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Jours tranquilles à Paris
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8 novembre 2019

Francis Bacon - Salvador Dali

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Bacon — Dali : Métamorphoses érotiques

16 octobre → 1 décembre 2019

 

Dans cette exposition, Dali Paris interroge deux artistes rarement opposés sur leur acharnement à maltraiter les corps. Salvador Dalì s’attache à les métamorphoser, d’une manière perverse et adolescente tandis que Francis Bacon les évoque de manière névrotique, leur fluidité et leurs fluides.

Pour cette confrontation, la galerie a souhaité s’appuyer sur le pilier des deux artistes : leur partenaire — Gala pour l’un, John Edward pour l’autre.

Si la rencontre avec Gala constitue un bouleversement majeur, elle révèle Dalì à lui-même. En tant qu’être sexué, artiste et homme. De l’amour courtois à l’amour sadique, il explore l’érotisme de toute la richesse de son art.

Bacon quant à lui, homosexuel revendiqué dès le plus jeune âge, est dans l’exploration viscérale de sa sexualité. Ainsi la représentation qu’il en fait est moins frontale mais non moins pénétrante.

Dali Paris regarde par un trou de serrure pour s’attarder sur deux œuvres spécifiques : la pièce centrale du Triptyque Août et Marianne et le Chevalier.

Salvador Dalì représente la scène du Marquis de Sade dans toute sa laideur de manière très crue en esthétisant l’ensemble par une opposition de couleurs complémentaires. Francis Bacon utilise ces mêmes couleurs complémentaires, mais dans des valeurs chromatiques beaucoup plus glauques, dans cette scène d’accouplement, acte qui normalement sublime la beauté des corps, en en faisant ressortir toute la douleur psychologique qu’elle peut susciter chez l’artiste inverti.

L’approche onirique de Dali fait un jeu de miroir avec la noirceur des toiles de Bacon que lui-même estime tellement moins horrible que la vie réelle. Considérant que « l’odeur du sang humain ne [le] quitte pas des yeux »2, Bacon révèle ses luttes intérieures dont l’objectivation n’est pas sans rappeler le principe de la méthode paranoïa-critique.

Cependant, l’inspiration classique persiste dans les deux œuvres avec un travail de construction : le cadre dans l’œuvre qui fige l’action dans l’espace et la contraint, ainsi que des courbes ciselées qui évoquent la beauté corporelle. Enfin une similitude intéressante se crée avec la lévitation du personnage masculin dalinien.

Ces deux contemporains ne sont pas simplement des géants du XXème siècle, ils se nourrissent des sources du classicisme, Velasquez (pour le Portrait d’Innocent X et son rang au panthéon dalinien1) et des métamorphoses surréalistes (notamment le Chien Andalou). L’Exposition Internationale du Surréalisme de 1936 aurait pu accueillir les deux artistes sur les mêmes murs. Mais Bacon est refusé par André Breton, qui quelques années plus tard évincera Salvador Dali du mouvement. S’ils prennent des chemins différents, tous deux seront mus par leurs relations sentimentales et la littérature. En parallèle de l’exposition rétrospective des vingt dernières années de Bacon à Beaubourg, Dali Paris propose d’envisager cette confrontation artistique.

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by Marie-Elisabeth De La Fresnaye

On le voit sur une photo devant le Grand Palais le jour de l’inauguration de sa rétrospective de 1971 légèrement hagard ou absent. Son compagnon George Dyer s’est suicidé la veille dans leur chambre d’hôtel et s’ouvre alors une rupture et période stylistique radicalement nouvelle. C’est le point de départ qu’a choisi le commissaire de la captivante exposition du Centre Pompidou, Didier Ottinger qui a su trouver une veine autre que celle déjà largement exploitée sur ce grand génie de la peinture.

« Je fais des images et à travers ces images, je tente de piéger la réalité. »

Le commissaire se penche en effet sur la place de la littérature dans la vie et l’œuvre du maitre orchestrant un parcours ponctué par des échappées sur 6 grands auteurs qui n’ont cessé de l’accompagner. D’Eschyle et ses figures de la culpabilité et de la vengeances (les Erinyes) présentes dans de nombreux triptyques dont trois « noirs » exposés, en hommage à son amant défunt, à Nietzsche et les figures contraires d’Apollon et de Dionysos, T.S Eliot et l’impossible rédemption du poème the Waste Land que Bacon connait par cœur, Conrad et la fascination pour le néant d’« au cœur des ténèbres », Bataille et les carcasses des abattoirs, ou Michel Leiris et la joute de l’arène d’une corrida.

Des flashes de l’ordre de la fulgurance comme le décrit Didier Ottinger que lui procurent ces incursions dans sa bibliothèque riche de 1000 ouvrages, Proust en tête. Fragments de livres que l’on découvrira dans le chaos de l’atelier savamment entretenu par le maître des lieux parmi une marée d’images et d’outils expérimentaux divers recouverts d’une bonne dose de poussière.

La scène ouvre sur 3 Autoportraits aux visages distordus, brouillés, murés de l’intérieur. Un duel avec soi-même et la mort qui rode. Celle de son sulfureux amant, dépressif et instable, la tourmente de son souvenir mais aussi les crises d’asthme qui le perturbent et l’étouffent. Mais ce désarroi n’a rien de mortifère pour autant et les cris qui vont devenir omniprésents dans les figures puisés dans le film de Serguei Eisenstien « le Cuirassé Potemkine », offrent le miroir d’une humanité tiraillée, en proie à des cauchemars lancinants. L’admirable Crucifixion de 1944 « Three Studies for Figures at the Base of a Crucifixion » de la Tate d’une intense dramaturgie ouvre à l’abime du réel, cette vérité qu’il traque sans relâche, osant la figuration à une période où les autres artistes s’y refusent. « Il s’agit pour moi, explique- t-il, quand j’affronte la peinture, de dresser un piège au moyen duquel je veux saisir un fait à un point le plus vivant ». On peut alors citer Vélasquez, Van Gogh et Picasso, les lutteurs de Muybridge, l’ivresse de la couleur, la place du hasard…, il n’est plus bientôt question que d’une chose : le corps. Ce défi à chaque fois rejoué dans un espace mental de l’ordre de l’enfermement et d’une trivialité déconcertante. Cette tâche qui ouvre la voie et la chair qui surgit, offerte et inutile. Ni mort, ni vif, humain trop humain. Repoussant et exaltant. Tragique.

INFORMATIONS PRATIQUES

Bacon en toutes lettres

Jusqu'au 20 janvier 2020

Centre Pompidou

Galerie 2 – Niveau 6

Place Georges-Pompidou

75004 Paris

https://www.centrepompidou.fr

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17 mai 2014

Pierre Sage (photographe) expose au Festival Européen de la Photo de Nu (derniers jours)

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http://www.pierre-sage.com/

"Elégance" Mettre en valeur la féminité, l'élégance sensuelle et la volupté est le seil leitmotiv de Pierre Sage. Une ligne directrice sur laquelle il exprime sa vision de la sensualité dans des lieux de vie et des athmosphères chargées d'une envie de sublimer la féminité. Toujours dans l'idée de capter une part de fragilité, de sensibilité et de douceur mêlées à une puissance érotique.

Reportage photographique réalisé avec mon nouveau boitier Nikon D5300 et un objectif 18/300

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Byung Kwan Jin (photographe) expose au Festival Européen de la Photo de Nu (derniers jours)

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http://www.bkjin.com/

"Affirmer". Affirmer c'est soutenir qu'une chose est vraie. Le corps humain est pour moi une source d'inspiration artistique. Le nu, qu'on appelle familièrement "le plus simple appareil" m'apparait comme un poème sans parole mais riche d'expression. Byung Kwan Jin.

Reportage photographique réalisé avec mon nouveau boitier Nikon D5300 et un objectif 18/300. Jacques Snap.

7 novembre 2019

Le Centre Pompidou s’installe à Shanghai

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Après l’Espagne, à Malaga, et la Belgique, au cœur de Bruxelles, le Centre Pompidou s’implante en Chine, à Shanghai dès le 8 novembre.

Le 19 décembre 2018, le West Bund Group (entreprise publique en charge du développement, de l’exploitation et de la gestion des berges du district de Xuhui) et le Centre Pompidou signaient un contrat de cinq ans (renouvelable) scellant leur partenariat pour la création du Centre Pompidou x West Bund Museum Project. Moins d’un an plus tard, l’institution ouvre ses portes dans un bâtiment de vingt-cinq mille mètres carrés construit par l’architecte britannique David Chipperfield, situé sur la rive nord du fleuve Huang Pu. « Le Centre Pompidou a depuis longtemps de nombreux échanges et coopérations avec la Chine, et la collection comporte aujourd’hui plus de deux cents œuvres réalisées par près de cent vingt artistes chinois ou nés en Chine, datant des années 1930 à nos jours et couvrant tous les médiums », explique Serge Lasvignes, le président de l’établissement. Composé de trois volumes de galeries aux lignes pures, déployées sur deux étages et articulées autour d’un hall central, l’édifice est inauguré avec un parcours semi-permanent (il sera renouvelé tous les six mois) intitulé « The Shape of time ». Il réunit une centaine de peintures, de sculptures, de photographies et d’installations des XXe et XXIe siècles prêtées par le Centre Pompidou (Paris). En dix chapitres, l’accrochage propose une réflexion sur le temps et sa représentation dans les arts visuels européens (Pablo Picasso, Sonia Delaunay, Cy Twombly, Christian Boltanski, Gerhard Richter…) et chinois (Zhang Huan, Ding Yi, Zao Wou-Ki, Cai Guo Qiang…). En parallèle, la première exposition temporaire met en lumière la collection Nouveaux Médias du Centre Pompidou, à travers une sélection d’une vingtaine de pièces vidéo et numériques signées Bruce Nauman, Joan Jonas, Pierre Huyghe ou encore Ryoji Ikeda.

Guillaume Morel

Journaliste

1 juin 2017

ARLES - Annie Leibovitz, les premières années 1970-1983, à la Fondation Luma

C’était vendredi dernier, le 26 mai. Il était 19 heures dans la grande Halle des ateliers d’Arles. Le vernissage de la première exposition des archives d’Annie Leibovitz récemment acquises par la fondation Luma de Maja Hoffmann. La présentation est fabuleuse, elle fait partie de ces expositions de légendes qui demeureront dans l’histoire pour leur créativité, leur originalité et leur richesse : quelques centaines d’images exposées dans une dizaine de salles sur près de mille mètres carrés. Un parcours initiatique qui retrace les dix premières années d’Annie à Rolling Stone. Bref, l’histoire d’un magazine mythique, d’un génie du journalisme, son fondateur Jann Weiner, et d’une gamine passionnée de photographie qui allait devenir l’un des plus grands témoins privilégiés de son époque. Au fil des salles, des images et des années qui s’égrènent… On y découvre l’extraordinaire complicité et intimité qui se développent entre Annie et ses sujets, qui ne sont autres que les idoles mythiques des années 70. Et, dans la dernière salle, la mutation a lieu : Annie cesse d’être témoin, elle devient interprète : le noir et blanc devient couleur, le 24/36 devient carré. Annie ferme la page, quitte Rolling Stone et entre à Vanity Fair ! A suivre probablement l’année prochaine au même endroit…Jean-Jacques Naudet

Annie Leibovitz, Les premières années : 1970 – 1983. Archive Project #1

Du 27 mai au 24 septembre 2017

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13200 Arles

France

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1 juin 2017

"L'Amant double" toujours en salles...

Cannes 2017 : Jérémie Renier, « en résonance »

Par Laurent Carpentier

Rencontre avec le comédien à l’affiche de « L’Amant double », film de François Ozon en compétition officielle au Festival de Cannes, dans lequel il interprète deux jumeaux.

Il ne s’en rappelle pas. Pourtant, il a déjà joué un jumeau. Bien avant L’Amant double de François Ozon, dans lequel on le retrouve aujourd’hui en compétition officielle au Festival de Cannes. C’était il y a dix ans dans Nue propriété de Joachim Lafosse, un double qui s’aime et se détruit.

Sauf qu’alors, le jumeau de Jérémie Renier était interprété par son frère dans la vraie vie, Yannick, de six ans son aîné. C’est sur ce tournage qu’ils ont découvert le plaisir de travailler ensemble (« On a le même humour mais pas les mêmes angoisses », dit-il) et mis en chantier leur premier long-métrage qui devrait sortir en janvier 2018, sur la « sororité » : deux sœurs, qui exercent le même métier, actrice. Son titre : Carnivores.

C’est à ce moment-là qu’il a reçu le coup de fil de François Ozon. « Souvent, j’ai remarqué qu’on me proposait des films qui avaient un rapport direct avec ce que j’étais en train de vivre, sourit-il, accoudé à la fenêtre, pieds nus, une cigarette au bec. Est-ce que c’est une énergie ? Ou le hasard ? Je ne sais pas, mais souvent il y a une résonance. »

Des jumeaux, Paul et Louis, psychanalystes, l’un est un ange, l’autre un diable. Ils partagent une patiente, Chloé qui est aussi leur amante. « Je sortais de mon tournage à moi, et je n’avais pas spécialement envie de jouer. Le côté thriller érotique demandait d’y aller à fond. Certes c’est un cadeau de pouvoir jouer comme ça deux personnages dans un film mais je crois que je ne l’aurais pas fait si cela n’avait pas été François », dit-il.

« Bouffées d’oxygène »

Jérémie est seul dans sa chambre. Pas plus de « gentil » Paul dans le fauteuil, que de « méchant » Louis allongé sur le lit, ces deux caractères complexes qu’il cisèle dans le film au point de nous perdre – malice du réalisateur et de son acteur.

« Avec François on aime jouer, se charrier, se titiller. Dès le premier film, Les Amants criminels, les tournages ont été des bouffées d’oxygène. Pourtant : à 17 ans, me trimballer en caleçon, accroché à une laisse, tirée par Miki Manojlović, ce n’était pas forcément évident. Mais il y a toujours quelque chose de l’amusement. Avec François Ozon, on est là pour essayer, pas pour souffrir. Avec lui, j’ai l’impression de pouvoir être moi, dans ma bêtise, dans le côté enfantin du jeu, le côté tactile, sans qu’il y ait des choses étranges ou mal perçues. »

« Jérémie, c’est un peu comme mon petit frère, assure le réalisateur. Pour L’Amant double, il n’était pas mon premier choix justement sans doute pour ça : parce que je voyais d’abord l’enfant chez lui. C’est notre troisième film ensemble mais on lui a fait passer un casting. Et j’ai été bluffé. Il a acquis une maturité, une virilité que je ne voyais pas. Comme tous les grands acteurs, il est à l’aise avec le fait d’être érotisé. Il me fait penser à Michael Fassbender avec qui j’ai travaillé sur Angel. Ce besoin de s’engager physiquement. Son corps, il le donne. S’il comprend pourquoi. »

La dernière fois qu’on l’a vu au cinéma, Jérémie Renier était brun avec une barbe. C’était en 2016 dans La Fille Inconnue – à Cannes toujours et avec les frères Dardenne encore – ces faux jumeaux du cinéma belge avec qui il a tourné cinq films, dont celui qui l’a fait débuter, La Promesse. C’était en 1996. Il avait 15 ans. « On avait débarqué sur la Croisette au dernier moment avec les bobines dans un vieux van, sourit-il à ce souvenir. J’étais très timide. » Deux ans plus tard, il est avec son slip et sa laisse dans Les Amants criminels d’Ozon.

« Le travail de toute une vie »

Depuis on l’a vu chez Gans, Guirado, Assayas, Trapero… Il est devenu Claude François dans Cloclo de Florent Emilio Siri, et Pierre Bergé dans Saint Laurent de Bertrand Bonello… Des rôles de composition. « Il y a des acteurs qui ont une personnalité très forte, avec laquelle ils jouent. Moi peut-être que je n’ai pas cet atout-là alors je vais aller explorer des personnages, dit-il. Je suis fasciné par un acteur comme Philip Seymour Hoffman qui arrive à faire oublier sa composition tant il est ses personnages. »

Le thème du jumeau est un classique au cinéma, de Pierre Richard à Tilda Swinton dans Okja (présenté en compétition). Pour préparer son rôle, il a revu Jeremy Irons dans Faux-Semblants de David Cronenberg, Armie Hammer et Josh Pence dans The Social Network de David Fincher, Tom Hardy dans Legend de Brian Helgeland.

« Dans le travail que j’ai fait pour rechercher ce personnage, enfin ces deux personnages, je me suis inventé des histoires. Est-ce qu’ils sont deux, est-ce qu’il est seul et double, est-ce qu’il se joue d’elle ou est-il le reflet de son regard à elle… C’est pourquoi, pour moi, ce film parle aussi du couple. De comment on voit l’autre, comment on se voit à travers lui, les manques. Chloé, c’est comme si elle construisait son fantasme de l’homme, celui qui remplirait toutes les cases. »

Le confort et le désir. Sur sa table de nuit : 24 heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig. Lui qui dit s’être lancé dans le cinéma parce qu’il avait « un appétit de vie plus grand que ce qu’[il] vivait à l’école » se dévoile avec délicatesse, en cherchant ses mots, sans trop en dire mais en cherchant toujours la sincérité : « On a commencé à tourner à un moment de ma vie où je me posais des questions sur moi-même, et je me suis dit que j’étais un peu des deux sans doute. Paul et Louis. Quelqu’un de doux, d’attentionné, de généreux, mais peut-être aussi avec une partie d’ombre qui pourrait avoir envie de posséder, de détruire. Cette face-là, on a du mal à la voir, à la regarder en face. Au début, j’ai pensé : Paul il va être ennuyeux parce que c’est le gentil. En fait, à l’arrivée je me demande si Paul n’est pas plus complexe que Louis. Sait-on jamais qui on est réellement ? C’est le travail de toute une vie. »

Lui qui partage désormais sa vie entre Valence en Espagne « où j’ai mes enfants » – Arthur et Oscar, 16 et 11 ans – et son ex-femme, Bruxelles « où j’ai ma famille », et Paris « où je travaille », regarde longuement sa main avant d’expliquer : « Le fait d’être acteur permet d’explorer des recoins de son âme. Parfois, je me demande ce que traverser toutes ces vies provoque dans notre métabolisme neurologique, et comment le cerveau fait la différence entre ce qu’on lui propose de vivre à travers un personnage et ce que l’on est. »

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1 juin 2017

C'était à Cannes.... il y a une dizaine de jours

La photo du jour à Cannes: Bella Hadid, reine de l'amfAR JOUR 10 - À l'occasion de la 70e édition du Festival de Cannes, Le Figaro et Getty Images vous dévoilent chaque jour une photographie marquante prise sur la Croisette, commentée par son auteur.

Pour cette édition anniversaire du Festival de Cannes, les photographes de l'agence Getty Images seront partout pour dénicher les meilleurs moments de cet événement de référence et partageront chaque jour une photo et ses coulisses parmi les 20.000 prises par jour.

Bella Hadid par le photographe Pascal Le Segretain

 

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«Bella est arrivée à la soirée annuelle de l'amfAR dans une robe sublime. Elle a accepté de poser un peu à l'écart de la foule dans l'exceptionnel site de l'Hôtel du Cap. Mannequin professionnelle, elle pose naturellement pour mettre en avant sa robe magnifique.»

29 mai 2017

Realpolitik - Edito de Henri Vernet – Le Parisien

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En l’espace de quelques jours, de Bruxelles au château de Versailles en passant par la Sicile, Emmanuel Macron a installé son style diplomatique : retour à la realpolitik. Face à Poutine, ce lundi, c’était flagrant. De l’accueil majestueux en ce lieu symbolique de l’amitié entre les rois et les tsars de jadis, à la volonté affirmée de renouer le dialogue et travailler avec le maître du Kremlin, Macron fait exactement le contraire de ce que faisait son prédécesseur et mentor Hollande, qui, lui, ostracisait Moscou. Pour une raison simple. Sur la Syrie, comme sur le dossier empoisonné pour l’Europe de l’Ukraine, le jeune président applique un vieux principe : c’est avec ses ennemis qu’il faut parler si l’on veut trouver une solution. Avec l’autocrate Poutine, comme avec l’imprévisible Trump, Macron choisit le rapport direct, d’homme à homme. Cela n’empêche pas d’asséner quelques vérités, par exemple lorsqu’il a dénoncé devant son homologue russe les « organes d’influence et de propagande » Russia Today et Sputnik, chers à Vladimir Poutine. De même lui assure-t-il qu’il restera vigilant sur les droits de l’homme. Certes, il faut maintenant que cette realpolitik donne des résultats. Pour le président-diplomate, ce sera l’épreuve de vérité.

3 novembre 2019

Chronique - Sexualité lesbienne, sexualité modèle

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Par Maïa Mazaurette

Si elles sont le plus grand fantasme du monde, les lesbiennes sont aussi les meilleures amantes, nous explique la chroniqueuse de La Matinale Maïa Mazaurette (chiffres à l’appui), qui appelle les hétéros, hommes et femmes, à s’en inspirer.

Ces dernières années, la catégorie « lesbienne » est systématiquement arrivée en tête des préférences des utilisateurs de Pornhub, la plus grosse plate-forme pornographique du monde. 2018 n’a pas fait exception. La France non plus. A priori, 2019 devrait suivre la tendance. « Lesbienne » n’est pas seulement un fantasme de mâle hétérosexuel : c’est aussi le mot le plus recherché par les femmes.

A ce titre, on pourrait avancer que la lesbienne incarne le fantasme le plus excitant du moment – et conséquemment, le sociotype le plus outrageusement sexualisé (au point qu’il a fallu attendre tout récemment pour que Google France cesse de renvoyer la requête « lesbienne » uniquement à des contenus pornos). Bon. Voilà qui pose une solide réputation !

Comment expliquer ce succès ? Fascination, curiosité, préférence pour la représentation des corps des femmes (qui seraient « plus jolis »), inclination pour les contenus considérés comme intrinsèquement plus tendres ? Sans doute un peu de tout ça.

Mais outre cette puissance dans les représentations, les lesbiennes « gagnent » aussi sur le terrain des pratiques. 86 % d’entre elles ont toujours ou souvent des orgasmes, contre 65 % des hétérosexuelles et 66 % des bisexuelles (Chapman University, 2017). Plus de 25 000 femmes ont été interrogées pour obtenir ces chiffres, rendons-nous donc à l’évidence : les lesbiennes sont le plus grand fantasme et les meilleures amantes du monde.

Stéréotypes

Ce qui n’empêche nullement les représentations associées à leurs techniques sexuelles de se situer dans une binarité fem/butch digne des années 1980 : à ma gauche, des caresses saphiques éthérées exécutées dans des champs d’orchidées, à ma droite, des orgies cuir et godemiché débridées dans des donjons. Pratiquées, à ma gauche, par de glabres gazelles androgynes (avec une alouette tatouée au creux des reins), à ma droite, par de vieilles amazones rêches comme du papier de verre (avec un sécateur tatoué sur la cicatrice de la mastectomie ?).

Ces stéréotypes révèlent la persistance d’une pensée binaire (« qui fait l’homme, qui fait la femme »), qui oscille entre répulsion (« c’est dégueulasse ») et idéalisation (« les femmes ont des orgasmes plus intenses, longs et transcendants que les hommes »). Pendant ce temps, selon SOS-Homophobie, la lesbophobie fait des ravages : + 66 % d’agressions physiques entre 2017 et 2018. On n’est pas sortis du « gazon maudit » de l’auberge.

Venons-en donc au cœur du sujet : les lesbiennes ont rarement des pénis (« rarement » parce que l’anatomie ne fige pas l’identité, comme le démontrent, par exemple, les trans). Cette sexualité a priori sans pénis produit davantage d’orgasmes que la sexualité avec pénis. Comment ça marche ? Qu’est-ce qu’on fait ? Quel est le secret ?

Eh bien, pour commencer, reprenons le paragraphe ci-dessus et coupons-lui son phallocentrisme implicite : la sexualité des lesbiennes n’est pas une sexualité « sans ». Les femmes ont un sexe (même si cette information a un peu de mal à entrer dans la tête des psychanalystes de la vieille école). Nous en parlions la semaine dernière, dans la chronique dédiée aux zones érogènes : les femmes ont même, culturellement, plus de sexes que les hommes. Grâce à leur merveilleuse complexité, elles peuvent combiner ou décombiner les zones explosives que sont le clitoris, le vagin, l’anus, les seins, la bouche, les lèvres et, qui sait, les coudes et les omoplates.

Largement au-delà des standards hétérosexuels

Qu’en font-elles ? Selon une enquête de la marque de sextoys lesbiens WetForHer (réalisé parmi près de 2 500 clientes), c’est au niveau de la durée du rapport que les différences sont les plus spectaculaires. La moitié des lesbiennes ont des rapports compris entre une demi-heure et une heure, et 14 % font l’amour durant plus d’une heure. Nous sommes largement au-delà des standards hétérosexuels.

Cette durée n’est pas compensée par une moindre fréquence. Le cliché du couple lesbien installé dans un compagnonnage asexué a du plomb dans l’aile : les deux tiers des femmes interrogées ont des rapports au moins une fois par semaine. C’est parmi les lesbiennes qu’on trouve le moins de femmes qui accepteraient de vivre dans un couple qui ne fait plus l’amour.

Au niveau des « sources » de la jouissance, on ne sera pas surpris d’apprendre que les lesbiennes utilisent les organes les plus efficaces : 96 % d’entre elles ont un orgasme par stimulation clitoridienne, 57 % par stimulation vaginale, 6 % par stimulation anale. Elles s’en portent bien puisque en France, 75 % d’entre elles sont épanouies sexuellement (contre 65 % en Angleterre).

Au niveau du répertoire comme des connaissances, c’est bien simple, les lesbiennes gagnent sur toute la ligne : 100 % d’entre elles se sont déjà masturbées (Ifop, 2019), contre 77 % des hétérosexuelles ; 91 % disent bien connaître leur corps (79 % des hétéros) ; 77 % ont déjà regardé du porno (47 % des hétéros), 56 % ont déjà utilisé un sextoy (44 % des hétéros). Elles sont en outre plus nombreuses à avoir expérimenté – et à continuer d’expérimenter, de manière active ET passive – le plaisir anal (de la sodomie à l’insertion d’un doigt, sans oublier la caresse de la langue).

Et la pénétration, dans cette histoire ? Elle fait partie de la boîte à outils, pratiquée avec les mains, la langue, des harnais, des godemichés simples ou à double embout, vibrants, munis d’une extension qui touche le clitoris, etc. Ces sextoys « pénétratoires » n’imitent d’ailleurs pas forcément le pénis : le modèle emblématique est celui qui « prolonge » les doigts, mais si vous préférez les aubergines ou les cornes de licornes, pas de souci. Et puisqu’on parle de pénis, n’oublions pas que 64 % des lesbiennes ont déjà eu des rapports avec des hommes… bon, en revanche, seules 20 % ont aimé ça (ce qui n’est finalement pas un si mauvais score).

Quid de la fameuse technique des ciseaux, qui avait fait polémique lors de la sortie du film d’Abdellatif Kechiche La vie d’Adèle (Palme d’or du festival de Cannes en 2013) ? Julie Maroh, l’auteure de la bande dessinée Le bleu est une couleur chaude dont s’est inspiré Kechiche, évoquait alors sur son blog « un étalage brutal et chirurgical, démonstratif et froid de sexe dit lesbien, qui tourne au porn ». Eh bien, ce scissoring, comme disent les Anglo-Saxons (tribadisme en français), fait partie d’un ensemble de pratiques consistant à mettre en contact et frotter les vulves (vous pouvez consulter la page Wikipédia dédiée). Certaines lesbiennes aiment ça, d’autres pas. Tout simplement parce que « la » lesbienne n’existe pas.

Enfin, les premières concernées s’organisent pour transmettre leurs savoirs et leurs fantasmes : sur Amazon, la requête « KamaSutra lesbien » propose 18 pages de résultats, tandis que, sur Google, « how to have lesbian sex » renvoie à 445 000 pages web. Cette inventivité se partage également par des comptes Instagram (comme le très beau Sapphosutra, sur abonnement), ou des guides pratiques en ligne (si vous lisez l’anglais, je recommande Autostraddle).

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Souvent invisibilisées

Cette transmission est fondamentale pour deux raisons : 1) les lesbiennes sont souvent invisibilisées, 2) leur sexualité est (le plus) souvent représentée par et pour des hommes hétérosexuels. En conséquence de quoi les débutantes et aspirantes lesbiennes ne savent pas toujours quoi faire avec une femme.

Pour les novices, les enthousiastes et les curieux, mentionnons l’inauguration, ce jeudi, d’un site français d’éducation à la masturbation féminine. Climax se compose de dix-sept vidéos courtes et très explicites. On y apprend, statistiques, commentaires et gros plan à l’appui, comment se donner du plaisir (et donc, a priori, comment donner du plaisir à une autre femme). Soit dit en passant, quelques vidéos sont destinées aux hommes désireux de s’instruire (le site est destiné à tous les publics).

Résumons les enjeux : les lesbiennes sont « le » fantasme, d’accord. Mais par définition, ce fantasme est inaccessible aux hommes et aux femmes hétéros. Reste un sympathique lot de consolation : pourquoi ne pas s’inspirer des recettes de leur succès ? C’est simple : débarrassons nos sexualités, non pas de l’hétérosexualité, mais des obligations liées à l’hétérosexualité. Cassons le moule. Oublions les figures imposées, oublions qui fait l’homme, qui fait la femme. Réfléchissons hors des codes, avec et au-delà du pénis, avec et au-delà du répertoire traditionnel. Hommes, femmes, tous ensemble : révélons la lesbienne en nous !

27 mai 2017

Cannes 2017. «Cher François Ozon...» lettre ouverte au réalisateur de «l'Amant double»

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Le réalisateur ferme le ban des quatre films français en lice pour la Palme d'or. Notre critique Pierre Vavasseur ne la lui accordera pas pour «l'Amant double».

Vous revoici donc aujourd'hui à Cannes, dans les plus jolies conditions puisque vous concourez en compétition officielle, invité à fermer le ban de la sélection française. Félicitations. Votre film, qui sort ce même jour sur les écrans, est une comédie non romantique avec des accents de thriller mental saupoudré de gore. Il est librement adapté d'un ouvrage de la romancière new-yorkaise Joyce Carol Oates qu'elle avait d'ailleurs signé sous pseudo. Avant vous, en 1988, le cinéaste américano-canadien David Cronenberg en avait tiré «Faux-semblants», avec Geneviève Bujold et Jeremy Irons. Vous avez choisi Marine Vacth, révélée par vos soins en 2013 dans «Jeune et Jolie», et un autre Jérémie en la personne de Jérémie Renier. Le thème est fort : il s'agit de la gémellité cannibale. Comment des jumeaux se font la guerre dès la conception. Puis, s'ils s'en sont sortis, se jalousent entre eux. Ça, c'est le fond du problème, et il est sanglant. Tout commence par une rencontre entre une jeune femme dépressive, Chloé, et son psy, Paul, qui en tombe amoureux. Ils s'installent ensemble. Mais par hasard, Chloé croit apercevoir Paul dans Paris. Il lui assure qu'il a passé la journée à l'hôpital en compagnie de ses patients.

Cher François, vous avez fait de si belles choses, si délicates, telles ce «Frantz», onze fois nommé lors des derniers César. Mais je déteste votre film. Plus j'y ai pensé et repensé, plus je m'en suis éloigné. Il m'est lentement apparu comme la représentation tordue que vous avez des femmes. Ce désir de les débarrasser de la grâce et de l'amour qu'elles sont en droit d'inspirer. Marine Vacth est l'une de nos plus belles et troublantes actrices. Déjà, dans «Jeune et Jolie», vous en faisiez un miroir froid de vos fantasmes. Une prostituée sans tendresse. Dépucelée sans amour. Je ne vous parle pas de morale, je vous parle d'image.

 Vous auriez préféré naître d'un homme.

«Une nouvelle amie», en 2014, avec Romain Duris réincarnant son épouse disparue, avait aussi cette brûlure dérangeante et glacée, étanche aux sentiments. Vous n'aimez pas la douceur, François. Vous profitez de votre art pour l'assassiner. En faisant semblant d'aimer les femmes, de leur rendre hommage, vous nous empapaoutez. Ce ne sont pour vous que de charmants papillons de nuit. Avec le recul, «Huit Femmes» est d'une acidité totale dissimulée derrière une affectation acidulée. Ce n'est pas un film sur la féminité, c'est un film en couleur.

Mais avec «l'Amant double», vous vous lâchez pour de bon. Séquence générique : les longs cheveux de Marine Vacth sont coupés avec application. La caméra y prend son plaisir. Votre actrice, qui a pour elle de renverser le monde, de le mener par le bout du nez, vous l'aimez pour une seule raison : son personnage est une proie, une victime, une soumise, une violée consentante. Elle ne peut jouir que dévastée. Vous montrez son vagin en gros plan chez la gynéco. On a le nez dedans.

Plus tard vous récidivez : palpitation des lèvres et du désir. C'est 20 000 lieues sous la mère monstrueuse qu'elle est amenée à devenir. Reconnaissez-le, François. Vous n'aimez pas les femmes. Elles sont la transcription de vos peurs, voire de votre dégoût d'avoir été enfanté par l'une d'elles. Vous auriez préféré naître d'un homme. Et pourquoi ce plan sur le visage de Jacqueline Bisset qui, presque déformée par la focale et les insultes qu'elle profère, semble si laide... Vous voyez ? Si j'étais une femme, je serais accablée par ce que vous montrez de moi.

«L'Amant double», drame français de François Ozon, avec Marine Vacth, Jérémie Renier, Jacqueline Bisset, Myriam Boyer... 1 h 47. Sortie en salles vendredi 26 mai.

Le Parisien

27 mai 2017

En tyrolienne à 90 km/h depuis la tour Eiffel

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Installée durant toute la deuxième semaine de Roland-Garros, la tyrolienne sera gratuite.

Pour Roland-Garros, le groupe Perrier s’offre un beau coup de pub en vous faisant survoler… le Champ-de-Mars.

Une minute de vol à 90 km/h, 800 m de parcours en tyrolienne, 100 m de dénivelé… Sacré vol plané que celui que vous pourrez tenter la semaine prochaine, à partir du 2 e étage de la tour Eiffel (VII e) en direction de l’Ecole militaire, si vous rêvez de vivre ce que peut vivre… une balle de tennis ! Clin d’œil ultra-sportif au tournoi de Roland-Garros qui va commencer ce week-end, ce vol extraordinaire, imaginé par l’un des sponsors historiques du tournoi de la porte d’Auteuil (XVI e), le groupe Perrier, permettra aux plus intrépides de s’élancer de 115 m de haut pour atterrir à 17 m, de l’autre côté du Champ-de-Mars. Un beau « smash », comparable à celui d’une balle de tennis frappée sur le court central, et qui donne son nom à cette animation gratuite organisée durant toute la deuxième semaine de Roland-Garros. Pendant que les uns s’affronteront sur la terre battue, d’autres la survoleront entre la tour Eiffel et l’Ecole militaire.

Beaucoup d’appelés, peu d’heureux élus

Pour participer (attention il faut avoir plus de 18 ans), les inscriptions en ligne seront ouvertes dès lundi prochain sur le site Internet de l’entreprise. Remplissez le formulaire, choisissez votre créneau horaire et croisez les doigts pour le tirage au sort qui désignera les chanceux attendus pour le grand saut. D’autres vols sont également en jeu sur Twitter jusqu’à dimanche. Les 50 personnes qui tweetent le plus de #SmashPerrier #prems gagnent également leur visa pour leur place en tyrolienne-fusée.

Dans le passé, la tour Eiffel a déjà accueilli des événements exceptionnels comme en 2010 avec le saut en rollers sur une rampe de Taïg Khris du premier étage, ou plus récemment la présence d’un bateau du Vendée Globe aux couleurs du Mécenat chirurgie cardiaque. Depuis hier et jusqu’à dimanche, deux tapis de lutte sont installés au niveau 1 et vous pouvez vous initier à ce sport de 11 heures à 19 heures avec les membres de l’équipe de France. La tour Eiffel, malgré ses 128 ans, n’en finit pas de nous surprendre et d’innover.

24 mai 2017

TRUMP au Vatican...

C'est peu dire que la rencontre entre le président américain et le chef de l'Église catholique était attendu. Les photos de leur rencontre montrent que sa Sainteté n'était pas particulièrement en joie...

Les photos de la rencontre très attendue entre Donald Trump et le pape François au Vatican font le tour du monde. Si l'on se fie au regard du souverain pontife, l'entrevue de 28 minutes a duré 27 minutes et 55 secondes de trop.

La Maison Blanche n'a pour l'instant pas communiqué sur la teneur des échanges entre le président américain et le Pape, mais les deux hommes ne se portent pas en haute estime depuis plus d'un an.

Durant la campagne présidentielle américaine, et durant les premiers mois du mandat de Donald Trump, le pape François n'avait pas hésité à dénoncer les choix politiques de la nouvelle administration. En février 2016, Trump avait qualifié de "disgraceful" (honteux) les commentaires du pape François qui estimait qu'"une personne qui pense seulement à construire des murs, encore et encore, et non des ponts, n'est pas chrétienne".

Ceci explique peut-être cela 

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31 octobre 2019

«Valeurs» du président actuel

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Emmanuel Macron s’exprime sur l’immigration, le voile, l’islam… dans Valeurs actuelles, organe central de la droite silex. Il défend ses positions chez l’adversaire, dit-il. Comme s’il allait, exemples imaginaires, faire l’éloge de la chasse à courre dans Végan magazine ou parler du grand âge dans Fripounet et Marisette. C’est un genre.

«Il faut parler à tous les Français», dit-on à l’Elysée. Certes, mais le Président était resté plutôt discret sur ces sujets face à «tous les Français», justement. Il s’épanche soudain dans un hebdo d’extrême droite. Serait-ce à ses yeux le journal de «tous les Français» ? Ou bien devrait-il le devenir, obligeant «tous les Français» à acheter ce numéro de Valeurs actuelles, remarquable coup de pouce commercial ?

Apparemment, le Président entretient avec cette rédaction des rapports plus cordiaux qu’avec bien d’autres. Certes, il défend sur l’immigration des positions différentes, qu’on connaissait pour l’essentiel – «humanité mais fermeté». Mais il lâche au passage deux concessions un peu gênantes. Les associations de défense des migrants sont qualifiées de «droit-de-l’hommistes», terme péjoratif inventé naguère par Jean-Marie Le Pen. Faudrait-il se méfier des droits de l’homme ? La mère voilée du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, humiliée en public, serait, selon Macron, proche de l’islam politique et l’élu frontiste se serait fait «coincer». Drôle de réflexion : la mère en question, quelles que soient ses opinions, était dans son bon droit. Rien ne justifiait l’agression verbale de l’élu RN (que Marine Le Pen a d’ailleurs désapprouvée). Contamination inconsciente ?

Il faut craindre qu’il y ait là, non pas un paradoxe, mais une convergence d’intérêts. On en trouve la clé dans le sondage réalisé par Elabe pour BFM, publié mercredi. Sondage un peu théorique, puisqu’il mesure des intentions de vote à la présidentielle deux ans et demi avant le scrutin, ce qui transforme la marge d’erreur en gouffre abyssal. Mais cette photographie prématurée dessine tout de même un paysage, serait-il éphémère. Deux forces politiques émergent de l’enquête, toutes deux proches de 30% dans les intentions de vote : le RN et LREM. Les autres, LR, LFI, les Verts ou le PS étant ramenés à des dimensions lilliputiennes. Ce n’est plus Jupiter, c’est Gulliver…

Angoissant sondage quand on y pense : il programme un deuxième tour Macron-Le Pen en 2022. Bis repetita. Avec cette différence : privé de la séduction de la nouveauté, Macron arriverait très impopulaire dans le sprint final, à gauche notamment, et tout autant dans les classes populaires. Il serait donc sauvé par défaut : encore une fois, l’électeur non-macroniste voterait Macron, non pour approuver le sortant, mais pour barrer la route à son adversaire. Carte forcée qui risque d’indisposer fortement les antilepénistes non-macroniens. Le danger se voit comme le nez au milieu de la figure : une abstention massive, qui accroîtrait d’autant les chances de la candidate RN, surtout si elle a l’intelligence, tel Raminagrobis, de rentrer ses griffes le temps d’un vote. Le tête-à-tête Macron-Valeurs actuelles annonce, favorise, banalise le tête-à-tête centre droit-extrême droite qui élimine droite et gauche d’un seul mouvement. Le calcul a marché deux fois, pour Chirac en 2002, pour Macron en 2017. Tenter le diable une troisième fois, ce n’est plus de la stratégie. C’est de la roulette russe.

LAURENT JOFFRIN - Libération

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25 mai 2017

Dominique Douieb expose au Salon de la Photographie Contemporaine - Place St Sulpice

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Salon de la photographie contemporaine - Place St Sulpice. Le Salon de la Photographie Contemporaine de la place Saint-Sulpice dans le 6e arrondissement revient les 24 et 25 mai 2017. Ne manquez pas de venir découvrir une centaine d’artistes – photographes français et étrangers, confirmés et débutants, méconnus du grand public, qui seront peut-être les talents de demain…

BIO : Après de nombreux assistanats sur des commandes publicitaires, et de multiples voyages auprès de «Hyppe » photographe et réalisateur. Le vide culturel que représentait le retour à la maison devenait bien trop plat. C’est ainsi qu’à l’âge de trente deux ans, j’ai réalisé mes premiers travaux personnels qui m’amènent à réaliser beaucoup de photos de mode, catalogues, affiches, etc… Et me propulse dans un monde publicitaire que je quitte en 2000 pour me consacrer exclusivement à mon travail photographique. Depuis, trois esprits d’images dominés par les « Opalines » sont travaillés et repensés chaque année. Les « Opalines » demeurent avec toute l’énergie et l’intimité qu’elles dégagent des images uniques.

http://www.dominicdouieb.com/

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24 mai 2017

Daiane Soares expose au Salon de la Photographie Contemporaine - Place St Sulpice

Salon de la photographie contemporaine - Place St Sulpice jusqu'à 22 heures ce soir. Le Salon de la Photographie Contemporaine de la place Saint-Sulpice dans le 6e arrondissement revient les 24 et 25 mai 2017. Ne manquez pas de venir découvrir une centaine d’artistes – photographes français et étrangers, confirmés et débutants, méconnus du grand public, qui seront peut-être les talents de demain…

http://www.daianesoares.com/

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Photo prise ce soir (24 mai) Place St Sulpice. J'avais déjà rencontré Daiane Soares au Musée de l'Erotisme en novembre 2013

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28 octobre 2019

Critique - Arts : Toulouse-Lautrec, l’irrévérencieux

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Par Harry Bellet

Au Grand Palais, à Paris, une exposition passionnante montre l’inventivité formelle du peintre, indifférent aux conventions et aux classes sociales.

Pourquoi aller au Grand Palais voir ce qu’offre le magnifique Musée Toulouse-Lautrec d’Albi, la file d’attente en moins ? C’est la question qui se posait lors de la dernière rétrospective de l’artiste à Paris, en 1992. Elle n’a pas lieu d’être dans celle-ci. Certes, les prêts d’Albi sont nombreux et généreux. Mais Danièle Devynck et Stéphane Guégan, les commissaires de la présente exposition, en ont obtenu bien d’autres (200 œuvres en tout) et les toiles sont venues du monde entier constituer une exposition passionnante. On a jugé inutile cette fois de reconstituer les canapés du bordel de la rue des moulins… Ici, il s’agit de montrer l’artiste, et quel artiste ! On sort au moins convaincu d’une chose : sans Lautrec, le jeune Pablo Picasso aurait tâtonné bien plus longtemps, et beaucoup d’autres comme lui.

Lautrec est un aristocrate : la lignée des comtes de Toulouse remonte aux Carolingiens. Il peut avoir parfois l’autorité de sa caste, il en a aussi le dédain des conventions. Son ami Thadée Natanson – dont est réédité fort à propos le Un Henri de Toulouse-Lautrec [le 16 octobre aux éditions de la Réunion des musées nationaux] – raconte, dans ses souvenirs, l’anecdote du père d’Henri, assis à table à côté d’un archevêque, et regrettant à haute voix l’époque où un Toulouse-Lautrec pouvait, si tel était son bon plaisir, galipoter un moine et le faire pendre ensuite…

Lautrec est aussi à bonne école, pour ce qui concerne son éducation artistique. « Le milieu familial est féru d’art, explique Stéphane Guégan, mais d’art animalier. Le père est un cavalier accompli, ami du peintre René Princeteau qui représente les courses comme personne. Mais c’est aussi, et pour ces raisons, un homme qui s’intéresse à la chronophotographie telle que la pratique Muybridge, laquelle permet de fixer la décomposition des mouvements. »

Lautrec n’oubliera pas cette leçon-là, pas plus que celles reçues cinq ans durant dans l’atelier de Fernand Cormon, où il apprend le métier. Si Cormon est connu pour ses scènes historiques, et même préhistoriques grandiloquentes, ses élèves penchent nettement vers une forme de « naturalisme », au sens où l’entendait Emile Zola. Il s’agit de « faire vrai mais non pas idéal ».

Surnommé « l’éléphant »

C’est ce que retient Lautrec. « Le naturalisme, dit Stéphane Guégan, c’est alors la modernité. A 18 ans, il a déjà cette maîtrise, et cette capacité à rendre intense la vie, tout en portant sur ses sujets un regard sans préjugé. Il ne stigmatise pas, ne diabolise pas, il est dans le plaisir et la découverte des individus, et ne tient aucun compte des catégories sociales. »

Même s’il peut avoir la dent dure, comme en témoigne cette hilarante parodie de Puvis de Chavanne, un des héros de l’époque, en reprenant un de ses succès, Le Bois sacré cher aux arts et aux muses. A des corps éthérés, il redonne l’impudeur et, se représentant au milieu des personnages, mais seul de dos, reconnaissable à sa petite taille – il mesurait 1,52 mètre –, montre ses fesses.

LES FEMMES DE TOULOUSE-LAUTREC SONT DES FILLES DU PEUPLE, CELLES DES MAISONS CLOSES

Et puis, il y a les femmes, rousses de préférence. Il a toujours aimé leur compagnie. Elles l’ont élevé, depuis sa mère qui s’astreint à apprendre le latin pour pouvoir le lui enseigner, jusqu’aux prostituées, qui l’ont surnommé « l’éléphant »… Il fait d’ailleurs du pachyderme son totem : quelques dessins, peu connus, pour les décors d’une pièce de théâtre, en sont une double démonstration. L’éléphant est la base du dessin, et de surcroît c’est le portrait craché de Dumbo : Lautrec n’a pas seulement inspiré Picasso ou les Duchamp, mais aussi les dessinateurs de Walt Disney !

Les femmes de Toulouse-Lautrec sont des filles du peuple, celles des maisons closes. Dans un registre qui pourrait être de l’ordre du scabreux, du voyeurisme, il les montre dans leur intimité, pas au travail. Elles discutent entre elles, sont rêveuses, attendent la visite médicale ou le client, mangent à la cantine de la Maison, presque en famille comme dans un tableau rarement vu, prêté par le musée de Budapest… Il ne les blâme ni ne les méprise jamais.

« Au Cirque Fernando », son premier chef-d’œuvre

Toulouse-Lautrec tolère tout : l’homosexualité masculine, en peignant Oscar Wilde, alors poursuivi pour ce fait par la justice britannique. La féminine, en représentant des pensionnaires de bordel – mais peut-être aussi des clientes, elles sont autorisées à les fréquenter à partir de 1880 – tendrement mais chastement alanguies.

L’anarchisme lui plaît aussi, par l’absolue liberté, y compris de mœurs, revendiquée par les libertaires. Il a ainsi fréquenté l’écrivain anarchiste Georges Darien, représenté aussi souvent le journaliste Félix Fénéon – qui sent alors le souffre car accusé d’avoir caché des explosifs – par ailleurs défenseur de son œuvre. Tout cela sans sembler marquer le moindre intérêt pour la politique. Dans une lettre, il dit à un éditeur : « Je ne suis pas un de ces peintres qui répondent à l’actualité. » Dans l’air du temps, mais pas militant.

L’ANARCHISME LUI PLAÎT, PAR L’ABSOLUE LIBERTÉ, Y COMPRIS DE MŒURS, REVENDIQUÉE PAR LES LIBERTAIRES

On trouve le même éclectisme dans le choix de ses lieux d’exposition : il peut, en 1887, exposer avec des amis (dont Van Gogh) dans une gargote de Clichy, et l’année suivante au prestigieux Salon des XX, à Bruxelles. Et là, du haut de sa petite taille et de ses siècles de noblesse, provoquer en duel un plus grand que lui qui avait insulté Van Gogh.

Il y montre ce qui, pour les historiens d’art, est son premier chef-d’œuvre, Au Cirque Fernando. Il y parvient à traduire le mouvement, la dynamique du spectacle. Et n’hésite pas à représenter au premier plan les testicules et l’anus du cheval. Certains ont trouvé cela inconvenant. Mais ça, c’est Lautrec.

Surtout, il ne se contente pas des cimaises ordonnées des galeries et des salons : il va dans la presse, descend dans la rue. « Ce qui va propulser sa carrière, après le succès des “XX”, explique M. Guégan, c’est l’affiche du Moulin Rouge, que l’on va voir dans tout Paris. Il est certes très flatté d’avoir exposé à Bruxelles, mais au fond, peu lui importent les lieux. Il expose partout. » Il prend en main sa carrière, diffuse son art par l’affiche, par le dessin de presse, des albums illustrés comme la série « Elles », et jusqu’à un vitrail réalisé par Tiffany. Et ça paye ! A des clients qui lui demandent des tableaux, il répond n’avoir rien de disponible.

Puissance évocatrice

On comprend mal aujourd’hui ce que cette fameuse affiche avait de frappant, voire de scandaleux. Certes on en apprécie toujours la force plastique, même si l’exposition en montre une version tronquée, amputée du lé supérieur où étaient scandés les mots « Moulin Rouge » ! La Goulue y est représentée dans ce côté explosif de la danse, que John Huston a montré dans le film Moulin Rouge (1952), projeté à proximité, mais seuls les contemporains de Lautrec pouvaient en percevoir toute la puissance évocatrice : la culotte blanche, que la danseuse dévoile si généreusement, était, à l’époque de nos grands-mères (ou arrière grands-mères), fendue, pour permettre de satisfaire promptement les urgentes nécessitées humaines… Cela, Lautrec ne le montre pas, comprenant que l’imaginaire du spectateur complétera puissamment la force de son dessin.

Trop fort pour la chanteuse Yvette Guilbert, qui refuse le projet d’affiche fait à son intention, pour lui préférer un Steinlein plus flatteur. Mais idéal pour La Goulue, qui, sur le déclin, s’exhibait dans une baraque foraine. Elle lui commande deux grands panneaux qui alléchent le chaland. « Elle voulait que ce soit lui, affirme Stéphane Guégan car, disait-elle, son art attirait les yeux. Thadée Nathanson a dit du panneau de droite que c’est comme La Transfiguration de Raphaël. Le merveilleux forain devient une forme de sacré : l’apparition de quelque chose qui déborde de la condition humaine. »

Mais les abus ont raison de la vitalité de Toulouse-Lautrec. Les ultimes salles de l’exposition en témoignent, tristement. Les trois dernières années de sa vie (il meurt en 1901, à 36 ans), il fléchit, s’embourbe. Alcoolique, et pas qu’un peu : sa famille décide de le sevrer. Ou s’y essaye. On l’interne dans une clinique de Neuilly : il y dessine le monde du cirque, de mémoire. Autrefois grouillants de spectateurs, les gradins y sont désormais vides.

« Toulouse-Lautrec, résolument moderne ». Galeries nationales du Grand Palais, entrée square Jean-Perrin, Paris 8e. Jusqu’au 27 janvier 2020, lundi, jeudi et dimanche de 10 heures à 20 heures, mercredi, vendredi et samedi de 10 heures à 22 heures. Fermé le mardi. Entrée : 15 €. Catalogue : 352 p. 45 €.

18 mai 2017

BB statufiée à Saint-Tropez

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Pietrasanta (Italie). Le célèbre dessinateur Milo Manara a dévoilé les premiers travaux de ce qui deviendra une sculpture en bronze exposée au cœur de Saint-Trop.

L’illustrateur Manara prépare une sculpture de la star.

de notre correspondante Diane Andresy À Saint-Tropez (var)

Une sculpture de Brigitte Bardot va être installée à Saint-Tropez (Var) d’ici à la fin de l’été. Elle est actuellement en préparation en Italie, et c’est le dessinateur érotique Milo Manara, un habitué du port varois, qui a été choisi par la star pour la représenter, époque mythique « Et Dieu créa la femme », dans le village où elle vit toujours. « Manara l’avait déjà dessinée dans le passé et nous a présenté plusieurs esquisses. C’est à partir de l’une d’elles, où Brigitte est penchée, qu’on a décidé de faire une statue », confie Bernard d’Ormale, son mari. Le monument en bronze, d’un budget d’environ 250 000 €, trônera sur la place Blanqui.

Comme un Botticelli

La municipalité soutient le projet et une équipe italienne s’attelle, dans un village de la région de Vérone, à reproduire la star française repliée nue dans une conque, telle une Venus de Botticelli sortie de l’eau ! « Pour autant, ce ne sera pas la première statue publique de Brigitte. Au Brésil, dans un petit village où elle avait trouvé refuge dans les années 1960, il en existe une », explique Bernard d’Ormale.

Et l’actrice, s’enthousiasme-t-elle pour le projet ? « Elle est d’accord, mais elle n’aspire à rien d’autre que défendre la cause animale, tranche son époux. Aujourd’hui encore, des dizaines de personnes la guettent tous les jours devant chez elle. Elle est sempiternellement sollicitée. »

La statue ne devrait être dévoilée qu’à la fin de l’été. « Cette sculpture va attirer encore plus de monde », se réjouit un restaurateur proche de la place. « Mais dommage qu’on soit encore dans les clichés, tempère Sandrine, une mère de famille. De Funès, Bardot… Saint-Tropez ne vit pas dans le passé ! »

15 mai 2017

Le coût du risque

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L'édito  de Didier Micoine - Le Parisien

Edouard Philippe a sans doute bien pesé le pour et le contre, et calculé les risques de sa décision. Accepter le poste de Premier ministre que lui a offert Emmanuel Macron est en tout cas un sacré pari pour le maire LR du Havre. Certes, il avait appelé le nouveau chef de l’Etat à oser la transgression, et il est donc cohérent en plongeant lui-même dans le bain. Mais à un mois des élections législatives dont le résultat est imprévisible, cela ressemble à un saut dans le vide. Si la droite l’emporte le 18 juin, les dirigeants des Républicains ne voudront certainement pas laisser les clés de Matignon à celui qu’ils considèrent désormais comme un traitre. François Baroin, qui aura mené la bataille, réclamera la place. Et vu la façon dont Macron a imposé sa candidature à l’Elysée (contraignant au final Hollande à renoncer à se représenter), on peut penser que le nouveau président n’hésitera pas beaucoup à sacrifier son tout récent Premier ministre. Pour qu’Edouard Philippe aille au-delà du mois d’essai à Matignon, il faudra vraiment que La République en Marche casse la baraque aux législatives.      

27 octobre 2019

Baghdadi est mort

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Donald Trump a annoncé, dimanche 27 octobre, la mort du dirigeant de l'organisation Etat islamique (EI) Abou Bakr Al-Baghdadi. Le président américain, qui avait publié dans la nuit un tweet annonçant "quelque chose d'énorme", a officialisé la nouvelle lors d'une conférence de presse organisée à la Maison Blanche. Suivez les derniers développements, en direct avec franceinfo.

 Un tweet sibyllin de Trump. Comme il en a l'habitude, le président américain a d'abord communiqué via son compte Twitter. "Quelque chose d'énorme vient de se passer", a-t-il simplement écrit dans un message. Plus tard, d'autres tweets ont été postés sur son compte, sans aucun rapport. 

 Des spéculations dans les médias américains. Dans la nuit de samedi à dimanche, les chaînes de télévision américaines CNN et ABC ont fait état d'un raid visant Abou Bakr Al-Baghdadi, chef autoproclamé des jihadistes de l'Etat islamique. Selon CNN, des tests sont en cours afin de pouvoir confirmer formellement sa mort. De leur côté, les forces kurdes ont fait état dimanche matin dans un communiqué d'une opération "historique", résultat d'une coopération avec les Etats-Unis.

 Al-Baghdadi annoncé mort plusieurs fois. La dernière apparition d'Al-Baghdadi remonte à une vidéo de propagande du 29 avril. Il s'agissait de la première preuve de vie depuis cinq ans. Depuis la fondation, en juillet 2014, du "califat" autoproclamé du groupe Etat islamique à Mossoul, en Irak, son chef a été annoncé mort à plusieurs reprises.

24 octobre 2019

Thierry Breton, le nouveau choix de Macron pour la Commission européenne

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L’ex-ministre de l’économie sous Chirac prend la suite de Sylvie Goulard, dont la candidature pour le poste de commissaire a été rejetée.

Deux semaines après le rejet de la candidature de Sylvie Goulard, Emmanuel Macron a proposé Thierry Breton, 64 ans, actuel PDG du groupe Atos et ex-ministre de l’économie, comme nouveau membre français de la Commission européenne, a annoncé l’Elysée, jeudi 24 octobre.

Principal enjeu pour Paris, le vaste portefeuille obtenu pour le commissaire français – politique industrielle, marché intérieur, numérique, défense et espace – restera bien inchangé. Emmanuel Macron en a obtenu l’assurance d’Ursula von der Leyen, a précisé la présidence. « Ce qui m’importe, c’est le portefeuille ! Je me suis battu pour un portefeuille », s’était écrié le chef de l’Etat, apprenant avec agacement l’éviction de Sylvie Goulard, le 10 octobre, vécue comme un camouflet infligé par le Parlement européen.

La candidature de l’éphémère ministre des armées d’Emmanuel Macron, gênée par l’affaire des emplois présumés fictifs du MoDem et par son poste de « consultante » pour l’Institut Berggruen alors qu’elle siégeait à Strasbourg, a été rejetée par les eurodéputés.

La future présidente de la Commission a déjà approuvé le nouveau choix du président français. Emmanuel Macron et Ursula von der Leyen « se sont mis d’accord sur ce profil après une discussion en amont. Si nous proposons ce candidat, c’est qu’il convient », commente l’Elysée.

Parcours qui mêle public, privé et politique

Avec son parcours qui mêle public, privé et politique, ainsi que sa connaissance de l’industrie, cet ami de Jacques Chirac coche en effet de nombreuses cases. « Thierry Breton a des compétences solides dans les domaines couverts par ce portefeuille, en particulier l’industrie et le numérique, car il a été ministre de l’économie [sous Jacques Chirac] entre 2005 et 2007, avec tutelle sur l’industrie. Il a aussi été PDG de grands groupes industriels et du secteur de la défense (Thomson, France Télécom, Atos) et bénéficie d’une réputation solide d’homme d’action », fait valoir la présidence. C’est lui qui, appelé à la tête de France Télécom lourdement endetté, avait redressé le groupe en réduisant ses coûts et avait conduit à sa privatisation.

Il est aussi Macron-compatible, « aligné » avec les positions du chef de l’Etat. Il s’était rallié à sa candidature dès avant le premier tour, après le retrait d’Alain Juppé. « C’est aussi un européen convaincu, qui a conduit de nombreux projets franco-allemands », ajoute l’Elysée, en particulier à la tête d’Atos, qui a un siège en France et un à Munich. Thierry Breton est un ardent défenseur du développement en Europe de supercalculateurs capables de rivaliser avec la Chine et les Etats-Unis. En prime, il connaît Ursula von der Leyen, avec qui il a travaillé lorsqu’elle était ministre de la défense, sur la création d’un fonds européen de la défense et de la sécurité, pour doper les investissements européens dans ces domaines.

C’est, enfin, un ancien élu de terrain, qui a été conseiller régional de Poitou-Charentes de 1988 à 1992.

Préparation des auditions

Thierry Breton se « consacre dès à présent à la préparation des auditions auprès des commissions compétentes du Parlement européen », a-t-il indiqué jeudi dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse. « Je suis très honoré de la confiance qui m’est accordée par le président de la République M. Emmanuel Macron et par la présidente élue de la Commission européenne, Mme Ursula von der Leyen », a-t-il ajouté. « Je mesure, pour l’Europe et pour tous nos concitoyens européens, l’importance des enjeux associés à ce portefeuille pour l’avenir de notre continent. »

D’ici fin novembre, le candidat doit convaincre des eurodéputés particulièrement soucieux de transparence. Il devra d’abord passer devant la commission parlementaire des affaires juridiques, chargée de se prononcer sur les éventuels conflits d’intérêts des futurs commissaires, qui a déjà évincé le Hongrois Laszlo Trocsanyi et la Roumaine Rovana Plumb. Puis il sera soumis, comme avant lui Sylvie Goulard, à l’audition des eurodéputés qui doivent donner leur aval.

Atos a d’ores et déjà annoncé jeudi que M. Breton serait remplacé à partir du 1er novembre comme directeur général par l’actuel directeur général délégué Elie Girard.

10 mai 2017

Abolition de l'Esclavage - Nantes capitale de l'esclavage en France

http://memorial.nantes.fr/

memorial esclavage

https://fr.wikipedia.org/wiki/Abolition_de_l%27esclavage

l y a 169 ans, l'esclavage était aboli dans les colonies françaises. L'homme, comme une marchandise, pouvait être vendu et exploité. Dans l'Europe négrière, l'Angleterre, le Portugal, la France, la Hollande, le Danemark, la Suisse... ont tous participé au commerce d'esclave.

Du milieu du 17e au milieu du 19e, la France a organisé au moins 4 220 expéditions négrières, dont une grande partie menée par les armateurs nantais, indique le Mémorial de l'abolition de l'esclavage de Nantes. Ainsi, Nantes a organisé 1 714 expéditions, bien plus que les autres villes : 451 au Havre, 448 à La Rochelle, 218 à Saint-Malo... A Nantes a été organisé 43% des expéditions négrières française : en un peu plus d'un siècle, les navires nantais ont transporté plus de 550 000 captifs noirs vers les colonies.

L'esclavage est finalement aboli en France et dans les colonies le 27 avril 1848, plus de 40 ans après les Anglais et près de 60 ans après la déclaration des droits de l'homme et du citoyen en France. A Nantes, on continue le commerce des esclaves, y compris pendant l'époque où celui-ci est illégal, avant son abolition définitive en 1848.

Assumer le passé de l'esclavage

C'est pour assumer ce passé qu'est apparu le mémorial de l'esclavage à Nantes, qui a ouvert au public en mars 2012. Cette année, la commémoration s'articule autour d'une cérémonie officielle et d'une marche le 10 mai, un hommage pour des échanges culturels entre Nantes et Haïti le samedi 13 mai sur la place du commerce, une visite sur les lieux clés de l'esclavage à Nantes le 13 mai...

11 mai 2017

Les actes homophobes repartent à la hausse

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En Russie aussi...et en Tchétchénie !

 

Par Gaëlle Dupont

L’association SOS-Homophobie, qui publie mercredi son baromètre annuel de la haine anti-LGBT, a reçu 1 575 témoignages en 2016, soit 19,5 % de plus qu’en 2015.

« En France aujourd’hui, nous ne pouvons toujours pas vivre et aimer librement tels que nous sommes », constate Joël Deumier, président de SOS-Homophobie.

L’association publie mercredi 10 mai son rapport annuel, unique baromètre de l’évolution de la haine anti-LGBT (lesbiennes, gais, bi et trans). Le constat est sombre. Elle a reçu 1 575 témoignages d’actes homophobes ou transphobes en 2016, soit 19,5 % de plus qu’en 2015.

Les agressions physiques perdurent : 121 cas ont été rapportés. Elles ont lieu le plus souvent dans l’espace public.

« Se définissant comme “lesbienne et garçon manqué”, la jeune Leila nous contacte pour raconter son quotidien dans son quartier et au collège : les insultes – “erreur de la nature”, “travelo” –, les crachats, les bousculades et les agressions répétées. Un jour, elle s’est retrouvée à terre pendant qu’un groupe de personnes la frappait du pied », rapporte l’association.

Autre exemple : « En décembre 2016, un couple sort d’une boîte gay de Metz et est violemment agressé par cinq personnes d’une vingtaine d’années. Le groupe a déclaré vouloir “casser du PD”. Une des victimes a été rouée de coups à terre. » Dans cette affaire, une femme et trois hommes ont été interpellés début janvier.

« Ce n’est pas ce que le bon Dieu veut »

L’homophobie « au quotidien » persiste également. Elle est d’abord le fait de la famille et de l’entourage proche (15 % des témoignages). Aziz, qui s’interroge sur sa sexualité, rapporte les dires de son cousin : « Si j’ai un homosexuel dans ma famille, je lui plante un couteau dans le cœur. » Romain relate, lui, que ses parents l’ont traité de « débauché » à l’annonce de son homosexualité. « Ce n’est pas ce que le bon Dieu veut », ont-ils dit, offrant de lui « payer un abonnement à Meetic pour Noël pour redevenir hétéro ».

Le quartier, le lieu de travail, l’école, les commerces sont également le théâtre d’insultes, de harcèlement, de discriminations et de vexations.

Un propriétaire a ainsi dit à Kim et Joanna qu’il ne souhaitait pas louer à des couples homosexuels : « En tant que bon père de famille, je ne veux pas avoir à expliquer ça à mes enfants. » Les deux mères de Noémie, 4 ans, ont relaté leur inquiétude pour leur fille qui rencontre des difficultés à l’école. Des camarades lui ont expliqué que « c’est interdit d’avoir deux mamans ». L’institutrice s’est dérobée et a dit ne pas vouloir « prendre parti ».

Il arrive que les forces de l’ordre refusent d’enregistrer une plainte ou minimisent le caractère homophobe d’une agression. « C’est la double peine pour la victime, constate M. Deumier. Un gros travail de formation des agents publics a été entrepris. Il doit être poursuivi. »

« Internet est un défouloir »

Fait marquant, les témoignages d’actes transphobes ont doublé en 2016 (121 contre 63). L’année a été marquée par l’adoption d’une proposition de loi démédicalisant le changement de sexe à l’état-civil des personnes transgenres. La médiatisation du sujet peut expliquer ce regain, mais peut-être aussi une plus grande propension à témoigner pour les individus visés.

L’association n’est pas étonnée de cette recrudescence générale. Pourtant, la banalisation de l’homosexualité et de l’homoparentalité a progressé depuis la loi Taubira de 2013.

Un sondage IFOP publié en septembre 2016, réalisé auprès de 2 274 personnes, montrait que les deux tiers des personnes interrogées souhaitaient le maintien de la loi sur le mariage pour tous ; 63 % estimaient qu’un couple avec ses enfants « constitue une famille à part entière ». « La majorité des François fait en effet preuve d’ouverture, observe M. Deumier. Mais un discours minoritaire homophobe et bruyant persiste. »

Le militant en veut pour preuve le nombre de signalements effectués pour des propos homophobes sur Internet : 320 cas en 2015. L’homophobie y ressurgit souvent à propos de l’actualité – le débat sur l’ouverture du don du sang aux homosexuels, l’attentat d’Orlando (Floride) en juin 2016, la polémique à propos des affiches de prévention contre le VIH...

« Internet est un défouloir », résume le rapport. Twitter restait, en 2016, le site dont les contenus sont le plus souvent signalés, mais tous les réseaux sont touchés. Sur Facebook, « il est difficile de s’exposer en tant que personne LGBT : se faire insulter, harceler voire menacer est encore une chose commune lorsqu’on ne prend pas garde à rendre son profil privé », poursuit l’association.

Pour SOS-Homophobie, les moyens consacrés à la modération par les principales plateformes Internet sont insuffisants. « Il faut prendre conscience de l’effet dévastateur de cette homophobie sur Internet, poursuit M. Deumier. Quand vous êtes jeune, gay et sans accès à d’autres sources d’information, vous pouvez facilement vous sentir isolé. »

18 octobre 2019

Enquête - Les dessous pas si chics du label X Marc Dorcel

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Par Robin D'Angelo

Montages financiers, holding à l’étranger, films au rabais, actrices mal payées… Dans l’empire des Dorcel père et fils, millionnaires du X et rois autoproclamés du « pornochic » depuis quarante ans, tout n’est pas si rose.

Son déguisement est fin prêt. Après avoir été un directeur d’école, en 2009, puis un maréchal d’Empire, en 2014, Marc Dorcel a choisi cette année une tenue de maharaja. « Avec un turban et des couleurs chamarrées », précise-t-il. Vendredi 18 octobre, le groupe Dorcel organise son traditionnel bal masqué quinquennal. Plus de 2 000 invités dans un lieu prestigieux de l’Ouest parisien, encore tenu secret. Il fallait bien cela pour fêter les 40 ans de la plus célèbre marque française de films pour adultes.

Un label connu de tous, un nom passé dans le langage commun. Et, surtout, une entreprise presque comme les autres, qui vient de s’installer au cœur d’un pôle média, à deux pas de Radio France, dans le 16e arrondissement de Paris, dans un immeuble avec open spaces et salles de réunion vitrées où une cinquantaine d’employés se répartissent entre les services de distribution de programmes adultes, de marketing ou de commerce de détail. Parmi ses activités, la plus rentable est la VOD (vidéo à la demande), qui représenterait à elle seule entre 60 % et 70 % du chiffre d’affaires, le reste étant réparti entre les six chaînes de télévision et une griffe de sextoys.

Tapisseries rococo et dorures

L’univers du porno a vu des labels émerger et disparaître, des nababs devenir richissimes puis ruinés, des cinémas X remplis tous les soirs puis fermer les uns après les autres, remplacés par des vidéoclubs, eux-mêmes délaissés quand Internet est arrivé… Et aujourd’hui, en dépit des plates-formes de vidéos pornographiques en ligne qui rendent les films X accessibles en quelques clics, Dorcel est toujours là, une entreprise familiale qui subsiste à toutes les révolutions du secteur, et qui fait aujourd’hui 37 millions d’euros de chiffre d’affaires annuels avec de la pornographie hétéro, gay et trans. « Nous sommes un acteur global d’entertainment, un peu comme Disney ou Warner », se félicite Grégory Dorcel, directeur général arrivé dans l’entreprise de son père en 1998, après un diplôme obtenu dans une école de commerce.

Pour promouvoir la marque, les rôles sont bien rodés entre le père et le fils, actionnaires quasi uniques de la société. Grégory, quadragénaire imposant, est prompt à célébrer la bonne santé économique de l’entreprise quand le père, Marc, 85 ans, président du conseil de surveillance, raconte la légende. Une histoire qui a démarré en 1979, avec Jolies petites garces, le premier porno de France tourné pour la VHS.

Marc Dorcel, alors éditeur de revues pour adultes, après avoir créé des entreprises dans le secteur du transport et de l’intérim, est sollicité par un réparateur de magnétoscopes pour produire une vidéo X. Le film est tourné à Pigalle en deux jours, dans l’appartement d’un couple gay, où l’apprenti cinéaste de 45 ans a l’habitude de réaliser des romans-photos. Les tapisseries rococo et les dorures du mobilier s’accordent avec les culottes soyeuses des actrices. « Tout le monde me prenait pour un dingue parce que j’achetais de la lingerie chez Chantal Thomass et que ça coûtait une fortune, s’amuse Marc Dorcel. Moi, je voulais que cela brille à l’image. Que cela ne fasse pas pute, avec le haut du bas qui dépasse de la jupe. »

Homme d’affaires plus que de cinéma

Les décennies suivantes seront faites de Rolls-Royce et de châteaux. Le fameux style « pornochic » qui fera tant pour son image et que Dorcel finira par déposer comme marque à l’Institut national de la propriété intellectuelle (INPI), en 2001. « Dorcel, c’est aussi les intrigues autour du consentement, nuance son ancien complice Michel Barny, avec qui il a signé une vingtaine de films entre 1981 et 1998. Pour lui, il fallait toujours que la fille dise “non, non, non…” Jusqu’à ce qu’elle finisse par craquer et en redemande. Ce sont les seules fois où on s’est engueulés. Et, pour cause, on était dans une période de libération sexuelle où il n’était plus question de forcer quelque nana que ce soit. » Jolies petites garces n’échappe pas à la règle.

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La première séquence porno du film met en scène une jeune femme dans un parking, où elle est déshabillée de force par son partenaire, avant de céder à ses avances. « En ce temps-là, il n’était pas acceptable qu’une femme avec une libido forte se jette sur des mecs. Elles ne pouvaient pas dire “oh ! oui, prends-moi !” », désamorce Marie-Laurence de Rochefort, première attachée de presse de la marque, toujours au service de son patron.

« AVEC DORCEL, FALLAIT SE TENIR À CARREAU. AVEC LES AUTRES RÉALISATEURS, TU POUVAIS DIRE : “AUJOURD’HUI, NON, J’AI MAL AU DOS.” LUI, C’ÉTAIT : “T’AS MAL AU DOS, JE M’EN FOUS, C’EST ÉCRIT COMME ÇA ET TU FAIS COMME ÇA.” » UNE ACTRICE

En tout cas, les ventes sont au rendez-vous. Marc Dorcel rempile pour d’autres cassettes, à une époque où les vidéoclubs sont en plein boom, le porno pouvant représenter 30 % de leur chiffre d’affaires. La professionnalisation est en route. Ses inconvénients avec. « Avec Dorcel, fallait se tenir à carreau et, moi, ça me chiffonnait, tique Marilyn Jess, vedette de Jolies petites garces et plus tard des Mauvaises Rencontres et compagne de Barny. Avec les autres réalisateurs, tu pouvais dire : “Aujourd’hui, non, j’ai mal au dos.” Lui, c’était : “T’as mal au dos, je m’en fous, c’est écrit comme ça et tu fais comme ça.” »

« Ce n’est pas un anar libertaire comme Gérard Kikoïne [réalisateur phare de l’âge d’or du porno] », ajoute Guillaume Le Disez, auteur de Rayon X, la première anthologie de jaquettes de cassettes de films X. Il commence à une époque où le porno a perdu son côté provoc’ et s’est embourgeoisé. » Homme d’affaires plus que de cinéma, Marc Dorcel délègue rapidement ses tournages à d’autres réalisateurs pour se consacrer à la distribution.

« On l’appelait “Monsieur” et on le vouvoyait, se souvient un technicien présent sur les productions de Dorcel de 1987 à 1993. Il venait une fois au début du tournage, pour vérifier que tout allait bien, puis il repartait faire ses affaires. » Notamment s’atteler à la communication, qu’il soigne depuis les premiers jours de la marque. « J’aurais pu appeler ça “Les films du canapé”, décrypte l’entrepreneur, mais Vidéo Marc Dorcel, cela met en avant le personnage. Marc Dorcel existe, il est là, il est photographié. Il y a un interlocuteur, une image. »

À la fin des années 1980, Canal+ consacre cette stratégie marketing. « Le porno était à l’image de la chaîne : marginal, transgressif et rigolo. C’était le bon alibi pour en diffuser, raconte Henri Gigoux, responsable des acquisitions adultes de 1992 à 2016 pour la chaîne cryptée. Et puis, il n’y avait pas ce regard qu’on a aujourd’hui, vis-à-vis du sexe et des femmes. »

« ON M’AVAIT REMIS UNE LISTE DE CHOSE À FAIRE POUR SE STARIFIER. CE QUI M’AVAIT FAIT RIRE, C’ÉTAIT LE « NE PAS APPROCHER LES GENS BAS DE GAMME, MOCHES OU VULGAIRES ». » OKSANA, DORCEL GIRL 2017

Marc Dorcel comprend vite les bénéfices qu’il peut tirer de cette exposition. Comme le ferait Gaumont ou Pathé, il insère avant ses films un amorçage au nom de sa marque, mettant en scène, à grands coups d’effets spéciaux, un toucan à l’œil rieur. « J’y suis allé fort ! rigole-t-il. J’ai fait un amorçage qui durait au moins vingt-quatre secondes en me disant que ça ferait de la pub. Et ça a fait connaître la boîte de façon incroyable. Le “vu à la télé”, c’était magique. » « Le journal du hard », dernière émission de la grande époque de la chaîne à être encore à l’antenne aujourd’hui, parachève le travail. Alexandre Devoise, l’un des animateurs de l’émission, retient l’effervescence de la cérémonie des Hot d’or, sorte d’Oscars du X ayant lieu en marge du Festival de Cannes, largement couverte par Canal+. « Tout le monde se battait pour récupérer le précieux sésame qui permettait de rentrer. Des gens de la télévision, du cinéma… Il fallait en être alors que c’était ennuyeux comme pas possible ! »

À la même époque, au milieu des années 1990, Dorcel lance sa première Dorcel Girl, inspiré en cela par le contrat d’exclusivité signé entre la superstar du X américain Jenna Jameson et la société de production Wicked Pictures. Il est alors autant question pour ces actrices de jouer dans des films que de représenter la marque dans les talk-shows. Des sortes de Miss France du X. « Si tu penses qu’être pornstar c’est juste écarter les cuisses, Dorcel, c’est tout le contraire, abonde Anna Polina, l’une des dernières égéries, en 2011. Moi, cela m’a forgée. J’ai appris la communication, à savoir quoi dire aux journalistes, comment mettre la marque en valeur. » Un travail de représentation qui confine parfois à l’absurde. « On m’avait remis une liste de chose à faire pour se starifier, se remémore Oksana, Dorcel Girl de l’année 2007. Ce qui m’avait fait rire, c’était le “ne pas approcher les gens bas de gamme, moches ou vulgaires”. Ça, c’était le pompon ! Je n’avais pas le droit non plus d’être vue avec un sac à dos ou un sac plastique à la main. »

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1 500 euros net par mois

Et, une fois sortie des plateaux télé de Cauet ou d’Ardisson, la réalité du porno reprend ses droits, loin de l’image glamour mise en avant par Dorcel. Oksana se souvient avoir été payée 1 500 euros net par mois, un cachet englobant ses tournages mensuels et ses prestations pour la marque. « Je vivais dans un logement étudiant qui me coûtait 400 euros, poursuit l’ex-vedette du X, aujourd’hui camgirl (femme s’exposant contre rémunération par le biais d’une webcam) dans le nord de la France. Quand des journalistes voulaient m’interviewer chez moi pour connaître la vraie vie d’une actrice de porno, je devais trouver des combines pour refuser. Il y avait un petit côté “pauvresse de service”. »

Au début des années 2000, Marc Dorcel a passé la main à son fils Grégory. Et le modèle économique de la petite entreprise familiale s’est adapté au XXIe siècle, et à la VOD. Néanmoins, elle tire profit des quatre décennies d’expérience et de son image « chic ». « Dans un monde pornographique qui n’est plus maîtrisé, on a là une marque repère très forte qui sort du lot », vante le responsable VOD d’un grand opérateur téléphonique. La marque distribue son catalogue de films à plus de 75 opérateurs à travers le monde qui se chargent de les revendre sur leurs propres plates-formes.

En France, le marché se porte bien. « Cela représente une très grande partie du chiffre d’affaires de la VOD », atteste Tristan Arnoud, chargé des acquisitions adultes pour la Canal+. Même chose pour l’un des quatre grands fournisseurs d’accès du pays (qui requiert l’anonymat), qui annonce vendre chaque année avec sa box un peu moins de 10 millions d’euros de vidéos porno. Pour tous, Dorcel est le partenaire numéro un.

Des films réalisés avec très peu de moyens

Aussi, l’entreprise doit chaque jour alimenter son catalogue, notamment pour la France, son principal marché. « Les fantasmes sont propres à la culture de chaque pays, rappelle Ghislain Faribeault, qui fut numéro deux de l’entreprise de 2007 à 2016. Un Français est plus intéressé par Monique, boulangère à Orléans, que par Jesse, pom-pom girl au Texas. »

Si Dorcel est le distributeur exclusif en Europe du studio américain Digital Playground, il est aussi très présent sur le marché français du « pro-am » (contraction de professionnel et amateur), qui propose des films réalisés avec très peu de moyens, jouant sur la proximité, souvent des compilations de scènes bas de gamme autour d’un thème (la mère de famille, la secrétaire…). Dorcel en achète à presque tout ce que le pays compte de petits producteurs. Sa force de frappe lui permet de leur imposer ses conditions. Un partage de revenus sur les ventes, qui laisse rarement plus de quelques milliers d’euros de chiffre d’affaires à ses fournisseurs.

« ÇA ARRIVE QUE LA FILLE FASSE UNE DRÔLE DE TÊTE PARCE QU’ELLE N’AIME PAS TROP CE QU’ON LUI FAIT. ON VA ALORS DEMANDER AU PRODUCTEUR DE COUPER LE PASSAGE À L’IMAGE. » UN RESPONSABLE DU GROUPE

En échange, ces derniers cèdent l’exclusivité de la diffusion pour deux ans. L’accord ne porte pas sur un titre unique, mais sur un catalogue à venir. Un moyen pour Dorcel d’inciter ses producteurs à produire, tout en veillant à ne pas apparaître comme donneur d’ordre. « Ils font bien attention à rester distributeur car, à partir du moment où tu es producteur, tu es redevable des gens qui sont dans les films, analyse un bon connaisseur de la maison. Grégory Dorcel, le notable, n’a pas envie d’atterrir au tribunal parce que telle fille a fait un gang bang et que ce n’était pas prévu à l’origine. »

Et, pour préserver l’image de marque, les équipes de Dorcel veillent au grain. « Ça arrive que la fille fasse une drôle de tête parce qu’elle n’aime pas trop ce qu’on lui fait, reconnaît un responsable du groupe, rencontré au printemps 2018. Alors on va demander au producteur de couper le passage, de la même manière qu’on lui demanderait de le faire s’il y avait un micro ou une perche à l’image. » Quant à savoir dans quelles conditions le film a été tourné, ce n’est pas du ressort de la société. « La seule chose que je peux demander, c’est : “Ce que l’on voit à l’écran est-il légal ou non ?” », se justifie Grégory Dorcel.

Pour être sûr de ne jamais manquer de contenus français, Dorcel produit également en interne une soixantaine de films pro-am par an. Des studios aux noms gaillards, comme Made in France ou Les Compères. Mais également les vidéos de La Banane Prod et de France Interdite. Celles-ci sont commandées par Fred Coppula, un des vétérans du X hexagonal, par le biais de. G La Prod, sa société, dont Dorcel est l’actionnaire majoritaire avec sa holding luxembourgeoise, 1979 Invest.

Le nom de la marque n’apparaît jamais. Pas assez propre

Là encore, des productions au rabais, avec des budgets pouvant descendre à 4 000 euros le film de trois scènes, soit un cachet de 250 euros à 350 euros pour les actrices, sauf pour les très rares vedettes du secteur. Pour les mettre en scène, Dorcel pioche dans le même vivier de réalisateurs, d’acteurs et d’actrices que Jacquie & Michel (J & M), le spécialiste du porno low cost, désormais son concurrent sur le marché de la VOD en France.

Après quelques scènes chez J & M, Tina (le nom a été modifié) est ainsi rapidement accueillie dans les bureaux de Dorcel, où on lui propose de tourner pour les petites productions de la marque. « On dit J & M ceci, J & M cela, mais Dorcel, c’est pareil. Moi, je suis tombée sur un réalisateur qui bossait pour les deux, commente la jeune femme, à l’époque prostituée occasionnelle. Par contre, ils m’ont fait changer de pseudo pour que cela ne fasse pas réchauffé. » Bien sûr, tous ces films produits par Dorcel ne sont pas marketés comme tel, le nom de la marque n’apparaissant jamais. Pas assez propre.

Et, lorsque l’actrice de l’une de ces vidéos s’enthousiasme sur les réseaux sociaux pour avoir participé à un « Dorcel », le community manager l’incite à retirer son post. Car le label Dorcel est réservé à une vingtaine de productions « haut de gamme » par an. « Ces films, c’est le défilé haute couture de Dorcel, compare Ghislain Faribeault. C’est ce qui fait l’image de la marque. Ensuite, le business se fait sur le catalogue et les produits dérivés. »

« NOUS, ON FAIT NOTRE ROUTE, ET LE MILIEU DU X EN FRANCE, JE NE SAIS PAS CE QUE C’EST. » GRÉGORY DORCEL

Mais, même pour ces vidéos, l’entreprise prend des dispositions pour se tenir éloignée de la production exécutive, c’est-à-dire la gestion administrative des tournages, qui est sous-traitée à des sociétés étrangères. Il en va ainsi pour la petite dizaine de longs-métrages tournés en France par le réalisateur maison Hervé Bodilis. Dans ce cas, Dorcel délègue la production exécutive à Originale Prod, une société de droit estonien dirigée par l’acteur-producteur-réalisateur Tony Carrera, comptable de formation.

L’Estonie présente le double intérêt d’être un pays où l’on peut créer sa société en deux clics et profiter d’une fiscalité avantageuse. Originale Prod s’exonère également du paiement des cotisations sociales et des charges patronales. En effet, un contrat que M a pu consulter atteste que, dans le cas de ce tournage précis, la personne employée est rémunérée en cash et doit régler elle-même les taxes en vigueur en France. Un document auquel s’ajoutent les témoignages de plusieurs actrices, acteurs et techniciens, habitués de ces productions. Ce montage sert également à financer au moins une partie des films pro-am produits par Dorcel.

Autant de prestataires dont beaucoup n’ont pas été invités au bal masqué anniversaire. « Nous, on fait notre route, et le milieu du X en France, je ne sais pas ce que c’est », évacue Grégory Dorcel. Lui-même n’a assisté qu’à un seul tournage porno au cours de sa vie, il y a maintenant plus de vingt ans. Mais, au bal masqué, il y aura des journalistes, des influenceurs, des chargés des relations publiques, et bien sûr ses partenaires commerciaux. En 2019, Dorcel a d’ailleurs réalisé deux gros coups en nouant, en août, un accord de distribution de son catalogue avec la chaîne Sky Italia et, en janvier, avec l’américain Comcast, un des plus gros opérateurs Internet au monde avec près de 40 millions d’abonnés.

« DORCEL, LA PORNOGRAPHIE RESPONSABLE ET ÉTHIQUE », IRONISE LAURENCE ROSSIGNOL, ANCIENNE MINISTRE DE LA FAMILLE, DE L’ENFANCE ET DES DROITS DES FEMMES

Une notabilité qui s’accompagne d’efforts politiques. Après avoir longtemps milité contre le piratage, en réclamant notamment aux fournisseurs Internet de couper l’accès aux sites de contrefaçon, Grégory Dorcel s’investit désormais dans la protection des mineurs. Sur son ordinateur, les copies des lettres qu’il a envoyées au ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer ou au cabinet de l’ancienne ministre de la famille, de l’enfance et des droits des femmes Laurence Rossignol. « Dorcel, la pornographie responsable et éthique ! », ironise cette dernière. Le producteur-distributeur s’est également rapproché d’associations de protection de l’enfance, comme l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique. Avec succès.

« Grâce à lui, j’ai pu être mis en relation avec l’actrice Anna Polina pour tourner une vidéo de prévention afin de rappeler aux mineurs l’aspect fictionnel des images porno », se félicite son président, Thomas Rohmer. En ligne de mire pour Dorcel, la mise en place d’un système de vérification de l’âge qui pourrait passer par l’entrée d’un numéro de carte bancaire, et porterait ainsi un coup fatal aux tubes (plates-formes porno gratuites). Et, pour parfaire sa communication, l’homme d’affaires s’improvise conférencier tech. Le 7 septembre, il était l’invité du colloque Futures of Love, aux Magasins généraux, un lieu à Pantin (Seine-Saint-Denis) qui appartient à l’agence de publicité BETC, pour participer à une table ronde sur le sexe et la robotique.

Mais la communication a ses limites. Le premier entretien avec Grégory Dorcel a été conditionné à la présence de son attachée de presse, venue avec un Dictaphone pour consigner notre échange. Puis il a fait annuler l’interview avec son père, quelques heures à peine avant le rendez-vous, l’auteur de ces lignes étant accusé de tenir « des propos diffamatoires en privé » à l’encontre de la société. Ce n’est qu’après avoir été sermonné dans son bureau, où il a fait allusion à son droit de nous poursuivre en cas de diffamation, que nous serons finalement autorisés à poursuivre les entretiens et à réaliser des photos. Mais celles-ci ne seront jamais prises, Grégory Dorcel débarquant pour annuler le shooting, inquiet de la teneur de notre article. Pour l’illustrer, son attachée de presse enverra finalement des clichés du père et du fils. Deux hommes au sourire crispé, en costume sombre, avec un air austère de notables.

8 mai 2017

Un illustre inconnu

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Mais qui est ce Macron ? En principe on sait tout de lui, ses notes au lycée, les pâtisseries de sa belle-mère, les petits-enfants de sa femme, ses mentors, ses goûts littéraires, ses années Ricœur, ses années Rothschild, ses années Hollande, ses idées, la marque de ses costumes, le détail de son patrimoine, son héritage mendésisto-centriste, son giscardisme de gauche, ses propositions, etc. Mais comme il n’a jamais dirigé seul quoi que ce soit, on ne sait rien.

C’est un fake, dit l’un, un hologramme juvénile placé au centre du jeu, masqué par un discours lampédusien – «pour que rien ne change, il faut que tout change» - qui a joué du rejet de Hollande au début de la campagne, du rejet de Fillon au milieu et du rejet de Le Pen à la fin. C’est un président par ricochets. D’ailleurs 60% de ses électeurs voulaient quelqu’un d’autre. Tout cela va se dissoudre au contact du pouvoir, ou peut-être même des législatives, quand les électeurs des partis retrouveront leurs chaussons et enverront au Palais Bourbon une chambre introuvable. En Marche s’enlisera et la révolution Macron aura fait long feu.

Vous n’avez rien compris, dit l’autre. Macron est un dur au sourire de miel, séducteur et implacable, qui ne dort jamais, avale les dossiers, tranche et avance sans s’embarrasser des règles. Il nommera un gouvernement à lui, avec un ou une Premier.e ministre neuf.ve. Les électeurs n’oseront pas lui refuser sa majorité. Il lancera ensuite, au pas de charge, contre la vieille politique, un bataillon de réformes qui changeront la donne. Comme l’économie se redresse et que l’Europe va mieux, les résultats tomberont. Le paysage en sera transformé. On en a au moins pour dix ans.

Les vieux singes de l’analyse penchent pour le premier scénario. Les apôtres du nouveau prophète sont sûrs du second. Première réponse avec la nomination du Premier ministre. Article de Laurent Joffrin

18 octobre 2019

Au nord-est de la Syrie, un accord de cessez-le-feu temporaire en trompe-l’œil

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Par Allan Kaval, Marie Jégo, Istanbul, correspondante

La trêve annoncée hier par le vice-président américain Mike Pence permet à la Turquie d’obtenir le retrait des combattants kurdes de sa frontière Sud.

La Turquie a accepté, jeudi 17 octobre, de suspendre son offensive en Syrie pendant cinq jours afin de permettre aux forces kurdes de se retirer d’une « zone de sécurité » voulue par Ankara, selon les termes d’un accord négocié par l’administration américaine et présenté par le gouvernement turc comme une victoire absolue. « La Turquie a mis les Etats unis à genoux », titrait, jeudi soir, le site du quotidien pro-gouvernemental Yeni Akit.

La trêve, annoncée depuis Ankara par le vice-président américain Mike Pence après quatre heures d’entretien avec le président Recep Tayyip Erdogan, a été saluée par Donald Trump, convaincu qu’elle permettra de « sauver des millions de vies ».

S’il est vraiment appliqué, l’accord réalise tous les objectifs visés par la Turquie lors du lancement de son offensive baptisée « Source de paix » au nord est de la Syrie il y a huit jours, à savoir le contrôle d’une bande de terre de 32 kilomètres de profondeur sur 400 kilomètres de longueur – jusqu’à la frontière avec l’Irak – par l’armée turque et ses supplétifs syriens ainsi que le retrait total des combattants kurdes de cette zone sur laquelle, à terme, les réfugiés syriens actuellement hébergés par Ankara seront installés.

Pour permettre aux forces kurdes de se retirer, « sous 120 heures, toutes les opérations militaires dans le cadre de l’opération “Source de paix” seront suspendues et l’opération cessera complètement une fois ce retrait achevé », a déclaré M. Pence à la presse à l’issue de sa rencontre avec le numéro un turc.

Débandade américaine

Jubilation du ministre turc des affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, selon lequel les Etats-Unis se sont inclinés face à « l’importance et la fonctionnalité » de la « zone de sécurité » voulue par Ankara. Se refusant à parler de « cessez-le-feu », il a évoqué « une pause », censée permettre aux combattants kurdes d’abandonner leurs armes lourdes, de détruire leurs positions et de se retirer.

« La pause ne signifie pas que nos soldats et nos forces se retireront. Nous restons », a t il fanfaronné. Les islamo-conservateurs ne peuvent que se féliciter des larges concessions accordées à la Turquie par l’administration américaine. « Nos succès militaires sont rehaussés par une victoire diplomatique », soulignait, jeudi, Ismaïl Çaglar, le directeur du groupe de réflexion SETA, inféodé au pouvoir à Ankara.

Mais au-delà des rodomontades, l’accord pose plus de questions qu’il n’en résout. Des doutes subsistent sur sa mise en œuvre. Les Etats-Unis sont allés au-devant des exigences turques sans avoir aucune possibilité d’influencer de manière significative les faits sur le terrain. Qui veillera à l’application de l’accord ? Certainement pas les forces américaines, qui, jadis alliées aux combattants kurdes, ont déserté dès les premiers jours de l’offensive turque leurs bases du nord-est de la Syrie ; celles-ci sont occupées désormais par les Russes et par l’armée de Bachar Al-Assad.

Le retrait des forces des Etats-Unis du nord-est de la Syrie s’est fait dans une telle débandade que le temps a manqué pour évacuer une partie du matériel. Mercredi, des F-15 américains ont bombardé l’ancien QG des GI sur place, la cimenterie Lafarge située au sud de Kobané, pour que les munitions abandonnées ne tombent aux mains des Turcs et de leurs alliés rebelles syriens, actifs dans la région.

Sauver la face

Un point semble positif, les forces kurdes ont annoncé qu’elles acceptaient l’accord. Mais il y a un bémol. Mazlum Kobane, l’un de leurs chefs en Syrie, l’interprète à sa façon. Tout en affirmant avoir été associé aux tractations, il a assuré que le cessez-le-feu se limitera aux régions situées entre Tal Abyad, ville frontalière récemment conquise par les Turcs et Ras Al-Ain, où des combats avaient lieu ces derniers jours entre l’armée d’Ankara et les combattants kurdes.

Pas question selon lui que les Turcs prennent le contrôle de l’ensemble de la frontière, pas question non plus que des « modifications démographiques » aient lieu, une allusion au plan du président Erdogan de réinstaller dans cette zone les réfugiés syriens de Turquie (3,6 millions de personnes), dont les Kurdes ne veulent pas.

En réalité, l’accord est un habillage qui permet aux présidents Trump et Erdogan de sauver la face vis-à-vis de leurs opinions publiques. Le second pense aussi avoir ainsi échappé aux sanctions que les sénateurs américains, ulcérés par les impérities de l’administration Trump, veulent imposer à Ankara.

Bâclé, vide de sens, impossible à appliquer, l’accord n’est pas définitif. La trêve est censée durer cinq jours, soit jusqu’au 22 octobre. C’est précisément à cette date que les vraies négociations vont commencer.

Elles auront lieu à Sotchi, en Russie, où M. Erdogan a été invité par son homologue russe et « ami », Vladimir Poutine. Moscou, qui tire désormais toutes les ficelles en Syrie, tracera les lignes de partage entre les belligérants. Un futur accord doit garantir « l’intégrité territoriale de la Syrie et les intérêts de sécurité de la Turquie », a déclaré Sergueï Lavrov, le ministre russe des affaires étrangères, après l’annonce de l’accord turco-américain.

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