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Jours tranquilles à Paris
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13 octobre 2019

Offensive turque en Syrie : de violents combats sur le terrain, des milliers de manifestants en France

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Malgré le tollé international suscité par l’offensive turque en Syrie contre les positions kurdes, Ankara affirme être déterminé à poursuivre les combats.

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté, samedi 12 octobre, à Paris et dans plusieurs autres villes françaises, en soutien aux Kurdes de Syrie, trois jours après le début de l’offensive turque menée contre leurs positions.

En Syrie, où de violents combats se poursuivent dans le nord-est du pays, les forces kurdes ont appelé Washington à « assumer ses responsabilités morales » et à « respecter ses promesses », accusant les Etats-Unis de les avoir abandonnées en retirant leurs troupes déployées dans certains secteurs du nord syrien juste à la frontière avec la Turquie.

Voisine de la Syrie en guerre, la Turquie entend chasser des secteurs frontaliers la milice kurde syrienne des Unités de protection du peuple (YPG), qu’elle qualifie de « terroriste », et instaurer une « zone de sécurité » de 32 kilomètres de profondeur en territoire syrien pour séparer sa frontière des zones contrôlées par les YPG. Malgré le tollé international et les menaces de sanctions américaines, Ankara s’est dit déterminé à poursuivre son offensive.

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Manifestations de soutien aux Kurdes en France et dans plusieurs pays européens

A Marseille, des manifestants brandissent des drapeaux kurdes par centaines et ont déployé un immense drapeau jaune, rouge et vert qu’ils portent à plusieurs, samedi 12 octobre 2019 sur la Canebière.

A Marseille, des manifestants brandissent des drapeaux kurdes par centaines et ont déployé un immense drapeau jaune, rouge et vert qu’ils portent à plusieurs, samedi 12 octobre 2019 sur la Canebière. JEAN-PAUL PELISSIER / REUTERS

Plusieurs milliers de personnes, dont des personnalités politiques françaises, ont manifesté, samedi 12 octobre, à Paris et dans plusieurs autres villes françaises en soutien aux Kurdes de Syrie et contre l’offensive turque déclenchée contre leurs positions. Dans le capitale, les organisateurs ont estimé la foule « à plus de 20 000 personnes ». « Erdogan, terroriste ! », « Rojava [zone kurde autoproclamée autonome dans le nord-est de la Syrie, NDLR], résistance ! », scandait la foule réunie à l’appel du Conseil démocratique kurde en France (CDK-F). Parmi les pancartes brandies par les manifestants à Paris, on pouvait lire « Trump = serial killer » ou encore « La Turquie envahit le Rojava, l’Europe contemple ».

Plusieurs parlementaires français issus de partis de gauche se sont succédé à une tribune pour dénoncer l’offensive turque. « C’est un non-sens historique ce qui se passe au nord-est de la Syrie car ce sont les plus fidèles alliés de la France, ceux qui ont permis la victoire contre Daesh sur le terrain, qui aujourd’hui se retrouvent menacés », a lancé le député Eric Coquerel (La France Insoumise). La sénatrice du parti Europe Ecologie-Les Verts Esther Benbassa a, elle, estimé que la France « devrait aujourd’hui suspendre la vente d’armes » à la Turquie, comme l’Allemagne l’a fait dans la journée (lire ci-dessous).

A Marseille, plusieurs milliers de Kurdes – 6 000 selon les organisateurs de la marche, 1 500 selon la police –, ont descendu la Canebière jusqu’au Vieux-Port contre les frappes turques en Syrie, dénonçant le « dictateur » Erdogan. Des rassemblements ont également eu lieu à Strasbourg, à Lyon, à Bordeaux ou encore à Lille.

Le soutien aux Kurdes s’est également manifesté dans plusieurs autres pays européens samedi. En Allemagne, des manifestations ont réuni « des milliers de personnes » dans plusieurs villes, selon l’agence de presse DPA, qui a parlé de plus de 10 000 manifestants à Cologne et d’environ 4 000 à Francfort. Des rassemblements similaires ont eu lieu samedi à Chypre, Athènes, Varsovie et Bruxelles.

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Les Kurdes de Syrie dénoncent un « coup de couteau dans le dos » de la part des Etats-Unis

« Nous invitons nos alliés à assumer leurs responsabilités morales et à respecter leurs promesses ». C’est en ces termes que les Forces démocratiques syriennes (FDS), l’alliance arabo-kurde qui contrôle de vastes régions dans le nord et le nord-est syrien, se sont adressées à Washington dans un communiqué lu en conférence de presse samedi. Les FDS étaient alliées ces dernières années à la coalition internationale menée par les Etats-Unis dans le combat contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI).

L’offensive de la Turquie intervient alors que depuis plusieurs semaines, Washington et Ankara œuvraient à la mise en place d’une « zone de sécurité » à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Dans le cadre de ce « mécanisme de sécurité », les FDS avaient accepté de retirer leurs fortifications à la frontière, mais à plusieurs reprises, Ankara s’est plaint des retards pris par Washington dans la création de la zone tampon.

« Nos alliés nous avaient garanti leur protection après qu’on a détruit nos tranchées et nos fortifications, explique le communiqué. Mais soudain, sans prévenir, ils nous ont abandonnés avec une décision injuste de retirer leurs troupes de la frontière turque ». « Cette mesure a été une déception majeure, comme un coup de couteau dans le dos », selon le texte. Selon un haut responsable à Washington, entre 50 à 100 membres des forces spéciales américaines ont été éloignés de la frontière pour être transférés vers d’autres bases en Syrie.

A plusieurs reprises, le président américain Donald Trump a menacé d’« anéantir » l’économie de la Turquie en cas d’offensive « injuste ». Dans leur communiqué, les FDS ont estimé que les « condamnations politiques » et « les projets de sanctions économiques contre la Turquie » n’allaient pas faire cesser « les massacres ». « Nous ne voulons pas qu’ils envoient des soldats sur le front pour qu’ils mettent leur vie en danger. Tout ce que nous voulons, c’est la fermeture de l’espace aérien face à l’aviation turque », indique le communiqué.

Sur le terrain, de violents combats continuent. Les forces turques et leurs supplétifs syriens sont entrés samedi dans une ville kurde stratégique du nord de la Syrie, Ras al-Aïn, frontalière de la Turquie, presque entièrement désertée par ses habitants. A Ankara, le ministère de la défense a affirmé que les forces turques avaient capturé Ras Al-Aïn, mais les forces kurdes ont démenti et, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) et l’Agence France-Presse (AFP), les forces turques et leurs alliés y sont entrés mais les combats se poursuivent. Au total, depuis mercredi, les forces kurdes ont perdu 27 villages, selon l’OSDH.

Samedi, neuf civils ont été « exécutés » par des rebelles proturcs qui participent à l’offensive turque, selon l’OSDH. Ces morts portent à 38 le nombre de civils tués depuis le début de l’assaut mercredi, d’après l’ONG. Par ailleurs, 81 combattants kurdes ont été tués dans les affrontements, toujours selon l’OSDH. De son côté, Ankara a annoncé la mort de quatre soldats en Syrie et de 18 civils dans la chute de dizaines de roquettes kurdes tirées sur des villes frontalières en Turquie. D’après l’ONU, 100 000 personnes ont été déplacées.

Des ONG ont mis en garde contre un nouveau drame humanitaire en Syrie où la guerre, qui s’est complexifiée avec l’intervention de multiples acteurs régionaux et internationaux, a fait plus de 370 000 morts depuis 2011.

Paris « suspend les exportations vers la Turquie de matériels de guerre susceptibles d’être employés » en Syrie

La France a décidé de suspendre « les exportations vers la Turquie de matériels de guerre susceptibles d’être employés » en Syrie, ont annoncé, samedi 12 octobre, les ministères français des armées et des affaires étrangères. « La France réitère sa ferme condamnation de l’offensive unilatérale engagée par la Turquie dans le Nord-Est de la Syrie », poursuit le texte. Elle « remet en cause les efforts sécuritaires et de stabilisation de la coalition globale contre Daech. Elle entraîne des conséquences humanitaires importantes. Elle porte donc atteinte à la sécurité des européens ».

Une suspension analogue des ventes d’armes à Ankara a été annoncée vendredi et samedi par les gouvernements néerlandais puis allemand. La décision allemande n’est pas que symbolique : en 2018, les livraisons d’armes à la Turquie ont représenté, avec 242,8 millions d’euros, près d’un tiers des exportations allemandes d’armes de guerre (770,8 millions d’euros). Au cours des quatre premiers mois de 2019, le montant des ventes en direction de la Turquie a atteint 184,1 millions d’euros. La Turquie est ainsi le premier client, au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), d’armements allemands.

De nombreux pays européens ont condamné fermement l’offensive turque contre les Kurdes en Syrie. Les ministres des affaires étrangères de la Ligue arabe ont également condamné samedi « l’agression de la Turquie » sur le territoire syrien, appelant au retrait immédiat des troupes d’Ankara, selon leur communiqué publié après une réunion d’urgence de l’organisation au Caire à la suite d’une requête de l’Egypte.

Mais, malgré le tollé international et les menaces de sanctions américaines, la Turquie s’est dit déterminée à poursuivre son offensive. « Peu importe ce que certains disent, nous ne stopperons pas » l’opération, a averti vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

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24 avril 2017

Vendre la peau de l'ours...

Il faut saluer la performance mais aussi confesser un doute. L’itinéraire d’Emmanuel Macron est totalement inédit dans l’histoire politique française. Novice en politique, jamais élu, doté d’un programme social-libéral qui n’a jamais pris dans une élection française, fondateur d’un mouvement qui compte à peine douze mois d’existence, il se hisse en tête d’une présidentielle. Ce n’est pas une surprise, c’est un tour de force. Pour les amateurs d’histoire, il faut remonter à l’élection de Louis-Napoléon en 1848 pour trouver un vague précédent. Et encore le patronyme du neveu à longues moustaches expliquait-il beaucoup de choses. Le nom de Bonaparte, qui avait conquis l’Europe, évoquait plus de souvenirs que celui de Macron, qui a libéralisé des lignes d’aut obus. Macron partait de plus bas. La chance l’a servi, certes. Mais qui l’eut cru il y a un an ?

Pourtant le doute s’instille dans l’esprit du commentateur. Il tient à l’étrange spectacle d’hier soir. Un discours trop long et trop pâle, une posture de vainqueur avant la vraie victoire, des partisans dont on attendait qu’ils scandent «République ! République !» et qui se contentent d’un «Brigitte ! Brigitte !». Dangereux de vendre la peau de l’ours dans une élection aussi décisive. Ou plutôt la peau de la panthère, installée sur un socle de sept millions de voix, prête à bondir en jouant le remake de 2005, quand les partisans de l’Europe au référendum, partis à 60% d’intentions de vote se sont ramassés à 45%. Pour ou contre la mondialisation ? Si telle est la question, le résultat n’est pas si assuré dans une France à vif. Le destin du jeune premier du premier tour n’est pas encore écrit. Obama junior ou Lecanuet enfant ? Sa chance, c’est le vote raisonnable des électeurs rationnels. Fragile…

Et aussi

La droite est dans les cordes mais beaucoup de ses électeurs estiment qu’on leur a volé l’élection. Ils peuvent se venger en jouant le pire. Il faut toujours se souvenir que Fillon est sorti de la primaire avec 30% des intentions de vote. La défaite était impensable. C’est son obstination à se maintenir malgré la mise en examen qui a conduit au désastre pour LR. Non le recul de ses idées très droitières et si peu macroniennes.

La gauche creuse ses divisions. Hamon maintient la ligne frondeuse qui lui a valu un petit 6%. Valls annonce une scission du PS et se voit en supplétif d’En Marche. Mélenchon exhale son amertume alors qu’il a réalisé un score remarquable. Les uns veulent rejoindre Macron, les autres le démolir. La soupe ou la ciguë. Dans les deux cas, c’est l’effacement assuré pour cinq ans.

Victoire des sondeurs, dont on se méfiait tant. Depuis un mois, les enquêtes avaient annoncé les quatre premiers, et depuis une dizaine de jours l’ordre exact d’arrivée. C’était déjà le cas en 2007 et en 2012. Ce qui ne dispense pas de rester prudent. En 2002, les pronostics ont été déjoués. Comme la météo, c’est un instrument fiable qui se trompe de temps en temps. Laurent Joffrin - Libération

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3 février 2011

Mort de Maria Schneider, héroïne de "Dernier Tango à Paris"

L'actrice française Maria Schneider, héroïne de "Dernier Tango à Paris" aux côtés de Marlon Brando, est décédée jeudi à Paris à l'âge de 58 ans. Elle restera célèbre pour l'un des rôles les plus sulfureux de l'histoire du cinéma, dans le film à scandale de Bernardo Bertolucci, aux côtés de Marlon Brando. Elle avait alors 19 ans.

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L'indépendant  Libération  Le Point Le Figaro  Le Monde

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On vous salue, Maria Schneider

1 février 2011

Save the date... : bientôt exposition "Gainsbourg - Initiales L.G."

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Sotheby’s est fière d’annoncer une exposition extraordinaire dédiée à l’un des artistes français les plus admirés, Serge Gainsbourg. L’exposition fera revivre les moments clés de la carrière de cet artiste très éclectique : dès les premières années de sa carrière, alors que Gainsbourg souffrait du peu de reconnaissance récolté par ses chansons, en passant par le succès flamboyant de ses tubes des années 1970, jusqu’au flamboyant déclin de Gainsbarre. Seront mis à l’honneur des portraits et des images inédites et insolites par, entre autres, William Klein, Helmut Newton, Pierre Terrasson, Ulf Andersen, Patrick de Spiegelaere, Claude Gassian, Tony Frank, Xavier Martin, Alain Trellu, Guy Aelbrecht, Roberto Battistini, Jean-Jacques Bernier, Yannick Ribeaut, Patrick Duval. Auteur, compositeur, interprète, peintre, cinéaste, photographe, écrivain, Serge Gainsbourg a laissé derrière lui des œuvres montrant un talent à 360 degrés. Sa légende de dandy ivre et mal rasé lui vaut tantôt la fascination, tantôt le dégoût.

Informations pratiques :

Gainsbourg - Initiales L.G.

Exposition photographique collective

Du 28 février au 9 mars 2011

Sotheby’s Galerie Charpentier (76, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris 8ème)

6 octobre 2019

L’enquête pour viol visant Luc Besson rouverte

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Après que ses plaintes ont été classées sans suite, l’actrice Sand Van Roy avait déposé une nouvelle plainte avec constitution de partie civile. Celle-ci a débouché sur l’ouverture d’une information judiciaire.

Classée sans suite en février, l’enquête pour viol visant Luc Besson a finalement été rouverte par la justice mercredi 2 octobre. Un juge d’instruction à Paris a repris les investigations sur les accusations de viol portées contre Luc Besson, a annoncé vendredi 4 octobre l’avocat de l’actrice qui accuse le producteur français.

Après neuf mois d’enquête, les plaintes initiales de Sand Van Roy avaient été classées sans suite le 25 février par le parquet de Paris, qui estimait n’avoir pu « caractériser l’infraction dénoncée dans tous ses éléments constitutifs ». La comédienne avait alors déposé une nouvelle plainte avec constitution de partie civile, qui a débouché mercredi sur l’ouverture d’une information judiciaire pour « viol », a précisé Me Francis Szpiner. Le 17 mai, le parquet de Paris avait expliqué au juge être opposé à cette relance des investigations, selon une source judiciaire.

L’actrice et mannequin belgo-néerlandaise de 28 ans avait porté plainte pour viol le 18 mai 2018 contre l’influent producteur et réalisateur français au lendemain d’un rendez-vous avec lui au Bristol, un palace parisien. Deux mois plus tard, elle avait dénoncé d’autres viols et agressions sexuelles commises, selon elle, au cours de deux années d’une « relation d’emprise professionnelle » avec le producteur.

Aux enquêteurs, elle a décrit une relation faite de rapports oscillant entre humiliations et récompenses, et d’un simulacre toxique de rapport père-fille, selon son entourage. Luc Besson, qui conteste ces accusations, avait été entendu en audition libre par les policiers en octobre 2018, avant d’être confronté à son accusatrice en décembre.

Une enquête préliminaire toujours ouverte

Huit autres femmes avaient par la suite accusé le réalisateur du Grand Bleu de gestes déplacés, voire d’agressions sexuelles, dans des témoignages recueillis par Mediapart, pour des faits en grande partie prescrits. Certaines avaient écrit aux enquêteurs ou été auditionnées en appui de la plaignante.

 

Une enquête préliminaire visant le cinéaste est toujours ouverte à Paris depuis février pour examiner les accusations d’une neuvième femme interrogée par Mediapart, selon une source proche du dossier. Cette actrice canadienne d’une quarantaine d’années a écrit le 13 février au procureur pour appuyer la plaignante en relatant une tentative d’agression sexuelle en mars 2002, pour des faits donc prescrits. A la mi-septembre, elle n’avait pas encore pu être entendue par les enquêteurs.

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5 octobre 2019

Malgré l’approche du Brexit, la fièvre de l’art résiste à Londres

Par Harry Bellet

Les ventes lors de la « Frieze Week » n’ont pas été affectées par la perspective de la sortie prochaine du Royaume-Uni de l’UE. Néanmoins, les galeristes se demandent s’il faut quitter la capitale britannique.

C’est un très grand tableau, près de 3 × 4,50 mètres, peint en 2009 par Banksy, et qui représente une séance du Parlement britannique. La facture en est classique, à ceci près que les représentants du peuple ont été remplacés par des chimpanzés, leur fourrure rêche se substituant aux soyeux costumes taillés à Savile Row. Estimée entre 1,5 et 2 millions de livres (entre 1,7 et 2,25 millions d’euros) par la maison Sothebys qui le proposait aux enchères à Londres jeudi 3 octobre, elle a été adjugée plus de quatre fois ce montant, à 9,9 millions de livres, soit 11,1 millions d’euros. En plein Brexit, on peut considérer cela comme de l’humour anglais…

Cela illustre toutefois assez bien une semaine intense, qu’à Londres on nomme désormais la « Frieze Week », du nom des deux foires, une d’art contemporain (Frieze London) et l’autre d’art plus classique (Frieze Masters), comme de la revue éponyme. Installées depuis des lustres sous deux gigantesques tentes dans Regent’s Park, elles ont fait de la ville le centre mondial du marché de l’art, au moins pour la première semaine d’octobre, et font tellement partie du paysage que des panneaux routiers spécifiques sont même installés dans les rues adjacentes pour prévenir les automobilistes des embarras de trafic qu’elles génèrent. Les maisons de ventes aux enchères leur ont emboîté le pas, proposant leurs vacations cette semaine-là, et d’autres salons se sont greffés sur l’événement, comme le PAD, le Pavillon des arts et du design, lui aussi abrité sous une tente, mais dans un autre parc, Berkeley Square, dans le quartier plus que huppé de Mayfair.

Les petits fours moins chers à Paris

Comme son nom l’indique, on y voit moins d’œuvres d’art – quoique l’exposition sur le stand du Parisien Pierre Passebon d’une série de marionnettes réalisées en 1928 par Marie Vassilieff ait pu faire tourner quelques têtes, de même que quelques très belles céramiques grecques, difficiles à assimiler à de la vaisselle ancienne, montrée par la galerie suisse Phoenix – que de mobilier et de joaillerie, mais les Londoniens fortunés en raffolent. Et l’organisateur du PAD, le Français Patrick Perrin, s’en félicite : « Les cinq quartiers du centre de Londres abritent les plus grosses fortunes au monde. Ils y habitent, ou y passent : les hôtels sont pleins en permanence, les restaurants aussi. On fait la queue devant les boutiques de luxe. En fait, la moitié de Londres travaille pour l’autre moitié qui ne travaille pas… »

Si la première moitié peut s’inquiéter du Brexit, la seconde n’en a que faire. « La principale place financière en Europe, dit Patrick Perrin, c’est Londres. Ceux qui font marcher le commerce, ce sont moins les Anglais que les “non-doms”, les “résidents non habituels”, des étrangers vivant ici mais qui paient leurs impôts dans les pays où sont leurs affaires. Si ce système est supprimé, là, il y aura une véritable hémorragie de richesse. Mais je ne vois pas un gouvernement qui aurait le courage politique de s’y risquer. » Envisage-t-il des problèmes logistiques avec un retour des contrôles aux frontières ? « Il va y avoir une période d’adaptation », concède t-il, lui qui fait venir les petits fours de son vernissage de Paris, où ils sont moins chers…

« LE PIRE POUR NOUS, C’EST L’INCERTITUDE. ON NE SAIT TOUJOURS PAS À QUOI ON VA ÊTRE CONFRONTÉ. » OLIVIER MALINGUE, GALERISTE

A deux pas de là, au vernissage de la très remarquable exposition intitulée « L’empreinte », dans sa galerie de New Bond Street, le jeune marchand Olivier Malingue est plus circonspect. Récemment implanté à Londres, il est tenu d’y rester par le bail qu’il a contracté, s’y sent très heureux, mais laisse pointer une certaine inquiétude : « Le pire pour nous, c’est l’incertitude. On ne sait toujours pas à quoi on va être confronté. » Pourtant c’est Londres, et précisément le pâté de maisons voisin, qu’a choisi la galerie sud-africaine Goodman pour s’implanter en Europe. La concentration des galeries d’art y devient impressionnante, et c’est probablement le seul quartier au monde où ce secteur a chassé les boutiques de fringues, si on peut qualifier ainsi les célébrissimes tailleurs de Savile Row.

Euphorie de fin du monde

Cependant, sur les foires Frieze, les ventes se déroulaient dans une euphorie de fin du monde, avec une tendance prononcée : les couleurs pétantes. En témoigne le succès des abstractions qu’on qualifiera, faute de mieux, de « fruitées » de l’artiste américain Jonathan Lasker présentées par la galerie Timothy Taylor − neuf tableaux vendus le premier jour. Ou bien les prix importants obtenus par la galerie Hauser & Wirth : 5 millions de dollars (4,5 millions d’euros) pour un tableau de Philip Guston, 6,5 millions de dollars pour un autre de Cy Twombly.

Mais les conversations tournaient autour du déménagement vers Paris de quelques poids lourds de la profession. Le plus emblématique est sans doute la galerie White Cube (deux adresses à Londres, une à Hong Kong) : fondée en 1993 par Jay Jopling, fils d’un ministre de l’agriculture du gouvernement Thatcher, premier promoteur des YBA (Young British Artists), les jeunes artistes britanniques qui, Damien Hirst en tête, ont défrayé la chronique de l’art contemporain des trente dernières années, elle chercherait des locaux avenue Matignon. Hauser & Wirth, originaire de Suisse mais implantée un peu partout, serait aussi intéressée, sans que la chose soit réellement confirmée. Même la Pace Gallery, superpuissance américaine, y songerait.

« QUAND J’AI OUVERT À LONDRES, JE VOULAIS UNE GALERIE EUROPÉENNE – ELLE VA DEVENIR ANGLAISE. ALORS MAINTENANT, MON EUROPE, C’EST PARIS. » DAVID ZWIRNER, GALERISTE

David Zwirner, lui, a franchi le pas : il ouvre à la mi-octobre une galerie dans le Marais, là où était auparavant Yvon Lambert. « C’est d’abord un choix idéologique, assure-t-il. Je suis d’origine allemande, et comme tel, je pense que nous devons être européens. Le business à Londres est très bon, et il le sera peut-être encore meilleur après le Brexit, qui sait ? Mais psychologiquement, c’est plus compliqué. Quand j’ai ouvert à Londres [ses premières galeries sont à New York], je voulais une galerie européenne – elle va devenir anglaise. Alors maintenant, mon Europe, c’est Paris. La politique française devient intéressante depuis quelque temps, très positive avec un jeune leader très énergique. La densité de vos musées n’a d’équivalent nulle part dans le monde. Et j’aime que mes galeries soient implantées dans des villes de culture », dit-il en montrant une sculpture de Jeff Koons dans son stand, et précisant qu’il irait assister à l’inauguration parisienne de son Bouquet of Tulips.

Tout en soulignant : « Mais dites bien à vos lecteurs que je conserve ma galerie londonienne ! » Vu les affaires colossales qu’il a réalisées à Frieze (il s’est séparé dès le premier jour d’un tableau historique de Bridget Riley, mais a également bien vendu des œuvres de Ruth Asawa, de Raoul De Keyser, de Gerhard Richter et une série de gravures de Cy Twombly), il aurait tort de s’en priver.

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Art : « Le Parlement des singes » de Banksy vendu à un prix record

C’est une œuvre visionnaire, pourtant réalisée en 2009, qui a été adjugée 9,9 millions de livres, jeudi 3 octobre lors d’une soirée à Londres. Le tableau, signé Banksy et intitulé « Devolved Parliament », avait fait les gros titres de la presse dernièrement, en grande partie parce qu’il résonne avec l’actualité anglaise, dominée par le Brexit. Estimée entre 1,7 et 2,3 millions d’euros, la toile a finalement pulvérisé tous les records, pour le plus grand plaisir de la maison d’enchères Sotheby’s. Cette dernière a ainsi annoncé que le tableau avait été adjugé après 13 minutes « d’enchères disputées », lors desquelles se sont affrontés « dix collectionneurs ». Le nom de l’heureux.se acheteur.se n’a pas encore été dévoilé.

Quant à Bansky, dont on ne connaît toujours pas l’identité, il a partagé sur Instagram une citation de Robert Hughes, critique d’art australien, accompagnée de la légende suivante : « Prix record pour une peinture de Banksy atteint ce soir. Dommage, elle ne m’appartenait plus. » « Le Parlement des singes » avait en effet été vendu en 2011 par l’artiste.

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30 septembre 2019

La lettre politique de Laurent Joffrin - Chirac : l'hommage mesuré

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Quitte à émettre une fausse note dans le concert des célébrations, on osera remarquer que l’hommage du pays à Jacques Chirac est un peu mou, ou encore en demi-teinte, sinon en clair-obscur. Quelques milliers de personnes émues lui ont rendu hommage dimanche. Le geste est respectable mais l’engouement limité. Johnny Hallyday a déplacé aux Champs-Elysées dix ou vingt fois plus de monde.

Chacun loue à juste titre le don d’empathie de l’ancien président et sa volonté sincère de maintenir l’unité du pays. Mais pour le reste, le bilan est pour le moins contrasté. Sur douze ans de pouvoir suprême, cinq ont été concédés à Lionel Jospin, qui fut un bon Premier ministre et qui a présidé à une période de redressement économique et de réformes sociales. Les sept années restantes ont surtout été consacrées à colmater tant bien que mal les brèches ouvertes par la crise sociale et économique dans la cohésion nationale. Avec ces révoltes périodiques qui ont contrecarré les ambitions du président. Vaste mouvement lycéen en 1986, grève interminable de la SNCF en 1995, protestation juvénile contre le projet de contrat première embauche (CPE) promu par Dominique de Villepin, embrasement des quartiers sensibles, défaite en rase campagne après la dissolution de 1997, ratage gouvernemental après la victoire à 82 % contre Jean-Marie Le Pen. Une succession de reculs et de fausses manœuvres plus qu’un règne actif, dont la dernière partie fut obérée par la maladie.

Bilan mitigé donc aux yeux de la droite française, qui a désespéré de voir la France se réformer comme elle le souhaitait. Les libéraux déplorent la hausse des impôts, et surtout celle des dépenses publiques. La droite identitaire, qui déborde désormais le seul RN, se souvient que le Chirac de 1976 fut celui qui a instauré en France le regroupement familial en faveur des immigrés, péché originel selon elle. La même droite droitisée regrette tout autant que ce président de droite reste dans les mémoires pour avoir légalisé l’IVG, voté l’abolition de la peine de mort, refusé sèchement toute alliance avec les lepénistes, introduit le principe de précaution dans la Constitution, choisi systématiquement l’Europe à l’heure des grandes décisions (Maastricht, le référendum sur le traité constitutionnel, etc.). Une droite trop à gauche à ses yeux. La gauche, les progressistes européens, s’en félicitent, mais ils ne peuvent oublier que Chirac fut néanmoins le chef infatigable et souvent agressif du camp adverse et un contempteur de la «fracture sociale» qui n’a pas su traduire en actes son juste diagnostic.

Nostalgie néanmoins ? Certes. Mais elle traduit plus l’universel regret devant les années enfuies qu’une adhésion à l’homme politique. Chirac fut le président d’une France minée par la crise économique et qui n’a pas su s’en dépêtrer, le gouvernant louvoyant d’une République doutant d’elle-même. Restent son humanité, son contact avec les Français, son allergie des extrêmes et son refus de la guerre d’Irak. Gestes et postures sympathiques. Mais qui incitent plus à l’indulgence qu’à l’admiration.

LAURENT JOFFRIN

25 avril 2017

Jeff Koons lance une collection de sacs à main avec Vuitton

L'artiste américain Jeff Koons et la marque de luxe Louis Vuitton (LVMH) vont lancer fin avril une collection de sacs imprimés de cinq tableaux de grands maîtres, dont la célèbre Joconde de Léonard de Vinci, ont-ils annoncé au Figaro.

"J'aime essayer toutes les possibilités créatives de l'art. Il y a, à mon avis, une différence entre design et art. L'art a un sens, un but qui le sous-tend depuis l'origine même du concept", explique au Figaro l'artiste, qui a déjà collaboré avec LVMH sur un coffret pour la marque de champagne Dom Pérignon.

Les imprimés choisis sont issus de la série "Gazing Ball" de Jeff Koons, présentée à New York fin 2015 où l'on voit des tableaux classiques agrandis comme une affiche avec une boule de verre bleue placée devant.

"Dans ma série Gazing Ball, la sphère bleue est à l'image de l'univers, un symbole de générosité qui reflète tout à 360° et vous dit où vous êtes dans l'espace et dans le temps. Je ne l'ai pas utilisée sur les sacs car le Monogram scintillant et les lettres éclatantes du nom des peintres suffisaient à établir cette connexion avec l'extérieur", explique Jeff Koons.

Sur les sacs à main, sacs à dos et la petite maroquinerie de la collection apparaîtront, outre "La Joconde", "La chasse au tigre" de Rubens, "La Gimblette" de Fragonard , "Champ de blé avec cyprès" de Van Gogh et "Mars, Vénus et Cupidon" du Titien.

La collection sera présentée mardi soir au Louvre pour une commercialisation prévue le 28 avril dans les 450 boutiques du réseau Louis Vuitton.

A l'intérieur de chaque sac se trouvent une biographie et un portrait des deux artistes ainsi que la mention du musée où l'oeuvre est exposée. Les cinq musées ont donné leur autorisation pour les reproductions et toucheront des royalties, précise le Figaro.

Jeff Koons a également redessiné les fleurs, les étoiles et les initiales du fameux monogramme qui sertit les sacs à main emblématiques de la marque. Ces sacs seront vendus plus chers que les modèles classiques (2.100 euros pour un Speedy contre 760 euros pour la version en toile Monogram, selon Le Figaro).

Les équipes du malletier se sont rapprochées de Jeff Koons il y a deux ans et demi. "Certes, son travail suscite le débat...surtout en France. Mais quand il expose à Beaubourg en 2015, il crève tous les records", explique au Figaro le PDG Michael Burke.

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16 avril 2017

GAINSBOURG EN “TRAV’ HAUT DE GAMME”, RACONTÉ PAR WILLIAM KLEIN

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1984. Cette photo a été prise par William Klein, à la demande de Serge Gainsbourg, pour illustrer la pochette de son album “Love on the Beat”. © William Klein / Polka Galerie.

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Pour la pochette de l’album “Love on the Beat”, Serge Gainsbourg décide de se transformer en femme fatale. L’auteur de cette photo: William Klein. Le photographe raconte son amitié avec le chanteur, disparu il y a vingt-cinq ans. Serge Gainsbourg, Paris,

“Voyez ce cigarillo, avec cette cendre étonnamment longue. C’était son idée, sa façon de donner un équilibre à la photo. Serge Gainsbourg était quelqu’un qui avait un œil, un vrai sens graphique, une sensibilité aux traits, au dessin, héritée de ses années de peinture. Mais il avait aussi le talent d’un publicitaire. Souvenez-vous du slogan de son spectacle au Casino de Paris: ‘140 francs devant, 110 francs derrière’. C’était lui tout craché, exceptionnel!

Pour cette image, dès le départ, il savait exactement ce qu’il voulait. Il adorait façonner son image. Pendant des semaines, il avait cherché à me joindre alors que je tournais un film en Italie. En pleine nuit, on finit par réussir à se parler au téléphone et il me dit: ‘Je suis en perte de vitesse, il faut qu’on organise mon come-back.’ Première nouvelle! Je ne savais pas que Gainsbourg avait besoin d’un come-back! Il préparait alors son seizième album studio, ‘Love on the Beat’, et voulait se déguiser, se travestir.

Alors je lui demande: ‘En fait, tu veux ressembler à une vieille pute décatie?’ Et il me répond: ‘Non, Bill. Je veux être belle. D’ailleurs, j’ai de beaux yeux et un visage fin. Mes oreilles sont certes un peu décollées… mais j’ai quand même une belle bouche!’

Bon, autant vous dire qu’il y avait du travail. Vous vous souvenez de ce à quoi il ressemblait dans ces années-là? On s’est donné rendez-vous à Paris. Il est arrivé dans mon studio avec sa maquilleuse, les lèvres rouges, de faux ongles… On s’est mis à travailler en noir et blanc, en s’inspirant d’une photo de mode assez similaire, avec un mannequin à la cigarette, que j’avais réalisée pour le magazine ‘Vogue’. Je l’ai prévenu qu’on allait devoir retoucher à mort! Mais il était emballé. Il voulait être un trav’ haut de gamme.

Nous nous étions rencontrés sur le tournage de ‘Mr. Freedom’ en 1967. Je lui avais demandé de composer la musique et en voyant les rushs il m’avait dit vouloir absolument jouer dans le film. J’ai donc créé le personnage de M. Drugstore pour lui. Nous nous sommes liés d’amitié ensuite.

Nous avions beaucoup de points communs: tous deux nés en 1928, tous deux fils d’émigrés juifs d’Europe de l’Est (moi de Hongrie, lui de Russie), avec le même genre d’humeur et d’humour… J’adorais sa façon d’être à l’écart des choses, des médias de masse. J’avais d’ailleurs imaginé un film dont il aurait été la star, mais il est mort avant que nous puissions le réaliser. Cela s’appelait ‘Le retour du pétomane’, l’histoire d’un garçon de café plutôt moche et décati qui s’avérait être un pétomane de génie et que tout le monde allait se mettre à aduler… J’imaginais ce scénario comme une sorte de satire du vedettariat.

C’était aussi une charge contre Yves Montand qui, à l’époque, roucoulait beaucoup à la télévision et passait son temps à parler de politique. Tout le monde le prenait au sérieux. Je voulais que Gainsbourg le pétomane devienne en quelque sorte l’anti-Montand, donnant aussi son avis sur tout. En bref, un pétomane politique en contrepoint de l’animal politique qu’était Montand. L’idée lui plaisait beaucoup!

Je trouve que cette prise de vue pour ‘Love on the Beat’ illustre parfaitement son goût pour la provoc’. C’était son personnage, c’était un jeu. Il était très préoccupé par son allure et c’était un grand timide. J’aime cette photo parce qu’elle nous montre un troisième Serge, ni Gainsbourg, ni Gainsbarre… J’ai toujours trouvé, dans sa façon d’être devant les caméras, devant les appareils photo, dans sa manière de se déplacer pour faire vivre son corps devant le public, qu’il y avait là une sorte de tristesse, une douleur très photographique. Ça me bottait! Et son fameux come-back, ça a marché à fond! ‘Love on the Beat’ a été un formidable succès commercial et public. Pour ma part, je l’admirais.”

13 avril 2017

Paul Schmidt (photographe) - Anja Rubik

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Marine Vacth photographié par son mari Paul Schmidt

Ci-dessous : 

😎Anja Rubik 📷 by me 💥 @paul1schmidt #anjarubik #paulschmidt hair #marclopez 💥 makeup @tiinaroivainen

😎 Anja Rubik 📷 par moi 💥 @ paul1schmidt #anjarubik #paulschmidt hair #marclopez 💥 maquillage @tiinaroivainen

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7 janvier 2011

Emmanuelle Alt, nouvelle rédactrice en chef de «Vogue» Paris

1294420454En décembre, le site Internet de Vogue annonçait le départ de Carine Roitfeld, rédactrice en chef du magazine féminin depuis dix ans. Aujourd'hui, toujours via le Web, Xavier Romatet, président de Condé Nast France, officialise la nomination d'Emmanuelle Alt à la place de Carine Roitfeld. Styliste et rédactrice de mode, elle a travaillé pour de nombreux magazines féminins avant d'arriver à Vogue Paris en 2000, où elle était jusqu'alors rédactrice en chef mode. «Emmanuelle a toutes les qualités professionnelles et personnelles requises pour continuer à faire de Vogue Paris le leader mondial référent des magazines de mode», a déclaré Xavier Romatet. Et d'ajouter: «Je lui fais totalement confiance pour incarner et diriger cette marque exigeante et prestigieuse et la faire vivre dans toutes ses dimensions, y compris celle du développement digital.»La nouvelle rédactrice en chef, qui prendra ses fonctions le 1er février, a fait part de sa volonté de «développer le potentiel incroyable de Vogue Paris». (selon Libération).

Voir mon précédent billet du 17 décembre 2010

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26 septembre 2019

La lettre politique de Laurent Joffrin - Chirac, la gauche dans la droite

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En apparence, tout le monde connaissait Chirac. Personne en fait. L’homme politique le plus célèbre de France, qui recueille à sa mort des hommages émus, qui suscite, lui qui n’était pas un tendre, une sorte de tendresse nationale, restait un mystère pour l’opinion, pour ses pairs et pour les commentateurs.

C’était un lutteur aux failles secrètes, un élu cynique mais chaleureux, un sabreur pétri d’humanité, dont le masque rugueux de raide combattant cachait un détachement philosophique et une sollicitude que les Français avaient fini par comprendre, pour lui accorder, après la bataille, une popularité complice. Il y avait là une part de comédie. «On croit que c’est un homme gentil et pas très intelligent, disait un adversaire, en fait c’est tout le contraire.» Un oxymore sur longues jambes, avec sa part d’humanité qui a fini par dominer cette figure d’ambitieux sans état d’âme, de président énergique et aboulique à la fois.

Son bilan est mince en regard des enjeux du pays. Quelques réformes, une navigation à la godille pour faire franchir au pays le cap du millénaire, une présidence défensive, qui tente de maintenir l’unité française, qui voit le chômage progresser inexorablement, qui accompagne la lente désagrégation européenne et s’essaie à faire bonne figure sur la scène internationale. Le candidat infatigable dans l’assaut devient au pouvoir un chef d’Etat prudent, louvoyant, parfois léthargique, embringué dans les affaires et seulement protégé par son statut, qui se méfie par expérience des sautes d’humeur de l’opinion.

La clé de ce mystère est peut-être dans ses convictions politiques, parfaitement contradictoires, énigmatiques au bout du compte : il restera dans l’histoire comme un homme de droite dont les gestes les plus forts ont été ceux qui plaisaient à la gauche. Comme si ce conservateur souvent agressif trouvait sa vérité dans les symboles du camp adverse, comme si cet anti-soixante-huitard avait mieux compris que d’autres la mentalité progressiste.

A côté de mesures solidement de droite, Chirac a voté l’abolition de la peine de mort, soutenu Simone Veil dans la bataille de l’IVG, refusé toute alliance avec le FN, dénoncé l’intolérance et le racisme du parti d’extrême droite, reconnu la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs, alerté l’opinion mondiale contre les dangers du réchauffement climatique, introduit dans la Constitution le principe de précaution, refusé au grand dam des Etats-Unis la folle guerre d’Irak. Chirac avait commencé sa vie de citoyen à gauche, quand il était étudiant. Il a suivi les rails du conservatisme le reste de sa vie, mais peut-être en gardait-il un regret intérieur. Ou encore, au-delà des calculs électoraux, son détachement de passionné d’antiquités l’a-t-il affranchi des conventions de son camp.

LAURENT JOFFRIN

2 janvier 2011

Larry Clark au MAM de Paris (vu ce matin - dernier jour)

Larry Clark est un artiste phare de la contre-culture, né en 1943 à Tulsa en Oklahoma. A la limite du documentaire et du journal intime, sans filtre ni tabou, ses travaux portent un regard sans concession sur la jeunesse américaine ; ses plaisirs, ses faiblesses et ses incertitudes. La drogue, le sexe, l'amitié et la mort sont les thèmes récurrents de ses oeuvres.A ses débuts, il documente par la photographie sa vie et celle de ses proches. Plus tard, il photographie des groupes de jeunes auxquels il s'est intégré, évitant ainsi la position du voyeur. Parfois troublantes mais jamais gratuites, ses œuvres sont toujours orientées vers une quête de vérité, au-delà des valeurs morales et d'une quelconque idéologie. Selon l'écrivain Jim Lewis, « elles sont simplement ce qu'elles montrent ».
Cette première rétrospective en France revient sur une cinquantaine d'années de création, à travers plus de 120 oeuvres et un film inédit. Les tirages noir et blanc sont d'époque ;les photographies les plus récentes reprennent parfois des thèmes anciens. Le titre de l'exposition,"Kiss the past hello" (1), joue sur l'expression "Kiss the past goodbye" (2), Larry Clark revient ici sur ses vies antérieures, il souligne l'importance qu'ont l'adolescence et le passage à l'âge adulte sur le reste de notre existence.

(1) Traduction littérale : "Dis bonjour au passé"
(2) Expression qui signifie en anglais "Fais table rase du passé"

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Larry Clark

Voir mes précédents billets des 29 novembre 2010, 04 novembre 2010, 26 octobre 2010, 09 octobre 2010, 08 octobre 2010, 07 octobre 2010 et 19 septembre 2010.

26 septembre 2019

BREXIT Boris Johnson aux députés : aurez-vous le courage de me virer ?

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Par Sonia Delesalle-Stolper, correspondante à Londres  

Rentré en avance de New York pour faire face au Parlement qui a rouvert mercredi contre sa volonté, le Premier ministre a offert aux élus de déclencher contre lui un vote de défiance. Le travailliste Jeremy Corbyn est contre.

Boris Johnson aux députés : aurez-vous le courage de me virer ?

Il lui reste peu de temps. Le 20 novembre, s’il est toujours Premier ministre, Boris Johnson ne pourra plus battre le record de son prédécesseur George Canning. Ce conservateur, orateur brillant et très charismatique, n’avait dirigé le gouvernement que pendant 118 petits jours. Il s’était éteint en août 1827, alors qu’il était encore en fonctions. Jusqu’à ce jour, il reste le Premier ministre britannique resté le moins longtemps à son poste. Mais Boris Johnson pourrait gagner enfin un de ses paris et lui ravir ce record, tant les dernières semaines, et surtout les derniers jours, lui ont été néfastes.

Lorsque les hélicoptères des télévisions filment en direct, rue par rue, le convoi du Premier ministre à peine débarqué de son vol en provenance de New York, le signal est limpide : l’heure est grave. Boris Johnson a quitté l’Assemblée générale des Nations unies une journée plus tôt que prévu pour une raison très simple : la justice de son pays avait sifflé la rentrée des classes. En déclarant, dans une décision historique, la suspension du Parlement «illégale, nulle et non avenue», la Cour suprême ne lui avait pas laissé le choix. Il devait se présenter au plus vite devant les députés de retour à la Chambre des communes, dès mercredi. Non sans avoir auparavant passé un coup de fil contrit - on imagine - à la reine, Elizabeth II. Le contenu de la conversation restera privé, mais la Cour suprême a, en substance, estimé que les envoyés de Boris Johnson avaient présenté à la souveraine de fausses raisons pour lui faire signer la suspension du Parlement. Des excuses s’imposaient sans doute auprès de Sa Majesté.

25 septembre 2019

Brexit : la Cour suprême inflige un camouflet judiciaire majeur à Boris Johnson

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Par Cécile Ducourtieux, Londres, correspondante

Les juges ont annulé la suspension du Parlement décrétée par le premier ministre conservateur, plongeant le royaume dans une nouvelle tourmente politique.

Historique. Le mot n’est pas trop fort. La Cour suprême britannique a pris une décision historique, mardi 24 septembre, qui va trouver sa place dans les annales politiques du Royaume-Uni. En déclarant illégale, à l’unanimité de ses onze juges, la décision du premier ministre, Boris Johnson, de suspendre cinq semaines (entre le 9 septembre et le 14 octobre) le Parlement britannique, et en ajoutant que cette suspension n’avait pas eu d’effet et que le Parlement pouvait siéger à nouveau immédiatement, la plus haute juridiction du pays a infligé un énorme camouflet à Boris Johnson.

Mardi, 10 h 30. Ponctuels, les onze juges de la Cour suprême ont pris place derrière leur bureau en demi-cercle. Malgré la pluie, les caméras de télévision s’agglutinent déjà sur le parvis du bâtiment néogothique qui sert de siège à l’institution, à un jet de pierre du Parlement de Westminster. La présidente, Lady Hale, 74 ans, est d’abord inaudible : les micros ne fonctionnent pas, le site Web de la Cour est en panne. Cette jeune institution (elle siège depuis 2009) n’a guère l’habitude d’une telle attention médiatique.

Recommandation « illégale »

Vite, le son revient. Très calme, Lady Hale rappelle d’abord le calendrier des faits : 28 août, Boris Johnson décide la « prorogation » du Parlement et recommande cette suspension à la reine, qui l’approuve. Il est d’usage que le souverain ne s’oppose pas aux décisions du gouvernement. Dans la foulée, les premières plaintes sont déposées : devant la Haute Cour écossaise, par un groupe d’une soixantaine d’élus, et devant son équivalent pour l’Angleterre et le Pays de Galles, par l’activiste anti-Brexit Gina Miller.

Pédagogue, la présidente Hale déroule ensuite son raisonnement. Oui, la Cour a jugé qu’elle pouvait prendre position sur le caractère légal ou non de la recommandation de Boris Johnson à la reine. Début septembre, la Haute Cour anglaise avait pourtant estimé que sa décision de suspendre le Parlement était par « essence politique » et que les juges n’avaient pas à s’en mêler.

Lady Hale ajoute surtout que cette recommandation « était illégale » car « elle a eu pour effet d’entraver la capacité du Parlement à exercer ses fonctions démocratiques, et ce, sans justification rationnelle ». Fin août, M. Johnson avait expliqué avoir besoin de temps pour concocter un programme de réformes, qu’il comptait présenter aux élus le 14 octobre. Mais il n’avait fourni à la Cour aucune déclaration sous serment confirmant ses intentions.

Les plaignants, qui contestaient la suspension, et surtout sa longueur, accusaient le premier ministre d’avoir voulu bâillonner les élus à un moment crucial, à quelques semaines seulement du Brexit, prévu théoriquement le 31 octobre. Lady Hale et ses dix collègues leur ont donné raison sur toute la ligne. « L’effet sur les fondements de notre démocratie » de cette suspension, empêchant les élus d’exercer leur devoir de surveillance de l’exécutif, « ont été extrêmes », a asséné la présidente.

« LE VERDICT D’AUJOURD’HUI CONFIRME QUE NOUS SOMMES UN PAYS SOUMIS À LA LOI ET QUE PERSONNE N’EST AU-DESSUS DE LA LOI »

A l’issue, la semaine dernière, de trois jours de plaidoiries éprouvantes pour les avocats du premier ministre, ses nombreux détracteurs espéraient bien que les juges le mettraient en difficulté. Mais ils n’attendaient pas une décision aussi maximaliste de la Cour, qui plus est, prise à l’unanimité.

« Le verdict d’aujourd’hui confirme que nous sommes un pays soumis à la loi et que personne n’est au-dessus de la loi, y compris le premier ministre. Le Parlement n’a pas été suspendu ! », s’est félicitée Mme Miller au sortir de la Cour. Mardi, cette femme d’affaires déterminée enregistrait ainsi une deuxième victoire : c’était elle, déjà, qui avait décroché une décision décisive de l’institution, fin 2016, contraignant le gouvernement de Theresa May à donner aux députés le dernier mot sur le déclenchement du Brexit.

La conférence annuelle du Labour écourtée

A Brighton, les chroniqueurs politiques des grands médias britanniques, venus dans la station balnéaire couvrir le congrès des travaillistes, n’en reviennent pas non plus.

Dans la salle pleine à craquer de délégués, Jeremy Corbyn prend le micro des mains de sa shadow secrétaire à l’industrie, que plus personne n’écoute. Tout sourire, il appelle Boris Johnson à la démission immédiate. « Il ne peut pas s’asseoir sur la démocratie ! Il va devenir le premier ministre au mandat le plus court de l’histoire », se réjouit le leader du Labour, trop heureux que l’attention des journalistes se détourne de son parti miné par les divisions autour du Brexit. « Johnson out ! Johnson out ! », scandent les délégués à ses pieds.

M. Corbyn leur fait savoir dans la foulée qu’il abrège son séjour à Brighton. Direction Westminster. Car John Bercow, le « speaker » de la Chambre des communes vient de faire savoir qu’il reconvoque les élus dès le mercredi, en fin de matinée. Lui aussi vit une nouvelle heure de gloire, mardi. Depuis des mois, il défend les droits des élus à faire entendre leur voix sur la question du Brexit, et avait qualifié, début septembre, la prorogation « d’outrage constitutionnel ». Comme l’a dit Lady Hale mardi, le Parlement n’a tout simplement « pas été prorogé ». Illégale, la décision de M. Johnson est aussi considérée comme nulle. « Une feuille blanche », a même précisé la présidente de la Cour.

En déplacement à New York, pour l’Assemblée générale des Nations unies, Boris Johnson a été réveillé très tôt par la mauvaise nouvelle. Jouant la sérénité, il avait répondu la veille à des journalistes qui l’interrogeaient sur sa réaction en cas de décision de la Cour en sa défaveur : « Il m’en faut beaucoup pour être nerveux en ce moment. » « Mon gouvernement respectera la loi et les juges », ajoutait-il, précisant qu’il ne comptait pas démissionner.

Mardi, Boris Johnson ne s’est cependant pas contenté d’encaisser la décision des juges : « Je ne suis absolument pas d’accord avec leur conclusion », a t-il protesté, tout en rappelant qu’il la « respecterait ». Réaliser le Brexit le 31 octobre « reste sa priorité » et « clairement les plaignants dans ce cas sont déterminés à stopper le Brexit », a ajouté un premier ministre jouant à nouveau la partition de la volonté du peuple contre celle des élus.

L’autorité du premier ministre gravement entamée

C’est la ligne défendue par son premier conseiller, Dominic Cummings, un des artisans de la victoire du camp du « Leave » en 2016, devenu la tête de turc des « Remainers ». Réputé sans scrupule, il pense que tout ce qui affaiblit son premier ministre dans sa volonté de réaliser le divorce avec l’Europe renforce la colère des « Leavers » à l’endroit des élus et des juges.

« Dominic Cummings doit partir », réclamait le président du parti du Brexit, Nigel Farage, mardi matin. « Drôle de moment : voilà que je suis d’accord avec Nigel », ajoutait dans un tweet le conservateur modéré David Gauke.

Mardi soir, des sources à Downing Street faisaient cependant savoir que M. Johnson abrégeait son séjour new-yorkais, pour apparaître à Westminster mercredi.

Car il y a le feu : l’autorité du chef du gouvernement paraît désormais gravement entamée. « Plus personne ne peut croire ce premier ministre », a asséné M. Corbyn, mardi après-midi, concluant, avec vingt-quatre heures d’avance, la conférence annuelle de son parti.

Boris Johnson a perdu sa majorité début septembre. Sa stratégie d’un Brexit « Do or Die » a été bloquée une première fois par le Parlement juste avant qu’il soit prorogé (une loi l’oblige désormais à réclamer à Bruxelles un décalage de trois mois du Brexit, à janvier 2020, ce qu’il refuse). Quant aux négociations avec Bruxelles pour aboutir à un accord de divorce, elles n’ont pas avancé d’un pouce.

L’opposition va t-elle tenter un vote de défiance ? Elle hésite. N’est-ce pas ce que souhaite désormais M. Johnson pour tenter de sortir de l’impasse dans laquelle il s’est mis tout seul en à peine deux mois à Downing Street ?

Depuis New York, il a réclamé à nouveau une élection générale. Pas sûr que les travaillistes lui fassent ce plaisir, du moins pas dans l’immédiat. Ils sont apparus profondément divisés à Brighton, incapables d’adopter collectivement une franche ligne « Remain ». La priorité, d’ici à fin octobre, « est de bloquer un no deal », a insisté M. Corbyn.

La démocratie parlementaire considérablement sécurisée

Dans cette période tourmentée depuis le référendum de 2016, les onze juges de la Cour suprême ont marqué l’histoire en sécurisant considérablement la démocratie parlementaire britannique et en définissant très clairement la balance des pouvoirs entre le Parlement et le gouvernement.

Dans un pays où la Constitution n’est pas codifiée, ils ont joué en quelque sorte le rôle de juges d’une Cour constitutionnelle. « La souveraineté » et la « responsabilité » du Parlement britannique sont « deux principes fondamentaux de la Constitution britannique », a rappelé Lady Hale.

« Le Parlement produit des lois auxquelles chacun doit se tenir. (…) Le fait que le premier ministre, son gouvernement et son cabinet soient collectivement responsables et redevables devant le Parlement est au cœur de la démocratie de Westminster. »

Et le Brexit dans tout ça ? La décision de la Cour rend encore plus improbable l’hypothèse d’un « no deal » à la fin octobre. Comment, après un tel revers judiciaire, M. Johnson pourrait-il défier la loi parlementaire l’obligeant à réclamer un délai, en l’absence d’accord avec Bruxelles le 18 octobre ?

Pour autant, le Parlement s’est jusqu’à présent montré incapable de faire émerger une majorité pour sortir de l’impasse du Brexit : un nouveau référendum, un nouvel accord avec les Européens, voire une révocation pure et simple du processus du divorce…

24 septembre 2019

Vade retro Greta !

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Ce qu’il y a d’amusant chez cette jeune Greta Thunberg, c’est qu’elle a l’art de faire sortir les réacs de leur trou comme des souris attirées par un morceau de fromage, ce talent de les énerver comme le taurillon devant la muleta. Deux exemples parmi tant d’autres. Luc Ferry : «Nous sommes en train de tomber dans une société de jeunisme délirant et ça n’est pas la solution. C’est aux adultes de sauver le monde qui vient, pas aux enfants.» Alain Finkielkraut : «Je trouve lamentable que des adultes s’inclinent aujourd’hui devant une enfant. Je crois que l’écologie mérite mieux, et il est clair qu’une enfant de 16 ans, quel que soit le symptôme dont elle souffre, est évidemment malléable et influençable.»

L’argument de la jeunesse excessive est étrange. Corneille faisant parler Rodrigue : «Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années.» Toutes proportions gardées, Jeanne d’Arc était à peine plus âgée que Greta Thunberg, et Gavroche nettement plus jeune. Faudrait-il les jeter à bas de leur piédestal pour les renvoyer symboliquement à l’école ? Les mêmes procureurs, d’ailleurs, se lamentent régulièrement devant une jeunesse à leurs yeux décervelée, qui passerait son temps devant des jeux vidéo. Si des lycéens et des lycéennes prennent à cœur l’avenir de la planète et jouent un rôle civique, les contempteurs de la génération internet devraient s’en féliciter.

D’autant que ces jeunes seront par définition en première ligne si la lutte contre le réchauffement échoue. Ils défendent aussi leur avenir : qui peut le leur reprocher ? Pour les conservateurs, le symbole Greta Thunberg est un dérivatif : faute de pouvoir nier l’urgence écologique, on attaque sa porte-parole. On n’aime pas le message mais on n’ose pas le dire : on s’en prend à la messagère.

Emmanuel Macron, dans une confidence, s’est laissé aller à des réflexions du même tonneau. «Qu’ils aillent manifester en Pologne», a-t-il dit au Parisien dans l’avion de New York, en référence au refus des décisions européennes sur le climat exprimé par le gouvernement de Varsovie. Riche idée, en vérité, qui pourrait s’appliquer à d’autres protestations. Ainsi les gilets jaunes mécontents de l’augmentation du prix des carburants pourraient aller manifester en Arabie Saoudite, les agriculteurs menacés par les importations de viande défiler en Nouvelle-Zélande. Voilà qui permettrait au gouvernement de dormir sur ses deux oreilles.

Au vrai, le blocage des actions européennes par les pays de l’Est est très critiquable et Macron n’a pas tort de le rappeler. Il faut aussi reconnaître que le Président s’agite beaucoup dans les arènes internationales pour que les grands pays passent aux actes en matière climatique, ce qu’on ne saurait lui reprocher. La France consent des efforts méritoires pour améliorer les choses. Mais c’est un fait, aussi, qu’elle ne respecte pas les objectifs de réduction des émissions qu’elle a elle-même fixés. Il y a en cette matière un impératif des cohérences : si les mesures qu’on prend chez soi sont insuffisantes, on est moins bien placé pour faire la leçon aux autres.

P.S. Une erreur regrettable s’est glissée dans la lettre d’hier, l’étude de Cairn.info n’est pas la bonne. Il fallait se référer au texte suivant : «Homoparentalité et développement de l’enfant : bilan de trente ans de publications».

LAURENT JOFFRIN

26 mars 2017

Pour le Sidaction, tous au Moulin Rouge... (hier soir sur France 2)

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Pour le 23e lancement de l’opération Sidaction, la chaîne France 2 a diffusé hier soir une émission spéciale intitulée «Tous au Moulin-Rouge pour le Sidaction». Pour l’occasion, plus de 200 artistes et danseurs ont repris des chansons de bals populaires, sous l’œil de Line Renaud, la vice-présidente de l’association qui lutte contre la maladie du sida. Parmi les invités de marque : l’animateur et comédien Laurent Ournac, le chanteur Roch Voisine, l’humoriste Muriel Robin ou la chanteuse Alizée. Shy’m, la sublime chanteuse de 31 ans, était l'une des stars de la soirée.

Ci-dessous la prestation de SHY'M au Moulin Rouge

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Revoir le spectacle du Moulin Rouge pour le Sidaction

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22 septembre 2019

HIER : A Paris, une Marche pour le climat dans la confusion

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Par Rémi Barroux, Raphaëlle Besse Desmoulières, Pierre Bouvier, Aline Leclerc

Le cortège, qu’ont rejoint des « gilets jaunes » et des black blocs, s’était élancé samedi dans une ambiance bon enfant qui a vite laissé la place aux affrontements.

Difficile de tirer un bilan des manifestations du 21 septembre, tant pour les « gilets jaunes » qui marchaient dans Paris pour un 45e samedi de mobilisation, que pour les nombreuses organisations et associations à l’origine de la Marche pour le climat, un rendez-vous important à deux jours d’un sommet de l’action pour le climat organisé à New York par António Guterres, secrétaire général des Nations unies (ONU).

Les « gilets jaunes » qui voulaient faire de ce samedi une journée « historique » qui marque les esprits et remette le mouvement sur le devant de la scène, avec le mot d’ordre « toute la France à Paris », n’auront guère pu structurer de cortège indépendant, empêché notamment de rejoindre les Champs-Elysées par un imposant dispositif policier.

Frustration donc mais ils ont néanmoins pu défiler avec les marcheurs pour le climat, et auront, en divers endroits, déclenché le scénario connu d’affrontements sporadiques avec les forces de l’ordre et de très nombreux tirs de grenades lacrymogènes et de désencerclement.

De leur côté, les ONG engagées dans la lutte climatique et la défense de l’environnement ont failli, elles, ne pas pouvoir manifester du tout, bloquées dès le départ, à quelques centaines de mètres de la place du Luxembourg, par des tirs nourris de lacrymogènes. Mais bien que leur cortège ait été en grande partie, au moins au début, parasité par la constitution d’un black bloc et la présence de centaines de « gilets jaunes » qui voulaient en découdre, les militants pour le climat ont fini par atteindre leur point d’arrivée prévu, à Bercy.

Forte mobilisation policière

Au final, ce sont 38 000 personnes qui ont défilé à Paris contre « l’inaction climatique du gouvernement », selon les organisateurs – et 15 200 selon le comptage indépendant du cabinet Occurrence. Au total, toujours selon les organisateurs, « plus de 150 000 » manifestants sont descendus dans la rue samedi, dont 15 000 à Lyon (5 000 selon la police), 10 000 à Grenoble, 5 000 à Strasbourg (3 600), et des milliers d’autres dans de nombreuses villes (Lille, Nantes, Bordeaux, Metz, Rouen, Nancy, Marseille, etc.).

Les regards étaient surtout braqués sur Paris où la convergence entre manifestation sociale et mobilisation pour le climat était annoncée, redoutée aussi par la préfecture de police qui a annoncé avoir mobilisé 7 500 membres des forces de l’ordre.

La journée de mobilisation parisienne a débuté dès 9 heures du matin, par le rendez-vous de « gilets jaunes », place de la Madeleine, où une déclaration de manifestation avait été déposée par le syndicat Solidaires et l’association altermondialiste Attac. Mais le rassemblement n’avait pas été autorisé par la préfecture. Pas plus que les parcours proposés par les « gilets jaunes » du collectif Décla Ta manif, qui depuis janvier, met un point d’honneur à défiler sur des parcours autorisés.

Les « gilets jaunes » venus de toute la France qui ont convergé place de la Madeleine à 9 heures se sont immédiatement fait refouler par la police : même une pancarte « Fin du monde, Fin du mois, agissons » n’a pas été tolérée une minute. « Ils nous refusent tous les parcours, alors comment je peux manifester ma colère moi ? », s’indignait Mickaël Jourdain, 39 ans, ambulancier venu de Troyes, résumant le sentiment collectif.

Les « gilets » ne portent plus leur gilet

Privés de lieu de rassemblement autorisé, les « gilets jaunes » sont donc partis en petites grappes à travers les rues de Paris, entravant la circulation, renouant, en ça, avec leurs habitudes de l’hiver et du printemps.

A la différence près qu’ils ne portent désormais plus leur gilet. Pour moins attirer l’attention des policiers. « Et aussi parce qu’on n’a plus besoin de se différencier des autres, on est tous ensemble, on est le peuple », expliquait un manifestant.

Mais cette précaution les rend désormais beaucoup moins visibles et identifiables et donne de fait moins de portée à leur présence éparse dans les rues de Paris. Les passants ne les reconnaissaient qu’à leur chant « On est là, même si Macron ne veut pas nous, on est là ». Mais ces quelques notes entraînaient immédiatement l’arrivée des forces de l’ordre, dont les interventions musclées, à grand renfort de gaz lacrymogènes, sont parvenues à éviter toute la matinée, la formation d’un cortège conséquent.

Si bien que de guerre lasse, vers midi, tous ont pris le chemin de la Marche pour le climat dont le départ était prévu devant le jardin du Luxembourg. Certains avec de vraies convictions écologistes, d’autres avec avant tout le souci de trouver un endroit où s’exprimer. Beaucoup d’appels à la convergence avaient été lancés, par des « gilets jaunes » comme par des écologistes ces dernières semaines.

Sur le terrain, elle s’était déjà traduite dans la rue par des actions communes, des banderoles jaunes et vertes, dans de nombreuses villes en France, et ce dès l’hiver 2018. Mais, ce 21 septembre, forcée en partie par les circonstances, cette convergence ne faisait pas que des heureux. « On nous interdit de manifester, ils ne nous laissent même pas déclarer de manifestation, alors on est venu là et on va quand même manifester », expliquait Patrick et Olivier, respectivement retraité de 67 ans et cuisiner de 57 ans, de la région parisienne.

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L’ambiance bon enfant s’est envolée en quelques secondes

Et quand, vers 13 heures 30, les organisateurs ont donné la parole à plusieurs représentants d’associations, les cris des très nombreux « gilets jaunes » présents, « Et tout le monde, déteste la police », recouvraient les interventions. Au point qu’un responsable de la marche a pris la parole pour expliquer que « si tous les “gilets jaunes” étaient les bienvenus, il fallait respecter le pacte de non-violence accepté par tous les participants ».

De fait, quelques dizaines de minutes plus tard, des affrontements se déroulaient sur le boulevard Saint-Michel, à quelques centaines de mètres à peine du point de départ.

Des tirs nourris de gaz lacrymogènes et de grenades de désencerclement ont visé la tête de manifestation occupée par plusieurs centaines de black blocs et de « gilets jaunes » plus enclins à en découdre qu’à marcher pacifiquement jusqu’au point d’arrivée prévu, à Bercy dans le 12e arrondissement de Paris.

Comme des milliers de participants à cette marche voulue familiale et bon enfant, sous un gai soleil estival, Emilie Noel, 17 ans, était pourtant venue, brandissant de grands bambous cueillis dans le jardin de la maison familiale à Morsang-sur-Orge (Essonne) manifester « pour que ça bouge vraiment, pour que le gouvernement agisse concrètement face à l’urgence climatique ». Et comme l’ensemble de la manifestation, elle s’est retrouvée prise au piège, ne pouvant plus avancer ni reculer, tant le cortège était compact, ne pouvant pas non plus dégager par les rues latérales totalement bloquées par les forces de l’ordre.

Alors que quelques minutes plus tôt, on dansait au son des batucadas, derrière des pandas ou des abeilles géantes, en agitant sa pancarte au slogan percutant et souvent drôle « les calottes sont cuites », « moins de riches, plus de ruches », l’ambiance bon enfant s’est envolée en quelques secondes. Les nuages de lacrymogènes jusqu’ici réservés à la tête de cortège, sont arrivés sur la foule, prenant tout le monde par surprise. Et notamment les parents, qui s’enfuyaient rapidement dans une rue adjacente pour tenter de protéger leur progéniture.

« Un sentiment de gâchis »

« Des violences – pas du fait des manifestants pour le climat – ont éclaté en début de cortège. Des envois de grenades lacrymogènes par les forces de l’ordre ont suivi, stoppant la marche. Le cortège est scindé en deux, le bas marche vers Saint-Michel. Les CRS empêchent les manifestants pacifistes, en présence d’enfants, de quitter le cortège, expliquait alors au Monde, Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France, organisation qui appelait alors dans un tweet à quitter les lieux. J’éprouve un sentiment de gâchis au moment où on avait envie et besoin de relancer la mobilisation. Visiblement le gouvernement est plus fort pour agir contre les militants du climat que contre son dérèglement. »

Après une demi-heure d’incertitude et de toussotements dus aux gaz, la manifestation, ou ce qu’il en restait, a finalement repris sa marche, emmenée notamment par les militants d’ANV-COP21 et leur sono qui scandait « Plus chaud, plus chaud, on est plus chaud que le climat », le speaker demandant d’applaudir la présence de « gilets jaunes ».

La plupart des manifestants écologistes s’en félicitaient et plaidaient pour la convergence. « J’ai la chance d’être à l’abri financièrement, mais je pense comme eux qu’il faudrait changer le système économique pour un partage des richesses plus équitable, expliquait ainsi Olivier Daurces-Felsenburg, 62 ans. Que les black blocs viennent, ça me déplaît, bien que je comprenne bien ce qui peut mettre en colère. Je suis plutôt de ceux qui préfèrent des solutions tranquilles, où l’on se met d’accord autour d’une table. Pour ça, il faudrait que les gens se mettent en grève par millions ! Mais j’ai l’impression que les esprits ne sont pas mûrs. »

Après avoir manifesté en début d’après-midi contre la réforme des retraites, dans une manifestation convoquée par Force ouvrière (FO) et qui aurait rassemblé 15 000 personnes selon les organisateurs, Alain, agent territorial et « gilet jaune » depuis le 17 novembre 2018 avait rejoint la Marche pour le climat avec sa chasuble rouge aux couleurs de son syndicat. « Bien sûr qu’il faut la convergence ! Je ne sais pas ce qu’ils foutent en haut, ceux qui dirigent nos syndicats, on dirait qu’ils veulent pas que ça bouge. Ils sont bien installés dans leur petit confort eux aussi », pestait-il.

« La convergence commence doucement »

La Marche pour le climat a finalement rejoint Bercy, non sans quelques tirs de gaz lacrymogènes sur le parcours, à Gobelins ou Place d’Italie. Toutes les rues adjacentes, sur le trajet, étaient verrouillées par les forces de l’ordre, plongeant dans l’expectative les centaines de « gilets jaunes », forcés de suivre le mouvement. La tentation des Champs-Elysées était vive et nombreux lançaient la consigne de s’y rendre sans pouvoir toutefois la concrétiser.

En fin d’après-midi, vers 17 heures, les militants d’Action Climat Paris soutenus par Greenpeace 350.org, Il est encore temps et Attac ont bloqué le pont de Tolbiac et occupé la passerelle Simone de Beauvoir, déroulant trois grandes banderoles, « Macron, polluter of the Earth », « Pollueurs, irresponsables, il est temps de payer », « Climat, social, mêmes responsables, même combat ». Bloquant le pont durant deux heures, quelque 2 000 militants, auxquels s’étaient joints des « gilets jaunes », entendaient donner rendez-vous au gouvernement dans un mois, à la veille du vote de la première partie du projet de loi de finances, pour que celui-ci soit à la hauteur de l’urgence sociale et climatique. « Nous serons là pour leur rappeler leurs priorités », expliquait Cécile Marchand d’Action Climat Paris.

Plus bas, sur la voie express qui passe sous le ministère des finances de Bercy, les voitures slalomaient entre les grenades lacrymogènes tirées par les forces de l’ordre. Ultimes affrontements de la Marche pour le climat, pendant que, sur les quais, des dizaines de jeunes, loin des préoccupations écologistes du jour, dégustaient bières et spritz au son d’une musique techno sur la terrasse ensoleillée du Cargo Bar.

Vers 19 heures, tout était fini, ou presque. Un ultime cortège prenait alors la direction de la place de la Bastille, pour une manifestation non déclarée. Quelque 2 000 manifestants rappelaient alors dans l’obscurité du début de soirée l’urgence climatique. Avec son tee-shirt jaune ANV-COP21, une retraitée glissait, d’un ton apaisé : « la convergence commence doucement. Il faudra aussi qu’ils arrivent à comprendre que la non-violence est aussi une stratégie qui a fait ses preuves ».

Sur les Champs-Elysées, un dernier round d’affrontement mettait aux prises les forces de l’ordre et les quelques « gilets jaunes » parvenus jusque-là. A 18 heures, 395 personnes avaient fait l’objet d’une verbalisation pour avoir manifesté dans l’un des périmètres interdits et 163 avaient été interpellées selon la préfecture de police de Paris. A 20 heures, 120 personnes avaient été placées en garde à vue a indiqué au Monde le parquet de Paris.

18 mars 2017

Aurélie Dubois - «Voir peut-il rendre fou ?»

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 Ci-dessus : Aurélie Dubois au cours du vernissage de son exposition

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Artiste spécialisée dans la «confusion», Aurélie Dubois hybride les corps mâles et femelles ou s’amuse à mixer des anatomies repoussantes et bizarres.

En 2015, Aurélie Dubois fait un micro-trottoir dans Paris, montrant les images de ses oeuvres aux passants pour filmer leurs réactions : «C’est trash», «C’est dégueulasse», «C’est répugnant», sont les phrases les plus souvent prononcées de même que les questions : «Là femme, là homme et là c’est à l’envers alors ?». «En fait elle fait un mélange entre les deux. C’est pour montrer qu’on est… différent ?», demandent des étudiantes. Ces réactions illustrent une peur, toujours la même : celle d’un monde sans limites claires entre soi et les autres. Aurélie Dubois s’est fait une spécialité de jouer sur la corde sensible de cette peur, avec une joie maligne. Du 16 au 26 mars, ses oeuvres dérangeantes sont exposées lors d’une rétrospective, au 24Beaubourg, une galerie située près du centre Pompidou. L’exposition s’intitule «Voir peut-il rendre fou?» par allusion au fait, peut-être, qu’Aurélie Dubois voudrait nous entraîner dans cet univers de confusion mentale qui consiste à abolir la frontière entre son corps et celui des autres…

Le petit laboratoire du clonage artistique

Paul Ardenne, Commissaire de l’exposition, commente : «Dans toute image produite par Aurélie Dubois, un corps humain. Mais lequel ?» Le sien, souvent nu, et ceux de tous les «êtres qui gravitent autour du sien». Aurélie met volontiers en scène son anatomie admirable, amalgamée avec celle d’hommes, de singe, d’enfants, de poupées ou même d’arbres au fil de croisements génétiques aberrants, voire «abominables», pour reprendre un terme souvent utilisé dans les textes sacrés lorsqu’il est question des transgressions les plus funestes. Les pires de toutes –travestissement, bestialité, inceste, etc– ce sont celles justement qui touchent aux frontières séparant les sexes, les âges, les espèces ou les règnes. Aurélie Dubois s’amuse volontiers avec ce genre d’interdits, n’hésitant jamais à accentuer encore l’aspect rebutant-fascinant de ses oeuvres en déformant les visages et les corps jusqu’à la laideur.

Faut-il être dupe d’un discours «engagé» ?

Son goût pour le protéiforme s’arrange volontiers d’un discours qu’elle veut militant : il s’agit, dit-elle, d’un «appel à la résistance et à la vigilance, face aux diktats de notre société contemporaine». La formule est si ridiculement enflée qu’il est difficile d’y croire. Ca sonne creux. L’artiste auto-proclamée «de garde» pense probablement bien faire en caressant les bonnes causes dans le sens du poil… bonnes causes qu’elle dessert joyeusement. Il n’y a qu’à voir la tête des passants. Qui voudrait d’un monde peuplé de femmes à barbe et de gamines au visage prématurément ridé de septuagénaire ? Là où l’oeuvre d’Aurélie Dubois est intéressante vient justement de ce qu’elle provoque : un irréductible sentiment d’horreur. En opposition totale avec ce qu’elle prétend défendre (l’idéal d’un monde où les gens seraient heureux de vivre avec un corps hétéroclite),Aurélie Dubois représente un monde fortement anxiogène, avec un goût morbide pour les clonages contre-nature. «Vivre, c’est muter», dit-elle. Ce qu’on pourrait traduire «vivre c’est se perdre», irréversiblement. Son oeuvre exsude la peur de la dissolution.

Ce processus en cours qui nous travaille au corps

Ses dernières oeuvres sont d’immenses dessins d’un mètre cinquante tracés à la mine graphite sur du «papier moisi» (dit-elle) ou sur des «feuilles utilisées dans le bâtiment pour faire disparaitre les fissures». Aurélie y a tracé des figures qui s’entrelacent les unes aux autres, en fondus-enchainés proche du film gore : une femme tient un crâne aux orbites noires entre les mains, une autre se masturbe, une autre se fait écarter la mâchoire, une dernière dort allongée. Une tresse de cheveux lui sort du sexe comme un serpent et relie toutes les autres figures. C’est la même tresse de cheveux serpentine qui, sur un autre dessin géant, enroule les dents mal plantées dans une bouche, étrangle une petite fille ou sert de cordon ombilical à un bébé… Les cheveux dans ces dessins torturés illustrent l’idée centrale : tout est lié. Mort et vie inextricablement. Masculin et féminin. Animal et humain. Impossible de trancher nettement les limites.

«Mascarade pileuse» : inversion sexuelle et chevelure

Ce sentiment d’être reliée à tout –à ce qui l’entoure, aux êtres qu’elle aime et à sa propre disparition–, il n’est pas innocent qu’Aurélie Dubois le représente comme une tresse de cheveu. Dans un article intitulé «Pilosités héroïques et femmes travesties», l’historien François Delpech raconte l’anecdote suivante : en 713 après J.-C. le magnat visigoth Théodomir, enfermé dans une forteresse espagnole, fit croire aux assaillants musulmans qu’il possédait d’innombrables troupes. «Il fit monter sur les remparts les femmes de la ville après les avoir munies de bâtons susceptibles de passer de loin, pour des lances, et avoir arrangé leurs chevelures de telle sorte que les assiégeants puissent les prendre pour des hommes». La légende existe, sous différentes formes, dans beaucoup d’autres mythes indo-européens, toujours accompagnée de précisions sur les coiffures des femmes. «Les cheveux sont au centre même de l’anecdote», insiste François Delpech qui fait de la «mascarade pileuse» le ressort principal des stratégies de travestissement.

Cheveux et psychisme : même pouvoir d’excorporation

Le système pileux occupe une place privilégiée dans les cultures humaines. Florent Pouvreau dans Du poil et de la bête, le formule ainsi : «La qualité d’interface du poil, comme zone de contact entre l’intérieur et l’extérieur du corps, dépasse [souvent] le seul rapport d’échange et implique un rapport d’identité». Raison peut-être pour laquelle Aurélie Dubois fait des cheveux le nouveau support de son travail : les cheveux, par «illusion d’optique» peuvent facilement faire passer un homme pour une femme (et réciproquement). Mais les cheveux, surtout, renvoient à l’idée d’une toile : ils tissent autour du corps comme les rêts d’une pensée qui ne cesse de se projeter hors du corps. Les cheveux poussent sans cesse. La pensée s’extériorise de même : traversant la fragile paroi de notre tête, elle entre dans la tête des autres, elle essaie de penser à la place de l’autre… Impossible, sur le plan psychique, de faire franchement la différence entre notre corps et celui des personnes que nous regardons. Si nous voyons quelqu’un se faire mal, nous faisons la grimace. Notre capacité d’empathie est telle qu’il nous arrive parfois de «sentir» physiquement des choses à distance. Il y a là un danger, certainement. Chaque jour, nous essayons de protéger qui nous sommes (qui nous croyons être). La peur de perdre pied nous guette. C’est dans ce monde privé de repères, d’angoisse diffuse et de souffrance partagée qu’Aurélie nous invite à la suivre. Texte d'Agnès Giard

EXPOSITION : «Voir peut-il rendre fou ?», du 16 au 26 mars 2017 au 24Beaubourg : 24, rue Beaubourg 75003 Paris // Vernissage le jeudi 16 mars 2017. «Voir peut-il rendre fou» sur facebook.

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Ci-dessus : Aurélie Dubois

Reportage photographique : Jacques Snap (au cours du vernissage - 16 mars 2017)

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Titre : Développement Pulsionnel

Format : 56×76 cm

Technique : graphite, encre carbone, urine

Année : 2017

Le lien est rompu. Des mains ombrageuses d’un âge qui n’est pas celui de la petite fille marquent la compulsion sexuelle des prédateurs humains. La tresse est rompue et finie comme la tête d’un serpent ou d’un sexe masculin. Elle est dans la position d’une personne qui se recroqueville ou qui s’apprête à se séparer de ses déjections. Le signe de la déjection est une mise en parallèle avec le stade psychanalytique sadique-anal, siège des perversions à venir.

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Titre : jeux d’enfants

Format : 50X70 cm

Technique : photographie couleur

Année : 2012

Les enfants cherchent à connaître ce qui est caché. Les adultes ne cessent d’être ces enfants. Cette image est en or parce qu’elle est précieuse dans sa vérité.

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Titre : Mes tresses s’amusent

Format : 150×200 cm

Technique : mine graphite et papier moisi

Année : 2016

Synthèse de toutes les dimensions qui composent mon travail de création. La mort, la naissance, la beauté, le lien, l’emprisonnement, la laideur, le sommeil et l’éveil.

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15 septembre 2019

POLITIQUE - Elections Municipales de Paris

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À six mois des municipales à Paris, Anne Hidalgo devance Benjamin Griveaux dans un sondage Ce sondage semble confirmer que la maire sortante pourrait tirer profit de la rivalité entre les marcheurs en vue du scrutin de 2020. Anne Hidalgo devance Benjamin Griveaux et Cédric Villani dans la course à la mairie de Paris, selon un sondage.

MUNICIPALES - La maire PS sortante de Paris conserve la dynamique dessinée dans un sondage en mars. Anne Hidalgo arrive en tête des intentions de vote à six mois du premier tour des municipales à Paris, sept points devant le candidat LREM investi Benjamin Griveaux, suivi du “marcheur” dissident Cédric Villani, selon un sondage publié ce dimanche 15 septembre.

Selon cette enquête Ifop-Fiducial pour le Journal du dimanche et Sud Radio, si le premier tour des municipales de mars 2020 avait lieu ce dimanche, 24% des voix iraient à une liste de la majorité municipale “Paris en commun” menée par Anne Hidalgo et soutenue par le PS, le Parti communiste, les Radicaux de gauche, centre et indépendants.

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A six mois du premier tour des municipales à Paris, la maire PS sortante Anne Hidalgo arrive en tête des intentions de vote, sept points devant le candidat LREM investi Benjamin Griveaux, suivi du « marcheur » dissident Cédric Villani, selon un sondage publié dimanche. Selon cette enquête Ifop-Fiducial pour le Journal du dimanche et Sud Radio, si le premier tour des municipales de mars 2020 avait lieu ce dimanche, 24 % des voix iraient à une liste de la majorité municipale « Paris en commun » menée par Mme Hidalgo et soutenue par le PS, le Parti Communiste, Les Radicaux de Gauche, Centre et Indépendants.

Rachida Dati en 4e place
Avec 17 %, la seconde place reviendrait à une liste LREM conduite par Benjamin Griveaux, deux points devant celle menée par Cédric Villani (15 %). Ce sondage est le premier à paraître depuis l’annonce de la candidature dissidente du mathématicien la semaine dernière. L’étude semble ainsi confirmer que la maire sortante pourrait tirer profit de la rivalité entre les marcheurs en vue du scrutin.

En quatrième place avec 14 % des voix, le sondage place une liste LR conduite par Rachida Dati, juste devant une liste Europe-Ecologie-les-Verts (EELV) menée par David Belliard (13 %). Viennent ensuite à égalité avec 5 % une liste LFI conduite par Danielle Simonnet et une liste Agir menée par Pierre-Yves Bournazel. Une liste soutenue par le RN pilotée par Serge Federbusch est créditée de 4 %. Et la liste menée par l’ex-conseiller communication de François Hollande Gaspard Gantzer recueillerait 1 % des voix, devant une liste d’extrême-gauche (0,5 %).

La propreté principale préoccupation des Parisiens
Interrogés sur ce qui va jouer un rôle déterminant dans leur choix, les sondés citent en premier lieu la propreté (69 %), devant la lutte contre la pollution (65 %) et la sécurité des biens et des personnes (63 %). Viennent ensuite la maîtrise des impôts (59 %), le développement économique et l’emploi (55 %) et l’environnement, la lutte contre le dérèglement climatique (55 %), devant l’amélioration de la circulation (51 %) et l’urbanisme, l’aménagement de la ville (48 %).

Le Sondage a été réalisé en ligne du 9 au 12 septembre auprès d’un échantillon représentatif de la population parisienne de 1.102 personnes de 18 ans et plus (968 personnes inscrites sur les listes électorales), selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 1,4 à 3,1 points.

11 mars 2017

Mademoiselle A en couverture de Wyylde

Mademoiselle A en couverture du magazine Wyylde C'est un secret qui a été bien gardé depuis plusieurs semaines ! Voici la photo que vous trouverez dés ce samedi matin en UNE de Wyylde, dans tous les kiosques de France... Pour lancer sa nouvelle formule, le célèbre magazine a choisi Mademoiselle A en "cover girl" et pas seulement... car ce numéro très spécial lui est largement consacré. A l'intérieur, 8 pages de photos inédites et une interview exclusive dans laquelle la nouvelle icône de l'univers fetish se livre sans tabou et se confie avec passion sur sa vie intime, son univers sensuel et artistique, sa carrière de chanteuse, de comédienne et d'égérie de son styliste adoré Patrice Catanzaro. Vous pourrez d'ailleurs découvrir un shooting photo réalisé avec les dernières créations de Patrice Catanzaro. Il y est aussi question bien évidement du Spectacle musical "Mon Gainsbourg à moi" qui est en ce moment à l'affiche du prestigieux THEATRE TREVISE PARIS... Mademoiselle A y dévoile sa vraie vie dans une mise en scène sulfureuse et inventive, une "Histoire d'O" moderne sur fond de Gainsbourg revisité version glamour. Un énorme merci au très très talentueux photographe, mon ami Frédéric Fontenoy pour avoir réalisé cette magnifique photo de couverture... je n'ai pas résisté à l'envie de la publier en N&B, comme dans l'univers de Frederic, même si vous la retrouverez en couleur dans le magazine. Merci également aux autres photographes qui ont réalisé les autres clichés des pages intérieures. Merci à toutes les équipes de Wyylde pour leur confiance, leur gentillesse et leur professionnalisme... en premier lieu le "boss" Christophe Soret. Merci enfin à mon mari et producteur Cyrille Devaud d'avoir accepté pour la première fois de poser avec moi dans une séance photo. Sachez que je serai l'invitée de Benjamin Warlop et Anna Polina dans "Wyylde l'émission" lundi soir 13 mars en direct de 21h à 23h... et que je vous retrouve avec plaisir jeudi prochain à la Divine Alcôve pour le Wyylde Apéritif ! Un seul conseil, courez chez votre marchand de journaux pour vous offrir ce numéro collector du magazine Wyylde... j'attends vos réactions ! Je vous love Mademoiselle A

Une publication partagée par Mademoiselle A (@mademoiselleaofficiel) le 10 Mars 2017 à 14h52 PST

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11 mars 2017

Six ans après, le Japon se souvient de ses morts

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 Le 11 mars 2011, sur la côte nord est du Japon, un tsunami a fait plus de 18 000 morts. Une catastrophe naturelle suivie d’un accident nucléaire. Hier, là-bas, l’heure était au recueillement.

Reportage

« En un instant, le monde est devenu un cauchemar ! » Hier, en milieu d’après-midi, dans la grande salle du centre culturel de Minamisoma, la cérémonie commémorative pour le 6e anniversaire de la catastrophe du grand séisme touche à sa fin. M. Tanaka vient de prendre la parole au nom des familles des victimes. Minamisoma, à une vingtaine de kilomètres de la centrale de Fukushima, a été profondément marquée par le tsunami puis la catastrophe nucléaire.« Le 11 mars 2011, le jour du grand séisme et du tsunami, 636 personnes ont été tuées, rappelle le maire, Kastunobu Sakurai.Et le lendemain, plus de 60 000 habitants ont été évacués après l’explosion d’un des réacteurs de la centrale nucléaire. » Le jour de la catastrophe, M. Tanaka a perdu sa femme. Il raconte le drame vécu par sa communauté :« Dans notre quartier, sur 37 foyers, 36 ont eu à déplorer une ou plusieurs victimes. Sur 140 habitants, 45 ont péri. » Le drame est encore très présent dans les esprits. L’intensité de la minute de silence respecté à 14 h 46, l’heure du séisme, le prouve.« Nous avançons petit à petit pour reconstruire, poursuit M. Tanaka.Mais la tristesse est encore profonde et souvent inexprimable. Notre rôle, à nous survivants, est de tenter de vivre heureux pour faire plaisir aux morts. » Sur la scène du centre culturel de Minamisoma, un totem dédié aux esprits a été élevé sur un parterre de fleurs. Même décor au théâtre national de Tokyo pour la cérémonie nationale retransmise en direct. Symbole, parmi d’autres, les fleurs viennent de la« terre sinistrée » de la préfecture de Fukushima. Devant le prince Fumihito d’Askishino, le deuxième fils de l’empereur du Japon, le Premier ministre, Shinzo Abe, s’est directement adressé aux esprits, tournant le dos à la salle.« La reconstruction avance bien. Les infrastructures commencent à se rétablir », a-t-il lancé dans une intervention volontairement optimiste. Pas sûr que son enthousiasme soit partagé par tous les habitants des zones sinistrées où la vie demeure encore très compliquée. Avec notamment des milliers de personnes toujours installées dans des logements provisoires. Mais hier, l’heure était au recueillement plus qu’aux polémiques. Dans le centre culturel, la cérémonie se conclut. Tous les participants défilent devant la grande scène et déposent une fleur blanche devant le totem. Parmi eux, une délégation de Normandie. Élus, syndicalistes ou membres d’association de protection de l’environnement, ils font partie des Commissions locales d’information qui travaillent sur les installations nucléaires du Cotentin. Six ans après, ils sont venus se rendre compte, sur le terrain, des effets de la catastrophe nucléaire.

Jean-Christophe LALAY.

9 mars 2017

FASHION WEEK : KARL LAGERFELD FAIT DÉCOLLER UNE FUSÉE POUR LE DÉFILÉ CHANEL

MODE - La Fashion Week s'est achevée ce mardi 7 mars avec en point d'orgue les défilés Chanel et Louis Vuitton. Et à l'heure où les Français se passionnent pour les aventures de l'astronaute Thomas Pesquet à bord de la Station spatiale internationale, le cosmos a inspiré les créateurs et notamment Karl Lagerfeld qui nous a mis des étoiles pleins les yeux sous la nef du Grand Palais ce mardi matin.

Si la lune et les comètes ont parsemé la collection Dior, en hommage au goût du fondateur de la maison pour l'astrologie, le défilé Chanel était sur le thème de la fusée pour présenter la collection automne/hiver 2017-2018. Et Chanel ne s'est pas contenté d'un petit imprimé Nasa... Non, Chanel a fait décollé une fusée dans son "centre de lancement n°5"! Plus fort et futuriste encore que les robots du défilé d'octobre dernier.

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7 novembre 2010

Exposition : Nal-Vad à la Galerie Bailly Contemporain

Le site de Nal Vad en cliquant ICI

David Nal-Vad,artiste plasticien franco-gabonais,ne en 1954,vit aujourd'hui a Paimpol, en Bretagne dans son village natal et maternel.Il a longtemps vécu en Afrique avant de s'installer en Bretagne. Il se définit comme un homme sans culture fixe, et ses toiles illustrent à merveille le métissage de sa double culture, alors que ses sculptures, sont totalement imprégnées de la grande tradition statuaire africaine. Il se dit "un vagabond des cultures".

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Photos prises avec mon téléphone Nokia N95.
Lire article du "Télégramme" sur David Nal-Vad en cliquant ICI

13 septembre 2019

Le Sénat sait désormais quoi faire de son buste d’Hitler

L’affaire, révélée par Le Monde début septembre, avait fait trembler les murs du Sénat. On y apprenait que dans les sous-sols du Palais du Luxembourg, avaient été conservées nombre de reliques nazies, abandonnées à la Libération, dont un drapeau du Troisième Reich et un buste d’Hitler. Le président de la vieille institution, Gérard Larcher, avait assuré qu’il était le premier surpris par ces découvertes, et qu’il en ignorait l’existence.

Jeudi 12 septembre, via un communiqué, le Sénat a fait savoir que « le buste d’Hitler et le drapeau nazi seront proposés en dépôt au Musée de l’Armée ou au Musée de la Libération de Paris ». Le deuxième a ouvert ses portes cet été. Conclusion d’une histoire surgie d’outre-tombe.

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