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Jours tranquilles à Paris
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23 août 2019

ANALYSE - Boris Johnson tourne à vide vers le «hard Brexit»

boris80

Lors de la rencontre avec le Premier ministre, Boris Johnson, jeudi à Paris, le président Macron est resté ferme concernant les négociations sur le Brexit. Photo Albert Facelly 

Le Premier ministre britannique, reçu jeudi à Paris par Macron, enchaîne les fins de non-recevoir plus ou moins polies de la part des dirigeants politiques européens. Malgré les négociations, chacun semble se préparer à la perspective du «no deal».

  Boris Johnson tourne à vide vers le «hard Brexit»

Les chances d’un «hard Brexit», une sortie de l’Union européenne sans accord, «sont de l’ordre d’un pour un million», prophétisait le 29 juin un Boris Johnson alors encore candidat à la direction du Parti conservateur. Le «no deal» semble pourtant de plus en plus proche. «Tous les éléments objectifs sont là, note Aurélien Antoine, professeur de droit public à l’université Jean-Monnet de Saint-Etienne et directeur de l’Observatoire du Brexit. Les reports de la date de sortie, l’arrivée au pouvoir de Boris Johnson, le recrutement de douaniers en France, le rappel des fonctionnaires britanniques de Bruxelles : d’un côté comme de l’autre, on s’y est préparé.»

A deux jours du G7 auquel il doit participer, le Premier ministre britannique a rencontré jeudi le président français à Paris. La veille, il s’était entretenu avec Angela Merkel, laquelle avait laissé entrevoir une possible négociation d’un nouvel accord «dans les trente prochains jours». Face à Emmanuel Macron, le nouveau locataire du 10, Downing Street a une nouvelle fois tenté d’imposer sa vision du Royaume-Uni et du Brexit, martelée à outrance sur Twitter : «Nous allons quitter l’UE le 31 octobre et faire de ce pays le meilleur au monde pour y vivre», assénait-il encore mercredi sur le réseau social.

«Marge de manœuvre»

«Je veux un accord. Je pense que nous pouvons avoir un accord et un bon accord», a répété Boris Johnson jeudi en s’adressant à Emmanuel Macron. Lequel, malgré un ton plus conciliant, est resté droit dans ses bottes. S’il affirme croire à la possibilité «de trouver quelque chose d’intelligent», le président français s’était la veille montré très clair : «La renégociation dans les termes proposés par les Britanniques n’est pas une option qui existe. Et cela a toujours été affirmé très clairement par [le négociateur de l’UE, Michel Barnier].» Dans les faits, Johnson ne dispose «d’aucune marge de manœuvre par rapport à la ligne qu’il s’est fixée», dit Aurélien Antoine. A dix semaines de la date butoir, chacun est campé sur ses positions, loin des grands «compromis» qu’espérait Boris Johnson.

Les discussions entre Bruxelles et Londres semblent actuellement dans l’impasse, tant les deux conceptions du Brexit s’opposent. La principale pierre d’achoppement demeure le backstop : ce filet de sécurité défendu par la Commission européenne prévoit que le Royaume-Uni tout entier reste dans un «territoire douanier unique» avec l’UE. Objectif : éviter le retour d’une frontière physique entre l’Eire et l’Irlande du Nord, afin de préserver les accords de paix de 1998. Le mécanisme est prévu dans l’accord conclu en novembre 2018 avec l’UE par la prédécesseure de Johnson, Theresa May. Or ce fameux accord a déjà essuyé trois rejets par le Parlement britannique.

«L’Union européenne a longuement négocié avec le Royaume-Uni pour obtenir un accord de retrait, a martelé jeudi Emmanuel Macron aux côtés du Premier ministre britannique. Les éléments clés de celui-ci, comme le backstop, sont des garanties indispensables à la préservation de la stabilité en Irlande et l’intégrité du marché unique.»

«Fausse offre»

Farouchement opposé au backstop, Johnson a affirmé qu’il y avait «des solutions techniques aisément disponibles» pour résoudre l’épineuse question irlandaise, sans en démontrer la faisabilité. «Depuis qu’il est arrivé au pouvoir en juillet, Boris Johnson prétend être prêt à négocier, explique Pauline Schnapper, coauteure d’Où va le Royaume-Uni ? Le Brexit et après et professeure de civilisation britannique à l’université Sorbonne-Nouvelle. Mais en pratique, ce n’est qu’une fausse offre de négociation. Il souhaite que l’idée du backstop soit abandonnée, ce qui est inconcevable pour les Européens : il n’y a tout simplement pas de solution pour le remplacer. C’est un véritable dialogue de sourds.»

Dans une missive publique adressée mardi au président du Conseil européen, Donald Tusk, le Premier ministre britannique jugeait le backstop «antidémocratique». Défenseur depuis toujours d’un Brexit à tout prix, Boris Johnson y voit une potentielle perte de souveraineté du Royaume-Uni qui obligerait le pays, une fois le divorce prononcé, à se plier aux règles commerciales européennes. «Ceux qui sont contre le backstop sans proposer d’alternative réaliste soutiennent en réalité le rétablissement d’une frontière. Même s’ils ne l’admettent pas», lui a rétorqué Tusk.

Les deux hommes doivent d’ailleurs évoquer le sujet dimanche à Biarritz, à l’issue du G7. Un sommet où Boris Johnson est aussi vivement attendu par le président américain, avec qui il doit négocier un futur accord de libre-échange. Et ce à l’aune d’un hard Brexit qui se profile et dont Donald Trump est un fervent partisan, mais qui plongerait le Royaume-Uni dans une situation économique difficile pendant des mois, voire des années. Valentin Cebron

boris22

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23 août 2019

Biarritz - G7

biarritz22

Décryptages

A Biarritz, un G7 sur fond d’inquiétudes croissantes pour l’économie mondiale

Par Marie Charrel

Le ralentissement de l’activité provoqué par la guerre commerciale entre Pékin et Washington sera l’un des sujets sur la table des grandes puissances, réunies du 24 au 26 août.

Il n’en démord pas, et il l’a encore martelé, mardi 20 août, devant la presse américaine. Selon Donald Trump, les Etats-Unis sont « très loin » d’une récession, mot qu’il va même jusqu’à qualifier d’« inapproprié ». Celui-ci sera pourtant au cœur des inquiétudes des dirigeants du G7 (Etats-Unis, Canada, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon), réunis du 24 au 26 août à Biarritz, cité placée sous haute surveillance pour l’occasion. « C’est l’éléphant au milieu de la pièce, confie le membre d’une délégation européenne. Tout le monde redoute que la guerre commerciale entre Pékin et Washington aggrave le coup de frein de nos économies, et ce sera l’un des sujets mis sur la table lors des échanges. »

Il faut dire que depuis quelques semaines, les mauvais indicateurs conjoncturels s’accumulent à un rythme préoccupant. « Il existe maintenant une probabilité accrue que le ralentissement apparu l’an dernier dure plus longtemps que prévu », s’alarme la Banque centrale européenne (BCE), dans le compte rendu de sa dernière réunion, publié jeudi 22 août.

Au sein de la zone euro, l’Allemagne est en première ligne. Au deuxième trimestre, son économie s’est contractée de 0,1 %. Pénalisé par le ralentissement chinois et les nouvelles normes automobiles, son industrie est en récession depuis près d’un an. « Or, l’Allemagne pèse 29 % du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro, rappelle Gordon Kerr, responsable de la recherche européenne au sein de l’agence de notation DBRS. Cela signifie que toute récession dans le pays affecterait la région dans son ensemble. »

Crainte d’une fin d’année plus mauvaise encore

Si pour l’instant, l’emploi et la demande domestique tiennent bon, le PIB de l’union monétaire a malgré tout progressé de 0,2 % à peine au deuxième trimestre. Or, la crise politique italienne, comme la perspective d’un « Brexit dur » le 31 octobre, laissent craindre que la fin d’année soit plus mauvaise encore.

Affectée par les sanctions américaines, la Chine voit elle aussi son moteur intérieur ralentir. « L’économie a progressé de 6,2 % en rythme annuel entre avril et juin, soit son plus faible niveau depuis 1993 », soulignent Nariman Behravesh et Sara Johnson, économiste chez IHS Markit, dans leur dernière note de conjoncture. Selon leurs calculs, la nouvelle hausse de 10 % des tarifs douaniers, que Donald Trump menace d’imposer en décembre sur des produits chinois jusqu’ici épargnés, pourrait amputer la croissance de l’Empire du Milieu de 0,2 % supplémentaire l’an prochain.

A première vue, les Etats-Unis semblent en meilleure forme : le PIB a encore progressé de 2,1 % au deuxième trimestre, tandis que le chômage, à 3,7 %, est au plus bas depuis près de 50 ans. Mais les signaux inquiétants s’y multiplient également, notamment sur les marchés financiers. Le 14 août, le niveau des taux à dix ans américains est ainsi passé sous celui des taux à deux ans, semant la panique sur les Bourses. Et pour cause : une telle « inversion de la courbe des taux » a précédé les neuf dernières récessions dans le pays, laissant craindre qu’un tel scénario se reproduise.

Selon une étude publiée lundi 19 août par la National Association for Business Economists (NABE), 38 % des 226 économistes américains interrogés estiment que les Etats-Unis plongeront en récession en 2020, et 34 % en 2021. Même s’il assure à coup de tweets que son économie est en pleine forme, le président américain lui-même semble s’en inquiéter. Mardi 20 août, il a confié « penser » à de nouvelles baisses d’impôt pour soutenir l’activité. Surtout : il ne rate pas une occasion de reprocher à la Réserve Fédérale (Fed) de ne pas réduire suffisamment vite ses taux directeurs pour doper le crédit et affaiblir le dollar, au profit de la compétitivité des exports.

Effet direct des tarifs douaniers

Face à ce tableau plutôt sombre, les grandes organisations internationales ont revu leurs prévisions de croissance à la baisse. Ainsi, la Banque mondiale juge désormais que le PIB mondial ne progressera que de 2,6 % cette année, contre 2,9 % prévus auparavant. « Au total, nous estimons que la hausse des droits de douane entre les Etats-Unis et la Chine, y compris celle appliquée en 2018, pourrait réduire le PIB mondial de 0,5 point en 2020 », détaillait il y a quelques semaines le Fonds monétaire international (FMI). Outre l’effet direct des tarifs douaniers, nombre d’entreprises préfèrent retarder leurs investissements face aux incertitudes, tandis que les ménages favorisent l’épargne de précaution sur la consommation. Dans les deux cas, cela accentue le ralentissement.

Si celui-ci s’aggravait encore, les grandes économies seraient-elles en mesure de faire face ? Cela dépendrait de l’ampleur du plongeon. Prudents, la plupart des grands instituts monétaires ont recommencé à assouplir leur politique pour limiter les risques. La Banque centrale européenne (BCE) devrait ainsi déployer de nouveaux outils – en relançant par exemple ses rachats de dettes publiques – dès septembre. Seulement voilà : les banques centrales en ont tant fait pendant la crise de 2008 que leurs marges de manœuvre sont désormais limitées. Passant en revue les objectifs du G7, le président Emmanuel Macron a d’ailleurs admis, mercredi 21 août, que la politique monétaire a atteint « la frontière technologique de son efficacité ».

Selon lui, la possibilité d’un soutien budgétaire des gouvernements à la croissance doit donc être discutée à Biarritz. « On doit se poser la question, pour les pays qui en ont la capacité, de la pertinence d’une relance budgétaire », a-t-il détaillé, en mentionnant notamment l’Allemagne.

En dépit du ralentissement de son économie, Berlin s’est jusqu’ici montré réticent à l’idée de piocher dans ses généreux excédents budgétaires pour soutenir l’activité. Outre-Rhin, toute perspective d’augmentation de la dette publique suscite une levée de bouclier. Et la crainte, en partie irrationnelle, de voir les comptes publics déraper à mauvais escient. Depuis quelques semaines, de plus en plus de voix appellent malgré tout, dans le pays, à plus de souplesse sur le sujet. « L’Allemagne emprunte aujourd’hui à des taux négatifs, ce qui signifie que les marchés la sponsorisent pour qu’elle fasse de la relance, constate une source européenne. Il serait criminel de ne pas en profiter. »

Si les questions commerciales sont plutôt discutées au sein du G20, enceinte plus large, une session du G7 leur sera consacrée. Les participants européens espèrent y « entretenir le dialogue dans un cadre multilatéral ». Et convaincre Donald Trump de tempérer son agressivité commerciale, alors qu’il menace toujours de taxer l’automobile européenne. « Quoi que l’on fasse, la croissance économique des prochains mois dépendra essentiellement de son attitude, comme de celle de Pékin », se désole un diplomate. Marie Charrel

A la veille de l’ouverture du G7, Macron reçoit la société civile à l’Elysée. Cette journée de « dialogue », organisée de 10 heures à 18 heures, prévoit une série de rencontres pour discuter de sujets comme l’égalité hommes-femmes, la lutte contre les inégalités ou la protection du climat, qui sont les principaux thèmes mis en avant par la France pour le sommet, qui s’ouvre le lendemain à Biarritz. M. Macron entend avec ce rendez-vous « recueillir les recommandations » des acteurs associatifs et « concrétiser le lancement d’un certain nombre d’initiatives ». D’après France-Info, les ONG du Réseau action climat (RAC) ne participeront pas au rendez-vous de ce vendredi. La veille, elles avaient annoncé boycotter le G7, estimant être laissées « à l’écart » du sommet. Le RAC, qui fédère 32 associations nationales et locales, dont Greenpeace, la LPO, Oxfam France ou le Secours catholique, avait dénoncé la décision de la présidence française de « limiter le nombre d’accréditations » des acteurs associatifs. Jeudi soir, l’Elysée a finalement accepté de leur distribuer des badges leur donnant accès au centre de presse. Une concession tardive pour ces associations, qui diront dans le courant de la journée si elles se rendront au G7 ou non.

23 août 2019

A Biarritz, avant le G7 : « On a le sentiment de vivre au cœur de l’été avec une fréquentation d’automne »

G7

Par Michel Garicoïx, Bayonne, correspondant, Raphaëlle Bacqué, Biarritz, Pyrénées-Atlantiques, envoyée spéciale

La ville a été divisée en trois zones, selon les niveaux de sécurité. Les commerçants oscillent entre l’irritation devant la perte de chiffre d’affaires et l’espoir d’une promotion de leur ville dans le monde.

Un peu avant minuit, jeudi 22 août, des dizaines de policiers ont tiré des barrières métalliques à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). Un drôle de ballet sonore pendant que, dans la pénombre, les riverains retiraient leurs voitures et que les derniers touristes quittaient le bord de mer. En moins d’une heure, la grande plage, le casino et l’hôtel du Palais voulu par Napoléon III pour Eugénie, le long de l’océan, ont été séparés du reste du monde. Et la ville s’est réveillée ainsi divisée, à la veille du G7 qui doit accueillir ce week-end sur la côte basque les dirigeants des pays les plus riches.

« Désormais, il existe deux Biarritz et même trois », explique patiemment un hôtelier à des Anglais qui ne savent plus très bien s’il est excitant d’être au cœur d’un événement mondial ou rageant de voir ses vacances compliquées par les mesures exceptionnelles de sécurité. Trois Biarritz sur quelques kilomètres carrés.

Une sorte de Fort Knox

D’abord, la ville habituelle, délestée toutefois d’une bonne part de ses vacanciers et dont une partie des voies d’accès sont désormais bloquées par des camions de CRS. Ensuite, ce bout de cité en « deuxième ligne », comme disent les agents immobiliers, où seuls peuvent entrer les résidents et les clients des hôtels. Dans cette zone au centre de Biarritz où le moindre passant doit être muni d’un badge, « on a le sentiment de vivre au cœur de l’été mais avec une fréquentation d’automne », murmure un commerçant. Les terrasses sont à moitié pleines. Les restaurants, où d’habitude on se bouscule, sont tranquilles comme lors d’une semaine de Toussaint. Les rues ne connaissent plus la plaie des embouteillages, d’ailleurs les voitures ont quasi disparu. C’est délicieux pour celui qui flâne sans devoir ni travailler ni se déplacer.

Et puis, à mesure qu’on approche de l’Atlantique, se dessine la « zone 1 », cette langue bouclée par des policiers et des militaires et hachurée de rouge sur les plans de la ville distribués depuis dix jours par la mairie. Là, se croisent devant le casino et le Palace où logeront les chefs d’Etat – Donald Trump excepté –, les délégations des pays du G7 et celles venues d’Inde, d’Australie ou d’Afrique, dont les dirigeants n’entreront en piste que dimanche, conviés en deuxième partie de sommet par le club des pays riches qu’accueille la France.

C’est évidemment le lieu le plus spectaculaire du moment. Une sorte de Fort Knox léché par les vagues scintillantes de l’océan. Dès jeudi après-midi, alors que le front de mer était encore ouvert au public, on y a vu arriver des files de monospaces noires. En sont descendus des centaines de diplomates et technocrates en costumes/cravates sombres, troupeau saugrenu croisant celui des surfeurs – peau bronzée et musculature impeccable – qui remontaient de la grande plage de Biarritz en tenant sous le bras leur planche.

Les boutiques font grise mine

Maintenant que les surfeurs ont été priés d’aller surfer ailleurs, il n’y aura plus jusqu’à lundi, devant le magnifique océan, que ces hommes en noir, et aussi quelque 2 000 journalistes venus du monde entier, dont beaucoup traînent d’énormes appareils photo avec zoom ou de grosses caméras. Les bateaux n’ont plus le droit de mouiller au large de la zone jusqu’à mardi. Sur les toits des immeubles, des soldats équipés de mitraillettes veillent, comme les hélicoptères et les drones qui passent dans le ciel.

Evidemment, la transformation en bunker de cette charmante cité balnéaire de 25 000 habitants, dont un sur deux est retraité, ne va pas sans tiraillement. Les boutiques de luxe sur l’avenue de l’Impératrice, séparées de la route où passeront les chefs d’Etat par une palissade noire, ont été engagées par la mairie à rester ouvertes mais font grise mine.

En voyant ces milliers de policiers, venus souvent de toute la France, déployés dans la ville, la plupart des habitants et des commerçants ont certes cessé d’avoir peur des manifestants et des éventuels casseurs dont chacun parle depuis des mois. Mais rue Gambetta, une partie des commerçants, constatant la fuite des touristes, ont choisi de tirer le rideau pendant quatre jours. « D’habitude, je fais soixante couverts, là j’en ai fait à peine quinze », constatait dès jeudi soir le patron du Bistrot de Biarritz, Jérôme Mathelié-Quintet. Portée par son enthousiasme, la mairie avait projeté un moment de distribuer aux commerces un autocollant « J’aime mon G7 ». Des âmes lucides ont glissé « point trop n’en faut » et l’hôtel de ville a fini par renoncer à l’opération.

« Une aubaine pour la marque Biarritz-Pays basque »

« Bien sûr, nous avons des parkings fermés, des contrôles, moins de bus. Mais ce sommet est une aubaine pour cette destination internationale, pour la marque Biarritz-Pays basque, et donc pour tout notre territoire, juge cependant Serge Istèque, président de l’Office de commerce et de l’artisanat. Aux Espagnols, Allemands ou Anglais habitués, peuvent s’ajouter des Américains ou des Canadiens jusqu’alors peu présents. Notre renommée va ainsi les toucher, maintenant et à l’avenir. »

Le tourisme représente 15 000 emplois directs dans la cité, et même si la fin du mois d’août est « gâchée » par le G7, la publicité qui en résultera, espère la mairie, est un atout : « J’ai mes opinions sur Trump ou le respect des droits de l’homme, mais ne nous privons pas de cette résonance et de ces journalistes qui vont être nos ambassadeurs », rappelle ce commerçant du quartier des Halles.

Et puis, le G7 a ses avantages. C’est en prévision de l’évènement que les travaux de rénovation de l’aéroport comme ceux de l’hôtel du Palais ont été accélérés. Le 22 août, alors que la ville se hérissait peu à peu de barrières, la ministre des transports et de la transition écologique, Elisabeth Borne, est venue essayer le Tram’Bus de l’agglomération Bayonne-Anglet-Biarritz.

En face de la mairie et en plein soleil, elle a pu profiter d’un « essai » de ce véhicule articulé à traction totalement électrique. Fabriqué par le constructeur basque Irizar, il équipera dès le 2 septembre une première ligne nord-sud de Tarnos à Biarritz, ce qui devrait alléger la circulation dans une région où la voiture est reine (à Biarritz, les transports en commun ne réalisent que 4 % des déplacements).

Une toute jeune entreprise, Pragma Industries, a elle aussi profité du G7 pour fournir les quelque deux cents vélos électriques avec piles à hydrogène qu’Engie a loué pour les journalistes accrédités pour le sommet.

Le maire de Biarritz, Michel Veunac (MoDem), 73 ans, ancien psychosociologue spécialisé dans la communication, qui se vante d’être un ami du chef de l’Etat et de François Bayrou, entend bien, en tout cas, faire du G7 un tremplin. Depuis un an qu’il travaille avec services de renseignement, policiers, diplomates et le préfet des Pyrénées-Atlantiques pour préparer l’évènement, il ne veut pas que les mécontentements et, pire encore, les manifestants gâchent ce G7 imaginé à Biarritz lors d’un dîner à l’Elysée en février 2018.

Prudent, il a reporté sa décision de se représenter ou pas à la mairie à la fin septembre, « après le sommet ». Menacé par l’éventuelle candidature du ministre de l’agriculture d’Emmanuel Macron, Didier Guillaume, il s’imagine déjà porté si le G7 est bien le succès qu’il espère. Il ne pourra cependant vraiment souffler qu’après dimanche, où des manifestations sont attendues à Bayonne et autour de sa ville.

Michel Garicoïx (Bayonne, correspondant) et Raphaëlle Bacqué (Biarritz, envoyée spéciale)

25 août 2010

Kate Moss by Mario Testino

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Mario Testino photographie Kate Moss depuis plusieurs années : leur travail en commun est désormais réuni en un livre volumineux, en édition limitée, comme sait si bien le faire la maison Taschen. "Mario m'a rendue plus glamour" dit Kate Moss et ce livre le prouve bien, qui la dévoile sous tous ses aspects, confirmant son statut d'icône absolue des 20 dernières années.

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23 janvier 2017

Sonnons l'alarme! Réunion publique lundi à 20h, à Paris

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Médiapart en direct au Théâtre du Rond point - Cet événement sera également retransmis en direct et en accès libre sur le site de Mediapart, YouTube, Dailymotion et Facebook.

Sonnons l'alarme! Réunion publique lundi à 20h, à Paris
20 janv. 2017
Par La rédaction de Mediapart
Blog : Le blog de La rédaction de Mediapart

Mediapart vous invite lundi 23 janvier au Théâtre du Rond-Point, à Paris à partir de 20h, pour une grande réunion publique. Face aux guerres, aux mises en cause de nos libertés, au durcissement des régimes autoritaires, à la montée des droites extrêmes, en France et dans le monde, il est urgent de «sonner l'alarme». Et d'en appeler au réveil des sociétés. Des invités français et étrangers nous diront comment résister. Le détail du programme:

Sonnons l'alarme ! Trois jours après l'investiture de Donald Trump, Mediapart vous invite à cette soirée exceptionnelle pour comprendre et résister au nouvel ordre mondial qui se profile. Alors qu'en Europe, nos libertés sont attaquées, sous couvert de la lutte contre le terrorisme ; alors qu'en Turquie, une répression massive frappe la société ; qu'en Russie, le régime Poutine s'enfonce dans l'autoritarisme ; que la guerre se poursuit en Syrie, qui déstabilise toute la région, il est urgent d'en appeler et de soutenir les nombreuses dynamiques venues des sociétés. Cette soirée s'organisera en deux temps : crises françaises et crises mondiales.

Animée par Edwy Plenel, avec la participation des journalistes de Mediapart, cette soirée rappellera aussi combien en ces temps de fractures et de régressions, un journalisme indépendant est indispensable. Voici la liste des invités :
Crises françaises

William Bourdon, avocat, vient de publier un livre sur les dérives de l’état d’urgence
Damien Carême, maire de Grande-Synthe, et les solutions concrètes d'accueil des réfugiés
Vanessa Codaccioni, historienne, spécialiste des répressions politiques
Geneviève Jacques, présidente de la Cimade, militante des droits des femmes et des réfugiés
Patrick Weil, historien, spécialiste des questions d'immigration et de citoyenneté, reviendra sur le projet de déchéance de nationalité
Crises mondiales

Çağla Aykac, universitaire turque, contrainte à l'exil et aujourd'hui enseignante à l'université de Genève3
Rohân Houssein, rappeur et poète franco-syrien
Zyad Majed, universitaire, spécialiste de la Syrie
Elias Sanbar, écrivain, traducteur du poète Mahmoud Darwich, ambassadeur de la Palestine auprès de l'Unesco
et d'autres invités russes et turcs à confirmer

Plusieurs journalistes de Mediapart interviendront également : François Bonnet, Laurent Mauduit, Ellen Salvi, Faiza Zerouala, Fabrice Arfi…

Rendez-vous lundi 23 janvier à 20h (entrée une demie-heure avant) au Théâtre du Rond-Point (2 bis, avenue Franklin-Delano-Roosevelt, 75008 Paris).

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Edwy PLenel - Journaliste de Médiapart

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24 août 2019

A Paris, l’abri secret des FFI devient un saisissant Musée de la Libération

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Par Denis Cosnard

Le 25 août sera inauguré le nouveau site, à l’endroit où Rol-Tanguy a coordonné l’insurrection de la capitale durant une semaine de l’été 1944.

C’est tout à la fin du parcours que l’émotion saisit vraiment le visiteur. Après avoir zigzagué dans le musée, il faut pousser la lourde porte blindée, se courber pour entrer dans le sas, puis descendre un escalier mal éclairé. Un boyau gris de plus de 100 marches. Des tuyaux sales sont accrochés aux murs en béton brut. Tout en bas, à 26 mètres sous terre, encore une vieille porte rouillée à franchir, et l’on se retrouve dans une sorte de bunker. Un dédale de galeries où la température ne dépasse jamais 16 degrés. Aucun meuble, sinon un central téléphonique en ruine et un « cyclo-pédaleur », un de ces vélos qui produisaient de l’électricité, par exemple pour faire fonctionner la ventilation. Dans le couloir, une indication inscrite à la va-vite en 1944 a été conservée : « PC Rol », au-dessus d’une flèche.

Bienvenue dans l’ancien poste de commandement de Rol-Tanguy, place Denfert-Rochereau (14e arrondissement), l’abri secret d’où a été coordonnée l’insurrection de Paris en août 1944. Ce lieu chargé d’histoire était jusqu’à présent demeuré invisible. Le grand public va enfin pouvoir y accéder. Soixante-quinze ans jour pour jour après la fin de l’occupation de la capitale, c’est ici que sera inauguré, le 25 août, le nouveau Musée de la Libération de Paris. Avec ses salles d’exposition au rez-de-chaussée, et son trésor : ce PC militaire en sous-sol, que les curieux pourront découvrir par groupes de 18 personnes au maximum, et sur inscription.

Le Musée de la Libération de Paris existait déjà à Montparnasse depuis 1994. Il rassemblait d’intéressantes pièces sur le général Philippe Leclerc de Hauteclocque et sur Jean Moulin. Mais son emplacement, sur la dalle au-dessus de la gare, le rendait difficile à trouver. Le public n’était pas au rendez-vous. A peine 10 000 à 14 000 visiteurs par an, surtout des groupes scolaires. « C’était insuffisant par rapport aux ambitions de la Ville », reconnaît la directrice, Sylvie Zaidman.

Des faux papiers de Jean Moulin

Décision a donc été prise, en 2015, de transférer le musée dans un site plus approprié et de revoir toute la muséographie. Vingt millions d’euros de travaux plus tard, le résultat est spectaculaire. Les salles de plain-pied, pédagogiques, permettent toujours de parcourir l’histoire de Paris durant la seconde guerre mondiale en suivant les pas du « chef de guerre » Leclerc et de Jean Moulin, l’unificateur de la Résistance. Deux hommes qui, sans s’être croisés, ont joué l’un et l’autre un rôle-clé dans la lutte contre l’occupant allemand.

Sur place, on peut voir la vareuse et le burnous de Leclerc, datant de ses années au Maroc, des faux papiers de Jean Moulin, ou encore des tableaux provenant de la galerie niçoise qui lui servait de couverture. « Nous aimerions attirer ici plus de 50 000 personnes par an, des Parisiens, des touristes, des jeunes, indique Sylvie Zaidman. Des gens se sont battus, ont tout sacrifié pour défendre la liberté : cela peut intéresser tout le monde, non ? » Mais c’est bien un troisième homme, Henri Rol-Tanguy, qui donne à la nouvelle version du musée son intérêt particulier. Cent marches à descendre, et l’on se retrouve directement au cœur du quartier général clandestin des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Deux bâtiments jumeaux se font face place Denfert-Rochereau, deux pavillons construits en 1787 par l’architecte Claude-Nicolas Ledoux dans un style néoclassique. Il s’agit de vestiges du mur des fermiers généraux qui encerclait Paris. Ensemble, ils formaient la barrière d’Enfer. Ceux qui voulaient entrer dans la ville par cette porte devaient payer une taxe, l’octroi. En 1938, à l’approche de la guerre, les autorités décident de creuser sous l’un des pavillons un abri de « défense passive ». Il doit permettre aux responsables des services techniques de la ville (eau, voirie, éclairage, etc.) de poursuivre leur mission en cas de bombardement ou d’attaque au gaz toxique. Il y a de la place pour 130 personnes.

Un PC confidentiel

En pratique, cependant, l’abri n’est pas utilisé. Du moins jusqu’au 20 août 1944. Ce dimanche-là, Henri Tanguy, ouvrier communiste de 36 ans, devenu commandant des FFI de la région parisienne sous le pseudonyme de « Rol », investit les lieux. La veille, les dirigeants de la Résistance ont donné l’ordre à tous les hommes âgés de 18 à 55 ans de se mobiliser, et des policiers se sont emparés de la Préfecture de police. La victoire semble à portée de main. Les Alliés, débarqués en Normandie en juin, progressent vers Paris, des milliers de fonctionnaires se sont mis en grève, les Allemands sont sur la défensive. L’heure de l’insurrection a sonné.

D’où organiser cette ultime bataille ? « Nous sentions bien que nous étions en train de sortir de la clandestinité, racontera plus tard Rol-Tanguy. Mais l’ennemi était dans Paris, il avait déjà tenté de riposter à l’occupation de la Préfecture de police, le danger était permanent. » C’est pourquoi, après s’être installés vingt-quatre heures dans un immeuble de la rue Schœlcher (14e), le colonel et son équipe déménagent, le 20 août, « pour un lieu plus sûr », à deux pas de là : l’abri de Denfert-Rochereau. Il est vaste, protégé, bien aménagé, accessible depuis l’ancien octroi mais aussi de l’extérieur, directement sur la place ou par le terminus de la ligne de Sceaux du métro (l’actuelle station de RER). De quoi autoriser des allées et venues discrètes.

Pourtant, les Allemands connaissent son existence. Tous les matins, la Kommandantur appelle d’ailleurs pour vérifier que l’endroit est tranquille. « RAS », pour « rien à signaler », répond laconiquement l’ingénieur Tavès, un résistant qui joue les gardiens. Il y aurait pourtant beaucoup à signaler. Rol sort souvent avec ses gardes du corps, notamment pour se rendre à la Préfecture de police ou à l’Hôtel de Ville. Puis il revient, et retrouve notamment sa femme, Cécile, qui est aussi sa secrétaire. Tout le monde dort sur place. Des officiers, des agents de liaison, et même quelques journalistes pénètrent dans ce PC confidentiel, en glissant un mot de passe chaque jour différent.

« Paris libéré ! »

Le téléphone joue un rôle décisif. L’abri dispose d’un central particulier, dont il reste aujourd’hui l’armoire en métal. Une cinquantaine de communications ont lieu chaque jour. Une masse de renseignements affluent ainsi vers l’état-major : comptes rendus d’actions effectuées ou en cours, construction de barricades, situation de l’ennemi… « Nous avons suivi très précisément les mouvements des blindés allemands, ce qui nous permettait d’alerter les unités FFI et d’envoyer des corps francs les harceler, voire les mettre hors de combat », rapportera Rol-Tanguy.

A partir du 22 août, il suit également heure par heure la progression de la deuxième division blindée, la fameuse 2e DB du général Leclerc, forte de 15 000 hommes et de 200 chars. C’est elle qui, les 24 et 25 août, entre la première dans Paris, porte d’Orléans, et passe justement à Denfert-Rochereau.

Le 25, Rol-Tanguy et Leclerc se retrouvent pour la reddition du général Dietrich von Choltitz, dernier commandant militaire allemand de Paris, qui n’a pas détruit la capitale malgré l’ordre donné par Hitler. La capitulation est paraphée par Leclerc à la Préfecture de police et cosignée par Rol à la gare Montparnasse. Les deux hommes se dirigent ensuite vers l’Hôtel de Ville. Le général de Gaulle y prononce un discours à la population resté fameux : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! »

Trois jours plus tard, Rol-Tanguy et les FFI abandonnent définitivement leur bunker de Denfert-Rochereau. Fini les heures passées sous terre, juste à côté des squelettes et des crânes amassés aux catacombes. La bataille de Paris a laissé des milliers de morts et de blessés. Mais soudain, le soleil paraît radieux.

Musée de la Libération de Paris, Musée du Général-Leclerc, Musée Jean-Moulin, 4 avenue du Colonel-Henri-Rol-Tanguy, Paris 14e. Ouverture au public à partir du 27 août, du mardi au dimanche, de 10 heures à 18 heures.

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24 janvier 2017

Vignettes : ce sera efficace si…

La circulation différenciée est reconduite en région parisienne et gagne Grenoble. Suffisant pour rendre l’air plus respirable ?

Frédéric Mouchon et Émilie Torgemen

Aux oubliettes, le système des plaques paires et impaires. Une semaine seulement après l’introduction des vignettes antipollution, Paris a pour la première fois hier interdit la circulation aux véhicules les plus polluants pour réduire le pic de particules fines. Cette mesure, la circulation différenciée, sera reconduite aujourd’hui et demain et touche désormais Grenoble (Isère). Mais est-elle efficace, alors que seulement 15 % des voitures (non classées et vignette 5) doivent rester au garage ?

On le fait toute l’année

« Pour comprendre qui a le droit de rouler et dans quel périmètre, il faut avoir fait de très longues études, ironise Benoît Hartmann, le porte-parole de France Nature Environnement (FNE). Pour qu’une mesure soit efficace, il faut qu’elle soit claire. » Et ce spécialiste de la pollution de mettre en avant l’exemple de Berlin (Allemagne). « Le système des vignettes s’y applique toute l’année, explique-t-il. Chaque voiture a une pastille et une puce électronique associée. Quand un automobiliste pénètre dans la zone de circulation restreinte, les capteurs des feux tricolores détectent la puce, vérifient si la voiture a le droit de circuler et verbalisent les contrevenants. » « Cela a permis de réduire de 5 à 10 % la pollution, certifie Karine Léger, ingénieur à Airparif. C’est bien plus efficace que la circulation alternée qui n’avait été respectée à Paris que par 20 % des automobilistes en mars 2014. »

On crée une « police des cheminées »

Seulement 17 % des foyers franciliens se chauffent au bois. Pourtant, Airparif estime que la moitié des émissions de particules fines est actuellement due aux cheminées des particuliers. Depuis dimanche, il est donc interdit de faire une flambée, sauf si c’est votre seul moyen de vous chauffer. « La combustion du bois a un impact important sur la santé car les polluants ne peuvent pas se dissiper », note Clara Herer, de la Driee (Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie).

En Haute-Savoie aussi, la préfecture a demandé l’arrêt des feux d’agrément ou d’appoint. Mais comme il n’existe pas de « police des cheminées », impossible de vérifier que la mesure est appliquée. L’Etat préfère opter pour des aides. Expérimenté dans la vallée de l’Arve, au pied du Mont-Blanc, un fonds accorde aux particuliers 1 000 € pour acquérir un système plus performant. Ce fonds a été étendu à Grenoble, à Annemasse et à l’Essonne. La ministre de l’Ecologie a annoncé hier que son montant serait doublé.

Les industries jouent le jeu

En théorie, les usines les plus polluantes sont obligées de réduire leur activité en épisode d’alerte. Par exemple, la centrale au fioul de Porcheville éteint une partie de ses fours. De même, la cimenterie Calcia, toujours dans les Yvelines, ou le fabricant d’engrais Borealis à Grandpuits (Seine-et-Marne) sont priés de ralentir leur activité. « Mais la police de l’environnement ne compte que 1 300 inspecteurs chargés de contrôler les installations classées, souligne Benoît Hartmann. Comment être sûr que tout le monde joue le jeu ? »

On lutte aussi contre la pollution agricole

L’agriculture pollue essentiellement au printemps : l’ammoniac qui s’évapore du fumier et du lisier se recompose en une particule très fine, le nitrate d’ammonium. « Les agriculteurs émettent aussi des particules en été au moment des moissons », précise Benoît Hartmann. Le gouvernement a mis en place des « aides à l’investissement en faveur de la qualité de l’air dans les élevages ». Mais seulement 78 primes ont été attribuées !

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23 janvier 2017

Le choc des DEUX GAUCHES

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Primaire : Benoît Hamon, arrivé en tête hier soir, affrontera Manuel Valls dimanche prochain. Deux visions opposées et un PS fracturé.

Par   Didier Micoine et Henri Vernet

Il y a déjà deux enseignements à tirer de ce premier tour de la primaire de la gauche, hier. D’abord, la fracture du PS est consommée. A travers Benoît Hamon et Manuel Valls, ce sont deux gauches qui sont face à face. Celle de l’ex-frondeur, marginalisée et même brutalisée à coups de 49.3 par le gouvernement, est arrivée en tête. Valls, dont la stature et l’expérience de Premier ministre faisaient un favori, se retrouve distancé. Et dans la perspective du second tour dimanche, sa position est d’autant plus délicate qu’après le rapide ralliement d’Arnaud Montebourg Hamon va amplifier la dynamique en sa faveur. Sur le papier, l’ancien ministre de l’Education a de bonnes chances de devenir le candidat du PS à la présidentielle. Infligeant une claque cuisante à la gauche de gouvernement… et au quinquennat de François Hollande. La « gauche passéiste » que brocardait volontiers Valls, en opposition à son réformisme social-démocrate, est bien celle qui a le vent en poupe. Peut-être parce qu’elle fait encore rêver ceux qui croient toujours à la gauche, et pas seulement en France, comme on peut le voir en Grande-Bretagne avec les travaillistes de Corbyn.

Mais, justement, le second enseignement de ce premier tour, c’est que ceux qui rêvent de gauche sont aujourd’hui nettement moins nombreux que les quatre millions de Français qui se sont mobilisés en novembre pour choisir le champion de la droite. Avec une participation qui devrait atteindre les 1,5 million de votants, le PS échappe certes à la bérézina, montre qu’il bouge encore. Mais le parti qui mobilisait près de 3 millions d’électeurs à sa primaire de 2011 sort éreinté des cinq années au pouvoir.

Pris en tenaille entre les deux nouveaux géants de la gauche, le phénomène Macron et le toujours tonitruant Mélenchon, le vainqueur de la primaire (qui devra d’abord réussir à rassembler son camp) aura sans doute bien du mal à se qualifier pour le second tour de la présidentielle. Et plus encore à apparaître comme pouvant gagner l’Elysée. D’ailleurs, la question de son ralliement — en clair, de son effacement — en faveur de Macron (si Manuel Valls l’emporte dimanche) ou de Mélenchon (si le vainqueur, comme c’est probable, s’appelle Benoît Hamon) pourrait rapidement se poser.

Une certitude : quelle que soit l’issue de cette présidentielle de mai 2017, le parti fondé en 1971 par François Mitterrand n’échappera pas à une profonde recomposition. L’éloignement si symbolique de François Hollande, d’abord au théâtre puis, hier, au fin fond du désert chilien, n’est-il pas déjà un signe de décomposition ?

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17 août 2019

Le Bégo. Mini-camp et visites tout le week-end

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À l’occasion du grand week-end du 15-août, des visites sont organisées jusqu’à dimanche sur le site du Bégo, à Plouharnel. Un mini-camp reconstituant la vie des Alliés est aussi ouvert au public.

Proche de la voie ferrée, les bunkers du site du Bégo, à Plouharnel, s’animent en ce début de week-end. Tentes, jeep et tenues d’époque peuvent être aperçues juste avant l’entrée du bunker-musée. L’association Liberty Breizh Memory Group (LBMG), qui y organise des visites et des expositions, grâce à une mise à disposition de la commune, monte un mini-camp accessible tout le week-end du 15-Août.

« Nous organisons des visites extérieures plusieurs fois par jour jusqu’à dimanche, explique Jean-Pierre Morane, vice-président de l’association. Ce mini-camp est un petit plus entourant le bunker ». En parallèle, le bunker-musée est ouvert tout le week-end de 10 h à 18 h 30.

Visite à double objectif

Petite reconstitution d’époque, cette installation temporaire marque le point de départ d’une visite de deux heures et demie. Encadré par une guide de l’office de tourisme intercommunal, le public part ensuite à la découverte de la tour d’observation située dans la dune, après avoir longé d’autres bunkers. « L’itinéraire se termine au niveau de la première cuve à canons », précise Jean-Pierre Morane. L’objectif de la visite extérieure, qui s’effectue principalement sur la dune, est donc double : expliquer l’essentiel de l’installation allemande en montrant où les Allemands avaient construit leurs abris en cas de conflit, et donner un aperçu de la vie des Alliés durant la Seconde Guerre mondiale. « Aucun Allié n’est entré dans cette batterie allemande », souligne toutefois Jean-Pierre.

Lui et les 65 bénévoles de l’association organisent des commémorations et visites toute l’année, notamment auprès de scolaires et d’associations. « Nous portons des tenues alliées. La plupart des objets de collection que nous exposons nous appartiennent, précise le vice-président de LBMG. Tout est d’époque. La visite extérieure et le bunker-musée se complètent. Ils offrent un aperçu des quatre ans d’occupation allemande ici et de ce que les Alliés ont fait pour obtenir la victoire ».

À l’intérieur, le bunker reconverti se divise en quatre salles, dont trois regroupant objets, souvenirs d’époque et scènes reconstituées. « Près de 800 Allemands ont vécu ici, ajoute Jean-Pierre. Cet endroit a longtemps été oublié. Notre association le fait revivre en honorant son devoir de mémoire et de reconstitution ».

Pratique

Visites du bunker-exposition à 10 h et 18 h 30 et visites commentées du site de la batterie à 10 h 30 et 15 h 30. Visite seule du site : 5 €. Entrée bunker : 4 €. Billet couplé 7 €. Gratuit pour enfants de moins de 12 ans et anciens combattants. Demi-tarif handicap.

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15 janvier 2017

Neige et verglas : l'Ile-de-France et la Corse en alerte

Neige en fin d'après-midi. «Une perturbation est attendue en fin d'après-midi» à compter de 16 heures dimanche sur l'Ile-de-France. «Elle gagnera l'ensemble de la région avant la nuit et sera accompagnée de faibles chutes de neige» avec des hauteurs de 1 à 3 cm, précise Météo France dans son bulletin de 6 heures. En Corse, les quantités de neige atteindront de 5 à 15 cm à 300-400 m d'altitude et 30 à 40 cm au-dessus de 600 m.

Grand froid à partir de mardi. Ce dimanche, les températures minimales varieront de moins 3 à plus 2 degrés, plus douces sur le littoral atlantique avec 3 à 7 degrés tandis que les maximales seront froides sur la moitié est du pays avec 0 à 3 degrés. A partir de mardi, une vague de grand froid affectera le pays et ce, pour toute la semaine, avec des températures allant de moins cinq degrés le matin près de l'Atlantique jusqu'à moins 15 degrés dans l'Est.

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12 janvier 2017

Ce soir au Théâtre des Variétés (c'est la couturière) - j'y vais !

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Comment peut-on être un acteur riche, célèbre et être de gauche ? C'est ce que se demandent la plupart des gens de droite.

Comment peut-on être ouvrier chauffagiste et voter à droite ? C'est ce que pensent la plupart des gens de gauche.

A quelques mois des élections, la confrontation inattendue entre Jean-François Balmer et Régis Laspalès casse les codes, se joue des stéréotypes, fait vaciller nos opinons !

Auteur : Laurent Ruquier

Artistes : Jean-François Balmer, Régis Laspalès, Charlotte Kady, François Berland, Jessé Rémond Lacroix, Olivier Dote Doevi

Metteur en scène : Steve Suissa, Stéphanie Froeliger

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14 janvier 2017

Ce soir sur ARTE : Pour qui Van Gogh s’est-il coupé l’oreille ?

« VAN GOGH  : L’ÉNIGME DE L’OREILLE COUPÉE », documentaire anglais (2016) de Jack MacInnes. 1 h 30.

Documentaire à 20:50 sur ARTE

Arles, le 23 décembre 1888, veille de réveillon, il pleut depuis trois jours. Van Gogh rumine. Il ne supporte plus Gauguin, cet homme à femmes sûr de lui, et il vient d’apprendre que son frère Théo, son seul soutien, se fiance. C’est sûr, lui aussi va le laisser tomber. Cette nuit-là, Vincent se tranche l’oreille et l’apporte à une prostituée d’Arles. Voilà pour la légende. L’historienne d’art Bernadette Murphy, qui a un air de la détective des « Enquêtes de Vera » — un peu mamie et terriblement tenace —, travaille depuis trente ans sur cette nuit-là.

Outre les révélations de ce palpitant documentaire, on y apprend une foule de faits qui relancent plus encore le mythe. La jeune femme à qui il « offre » son lambeau de chair travaillait dans un bordel, mais comme femme de ménage. Peut-être la connaissait-il déjà à Paris. Un ange blessé comme lui ? Elle est morte en 1952, et l’enquêtrice a retrouvé un descendant.

Le film retrace bien le climat inquiétant d’Arles où 80 personnes signent une pétition contre Vincent le dérangé. Ou l’enragé : avec une oreille coupée ou un an et demi plus tard à Auvers une balle dans le cœur, il peut encore traverser toute une ville avant de s’effondrer. Article de Yves Jaeglé

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Ci-dessus : Arles

17 août 2019

Sodomie: Mode d'emploi et conseils pour prendre du plaisir à deux

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La sodomie est pour beaucoup encore une pratique plutôt obscure que bon nombre ont envie d'essayer. La rédaction de Gentside s'est entourée du docteur Gérard Leleu, sexologue le plus connu de France, et de Nephaël, modèle de charme et spécialiste du plaisir, pour répondre à toutes vos questions et vous aider dans vos démarches vers le plaisir à deux. Comment s'y prendre ? Est-ce que ça fait mal ? Quels sont les risques ? Quels gestes faut-il faire ? Tout, tout, tout vous saurez tout sur la sodomie.

Un brin d'histoire

Avant de se lancer comme un chien fou dans cette pratique osée, sachez que la sodomie tire son nom de la ville de Sodome. Cité biblique citée dans la Genèse et détruite par Dieu pour réprimer les agissements de certains hommes avec les anges. D'autres rumeurs évoquent plutôt la maltraitance des étrangers et des pauvres sur cette terre (règles de l'hospitalité et de charité). De nos jours, cette ville se situerait au Nord de la mer Morte en Israël. 

Sachez aussi que la sodomie a été dépénalisée en France en… 1791. Une mesure révolutionnaire qui n'est pas vraie partout puisqu'en Inde ou encore en Arabie Saoudite on peut être condamné pour cette pratique dite déviante. 

Première sodomie: comment aborder le sujet avec votre partenaire ?

Ce n'est jamais simple de mettre le sujet de la sodomie sur la table. Il ne faut néanmoins pas hésiter à en parler. "Pour cela, on peut amener le sujet de manière plus ou moins discrète. Il y a toujours la possibilité de regarder un film porno ensemble et d'orienter plus ou moins discrètement vers ce genre de pratique", analyse Nephaël. Elle conseille également de "tâter le terrain délicatement pendant le rapport en mettant un doigt pour voir la réaction". Une sorte de teasing. Mais le dialogue est primordial. 

Pourquoi la sodomie fait-elle fantasmer les hommes et fait-elle peur aux femmes ?

Si elle est aussi tabou, c'est parce que cette pratique brave un interdit ancré dans l'inconscient collectif depuis bien longtemps. "Ca fait fantasmer les hommes parce qu'il y a un petit côté Saint-Graal, les femmes ne laissent pas faire ça avec n'importe qui. Ce côté interdit plait", nous raconte Nephaël. La sodomie n'a rien de "reproductif", son exécution est donc purement charnelle avec pour seule et unique finalité la jouissance. De quoi en faire un sujet hautement sensible. 

Le plaisir lié à la sodomie est d'ordre double. D'une part physique et d'autre part psychologique. Physique, tout simplement parce que l'orifice anal est bien plus petit et étroit que le vagin. Dès lors, le plaisir est plus intense pour l'homme et cela l'amène plus facilement à la jouissance. Pour la femme, ce sont les mêmes effets. Des zones de contacts plus fortes dans une zone qui est bien plus sensible et innervé que le vagin. Du coup, la puissance de l'orgasme peut-être très grande. "J’atteste ici à toutes les femmes voluptueuses que le plaisir qu’elles éprouveront à foutre en cul, surpassera toujours de beaucoup celui qu’elles éprouveront à le faire en con", écrivait le Marquis de Sade dans sa Philosophie dans le boudoir, comme pour confirmer tout cela.

Psychologique aussi car il existe une situation de dominant et de dominée qui peut faire tourner quelques têtes et accroitre le sentiment de plaisir. Car dans le sexe, l'excitation se fait autant par le corps que dans l'esprit, ayez toujours ça en tête. 

Une sodomie sans douleur ou l'importance des préliminaires ?

La clé d'une sodomie réussie réside dans la patience et l'écoute entre les deux partenaires. Gérard Leleu, sexologue, explique qu'il faut "amener la femme à un seuil de désir important" afin qu'elle produise des endorphines et d'autres hormones qui "agiront comme anesthésiants" face aux petites douleurs initiales que peut engendrer la sodomie. 

Ainsi, un massage intégrale de sa partenaire, accompagné de caresses et de baisers détendront tous les muscles. Cela facilitera la relaxation entre autres de l'anus et donc de la pénétration imminente. Avant d'entrer en votre compagne, n'hésitez pas à préparer le terrain avec vos doigts. Un massage de la fleur anale, suivi d'une pénétration progressive sont donc forcément conseillés.

De même, pensez à bien lubrifier en utilisant un produit à base d'eau. N'y allez pas de main morte, ça en rendra la pénétration que plus aisée. Soyez surtout à l'écoute de votre partenaire qui vous guidera centimètre par centimètre pour que vous preniez tous les deux un maximum de plaisir. 

Au-delà de l'aspect technique, il faut savoir convaincre sa partenaire. Ainsi, un peu d'ouverture d'esprit et d'empathie de la part de l'homme peut parfois débloquer bien des situations. N'hésitez pas messieurs à essayer, ne serait-ce que le temps d'un doigt, la pénétration anale pour prouver à votre femme que le plaisir peut-être partagé et qu'elle n'est pas la seule à tenter l'expérience.

Quelles positions pour une sodomie réussie ?

On ne va pas se le cacher, il y a des positions qui facilitent l'entrée. La levrette notamment permet une précision de la pénétration et une ouverture de l'anus plus grande. Mais la position préférentielle reste tout de même quand votre partenaire est allongée sur le ventre. 

Vous pouvez aussi opter pour la position de la cuillère (sur le côté, l'un derrière l'autre). De cette façon, les caresses sont plus faciles et la communication plus discrète et rapprochée. L'élément essentiel d'une sodomie réussie.  

La sodomie, une fois de temps en temps

Sachez déjà que la sodomie est une pratique sexuelle dite "exceptionnelle". Si elle n'est pas franchement dangereuse pour la santé, elle peut le devenir si elle est répétée sans cesse. 

Gérard Leleu, sexologue et auteur du "Nouveau traité des caresses" explique que "l'anus n'est pas un organe destiné à recevoir, mais bien à expulser". Du coup, il vaut mieux prendre ce plaisir comme un moment d'exception. D'ailleurs, historiquement, la sodomie était pratiquée comme un moyen de contraception. 

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Les risques de la sodomie

Contrairement au rapport vaginal, le rapport anal n'est pas "naturel". Le corps de la femme n'est pas préparé, ni conçu pour être pénétré. Quand le vagin possède des "muqueuses très résistantes aux frottements et faites pour être sollicitées" (pensons notamment à l'accouchement), les muqueuses rectales sont elles plus poreuses et donc plus propices à la transmission de virus (VIH) et de bactéries.

Ainsi, vous avez entre 5 et 10 fois plus de risque de transmettre le virus du VIH au cours d'un rapport anal que lors d'un rapport vaginal. C'est pourquoi vous devez utiliser un préservatif. 

Est-ce que la sodomie est douloureuse et est-ce que c'est sale ?

Comme l'a expliqué le sexologue Gérard Leleu, il faut se souvenir que l'anus n'est pas un orifice fait pour recevoir. Donc l'insertion d'objet (sex toy) ou d'un pénis n'est pas naturelle. Le corps a donc besoin d'être préparé (pour cela nous vous renvoyons au chapitre sur les préliminaires). 

25 personnes qui ne connaissent vraiment rien à la mode

De même, Gérard Leleu souhaite tordre le cou à l'expression "Un trou est un trou". Des sodomies trop répétées et mal préparées peuvent entraîner des complications anales, comme une certaine forme d'incontinence fécale. Du coup, il vaut mieux être en paix avec sa digestion (comprenez, ne pas être constipé) avant d'entamer une sodomie. Sinon, il y a toujours la possibilité de faire un lavement avec "la  bonne vieille poire de mamie", s'amuse à raconter Nephaël. Moins glam, mais efficace. 

Conclusion

Vous aurez compris que la sodomie est une pratique plutôt complexe qui nécessite beaucoup de préparation et de communication. Elle peut cependant être source d'un très grand plaisir du moment que les deux partenaires sont en parfait accord. 

Les 3 commandements de la sodomie:

- De communiquer avec ta/ton partenaire, tu n'oublieras pas

- Des préliminaires, tu abuseras

- Un préservatif, tu porteras 

"Lorsqu’on se fixe un but en matière de sexualité, on risque fort de passer à côté du plaisir", Gérard Leleu.

8 janvier 2017

Séisme. Le Centre-Bretagne a tremblé

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 Décidément, la Bretagne est sujette aux tremblements de terre. Hier, à 7 h 35, un séisme de magnitude 3,7 s'est produit, dont l'épicentre a été localisé à 14 km de Loudéac (22) et à 27 km de Pontivy (56). Début décembre, trois séismes d'intensité 2,9 à 4 avaient touché le Nord-Finistère.

Hier, au petit matin, vers 7 h 35, c'est à la limite du Morbihan et des Côtes-d'Armor, du côté de Plumelec, Ploërmel, Sulniac, Pleucadeuc, Malestroit, Taupont, Guégon... que le séisme de magnitude 3,7 sur l'échelle de Richter, qui en compte 9, a été le plus ressenti, selon les témoignages d'internautes.

« On a entendu un gros boum »

Mais pas que. À Kerfourn (56), au bar chez Marie-Jo, l'événement était dans toutes les conversations hier matin : « On était au lit. On a entendu un gros boum, comme si un camion passait à vive allure ou s'il y avait eu une explosion au loin. On a de suite regardé les infos pour savoir ce qu'il se passait », déclarait la patronne, Marie-Jo Le Berre. Son voisin, lui, a vu ses fenêtres trembler tandis que la plupart des clients de la commune mais aussi de Gueltas ou Noyal-Pontivy, disent avoir été réveillés par le bruit.

Au Sourn (56), les habitants semblaient avoir été plus dérangés par les deux coupures d'électricité survenues dans la nuit que par le tremblement de terre. Ainsi, du côté de Saint-Michel, chez la famille Belzic, seul le fils cadet Nathan a été intrigué par « le coup d'orage qui a bien duré 10 secondes alors que la météo ne s'y prêtait pas. En plus c'était moins fort. Après réflexion, je me suis dit que c'est plutôt un camion qui est passé trop vite sur le ralentisseur ». Pas de quoi perturber l'adolescent : « C'était bizarre mais ça ne va pas m'empêcher d'aller à la pêche cet après-midi ».

« Un ascenseur qui descend »

À Noyal-Pontivy (56), Lionel et Sophie Ropert ont entendu comme un bruit d'orage lointain mais ont conclu que ça devait être la chaudière qui se mettait en route !

Autre réaction, celle de Patricia Moisan, à Bréhan (56) : « Ça m'a fait tout drôle. Ça s'est produit à l'heure à laquelle je me réveille d'habitude... J'ai ressenti comme un roulement, très rapide. Le placard a même bougé ». Toujours à Bréhan, dans le bourg, Thérèse Le Net a cru que c'était sa chaudière qui avait explosé. Assise sur les toilettes au moment de la secousse, une autre Bréhannaise, qui habite à 5 km du bourg en direction de La Chèze (22), a eu l'impression « d'être dans un ascenseur qui descend ».

Le séisme a été peu ressenti à Loudéac, dans les Côtes-d'Armor. « Un petit coup au moment où je me levais, c'est tout », commentait un Loudéacien au marché, hier matin. Les autres clients interrogés, semblaient plutôt dubitatifs. « Je l'ai appris par la radio », commentait un autre.

80 à 100 secousses par an

Hormis un discret séisme survenu mercredi dernier, en mer, au large de Quiberon (56), d'une intensité de 2,5 sur l'échelle de Richter, le dernier particulièrement ressenti en Bretagne l'avait été du côté de Plabennec (29) et dans tout le Nord-Finistère, le 11 décembre, de magnitude 4. Il faisait suite à deux autres, localisés le 8 décembre à Pencran (29) et le lendemain au Folgoët (29). Interrogé alors, Jean-Pierre Brun, professeur émérite en géosciences, à l'Université Rennes I expliquait : « Nous avons environ 80 à 100 secousses par an en Bretagne. On peut donc avoir un tremblement de terre tous les quatre jours ».

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30 juillet 2019

La pénétration est-elle devenue réac ?

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Toute relation sexuelle serait fondée sur l’introduction d’un pénis dans un vagin… Un dogme ancestral, symbole de domination hétéro, qui est aujourd'hui contesté ou revisité. Tour d'horizon des pénétrés et des pénétrants.

Linda se dit féministe depuis le jour de sa naissance, il y a trente-quatre ans. “Le sexe, ça a toujours été comme les hommes l'ont décidé, c’est-à-dire un pénis dans un vagin. Notre culture est phallocentrique, tout tourne autour de la bite“, déclare cette native de Finlande où l'égalité entre les sexes est un prérequis culturel. “On ne comprend pas vraiment le corps féminin. Notre organe sexuel, ce n'est pas le vagin, c'est la vulve, qui est complètement oubliée.”

Les luttes féministes ont beau être passées par là, elle déplore que le sexe féminin ait encore du mal à être séparé de sa fonction reproductrice. “Les hommes hétéros ont beaucoup de travail à faire, soupire-t-elle en résumant le rapport sexuel type : si on a de la chance, on a le droit à des préliminaires, ensuite une pénétration, et puis le mec jouit et c'est fini.”

“En tant que femme, on attend de toi de satisfaire l'autre, au prix même de ne pas être satisfaite toi-même”

Confessant une libido très active, elle a longtemps eu le sentiment de ne pas être satisfaite. Un soir, elle rencontre un jeune mec de 24 ans, elle en a dix de plus. Ils rentrent chez elle, et alors que se dessine la promesse d'un rapport, il lui dit d'un ton rassurant qu'ils ne sont pas obligés de pratiquer la pénétration. D'abord surprise, elle réfléchit : “Bah oui, pourquoi ne devrait-on faire que ça ? En tant que femme, on attend de toi de satisfaire l'autre, au prix même de ne pas être satisfaite toi-même.”

Test du refus de la pénétration

Suite à cette rencontre, elle décide de faire le test et de refuser désormais la pénétration avec ses partenaires. “Je l'ai fait pendant un an, pas de façon absolument systématique, quand je le sentais, je le faisais. C'était aussi un test pour moi car je suis parfois tellement pressée de le faire que je ne prenais pas de plaisir lors des préliminaires. Avant, le mec commençait à me lécher, et comme je savais que ça allait durer trente secondes, je n’arrivais pas à me laisser aller, alors que là, je savais qu'il n'y allait avoir que ça.” Les réactions se révèlent la plupart du temps positives, “même si parfois des mecs s'énervaient parce que tout d'un coup leur bite n'était plus au centre du truc”. Elle répand la bonne parole, convertissant garçons et filles à sa nouvelle religion, leur assurant béatitude et sublimation.

Une sexualité sans pénétration ? Si certaines peuvent lui trouver des charmes théoriques, en pratique, le projet est loin de faire l'unanimité chez toutes les filles. Marie*, Parisienne de 34 ans, ne se l'imagine pas une seconde. “Etre pénétrée, ça me fait penser à quand je suis à la plage et que je rentre entièrement dans l'eau. C'est un soulagement et aussi une excitation. J'ai l'impression que le reste c'est du touche-pipi, je m'emmerde très vite avec les préliminaires.” La perspective d'une sexualité sans pénétration et les promesses libératrices de Linda la laissent perplexe.

 “Je ne suis pas d'accord avec cette terminologie actif, passif. Quand tu es pénétrée, tu n'es pas si passive que ça”

Mais si elle se fait la défenseuse de la bonne vieille pénétration, s'excusant presque d'avoir une sexualité conventionnelle, après plusieurs années en couple avec le même mec, elle dit cependant baiser parfois avec des filles. “J'ai déjà pénétré des meufs. D'ailleurs, je ne suis pas d'accord avec cette terminologie actif, passif. Quand tu es pénétrée, tu n'es pas si passive que ça.” Les filles n'auraient-elles pas envie parfois de faire voler en éclats le bon vieux schéma pénétré-pénétrant assigné d'un côté aux filles, de l'autre aux garçons ? Techniquement, tout est possible. “Quand je n’ai pas envie, je me dis que j'aimerais inverser les rôles avec mon mec”, lâche Charlène, songeuse.

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Inversion des rôles

Inverser les rôles, c'est un jeu que connaissent bien les gays et les lesbiennes. Même si Pedro, gay trentenaire qui a grandi au Chili, nuance le tableau : “En Amérique du Sud, la société est beaucoup plus conservatrice, et même dans la communauté gay, il y a une redistribution hétéronormée des rôles. Au Chili, sur les applis de rencontres type Grindr, les mecs mentionnent très souvent qu'ils sont soit passifs, soit actifs. Et pour ceux qui sont versatiles, certains emploient le terme 'moderno'. Comme si la redéfinition des rôles était liée à la modernité. Mais beaucoup de gays en Europe restent aussi sur le vieux schéma.”

Les vieux schémas, quels qu'ils soient, sont assez étrangers à Laura, “gouine assumée”, millennial à l'aise avec son corps et qui sait en faire profiter les autres. “Je suis un très bon coup, on me le dit souvent.” Elle parle donc de sexualité comme si c'était le sujet de son doctorat. “Je n'ai jamais rencontré de lesbiennes qui disaient qu'elles étaient uniquement 'actives' ou 'passives'. On a été éduquées à être passives vu qu'on est des femmes, mais les rôles s'inversent très souvent au cours d'une relation. J'avais un rejet de la pénétration en tant que jeune lesbienne, peut-être parce que les plus vieilles y étaient farouchement opposées, alors que maintenant j'adore me faire pénétrer.”

Lesbienne et pénétration

Elle déplore le cliché selon lequel les lesbiennes ne s'intéresseraient pas à la pénétration. “Moi-même, plus jeune, je n’explorais pas trop le vagin, parce qu'on ne parlait que du clitoris. Après, tu apprends que le plaisir vient d'un savant mélange des deux.” Elle s'arrête pour faire un point bibliographie et nous parler de l'Instagram clitoclit. Une série de planches anatomiques qui compare les organes génitaux masculins et féminins et révèle leurs similitudes plus que leurs différences. “C'est un mystère pour les femmes elles-mêmes, leur sexe.”

Dans son discours revient souvent l'idée de jeu, et surtout de jeu de pouvoir, du même ordre qu'un jeu de rôle. C'est à ça que servent les strap-on (ou gode ceinture comme disait mamie). “On joue avec, on se fait des fellations. La première fois que j'ai pris une meuf avec, j'ai joui direct avec le frottement du strap-on. Quand j'étais plus jeune, j'avais un déni de ma sexualité et je ne voulais pas de toys, parce que c'était comme si on avait besoin d'une bite.”

Réciprocité pénétré-pénétrant

La réciprocité pénétré-pénétrant apparaît souvent au cœur des discussions avec les filles qui veulent inventer une autre sexualité. Alice est hétérosexuelle, mais sexuelle avant tout, du type prêtresse érotique qui souhaite initier tous ses nouveaux partenaires au plaisir prostatique. “Moi, je ne peux plus aujourd’hui coucher avec un homme qui me dit qu’il n’est pas ouvert à ça. Les mecs, tu leur dis : 'Bonjour, le paradis, c'est par ici.' Ils répondent : 'Ah non, pas possible pour moi, impossible de mettre quelque chose dans mes fesses.' Ce n’est pas de la discrimination, juste que cette répartition des rôles est boring. Par contre, après, quand ils sont au lit avec toi, ce sont les premiers à vouloir te sodomiser… En toute logique.”

Dans la Grèce antique, pour les hommes, se faire enculer était un rite initiatique pour entrer dans l'âge adulte et éprouver le féminin avant d'y renoncer à jamais. Pourtant, une fois qu'il y eut goûté, François n'a pas voulu retourner en arrière. Il a longtemps été hétéro et se définit désormais comme pansexuel. En couple pendant douze ans avec une fille – “le seul truc qu'on avait refusé du schéma hétéronormé était de faire des enfants” –, il a butiné après sa rupture pour finalement se mettre en couple avec une fille qui s'est affirmée lesbienne lors de leur relation, de quoi lui permettre d'ouvrir son champ de vision.

Dominant et dominé

“Ma sexualité a commencé au moment où j'ai été pénétré. Peu importe l'intensité de ton désir homosexuel. Jusqu'à ce moment-là j'avais une sexualité banale, voire triste. Je ne faisais jamais de préliminaires, quasiment jamais de cunnilingus. Une sexualité qui reposait sur mon sexe triomphant. La seule nuance, c'est que je pouvais mettre ma bite dans son cul.” Comme il aime expérimenter, il se retrouve une fois à baiser un mec. Il le recontacte un peu plus tard et, par besoin de réciprocité, lui propose un deal : “Vu que tu es le premier mec que j'ai pris, je veux que tu sois le premier mec qui me prenne. C'est bien d'être dominant et dominé, pénétré et pénétrant.”

Quand on interroge des mecs hétéros qui se font pénétrer par leur copine, eux n'ont pourtant pas tant l'impression de renverser les jeux de pouvoir. “Ne pas pénétrer une meuf, ça peut être aussi un outil de domination. Tu comprends que le jeu est plus long sans pénétration”, nous confesse Maxime, qui se définit comme quelqu'un d'ouvert d'esprit et de curieux. Les adeptes du plaisir prostatique ont tous une âme d'explorateur. C'est aussi le cas de Rémi, qui a essayé très tôt avec une fille avec laquelle il est toujours en couple. “Je suis très dominant, même quand je suis pénétré”, avoue-t-il. Plutôt grande gueule et provocateur, il aime en parler autour de lui. “Tu as quand même une influence sur les gens. Tu en parles avec des potes qui disent qu'ils sont contre et deux ans après ils te disent qu'ils ont essayé. J'ai l'impression que les mecs ont peur surtout.”

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“Etre considéré comme une femme ou un gay reste la grande peur des hétérosexuels”

Martin Page

Il y a quelques mois, Martin Page publiait un petit essai qui a su faire parler de lui, Au-delà de la pénétration (éditions Monstrograph), où il essayait de repenser la pénétration depuis sa position d'homme hétérosexuel. “Le but de la pénétration, au fond, n’est pas vraiment le plaisir des deux partenaires, mais en premier lieu celui de l’homme, puis éventuellement celui de la femme (d’ailleurs, la pénétration cesse généralement quand l’homme a atteint son plaisir). C’est l’instauration d’une relation inégalitaire comme modèle”, écrit-il. “C’est bien ça l’enjeu pour certains : ils pénètrent pour ne pas risquer de mettre à jour leur propre désir d’avoir un doigt ou un gode dans l’anus, pour ne pas devenir un être pénétrable, c’est-à-dire, dans leur stupide esprit macho : une femme ou un homosexuel. Donc un dominé, un faible. Etre considéré comme une femme ou un gay reste la grande peur des hétérosexuels.”

Repenser sa sexualité

L'essai se veut une ode aux sexualités différentes. Il s'aventure à une analogie entre “l’animalisme (plus généralement la critique de la suprématie humaine) et la critique de la suprématie de la pénétration. Manger de la viande et pénétrer sans se soucier de l’autre est l’attitude d’un être qui profite de son statut de dominant sans se penser dominant”, mettant dans le même sac “les hommes hétérosexuels omnivores, les fanas de barbaque et de pénétration. Ceux qui dominent la planète et la détruisent.”

Il est amusant de constater que la métaphore culinaire est constamment revenue dans la bouche des personnes interrogées pour parler de pénétration, comparée presque toujours au plat principal d'un repas. La plupart, fins gourmets, ne pourraient se passer de l'entrée, du café et du dessert. Pour Linda, notre prospectrice sexuelle finlandaise, le renoncement temporaire à la pénétration n'a pas été vécu comme un jeûne. “C'est plutôt comme si les haricots verts remplaçaient l'entrecôte.” Alors que les scientifiques s'accordent à dire que nous devrions passer à un régime végétarien pour sauver la planète, peut-être pourrait-on prolonger l'analogie et imaginer un défi aussi insurmontable : est-ce que “papa dans maman” restera longtemps le modèle hégémonique de sexualité ? Ou l'être humain, pour la survie de son plaisir, va-t-il aussi devoir repenser sa sexualité ?

*Le prénom a été modifié

27 juillet 2019

Edito de Laurent Joffrin

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Ce sera, sauf immense surprise, le troisième dingue de la scène internationale. Après Donald Trump et Jair Bolsonaro, Boris Johnson s’apprête à prendre en main les destinées d’un vieux et grand pays. Spécialiste du mensonge burlesque, de l’autodérision calculée, plus cultivé que ses alter ego mais tout aussi cynique, l’ancien maire de Londres devrait entrer bientôt au 10 Downing Street, un peu comme Groucho Marx devient chef d’Etat dans la Soupe au canard. L’homme a une plume, qu’il monnaie à prix d’or dans le Daily Telegraph, et qu’il a utilisée avec un certain bonheur dans sa biographie de Churchill. Le vieux Winston est son idole, personnage lui aussi excentrique, mais travailleur acharné et paladin de la lutte contre le nazisme. Comme l’écrivait Marx - l’autre, Karl -, l’histoire bégaie, «la première fois comme une tragédie, la seconde fois comme une farce». Son Troisième Reich à lui, en effet, c’est l’Union européenne, ce qui donne une idée de son sens de la nuance et des proportions. Boris Johnson a promis que le Royaume-Uni sortirait de l’UE, perinde ac cadaver, avant le 31 octobre. Il est donc prêt à courir le risque d’un «hard Brexit», un Brexit sans accord, quitte à contourner la prévisible opposition du Parlement britannique. Seulement voilà, quel que soit le talent d’illusioniste de «magic BoJo», les réalités n’auront guère changé après son élection à la tête du Parti conservateur et son accession au poste de Premier ministre : casse-tête de la frontière irlandaise, front uni des Européens qui en tiennent toujours pour l’accord patiemment négocié avec Theresa May, dangers d’une rupture pour l’économie britannique. Le Premier ministre risque alors de se retrouver dans la posture qui l’a rendu célèbre : suspendu à un fil dans un rôle ridicule. Laurent Joffrin Directeur de la publication de Libération

17 juin 2010

Jean Marie Périer (photographe)

La galerie Polka invite l'homme qui a fait pétiller les yéyés puis la mode, Jean-Marie Périer. Il expose ses photos grand format de grands couturiers, à ses yeux "les rock stars d'aujourd'hui, les nouveaux Rolling Stones" parce qu'ils ont "le talent, la fantaisie et l'argent", dit Périer. Il sait de quoi il parle, lui qui a shooté Mick Jagger à 17 ans et aussi James Brown, Jimi Hendrix, les Beatles... Cette série 100 % mode a été réalisée pour le magazine Elle. Yves Saint Laurent prend la pose, en 1998, près de Carla Bruni, l'un des derniers shootings du roi de la haute couture. Carla, encore, cette fois dédoublée, "entoure" Christian Lacroix endormi, qui rêve de sa muse. Juste à côté trône Jean-Paul Gaultier... en pape ! "Cette image en a choqué certains, ce qui n'était pas pour me déplaire", commente Périer. Kenzo chevauche un éléphant... loué pour l'occasion ! Et on retrouve Yves Saint Laurent dans l'intimité de son appartement (du 55 rue de Babylone) auquel Périer fut l'un des rares à avoir eu accès. Il est photographié près de Sibyl Buck (l'une des égéries de Bettina Rheims) et de ses très nombreuses œuvres d'art vendues aux enchères en 2009. Vivienne Westwood en robe de reine se fait, elle aussi, tirer le portrait dans un musée londonien. "Son compagnon s'est déshabillé et s'est placé à côté d'elle. Le directeur du musée, flegme anglais oblige, n'a rien dit", raconte le photographe. Cette dizaine de clichés mode et people, accompagnés des souvenirs de l'auteur, sont à (re)découvrir. Un cadeau collector offert aux fans de fashion.

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Exposition jusqu'au 31 Juillet 2010

Polka Galerie
Cour de Venise
12, rue Saint-Gilles
75003, Paris

28 mars 2018

Ce matin hommage national au Colonel Arnaud Beltrame

 

Hommage national aux victimes des attentats de l'Aude et au colonel Arnaud Beltrame ! Notre édition spéciale dès 9h50 avec #jeanpierrepernaut #hommagenational🇫🇷🙏



13 Likes, 1 Comments - TF1 Le JT (@tf1lejt) on Instagram: "Hommage national aux victimes des attentats de l'Aude et au colonel Arnaud Beltrame ! Notre édition..."

 

3 octobre 2009

A propos de l'exposition "Vogue covers" sur les Champs Elysées

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Capture de la vidéo que j'ai réalisée le 1er octobre. Carine Roitfeld rédactrice en chef du Vogue français
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Capture de la vidéo que j'ai réalisée le 1er octobre. Patrick Demarchelier
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Capture de la vidéo que j'ai réalisée le 1er octobre. Mario Testino

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Ci-dessus : deux photos de Mario Testino pour Chanel.
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Capture de la vidéo que j'ai réalisée le 1er octobre. Lara Stone
Voir également mon billet du 1er octobre en cliquant ICI et les photos de Lara Stone extraites du récent VOGUE en cliquant . Autres photos sur le site de VOGUE en cliquant ICI.

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Lara Stone en couverture de VOGUE (édition française) février 2009.

10 mai 2016

La Palme d’or d’honneur à Jean-Pierre Léaud

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 Jean-Pierre Léaud à Cannes en 1959 (© AFP) et en 2009 (© Anne-Christine Poujoulat / AFP)

Après Agnès Varda en 2015, Clint Eastwood, Manoel de Oliveira, Woody Allen et Bernardo Bertolucci dans les années récentes, c’est au comédien français Jean-Pierre Léaud que le Festival de Cannes a décidé de rendre hommage. La Palme d’or d’honneur de la 69e édition lui sera remise lors de la Cérémonie de Clôture, le dimanche 22 mai.

Jean-Pierre Léaud fait partie de la légende cannoise. Découvert par François Truffaut qui en fait le jeune héros de son premier film, Les 400 Coups, ce gamin extraverti et turbulent de 14 ans débarque sur la Croisette en 1959. Sa spontanéité incarne à elle seule le vent de liberté que fait souffler la Nouvelle Vague sur le 7e art. Antoine Doinel et François Truffaut continuent de l’accompagner avec Antoine et Colette (1962), Baisers volés (1968), Domicile conjugal (1970) ou L'Amour en fuite (1979).

31 décembre 2018

La crise sociale oblige Emmanuel Macron à se réinventer

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Par Françoise Fressoz - Le Monde

Victime de la verticalité qu’il a érigée en système, le chef de l’Etat ne se relèvera pas indemne de l’épisode des « gilets jaunes ». S’il nie tout tournant, il va pourtant devoir changer de cap.

Un tournant ? Que nenni. Comme tous ses prédécesseurs confrontés à une grosse secousse au cours de leur quinquennat, Emmanuel Macron n’assume en rien l’idée qu’il lui faudrait radicalement changer non seulement de méthode, mais aussi de cap après le mouvement des « gilets jaunes ». Pas plus que Nicolas Sarkozy, après la crise financière de 2008, ou François Hollande, après sa conversion à la politique de l’offre, le président de la République ne veut apparaître en porte à faux avec la promesse de sa campagne.

Il entend toujours transformer le pays en rompant avec le « vieux monde » et en refondant le modèle social avec l’aide de la société civile. « Il n’y a pas de tournant, mais un changement de méthode », a assuré le premier ministre, Edouard Philippe, dans un entretien aux Echos, le 18 décembre. Une antienne répétée à loisir par le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

Dans le discours, tout est fait pour entretenir l’idée que les 10 milliards d’euros de mesures mises sur la table le 10 décembre pour éteindre l’incendie ne sont pas le énième duplicata des opérations de redistribution engagées depuis 1968 par les gouvernements aux abois. La hausse de la prime d’activité et la défiscalisation des heures supplémentaires traduiraient la valorisation du travail voulue par le candidat Macron ; la politique de l’offre ne serait pas fondamentalement remise en cause. Tout serait en cohérence avec les fondamentaux du macronisme. Tout, sauf le recul sur la CSG et le déficit budgétaire, que le gouvernement tente de dégonfler en le présentant comme temporaire. A quelques contorsions près, l’honneur est sauf.

Triple rapport de force

La tactique de l’exécutif est compréhensible : dans les sondages d’opinion, Emmanuel Macron est tombé très bas. Seule résiste une poignée de fidèles : 20 % à 25 % qui lui ont fait confiance lors du premier tour de la présidentielle. Les perdre par un changement de discours ou de ligne et c’en serait fini. Emmanuel Macron fait le même calcul que Nicolas Sarkozy : il préserve son socle, coûte que coûte, en espérant l’élargir plus tard. Mais, en réalité, il n’est plus sûr de rien. Privé de garde-fou, victime de la verticalité qu’il a érigée en système, il est devenu tributaire d’un triple rapport de force qui, aujourd’hui, ne lui est guère favorable.

Le premier, c’est celui que va tenter de lui imposer le « peuple », à travers le débat citoyen, qui va commencer à la mi-janvier, pour s’achever deux mois plus tard. Deux mois durant lesquels la plupart des réformes risquent d’être gelées pour ne pas compromettre l’exercice. L’idée de mouvement inhérente au macronisme est donc menacée. Plus fondamentalement, les tensions apparues entre l’Elysée et la commission nationale du débat public, à propos de l’organisation des débats, montrent à quel point l’enjeu est perçu comme menaçant par le chef de l’Etat.

« Le grand débat ne devra pas détricoter les décisions prises depuis dix-huit mois », a averti Benjamin Griveaux, tandis que le gouvernement lance en pâture le référendum d’initiative citoyenne comme une réponse à la crise démocratique sur laquelle avait surfé le candidat Macron. A tout prendre, cet aspect institutionnel apparaît moins risqué à traiter que le volet fiscal et économique de la révolte, qui a déjà déconstruit les fondamentaux du macronisme. La fiscalité écologique, qui scellait l’alliance Macron-Hulot, a été mise à bas. Et la redistribution, qui ne faisait pas partie des priorités présidentielles, est en train de détrôner le concept d’émancipation que promouvait le candidat Macron.

La rapidité et la facilité avec lesquelles les syndicats de policiers ont obtenu jeudi 21 décembre la promesse d’une revalorisation salariale (120 euros à 150 euros net supplémentaires par mois d’ici un an), assortie d’un calendrier de négociation pour le paiement des heures supplémentaires (21,8 millions d’heures), illustre l’état du rapport de force avec les corps intermédiaires. Les syndicats tiennent leur revanche : ils vont enfin être écoutés, notamment dans les secteurs où leurs revendications apparaissent légitimes. Personne ne peut contester que les policiers, qui sont sur les dents depuis plusieurs mois, à cause du mouvement des « gilets jaunes », mais aussi du terrorisme, ont droit au rattrapage salarial.

Mais alors que dire des personnels hospitaliers, en tension depuis des années, ou encore des enseignants, bien moins rémunérés que leurs voisins européens ? « La différence entre décembre 2017 et décembre 2018, c’est que la France croit un peu plus au Père Noël », constate l’économiste Jean Pisani-Ferry. Du coup, chacun va chercher à remplir sa hotte du mieux qu’il peut, en profitant du fait que le président se trouve dans l’incapacité d’émettre un discours unificateur.

Dernière de la classe

Cette nouvelle donne n’a évidemment pas échappé au reste de l’Europe, où se joue le troisième rapport de force. A peine élu, Emmanuel Macron avait mis en scène la rupture avec ses prédécesseurs : lui réduirait le déficit et entreprendrait les réformes structurelles pour jouer main dans la main avec l’Allemagne et « refonder » l’Europe. Las. Dix-huit mois plus tard, c’est l’échec. Empêtrée dans ses problèmes internes, l’Allemagne n’a pas répondu aux avances et Macron s’est mis dans les pas de ses prédécesseurs : à son tour, il fait le choix du déficit, au point que la France sera, en 2019, la dernière de la classe.

Comme si le mouvement des « gilets jaunes » avait ramené le président aux fondamentaux français : un pays éminemment singulier, farouchement attaché à l’égalité, mais toujours enkysté dans le chômage de masse. Avec le ralentissement de la croissance, Emmanuel Macron a aujourd’hui très peu de chances de ramener le taux de chômage de 9 % à 7 % d’ici à la fin de son mandat, comme il l’avait promis. Du coup, il s’expose au même risque que François Hollande, ce qui serait un comble. La crise l’oblige à se réinventer.

2 octobre 2018

CHANEL

La maison Chanel a apporté la plage au cœur du Grand Palais pour son dernier défilé prêt-à-porter printemps-été 2019. Mais pas juste quelques grains de sable non, beaucoup trop simple et déjà vu. La mer, carrément. Avec ses vagues et leur chant, son ciel bleu, les dunes et les paillottes paradisiaques.

Bien sûr le décor du défilé Chanel prêt-à-porter printemps-été 2019 était au cœur de toutes les discussions mode depuis la réception de l'invitation. Sur celle-ci figurait simplement le dessin d'un parasol rayé rouge et blanc. On imaginait donc, des étoiles (de mer) dans les yeux, la plage, les coquillages et le chant des mouettes. Mais pas une seule seconde a-t-on pu croire que ce rêve deviendrait réalité !

C'était sous-estimer les pouvoirs magiques de la maison et de l'équipe derrière ces décors. Car les mannequins du défilé Chanel s'apprêtent bien à fouler le sable blanc au rythme du roulement des vagues, et ce, sous la verrière du Grand Palais, en plein cœur de Paris. Sous le regard vigilant des maîtres-nageurs siglés Chanel, perchés sur leurs chaises de surveillance. La perfection du décor fera assurément oublier aux heureux invités le ciel gris et déprimant de la capitale. Eux sont assis sur des tabourets pliants et des bancs de bois que le sel de la mer a patinés, au pied des dunes et face à l'étendue bleue de la mer du Nord. Mer du Nord oui : Karl Lagerfeld nous emmène cette saison sur l'île allemande de Sylt, au bord de la mer des Wadden, dans le land de Schleswig-Holstein. Est-ce là une des destinations de vacances passées du jeune Allemand ? La plage, située non loin de la frontière danoise, est réputée pour sa tradition naturiste. Combien de surprises nous réserve encore le kaiser des kaisers ?

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30 septembre 2020

Vu du Canada - Rimbaud et Verlaine au Panthéon : “Qui sommes-nous pour pacser ce drôle de couple” ?

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LE DEVOIR (MONTRÉAL)

Depuis la parution d’une pétition en faveur de la panthéonisation des deux poètes, le Tout-Paris s’étrangle sur l’idée de faire reposer Arthur Rimbaud et Paul Verlaine aux côtés des “grands hommes” sur la montagne Sainte-Geneviève. Un débat aussi français qu’insupportable, commente ce chroniqueur canadien dans un billet bien trempé.

Il n’y a qu’en France qu’un tel débat est encore possible. Depuis une semaine, le Tout-Paris s’écharpe à propos d’une pétition publiée dans Le Monde [Courrier international fait partie du groupe Le Monde]. Une centaine de personnalités y proposaient de faire entrer Paul Verlaine et Arthur Rimbaud au Panthéon. Ce mausolée de la montagne Sainte-Geneviève au fronton duquel est écrit “Aux grands hommes la patrie reconnaissante”, et qui accueille Victor Hugo, Jean Moulin, Simone Veil et quelques autres.

Parmi les signataires, on trouve pas moins de neuf anciens ministres, dont celui de la Culture Jack Lang. Sa successeure Roselyne Bachelot leur a aussitôt apporté son soutien. La controverse ne tient évidemment pas aux mérites respectifs de ces deux génies incontestés du verbe. Elle tient plutôt aux raisons qui justifieraient cette entrée insolite, en couple, de deux poètes dont les œuvres sont radicalement différentes. Selon les pétitionnaires, c’est d’abord en tant que “couple homosexuel” et “symboles de la diversité” que les deux poètes devraient reposer aux côtés de Voltaire et Rousseau.

C’est ici que le bât blesse. Qui sommes-nous en effet pour pacser malgré eux sous les ors du Panthéon ce drôle de couple dont l’idylle, aussi brève qu’arrosée d’absinthe, se termina tout de même par deux coups de feu, une balle dans le bras, un séjour à l’hôpital et deux ans de prison pour Verlaine ? Et surtout, depuis quand entre-t-on au Panthéon en fonction de son orientation sexuelle ? D’autant que ni Verlaine ni Rimbaud n’en firent un combat. Loin de là !

Des “Oscar Wilde français”, jamais !

Ne serait-il pas aussi réducteur de hisser Rimbaud et Verlaine au pinacle pour cause d’homosexualité que de les vouer aux gémonies parce que le premier fut marchand d’armes et d’ivoire en Afrique, embauchant à l’occasion quelques esclaves, et que le second a battu sa femme et fréquenté un mineur ? Car Rimbaud avait alors 17 ans. Sans compter que l’auteur des Illuminations ne cachait pas son dédain du “patrouillotisme” et que celui de Romances sans paroles avait souhaité que les communards à coups de canon détruisent le… Panthéon.

Les pétitionnaires ont beau se croire provocateurs, ils ne font, au fond, qu’obtempérer aux injonctions de l’époque. Comme si l’aspect insolent de l’homosexualité n’avait pas été récupéré depuis belle lurette par le discours dominant, et même par la publicité. Contrairement à ce qu’écrivent les pétitionnaires, Verlaine et Rimbaud sont loin d’être des “Oscar Wilde français”. Peut-être Verlaine a-t-il vu sa peine prononcée (en Belgique) aggravée à cause des préjugés de son siècle. Mais, la Révolution française ayant supprimé le crime de sodomie dès 1791, jamais ni l’un ni l’autre n’auraient pu être condamnés à deux ans de travaux forcés, comme le fut le poète irlandais. D’ailleurs, Wilde ne s’est-il pas réfugié en France ?

“Obscène spectacle que celui de ces apprentis sorciers manipulant des cadavres pour les envoyer au front, dans une guerre qui n’est pas la leur”, écrit avec justesse l’écrivain Pierre Jourde dans L’Obs. Au lieu d’inciter la jeunesse à lire ce génie qui composait à 16 ans des vers en latin, on préfère travestir Rimbaud en “char de la Gay Pride”, affirmait le poète Alain Borer en 2015. Comme si, dans ce monde sans littérature, l’œuvre devait dorénavant s’effacer devant la banalité de la vie de chacun, fut-elle celle d’un grand poète.

Spécialiste de Rimbaud, Borer est à l’origine d’une seconde pétition dénonçant, dans cette panthéonisation, une “instrumentalisation de la poésie”. Parmi la cinquantaine de signataires, on trouve les poètes québécois Denise Boucher, Bernard Pozier et Rodney Saint-Éloi. Les auteurs dénoncent au passage une forme de communautarisme et un “acte supplémentaire de l’américanisation […] qui envahit la culture française et qui la compromet chaque jour jusque dans sa langue”.

L’art relevait du beau et non du bon

L’occasion est belle de rappeler quelle haute conception se faisait de la littérature le chantre du “long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens”. La morale, ou plutôt la leçon de morale, n’y avait pas sa place. On est à des années-lumière de la moraline qu’exhalent aujourd’hui tant de romans, de pièces de théâtre et de films soumis aux nouveaux canons de la rectitude politique.

Pour ces poètes, l’art relevait du beau et non du bon. “Il faut peindre les vices tels qu’ils sont ou ne pas les voir, écrivait Baudelaire à propos de Madame Bovary. Et si le lecteur ne porte pas en lui un guide philosophique et religieux qui l’accompagne dans la lecture du livre, tant pis pour lui.”

Les poètes candidats au Panthéon ne manquent pas. Parmi eux, citons Charles Péguy, mort au champ d’honneur en 1914. On pense aussi à Guillaume Apollinaire, d’origine polonaise, blessé lors de la Première Guerre mondiale et qui terminait ses soupers en chantant la Marseillaise.

Ceux-là n’ont malheureusement pas de lobby suffisamment puissant pour aller s’étendre à côté de Victor Hugo. Ce “père Hugo” dont Verlaine disait qu’on l’avait “fourré dans une cave où il n’y a pas de vin”.

Christian Rioux

30 septembre 2020

Eva Joly : « Dans un dossier qui demandait la pondération, Eric Dupond-Moretti a choisi la brutalité »

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Par Eva Joly, Avocate

En ordonnant une enquête sur trois des magistrats du Parquet national financier, le garde des sceaux foule au pied le principe fondamental de la séparation des pouvoirs et mine une institution dont l’efficacité en matière de délinquance financière dérange, estime l’avocate dans une tribune au « Monde ».

Avocat, Eric Dupond-Moretti ferraillait avec les magistrats du Parquet national financier (PNF). Devenu ministre de la justice, il bénéficie à présent de « remontées d’informations » sur des dossiers qui lui sont très familiers.

Alors qu’il ordonne une enquête sur trois des magistrats du PNF, à l’occasion d’une enquête préliminaire conclue par un classement sans suite, comment échapper à l’idée qu’Eric Dupond-Moretti, garde des sceaux, vient au secours de maître Dupond-Moretti avocat ?

Ce pourrait n’être qu’une pantalonnade, ou « le conflit d’intérêts pour les nuls ». C’est en réalité une attitude qui a de graves conséquences : elle foule au pied, avec cynisme, le principe fondamental de la séparation des pouvoirs et mine la lutte contre la grande délinquance financière et la corruption.

Cette attaque contre le PNF n’est cependant pas surprenante. C’est la dernière manifestation d’une défiance récurrente de l’exécutif et des politiques à l’égard d’une institution bien trop efficace.

Une mise en perspective s’impose. J’ai connu le temps où la délinquance financière restait largement impunie. Puis, dans les années 1990, certaines enquêtes ont abouti à des condamnations sévères. C’était nouveau. Nous travaillions alors comme nous le pouvions, dans des locaux minuscules, sans équipements, avec une section financière du parquet de Paris en grave sous-effectif. Aussi la création en 1999 du pôle financier, ancêtre du PNF, regroupant les juges et les parquetiers, rue des Italiens, à Paris, fut-elle un grand progrès. Des années plus tard, le gouvernement Hollande n’eut politiquement pas d’autre choix, face à la magnitude du scandale Cahuzac, que de renforcer les moyens de lutte contre la corruption et la grande délinquance financière et fiscale en créant le Parquet national financier.

Depuis 2014, l’action du PNF a rapporté pas moins de 9,9 milliards d’euros au Trésor public. Du jamais-vu en France pour quelque institution que ce soit.

LE GARDE DES SCEAUX, QUI A AUTORITÉ SUR LE MINISTÈRE PUBLIC, SE MET EN SITUATION D’ÊTRE SOUPÇONNÉ D’AGIR POUR DES INTÉRÊTS PARTICULIERS

Ces montants proviennent notamment de la lutte contre la grande délinquance financière, la corruption et autres infractions à la probité (procédures Guéant, Fillon, Airbus), la fraude fiscale et le blanchiment de fraude fiscale, la fraude à la taxe carbone (les affaires HSBC, Google, UBS, Dassault, Balkany, Cahuzac), les biens mal acquis (procédures Obiang, Al-Assad). Ils sont autant d’exemples de l’intérêt et de l’efficacité de ce parquet spécialisé dirigé jusqu’en juin 2019 par Eliane Houlette, aujourd’hui dans le collimateur de l’actuel garde des sceaux.

Derrière la mise en cause des magistrats, il y a une mise en cause du PNF. Et le garde des sceaux, qui a autorité sur le ministère public et devrait par conséquent agir dans l’intérêt de la société, se met en situation d’être soupçonné d’agir pour des intérêts particuliers. En effet, le PNF va prochainement soutenir l’accusation contre un homme très influent : l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy.

Le procès de ce dernier, de son avocat Me Herzog (ami proche du ministre de la justice, selon ses propres dires) et de l’avocat général de la Cour de cassation, Gilbert Azibert, doit intervenir en novembre. C’est dire la pression qui pèse sur les épaules des procureurs du PNF. C’est dire aussi combien est pernicieuse la décision du ministre de la justice de s’en prendre au PNF.

La suspicion est malheureusement inévitable lorsqu’on apprend par le site Mediapart qu’Eric Dupond-Moretti a séjourné l’été avec l’un des prévenus, Me Herzog, avant de prendre à la rentrée cette initiative susceptible d’affaiblir l’accusation dans cette même affaire, prévue pour être jugée à l’automne.

Démonstration de force

En s’attaquant à Eliane Houlette, l’une des plus brillantes procureures du pays qui a parfaitement rempli sa mission à la tête du PNF, Eric Dupond-Moretti tombe le masque. Il semble se comporter encore, malgré sa nomination de ministre de la loi, comme l’avocat pénaliste coriace qu’il fut. lI défendait il y a peu encore l’intermédiaire Alexandre Djouhri dans le dossier dit du financement Libyen de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy et avait en charge d’autres dossiers devant le PNF. Il a même été plaignant comme avocat dans cette procédure où il intervient aujourd’hui comme garde des sceaux !

Qu’il détourne une procédure de son objectif pour tenter d’obtenir des sanctions disciplinaires contre trois magistrats du PNF est donc extrêmement préoccupant. Cette démonstration de force ne repose sur rien et il le sait. Les enquêtes de l’inspection générale de la justice ne peuvent être utilisées pour porter une appréciation sur un acte juridictionnel déterminé, en application de l’article 64 de la Constitution et du principe de la séparation des pouvoirs. Seul le fonctionnement du PNF pouvait légitimement faire l’objet d’une enquête de l’inspection, comme c’est le cas pour toutes les juridictions.

Alors que le gouvernement dit vouloir renforcer la lutte contre toutes les formes de criminalité, l’affaiblissement délibéré du Parquet national financier envoie un tout autre message : l’intérêt général et la lutte contre la délinquance financière peuvent bien attendre.

Le Conseil supérieur de la magistrature a d’ailleurs déjà fait savoir son inquiétude sur le respect du bon fonctionnement des institutions judiciaires en l’espèce.

La justice française, un paysage de désolation

Avocat d’assises talentueux, défenseur passionné, on peut concevoir qu’une reconversion express en garde des sceaux ne soit pas facile. La justice a cependant besoin de réformes. Comme avocate, je déplore souvent le manque de spécialisation réelle de certaines formations de jugement et le déficit criant de moyens qui pèsent sur l’ensemble des auxiliaires de justice et des justiciables. Sous-dotée chroniquement depuis trente ans, la justice française est devenue un paysage de désolation, un océan de pénuries qui protège de plus en plus mal les Français. Quelle erreur formidable dans ces circonstances que de s’attaquer à ce qui fonctionne encore !

Le ministre de la justice est l’un des plus hauts personnages de l’Etat, l’un des principaux garants du respect de nos règles les plus fondamentales et du jeu institutionnel. Dans un dossier qui demandait pondération et réflexion, Eric Dupond-Moretti a choisi la brutalité et la transgression. Ce faux pas est une alerte. A l’heure où les jeux d’influences des politiques sur la justice vont être jugés en correctionnelle, la vigilance sur les menées de l’exécutif s’impose.

Eva Joly est avocate et ancienne députée au Parlement européen (EELV).

23 novembre 2016

Primaire de la droite : Touche pas à mon pape !

Les deux finalistes de la primaire de la droite ont tous deux invoqué leur proximité avec les enseignements du souverain pontife. A Rome, on préfère ignorer cette querelle.

Tenant chacun un pan de sa chasuble, Alain Juppé et François Fillon ont fait entrer le pape François (et son 1,2 milliard de fidèles parmi lesquels, pensent-ils, il doit bien se trouver quelques électeurs encore indécis) dans le débat de deuxième tour de la primaire de la droite et du centre pour laquelle l’électorat catholique se serait mobilisé en masse. Sans lui avoir rien demandé, bien sûr. C’est à qui des deux se revendiquera le plus fidèle à l’enseignement et à la morale du souverain pontife.
C’est moi !, se rengorge le maire de Bordeaux qui dénonce la vision « extrêmement traditionaliste » de son adversaire qu’il accuse d’être « ambigu » sur le droit à l’avortement en se disant plus « proche de la parole du pape François » que de « la Manif pour tous ».
Bref, le député de Paris ne serait que la grenouille de bénitier d’une Eglise réactionnaire tendance Benoît XVI, serre-têtes et jupes plissées bleu-marine. Qu’Alain Juppé, enfant de chœur, ait rêvé d’être vicaire de Rome, l’autorise sans doute à cette analyse…
« Le pape n’aime pas être tiré par la manche »
Pas du tout, c’est moi !, conteste François Fillon parce que « sur la plupart des sujets sur lesquels Alain Juppé semble vouloir me contester, le pape François dit la même chose que moi ». Toute modestie mise à part, le favori du second tour en veut pour preuve la faculté accordée par François « d’absoudre le péché d’avortement » sans pour autant l’accepter.
Nul doute que l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy pense aussi au fameux « Qui suis-je pour juger ? », lancé par le pape à propos des gays et des lesbiennes, lui qui, jeune député de la Sarthe, avait voté contre la dépénalisation de l’homosexualité en 1982. Ce qu’il regrette du bout des lèvres.
Pour départager les candidats, nous avons appelé Gian Maria Vian, le directeur du très sérieux Osservatore Romano, qui passe pour être l’organe officiel de la Curie. Pas de chance, ce quotidien du soir n’a pas fait mention de la polémique entre les finalistes de la primaire de la droite et il n’entend pas y consacrer la moindre ligne dans les jours à venir.
« Le pape n’aime pas être tiré par la manche, explique M. Vian. Sur un tel sujet, on ne peut rien écrire. Ce serait entrer dans le jeu de l’un ou de l’autre des candidats. Nous avons une autre idée de la politique. »
Imprévisibles « francesi »
Ce faisant, François (Bergoglio) est un homme sage. On a dû lui raconter qu’il y a environ dix ans, un autre candidat de la droite avait tenté de rallier les catholiques à sa cause en faisant l’éloge de la France éternelle et de « son manteau d’églises », en exaltant la « laïcité positive » et en soutenant que « l’instituteur ne pourra jamais remplacer le prêtre ou le pasteur » dans la formation des âmes.
Nous parlons de Nicolas Sarkozy bien sûr. Belles et fortes paroles après lesquelles l’ancien président de la république s’était présenté aux portes du Vatican en compagnie du comique Jean-Marie Bigard et de l’idéologue d’extrême droite Patrick Buisson. Depuis, le Saint-Siège se méfie un peu de ces imprévisibles « francesi »…
Dans son livre Faire (Albin Michel, 2015), François Fillon consacre un chapitre à sa foi catholique qui lui vaut le soutien entier de Sens commun, émanation politique de la Manif pour tous. Il explique qu’il va chaque année se ressourcer à l’abbaye bénédictine Saint-Pierre de Solesmes (Sarthe). Dans le documentaire que Franz-Olivier Giesbert a consacré à Alain Juppé (France 3) ce dernier explique qu’il aime aller à la messe car « c’est le seul endroit où on lui fiche la paix ». Le pape n’en pense pas moins… Article de Philippe Ridet

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