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Jours tranquilles à Paris
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13 octobre 2013

La bataille d'Auray

DSC_2944La bataille d’Auray

Au début de 1364, après l'échec des négociations d'Évran, le jeune Jean IV de Bretagne, fils de Jean de Montfort, vient attaquer Auray avec l'aide de l'Anglais John Chandos, aux mains des Franco-Bretons depuis 1342. Il entre dans Auray et assiège le château que bloquent par mer les navires de Nicolas Bouchart en provenance du Croisic.

Les vivres venant à manquer, les assiégés acceptent de rendre la place, si les secours n'arrivent pas avant la Saint-Michel.

Le 27 septembre, tandis que Charles de Blois est à l'abbaye Notre-Dame de Lanvaux, Du Guesclin, qui commande l'avant-garde, se trouve à Brandivy. Le 28, du Guesclin vient s'installer sur la rive gauche du Loc'h, en vue du château. Pour éviter de se trouver entre le château et l'armée française, Jean IV évacue Auray et se place face à l'ennemi, sur le coteau de la rive droite.

Le 29, des tentatives d'accord ont lieu, sans succès et Charles de Blois ordonne l'attaque. Son armée passe la rivière et se range face au sud. Jean IV suit le mouvement et se range face au nord.

Forces en présence

Armée franco-bretonne de Charles de Blois

À gauche le comte d'Auxerre, à droite du Guesclin, au centre Charles de Blois. Une faible réserve qui ne sera pas utilisée.

Armée anglo-bretonne de Jean IV de Bretagne

À droite Clisson, à gauche l'Anglais Robert Knolles, au centre Jean IV et l'Anglais Chandos. Une réserve importante prête à intervenir.

La bataille

La bataille d'Auray, d'après la Chronique de Bertrand Du Guesclin par Cuvelier

Une première courte escarmouche oppose les arbalétriers français et les archers anglais. Puis les hommes d'armes se précipitent sans chercher à manœuvrer.

Le combat est acharné, car tous veulent que cette bataille soit décisive et mette fin à cette guerre longue et cruelle. De plus la consigne a été donnée de part et d'autre de ne pas faire de quartier à celui des deux prétendants qui viendrait à tomber aux mains de ses ennemis.

Chaque corps anglo-breton est enfoncé, l'un après l'autre, mais les réserves rétablissent la situation. Par contre l'aile droite franco-bretonne plie et, n'étant pas soutenue par les réserves, se replie vers le centre. L'aile gauche plie à son tour et les troupes de Charles de Blois lâchent pied. Charles, renversé d'un coup de lance, est achevé par un soldat anglais obéissant à la consigne donnée. Du Guesclin, ayant brisé toutes ses armes, est obligé de se rendre à John Chandos. Source Wikipedia

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Ici mourut (selon la légende) le Bienheureux Charles de Blois

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5 avril 2020

Jeux de rôles érotiques : échappée belle pour soirées confinées

Par Maïa Mazaurette

Les fantasmes échappent au rétrécissement de nos existences, c’est donc le moment ou jamais d’oser s’amuser à changer de peau ou de décor, conseille la chroniqueuse de « La Matinale » Maïa Mazaurette, mode d’emploi à l’appui. Vous hésitez encore ? Dites-vous qu’au pire cela se terminera en fou rire.

LE SEXE SELON MAÏA

Partenaires confinés, sexualité réduite à peau de chagrin ? Pas forcément. Les fantasmes échappent au rétrécissement de nos existences, et peuvent même générer une jouissive distance entre des partenaires cohabitants. Par quel miracle ? Celui du jeu de rôles, qui réinjecte du mystère dans le couple - et qui permet, pendant une soirée, de changer de peau, de personnalité… et peut-être même de pratiques.

Que vous préfériez les soubrettes ou les pilotes de ligne, les gladiatrices ou les cruels esclavagistes, les possibilités sont illimitées. Ce n’est pas compliqué, et au pire, l’expérience terminera en fou rire. On essaie ?

1. Le choix de scénario

Quelle histoire raconter ? Je vous rassure : sauf programme ambitieux, vous n’avez pas besoin d’un arc narratif en cinq actes et quatorze rebondissements (« surprise, cette baguette magique était un pénis ! »). Le scénario érotique se limite le plus souvent à un contexte, sur lequel vous broderez quelques phrases avant de vous lancer.

Mais comment choisir ? Adressons la question à une professionnelle, Flore Cherry, autrice et patronne de MySweetFantasy, une entreprise spécialisée dans la réalisation de fantasmes (oui, ça existe). Pour elle, « un bon scénario est ponctuel (on ne pratique pas tous les soirs), il fait envie aux deux partenaires, et surtout, il respecte les limites de chacun ». « Si vous n’avez pas d’idée, choisissez un jeu de rôles qui demande une compétence maîtrisée par votre partenaire. C’est plus rassurant », recommande-t-elle. Quelques exemples ? « Votre conjoint peut vous enseigner quelque chose, et éventuellement vous punir si vous apprenez mal. S’il maîtrise la comédie, il prendra le rôle actif, et vous pouvez vous laisser porter. Ou encore, un adepte de bondage peut jouer aux Indiens et aux cow-boys : inutile de discuter (on ne parle pas la même langue), je te ligote autour d’un poteau – et on finit par faire l’amour, évidemment. ».

Notons au passage que si les archétypes viennent spontanément à l’esprit, rien ne vous oblige à piller la liste des fantasmes « prêts à consommer » habituels (est-ce réellement le bon moment pour jouer un examen médical qui dérape ?). En même temps, certains scénarios archi-classiques se retrouvent adaptés à notre nouveau quotidien : pour un effet cathartique maximal, imaginez que vous êtes codétenus, dans un sous-marin ou sur une île déserte, ou qu’un contrôle policier tourne mal (« votre attestation est dans votre slip ? Au poste, jeune homme »).

Pour d’autres propositions, inspirez-vous de films, de livres, de clips, d’expériences de votre passé… ou d’Internet (hop, voici une liste bien fournie de fantasmes).

2. La négociation

Sans surprise, le nerf de la guerre consiste à trouver un scénario-prétexte motivant pour les deux partenaires… or nous ne sommes pas toujours à l’aise en termes de divulgation de nos préférences (« attache-moi au radiateur et fouette-moi avec un hareng »). Pour contourner ce problème, pourquoi ne pas commencer la partie par un scénario de confession ? Si cette idée perturbe votre sensibilité en ce jour du Seigneur, vous pouvez utiliser des applications mobiles fonctionnant sur le même principe que Tinder : seuls les fantasmes communs « matchent » (si vous avez des envies de cuir, d’urine ou de couches-culottes, votre partenaire n’aura accès à ces informations que s’il ou elle les partage). Sur smartphone : FantasyMatch, UnderCovers, Kindu. Sur ordinateur : Mojo.

boule

Bien sûr, tomber d’accord sur la nature du fantasme ne suffit pas : encore faut-il l’être sur sa réalisation. Pour éviter les dérapages, Flore Cherry fait valider (ou refuser) une liste de pratiques sexuelles. Ce procédé rassure ses clients. Ensuite, si vous optez pour des fantasmes BDSM ou techniquement complexes, deux options :

1) le consentement continu : vous vous assurez du confort physique et psychologique de l’autre, plusieurs fois, verbalement et clairement, tout au long de la séance : « Ça te plaît ? Ça ne te fait pas mal ? »).

2) le consentement enthousiaste : vous observez que votre partenaire participe activement à l’action, par ses gestes et/ou ses paroles (si Alice au pays des merveilles continue de caresser le chat du Cheshire, a priori, sa motivation est intacte).

Cependant, attention : certains fantasmes, comme le viol ou le bondage, ne permettent ni verbalisation ni participation. Il vous faudra alors un safe-word (un mot-limite qui siffle la fin de la récréation). Donc si vous testez des choses nouvelles, n’utilisez pas de bâillon !

3. Les costumes et accessoires

Je vous entends déjà protester : « Mais Maïa, je n’ai rien à me mettre ». Ah bon ? Pas de costume banal pour ressembler au héros de Fifty Shades of Grey ? Pas de foulard léopard pour incarner Tarzan ? Aucune vieille cravate à transformer en bandeau, aucune chemise démodée pour faire de vous un D’Artagnan ? Je ne vous crois pas une seule seconde.

Le costume peut aussi préexister au fantasme : un boa vous emmène dans l’univers du burlesque, une salopette vous métamorphose en plombier – l’occasion fait le larron. De toute manière, c’est symbolique.

Pour Flore Cherry, ces éléments fonctionnent comme une « autorisation à entrer dans un jeu imaginaire. Peu importe que les vêtements soient bon marché ou les accessoires improvisés : ce sont eux qui nous identifient comme personnage. Et ça marche aussi dans l’autre sens : quand on n’a plus envie de jouer, on retire son masque ou on lâche son accessoire ».

Au royaume de l’imaginaire, tout est permis ? En théorie, absolument. Dans les faits, attention aux limites du fait maison : on ne s’attache pas avec des câbles (ça peut couper la circulation), on ne pénètre pas avec le premier objet venu (figurez-vous qu’on peut se blesser avec une banane). Les urgences ont déjà suffisamment de pain sur la planche ! Maintenez votre effort citoyen, et n’allez pas vous déchirer une muqueuse.

4. Le décor

Créer un environnement stimulant avec des bouts de ficelle, mission impossible ? Ce n’est pas l’avis de Clémence Gueidan, médiatrice ludique et conceptrice d’escape games : « Sans réorganiser votre intérieur, vous pouvez tendre vos draps pour créer des alcôves. Un vidéoprojecteur peut permettre de construire un environnement riche. Enfin, celles et ceux qui n’ont vraiment rien sous le coude peuvent miser sur la dimension sonore, quitte à trouver la bande-son de film qui correspond : le son peut faire toute la différence. » Pour les abonnés à Spotify, voici une playlist spécialement dédiée aux jeux de rôles érotiques.

5. Les dialogues

Si vous parvenez à improviser, fantastique. Si vous arrivez à tenir un vocabulaire et un niveau de langage spécifiques, merveilleux. Cependant, personne ne vous demande une performance digne de comédiens professionnels : essayez seulement de suivre le scénario ! Si votre performance dérape en rigolade, vous n’aurez pas perdu votre soirée (« Tu te rappelles la pandémie de Covid-19, quand tu as voulu imiter un panda ? »). Nous touchons là un énorme avantage du jeu de rôles : vous gagnez quand ça marche ET quand ça ne marche pas.

Pour Flore Cherry, « rire montre que la situation est en décalage, qu’on brise nos habitudes. C’est très bien de pouvoir l’exprimer. Mais avec l’expérience du jeu de rôle, ce passage devient naturel. On sait que rentrer à deux dans ce monde-là nous fait du bien, on en connaît les bénéfices. On sait où on va, ce qu’on vient chercher. Et on en rigole beaucoup moins. »

Conseil bonus : les adeptes de « vrais » jeux de rôles (comme le fameux Donjons & Dragons) peuvent jeter un œil à leurs versions X. Vous en trouverez une liste ici (malheureusement en anglais). En temps normal, les francophones pourraient se tourner vers l’offre pléthorique de dés, jeux de plateau, jeux de cartes érotiques, disponibles dans les commerces non-essentiels que sont les sex-shops. Mais en temps de pandémie, il va falloir utiliser votre imagination. Vous ne perdez rien au change.

8 mars 2019

François Ozon réagit à la condamnation du cardinal Barbarin

ozon

Le 20 février dernier sortait dans les salles Grâce à Dieu, un film de François Ozon relatant les débuts de l'association La Parole Libérée ainsi que le parcours d’Alexandre Hezez et d'autres victimes du père Preynat. En parallèle, s'est conclu jeudi 7 mars, le procès du cardinal Barbarin, condamné à six mois de prison avec sursis, pour avoir gardé le silence sur les agissements du prêtre. À cette occasion, François Ozon a accepté de revenir sur cette condamnation dans les pages de Libération.

 « Je pense que ce jugement est une victoire symbolique très importante pour la protection de l’enfance en France. Il est en phase avec la société d’aujourd’hui et acte de la prise de conscience de la fin d’une impunité quant aux crimes de pédophilie », a indiqué le réalisateur. Et d’ajouter : « À travers le cas du cardinal Barbarin, la non-dénonciation d’actes pédophiles est enfin reconnue comme une véritable infraction aux yeux du grand public. À mon avis cela va permettre une libération de la parole encore plus importante et dans beaucoup de domaines. »

Questionné sur son film Grâce à Dieu, François Ozon a ainsi ajouté : « J’ai essayé de montrer l’intimité des victimes et les répercussions de la libération de leur parole sur leur entourage, toute cette partie de l’iceberg donc ne parlaient pas les journalistes, qui s’en tenaient aux faits et que le public ne connaissait pas. Il est certain que mon film, en montrant leur combat, leur donne un statut de héros […] vu la force, l’intelligence et l’endurance qu’ils ont dû déployer pour en arriver jusqu’à ce jugement. » Si aucune date n'a été donnée pour l'instant, le procès du père Preynat devrait quant à lui se tenir fin de 2019.

25 juin 2017

GAY PRIDE 2017 à Paris hier après-midi

Marche des fiertés. Mobilisation afin d'obtenir « la PMA pour toutes »

Des milliers de personnes se sont réunies, hier, lors de la quarantième Marche des fiertés parisienne, pour revendiquer, en particulier, un accès plus large à la procréation médicalement assistée (PMA), avec la participation controversée d'un groupe « LGBT-En Marche ! ».

Aux abords de la place de la Concorde, une foule colorée se prêtait de bonne grâce au contrôle des policiers, qui voyaient passer gladiateurs, garçons en bas résille, filles fardées aux couleurs de l'arc-en-ciel et couples s'embrassant. « Ça fait quarante ans, et ce n'est pas fini ! » : une porte-parole de l'association organisatrice, l'Inter-LGBT (lesbiennes, gays, bis et trans) a été acclamée avant le départ du cortège, avec, comme arrière-plan symbolique, l'Assemblée nationale. « Nous ne sommes pas ici pour demander des miettes, mais des droits. » Près du char des militants LGBT des forces de l'ordre, Mickaël Bucheron, président de l'association Flag - dont était membre le policier Xavier Jugelé, tué dans un attentat jihadiste sur les Champs-Élysées, en avril -, est venu réclamer le droit de défiler en uniforme pour « dire à la population que la police est diverse, à son image ».

Emmanuel Macron a tweeté, hier : « La France est arc-en-ciel. Nous sommes riches de nos diversités, soyons en fiers ! #MarcheDesFiertés#LoveisLove ». Participaient à la marche, la secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, et le secrétaire d'État chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi.

Controverse autour de la REM

Pendant la campagne, Emmanuel Macron s'était dit « favorable » à l'ouverture de la PMA, aujourd'hui réservée aux couples hétérosexuels stériles, « aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires ». Cependant la présence d'un groupe « LGBT-En Marche ! », sous un ballon géant, a suscité, hier, une certaine controverse. Sur Twitter, des militants LGBT s'indignaient du contraste entre la présence de ce groupe et d'anciennes prises de position hostiles au mariage gay de certains membres du gouvernement et de la République en Marche.

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11 juin 2018

Kate Upton photographiée par Gilles Bensimon pour Maxim's

 

Bombshell! 😍 | The sultry Kate Upton photographed by Gilles Bensimon for Maxim's 2018 Hot 100, July/August 2018, where she scored the coveted 1st spot! | @fashionphotographyappreciation | Stylist: Caroline Christianson | Hair: Massato | Makeup: Lloyd Simmonds.



3,211 Likes, 9 Comments - FashionPhotographyAppreciation (@fashionphotographyappreciation) on Instagram: "Bombshell! 😍 | The sultry Kate Upton photographed by Gilles Bensimon for Maxim's 2018 Hot 100,..."

 

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16 mai 2018

VOGUE

 

Second new cover of Vogue Paris with the gorgeous ⚡@ediebcampbell by @mikaeljansson ❤



9,125 Likes, 111 Comments - Emmanuelle Alt Official (@emmanuellealt) on Instagram: "Second new cover of Vogue Paris with the gorgeous ⚡@ediebcampbell by @mikaeljansson ❤"

 

One of the 2 New Vogue Paris cover with the lovely @ediebcampbell by @mikaeljansson ❤!!!



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13 mai 2018

Festival de Cannes

 

Cannes. La suite..#vincentcassel #riva #journaldufestival @canalplus



641 Likes, 5 Comments - Michel Denisot (@mdenisot) on Instagram: "Cannes. La suite..#vincentcassel #riva #journaldufestival @canalplus"

 

cannes #journal du festival #vincentcassel 20h30. En clair



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19 mars 2018

Russie : Vladimir Poutine réélu président dès le premier tour

poutine victoire

L’homme fort de la Russie a été réélu avec plus de 76 % des voix, alors que l’opposition a dénoncé plusieurs irrégularités au cours du scrutin. La participation s’est élevée à 67,4 %.

Le président russe, Vladimir Poutine, a été réélu dimanche 18 mars président de la Fédération de Russie avec 76,67 % des voix, après le décompte de plus de 99 % des bulletins. C’est le meilleur score jamais obtenu par M. Poutine en 18 ans de règne.

Le président réélu a fait une brève apparition, dans la soirée de dimanche, sur la scène installée place du Manège, près du Kremlin, pour célébrer les quatre ans de l’annexion de la Crimée. Il a brièvement remercié ses supporteurs. « Nous allons nous mettre au travail », leur a-t-il promis, avant de scander « Russie ! Russie ! »

Le Parti communiste en deuxième position

Le candidat du Parti communiste, Pavel Groudinine, arrive en deuxième position du scrutin avec 12 % des voix. Son résultat était scruté comme l’un des indicateurs du mécontentement social, et son prédécesseur en 2012, Guennadi Ziouganov, avait obtenu 17,8 % en 2012. En troisième position, l’ultranationaliste Vladimir Jirinovski obtiendrait 6 % des voix. La journaliste et candidate libérale Ksenia Sobtchak est quant à elle créditée de 1,5 % des suffrages exprimés.

Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny – déclaré inéligible par la commission électorale –, a immédiatement commenté les premières estimations, promettant de « continuer » la lutte et fustigeant les « marionnettes » qui ont participé au scrutin, en désignant les autres candidats à la présidence.

Les derniers bureaux de vote ont fermé à 18 heures (heure de Paris), clôturant une élection qui laissait peu de place au suspense. Le principal enjeu du scrutin était le taux de participation, Vladimir Poutine ayant besoin d’une forte affluence dans les bureaux de vote pour légitimer sa victoire. Lundi matin, la Commission électorale a rapporté que le taux de participation s’établissait à 67,4 %. C’est proche de 2012, où elle s’était établie finalement à 65,27 %.

Fraudes et incitations au vote

L’ONG Golos, spécialisée dans la surveillance des élections, a dressé sur son site Internet une carte des fraudes montrant en début d’après-midi 2 033 cas d’irrégularités, tels que du bourrage d’urnes, des cas de votes multiples ou des entraves au travail des observateurs.

Alexeï Navalny a dépêché plus de 33 000 observateurs dans les bureaux de vote. Dès dimanche matin, il a diffusé une vidéo présentée comme montrant un bourrage d’urne dans un bureau de vote en Extrême-Orient, et sur lequel la commission électorale a promis d’enquêter.

Alors que le Kremlin a tout fait pour augmenter la participation, l’organisation Golos a rapporté des informations faisant état de contraintes exercées par des employeurs ou universités forçant employés et étudiants à voter non pas dans le bureau correspondant à leur lieu de domicile mais sur leur lieu de travail ou d’études, « où l’on peut contrôler leur participation au scrutin ».

2 octobre 2020

SPÉCIAL CHARLIE HEBDO - «Charlie», 50 ans et tout son mordant

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Par Frédérique Roussel — Libération

Né le 23 novembre 1970 pour prendre la relève de «l’Hebdo Hara-Kiri», interdit à la vente par le pouvoir, «Charlie Hebdo» est resté fidèle à son impertinence et à sa liberté de ton. Un copieux florilège de dessins, unes et articles relate son aventure.

Cinquante balais le mois prochain. Charlie fête son anniversaire. On dirait le titre cucul la praline d’un album pour la jeunesse. Sauf qu’avoir un demi-siècle, en général, n’a rien de léger, que celui-là est assombri par LE massacre, et qu’il tombe dans un contexte de procès des attentats de janvier 2015. N’empêche. L’équipe de Charlie Hebdo continue sa «Vie de château», comme l’a représenté sur deux pages Vuillemin le 3 janvier 2018, un dessin reproduit à la fin de Charlie Hebdo : 50 ans de liberté d’expression qui sort ce jeudi. Un château plutôt qu’un bunker, parce qu’il continue à repousser les assauts des cons de tous poils et qu’il demeure une tour inexpugnable de la liberté d’expression, et de celle de la liberté de ton aussi.

On aimerait pouvoir assister par autorisation exceptionnelle divine, si on y croyait, ou par technologie futuriste de voyage dans le temps, si elle existait, aux ires et rires qui ont propulsé le premier numéro, celui du 23 novembre 1970. Raymond Marcellin avait interdit l’Hebdo Hara-Kiri du «Bal tragique à Colombey : 1 mort». En faisant un raccourci hâtif, on peut dire que le général de Gaulle a entraîné l’Hebdo dans la tombe avec lui. Mais la bande d’alors - Cabu, Cavanna, Choron, Delfeil de Ton, Fournier, Gébé, Reiser, Willem, Wolinski - l’a ressuscité sous les oripeaux de Charlie Hebdo.

Démêlés judiciaires

Interdit d’interdire, l’antienne de 1968, coulait de source pour eux. Charlie Hebdo était un pied de nez à la censure, une solution provisoire, «une solution de désespoir», en attendant la fin de l’interdiction de la loi de 1949 (protéger la jeunesse des «mauvaises» lectures, prétexte alors à des coupes sombres dans environ 5 000 livres, revues et journaux au total) qui frappait l’Hebdo. Mais ce n’est que dix ans plus tard, en 1981, qu’un autre ministre de l’Intérieur, de gauche celui-là, Gaston Defferre, la leva. Peu de temps après cette liberté recouvrée, le 11 janvier 1982, Charlie se saborda. «Pourquoi ? Parce que tu ne l’achètes pas, mon salaud.» Du Cavanna évidemment, qui insultait copieusement ceux qui ignoraient son bébé papier bête et méchant, «des cons et des veaux qui ne savent pas ce qu’est bon». Conclusion : quand Charlie disparaît, ce n’est pas de la censure, peut-être de bas besoins financiers, de la faute aux non-lecteurs ou même à un membre qui quitte le navire, comme Siné en 2008. Mais pas de la censure, la liberté est sa raison d’être. 

Cinquante ans de liberté d’expression, c’est l’angle, comme on dit dans la presse, de l’ouvrage cadeau (d’anniversaire) de Charlie Hebdo. Y sont rassemblés des unes frappantes, des dessins, des articles, tous en rapport avec ce sujet majeur, mais aussi avec ceux qui sont censés l’exercer, autrement dit les journalistes et les médias. «La liberté de la presse sans journalistes, c’est comme un myopathe sans chaise roulante : elle ne risque pas d’aller très loin.» L’hebdo ne s’est jamais gêné pour taper ses confrères, pour critiquer la tendance de la presse à être rachetée par des industriels soucieux d’image, à être vendue aux annonceurs («La publicité nous prend pour des cons. La publicité nous rend cons», disait Cavanna, en 1994), à être pleutre («journalisme anti-vagues»). Il y a aussi dans ce florilège les dessins et articles suscités par les polémiques et les démêlés judiciaires («L’histoire de Charlie Hebdo pourrait s’écrire uniquement à travers les procès dont il fut l’objet»). On pourrait penser que la publication des caricatures en 2006, puis ses suites au tribunal, représentent un tournant dans l’histoire de Charlie. Pour les autres peut-être. Pour l’esprit Charlie, non.

Rire de tout

Car si on regarde la photo de bout en bout, rien n’a bougé philosophiquement. C’est ce que nous dit Riss en préface. La ligne a été fidèle à la lettre de ses fondateurs, comme on dit : «Mais comment un journal qui s’était battu depuis 1970 pour combattre toutes les formes de restriction à la liberté d’expression aurait pu à son tour céder à la censure en s’interdisant de publier ces dessins blasphématoires ? C’est toute l’histoire de Charlie Hebdo qui imposait de le faire.» Ce qui a été moins fidèle, c’est la capacité de la société à accepter qu’on puisse rire de tout. Des petits trucs «gribouillés» (Riss, le 25 février 2015) faits pour amuser et donner à réfléchir (pas toujours bons d’ailleurs), ont déclenché une tuerie. Le dernier chapitre de ce livre des 50 ans, c’est «Charlie vivant». Pub : le numéro 1 471 est en kiosque.

Charlie Hebdo : 50 ans de liberté d’expression Les Echappés, 328 pp., 39 €.

charlie libé

libé 1 octobre

Libération du 1er octobre 2020

6 avril 2014

Ce soir sur ARTE "L'Amant" d'après le livre de Marguerite Duras - Un film de Jean-Jacques Annaud

Indochine française, 1929. Sur le bac qui la ramène, de l'autre côté du Mékong, vers son pensionnat détesté à Saïgon, une adolescente française de 15 ans fait la connaissance d'un riche fils de famille chinois, de vingt ans son aîné. Immédiat, leur désir mutuel se concrétise en passion érotique, doublement condamnée par leurs familles et leurs sociétés. Mais la mère de la jeune fille, une veuve ruinée, tenaillée par le besoin d'argent, ne se résout pas à interrompre cette liaison scandaleuse…

À corps parfaits

À la sortie du film, on a parfois reproché à Jean-Jacques Annaud d'avoir affadi en "belles images" le roman autobiographique de Marguerite Duras, Prix Goncourt 1984 et best-seller vendu à plus de 2,4 millions d'exemplaires. Ni les corps parfaits de ses interprètes ni le grain sépia de la photographie ni la minutie de la reconstitution d'époque ne sont durassiens, c'est vrai - même si la débutante Jane March présente avec les photographies de jeunesse de Marguerite une étonnante ressemblance. Mais le cinéaste de L'ours et du Nom de la rose réussit à évoquer de façon troublante et charnelle la force d'un amour interdit et incommunicable.

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http://www.arte.tv/guide/fr/042129-000/l-amant#parcours-interactif

31 mars 2014

FEMEN bannit Erdogan de Turquie (hier)

Les Sextrémistes FEMEN viennent de se venger de la tyrannie, de la dictature, de la censure et de la loi du secret de la police turque, menées par Erdogan. Les attaquantes topless ont fait irruption dans le bureau de vote où Erdogan a l'habitude de voter, en scandant "Ban Erdogan!", au nom de la démocratie et de la liberté de la nation turque en révolte contre le gouvernement.

Le jour des "élections" municipales, ensemble, main dans la main avec les activistes turcs, FEMEN bannit Erdogan et dénonce sa politique de la censure internet , la mise en place d’un état policé et l'islamisation forcée d'un pays libre et laïque.

Des élections libres ne peuvent pas avoir lieu sous la dictature d'Erdogan.

Erdogan, game over! Erdogan, tu es banni par le monde libre, par la Turquie libre !

La dictature que tu as installée est un fait, faire la révolution que ton peuple est en train de mener est son droit.

FEMEN rejoint la révolte sacrée contre ta théocratie.

Erdogan, aujourd'hui on te prévient. La prochaine fois on t'attrapera et on arrachera les poils de ta moustache un à un et nous prendrons un malin plaisir à te voir souffrir.

À bientôt Erdogan!

Ban Erdogan!

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3 août 2019

Portrait : Steve Maia Caniço, un « discret » devenu emblème

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Illustration : la une de Libération

Par Yan Gauchard, Nantes, correspondant, Léa Sanchez

Le jeune animateur périscolaire de 24 ans avait trouvé dans les soirées techno un endroit où il pouvait s’extérioriser. Son corps a été repêché dans la Loire lundi.

Corps mince s’articulant au gré des sons, pull au motif américain et immuable sourire : dans la nuit du 21 au 22 juin, Steve Maia Caniço dansait sur le quai Wilson, à Nantes. Il participait à une soirée techno organisée à l’occasion de la Fête de la musique. Un moment qu’il n’aurait manqué pour rien au monde : la musique, c’était sa bulle, sa passion, son lâcher-prise.

« Je l’ai déjà vu pleurer parce qu’il était ému par une chanson », raconte Dorine, une des proches du jeune homme de 24 ans, dont le corps a été repéré dans la Loire, lundi 29 juillet, par le capitaine d’une navette fluviale. La fin de cinq semaines de recherches, depuis la dispersion controversée de la soirée à laquelle il participait par les forces de l’ordre – une dizaine de personnes étaient alors tombées dans la Loire.

Du théâtre à la « teuf »

Depuis plusieurs années, Steve Maia Caniço s’était glissé dans l’univers des soirées techno et des « free parties » – ces fêtes centrées sur la musique électronique et dont l’adresse est dissimulée aux non-initiés. « Il n’avait pas le permis, alors je l’emmenais les week-ends », indique Théo, « teufeur » lui aussi. L’ancien fan non avoué du chanteur Justin Bieber, qu’il écoutait durant son adolescence, y dansait sur les nouveaux genres de musique qu’il avait découverts, comme le hard style. De l’avis d’une proche, dans les « free parties », « il n’avait pas peur d’être jugé » : l’animateur périscolaire sortait alors « de sa coquille ».

« Il était très sensible, différent dans sa manière d’être. C’est peut-être pour ça qu’il était proche de beaucoup de filles. Les garçons, ça tacle beaucoup plus, et il n’aimait pas ça », estime Dorine. « C’est un peu contradictoire : Steve était très sociable mais du point de vue des sentiments amoureux, avec les filles, il se montrait timide », abonde Johanna Maia Caniço, la sœur de Steve.

Fils d’un maçon d’origine portugaise et d’une mère travaillant auprès de personnes en situation de handicap, il a longtemps été un enfant réservé : Gaëtan Ardouin, président de la compagnie de théâtre Jean Le Gallo, se rappelle du garçon brun et mince, d’une dizaine d’années, qui venait discrètement assister à ses premiers cours de théâtre. C’est sa mère, dit-il, qui l’avait inscrit là pour vaincre sa timidité. A ce moment, « il ne parlait pas beaucoup, il avait du mal à se lier à d’autres enfants », se souvient le metteur en scène. « C’était une vraie thérapie pour lui, ça lui a permis de s’extérioriser. »

« J’ai la cicatrice d’Harry Potter »

Steve Maia Caniço, aîné d’une fratrie de trois enfants, adore se glisser dans la peau des autres et, sur scène, se métamorphose – tant en jouant des rôles déjà écrits que dans l’improvisation. Ce fan de séries et des super-héros Marvel aime s’inventer des identités : « J’ai la cicatrice d’Harry Potter », se plaît-il à dire à sa sœur, à laquelle il jette les sorts du jeune sorcier avec une baguette magique fabriquée de ses mains.

Gwénola Cogrel, sa professeure de théâtre, tâche de faire jouer avec lui tous les enfants du groupe. La « pile électrique » qu’est Steve sort souvent de la trame établie. Médusés, ses camarades fixent alors leur enseignante d’un regard perdu. « Il avait une espèce de liberté qui pouvait être très déstabilisante pour les autres », explique la comédienne, qui évoque un acteur devenu « capable de passer de l’émotion au comique ».

A un moment, le jeune homme s’interroge : peut-il faire de sa passion son métier ? Il s’en ouvre à Gwénola Cogrel, envisage aussi de devenir régisseur son et lumière. Il se cherche, boucle un apprentissage. Il arrête finalement le théâtre en 2016. Il trouve des emplois par-ci par-là, travaillant notamment dans des grandes surfaces. « Il n’avait plus beaucoup de temps pour le théâtre, entre ses soirées et le début de ses activités professionnelles », explique une de ses camarades de théâtre. Steve trouve finalement sa voie dans l’animation périscolaire au sein de l’école publique Alexandre-Vincent, à Treillières, une commune de 9 000 habitants au nord de Nantes, où il résidait avec son père depuis quelques années.

« Nous avons passé de bons moments avec toi. Quand nous faisions des tours de Kapla [un jeu de construction] », raconte, d’une écriture maladroite, un enfant dans le livre d’or que la mairie a mis à disposition de ses habitants depuis le 1er août.

« Détestation du conflit et des embrouilles »

Trois jours après la fête de la musique, le lundi 24 juin, alors qu’il ne s’est pas présenté à son poste, « tout flottait », explique Anne-Claire Le Portois Girin, mère d’un enfant de 7 ans scolarisé dans l’établissement. Les enfants, raconte-t-elle, étaient très attachés au jeune diplômé du brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (BAFA).

Elle évoque un jeune homme qui « ne se droguait pas » et « buvait juste une bière de temps en temps ». Johanna Maia Caniço explique, elle, que la famille s’est « un peu inquiétée » des premiers pas de son frère en « free party » : « On sait très bien qu’il y a de la drogue qui peut circuler, mais Steve sait dire non et on avait une grande confiance dans les gens avec qui il sortait ». Dès que son frère rentrait de soirée, il lui passait les vidéos qu’il avait prises : « Il me montrait les images en me disant : “Devine combien il y a de kilos de sons ?” Et ça partait pour une heure de vidéo ».

Dans ces soirées, le fêtard s’est fait une bande de copains très fidèles, avec lesquels il partage sans arrêt les nouveaux sons qu’il a découverts via les réseaux sociaux. En restant toujours assez discret sur sa vie, sur son parcours. A de rares occasions, il s’est essayé au mixage : « Il n’arrivait pas à sortir les sons qu’il voulait et il a considéré que sa place était devant les enceintes », explique Anaïs, 24 ans. Il y sautait de toutes parts. « Quand il dansait, il ressemblait à un chef d’orchestre », ajoute Théo.

Tous ses amis mentionnent sa « joie de vivre », sa « détestation du conflit et des embrouilles » et son pacifisme – sa famille ne lui connaît aucun engagement politique et seulement une manifestation, en faveur des « free parties ». Ses proches soulignent sa générosité, aussi. « La musique lui suffit », résume Mathis, 21 ans et technicien de surface. Le soir de la Fête de la musique, Raphaël, 23 ans, l’a vu arriver un pack de bières à la main. « Il en a pris une, puis a tout distribué » à ses amis.

« Alors chantez, dansez »

Pendant cinq semaines, ses proches ont scruté la Loire, tentant d’apercevoir une trace du jeune animateur périscolaire qui ne savait pas nager. Ils ont aussi organisé plusieurs rassemblements, une grande chaîne humaine, et inondé Nantes d’affiches avec une seule question : « Où est Steve ? » Dans la ville, un imposant portrait de lui – bras croisés et sourire aux lèvres – se dessine désormais en nuances de gris sur un hangar, à deux pas de l’endroit où il a été vu pour la dernière fois. Un graff qui touche au cœur la famille du jeune homme : « Si vous voulez lui rendre hommage, alors chantez, dansez », confie Johanna Maia Caniço.

Une des dernières pièces de son grand frère avec son enseignante Gwenola Cogrel, en 2016, était une version revisitée de Littoral, une œuvre de l’auteur, comédien et metteur en scène Wajdi Mouawad. Elle relate l’expérience de Wilfrid, un jeune homme décidant d’aller enterrer son père dans son pays natal. Steve Maia Caniço y incarnait « le père du héros », se souvient Gwénola Cordrel. Un personnage « qui va hanter l’esprit de son fils » : « Steve était capable de beaucoup de sensibilité », explique sa professeure.

Dans une vidéo publiée sur le site de la troupe de théâtre, on voit le jeune acteur allongé, recouvert d’un drap mortuaire. Devant un héros sidéré, il se relève. Son « fils » n’arrive pas à y croire. « Mais tu n’es pas mort, hein ? », s’assure-t-il un peu plus tard. « Mais non, je ne suis pas mort », réplique Steve Maia Caniço.

Le week-end suivant la Fête de la musique, il devait aller au Defqon.1, un festival néerlandais de musiques électroniques, avec un couple d’amis. « Son ami a emmené sa place, c’est comme si Steve partait au festival », confie sa sœur.

3 août 2019

Castaner empêtré dans les polémiques sur les violences policières

Par Nicolas Chapuis

Le ministre de l’intérieur, qui, jusqu’à présent s’est surtout attaché à défendre pied à pied les forces de l’ordre, doit prouver qu’il est aussi en mesure de les contrôler.

La critique a été soufflée du bout des lèvres, au terme d’une semaine marquée par la découverte du corps de Steve Maia Caniço au fond de la Loire, lundi 29 juillet. « Il y a un questionnement sur l’utilisation des lacrymogènes (…) sur l’opportunité d’avoir déclenché l’usage des lacrymogènes », a lâché Christophe Castaner, vendredi 2 août, à la veille de rassemblements en hommage au jeune homme de 24 ans et de manifestations contre les violences policières.

C’est la première fois que le ministre de l’intérieur émet publiquement des réserves sur les modalités de l’intervention des forces de police pour mettre fin à une soirée « sound system », dans la nuit du 21 au 22 juin, sur le quai Wilson à Nantes, au cours de laquelle Steve Maia Caniço a disparu dans des circonstances encore inconnues à ce jour.

Le locataire de Beauvau ne fait que reprendre à son compte les critiques formulées à bas bruit dans le rapport de l’IGPN publié mardi 30 juillet, mettant en cause la stratégie décidée par le commissaire présent lors de l’opération – son obstination à faire cesser à tout prix la musique avait été génératrice de tension, écrivent les enquêteurs.

Mais alors que le premier ministre Edouard Philippe s’était servi du même document, mardi, pour écarter tout lien entre l’action des forces de l’ordre et la mort du jeune homme, la variation de ton demeure notable.

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Utilisation politique d’un rapport de l’IGPN

Christophe Castaner vient de traverser la semaine la plus compliquée depuis son arrivée au ministère de l’intérieur. Et c’est une gageure d’écrire cela tant les épisodes houleux se sont multipliés au cours de cette année marquée par les « gilets jaunes ».

L’annonce – autant pressentie que redoutée – de l’authentification de la dépouille de Steve Maia Caniço a cependant fait basculer cette affaire nantaise dans une autre dimension, de celle qui transforme les maroquins en strapontins.

M. Castaner sait que les explications données mardi par Edouard Philippe ne sauraient être suffisantes. L’utilisation politique d’un rapport de l’IGPN pour disculper les forces de l’ordre de tout soupçon, à peine quelques heures après la confirmation officielle de la mort du jeune homme, n’est pas une réponse satisfaisante. Et pas seulement pour les proches de Steve qui se sont émus via leur avocate de l’absence de délai de décence.

Ce document, sur lequel repose la communication gouvernementale, n’est qu’une enquête administrative prédisciplinaire, pour laquelle aucune des personnes présentes ce soir-là, hormis les policiers et les agents de la protection civile, n’a été entendue. Conclure publiquement à l’absence de responsabilité des forces de l’ordre sans avoir auditionné les personnes qui sont tombées à l’eau au moment de l’intervention, voilà qui jette une ombre sur la volonté d’impartialité affichée des autorités dans cette affaire.

Un crédit entamé

La question sous-jacente est celle de la confiance et Christophe Castaner doit batailler, de ce point de vue, sur trois fronts : politique, policier et populaire.

Côté gouvernemental, il semble pour le moment bénéficier de celle du couple exécutif, malgré les appels à la démission de l’opposition qui ont redoublé dans la semaine, après que le ministre de l’intérieur a qualifié le saccage d’une permanence parlementaire La République en marche d’« attentat ».

Il s’appuie sur son statut de proche d’Emmanuel Macron, même si dans l’entourage du chef de l’Etat, certains laissent entendre que la relation s’est distendue. L’épisode de la Pitié Salpêtrière – il avait assuré que des casseurs s’en étaient pris à l’hôpital parisien, avant de faire machine arrière – et celui de l’escapade filmée en boîte de nuit au soir d’une mobilisation des « gilets jaunes » ont entamé son crédit.

Edouard Philippe compose pour le moment avec cette donne. Le premier ministre a pris en main la gestion de l’affaire de Nantes lors d’une conférence de presse au langage double, destinée aussi bien à soutenir son ministre qu’à le reléguer au second plan.

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Une vision très musclée du maintien de l’ordre

Dans les rangs de la police nationale, M. Castaner conserve un certain crédit. Avec son soutien sans faille au plus fort des critiques sur l’usage de l’armement intermédiaire – lanceurs de balle de défense (LBD), grenades de désencerclement, gaz lacrymogènes – il s’est acheté quelques mois de tranquillité. L’attelage avec le secrétaire d’Etat Laurent Nunez est fonctionnel, à ceci près que ce dernier jouit parfois auprès de la troupe d’une cote plus élevée que celle de son chef, ce qui est rarement gage de durabilité.

Côté syndical, on ne voit pour le moment aucune urgence à changer un ministre qui défend les policiers et qui, surtout, a cédé sur les revendications salariales lors d’une négociation éclair en décembre 2018. Avec cinq ministres en cinq ans, les forces de l’ordre ont cessé de croire aux vertus des remaniements.

Reste le plus important, la confiance des citoyens. En la matière, Christophe Castaner part avec un capital déjà bien entamé auprès d’une partie de la population. Son déni des violences policières et sa vision très musclée du maintien de l’ordre, en réponse à la mobilisation des « gilets jaunes », elle-même empreinte de violence, a été clivante dans l’opinion : certains approuvent estimant que force doit rester à la loi même si le coût est élevé, quand d’autres considèrent qu’un cap inédit a été franchi dans la brutalité de la part des autorités.

L’affaire de Nantes vient s’inscrire dans ce contexte de polémiques devenues quotidiennes sur l’usage de la force par les policiers. Fallait-il utiliser trente-trois grenades lacrymogènes, dix grenades de désencerclement et douze cartouches de LBD pour faire cesser une fête au bord de l’eau ?

L’enquête se chargera de répondre à cette question, mais elle s’annonce longue et compliquée, tant sur le plan administratif que judiciaire. En attendant, Christophe Castaner, qui jusqu’à présent s’est surtout attaché à défendre pied à pied l’institution policière, doit prouver qu’il est également en mesure de la contrôler.

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Rassemblements à Nantes, samedi, « en mémoire de Steve », et « contre les violences policières ». La ville de Nantes est en deuil depuis la découverte, lundi 29 juillet, du corps de Steve Maia Caniço, noyé dans la Loire le 21 juin après une opération de police controversée. Pour rendre hommage au jeune homme de 24 ans, plusieurs appels à se rassembler samedi ont fleuri sur les réseaux sociaux. Sur les pages Facebook des « gilets jaunes » et du mouvement « black bloc » a été annoncée une manifestation (non déclarée) pour 13 heures en centre-ville « en mémoire de Steve », mais surtout « contre les violences policières ». Un autre rassemblement doit se tenir à 11 heures, au pied de la grue jaune à côté de laquelle le corps de Steve avait été retrouvé lundi ; cet hommage doit prendre la forme d’une marche blanche sur l’île de Nantes. Face à ces appels, le préfet de Loire-Atlantique a décidé, jeudi soir, d’interdire les rassemblements dans « une grande partie du centre-ville » samedi, de 10 heures à 20 heures, « afin de garantir l’ordre public ». Cette restriction ne devrait, cependant, pas concerner la marche blanche, et elle laisse libre d’accès la plupart des grands boulevards où peut évoluer un cortège. La Ligue des droits de l’homme avait déposé une demande en référé pour suspendre l’arrêté d’interdiction mais sa requête a été rejetée, vendredi soir, par le tribunal administratif de Nantes. L’avocate de la famille de Steve Maia Caniço, Me Cécile de Oliveira, a pour sa part confirmé vendredi que « les proches du jeune homme n’acceptent qu’un soutien amical, artistique et pacifique ». Dans un entretien à Ouest-France, elle souligne que « leur deuil est abîmé par le fait que Steve devient un enjeu politique très fort ».

3 août 2019

Le Traité de Versailles et ses conséquences au cœur d'une exposition aux Beaux Arts d'Arras

Jusqu'au11 novembre 2019, le musée des Beaux Arts d'Arras propose une exposition consacrée au Traité de Versailles, un accord qui portait en germe les conditions de la seconde guerre mondiale..

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Au centre Georges Clemenceau, signataire pour la France du Traité de VersaillesAu centre Georges Clemenceau, signataire pour la France du Traité de Versailles (J. Vasco France 3 Nord Pas-de-Calais)

Le Traité de Versailles, signé le 28 juin 1919 dans la Galerie des Glaces du château de Versailles, mettait officiellement fin à la guerre mondiale dont l'armistice avait été proclamé le 11 novembre précédent. Le gouvernement français avait tenu à ce que la signature en soit effectuée là même où la France avait reconnu sa défaite en 1870. Cette volonté revancharde s'illustre aussi dans les exigences de sanctions posées par notre pays. La France (mais aussi la Belgique), dont une grande partie du territoire a été détruite ou endommagée par le conflit exige en effet d'importantes compensations de la part de l'Allemagne qui n'a pas souffert sur son sol même.La somme exigée par les alliés s'élève alors à 132 milliards de Marks-or, une somme considérable.

La revanche change de camp

Dès la signature du traité de Versailles, le sentiment revanchard change de camp et les extrémistes allemands vont en faire leur principal argument. Le ver était dans le fruit et en moins de vingt ans les conditions seront à nouveau réunies pour qu'une guerre mette à nouveau l'Europe à feu et à sang. L'exposition que propose le musée des Beaux Arts d'Arras, dans le Pas-de-Calais, illustre à la fois le contexte de la signature de ce traité et ses terribles conséquences historiques. On peut presque considérer que les deux guerres mondiales n'en ont fait qu'une, le déclenchement de la seconde marquant l'échec de la Société Des Nations. La charte de cette organisation internationale avait été créée par le traité de Versailles dont elle composait la première partie.

L'exposition Traité de Versailles est visible au musée des Beaux-Arts d'Arras jusqu'au 11 novembre 2019

31 juillet 2019

Russie: Paris demande à Moscou de libérer Navalny et les manifestants arrêtés

Samedi 27 juillet, plus d'un millier de participants à une manifestation interdite réclamant des "élections libres" ont été interpellés par les forces de l'ordre.

Le HuffPost avec AFP

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Durant une manifestation interdite par les autorités, samedi 27 juillet à Moscou, des centaines d'opposants pacifistes ont été arrêtés par les forces de l'ordre russes.

RUSSIE - La France a appelé ce lundi 29 juillet au soir à la “libération rapide” du millier de manifestants arrêtés ce week-end à Moscou et d’Alexeï Navalny, exprimant “sa profonde préoccupation devant ces évolutions récentes”.

“Un nombre important d’arrestations et de détentions ont suivi les manifestations pacifiques de ces derniers jours à Moscou. L’état de santé d’Alexeï Navalny, incarcéré depuis le 23 juillet, s’est également brutalement dégradé. La France appelle à leur libération rapide et exprime sa profonde préoccupation devant ces évolutions récentes”, a indiqué le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.

Un peu plus tôt ce lundi, Berlin avait déjà fait la même demande aux autorités russes. “Le gouvernement allemand attend la libération rapide des personnes arrêtées”, a dit lors d’un point presse une porte-parole d’Angela Merkel, Ulrike Demmer, rappelant Moscou à ses obligations en matière de respect des “libertés de rassemblement et d’expression”. L’Allemagne “a pris connaissance, avec une grande inquiétude, de la dureté disproportionnée de l’intervention policière”, a-t-elle ajouté. En revanche, aucune mention spécifique n’était faite de l’opposant Navalny.

L’opposant numéro un au Kremlin Alexeï Navalny est justement traité à l’hôpital pour un mal mystérieux avant d’être renvoyé vers la prison où il est incarcéré. Ce lundi, il n’a pas exclu la possibilité d’avoir été “empoisonné”, sur fond de répression du mouvement de contestation. Condamné la semaine dernière à 30 jours d’emprisonnement, il a été hospitalisé dimanche en raison d’une “grave réaction allergique”, selon les autorités, avant d’être renvoyé en cellule dans la journée de lundi.

Le comportement douteux des médecins de Navalny

“Je n’ai jamais eu d’allergie”, a rétorqué l’opposant dans un message diffusé sur son blog, dans lequel il explique ses symptômes. “Lors d’une promenade, mes compagnons de cellule ont remarqué que j’avais le cou rouge. (...) En une heure, je sens mon front et la peau autour des yeux qui me brûlent.”

“La nuit, je me réveillais du fait que mon visage, mes oreilles, mon cou me brûlaient et me piquaient”, poursuit-il. “L’idée m’est venue: peut-être m’ont-ils empoisonné?”, ajoute Alexeï Navalny, qui accompagne son message d’une photo le montrant à l’hôpital avec le visage boursouflé. Il affirme que les médecins se comportaient “comme s’ils avaient quelque chose à cacher”.

S’il dit douter de la version de l’allergie, Alexeï Navalny exclut d’avoir été empoisonné par les gardiens de la prison, selon lui “encore plus choqués” par son apparence. Mais il n’exclut pas que quelqu’un se soit introduit dans sa cellule lorsque les détenus ne s’y trouvaient pas et appelle à examiner les images de vidéosurveillance.

Les autorités russes déterminées à faire taire la contestation

L’entourage de ce blogueur anticorruption s’était immédiatement inquiété du mal “bizarre” d’Alexeï Navalny, intervenu au lendemain d’une manifestation marquée par près de 1.400 arrestations, du jamais-vu depuis le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012. Après avoir pu lui rendre visite dans l’établissement hospitalier moscovite où il avait été admis, son avocate Olga Mikhaïlova a assuré lundi aux journalistes que l’opposant avait été “empoisonné”.

Cette affaire intervient à un moment où les autorités semblent déterminées à tuer dans l’œuf toute contestation liée aux élections locales du 8 septembre, auxquelles la plupart des figures de l’opposition moscovite ont été empêchées de participer. Les Etats-Unis et l’Union européenne ont condamné les très nombreuses arrestations d’opposants lors de la manifestation de samedi, dénonçant l’usage “disproportionné de la force” contre les manifestants. Berlin a appelé à “la libération rapide des personnes arrêtées”.

Mercredi, trois jours avant ce rassemblement, Alexeï Navalny avait été renvoyé en prison pour des infractions aux “règles des manifestations”. Quant aux opposants dont la candidature avait été rejetée, parmi lesquels se trouvent plusieurs alliés d’Alexeï Navalny, ils avaient tous été la cible de perquisitions et convoqués la semaine dernière par la police.

L’opposition dénonce depuis plusieurs semaines le rejet des candidatures indépendantes en vue des élections locales, qui s’annoncent difficiles pour les candidats soutenant le pouvoir dans un contexte de grogne sociale. Les candidats indépendants étaient censés obtenir les signatures d’au moins 3% des membres du corps électoral dans la circonscription où ils se présentaient. Mais la commission électorale a rejeté la candidature de toutes les figures de l’opposition ayant franchi cet obstacle, arguant d’irrégularités dans la collecte de leurs signatures.

2 juin 2018

Le magazine VOGUE Arabia a mis en une de son numéro de juin une princesse saoudienne au volant d’une voiture de sport....

 

🇸🇦"In our country, there are some conservatives who fear change. For many, it's all they have known. Personally, I support these changes with great enthusiasm." HRH Princess Hayfa bint Abdullah Al Saud is in the driving seat on the cover of #VogueArabia's first-ever #SaudiIssue. The Saudi issue will launch in a monumental month, with the ban on women driving in the Kingdom set to be lifted on June 24. Read our exclusive interview with the artist and daughter of the late King Abdullah in the June issue, on shelves June 1. Cover 1 of 3 #VogueArabia 🇸🇦 Photography @boo_george_studio Fashion Direction @katieellentrotter Interview @mrarnaut Production @snapfourteen في بلدنا، بعض المحافظين يخشون التغيير. وبالنسبة لكثيرين، هذا كل ما يعرفون. وأنا عن نفسي أؤيد هذه التغييرات بكل حماس"، هذا ما صرحت به سمو الأميرة هيفاء بنت عبد الله آل سعود، والتي تظهر خلف عجلة قيادة السيارة على غلاف #عدد_الاحتفاء_بالسعودية الأول من نوعه على الإطلاق من #ڤوغ_العربية. وسيصدر عدد الاحتفاء بالسعودية هذا في شهر تاريخي يشهد تنفيذ قرار رفع الحظر عن قيادة النساء للسيارات في المملكة، والمقرر يوم 24 يونيو. اقرؤوا حوارنا الحصري مع الأميرة في عدد يونيو، والذي يتوافر في منافذ البيع اعتباراً من الأول من يونيو. #ڤوغ_العربية



13.5k Likes, 488 Comments - Vogue Arabia (@voguearabia) on Instagram: "🇸🇦"In our country, there are some conservatives who fear change. For many, it's all they have..."

 

La couverture a suscité de nombreuses réactions chez les défenseurs des droits des femmes en Arabie Saoudite. Le magazine Vogue Arabia Arabia a mis en une de son numéro de juin une princesse saoudienne, Hayfa bint Abdallah al-Saoud, au volant d’une voiture de sport. Le magazine entendait illustrer un dossier sur les « femmes avant-gardistes » du pays et mettre en avant les réformes sociétales engagées par le prince héritier Mohammed ben Salmane, dont la levée de l’interdiction de conduire pour les Saoudiennes.

Mais la photo de la fille de l’ancien roi Abdallah en gants de cuir et talons aiguilles au volant d’un cabriolet rouge est mal passée auprès des militants pour les droits des femmes. Ces derniers rappellent en effet que dans le royaume conservateur, onze des leurs ont été arrêtés en mai dernier.

Détournements sur les réseaux sociaux

La majorité d’entre eux étaient des femmes ayant pris position contre le système de tutelle masculine et l’interdiction faite aux femmes de conduire. Car cette dernière est encore en vigueur et ne sera réellement levée que le 24 juin prochain. Vogue Arabia a indiqué que quatre de ces activistes avaient depuis retrouvé la liberté.

En réaction à la couverture de Vogue Arabia, les détournements se multiplient sur les réseaux sociaux. « Après que VogueArabia a pensé qu’il faisait sens de présenter (la princesse) sur son numéro de juin 2018 dédié aux femmes avant-gardistes d’Arabie saoudite (…), les Saoudiennes se sont servies de Twitter pour s’y opposer, et ont remplacé sa photo par celles de trois des militantes arrêtées et qualifiées de traîtres », a notamment tweeté la militante saoudo-américaine Nora Abdulkarim.

19 octobre 2017

La une de Libération de demain matin

 

Danielle Darrieux est morte mardi à 100 ans. Nous lui rendons hommage dans le journal de demain. #danielledarrieux #rip Photo Archives du 7e Art. Photo12



318 Likes, 2 Comments - Libération (@liberationfr) on Instagram: "Danielle Darrieux est morte mardi à 100 ans. Nous lui rendons hommage dans le journal de demain...."

 

24 décembre 2013

Arielle Dombasle au Théâtre du Rond Point - Vu ce soir

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L'auteur

Né à Buenos Aires, Alfredo Arias fonde en 1968 le Groupe TSE. Sa toute première création théâtrale est Dracula, suivront Aventuras et Futura écrites et mises en scène par lui-même. Sa première mise en scène en France sera Eva Perôn de Copi. Deux spectacles marquent son parcours: Les Peines de coeur d'une chatte anglaise d après Balzac, inspiré des dessins de Grandville, et Mortadela revue musicale qui retrace son enfance à Buenos Aires. Directeur du CDN d'Aubervilliers. il présente au Festival d'Avignon La Tempête de Shakespeare et monte notamment Le jeu de l'amour et du hasard de Marivaux dans une version masquée. Il poursuit le travail sur le masque dans le rôle de Madame avec Les Bonnes de Jean Genet, et dans le rôle-titre de Madame de Sade de Mishima. Il collabore régulièrement avec des écrivains contemporains dont Chantal Thomas, Marie Darrieussecq, Gilles Leroy et René de Ceccatty.

Il aborde un théâtre biographique en tant qu'auteur et metteur en scène, explorant son enfance et plus tard ses retrouvailles avec son pays natal (Trio. Famille d'artistes, Faust Argentin, Mambo Mistico...). Le Music-hall et la comédie musicale sont aussi ses domaines de prédilection (pour les Folies Bergère, il monte Fous des Folies, et Concha Bonita pour le Théâtre national de Chaillot). Au Rond Point, Alfredo Arias a présenté plusieurs spectacles depuis 2005 dont Le Palais de la Reine, Divino Amore, Tatouage, Cabaret Bretch Broadway, Trois Tangos et Truismes.

II a reçu le prix Plaisir du théâtre pour Peines de coeur d'une chatte anglaise, Il Pegaso D'ora et Il Premio Eti en Italie, deux Molièrc pour le meilleur «spectacle musical pour ses créationa de Mortadela et Peines de cœur d'une chatte française et a reçu en 2003 un Molière d'Honneur.

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Entretien

Comment est né le projet El Tigre ? Et que signifie ce titre ?

A l'origine d'El Tigre se trouve Casa Susana un album américain construit à partir d'un parcours photographique énigmatique. L'auteur de ce recueil de photos a trouvé par hasard au marché aux puces de New York une série de boîtes contenant comme des cartes postales où figure tout un éventail de femmes très bien habillées suivant sans doute les règles de la beauté et l'élégance édictées par le Hollywood de l'époque. Quand on regarde de plus près ces clichés, on s'aperçoit que ce sont des hommes qui endossent les robes et assument l iinitation de ces déesses. Le second pas qui a détenniné l'écriture d'El Tigre, c'est la découverte du cinéclub argentin Mon Amour. Dans la rue Carlos Calvo, au cœur du quartier colonial de Buenos Aires, San Telmo, se trouve une salle de cinéma qui a été aménagé dans la chainbre d'un modeste appartement : les habitants du coin viennent assister aux projections, chargés de leurs sacs à provisions ! Après la séance, ils débattent comme des cinéphiles avertis ! L'assemblage de ces deux mondes m'a donné l'envol pour commencer l'élaboration de cette pièce. Et le delta du Tigre était le décor idéal pour fonder cette colonie de cinéfolles.

ALFREDO ARIAS, PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE NOTTE

15 juillet 2016

Beat Generation - Exposition au Centre Pompidou (vu hier)

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La Beat Generation est un mouvement littéraire et artistique né dans les années 1950, aux États-Unis.

Le terme de « Beat Generation » fut employé pour la première fois en 1948 par Jack Kerouac pour décrire son cercle d'amis au romancier John Clellon Holmes (qui publiera plus tard le premier roman sur la Beat Generation, intitulé Go). Holmes définit le mouvement dans un article faisant office de manifeste esthétique, publié dans le New York Times en novembre 1952 : « This is the Beat Generation ».

Howl d'Allen Ginsberg (1956), Sur la route de Jack Kerouac (1957) et Le Festin nu de William S. Burroughs (1959) sont les œuvres les plus marquantes de la littérature beat. L'homosexualité affichée de certains membres de ce mouvement artistique fit scandale dans l'Amérique puritaine3,4. Howl et Naked Lunch furent l'objet de procès en obscénité qui marquèrent la libération du monde de l'édition aux États-Unis avant de devenir des références pour le mouvement gay et la libération sexuelle de la génération suivante.

William Burroughs, Allen Ginsberg et Jack Kerouac sont les précurseurs de la libération sexuelle et du mode de vie de la jeunesse des années 1960, celle de la Beat Generation, « qui a ébranlé la société américaine dans ses certitudes. Elle a directement inspiré aussi bien les mouvements de mai 1968 que l’opposition à la guerre du Vietnam, ou les hippies de Berkeley et Woodstock. Pourtant la Beat Generation a aussi contribué à enrichir le mythe américain. Sur la route, le roman le plus connu de Kerouac, est une ode aux grands espaces, à l’épopée vers l’ouest, à la découverte de mondes nouveaux. ». Alliant créativité débordante et fascination pour les milieux underground des villes des côtes Est et Ouest des États-Unis et tout l'art qui s'y crée (littérature, jazz, etc.), la Beat Generation témoigne également d'un attachement profond aux grands espaces, à la nature et aux spiritualités chamaniques dans lesquelles l'homme est partie intégrante du Cosmos.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Beat_Generation            Beat_Generation

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24 janvier 2019

Dita von Teese dans le "Fashion Freak Show" de JPG aux Folies Bergère

Cheveux de jais, lèvres écarlates et courbes haute couture, Jean Paul Gaultier invite l’icône mondiale de l’effeuillage burlesque, Dita Von Teese pour 7 représentations exceptionnelles de son Fashion Freak Show aux Folies Bergère !

Sa personnalité singulière épouse parfaitement l’univers déjanté de l’enfant terrible de la mode aujourd’hui créateur du Fashion Freak Show pensé comme une grande fête et confectionné à sa démesure.

A découvrir jusqu’au 27 janvier

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21 juillet 2019

Laetitia Casta nue en couverture de ELLE : « Je n’ai pas à me cacher »

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Cette semaine, ELLE propose non pas une mais deux couvertures, avec Laetitia Casta, qui pose pour une jolie série mode estivale devant l’objectif de Blair Getz Mezibov. L’actrice se dévoile sous la plume de l’écrivain Philippe Besson, qui a recueilli ses confidences sans filtre. Sur la première couverture, Laetitia Casta, en robe noire, sort de l’eau, plus sexy que jamais. Sur la deuxième, l’actrice pose nue, recroquevillée mais à la fois très forte, à l’état pur, sur un rocher. Un rapport au corps avec lequel elle est non seulement à l’aise mais surtout pour lequel elle milite, comme elle l’affirme dans nos colonnes. « Quand on arrive au monde, on est nu. Je n’ai pas à me cacher. Et je suis atterrée par la résurgence d’un certain puritanisme. J’aime, par exemple, la force que dégage « L’Origine du monde » de Courbet. Mais montrer « L’Origine du monde » aujourd’hui, ça devient un acte politique. La censure m’horrifie. Finalement, la nudité, c’est un acte de rébellion. C’est affirmer son identité. »

Dans son interview, Laetitia Casta n’hésite pas à aborder sa vie privée, sur laquelle elle est pourtant habituellement très pudique. Ses débuts avec Yves Saint Laurent qui lui avait prédit une carrière d’actrice, son mari Louis Garrel, l’éducation de ses enfants – quelle mère est-elle ? –, sa jeunesse dans un milieu simple qui font qu’aujourd’hui, elle admire le mouvement des Gilets jaunes et salue cette « révolution ».

Les confidences de Laetitia Casta par Philippe Besson sont à découvrir dans ELLE en kiosque dès aujourd’hui et pendant deux semaines.

14 juillet 2019

Enquête - A la poursuite de Banksy, le fantôme du street art

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Par François Krug, Roxana Azimi

Depuis plus de quinze ans, le mystère autour de l’identité de la star des street-artistes entretient sa légende et fait grimper sa cote. En 2008, le tabloïd britannique « Daily Mail » avait pourtant probablement levé le voile. La piste mène à Bristol, sur les traces d’un certain Robin Gunningham.

Il est autour de trois heures du matin, ce 25 juin 2018, quand le téléphone sonne. « Des appels en pleine nuit concernant le Bataclan, ça affole forcément, raconte Jules Frutos, à l’époque cogérant de la salle de concerts parisienne. J’y vais. Il y a déjà un attroupement. Des gens prennent des photos. » Tous fixent la porte de secours, par laquelle une partie des spectateurs a fui l’attaque terroriste du 13 novembre 2015. Une madone au regard triste y est apparue, bombée au pochoir. L’auteur n’a pas laissé de signature, mais elle est évidente.

On sait que Banksy est à Paris. Depuis quelques jours, la star du street art a laissé une dizaine de traces sur les murs de la capitale. Ses fans et les journalistes le pistent, mais ignorent toujours son visage, et même son mode opératoire. Cette fois, il y a des images. Une caméra de surveillance pointe sur l’issue de secours du Bataclan. Quand on lui demande s’il a regardé la vidéo et ce qu’il y a vu, Jules Frutos élude : « Je ne peux pas en parler. D’un côté, il y a l’artiste. De l’autre, le remue-ménage. Ça n’apporte rien. »

Il est encore autour de trois heures du matin, le 26 janvier 2019, quand l’alarme du Bataclan se déclenche. Cette fois, on sait ce que la caméra a filmé. Des hommes cagoulés ont découpé la porte de derrière à la meuleuse, et embarqué le Banksy. Pour porter plainte, il a fallu se creuser la tête sur le statut juridique de ce graffiti même pas signé. Avait-on volé une œuvre d’art ou un vulgaire morceau de porte ? L’enquête a été banalement ouverte pour « vol avec dégradation en bande organisée ». « Elle est en cours », se contente d’indiquer le parquet.

Ainsi se construit, depuis plus de quinze ans, la légende Banksy. La nuit est Banksy. La rumeur est Banksy. Banksy, c’est l’homme des punchlines corrosives et des images efficaces aérosolées, comme cette fillette au ballon en forme de cœur peinte en 2002 sur le pont de Waterloo, à Londres, et déclinée depuis en estampes, mugs et tee-shirts. L’artiste, qui se joue de toutes les autorités – policière, politique ou financière –, est surtout un petit génie de l’autopromotion et de la manipulation.

Théories fumeuses

En 2015, il ouvre un parc d’attractions dystopique baptisé Dismaland à Weston-super-Mare (Royaume-Uni), une sinistre ville balnéaire près de Bristol. Deux ans plus tard, il installe l’Hôtel Walled Off à Bethléem, au pied du mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie. En 2018, le voilà qui sabote en direct une vente d’une de ses œuvres chez Sotheby’s. Un dessin reprenant la fillette au ballon venait à peine d’être adjugé pour un million d’euros qu’un mécanisme caché dans le cadre l’a broyé en fines lamelles.

Pour en rester à sa production française, le rebelle avait défendu, avant sa madone du Bataclan, les migrants de Calais avec un pochoir représentant Steve Jobs un baluchon dans la main, un ordinateur dans l’autre, rappelant que le fondateur d’Apple fut le fils d’un migrant syrien. C’est peu de dire que l’artiste divise : héraut moderne du street art politique (résolument à gauche) pour les uns, usurpateur sans grand talent pour les autres. « Banksy, c’est le génie des évidences », grince le critique d’art Jonathan Jones dans le Guardian.

Le chef-d’œuvre de Banksy, c’est finalement Banksy lui-même. Machine à fantasmes, il a eu le talent d’enrôler, pour écrire sa légende ou la protéger, tous ceux qui l’ont approché. Les innombrables démarches visant à le démasquer – avant celle-ci – ont toutes conduit à faire grimper sa cote, amplifiant l’intérêt du monde de l’art, au sens financier du terme.

Ainsi, à en croire un obscur auteur anglais, William Kasper, « Banksy » masque un groupe de quatre hommes sévissant aux quatre coins du monde. L’artiste canadien Christopher Healey conteste cette version, prétendant plutôt qu’il s’agit d’un collectif de sept membres menés par une femme blonde. Sauf que, une fois contacté par courriel, cet homme refuse de livrer l’ombre d’un début de preuve, se contentant d’un très sibyllin « votre grille de recherche est peut-être faussée ».

D’autres hypothèses peuvent sembler tout aussi sérieuses… En 2016, le blogueur écossais Craig Williams affirme ainsi que Banksy n’est autre que Robert Del Naja, le leader de Massive Attack, sous prétexte que ses pochoirs ont souvent surgi dans les villes où s’est produit le groupe britannique. En 2018, une source anonyme assure qu’il s’agit de Jamie Hewlett, cofondateur du groupe Gorillaz. À moins que ce ne soit l’artiste Damien Hirst himself ! Deux indices pour croire ce mensonge : l’ex-Young British Artist a hébergé son protégé dans son studio pendant trois ans et, cosignant un travail à quatre mains, l’a porté en 2008 à un record d’enchères, 1,8 million de dollars chez Sotheby’s. On ne prête qu’aux riches…

La piste Robin Gunningham

La lecture d’un vieil article du Daily Mail, cependant, mérite attention. L’enquête, publiée en 2008, indique que Banksy est le pseudo d’un certain Robin Gunningham, de Bristol, avec photo à l’appui. Or ce scoop a été corroboré, en 2015, par des portraits concordants publiés sur le site de Whitehot Magazine ainsi que, l’année suivante, par les criminologues de l’université Queen Mary de Londres utilisant les méthodes de profilage géographique habituellement appliquées aux tueurs en série.

« APRÈS MÛRE RÉFLEXION JE RENONCE À VOUS ACCUEILLIR », NOUS ÉCRIT CHRISTIAN GUÉMY, ALIAS C215, DÉCOMMANDANT UN RENDEZ-VOUS AU PRÉTEXTE DE NE PAS « CONTRIBUER À CE NOUVEL ARTICLE INUTILE SUR BANKSY »

Pour ce qui est de la révélation du Daily Mail, sa piètre réputation de tabloïd conservateur fait qu’elle a été ignorée par la grande presse, ce qui permet à Banksy de continuer à vivre caché et à sa légende de prospérer. Au grand soulagement de tous ceux qui, pour diverses raisons, veulent nous détourner de l’homme Robin Gunningham pour mieux entretenir le mythe Banksy.

« Me demanderiez-vous si j’ai rencontré Batman ? », nous répond ainsi la galeriste Magda Danysz, la papesse parisienne de l’art urbain, lorsqu’on l’interroge naïvement. Dans la communauté du street art, habituée à échapper à la police et à tout autre interrogatoire, l’esquive est la règle. « Par respect pour mon camarade artiste, je ne pourrai pas répondre à vos questions sur son identité », décline poliment par texto le grapheur et entrepreneur André qui, au début des années 2000, avait invité Banksy à intervenir dans son concept store Black Block, au Palais de Tokyo.

« Après mûre réflexion je renonce à vous accueillir », nous écrit Christian Guémy, alias C215, décommandant un rendez-vous au prétexte de ne pas « contribuer à ce nouvel article inutile sur Banksy ». On a alors tout misé sur Thierry Guetta le héros (malgré lui ?) du film de Banksy, Faites le mur !. Ce Français de Los Angeles n’a pas vraiment le beau rôle dans ce documentaire nommé aux Oscars, où, sous la pression de Banksy qui apparaît le visage caché et la voix modifiée, il se métamorphose devant la caméra en street-artiste ni très bon ni très futé. Las, celui qui se fait désormais appeler Mr Brainwash n’a donné suite à aucun de nos courriels.

On s’est rabattu sur le pochoiriste Xavier Prou, alias Blek le Rat, qui, dans le documentaire Graffiti Wars : Banksy vs Robbo, semblait bien agacé que son cadet se soit approprié son motif fétiche, un rat, qu’il avait créé en 1981. Joint au téléphone, l’artiste français botte en touche, tout en confiant n’avoir dîné à ses côtés qu’une seule fois, « il y a plus de dix ans », dans un restaurant de Shoreditch, dans l’Est londonien. « Ce n’est que lorsqu’il est parti qu’on m’a dit que c’était Banksy », rapporte-t-il. Lorsque, sans y croire, on s’enquiert du physique de l’invité mystère, la repartie cingle : « Vous travaillez quand même pas pour Gala ? »

Jérémie Rozan, cofondateur du concept store branché Surface to Air a, lui, bien voulu nous raconter la fois où Banksy y a exposé. Nous sommes en janvier 2003. Banksy jouit déjà d’une petite notoriété, sans être la star qu’on connaît. Mais il protège déjà farouchement son identité. « Il fallait d’abord appeler un café à Bristol et, après, Steve Lazarides, son agent, nous rappelait », se souvient Jérémie Rozan. Armé d’un carton rempli de pochoirs, Banksy débarque à Paris et crèche chez les uns et les autres. On lui laisse les clés de la boutique pour qu’il œuvre à sa guise trois heures durant. Banksy en profite pour bomber toute la collection de posters laissés en cadeau par les précédents artistes invités ! D’abord énervée, l’équipe a pris le parti d’en rire.

S’il ne se rendait habituellement jamais à ses vernissages, traînant plutôt incognito au bar d’en face, Banksy était ce 25 janvier 2003 de la fête, buvant sa Corona comme tout le monde, sans s’inquiéter des appareils photo. C’était un autre temps. Aujourd’hui, le street-artiste américain Shepard Fairey, qui, lui, avance à visage découvert, regrette le temps où ils traînaient ensemble. « Il est drôle et plein d’esprit, mais il n’aime pas trop fréquenter les gens, confie-t-il, à l’occasion d’un passage à Paris. C’est dur désormais de le voir, il est devenu très solitaire. »

Retour à Bristol

Où vit-il ? Quel est son mode opératoire ? Agit-il seul, de jour, de nuit ? Combien de temps met-il pour concevoir un pochoir ? A en croire un proche, notre homme aurait toujours œuvré en pleine journée, dans l’indifférence des passants. Il est pourtant un pochoir représentant la chute d’une femme avec son charriot, que l’artiste a peint à coup sûr de nuit, en novembre 2011, sur un immeuble de bureaux désaffecté de Bruton Lane, à Londres. « J’étais de garde ce soir-là, raconte le vigile pakistanais, toujours en poste huit ans après au pied du bâtiment voué à une destruction prochaine. Il faisait froid, et il y avait de la neige. Je n’ai rien vu ni entendu jusqu’à ce que je découvre le pochoir à sept heures du matin. » Cet homme jovial se repasse le film de la soirée : « Mais comment a-t-il pu faire ça ? Il neigeait, je ne vois pas comment il a pu utiliser une échelle. » Aurait-il pu emprunter le toit ? « Impossible, on ne peut pas accrocher de corde », assure-t-il.

« SUR BANKSY, CHACUN A UNE VERSION ET PENSE QU’IL A LA BONNE. ET PUIS, LES GENS AIMENT ÊTRE LIÉS À UN SECRET. SI TOUT LE MONDE SAIT, C’EST BEAUCOUP MOINS VALORISANT »

INKIE, COMPLICE DE JEUNESSE DE BANKSY

Pour tenter de résoudre l’énigme Banksy, il faut peut-être revenir aux sources. Bristol, 450 000 habitants, dans le sud-ouest de l’Angleterre, entre campagne et mer. Son architecture victorienne, ses rives de l’Avon, ses entrepôts portuaires transformés en appartements pour bobos et, surtout, son street art. Il y a été importé au début des années 1980 en même temps que le hip-hop, par des pionniers comme 3D, de son vrai nom Robert Del Naja, le futur chanteur de Massive Attack, autre gloire locale. « Les autorités sont mal à l’aise avec les graffitis, explique d’emblée Richard Jones, patron de la maison d’édition locale Tangent Books, auteur de plusieurs livres sur le sujet. Elles ne savent pas quoi faire de Banksy puisque son travail est considéré comme un délit. On dépense des dizaines de milliers de livres par an contre les graffitis alors que ça rapporte des millions au tourisme local. »

Sur l’artère longeant la mairie, un homme nu est pendu dans le vide, accroché d’une main à la fenêtre de sa maîtresse, échappant au mari suspicieux. En hauteur, grand format, cette œuvre de 2006 a nourri la légende. Pour ses admirateurs, l’audacieux Banksy est venu défier sous ses fenêtres un conseil municipal qui faisait la guerre aux graffitis. Ses détracteurs soulignent que, de mèche avec le propriétaire, la star avait loué un échafaudage et travaillé caché par une bâche. À l’écart du centre-ville, sur Portland Square, une grille bloque l’accès à un immeuble en ruine. On doit scruter la façade à distance. En 1999, Banksy a apposé ici le logo de Blowpop Records, un petit label électro. Il a aussi utilisé son pochoir pour la pochette d’un disque du label, sorti à une centaine d’exemplaires. Dans la rue, le graffiti s’est presque effacé. En ligne, le disque se négocie à partir de 6 200 euros.

Faut-il y voir une coïncidence, mais, quelques années auparavant, un dénommé Robin Gunningham avait justement signé les jaquettes noir et blanc de deux cassettes audio : les albums d’un groupe de Bristol inconnu, Mother Samosa, sortis en 1993 et 1994. Les connaisseurs sont convaincus de reconnaître dans les dessins de Gunningham le futur style de Banksy. D’ailleurs, à l’été 2018, le site de vente en ligne MyArtBroker propose les épreuves de dessins signés Robin Gunningham. Mais, depuis, ces hypothétiques œuvres de jeunesse ont été retirées de la vente.

Un obscur groupe de ska

Pourquoi ? Par qui ? On part à la chasse aux anciens membres de Mother Samosa. Sur Internet, aucune information sur le groupe. Juste un album traînant sur les plates-formes musicales, mélange de ska, de punk et de folk. Sur Spotify, il affiche une moyenne de cinq auditeurs par mois, autant dire personne. On finit par repêcher un message au fond d’un forum, fermé depuis des années, consacré au tatouage. Un certain Easy raconte sa vie. Il jouait dans le groupe : « Essayez de deviner qui a fait les pochettes de nos albums. » On retrouve sa trace sur un forum consacré cette fois aux Combi Volkswagen. Il y évoque encore son groupe et « un artiste très connu ». On s’inscrit dans l’espoir de discuter avec l’homme qui aurait travaillé avec le futur Banksy. Il écrit quelques jours plus tard : « Que puis-je faire pour vous ? » On lui explique s’intéresser aux pochettes des deux albums. Notre message restera sans réponse. C’est un cul-de-sac.

Toujours à Bristol, on traverse le quartier de Montpelier, où l’on tombe, cette fois, sur la fresque Take The Money And Run (« prends l’argent et tire-toi »), réalisée il y a près de vingt ans. Le jeune Banksy l’a peinte avec deux aînés, Mode 2 et Inkie, un de ses grands complices de jeunesse. Après plusieurs relances, Inkie finit par nous donner rendez-vous au Full Moon, un pub enchaînant les soirées autour du street art. « Sur Banksy, chacun a une version et pense qu’il a la bonne, résume-t-il. Et puis, les gens aiment être liés à un secret. Si tout le monde sait, c’est beaucoup moins amusant et valorisant pour eux. » Inkie n’est pas du genre à briser un secret, mais il veut bien aider à y voir clair. « J’étais à la fac avec Steve, j’ai rencontré Banksy, puis on a peint ensemble à partir de 1996 ou 1997, après on a déménagé pour Londres au même moment… », raconte-il.

Il rigole quand on lui avoue ne pas comprendre le mode opératoire de son ami. C’est pourtant simple. « Il a été le premier à utiliser des pochoirs. C’était interdit pour un auteur de graffiti, qui doit travailler à la main libre. Avec un pochoir, on va vite et partout. C’est comme ça qu’on peut faire des rats partout en une nuit ! Ça prend deux minutes, ça mécanise le graffiti, et c’est pour ça que c’était tabou. » Ça permet aussi de déléguer, sans prendre soi-même de risques inutiles. « Bien sûr qu’il a une équipe. Damien Hirst ne fait pas lui-même ses peintures et Jeff Koons ne fabrique pas ses sculptures. »

On tente le tout pour le tout : Banksy s’appelle-t-il bien Robin Gunningham ? Rire. « Ça se pourrait, mais je ne vous le dirai pas. » Pourtant, Inkie enchaîne de lui-même sur l’explication du pseudonyme. Là encore, c’est si évident. « Robin » a fait penser à « robbing banks » (« dévaliser des banques »), d’où « Robin Banks » puis « Banksy ». Nouveau rire de son côté, joie puis méfiance du nôtre. Deux minutes plus tôt, le même Inkie soulignait le talent de Banksy et de son entourage pour les écrans de fumée. En voilà peut-être un de plus. Plus tard, au téléphone, il nous confiera regretter que Banksy « n’aide pas davantage ses vieux copains qui logent dans des HLM et se démènent pour survivre ».

Photos volées

On devine que certaines aigreurs ont pu laisser des traces difficiles à effacer. Ancien producteur de films porno devenu artiste, AK47, comme le fusil d’assaut, en a gros sur le cœur depuis que Banksy a refusé de lui signer une estampe qu’il avait achetée quelques années plus tôt et qu’il avait voulu revendre pour se renflouer. « À l’époque, il n’était rien », s’étrangle-t-il, dans son fort accent du Yorkshire. Pour se venger, cet homme haut en couleur lui joue un vilain tour en 2004 en orchestrant le rapt d’une sculpture de Banksy lourde de trente-cinq tonnes, The Drinker, détournement du Penseur de Rodin, que l’artiste avait « offerte » à Londres.

De cet enlèvement et de la demande de rançon qui s’ensuit, AK47 tirera un documentaire qui fera grand bruit dans le Landerneau. Même s’il pense aujourd’hui que « Banksy est mal poli et arrogant avec les gens et qu’il ne respecte personne », AK47 ne lâche pas le morceau tout en nous encourageant à prendre langue avec Steve Lazarides, « le Malcolm McLaren du street art. Banksy lui doit tout ».

« ON S’EST TELLEMENT JOUÉ DES GENS QUE, MÊME SI JE VOUS MONTRAIS LA VRAIE IMAGE AVEC BANKSY EN TRAIN DE PEINDRE, VOUS PENSEREZ QUE C’EST “FAKE” ! »

STEVE LAZARIDES, ANCIEN AGENT DE BANKSY

Aussi malin, embrouilleur, bluffeur et visionnaire que « l’inventeur » des Sex Pistols, Lazarides fut dix ans durant le porte-parole, agent et marchand officiel de Banksy. C’est à Londres, au dernier étage d’un bâtiment en brique près du quartier commerçant d’Oxford Circus, que nous accueille le complice et témoin – pas moins de cinq cents clichés dans ses archives – de ses coups pendables, dont le souvenir le fait encore hurler de rire. Comme ce jour d’avril 2004 où Banksy avait installé un rat empaillé au Muséum d’histoire naturelle de Londres. « Du grand art ! », jubile-t-il en nous montrant quelques photos souvenir inédites, dont il masque sciemment du doigt le personnage-clé.

« Regardez ça ! » Et de sortir triomphant une liasse d’images prises dans une ferme anglaise où Banksy aura toutes les peines du monde à peinturlurer d’aimables ruminantes. Le provocateur prendra d’ailleurs goût au support animal : en 2006, pour l’exposition « Barely Legal » à Los Angeles, il ripoline en rose un éléphant vivant qui n’en demandait pas tant. Une polémique s’ensuit et le lance sur orbite. La marque Banksy était née.

Depuis onze ans, les deux hommes ont rompu tout lien. Question d’argent et d’ego, murmure-t-on en ville. « Banksy ne me manque pas », assure Lazarides, qui juge leur relation trop « dévorante ». Mais dans son bureau, où les basses font trembler les murs dès 9 heures du matin, les estampes iconiques de l’ancien camarade sont aussi présentes que les photos de ses trois gosses. Car l’homme invisible est, encore aujourd’hui, son fonds de commerce. Si Lazarides a enfreint une des règles de Banksy – il organise des expositions très médiatiques sans son consentement –, il n’entend pas violer ses secrets.

« Avec Banksy, on a été les rois des “fake news” », lâche-t-il goguenard. Et d’ajouter : « On s’est tellement joué des gens que, même si je vous montrais la vraie image, avec l’équipe, le pochoir, Banksy en train de peindre, vous penserez que c’est “fake” ! » Profitant d’une brève absence de notre hôte, nous avons scanné à son insu quelques photos laissées négligemment sur le bureau. On y voit un jeune homme en train de taguer un tunnel sur Rivington Street à Londres, près du bar Cargo, où se trouvent encore deux de ses graffitis soigneusement préservés sous Plexiglas. Le rouquin-brun des clichés est on ne peut plus ordinaire. Et il ressemble bigrement… à la photo de Robin Gunningham publiée par le Daily Mail.

Le témoin jamaïcain

Pour confirmer cette image, sans dévoiler notre forfait, nous avons contacté le seul journaliste qui a rencontré l’homme invisible – ou peut-être sa doublure ? –, Simon Hattenstone, un intervieweur star du Guardian. Les deux hommes ont conversé autour d’une pinte de Guinness dans un bar du quartier de Hoxton en 2003. Etait-il sûr qu’il s’agissait de Banksy ? « Il en parlait trop bien pour que ça ne fasse pas vrai », assure aujourd’hui le reporter en marcel noir dans un patio au bord de l’eau, au pied de l’immeuble du Guardian.

Simon Hattenstone se souvient d’un jeune gars vif qui « avait l’intelligence des situations » mais assez quelconque physiquement – « on ne le remarquerait pas vraiment si on le croisait dans la rue ». Au cours d’une seconde rencontre, Banksy lui confiera son rêve d’écrire un scénario autour de demandeurs d’asile libyens. Indifférent au début de buzz qui entourait déjà l’artiste, Simon Hattenstone n’a pas pris la peine de le photographier – « ça aurait été déplacé ». Confronté à la photo en une du Daily Mail, il dit ne plus trop se souvenir de son visage. Et puis, admet-il, le sujet Banksy ne l’a vraiment pas hanté.

Pas plus qu’il n’a taraudé l’artiste Caledonia Dance Curry, alias Swoon. Lorsqu’à l’occasion d’une exposition à Paris nous lui montrons les images du tabloïd et celles que nous avons subtilisées, elle ne sait trop quoi penser. La seule fois qu’elle l’a vu, c’était en 2005, lors du festival de street art Backjumps, à Berlin. « Il était marrant, un peu con, très sûr de lui, raconte cette sympathique rousse new-yorkaise. Et il lançait des trucs bizarres, du genre : “Je ne suis pas ici pour qu’on devienne ami mais pour vous détruire.” » Mais, ajoute-t-elle, « ses engagements, que ce soit en Palestine ou plus tôt dans le Chiapas, au Mexique, n’étaient pas du chiqué ».

La seule façon de tirer les choses au clair serait de joindre l’auteur de la photo du Daily Mail, le Jamaïquain Peter Dean Rickards. Las, celui-ci est mort en 2014 et ses souvenirs enterrés avec lui. Un de ses proches accepte toutefois de nous narrer les dessous de l’affaire sous couvert d’anonymat. Lors de son passage en Jamaïque, en 2004, Banksy se serait montré « arrogant et impoli avec tout le monde ». « Quand Peter a parlé de ses photos, Banksy a lâché méchamment : “Moi, je fais de vraies images.” » Excédé, Peter Dean Rickards publie alors sur son site Internet cinq ou six photos qu’il avait prises de Banksy à Kingston. Mais l’artiste lui rachète les droits pour éviter que l’affaire ne s’ébruite.

La holding de Banksy

Pour entretenir ce voile de mystères, Banksy peut aujourd’hui compter sur Holly Cushing, sa manageuse depuis la brouille avec Lazarides. « Elle a été la communicante de Sean Penn à Hollywood et elle pratique l’intimidation », assure le marchand londonien Robin Barton, qui avait négocié plusieurs muraux sans le consentement de Banksy. Avec le comptable Simon Durban, elle gère un petit groupe, avec sa holding et ses filiales spécialisées, dûment enregistrées, mais sans que jamais le nom de l’artiste n’apparaisse. Elles sont toutes domiciliées à la même adresse, mais inutile de sonner à la porte. Au registre du commerce, 37 263 entreprises partagent ces bureaux, ceux d’une société de domiciliation au service des investisseurs et patrons discrets.

Au sommet du groupe trône la société PicturesOnWalls, à l’origine un collectif dont Banksy n’était qu’un membre parmi d’autres. Dans ses derniers comptes, elle annonce deux millions de livres (2,2 millions d’euros) de trésorerie. Jusqu’en 2016, elle avait pour actionnaire unique Jamie Hewlett, moitié du groupe Gorillaz et lui aussi street-artiste reconnu. D’où la rumeur : et si Banksy, c’était lui ? Mais, en 2016, Hewlett vend ses parts à un certain Mark Chambers, dont on sait simplement qu’il est australien, approche des 50 ans et habite en Californie. Petit détail tout de même : il y aurait travaillé sur une exposition organisée par Banksy.

En 2008, Banksy, devenant une star, une première filiale vient répondre à une nécessité : l’authentification de ses œuvres. Son nom : Pest Control Office, terme générique pour les sociétés de dératisation et référence à l’animal fétiche de l’artiste. Sur son site, ceux qui croient détenir un Banksy n’ont qu’à remplir un formulaire, envoyer une photo, et croiser les doigts en attendant le verdict. C’est gratuit, mais il est aussi arrivé à Pest Control de vendre des œuvres, assez pour détenir 2,7 millions de livres (3 millions d’euros) dans ses caisses. Au fil des années, elle a été rejointe par Paranoid Pictures pour le cinéma – productrice du film Faites le mur !, Gross Domestic Product pour les livres et Dismaland Limited pour le parc d’attractions éphémère, monté en 2015.

On se souvient alors que lors de notre pèlerinage à Bristol, dans une allée envahie par les mauvaises herbes, on a cru découvrir la dernière œuvre de la star : une écolière crayon à la main, devant une maison qu’elle vient de dessiner. Banksy ne l’avait-il pas déjà peinte aux États-Unis ? Sauf qu’ici l’enfant a ajouté un message sur la maison : « Droit d’auteur, défense d’entrer ». Un jeune street-artiste local, John D’oh, avouera avoir voulu dénoncer l’ambiguïté de son aîné « quand il est question d’argent ».

Une référence au jugement rendu en janvier par un tribunal de Milan, contre les organisateurs d’une exposition non autorisée. Pest Control a alors obtenu leur condamnation pour avoir vendu des cartes postales ou des marque-pages reproduisant des œuvres célèbres, pourtant enregistrées comme marques commerciales. Pest Control dénonçait aussi une violation du droit d’auteur de l’artiste, mais, là, les juges n’ont pas suivi : il aurait fallu que l’artiste lésé sorte de l’ombre. Et que Banksy tombe enfin le masque…

Il y a à peine deux semaines, notre Zorro du pochoir planétaire a une fois de plus réussi à faire parler de lui. C’était le dernier week-end de juin, à une heure de route au sud de Bristol, au festival de Glastonbury. « On y va depuis vingt ans et, chaque année, on peint quelque chose », raconte Inkie, son complice d’autrefois. Ce coup-ci, lui a peint une arche colorée dans les coulisses, en mémoire d’une membre de l’équipe du festival. Banksy, lui, s’est invité sur le dos de la vedette la plus attendue.

Devant 100 000 spectateurs et bien plus de téléspectateurs, le rappeur Stormzy est monté sur scène vêtu d’un gilet de protection contre les armes blanches, peint d’un Union Jack signé Banksy. Le mécanisme habituel s’est mis en branle. Sur son compte officiel Instagram, le maître a authentifié son œuvre. Par le même canal, le bénéficiaire a exprimé sa gratitude, saluant « le plus grand et le plus iconique artiste vivant sur la planète Terre, le seul et l’unique Banksy ». Les éditorialistes ont éditorialisé. Les experts ont expertisé, ceux de MyArtBroker situant la valeur de cette nouvelle œuvre à plus de 200 000 livres. Banksy avait une nouvelle fois réussi son coup.

13 juillet 2019

Arles 2019 : Nostalgie 1981 – Robert Mapplethorpe

Souvenirs de l’été 1981: le slideshow controversé de Robert Mapplethorpe au théâtre antique à Arles

Dans le cadre de la semaine d’ouverture de la 50e édition des Rencontres d’Arles, Isabella Seniuta (chercheuse à Paris 1 Panthéon-Sorbonne) a animé une table ronde avec Bénédicte Burrus (directrice de la galerie Ropac / Marais), Christian Caujolle (actuel directeur du festival Photo Phnom Penh) et Maryse Cordesse (membre de l’équipe fondatrice des Rencontres d’Arles), qui portait sur le diaporama présenté par Robert Mapplethorpe au théâtre antique d’Arles le 9 juillet 1981. Étant donné la renommée de l’artiste américain et ses images homoérotiques parfois provocatrices, l’événement fut abondamment commenté dans la presse de l’époque, ce qui atteste à la fois des questions de censure et de l’aura internationale que possédaient déjà les Rencontres. Intitulé L’homme, un jardin de géométrie, le diaporama de Mapplethorpe fut projeté la nuit du 9 juillet d’après une sélection réalisée par l’artiste lui-même et par le collectionneur Sam Wagstaff, son amant et mécène. Cette présentation arlésienne exposait un condensé de son portfolio XYZ (X pour les images sexuelles, Y pour les natures mortes florales et Z pour les nus masculins) avec en fond sonore l’album Horses de Patti Smith. À partir de documents d’archives inédits du festival et des correspondances entre Lucien Clergue et Sam Wagstaff découvertes au Getty Research Institute par Isabella Seniuta, les intervenants de la table ronde ont commenté et tenté de faire revivre le slideshow arlésien de 1981, un exercice inédit dans la carrière de Robert Mapplethorpe.

www.rencontres-arles.com

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10 juillet 2019

« Luc Besson était pour moi comme un gourou »

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Par Yann Bouchez, Laurent Carpentier

L’actrice Sand Van Roy, qui a tourné dans le long-métrage « Anna » mais dont les scènes ont été coupées au montage, a porté plainte contre le cinéaste pour viol.

Elle a disparu de l’écran. Ce n’était qu’un mini-rôle mais il était important pour elle. Trois petites scènes au début d’Anna, le dernier film de Luc Besson (en salle le 10 juillet, avec six mois de retard), dans lesquelles elle interprétait une espionne américaine arrêtée à Moscou, torturée, puis décapitée, la tête envoyée dans une boîte aux bureaux de la CIA, comme « un message ».

Le message, la jeune actrice, Sand Van Roy, l’a bien reçu, le 29 novembre 2017, lorsque le réalisateur lui a envoyé une vidéo sur son portable lui montrant la boîte avec sa fameuse tête coupée. Pour définir son rôle dans le film, ne lui avait-il pas dit, assure-t-elle : « Elle sait que si elle parle, on la tue. Tu peux t’inspirer de toi-même. »

Cela tombait au moment où, encouragée par l’affaire Harvey Weinstein, la jeune actrice tentait de se dégager du système d’emprise dans lequel elle affirmait être tombée, et avait commencé à solliciter d’autres comédiennes ayant tourné avec le réalisateur pour savoir si elles aussi avaient le sentiment d’être sous son influence. Surinterprétation, comme l’a suggéré Luc Besson aux policiers ?

Six mois plus tard, dans la nuit du 18 mai 2018, alors qu’elle a retrouvé le cinéaste à l’hôtel Bristol, à Paris, où il l’a « convoquée », elle finit par porter plainte.

A la police qui la questionne elle relate leur soirée dans ce palace parisien et une relation sexuelle qui aurait dérapé « une fois de plus », au point qu’elle aurait ensuite perdu connaissance. L’examen médical pratiqué à l’unité médico-judiciaire de l’Hôtel-Dieu constate des bleus à l’œil gauche, dans le dos et une « fissure anale récente », qui « pourraient être compatibles avec les dires de la plaignante ».

« Une enquête hâtive et incomplète »

Six autres mois passent, et, malgré des témoignages complémentaires recueillis par Mediapart sur le comportement de Luc Besson, l’enquête s’arrête : le 25 février, le dossier est classé sans suite. « Je n’ai jamais vu ça. En quarante-quatre ans de métier d’avocat, c’est la première fois que je vois ainsi refuser le droit aux juges dans une affaire de cette nature et aussi surveillée par le parquet… », s’exclame, agacé, Me Francis Szpiner, le nouvel avocat de l’actrice, qui a déposé à nouveau plainte avec constitution de partie civile.

Une juge a été saisie. A elle désormais de décider s’il y aura lieu d’instruire l’affaire. Me Francis Szpiner, qui dénonce « une enquête hâtive et incomplète » du parquet, quand l’avocat de Luc Besson, Me Thierry Marembert, se dit « serein » et salue une « enquête minutieuse et approfondie : je n’ai pas l’impression que les faits puissent être appréciés différemment, on continue de faire confiance à la justice. »

LA DIFFICULTÉ À LAQUELLE ON SE HEURTE ICI, C’EST CE QU’IL EST CONVENU D’APPELER LA « ZONE GRISE DU CONSENTEMENT »

La difficulté à laquelle on se heurte ici, c’est ce qu’il est convenu d’appeler la « zone grise du consentement » : pourquoi la plaignante ne rompt-elle pas une relation dont elle se dit la victime ? Comment, alors que ce n’est pas la première fois à l’entendre que Luc Besson abuse d’elle, a-t-elle poursuivi une relation de plus de deux ans ? Le récit qu’elle en donne est pour cela exemplaire.

Tout commence le 30 décembre 2015. Besson est alors au faîte de sa gloire. Son film Lucy a rempli les caisses de sa société EuropaCorp, et le réalisateur français met en chantier Valerian et la cité des mille planètes, un énorme budget.

Sand Van Roy se présente au casting. C’est la première fois qu’elle le rencontre. « Il me fait un baisemain », se souvient celle qui n’est pourtant là que pour un personnage mineur : moins d’une minute dans le montage final. Quelques semaines plus tard, il l’invite à prendre le thé au Fouquet’s. A l’époque, Luc Besson vit entre Los Angeles et Paris. Quand il est en France, il loge dans une suite de cet hôtel de luxe.

« Pour moi, c’était magique de le voir »

La jeune femme a le profil des filles qu’affectionne, semble-t-il, Luc Besson. Jeune, androgyne, filiforme. Un père mort trop tôt, une mère qui réside toujours dans les Flandres belges, et elle, qui, depuis qu’elle a 17 ans, mannequin puis stand-upeuse, cherche à se faire une petite place sous les sunlights.

Ainsi se noue une relation où Luc Besson prend, dit-elle, petit à petit l’ascendant. « Il me faisait comprendre qu’il était là pour me protéger. Il me disait : “Je veux te pousser vers le haut.” Et je le croyais. Je parlais souvent de mon père à Luc. Lui me parlait de ses enfants, me faisait des confidences. Parfois il me faisait un câlin quand je rentrais dans le salon. Une fois, j’ai vraiment pleuré en parlant de mon père. Il m’a prise sur ses genoux. Même là, je ne voyais pas le côté sexuel. Pour moi, c’était magique de le voir. Et puis, petit à petit, j’ai commencé à ne plus faire confiance aux uns et aux autres, mais juste à ce qu’il disait. Il m’a fait comprendre qu’il savait tout. Il était comme un gourou. Il savait ce qui était bien pour moi. »

LES TERMES « RÉCOMPENSE » ET « PUNITION » REVIENNENT SANS CESSE DANS LE RÉCIT DE LA JEUNE FEMME

L’ex-mannequin aux yeux d’un vert délavé, cheveux châtains qui tombent sur son tee-shirt décousu à l’épaule, tire de sa poche une fine cigarette. Elle avait arrêté de fumer quand Luc Besson le lui avait demandé. Elle est devenue blonde lorsqu’il l’a réclamé, et a mis des jupes et des talons aiguilles lorsqu’il lui a dit que les jeans lui faisaient « un gros cul ».

« C’est sans doute hypernaïf, confie-t-elle, mais il faut bien comprendre que, quand on est devant Luc Besson – le sauveur, le protecteur, tout ce qu’on recherche –, on ne va pas dire : “Non, je ne viens pas dans ta chambre”. C’est la grand-mère chez qui on prend un thé, pas le méchant qui donne de la vodka ou de la coke. Au début de notre relation, il n’y avait vraiment pas de souci. Mais avec le recul, je vois, que déjà, à l’époque, il faisait des petits trucs pour me rabaisser, tout le temps. »

Cela commence par des caresses, puis cela évolue en relations sexuelles, consenties d’abord, puis moins, puis plus du tout lorsqu’il refuse de mettre un préservatif, expliquera-t-elle. Et de plus en plus forcées, à l’en croire, à Paris, Londres ou Los Angeles. Aux enquêteurs qui l’interrogeront à son tour quatre mois plus tard, le 2 octobre 2018, Luc Besson – qui a commencé par tout nier en bloc – finira par parler d’une histoire d’amour, « un moment de calme et de tendresse qui me faisait du bien ».

« Une sorte de caresse-gifle »

Pendant tout ce temps, Sand Van Roy travaille sur un scénario autour d’un personnage qu’elle a inventé, et pour lequel il l’encourage. Il la produira, dit-il. Ce lien professionnel est le fil conducteur d’une relation qui « dérape régulièrement ».

« C’était une relation hypertoxique, une sorte de caresse-gifle. Luc Besson la cassait et puis il la reconstruisait, témoigne son ami et comédien Wilfried Capet. C’est difficile de sortir d’une étreinte pareille. C’est comme les femmes battues… Au début, je n’ai pas compris ce qu’il se passait. Luc Besson l’appelait beaucoup. Elle ne devait pas dire qu’on était ensemble pour travailler, ou en soirée, elle disait : “Il est ultrapossessif. Mais il est comme un père pour moi.” Et puis, de plus en plus, elle m’a demandé de l’accompagner aux studios. Elle avait une peur panique de faire quelque chose qui pourrait le fâcher. »

Quand on lui demande si elle a été, à un moment donné, amoureuse du réalisateur, la jeune femme répond « non » ; en revanche les termes « récompense » et « punition » reviennent sans cesse dans son récit. Récompense de se voir gratifier d’un rôle, d’une remarque encourageante. Punition de se voir maltraitée, de voir les promesses disparaître. Son nom va être finalement effacé du générique de début, comme ce sera le cas pour Taxi 5, ou remplacée par une autre comme c’est le cas dans Anna.

En portant plainte, Sand Van Roy va tout à la fois scier la branche professionnelle sur laquelle elle était assise et se délivrer d’un système qui, d’après elle, la broyait.

Et l’actrice de trouver dans l’activisme féministe un pansement à ses blessures. A Cannes cette année, comme un écho à la nuit du Bristol, elle a monté les marches du festival pour la remise de la Palme d’or d’honneur à Alain Delon. Dans son dos, en évidence, un tatouage : « Stop violence against women. »

9 juillet 2019

« Nous ne pouvons que nous résigner » : les parents de Vincent Lambert ne déposeront plus de recours

vincent lambert

Par François Béguin

Le médecin de ce patient tétraplégique en état végétatif a engagé, le 2 juillet, un nouvel arrêt des traitements après une décision de la Cour de cassation.

Aucun recours ne viendra plus interrompre le processus de fin de vie de Vincent Lambert. Après six années de bataille judiciaire, Pierre et Viviane Lambert, ses parents, ont annoncé, lundi 8 juillet, dans une lettre ouverte, qu’ils ne tenteraient plus rien pour s’opposer à la décision d’arrêt des traitements de cet ancien infirmier âgé de 42 ans, en état végétatif irréversible depuis un accident de la circulation en 2008.

« La mort de Vincent est désormais inéluctable » et « si nous ne l’acceptons pas, nous ne pouvons que nous résigner dans la douleur, l’incompréhension, mais aussi dans l’espérance », écrivent-ils. « Cette fois c’est terminé (…) Il n’y a plus rien à faire sinon prier et accompagner notre cher Vincent, dans la dignité et le recueillement », font-ils valoir dans un texte aussi signé par Anne Lambert, la sœur de Vincent, et par David Philippon, son demi-frère.

Me Jérôme Triomphe et Me Jean Paillot, leurs avocats, ont de leur côté affirmé dans un communiqué que la mort de Vincent Lambert était désormais « médicalement irréversible ». La nutrition et l’hydratation artificielles qui maintiennent en vie ce patient ont de nouveau été interrompues, le 2 juillet, pour la troisième fois en six ans.

Avant de renoncer, lundi, les parents avaient de nouveau tout tenté pour enrayer le processus de fin de vie. Ils avaient saisi en urgence dès le 2 juillet le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne ; un recours qui avait été rejeté dès le lendemain, la décision d’arrêt des traitements ayant été validée par le Conseil d’Etat et la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

Plainte pour tentative d’homicide volontaire

Le 28 juin, la Cour de Cassation avait pour sa part estimé que le juge judiciaire n’était pas compétent et elle n’avait pas ordonné de renvoi devant une autre juridiction, confirmant que le recours engagé devant le Comité des droits des personnes handicapées des Nations unies n’était pas suspensif.

Pierre et Viviane Lambert avaient par ailleurs déposé une plainte pour tentative d’homicide volontaire, le 5 juillet contre le docteur Vincent Sanchez, chef du service de soins palliatifs et de l’unité de patients cérébrolésés du CHU de Reims (Marne), où est hospitalisé Vincent Lambert. Selon France Info, le praticien aurait été entendu par la police judiciaire au cours du week-end, dans le cadre d’une audition libre.

Se préparant à veiller son oncle une partie de la nuit, François Lambert, le neveu de Vincent Lambert, décrivait lundi soir au Monde un processus d’arrêt des traitements « extrêmement violent », avec « un corps qui lutte pour rester en vie, comme tous les corps le feraient ».

Après avoir annulé un rassemblement lundi après-midi place Saint-Pierre, à Paris, le comité de soutien des parents de Vincent Lambert a appelé à une « veillée » mercredi 10 juillet devant l’église Saint-Sulpice.

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