmes en grève », vêtues de noir, opposées à la proposition de loi, selon la police. Pour l'opposition, le gouvernement « a pris peur ».

Des peines de prison prévues

La Pologne, qui applique une politique parmi les plus restrictives en Europe, n'autorise l'avortement que dans trois cas : un risque pour la vie ou la santé de la mère, un examen prénatal indiquant une grave pathologie irréversible chez l'embryon et une grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste. La proposition examinée hier ne laissait impunie qu'une intervention pour sauver la vie de la femme. Elle fixait la peine de prison maximale pour celle qui avorte à cinq ans de prison. « Les Polonaises ne permettront pas que vous les conduisiez à l'abattoir comme des moutons », avait assené Joanna Mucha, une députée de Plate-forme civique (PO, opposition), en commission. la Première ministre, Beata Szydlo, a, dans la foulée du vote, annoncé « trois actions » du gouvernement : l'élaboration d'un programme de soutien aux familles et aux femmes décidant de garder des enfants nés de grossesses difficiles et élevant des enfants handicapés, la mise en place, début 2017, d'allocations à ces personnes, et une « vaste action d'information pour promouvoir la défense de la vie ». Le Parlement polonais a, par ailleurs, abandonné, hier, une autre proposition de loi qui prévoyait une stricte limitation de la pratique de fécondation in vitro. Source : Le Télégramme

20 juin 2010

AURAY (Morbihan) : Chapelle du Saint-Esprit. "Mémoire(s)" s'installe pour l'été

Après «In door» l'an passé, la chapelle du Saint-Esprit prête ses cimaises à une nouvelle exposition estivale. Trois artistes qui explorent les chemins de mémoire(s). La chapelle du Saint-Esprit vibrait vendredi soir de commentaires enthousiastes et d'applaudissements chaleureux. Auray saluait ainsi sa nouvelle exposition estivale: «Mémoire(s)». Depuis ce week-end, et jusqu'au 19septembre, la chapelle du Saint-Esprit prête ses murs, coins, sols et recoins aux œuvres de trois artistes alréens. Le casting était connu d'avance : Cristerto pour la sculpture, Jean-Pierre Dupuich pour la photographie, et Pierre Guégan pour la peinture.

«Une véritable médiation»

Devant un public attentif et conquis d'avance, Kaourintine Hulaud, adjointe à la culture, a ouvert la voie à cette visite mémorielle/sensorielle: «Il s'agit ici, au-delà du travail plastique, d'établir une relation de partage entre les Alréens et les artistes, afin de se nourrir mutuellement. C'est une véritable médiation qui est mise en place». Christian Chamaillard, directeur du centre municipal Athéna soulignait pour sa part l'importance de l'événement dans le paysage culturel alréen: «Cette inauguration est un moment tampon dans la vie locale culturelle, marquant la fin d'une saison et le début d'une autre». Dans les premières satisfactions, il fallait également relever la rapidité «du service de communication du centre Athéna, qui a réussi le tour de force de mettre en place la manifestation en un mois seulement».

Trois arts

Place, ensuite, aux présentations: Jean-Pierre Dupuich, tout d'abord. Le photographe décline des clichés de coques de bateau érodées par le temps. Ce «passeur d'images», l'œil toujours en éveil à la recherche de l'insolite, des couleurs et des matières, travaille avec Charlotte Louf, afin de mettre en valeur le patrimoine maritime par des textes poétiques et des images intimistes. Le sculpteur Cristerto, quant à lui, forge son œuvre dans le métal. À partir de métaux récupérés, il redonne avec art une vie à des objets délaissés, à une matière première oubliée, abandonnée. Pierre Guégan, enfin, est un artiste peintre qui présente des peintures abstraites, et montre le poids de sa réflexion, de son univers, en extériorisant son atelier d'artiste. Ne restait qu'à souhaiter le même succès à «Mémoire(s)» que celui rencontré par «In door»: l'année dernière, 8.000 personnes avaient visité l'exposition.

Source : site Le Télégramme

Voir mon billet du 11 mars 2008 à propos de Pierre Guégan

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Photo ci-dessus : Pierre Guégan, ami d'enfance, photographié par moi.

Pratique

Mémoire(s). Du lundi au samedi de 10h30 à 12h30 et de 15h à 18h30. Dimanche de 15h à 18h30. Entrée libre. Visites commentées pour les groupes sur demande. Renseignements: 02.97.56.18.00. Ouverture exceptionnelle pour la Fête de la Musique lundi 21juin en nocturne. Rencontres avec les artistes lundi 21juin à partir de 19h et mardi 20juillet à partir de 19h.

16 mars 2019

ALERTE-Gilets jaunes-Paris: Les scènes d’émeutes et de pillages se poursuivent sur les Champs-Élysées

Plusieurs kiosques à journaux des Champs-Élysées ont été incendiés, ce matin et un autre à l’instant. 
Il y a quelques minutes, la toile de la terrasse du Fouquet’s est partie en flammes. La boutique du maroquinier de luxe Longchamp a également été léchée par les flammes. Un engin de chantier et des véhicules, notamment des scooters, sont en feu dans le quartier (angle Boetie). 
La boutique Disney est endommagée, la vitrine du Monoprix également.
Les boutiques Hugo Boss, Nespresso, Lacoste, Samsung, la bijouterie Bulgaria ont été pillées.
Plus grave encore, une banque a été ravagée par les flammes. L’incendie s’est propagé à l’immeuble, faisant 11 blessés légers dont 2 policiers. Les pompiers ont sauvé une femme et son bébé bloqués au 2e étage.

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3 mai 2010

Les 40 prédateurs de la liberté de la presse

Le site Reporters Sans Frontières (R.S.F.) publie la nouvelle liste des prédateurs.

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"Le mollah Omar a gagné sa place dans la liste des prédateurs, tout comme Ramzan Kadyrov, président de la Tchétchénie, que Reporters sans frontières avait rencontré en mars 2009. Ses poses crânes sur sa supposée tolérance, ses vues faussement bienveillantes sur la liberté de la presse ne trompent personne. Anna Politkovskaïa et Natalia Estemirova, toutes deux ferventes dénonciatrices de la "question tchétchène" ont été abattues, la première à Moscou en octobre 2006, la seconde près de Grozny en juillet 2009. Ramzan Kadyrov n’est pas étranger à ces assassinats, comme à de nombreux autres en Tchétchénie où il a mis en place un régime de terreur." (extrait du site RSF)

Lire mes billets sur Anna Politkovskaïa en cliquant ICI.

19 octobre 2013

Chapelle des sept saints - Erdeven

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La chapelle des Sept Saints est située dans le village du même nom sur la commune d'Erdeven. Elle a été construite à la fin du 19ème siècle et a connu un pardon ayant attiré 5000 pèlerins et plus dans les années 1910. A cette époque, la chapelle possédait son ex-voto , hommage des nombreux marins d'Etel et de la région qui assistaient au pardon annuel. Malheureusement cet ex-voto a été détruit et il n'en subsiste que des photos d'archives attestant de sa présence dans la chapelle. Aujourd'hui seul un vitrail dédié à Saint-Patern, évoquant des motifs maritimes, rappelle le passé et cette dévotion des marins aux sept saints fondateurs des évêchés de la Bretagne.

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13 octobre 2013

Le "Petit Théâtre" d'Auray

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En 1906, on construit un édifice mitoyen aux halles qui accueille la justice de paix au rez-de-chaussée et un joli théâtre à l'italienne à l'étage. Le projet architectural ayant été sélectionné est celui d'Edouard Ramonatxo.

Inauguré le 29 novembre 1908 par les officiels de la ville, il sera ouvert au public le dimanche 17 janvier 1909 lors d'une fête organisée par des artistes lorientais, vannetais et alréens au profit de l'orphelinat des Chemins de fer Paris-Orléans.

Pendant des années, le Petit Théâtre accueillera les temps de forts de la cité alréenne, servant ainsi de salle des fêtes. Aujourd'hui, le lieu est dédié aux réunions, rencontres et expositions.

Des souvenirs à foison

De nombreuses manifestations, de toute sorte, jalonnèrent la vie du Petit Théâtre : des séances de cinéma, des galas de boxe, des réunions politiques, des rassemblements associatifs, des arbres de Noël, les élections de reine, des bals ...et surtout, des représentations chorégraphiques et théâtrales. S'y succédaient les œuvres classiques et les pièces de boulevard dont la célèbre pièce « Ça, c'est Auray » (1928) d'Auguste Viet, un commerçant alréen auteur très apprécié de son temps.

La soirée la plus prestigieuse fut programmée organisée les 11 et 12 juin 1949 : Lycette Darsonval, danseuse étoile de l'Opéra de Paris interpréta Le Cygne de Saint Saëns, avec six petits rats. Suivirent les prestations d'Isabellita Vargas, danseuse espagnole, et celle du baryton de La Scala de Milan, Ugo Ugaro. Cette grande vedette italienne de l'époque fut longuement ovationnée après avoir chanté des airs de Carmen, Rigoletto, Le Barbier de Seville, Funiculi... (source : Albert Garin)

Le théâtre " à l'italienne "

Le principe de ce type de théâtre est apparu en Italie, au début du XVIIe s.. Il s'est d'abord établi dans de grandes salles des palais princiers pour des représentations privées, puis dans des bâtiments spécialement conçus pour être démocratiquement ouverts à tout public et dont les places étaient payantes. C'est à Venise qu'est apparu le premier théâtre de ce genre : le Treatro San Cassiano (1637). Cet exemple fut rapidement suivi dans toutes les villes d'Italie puis de l'Europe entière. En France, il existe de très beaux théâtres " à l'italienne " à Bordeaux, Metz, Lyon ou Versailles. En Bretagne, il subsiste peu de théâtres de ce type. Il en existe à Quimper, Rennes ou Morlaix.

En comparaison, le théâtre d'Auray est modeste. Mais le lieu a du charme et compte des références au décor et à l'architecture à ce que l'on nomme communément le théâtre " à l'italienne ".

Classiquement la salle d'un théâtre à l'italienne est dessinée selon un plan en U, en ovale ou en fer à cheval et est structurée en plusieurs étages ou balcons. Ceux-ci permettaient aux « bourgeois », assis, de voir et d'être vus. De même, des loges, situées de part et d'autre de la scène étaient réservées aux nobles ou aux invités de marques. Quant à l'espace face à la scène, il est appelé le parterre. Le public y stationnait debout.

Ce genre de théâtre est souvent doté d'une ou plusieurs salles pouvant recevoir  les spectateurs avant les représentations et pendant les entractes du spectacle : vestibule, foyers du public, etc. A Auray, on accède au Petit Théâtre par deux larges escaliers et un vaste vestibule. La salle est dotée d'un balcon et de décors de bois sculptés.

Scène et machineries

Le plancher de scène du Petit théâtre s'élève sur une pente de4à 5 %, delà face vers le mur lointain. C'est le cas dans tous les théâtres " à l'italienne ". Dans la cage de scène différents espaces techniques sont aménagés. Par exemple, la remontée des décors souples se fait à l'aide d'une machinerie. Le décor est alors conçu comme un tableau mis en relief par des plans successifs. En 1905, la Ville d'Auray commande trois décors-type composés de « toiles de fond, frises ou châssis cour et jardin »... pour 2700 francs : "

 - Paysage décor moderne

- Salon Louis XVI

- Chaumière décor moderne

(Source : Service Archives et Patrimoine - Ville d'Auray)

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