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Jours tranquilles à Paris
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19 avril 2016

Nobuyoshi Araki

Nobuyoshi Araki est un boulimique de la photographie. Il immortalise tout, tout le temps. L’appareil devient presque une partie de son corps, un prolongement naturel de sa main. Photographier, c’est « avant tout une façon d’exister », résume ce Japonais de 76 ans. En s’engouffrant au musée Guimet, dans la rétrospective de quatre cents images qui lui est consacrée, on croirait presque pénétrer dans un journal intime, intense, et feuilleter les pages de son récit autofictionnel. On y côtoie l’amour et le désir, celui pour son épouse Yoko, représentée dans toutes les positions, et la mort, avec les tristes funérailles de cette même femme. Aussi, des scènes de la vie quotidienne, dans le métro ou chez lui, s’ajoutent au parcours thématique.

Mais Araki est surtout connu pour ses formidables photos du kinbaku, bondage nippon, où les femmes, nues, suspendues aux plafonds, sont attachées par des cordes, jambes souvent écartées. Une tonalité érotique qu’on retrouve tout au long de l’expo, avec les clichés de fleurs aux cadrages serrés notamment, dont le parallèle avec le sexe est criant. Il n’y a qu’à voir celle ouverte sur son pistil pour s’en convaincre. Mais cet érotisme est intimement lié à de la poésie voire parfois à l’onirisme - preuve avec la magnifique série où Araki peint sur ses propres photos. Enfin, quel plaisir que celui de profiter des archives, de ses livres et de son studio, reconstitué. Une occasion de (re)découvrir le génie de cet artiste. Et de profiter de l’une des rétrospectives les plus excitantes de ce début d’année. PAR HOUSSINE BOUCHAMA

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11 mai 2013

La Une de Libération ce matin : esclavage

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Au lendemain de la Journée nationale de commémoration de l'abolition de l'esclavage, Libération revient sur la décision du Conseil représentatif des associations noires de France d'assigner la Caisse des dépôts et consignations devant le tribunal de grande instance de Paris"La CDC est complice d'un crime contre l'humanité", a déclaré Louis-Georges Tin, son président.

2 février 2016

BETTINA RHEIMS À LA MAISON EUROPÉENNE DE LA PHOTOGRAPHIE : UN VIBRANT HOMMAGE AUX FEMMES

MARION COTILLARD, MONICA BELLUCI, SOPHIE MARCEAU OU MADONNA... TOUTES SONT PASSÉES DEVANT L'OBJECTIF DE BETTINA RHEIMS. LA PHOTOGRAPHE EXPOSE LE MEILLEUR DE SES 40 ANS DE CLICHÉS À LA MAISON EUROPÉENNE DE LA PHOTOGRAPHIE, EN HOMMAGE AUX ICÔNES FÉMININES DE NOTRE TEMPS.

40 ans résumés en 180 clichés. C'est le pari de la Maison Européenne de la Photographie qui consacre une exposition à l'immense Bettina Rheims. De Madonna à Sharon Stone, les plus grandes stars ont posé pour la photographe de 63 ans. A l'occasion d'une rétrospective inédite, elle dévoile ses séries les plus connues, mais aussi des clichés jamais révélés. Novatrice, l'œuvre de Bettina Rheims s'impose comme le reflet de notre société. L'artiste a vu passer des générations de femmes devant son objectif et constaté l'évolution de la perception du sexe féminin à travers les âges. Son travail créé la polémique ou le malaise, sans se départir de son esthétique glamour et glossy.

Bettina Rheims cultive aussi le mystère. Au cours de sa carrière, elle photographie les actrices, les stars et les chanteuses que tous s'arrachent. Elle immortalise la beauté de Catherine Deneuve, Charlotte Rampling, Kylie Minogue ou encore Carole Bouquet et leur confère une aura quasi-mystique. Ses modèles paraissent inaccessibles et sèment le trouble. Forte de ce regard exceptionnel, Bettina Rheims réalise plusieurs campagnes publicitaires, notamment pour Lancôme.

Loin des paillettes et du showbiz, la photographe immortalise également des femmes inconnues croisées au détour d'un chemin. Celles qui interpellent son œil affûté sont magnifiées, comme enveloppées de mystère. Elle deviennent à leur tour des icônes ultra-féminines et de mystérieuses amazones. Une exposition immanquable, qui démarre ce 29 janvier et que vous pourrez admirer jusqu'au 27 mars prochain. Et si vous souhaitez en apprendre plus, Arte diffusera le documentaire Bettina Rheims, dans la fabrique des icônes, réalisé par Michèle Dominici le samedi 6 février à 22h30.

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6 août 2018

Bagadoù. Le pays d’Auray dans le top 4

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À la fois une satisfaction et un petit pincement au cœur pour les bagadoù du pays d’Auray : samedi à Lorient, la Kervrenn Alré s’est classée troisième du championnat d’été et les Ronsed-Mor quatrièmes. Par rapport au concours d’hiver, Bagad Kemper à nouveau au top, s’intercale entre Cap Caval et les Alréens, qui marquent le pas, mais d’une seule place. Et cette fois, la Kevrenn repasse devant les Locoalo-mendonnais. Si la satisfaction est de rester dans le Top 4 et de s’être fait vraiment plaisir (un plaisir partagé aussi par le public), le bémol est que, selon l’ancien règlement qui faisait la moyenne des deux concours, la Kevrenn aurait conservé de très peu sa deuxième place devant Bagad Kemper. Loïc Le Cotillec se réjouissait de la prestation de la Kervrenn : « Une des meilleures, au regard des répés ». Intitulée « Soñin », la suite résulte d’un travail collectif : « J’ai cherché à mêler ce que j’aime écrire et ce que les gens aiment jouer ». Du côté des Roñsed-Mor, la prestation a été aussi magistrale, dans la lignée de l’intro en solo de Christophe Mahévas sur la mélodie issue, comme une large partie de la suite, de son répertoire de sonneur avec son frère Jean-Michel. Cette suite était d’ailleurs un hommage aux frères Mahévas à l’approche de leurs 40 ans de sonneurs de couple. « C’est mieux de faire ça du vivant des gens ! », plaisantait Jean-Michel Mahévas. Pour les Ronsed-Mor, le prochain rendez-vous sera la création Asturianaes, le 10 août au Fil. Source : Le Télégramme

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6 mars 2019

Pour Macron, la « renaissance » de l’Europe passe par plus de protection

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Par Jean-Baptiste Chastand

Dans une tribune publiée lundi dans les médias de vingt-huit pays de l’UE, le président français tourne la page du discours de la Sorbonne, qui avait marqué le début du quinquennat.

Le temps de la « refondation » de l’Europe s’est soldé par un bilan inégal, alors voici venu le temps de la « renaissance ». Dans une tribune publiée lundi 4 mars dans les médias de vingt-huit pays européens, Emmanuel Macron tourne la page du discours de la Sorbonne, qui avait marqué en septembre 2017 le début du quinquennat en promettant une refondation de l’Europe. A moins de trois mois des élections européennes du 26 mai, l’heure est à un programme moins large, mais peut-être plus applicable.

Finie l’époque du grand discours proeuropéen qui devait déclencher un vaste débat sur tous les sujets dans tout le continent, face aux « nationalistes sans solution » et au Brexit. Le nouveau projet européen du chef de l’Etat est désormais autant resserré sur le fond que sur la forme.

En quatre pages, le président français décline son projet de « renaissance européenne » en une dizaine de propositions regroupées en trois thèmes : « la liberté, la protection et le progrès ». Ces propositions doivent se concrétiser lors d’une « conférence pour l’Europe » que le président français espère réunir d’ici la fin de l’année 2019. A cette occasion, la possibilité d’une « révision des traités » ne doit pas être un « tabou ». Mais la grande ambition « d’une Europe souveraine, unie et démocratique » prononcée à la Sorbonne, dont la terminologie même pouvait évoquer une volonté de saut fédéraliste, a été remisée.

Propositions plus intergouvernementales

Désormais, les propositions les plus marquantes sont de nature plus intergouvernementale. Surtout, elles tournent en priorité autour de la sécurité et de la défense. Le mot « zone euro » n’est par exemple pas cité une seule fois, alors qu’il l’était 18 fois à la Sorbonne. Le président français semble donc se contenter de la maigre ébauche de budget de la zone euro dont les contours ont été actés en décembre mais dont le fonctionnement exact est toujours en discussion. Il ne parle plus non plus de « convergence fiscale » au sein de l’Europe, malgré le peu d’avancées sur cette question depuis son élection.

La « renaissance européenne » passe en priorité par un renforcement de la protection face aux menaces extérieures de tous types. Il appelle ainsi à une réforme en profondeur de l’espace Schengen, cette zone de libre circulation qui regroupe vingt-deux Etats-membres de l’Union européenne, qu’il n’avait même pas mentionnée en 2017. « La frontière, c’est la liberté en sécurité », affirme-t-il, en liant la « remise à plat » de ce traité appliqué de manière erratique depuis la crise des réfugiés de 2015 à un accord sur une amélioration de la gestion des flux migratoires. Il réclame ainsi de ceux qui veulent continuer d’en faire partie de « remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d’asile, avec les mêmes règles d’accueil et de refus) ».

Lundi soir, l’entourage du président laissait clairement entendre qu’il serait par exemple prêt à conditionner le maintien de la liberté de circulation des personnes et des marchandises hongroises à un engagement du premier ministre ultraconservateur Viktor Orban à recevoir des demandeurs d’asile. Une telle conditionnalité devrait inévitablement braquer les Etats d’Europe centrale. S’il évoque, comme à la Sorbonne, une « police des frontières commune » et un « office européen de l’asile », deux projets déjà sur les rails, il veut désormais les placer sous le contrôle d’un « Conseil européen de sécurité intérieure » aux contours flous, mais qui pourrait de facto être composé de représentants des Etats, plutôt que de la Commission ou du Parlement européen.

Prise de distance avec les Etats-Unis

L’autre proposition forte concerne la défense. En mettant sur la table un « traité de défense et de sécurité », il propose un saut d’ampleur. A la Sorbonne, le locataire de l’Elysée avait proposé une simple « initiative européenne d’intervention » qui avait pour but de renforcer la coordination entre armées. Le traité proposé passerait lui à l’étape « des obligations » en matière notamment d’« augmentation des dépenses militaires » ou de « défense mutuelle rendue opérationnelle ». Par ailleurs, cet embryon de défense européenne ne se ferait plus en « complément de l’OTAN », mais simplement « en lien » avec l’organisation transatlantique. Une manière d’acter la prise de distance avec les Etats-Unis de Donald Trump. Le président français souhaiterait même y associer le Royaume-Uni dans le cadre d’un « Conseil de sécurité européen ».

Cette promesse de protection face au monde extérieur se retrouve dans ses propositions en matière de politique commerciale. M. Macron veut « sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles ». Une proposition pas très éloignée de la sanction de « toute pratique déloyale » déjà évoquée à la Sorbonne.

Mais aussi en matière de démocraties puisqu’il propose une « Agence européenne de protection des démocraties » destinée à protéger les élections « des cyberattaques et des manipulations » et d’interdire « le financement des partis politiques européens par des puissances étrangères ». Même si elle n’est pas explicitement mentionnée, la menace d’une ingérence russe est clairement sous-entendue. Il n’est en revanche fait nulle part mention des menaces démocratiques venues de l’intérieur alors que les atteintes à l’Etat de droit se sont multipliées un peu partout en Europe ces dernières années, sans que l’UE parvienne à s’y opposer.

Ceux qui chercheront dans la partie « progrès » des propositions plus sociales devront se contenter de sa proposition d’un assez flou « bouclier social » des travailleurs européens destiné à leur garantir « la même rémunération sur le même lieu de travail » partout sur le continent, un principe normalement déjà acté dans la réforme du travail détaché adoptée en 2017. Le président français évoque aussi un « salaire minimum européen adapté à chaque pays », une vieille préoccupation française qui peine toujours à être mise en place.

L’environnement est aussi brièvement mentionné avec une ambition « zéro carbone en 2050 » et la création d’une « Banque européenne du climat » pour financer la transition. Dans cette partie, la tribune propose également de renforcer le budget du nouveau Conseil européen de l’innovation et de « créer une supervision européenne » des géants du numérique. Mais là encore, ce serait pour, en priorité, « sanctionner les atteintes à la concurrence ». On l’a donc bien compris : les piliers « liberté » et « progrès » du triptyque de la « renaissance » sont réduits à la portion congrue face à celui sur la « protection », qui transpire en réalité dans tout le texte. « Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrôle de leur destin », promet en conclusion le président français.

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26 octobre 2020

La ligne 13, la plus saturée et la plus anxiogène du métro parisien

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Par Denis Cosnard - Le Monde

La ligne qui dessert Saint-Denis et Asnières - Gennevilliers arrive en tête des lignes qui génèrent le plus de craintes, devant la 4 et la 7, selon une importante étude réalisée par l’Institut Paris Région.

Maguy s’est installée à l’entrée du quai, loin du bord. Pas envie d’être bousculée par d’autres voyageurs, ni prise dans un mouvement de foule. Ce jeudi, à 14 h 30, c’est en principe une heure creuse dans le métro parisien. A la station Place de Clichy, pourtant, les rames en direction de Saint-Denis sont déjà bien remplies. « De toute façon, c’est toujours bondé, ici », glisse Maguy derrière son masque.

Un entassement dont profitent certains. « Une fois, un homme s’est collé à moi, un frotteur, raconte cette femme de chambre de 40 ans. Je l’ai insulté. Il est parti à la station suivante, Guy Môquet, comme si de rien n’était. » Une autre fois, le portable qu’elle venait d’acheter à crédit lui a été volé. « Depuis, je fais très attention, et quand je rentre dans le métro, je tiens mon sac devant moi, comme ça, bien contre mon ventre. »

Bienvenue sur la ligne 13. La plus saturée de toutes les lignes du métro parisien. La plus anxiogène aussi. C’est ce que montre une importante étude que vient de publier l’Institut Paris Région sur le sentiment d’insécurité dans les transports collectifs franciliens.

En septembre et octobre 2019, l’institut a envoyé un questionnaire à 515 255 abonnés Navigo et Imagine R, entièrement complété par 50 222 personnes, un taux de réponse plutôt élevé. Les personnes interrogées devaient notamment citer les lignes et les stations où elles avaient eu peur pour la dernière fois.

Cette cartographie de la peur a mis du temps à être connue. En mai, en pleine sortie du confinement, l’Institut a été incité à ne pas envoyer de message trop négatif alors que la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse demandait aux usagers de revenir dans le métro et le RER. Une version tronquée de l’étude a alors été publiée. L’enquête complète, elle, a finalement été mise en ligne fin septembre, en catimini.

« Cette ligne, on l’appelle entre nous la bétaillère »

La ligne 13 y occupe une place de choix. Le métro apparaît en effet comme le transport qui suscite le plus d’expériences anxiogènes, devant le RER, le Transilien, le bus et le tramway. Et de toutes les lignes de métro, c’est la 13 qui ressort comme la plus problématique. Près de 14 % des personnes déclarant avoir eu de l’appréhension dans le métro la citent en premier. Cette ligne qui traverse tout Paris du Nord au Sud arrive nettement devant la 4 et la 7, mentionnées l’une et l’autre par 11 % des répondants.

Globalement, les lignes et stations citées en masse par les usagers interrogés sont aussi les plus fréquentées. Pour le RER, c’est la ligne A, la plus utilisée, qui cristallise le plus de craintes (elle est citée par 33 % des usagers ayant déjà eu peur dans le RER). De même, les plus grandes gares et stations sont aussi celles qui sont le plus évoquées dans l’enquête, à commencer par la gare du Nord – la plus importante d’Europe –, la station de RER Châtelet-Les Halles, et la gare Saint-Lazare.

Cependant, « ces deux hiérarchies, celle des peurs et celle des fréquentations, ne se recoupent jamais entièrement », notent les auteurs de l’étude. C’est le cas pour les lignes de métro. La plus empruntée de Paris, la 1, qui rejoint Vincennes à La Défense, n’arrive qu’au neuvième rang des lignes anxiogènes. Le fruit sans doute de sa régularité, liée à son automatisation. Même aux heures de pointe, elle n’est en général pas saturée.

La 13, au contraire, l’est totalement. « Cette ligne, on l’appelle entre nous la bétaillère », raconte une journaliste qui travaille à Clichy et l’emprunte tous les jours. Le matin, des agents doivent se placer devant les portes de chaque rame pour faciliter la descente et la montée des voyageurs. Un nouveau système de conduite a beau équiper les rames depuis la fin 2017, la surutilisation de la 13 par rapport à sa capacité conduit à de nombreux « incidents voyageurs », notamment sur les deux branches en direction de la Seine-Saint-Denis, et à des retards fréquents.

« Ce qui déclenche le sentiment d’insécurité, c’est l’autre »

De quoi susciter de la tension, donc de l’anxiété. Peur de se faire voler, agresser, ou, désormais, d’attraper le coronavirus dans des wagons surchargés. Sur Twitter, Charlotte s’en prend aux responsables de la 13 : « Grâce à vous, on va choper le covid ! » « C’est un crime et une honte », ajoute Thomas. « Et après c’est les restaus, bars ou stades de foot en plein air qu’il faut fermer prioritairement… », s’énerve un autre internaute. « Moi, c’est une ligne que j’évite, confie Laurène, 54 ans. Mon mari ne veut plus que je la prenne toute seule. Il y a trop d’insécurité, trop de bruns irrespectueux, qui vous insultent si vous protestez. » Des immigrés ? « Oui, c’est ça », confirme-t-elle à mi-voix.

« Notre étude le montre : sur toutes les lignes, ce qui déclenche le sentiment d’insécurité, c’est l’autre, analyse Sylvie Scherer, la responsable des questions de sécurité à l’Institut Paris Région. Soit parce qu’il a un comportement hors norme, qu’il est agité, alcoolisé, qu’il paraît différent, menaçant. Soit parce qu’au contraire, il n’y a personne. Les lieux déserts aussi sont anxiogènes. »

Sur la ligne 13, comme dans les grandes gares, c’est bien la cohue et la présence de ces « autres » qui nourrissent l’inquiétude. En particulier la proximité forcée avec des pauvres qui demandent de l’argent, des SDF, des toxicomanes, des immigrés. La cartographie du sentiment d’insécurité, si elle est liée à la fréquentation, recoupe donc aussi la géographie sociale. « Les secteurs avec beaucoup de personnes en situation d’exclusion se révèlent plus anxiogènes », constate Sylvie Scherer.

Les stations des quartiers populaires de Paris et de la banlieue Nord-Est se retrouvent d’ailleurs fréquemment citées dans l’enquête. Pour le Transilien, par exemple, c’est la ligne J (réseau Saint-Lazare Nord) qui comptabilise la plus forte proportion d’expériences anxiogènes : « près d’un quart des enquêtés déclarant avoir eu peur dans un train de banlieue a eu peur sur cette ligne », notent les auteurs. De même, la ligne de tramway T3b, qui fait le tour du Nord de Paris, se révèle la plus difficile, alors qu’elle n’est pas la plus fréquentée.

Recours accru à la vidéosurveillance

Dans tous les cas, les femmes sont les plus touchées par la peur dans les transports en commun. Parmi les répondants, un homme sur deux affirme n’avoir jamais eu peur dans le réseau d’Ile-de-France. « Moi, je ne me suis jamais senti en danger dans le métro », assure ainsi Ali, un agent immobilier de 28 ans, qui va chaque jour de l’Etoile à Brochant, dans le quartier des Batignolles. Ce n’est le cas que d’une femme sur trois.

En outre, les craintes varient beaucoup selon le genre. Les femmes redoutent avant tout d’être harcelées ou agressées sexuellement, une angoisse que ne connaissent pratiquement pas les hommes. Eux s’inquiètent des vols et des agressions physiques.

Pour se protéger, hommes et femmes affirment pratiquement tous être « vigilants », « attentifs » dans les transports collectifs. Mais les femmes modifient davantage leur comportement : 59 % disent adapter plus ou moins souvent leur apparence (contre 26 % des hommes), et un tiers se fait parfois accompagner (contre 12 % des hommes).

A Ile-de-France Mobilités, la structure publique qui organise les transports en commun, de tirer à présent les leçons de cette étude qu’elle a copilotée. Depuis des années, des efforts ont été effectués pour rendre les stations et les gares plus lumineuses, ou encore pour déployer des rames dans lesquelles les passagers peuvent passer d’un wagon à un autre, de manière à ne pas sentir coincés. Visiblement, cela ne suffit pas. A l’automne 2019, un sondage a montré que 4 Franciliens sur 10 avaient encore peur d’être agressés ou volés dans les transports en commun. La proportion ne varie guère depuis vingt ans.

En décembre 2019, Valérie Pécresse a présenté un nouveau plan de sûreté dans les transports en commun. Il doit renforcer le nombre d’agents de sécurité, ce qui répond à la première revendication des personnes interrogées par l’Institut Paris Région. Il prévoit aussi un recours accru à la vidéosurveillance conjuguée à l’intelligence artificielle.

Les habitués de la ligne 13, eux, attendent avant tout le prolongement de la ligne automatique 14, avec l’ouverture de trois nouvelles stations dans une zone aujourd’hui desservie par la 13. Plusieurs fois retardée, l’inauguration est désormais prévue pour le 15 décembre. Cela pourrait alléger d’environ 25 % le trafic sur la 13. De quoi réjouir Lisa, une bibliothécaire de Saint-Ouen habituée de la « bétaillère » : « Après des années d’attente, on voit enfin le bout du tunnel ».

30 octobre 2020

Colère d’Erdogan après une caricature ; la France veut des sanctions européennes

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Les tensions entre l’UE et Ankara montent sur de nombreux points de contentieux. La Turquie a annoncé l’ouverture d’une enquête contre les dirigeants de « Charlie Hebdo ».

Le climat continue de se tendre entre la Turquie et la France, alors que Paris va plaider en faveur de « sanctions » au niveau européen contre Ankara, a déclaré mercredi 28 octobre le secrétaire d’Etat français aux affaires européennes, Clément Beaune. « Nous pousserons en faveur de mesures européennes de réaction forte, dont l’outil possible des sanctions », a affirmé M. Beaune devant le Sénat.

« Le dernier épisode, qui repousse chaque jour les frontières de l’inacceptable, du président Erdogan qui a insulté le président de la République est révélateur (…) d’une stratégie d’ensemble qui est celle de la Turquie de multiplier les provocations tous azimuts. »

Une déclaration qui intervient alors que, le même jour, le parquet d’Ankara a annoncé l’ouverture d’une enquête contre les dirigeants de Charlie Hebdo à la suite de la publication d’une caricature du président turc, Recep Tayyip Erdogan, en « une » de l’hebdomadaire satirique français. « Les actions judiciaires et diplomatiques nécessaires seront entreprises contre ladite caricature », avait plus tôt déclaré la direction de la communication de la présidence turque dans un communiqué en français.

L’hebdomadaire français a publié mardi soir sur les réseaux sociaux la « une » de son dernier numéro, sur laquelle s’étale une caricature de M. Erdogan en slip, une canette à la main, qui soulève la robe d’une femme voilée en s’écriant : « Ouuuh ! Le Prophète ! » Cette représentation peu flatteuse du dirigeant turc a suscité l’ire d’Ankara.

La présidence turque a condamné mercredi avec « la plus grande fermeté » cette « caricature abjecte » qui reflète, selon elle, une « hostilité contre les Turcs et l’islam ». « Je n’ai pas regardé cette caricature (…). Il est inutile de dire quoi que ce soit au sujet de ces vauriens », a déclaré mercredi matin M. Erdogan lors d’un discours à Ankara. « Ma colère n’est pas due à l’attaque ignoble contre ma personne, mais aux insultes contre le prophète » Mahomet, a-t-il ajouté.

Crise diplomatique

Cette publication intervient dans un contexte de crise diplomatique entre la Turquie et la France, deux pays membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) aux relations mouvementées. Lundi, M. Erdogan a ainsi appelé ses concitoyens à boycotter les produits français, quelques jours après le rappel par Paris de son ambassadeur à Ankara en raison de propos du chef d’Etat turc mettant en cause la « santé mentale » de son homologue français.

La Turquie reproche au président français, Emmanuel Macron, d’avoir exprimé son soutien à la liberté de caricaturer le prophète Mahomet, lors d’un hommage à Samuel Paty. Ce professeur d’histoire-géographie du collège du Bois-d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), avait été décapité le 16 octobre par un jeune Russe d’origine tchétchène âgé de 18 ans pour avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet.

Charlie Hebdo avait initialement publié des caricatures du prophète Mahomet en 2006 – comme d’autres journaux européens – pour défendre la liberté de la presse après que leur publication par un quotidien danois eut provoqué la colère de nombreux musulmans. L’hebdomadaire a été victime en 2015 d’un attentat djihadiste qui a fait douze morts, dont des journalistes et caricaturistes du journal.

Multiplication des contentieux

Outre ces attaques récentes, les tensions et les contentieux se sont multipliés ces derniers mois entre l’Union européenne (UE) et la Turquie. La découverte ces dernières années de vastes gisements gaziers en Méditerranée orientale a aiguisé l’appétit des pays riverains comme la Grèce, Chypre, la Turquie, l’Egypte et Israël et a relancé les querelles sur les frontières maritimes.

A l’issue d’un sommet européen à la mi-octobre à Bruxelles, le président du Conseil européen, Charles Michel, a critiqué la reprise de l’exploration gazière turque en Méditerranée orientale et rappelé que l’UE avait prévu d’évaluer la situation en décembre en vue d’éventuelles sanctions.

Ankara est par ailleurs engagé militairement en Libye, en soutien au gouvernement d’accord national, et en Syrie contre les forces kurdes, alliées à la coalition internationale contre le groupe djihadiste Etat islamique, à laquelle appartiennent plusieurs membres de l’UE.

Le gouvernement turc soutient également les forces azerbaïdjanaises engagées contre les indépendantistes arméniens dans le Haut-Karabakh. La Turquie se trouve aussi sous la menace de sanctions américaines après avoir récemment testé, au grand dam de Washington, un système de défense antiaérien sophistiqué, le S-400, acquis auprès de la Russie malgré les mises en garde de l’OTAN dont Ankara fait partie.

23 octobre 2020

Sainte-Anne-d'Auray - La Ville sanctuaire célèbre la 25e heure samedi

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Sainte-Anne d'Auray et sa basilique sont devenus un point de passage central du tourisme cultuel depuis plus de 20 ans.

Une même date, un horaire unique pour un événement qui se déroule en simultané dans les 17 Villes sanctuaires : Sainte-Anne d’Auray célébrera la troisième et dernière édition de la 25e heure des Villes sanctuaires, le samedi 24 octobre.

Le changement d’heure aura lieu dans la nuit du 24 au 25 octobre. Chaque année depuis 1975, le passage de l’heure d’été à l’heure d’hiver fait gagner une heure. Une heure supplémentaire pour découvrir les villes sanctuaires dans ce qu’elles ont d’insolite et de rare.

Il y a plus de 20 ans, six sanctuaires, dont celui de Sainte-Anne-d’Auray, ont fait émerger la nécessité de travailler en collaboration avec les offices de tourisme. Afin de mener des actions communes de promotion, d’accueil et d’animation, ces représentants ont alors constitué l’association « Villes Sanctuaires en France ». Aujourd’hui l’association des Villes sanctuaires en France, rassemble 19 sanctuaires et 19 offices de tourisme, alliés par la même volonté de promouvoir le tourisme autour de la spiritualité, et ainsi favoriser la localisation des lieux de pèlerinages, de culture, et de loisirs qui accueillent les visiteurs nationaux et internationaux.

Une découverte placée sous le signe de la musique

La 25e Heure est un événement proposé par les « Villes sanctuaires en France » pour faire découvrir des joyaux cachés du patrimoine sacré. Il est proposé à chacun de se glisser dans la peau du pèlerin d’autrefois, de marcher sur ses traces, de retrouver son émotion, d’aller à la rencontre d’un patrimoine.

Le samedi 24 octobre, à 20 h 15 : rendez-vous à la basilique pour une déambulation. Les cloches sonneront et retentiront en simultané dans les 19 Villes sanctuaires de France. À 20 h 25 : concert de musique baroque par Jérôme Desprez (ténor) et Françoise Pasco (orgues), professeurs de musique à l’Académie de musique et d’arts sacrés de Sainte-Anne d’Auray, dans la basilique et le cloître. À 21 h 30 : office chanté des complies, présidé par le père Gwenaël Maurey, recteur du sanctuaire de Sainte Anne d’Auray, avec Jérôme Desprez (chantre) et Françoise Pasco (orgues), dans la chapelle de l’Immaculée.

Pratique

25e heure, samedi 24 octobre à 20 h.

18 octobre 2020

«Choisir entre Biden et Trump montre à quel point les Etats-Unis sont tombés dans la boue»

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Par Alexandra Schwartzbrod — Libération

Eddy Harris Né en 1956, diplômé de l’université de Stanford, il vit en France depuis 1993 après avoir beaucoup voyagé. Il parle un français parfait, appris au lycée et perfectionné dans le village des Charentes où il s’est installé. Il vient de publier «Mississipi Solo» chez Liana Levi.

A trois semaine de l’élection présidentielle, Libération a interrogé des écrivains américains viscéralement anti-Trump, désabusés, désespérés et avides d’espoir.

«Cette élection est un désastre des deux côtés. Joe Biden et Donald Trump sont-ils vraiment les meilleurs hommes politiques que nous ayons ? Normalement, le Président est censé être bien au-dessus du lot. Or Biden a 200 ans et Trump est minable. Avoir à choisir entre ces deux-là montre à quel point les Etats-Unis sont tombés dans la boue. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Spontanément, je dirais que c’est à cause des républicains, mais en réalité, c’est un enchaînement d’événements. Tout remonte à George W. Bush. Il a été tellement catastrophique en tant que président qu’il a ouvert la voie à Barack Obama. On aurait pu choisir John McCain, qui se présentait face à lui, mais son choix de Sarah Palin comme colistière montrait qu’il n’était pas sérieux, alors que l’on traversait une grave crise économique. Obama a donc été élu et cela a immédiatement entraîné des contre-réactions qui allaient aboutir à la victoire de Trump huit ans plus tard.

«Si Obama avait été un meilleur président, cela aurait été différent. Mais il était trop cool, il ne voulait pas être le méchant Noir. Il aurait pu défendre son Obamacare, l’équivalent de votre sécurité sociale, devant les Américains, mais cela n’a pas été le cas. Au lieu de le faire par étapes, en expliquant mieux aux gens ce qu’il voulait entreprendre, il l’a lancé sans forcer. Quand Bernie Sanders avait proposé la même chose devant Fox News, le public avait explosé en applaudissements.

«Les républicains ont donc dominé le débat et tordu le projet. Par ailleurs, depuis Nixon et peut-être avant, il y a eu un fond de racisme dans leur politique, le backlash [contrecoup] après l’élection d’Obama n’en a été que plus virulent. C’est sûr qu’Obama était intelligent, le président le plus cool depuis JFK, mais ça ne suffit pas pour être un bon président.

«Le problème principal à mes yeux, ce sont les républicains qui veulent tout bloquer. C’est eux qui mettent en péril la démocratie. Tout ce qu’ils veulent, c’est le pouvoir. Pas pour faire avancer le pays, mais pour freiner les démocrates. Avec Trump, qui a mis la réputation des Etats-Unis en jeu, on a perdu beaucoup de respect dans le monde.

«Je pense que Joe Biden va gagner, j’en suis sûr, même. Et s’il ne meurt pas pendant son mandat, il passera le relais à Kamala Harris - il ne se représentera pas. La base de Trump n’est pas aussi solide qu’on le croit. Par exemple, en Floride, les vieux sont républicains. Or les vieux ont peur de la pandémie.

«Tout le monde a un rôle à jouer, les écrivains pas plus que les autres. Moi, Américain, écrivain, qui habite à près de 5 000 km des Etats-Unis, d’une certaine façon j’ai abandonné mon pays. J’ai essayé de m’engager dans la campagne des démocrates auprès de Pete Buttigieg et Cory Booker. Mais je n’étais pas assez connu, ils ont refusé. Je pensais pouvoir leur apporter quelque chose sur la question raciale. Mais c’était avant le meurtre de George Floyd, ça ne les a pas intéressés. Je voulais leur parler d’une autre façon de voir cette question. Leur dire de prendre aussi en compte la pauvreté et l’éducation, au lieu de faire croire qu’il suffisait de prendre les Noirs par la main pour améliorer leur vie. Non, il faut trouver un moyen de les inclure dans la vie américaine. Ne plus les appeler Afro-Américains mais Américains. Et arrêter d’en faire des victimes.

«Cette racialisation de tout a conduit par exemple à retirer de certaines bibliothèques le livre de Mark Twain Huckleberry Finn, c’est ridicule ! Il faut au contraire en parler, avoir un débat sur le mot que personne ne veut prononcer, le «n-word»… [le mot «nègre», ndlr]. Effacer Mark Twain, ça ne sert à rien ! Au lieu de cacher, il faut débattre, honnêtement ! Sinon, on devient une victime.»

25 septembre 2020

Paris double ses subventions aux associations LGBT

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Par Denis Cosnard - Le Monde

La maire socialiste Anne Hidalgo veut également ouvrir enfin la Maison des cultures LGBT et le centre d’archives promis de longue date.

Anne Hidalgo l’avait promis durant la campagne des municipales : en cas de victoire, elle comptait bien prolonger le « coup de foudre entre Paris et les LGBTQI », selon ses termes prononcés juste avant le premier tour.

Réélue en juillet, la maire de Paris se prépare à passer à l’acte en faveur des homosexuels, bisexuels, transgenres, queers mais aussi intersexes. Au conseil municipal d’octobre, des subventions de 382 650 euros vont être attribuées à vingt-cinq associations LGBT, comme le Centre LGBT de Paris, l’Inter-LGBT qui organise la « marche des fiertés », Le Refuge, ou encore SOS Homophobie. D’autres projets avaient été votés dès juillet.

Au total, « nous doublons notre soutien financier, qui va passer d’environ 200 000 euros à 400 000 euros par an », annonce au Monde Jean-Luc Roméro-Michel, militant homosexuel historique et désormais adjoint d’Anne Hidalgo chargé des droits humains, de l’intégration et de la lutte contre les discriminations.

« Il fallait envoyer un signe fort, pour rattraper le retard, explique le nouvel élu de Paris. A l’époque de la droite, il n’y avait pas un centime pour les associations LGBT. Les premières actions, les premières subventions sont arrivées avec Bertrand Delanoë à partir de 2001, et Anne Hidalgo a amplifié le mouvement. » A présent, Jean-Luc Roméro-Michel entend aller plus loin encore. « Paris n’est pas la ville qui donne le plus d’argent aux associations de ce type, loin de là », argumente-t-il.

La municipalité accusée de clientélisme

Ce grand coup de pouce aux LGBT risque de faire tousser certains, alors que la politique générale de la Ville en matière de subventions fait l’objet de critiques récurrentes. Mardi 22 septembre, les élus Les Républicains (LR) ont encore dénoncé de « petits arrangements entre amis ». « Au conseil de Paris, on nous fait maintenant voter sur des paquets agglomérant des dizaines d’associations, certaines à l’utilité publique incontestable, d’autres beaucoup moins, par exemple lorsqu’elles favorisent des replis communautaires, peste Nelly Garnier, une élue proche de Rachida Dati. Cette méthode est symptomatique de la politique de Paris envers les associations : toujours plus d’argent, distribué de façon toujours plus obscure. »

Les militants LGBT ne sont pas non plus tous tendres à l’égard de la mairie. Certains l’accusent de clientélisme, de double discours, ou encore de « pinkwashing ». Deux dossiers cristallisent le mécontentement.

Le premier concerne la création à Paris d’un centre d’archives LGBT. Vingt ans que le chantier est évoqué sans se concrétiser. Faut-il privilégier l’histoire récente, autour d’Act-Up et de la lutte contre le sida, ou remonter plus loin ? Choisir une approche militante ou plus scientifique ? Confier les clés aux associations ou aux institutions publiques, type Archives nationales ? Et où implanter le centre ? Autant de débats qui ont freiné le projet, et incité certains à monter des structures d’archivage indépendantes. « La Mairie câline les associations, mais veut tout contrôler, ce n’est pas acceptable », dénonce un militant.

Aujourd’hui, « la création de ce centre d’archives constitue une priorité, affirme Jean-Luc Roméro-Michel. Et comme il a une vocation nationale, son financement devra s’appuyer aussi sur l’Etat et la région. » Selon l’accord passé entre les socialistes, les communistes et les écologistes avant le second tour, les associations et les personnes concernées seront associées « d’une manière ou d’une autre » à la gestion du centre d’archives, par exemple en disposant de places au conseil d’administration.

Une mission pour déminer le terrain

Second dossier sur la table, l’ouverture d’une « Maison des cultures LGBT+ » au cœur du Marais, le principal quartier gay de la capitale. L’équipe d’Anne Hidalgo l’avait d’abord annoncée pour janvier 2020 « au plus tard », puis intégrée dans son programme électoral, sans plus fixer de date. Cette « maison », qui pourrait s’installer dans un local vacant rue Malher (4e arrondissement), aurait vocation à valoriser les cultures LGBT, leur donner plus de visibilité, notamment à travers des expositions.

Son articulation avec le futur centre d’archives, ainsi qu’avec le Centre LGBT Paris qui existe déjà, reste toutefois à affiner. « Faut-il vraiment mettre des moyens sur un énième lieu d’exposition, alors que tant d’associations actuelles sont dans la détresse ? », s’interroge Mariame Kane, la coprésidente du Centre LGBT Paris.

Devant ces difficultés, Anne Hidalgo s’apprête à confier une mission de quelques mois à un spécialiste du sujet, pour déminer le terrain. Ancien président de SOS Homophobie et artisan de la campagne de la candidate Hidalgo dans le monde homosexuel, Joël Deumier devra présenter des propositions concernant le futur centre des archives, la Maison des cultures LGBT et l’avenir du Centre LGBT Paris, aujourd’hui à l’étroit dans ses murs. En commençant par écouter toutes les associations concernées. Joël Deumier a bien en tête le problème : « L’histoire LGBT s’est en partie construite sur des luttes contre les pouvoirs publics, si bien qu’il y a parfois des incompréhensions, des dissensions à aplanir. »

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25 septembre 2020

« La photographie sait très bien mentir »

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Propos Recueillis Par Philippe Dagen

L’Américaine Cindy Sherman, célébrée à la Fondation Louis Vuitton, parle d’influence, d’inspiration, de méthodologie et de genre

ENTRETIEN

Cet entretien a été réalisé le 25 février. La rétrospective Cindy Sherman de la Fondation Vuitton était supposée ouvrir trois semaines plus tard. On connaît la suite. Rentrée chez elle peu après la rencontre, la photographe américaine, 66 ans, est depuis demeurée confinée à New York, ce qu’elle nous a raconté ainsi : « J’ai fait avec, comme n’importe qui, cuisant mon pain, mangeant et buvant trop, sans m’habiller avant 2 heures de l’après-midi. Je n’ai rien fait du tout, mais je n’en avais pas l’intention, puisque je viens de finir un gros travail. » Son exposition débute finalement le 23 septembre.

En 2012, le MoMA de New York a présenté une rétrospective de votre œuvre qui était très complète. En quoi celle qui a lieu à Paris est-elle différente ?

Elle est encore plus grande, avec des œuvres très récentes et d’autres des tout débuts qui n’avaient pas été montrées à New York. Je suis peu intervenue sur le projet parisien. Peut-être ai-je déconseillé ou ajouté une ou deux images… Les commissaires font leur travail. Personnellement, je ne saurais pas comment faire si je devais organiser une exposition de mon propre travail.

Pourquoi ?

Pour moi, tout ce que j’ai fait va ensemble et se tient. Comme il y a eu déjà plusieurs rétrospectives, il faudrait que je me demande comment présenter quelque chose de différent. Il vaut mieux qu’un regard extérieur intervienne.

Comment raconteriez-vous vos débuts, aujourd’hui, un demi-siècle plus tard ?

Je dirais que, contrairement à ce que l’on a pu dire sur l’influence de Warhol, Duchamp a été plus important pour moi, avec son idée essentielle que tout peut devenir art. Ce qui m’intéressait dans Warhol venait de Duchamp. Et le côté portraits, Polaroid et glamour de Warhol, ça ne me concernait pas vraiment. Ou alors comme objet d’analyse, à envisager avec une distance un peu ironique ; mais pas comme direction à suivre. Par ailleurs, il apparaissait comme une sorte de dieu de l’art, de roi du pop… Je ne me considère pas du tout comme une artiste pop.

N’avez-vous alors jamais senti d’opposition, parce que vous étiez une femme dans un milieu artistique très masculin ?

C’est de toute façon plus simple d’être un homme. Est-ce que ç’aurait été plus simple si j’avais été un artiste masculin ? Peut-être, mais ç’aurait été fonction de ce que cet artiste aurait fait… Je débutais, je n’avais pas des attentes très élevées, je n’essayais pas de me pousser en avant. Je n’étais pas du genre jeune artiste agressive, mais plutôt passive. Peut-être que, dans le cas inverse, je me serais heurtée à plus de résistance.

Les refus que j’ai subis venaient de collectionneurs me disant : « J’aime bien ce que vous faites, mais je n’achète pas de photographies. » Je pense aussi que si nombre de femmes artistes ont choisi de travailler par la photographie, c’est parce que ce territoire-là, au contraire de la peinture, n’était pas sous domination masculine.

Pensez-vous que c’était une situation spécifiquement américaine, ou plus générale ?

C’était plutôt général. Je dois tout de même dire que, même si je n’y ai pas séjourné longtemps, j’ai eu le sentiment que la situation était encore plus dure en Allemagne.

Je me souviens y avoir plus fortement ressenti une forme de machisme… Quoique, à New York aussi, il y avait une sorte de patriarcat machiste. La plupart des conservateurs étaient des hommes. A l’inverse, il est vrai qu’il y avait déjà beaucoup de femmes galeristes.

Et aujourd’hui ?

La situation a changé, bien sûr, en cinquante ans. C’est moins fort. Il y a davantage de femmes artistes qui sont exposées et ont du succès. Cela étant, si vous vous placez du point de vue du marché, vous voyez que leurs œuvres obtiennent des prix moins élevés que celles de leurs confrères dans les ventes aux enchères. Il est évident qu’il y a une grande disparité.

Même pour vous ?

Oui.

Pouvez-vous expliquer la genèse d’une de vos œuvres ?

Difficilement, parce que c’est variable. Les idées peuvent venir de partout. Si je prends la série des Flappers, elle a commencé avec un livre qui présentait des photos de tournage de films muets et des portraits, en Allemagne, dans les années 1920. J’avais été frappée par les maquillages, les sourcils très fins, les rouges à lèvres et les mascaras très sombres – d’autant plus sombres en raison des pellicules en noir et blanc. Cet usage extrême du maquillage m’avait fascinée. Et c’est parti de là.

Les maquillages, je pouvais les travailler avec Photoshop, ce n’était pas un problème. J’ai trouvé un loueur de perruques qui en avait dans le style de ces films. J’ai commencé à les essayer dans mon atelier et à voir ce qui pourrait aller avec elles. J’ai fait des images rapides, je les ai mises sur l’ordinateur pour voir comment en jouer – jouer avec le miroir et jouer avec l’appareil photo. Il y a beaucoup de ce jeu. Puis, sur l’ordinateur, je regarde les résultats et je procède par ajustements successifs.

Le point de départ peut aussi se trouver dans une idée de vêtement ou être une longue histoire : ainsi la série des hommes était-elle dans un coin de ma tête depuis dix ou quinze ans, inemployée. Puis j’ai appris qu’une amie avait une ligne de vêtements masculins, que je pouvais lui emprunter. En fait, je ne sais pas toujours quel est le sujet quand je travaille. Je le découvre ensuite.

Comment réglez-vous la question des décors ?

Avec le numérique, ce n’est plus un problème. Pour le mobilier, je peux introduire des arrière-plans digitaux et composer l’image en plusieurs phases, en ajoutant et en ajustant. Avant, c’était infiniment plus compliqué. Il fallait trouver des meubles, des rideaux… Tout cela prenait beaucoup de temps. Je fixais des tissus pour faire le fond, ou pour couvrir une chaise et la déguiser… Ce n’était pas plus simple pour la lumière.

Aujourd’hui, il me suffit de quatre projecteurs, deux pour le fond vert sur lequel viendront les éléments de décor numérique et deux sur moi. Dans le passé, j’employais beaucoup plus de lumières et des gélatines de toutes les couleurs. C’était très lent et pas du tout fiable. Il fallait faire et refaire ; et refaire était souvent très difficile.

Par exemple, je trouvais que le maquillage de la première prise était bien et je n’arrivais pas à le retrouver pour une deuxième prise. C’était très frustrant.

C’étaient des problèmes de peintre, non ?

En un sens, oui.

Commencez-vous par des croquis ?

Rarement… Parfois, pour fixer une composition, quand il y a plusieurs figures dans l’image, il m’est arrivé de faire des petits dessins pour préparer les proportions et les emplacements des visages. Je fais plutôt des listes de tout ce dont j’ai besoin pour un projet. C’est de la logistique, en fait.

Pourquoi n’employez-vous jamais de modèles ?

J’ai essayé avec un assistant, avec des membres de ma famille. Mais ça n’allait pas. Je ne pouvais pas leur demander ce que je peux obtenir de moi-même.

Donc, si vous voulez introduire des figures masculines, c’est à vous de les interpréter…

Jusqu’à récemment, cela ne m’était arrivé que très rarement. Mais il y a, dans l’exposition, les Men, quelques œuvres très récentes, où j’apparais en homme. J’en ai peu montré jusqu’ici et je suis donc très curieuse de l’accueil qui leur sera fait, y compris par la communauté trans. Je voulais depuis longtemps faire une série d’hommes, mais c’est une difficulté.

Pourquoi ?

Parce qu’il faut que les vêtements tombent bien sur moi, parce qu’il y a la question des perruques – j’ai longtemps travaillé avec des perruques bon marché, dont on voit immédiatement que ce sont des faux grossiers.

Désormais, je travaille avec des accessoires de meilleure qualité. Mais ce n’est pas le principal. A mes débuts, dans les Film Stills, j’avais tenté d’introduire des figures masculines et ce n’était pas du tout convaincant. Je n’arrivais pas à dépasser les stéréotypes du masculin. Bien sûr, les figures féminines étaient elles aussi stéréotypées, mais j’étais bien plus à l’aise avec elles.

Alors qu’avec les hommes je tombais tout de suite dans la caricature du macho [Cindy Sherman fait mine de montrer ses muscles et de retrousser ses manches, genre Popeye ou Stallone, et se met à parler d’une voix grave], comme dans les films, le gros dur idiot. Je n’arrivais pas à mieux. C’était dur, vraiment. Et c’est toujours dur. J’en ai fait l’expérience avec Men. Même si je crois que j’ai réussi à introduire plus d’ambiguïté dans ces personnages.

Alors que la nudité est fréquente dans la photographie, vous faites exception. Pourquoi ?

Je crois que c’est juste à cause de ma personnalité. Sans doute suis-je un peu prude… Sérieusement, le propos de mon travail n’est pas de m’exposer moi-même. En fait, j’essaie de disparaître, de me cacher sous les déguisements. Me montrer nue aurait été totalement contradictoire avec ce que je fais, avec l’idée de mon travail. Mais il existe une série de moi nue de 1975 et elle sera dans l’exposition, ce qui m’embarrasse… J’étais étudiante et je n’avais pas encore trouvé ma voie.

Quand la sexualité est le sujet, vous employez des mannequins. Et les images sont d’une grande crudité…

En effet. Les mannequins, c’était évidemment proche du surréalisme, et tout le monde me l’a dit. Mais l’origine de leur usage est ailleurs, dans une sorte de catalogue, qui était, je pense, destiné aux études de médecine : des mannequins, complets ou partiels, pour s’entraîner à poser un cathéter, à faire une piqûre ou à accoucher.

Pour celui-ci, le vagin était une pièce en plastique avec une fente au milieu, pour apprendre à faire passer une poupée en poussant, afin de s’entraîner à recevoir l’enfant. C’était fou, ce livre… Les pièces, en plastique grossier, étaient envoyées par la poste. Je devais les peindre pour pouvoir les utiliser dans les photos.

Ce qui veut dire que ce sont des images entièrement fabriquées. Ce qui est le cas de toutes vos œuvres…

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22 mai 2016

La pyramide du Louvre revisitée par JR (vu ce matin)

Cette année, l’artiste JR est retourné à Paris pour rhabiller un des monuments les plus emblématiques de la capitale : la pyramide du Louvre.

Les deux tiers de la façade de la pyramide de verre ont été recouverts d’une photo en noir et blanc... du musée du Louvre situé juste derrière. Le résultat, bluffant, c’est une illusion d’optique parfaite où la photographie et le bâtiment semblent se confondre. La pyramide, déjà transparente, semble s’effacer complètement.

La nouvelle installation est vite devenue populaire parmi les touristes, forcément très nombreux dans cet endroit de Paris, et sur les réseaux sociaux. Annoncée il y a deux mois et teasée par petites touches sur Instagram, l’œuvre restera en place jusqu’au 28 juin prochain.

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20 mars 2016

Mario Testino - VOGUE

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THE COVER FOR MY @VOGUEAUSTRALIA GUEST EDITORSHIP. I EXPERIENCED GREAT GENEROSITY WITH THIS SPECIAL ISSUE, NOT LEAST FROM ITS EDITOR, EDWINA. SHE DEMONSTRATED HER GREAT PASSION FOR CREATIVITY, TEAMWORK AND THE READERS OF THE MAGAZINE. LA PORTADA PARA MI EDICION DE @VOGUEAUSTRALIA. RECIBI GRAN GENEROSIDAD CON ESTA EDICION ESPECIAL, ESPECIALMENTE DE LA EDITORA EDWINA. DEMOSTRO SU GRAN PASION POR CREATIVIDAD, TRABAJO EN EQUIPO Y LOS LECTORES DE LA REVISTA. #VogueAusXTestino @Lara_Stone @DavidGenat @JordanandZac @LouisStenmark #EdwinaMcCann @TheValGarland #MarcLopez #SarajaneHoare @theRealDotti @mpmeister @OrlandoPita

11 mai 2013

Kate Upton en couverture du Vogue US, même elle peine à le croire !

Kate Upton est passée de mannequin "maillot de bain" pour Sports Illustrated à la couverture de Vogue US en quelques mois. Quel parcours ! Alors que la rédac' chef Anna Wintour ne consacre ses Unes qu'aux actrices et chanteuses à succès, voici Upton immortalisée par Mario Testino pour l'édition de Juin. Elle pose très sobrement dans des tenues Dolce & Gabbana, Max Mara, Donna Karan, Jason Wu et Rochas avec paire de Ray-Ban sur le nez et est annoncée sur la couv' comme étant la plus sexy des tops modèles de la planète...

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Modèle : Kate Upton

Photographe : Mario Testino

20 février 2016

ETEL = Glacière : marché conclu entre la Ville et les propriétaires

Le maire vient de l’annoncer : le projet d’acquisition au port vient d’aboutir. Une bonne nouvelle pour Etel, la façade maritime du pays d’Auray et le Musée des Thoniers…

C’est acté. Marché conclu, jeudi, entre la Ville d’Etel et Géraldine et Jacky Le Délaizir, les propriétaires de l’ancienne glacière du port. Site architectural emblématique et historique d’Etel, la glacière érigée au lendemain de la Seconde guerre est promise à nouvel avenir. Quelque 2 100 m2 sur trois niveaux à réhabiliter et restaurer dans les règles de l’art. Lors de ses vœux, Guy Hercend, le maire, avait souligné le bon avancement des négociations. Avec cet accord, un pas décisif vers la redynamisation de la façade maritime ételloise est bel et bien franchi. « Nous nous rendons acquéreurs des lieux en coopération avec l’établissement public foncier de Bretagne qui en sera nu-propriétaire, détaille Guy Hercend. La Ville d’Etel en aura l’usufruit. Avec l’acquisition de ce bâtiment unique, nous restaurons et renforçons la maritimité d’Etel et celle de la façade maritime du pays d’Auray dont Etel est sans doute le port le plus emblématique » . On comprend la satisfaction du maire et de son équipe au lendemain de cet accord qui va permettre une vraie modernisation de l’offre portuaire et touristique. Satisfaction également dans les rangs de l’équipe du Musée des Thoniers qui va, enfin, pouvoir trouver de quoi s’épanouir. Trop à l’étroit dans ses locaux, le Musée, unique en son genre, dédié au monde de la pêche va enfin respirer. « Il occupera le dernier étage de la glacière sur 1 000 m2 , contre la moitié seulement aujourd’hui. » Sur les 1 000 autres m2 restants, « de l’activité à vocation économique, complémentaire de celle du musée, aura toute sa place ».

Trait d’union entre passé et avenir

Une bonne nouvelle donc pour Etel, d’autant que la fameuse glacière s’insère dans un dispositif de modernisation et de réaménagement du port. « La compagnie des ports du Morbihan va aussi réaménager les quais face à la glacière, précise Guy Hercend. Un belvédère sera édifié et les parkings attenants seront augmentés et repensés dans un cadre amélioré » . Pour le tourisme et le commerce étellois, c’est l’annonce d’une relance économique et d’une dynamisation qui devraient faire un bien fou. Quand la glacière ouvrira-t-elle à nouveau ses portes ? « Difficile à dire exactement pour l’instant », jauge le maire. Des réunions de concertation se dérouleront cet été entre les acteurs et partenaires du projet : Ville, conseil départemental, conseil régional, Auray Quiberon terre atlantique (qui soutient ardemment le projet). « Nous espérons également obtenir des financements de l’Europe sur un tel projet structurant. » Les phases de travaux et de restauration des lieux (en concertation avec l’architecte des Bâtiments de France) n’interviendront pas avant 2017 pour une ouverture espérée en 2018. « Un grand pas vient d’être franchi, se réjouit le maire, cette glacière et son musée sont le trait d’union entre le passé et l’avenir d’Etel et son pays » . Article de Pierre WADOUX.

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2 février 2016

Lily-Rose Depp: confes­sions d’une enfant du siècle

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À peine âgée de 16 ans, Lily-Rose Depp est déjà une héroïne à sa manière. Pas vrai­ment mannequin et presque actrice, la jeune fille maîtrise déjà avec brio sa carrière et son image. Le très pointu maga­zine LOVE lui déroule le tapis rouge.

Son visage de poupon émacié pein­tur­luré de maquillage a déjà beau­coup fait parler. La femme-enfant ultime, Lily-Rose Depp, pose ainsi en couver­ture de l’édi­tion de février du maga­zine anglais LOVE. Mais la fille de Vanessa Para­dis et Johnny Depp ne se contente pas de dévoi­ler son joli minois, elle livre égale­ment ses premières confi­dences au jour­nal. Avant la sortie en kiosque le 8 février, le site inter­net de LOVE maga­zine a extrait les premiers mots de Lily-Rose.

L’ado-star en est désor­mais sûre: elle se destine à la même carrière que papa dans le cinéma. “Je peux jouer la comé­die tous les jours si il le faut, telle­ment c’est libé­ra­teur” avoue Lily-Rose Depp que l’on décou­vrira dans le film de série BYogas Hosers et plus tard à l’af­fiche de Plane­ta­rium avec Nata­lie Port­man. La frêle blon­di­nette se sent complè­te­ment trans­por­tée par le jeu car “l’in­car­na­tion d’un person­nage, c’est la meilleure des émotions, même si on ne la ressent qu’une fois par jour”.

Si Lily-Rose Depp se sent très proche de son père sur se point, elle n’en est pas moins fusion­nelle avec Vanessa Para­dis. Ensemble, elles partagent notam­ment l’amour de la mode et de son kaiser,Karl Lager­feld. “Il y a des photos de moi bébé où je pose avec les pompes Chanel de ma mère” confie la jeune fille qui connaît “Karl” depuis qu’elle a 8 ans. Une sorte de parrain bien­veillant qui, selon elle: “met les gens à l’aise par sa seule présence et son incroyable pers­pi­ca­cité”.

Mais en dehors de ce cocon de luxe dans lequel elle a grandi, Lily-Rose Depp doit se confron­ter à certaines diffi­cul­tés du monde. La plus grande crainte de la nouvelle idole des jeunes, à ce jour, est “que les gens lisent des choses sur de faux comptes sur les réseaux sociaux en pensant que ça vient de ma part”. Une peur que certains trou­ve­ront risible mais qui relève d’une véri­table angoisse pour cette enfant star. “Je suis inscrite sur diffé­rents réseaux depuis que j’ai 12 ans mais à l’époque j’avais des comptes privés. Et dès ce moment, des gens ont créé des faux profils de moi et de mon frère” se confie Lily-Rose. Sa seule solu­tion pour combattre les usur­pa­teurs a été de rendre public son Insta­gram qui compte aujourd’­hui plus d’un million d’abon­nés.

Fina­le­ment, Miss Depp fait preuve d’une certaine matu­rité en recon­nais­sant que “vivre constam­ment sous les feux des projec­teurs” n’est qu’un “petit prix à payer en marge de toutes les oppor­tu­ni­tés” qui s’offrent à elle.

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27 mars 2013

"Mariage pour tous" - soirée mouvementée pour la Ministre de la Justice à Lyon

Christiane Taubira pensait assister tranquillement ce soir à Lyon (Rhône) à la création du premier opéra écrit par Robert Badinter, inspiré d'un drame carcéral de Victor Hugo évoquant l'homosexualité. C'est raté. Des militants anti-"mariage pour tous" se sont rassemblés pour perturber son arrivée, indique ce soir le site Lyon Capitale. Sur Twitter, des photos circulent.

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Christiane Taubira

Garde des Sceaux, Ministre de la Justice

11 novembre 2013

11 novembre 1940 : les étudiants de France manifestent

Plaque commémorative en haut des Champs-Elysées prés de la place de l'Etoile - Charles de Gaulle

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Manifestation du 11 novembre 1940

La manifestation des étudiants et lycéens parisiens à l’Etoile le 11 novembre 1940 est un événement symbolique fort, qui mérite d’être revisité. Parfois considérée comme la première forme ouverte de résistance, elle est célébrée par tous, jusqu’au conseiller immigration de l’Elysée, l’inspirateur du discours de Grenoble, qui lui a consacré en 2009 un ouvrage à prétention historique.

Ce jour-là, cinq mois après le début de l’Occupation, bravant l’interdiction formelle du commandement allemand et de Vichy, quelques milliers de jeunes osent aller au tombeau du Soldat inconnu crier leur hostilité à l’occupant allemand. Ils le paient de plus de 200 arrestations, dont certaines sont maintenues plus d’un mois dans les prisons de la Santé, de Fresnes et du Cherche-Midi. D’ordre des autorités allemandes, l’université de Paris est fermée pour plusieurs semaines et les étudiants obligés de pointer chaque jour dans les commissariats. Le recteur Gustave Roussy est démis de ses fonctions par Vichy et remplacé par Jérôme Carcopino, ami personnel de Pétain…

La presse collaboratrice parisienne, soumise à la censure, reste muette cinq jours, avant de dénoncer l’irresponsabilité d’une certaine jeunesse. Mais la rumeur s’empare de l’événement : la presse clandestine parle de morts et déportés, la radio de Londres parle peu après de onze morts, et Carcopino lui-même demande à la police de démentir le chiffre de 300 fusillés. Rumeur pas totalement infondée : des soldats allemands ont tiré, faisant plusieurs blessés, dont l’étudiant Pierre Lefranc, future figure du gaullisme. Et les responsables étudiants ont en tête le souvenir de la manifestation anti-allemande des étudiants de Prague occupé, l’année précédente, qui se solda par des morts et des internements dans des camps et par la fermeture de l’université Charles. Rumeur durable : en 1945 encore, lors d’une cérémonie commémorative, le recteur Roussy, rétabli dans ses fonctions, parlera du «sang des étudiants de Paris (qui) tomba comme l’offrande d’une riche promesse». Du côté des autorités, l’inquiétude domine : les autorités allemandes obtiennent de la police française des arrestations préventives au Quartier latin et sur les grandes artères les jours suivants, culminant le 21 novembre à une rafle de plus de 1 000 jeunes, relâchés dans la nuit.

Après la Libération, le 11 novembre 1940, célébré comme «la première manifestation publique de la Résistance», est revendiqué de partout. Mais c’est à partir de 1948 que le Parti communiste s’en arroge l’origine exclusive. Il met en avant la personnalité de François Lescure (étudiant et fils du fondateur des éditions de Minuit) qui, communiste mais non connu comme tel, fut désigné en août 1940 par l’Unef comme son responsable en zone Nord. Jouant de son statut quasi-officiel, il avait, avec les Etudiants communistes, organisé la petite manifestation du 8 novembre au Quartier latin contre l’arrestation par les Allemands du physicien Paul Langevin, éminent scientifique et grande figure de la gauche.

Au soir du 8 novembre, il aurait prolongé l’action en lançant l’appel à manifester le 11 à l’Etoile. Cette affirmation, répétée d’une année sur l’autre, parfois illustrée de précisions invraisemblables, avait l’avantage de lier la petite (par le nombre) démonstration communiste du 8 à l’événement du 11, et de démontrer que les communistes avaient été au premier rang de l’opposition à l’Allemagne, bien avant l’agression contre l’URSS. Contre cette prétention s’est constituée en 1958 une association des résistants du 11 novembre 1940, qui prit pour président d’honneur Pierre Lefranc et qui nie l’initiative communiste, voyant dans la montée à l’Etoile la «première réponse à l’appel du 18 juin». Une véritable guerre des mémoires s’instaura dès lors.

L’examen des archives (universitaires, policières, allemandes) permet aujourd’hui d’y voir plus clair. En premier lieu les procès-verbaux d’arrestations le prouvent, la manifestation fut majoritairement le fait de lycéens plus que d’étudiants. Les témoignages montrent que beaucoup, non politisés, sont venus sans consigne préalable et que les appels de Radio Londres furent peu entendus. Il n’y eut pas de cortège homogène mais des juxtapositions de petits groupes. Surtout, les archives rectorales prouvent que l’idée de la manifestation était dans l’air depuis plusieurs jours et que le texte du seul appel connu au 11 novembre, exclusivement patriotique et sans aucune connotation politique, circulait au moins trois jours avant la date - supposée fondatrice - du 8 novembre au soir.

En voici le texte, qui est le seul appel connu à la manifestation : «Etudiant de France. Le 11 novembre est resté pour toi jour de Fête nationale. Malgré l’ordre des autorités opprimantes, il sera Jour de recueillement. Tu n’assisteras à aucun cours. Tu iras honorer le Soldat inconnu à 17 h 30. Le 11 novembre 1918 fut le jour d’une grande victoire. Le 11 novembre 1940 sera le signal d’une plus grande encore. Tous les étudiants sont solidaires pour que vive la France. Recopie ces lignes et diffuse-les.»

Que cet appel, dont l’auteur reste inconnu, ait rencontré un large écho n’est pas surprenant : la police avait noté que le 1er novembre, sans aucun appel d’organisation, plusieurs milliers de personnes étaient allées sur la tombe du Soldat inconnu. Il est certain que chez les étudiants communistes restés fidèles à la ligne antifasciste de 1936, il y eut des participants à cette manifestation, qu’ils appelaient de leurs vœux. Mais il faut attendre juillet 1941 pour que la presse clandestine communiste glorifie l’événement, avant la revendication d’exclusivité après la Libération. Soixante-treize ans après, la manifestation à l’Etoile, événement unique, est d’abord le témoignage d’une sociabilité juvénile, marquée par la spontanéité, et permettant la convergence de courants politiques divers. Ce qui la rend à certains égards très actuelle.

14 avril 2013

H & M : Vanessa Paradis

Depuis maintenant deux ans, à chaque nouvelle saison H&M dévoile les collections de sa ligne éco-responsable Conscious. Des vêtements privilégiant des matières biologiques telles que le coton, le lin, le polyester recyclé et le Tencel (une fibre similaire à la viscose produite à partir de pulpe d’eucalyptus) qui s’affichent à travers des campagnes de pub green et axée sur le naturel. Cette année c'est Vanessa Paradis l'égérie de cette collection.

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24 février 2019

Carlos Ghosn - Feu d’artifice, porcelaine et vin d’Ixsir : le jour où le couple Ghosn a convié sa cour à Versailles

Par Raphaëlle Bacqué

Le 8 octobre 2016, le PDG de Renault et Nissan célébrait l’anniversaire de son épouse au Grand Trianon. Une réception qui symbolise la folie des grandeurs d’un homme aujourd’hui soupçonné de malversations financières.

Les invités se souviennent fort bien de la féerie de ce soir du 8 octobre 2016. Les longues tables en U dressées dans la galerie des Cotelle, une des splendeurs du Grand Trianon ; les assiettes en porcelaine de Limoges du XVIIIe siècle, les couverts en argent et vermeil et les verres en cristal de Saint-Louis.

Et ce petit menuet dansé pendant le cocktail par des hommes en habits de soie bleue et perruques poudrées et leurs cavalières en robes à panier, dans le péristyle, entre les colonnes de marbre rose et de porphyre.

Des figurants déguisés en aristocrates du XVIIIe siècle

Le même défilé de robes a accueilli sur le perron, au tout début de la soirée, les 120 invités de Carlos et Carole Ghosn, mais cela, tout le personnel vous le dira, c’est presque une banalité. Les entreprises ou les riches particuliers qui s’offrent le temps d’une soirée un bout du château de Versailles tiennent généralement aussi à la présence de cette cour de figurants déguisés en aristocrates du XVIIIe siècle.

« Tout le monde, de 7 à 77 ans, rêve de jouer au prince et à la princesse en voyant les dorures… », reconnaît Catherine Pégard, la présidente de l’établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles.

Deux ans et demi auparavant, pour la fête qu’ils ont donnée la veille de leur mariage, les fiancés Kanye West et Kim Kardashian étaient entrés dans la cour pavée du château en Porsche Panamera, entre des gardes à cheval costumés à la mode du XVIIIe siècle positionnés devant la grille d’honneur…

Rabih Kayrouz à la direction artistique

Carlos et Carole Ghosn, eux, ont confié la direction artistique de la soirée au couturier et styliste libanais Rabih Kayrouz. Pour la fête à Versailles, il a fait louer la vaisselle et les candélabres chez des antiquaires.

Cet ancien de Dior et de Chanel désormais membre du cercle très prisé de la haute couture parisienne avec Maison Rabih Kayrouz, sa propre marque, est un amateur de couleurs. Mais il pratique aussi l’épure et le dépouillement dans la coupe.

« IL N’EST PAS QUESTION DE TRANSFORMER VERSAILLES EN CHÂTEAU À LOUER POUR DES NOCES. » CATHERINE PÉGARD, PRÉSIDENTE DE LA L’ÉTABLISSEMENT PUBLIC

« Je me sens chez moi partout », déclarait-il à l’issue de son défilé couture en janvier 2018. On croirait presque entendre Carlos Ghosn, ce grand patron mondialisé – Franco-Libano-Brésilien – qui parcourt la planète en sautant d’un avion à l’autre. Mais c’est Carole Nahas, épouse depuis quelques mois du patron de Renault-Nissan, qui l’a choisi.

Créatrice de mode, cette Libanaise fréquente depuis toujours la haute société de Beyrouth. Cette soirée est d’abord celle de son anniversaire et non, comme on le dira plus tard, lorsque Carlos Ghosn aura été arrêté à Tokyo et accusé de fraudes et d’abus de bien social, la célébration de leur mariage.

D’ailleurs, le château ne l’aurait pas permis. « Il n’est pas question de transformer Versailles en château à louer pour des noces, assure la présidence de l’établissement public. On ne peut pas danser dans les salons et, à minuit, les invités doivent être partis. » Même un couple de riches Turcs a dû biaiser pour donner, sans le signifier explicitement, le dîner de mariage de leur fille dans l’Orangerie, puis trouver ensuite un lieu pour le bal.

Un endroit grandiose

C’est cependant un endroit grandiose pour un anniversaire. Mais Carlos Ghosn a-t-il encore le sens de la mesure ? Lui qui traverse le monde en avion privé, rejoignant entre deux rendez-vous son superbe appartement à Rio de Janeiro – dont les baies vitrées donnent sur la plage de Copacabana – ou sa luxueuse résidence à Beyrouth, achetés et rénovés à grands frais par Renault-Nissan.

« NOUS VOULIONS QUE NOS AMIS SE SENTENT COMME S’ILS AVAIENT ÉTÉ REÇUS CHEZ NOUS – RIEN DE TROP ÉLABORÉ. » CAROLE GHOSN, DANS « TOWN & COUNTRY »

Cela fait longtemps que ce patron célébré pour sa réussite, narcissique, jouisseur, considère que rien n’est trop beau pour récompenser ses performances. Interrogé sur la réception par le mensuel américain Town & Country, chroniqueur de la jet-set, le patron de Renault-Nissan a eu cette réflexion faussement désabusée : « Quand vous invitez des gens à une fête, ils répondent : “Peut-être !” Mais, quand vous les conviez à Versailles, ils viennent. »

Même sa seconde épouse paraît saisie par cette vie de démesure qui brouille les références et la vision de ce que vit le commun des mortels. A Town & Country, Mme Ghosn explique benoîtement : « Nous voulions que nos amis se sentent comme s’ils avaient été reçus chez nous – rien de trop élaboré. »

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La référence : « Marie Antoinette », le film de Sofia Coppola

Le « rien de trop élaboré » a demandé des mois de préparation, une livraison en quelques heures des fleurs, des tables et de la vaisselle, et un démontage dans la nuit, afin de ne pas fermer trop longtemps au public ce Grand Trianon qui a tant de succès.

L’Ancien Régime français n’est pas la référence de Carole Ghosn. Elle a voulu que sa fête ait les couleurs pastel et séduisantes de Marie Antoinette, le film de Sofia Coppola qui met en scène, dans un déluge de pâtisseries et de frivolité, la reine venue d’Autriche et s’arrête pile avant la Révolution.

La plupart des convives, dont de très nombreux Libanais venus de Beyrouth, New York ou Hongkong, sont émerveillés par la splendeur du château du Roi Soleil et la magnificence de ce dîner élégant. Les intimes du couple connaissent pourtant son train de vie.

A Beyrouth, le hall d’entrée de la maison des Ghosn est orné d’un énorme lustre pendant que le sol est en partie vitré, pour que chacun puisse admirer la crypte qui est située en dessous et ses sarcophages antiques, découverts à l’occasion de travaux qui ont coûté plus de 6 millions d’euros à Nissan, comme on l’a appris depuis l’arrestation de l’homme d’affaires, à Tokyo, le 19 novembre 2018.

Le Tout-Beyrouth est présent

Ce soir-là, à Versailles, le Tout-Beyrouth semble avoir fait le déplacement. L’ancien ministre de l’intérieur du Liban Nouhad Machnouk, venu à la fête avec son épouse Leila, est un habitué des dîners des Ghosn. Comme le couturier Elie Saab, qui a dessiné la robe de taffetas vert, brodée de cabochons de strass que porte Mme Ghosn. Comme, encore, le décorateur floral Marwan Hamza, qui a fait sensation en entrant dans le Grand Trianon revêtu d’une abaya en soie sur son smoking et chaussé de mules fourrées Gucci.

Ou le très riche assureur Malek Abi Nader, dont l’épouse, Tania, porte ce soir-là un extraordinaire collier d’émeraudes qu’une échotière de L’Orient-Le Jour repère comme celui qui « avait remporté le trophée du plus beau bijou au Couture show [salon international de la haute joaillerie à Las Vegas, Nevada] ».

« LA SEULE CERTITUDE, C’EST QUE LA VRAIE STAR DE LA SOIRÉE N’ÉTAIT PAS CAROLE NI MÊME LE COUPLE. C’ÉTAIT CARLOS GHOSN. » UN INVITÉ ANONYME

Il y a peu de Français, hormis Philippe Jabre, un de ces financiers ayant fait fortune dans les hedge funds avant de s’exiler fiscalement en Suisse. Catherine Pégard, venue accueillir les invités avant de participer elle-même au dîner, n’a pas été prévenue par le service du protocole du château de la présence d’une personnalité qui réclamerait un accueil particulier.

Aujourd’hui que Carlos Ghosn est en prison, plus aucun invité ne veut témoigner publiquement de cet incroyable événement, « mais c’était bien une soirée privée, reconnaît un convive qui souhaite rester anonyme. Je ne crois pas qu’il y ait eu la moindre trace d’un cadre dirigeant de Renault-Nissan ni une allusion à l’entreprise. La seule certitude, c’est que la vraie star de la soirée n’était pas Carole ni même le couple. C’était Carlos Ghosn. »

Renault, un donateur du château

Au moment des toasts, c’est d’ailleurs lui qui s’est levé. Avant de lancer le moment des chansons – la voix incontestée au Liban et au Moyen-Orient Hiba Tawaji, révélée en France par « The Voice », et son mari compositeur et pianiste, Oussama Rahbani, donneront un miniconcert –, le grand patron a pris son verre.

Dans la coupe de cristal, du vin d’Ixsir, issu des 66 hectares de vignes qui sont sa propriété, réparties entre Batroun, dans le nord du Liban, Jessine, au sud, et les coteaux de la Bekaa. « Vous le savez, nous nous sommes mariés il y a quelques mois, et ce soir, c’est l’anniversaire de celle qui éclaire désormais ma vie. C’est pourquoi nous voulions donner cette fête pour nos amis dans ce lieu magnifique… »

Versailles, le couple Ghosn y a pensé sans beaucoup chercher. Cela fait plus d’une dizaine d’années que Renault est l’un des donateurs du château. Au départ, l’entreprise automobile a fourni des Twizy, ces petites voitures électriques que les agents du château utilisaient pour arpenter les 815 hectares du parc, ainsi que deux berlines pour la direction du château.

Mais la présidente de l’établissement public, Catherine Pégard, est allée le voir personnellement, « un matin très tôt, dans son bureau », pour lui demander que Renault devienne le mécène de la restauration du salon de la Paix, accolé à la galerie des Glaces.

Une première fête à Versailles en 2014

Depuis la loi sur le mécénat, portée en 2003 par le ministre de la culture Jean-Jacques Aillagon, les grands établissements publics, comme le Louvre ou Versailles, courent les entreprises pour les convaincre de leur donner de l’argent, contre avantages en nature et dégrèvement fiscal, et Catherine Pégard passe une grande partie de son temps dans les bureaux des PDG.

C’est une ancienne journaliste, fine mouche et habituée des lieux de pouvoir. Sa finesse et son entregent lui ont permis de passer de la presse à l’Elysée, où elle fût conseillère de Nicolas Sarkozy. C’est lui qui l’a nommée à la tête de Versailles, avant que François Hollande ne renouvelle son mandat, qui s’achèvera à la fin 2019.

Ghosn connaît déjà la magnificence de Versailles. Le 9 mars 2014, jour de ses 60 ans, il a donné une grande réception à l’occasion des quinze ans de l’alliance, « en l’honneur des partenaires qui ont soutenu Renault-Nissan », disait le carton.

La fête eut lieu dans la galerie des Batailles, cette merveille de 120 mètres de long au premier étage de l’aile du Midi, où trônent trente-trois tableaux des grandes batailles de l’histoire nationale, depuis la victoire de Clovis à Tolbiac jusqu’à celle de Napoléon à Wagram. La soirée a coûté 600 000 euros à l’entreprise automobile, dont 160 000 euros pour la location au château et le feu d’artifice tiré par les seuls artificiers agréés par Versailles.

Des contreparties au mécénat

Ce matin où la présidente du château vient le solliciter, le grand patron donne rapidement son accord pour une convention de mécénat. En échange du financement de la restauration des peintures des plafonds et des marbres du salon de la Paix, l’entreprise pourra bénéficier de « contreparties » en nature qui ne devront pas dépasser 20 % du montant de l’investissement.

« LA PERSONNE QUI S’OCCUPE DE RENAULT-NISSAN EST EN VACANCES POUR TROIS SEMAINES ET PERSONNE NE PEUT VOUS RÉPONDRE À SA PLACE. » L’AGENCE DE COMMUNICATION CMP

Pourquoi Carlos Ghosn s’est-il tourné vers l’agence de communication habituelle de Renault-Nissan pour organiser l’anniversaire de son épouse ? Car c’est bien l’agence Communication Media Partner (CMP) qui s’est chargée de l’ensemble de l’événement, y compris la négociation avec le château. Aujourd’hui, CMP joue les abonnés absents. « La personne qui s’occupe de Renault-Nissan est en vacances pour trois semaines et personne ne peut vous répondre à sa place », assure, contre toute vraisemblance, l’agence.

Le château, lui, affirme qu’il a cru qu’il s’agissait bien d’une soirée d’entreprise entrant dans le cadre de l’une des contreparties au mécénat dûment signifiées. A savoir l’usage gracieux de la galerie des Cotelle et du péristyle du Grand Trianon, normalement facturé 35 000 euros, ainsi que des services de sécurité du château, habituellement facturés 15 000 euros, soit 50 000 euros offerts. La vaisselle, les fleurs, le traiteur, les figurants, eux, étaient à la charge des Ghosn eux-mêmes.

Et voilà comment la fête est devenue à la fois une broutille au regard de l’ampleur des sommes déboursées par Renault-Nissan, et que Carlos Ghosn est aujourd’hui accusé d’avoir utilisées à des fins personnelles, et le symbole de la démesure de celui-ci. C’est la règle des grands monuments qui ont traversé l’Histoire : leur seule mention charrie dans leur sillage tous les fantasmes.

C’est bien ce qu’ont compris d’emblée les avocats de Carlos Ghosn qui, en un instant, ont fait taire les témoins de la fête et retirer les photos prises ce soir-là par un professionnel. Au moment où l’ex-PDG de Renault-Nissan est embastillé au Japon, ils ne voulaient pas que l’on voie émerger la tête de leur client au milieu de cette cour d’Ancien Régime.

20 janvier 2019

BENEDETTA bientôt en salles...

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Virginie Efira incarne une religieuse lesbienne du XVIIe siècle dans le nouveau long métrage du cinéaste hollandais, Paul Verhoeven.

Au dernier festival de Cannes, le producteur français Saïd Ben Saïd annonçait le tournage imminent du nouveau film de Paul Verhoeven, Sainte Vierge – le deuxième long métrage en français réalisé par le « Hollandais Violent », deux ans après Elle. Les prises de vue ont bien débuté en Italie, dans la région de l’Ombrie en juillet, et se poursuivent en France jusqu’au 4 novembre. Mais le film a été rebaptisé Benedetta, du nom de son héroïne, Benedetta Carlini, une authentique religieuse catholique née en 1590 et morte en 1661. Après être entrée comme novice au couvent de Pescia (Toscane) à l’âge de neuf ans, en pleine épidémie de peste, Sœur Benedetta découvrira son homosexualité et réalisera des miracles…

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C’est Virginie Efira (déjà à l’affiche de Elle) qui incarne ce personnage sulfureux aux côtés de Charlotte Rampling, Clotilde Coureau, Louise Chevillote (la révélation de L’amant d’un jour, de Philippe Garrel) mais aussi Lambert Wilson et Olivier Rabourdin. Le film, qui doit sortir en 2019, se pose déjà en candidat sérieux pour une sélection au 72e festival de Cannes. 

6 avril 2019

Reportage - Dans un Venezuela au bord du chaos, le défi de l’opposition face à un Maduro inébranlable

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Par Claire Gatinois, Caracas, Maracaibo, envoyée spéciale - Le Monde

Une mobilisation populaire est prévue samedi de façon concomitante dans des petites et grandes villes du pays. Ce mouvement se veut l’acte I de l’« opération liberté ».

Pedro n’avait pas vingt ans quand il est entré dans la clandestinité, se méfiant de tout et de tous dans son propre pays. « Parce que j’ai protesté contre ce gouvernement j’ai tout perdu. J’ai dû quitter mes études et partir six mois en exil, mais je suis revenu. Je préfère me battre et mourir ici pour la démocratie que m’éteindre à petit feu asphyxié par le régime », confie le jeune homme de 22 ans, corps sec et ton de combattant. Comme la plupart de nos interlocuteurs, il préfère taire sa véritable identité.

Classé parmi les « terroristes » aux yeux de Nicolas Maduro, le président du Venezuela, Pedro appartient à la bande des « résistants » de Saladillo, un bastion de l’opposition au régime chaviste depuis les manifestations de 2014 qui doit son nom à quatre tours de béton de dix-huit étages baptisées Saladillo, nichées dans le centre de Maracaibo, capitale de la région occidentale de Zulia. Dans cette troupe où se mêlent préadolescents et quinquagénaires, on raconte la prison, les tortures et ces blessures qui ont rendu certains handicapés à vie.

En ce début d’avril, deux d’entre eux relèvent leurs tee-shirts montrant les impacts de balles en caoutchouc reçues lors de la rébellion de la veille pour protester contre les coupures d’eau et d’électricité qui ont transformé la capitale régionale en ville fantôme.

C’est dans ces immeubles décatis, où les ascenseurs ont cessé de fonctionner depuis bien longtemps que ces « résistants » se préparent à la manifestation du samedi 6 avril. La mobilisation populaire, prévue de façon concomitante dans les petites et grandes villes du Venezuela se veut le premier épisode de l’« opération liberté », un mouvement orchestré par Juan Guaido, président de l’assemblée nationale qui s’est autoproclamé chef d’Etat par intérim en janvier.

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« Véritable phénomène politique »

« Juan Guaido est la lumière au bout du tunnel ! Il est notre espoir », confie Pedro, épuisé par des années de luttes vaines et une répression sans relâche qui a coûté la vie de l’un de ses compagnons, Adrian Jose Duque, qui comptait parmi les 140 victimes recensées lors des mobilisations de 2017.

A cette population enragée contre un régime qui a basculé dans l’autoritarisme, Juan Guaido a redonné des raisons de croire. En quelques mois, le député de 35 ans, fils d’un chauffeur de taxi, hier inconnu dans les « barrios », quartiers populaires vénézuéliens, comme sur la scène internationale, est parvenu à récolter l’appui d’une cinquantaine de pays étrangers, dont les Etats-Unis et diverses nations de l’Union européenne. Membre du parti Volonté populaire, se revendiquant de la social-démocratie, Juan Guaido a su fédérer une opposition formée de partis composites, dont l’idéologie allant de la gauche radicale à la droite dure, ne se rejoint que dans la lutte contre Maduro.

« Juan Guaido est un véritable phénomène politique », observe Jose Antonio Gil Yepes, sociologique à la tête de l’institut de sondages Datanalisis à Caracas. Privilégiant la raison sur l’émotion, le président par intérim, qui promet de conduire le pays sur la voie de la démocratie, rafle aujourd’hui plus de 60 % d’opinions favorables, selon une enquête de Datanalisis datée de la mi-mars. Si une élection sans fraude avait lieu demain, le trentenaire obtiendrait 80 % des sondages laissant 20 % à un Maduro, accusé d’affamer la population et de saccager l’économie, indique encore cette enquête.

Inébranlable, le chef d’Etat s’accroche malgré tout au pouvoir, entouré d’un petit groupe de fidèles et de l’Etat-major de l’armée.

Des allures de décors de « Mad Max »

Dans les rues de Maracaibo, la disgrâce populaire de l’héritier d’Hugo Chavez est patente. Elle s’étale à coup d’insultes taguées sur les façades lépreuses de bâtiments désertés. La ville, dont la richesse pétrolière était autrefois jalousée par toute l’Amérique latine a pris, avec la baisse des cours du brut, la décadence des installations pétrolières et l’hyperinflation, des allures de décor de Mad Max. Les privilégiés ont décampé allant chercher un semblant de prospérité à l’étranger pendant que les magasins baissaient, un à un, leur rideau.

Désert économique et social, lieu de toutes les contrebandes avec la Colombie voisine, la ville a connu en mars-avril, un nouveau black-out, victime, comme le reste du pays de pannes liées à la dégradation des installations, que Maduro attribue à des « attaques cybernétiques » menées par l’« impérialiste américain » pour faire main basse sur les réserves d’or noir.

Etape supplémentaire de la déchéance de la région, ces coupures géantes s’ajoutent aux pénuries d’eau et au rationnement de l’essence tandis que le bolivar se transforme en monnaie de singe : le salaire minimum (18 000 bolivares) suffit à peine à acheter un kilo de viande. « C’est la jungle ! », résume Jesus Bracho, posté depuis plus d’une demi-heure dans la file d’attente d’un distributeur de billets. « Les camions d’eau n’arrivent que chez les privilégiés ! Maduro veut tuer le peuple », lance une femme au sein d’un petit attroupement en colère planté devant le bâtiment public d’Hydrolago, chargé de la distribution de l’eau.

« Les gens mangent dans les poubelles »

Dans le centre de Maracaibao, allongée sur un matelas élimé posé à même le trottoir pour supporter la chaleur de la nuit, Carolina Martinez, 37 ans, confie avoir cru, un temps, à la révolution bolivarienne. Aujourd’hui, cette assistante du gouvernement « a honte de travailler pour l’Etat ». Après tant de mois de privations, la mère de deux enfants de 12 et 4 ans payée une misère en a presque oublié le goût de la viande. « Ce gouvernement n’est ni socialiste, ni communiste. Il est terroriste ! », grogne Nadio, le père de Carolina à ses côtés.

Au bord du chaos, Maracaibo a explosé le 1er avril. La ville, plongée dans l’obscurité par les coupures électriques, a été ce jour-là le théâtre d’émeutes émaillées de pillages. Avant de fracasser la vitrine d’une pharmacie pour s’emparer de shampoings, de savons mais aussi de chips et de sodas, vendus dans l’établissement, les pillards auraient crié « on a faim ! », raconte la gérante. « Les gens mangent dans les poubelles. Maduro est un fils de p… On veut quelqu’un d’autre à la tête du pays même si c’est un extraterrestre », appuie un vendeur de légumes du marché municipal.

Ce climat de tension extrême laisserait présager la montée d’un « printemps vénézuélien » si la révolte ne cohabitait pas avec l’épuisement d’une société où trouver à manger est une lutte, se déplacer, un défi et protester, un danger de mort. Trop occupés à survivre, les Vénézueliens glissent peu à peu dans l’apathie.

« Caniche des Américains »

« Le chavisme parie sur l’usure », présage un diplomate. Une usure de la société mais aussi d’une opposition en mal de stratégie. Après avoir échoué, le 23 février, à faire entrer l’aide humanitaire envoyée par les Etats-Unis, dans l’espoir de voir basculer l’armée vénézuélienne de leur côté, les troupes de Juan Guaido se heurtent aujourd’hui à un Maduro sourd à toute négociation diplomatique comme le souhaiterait la communauté internationale. « Il se passe des choses, mais ce n’est pas encore suffisant », reconnaît Stalin Gonzalez, vice-président de l’Assemblée nationale.

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Après trois mois d’activisme, plane ainsi la menace de l’enlisement de la dynamique Juan Guaido. Le danger est d’autant plus prégnant que Nicolas Maduro semble déterminé à emprisonner son ennemi accusant le leader de l’opposition, considéré comme un « caniche des Américains », d’avoir fomenté un complot « diabolique » visant à l’assassiner.

Pour sortir de l’impasse les opposants les plus radicaux, à l’image de Maria Corina Machado représentante de la droite dure, plaident pour activer l’article 187 de la Constitution, celui qui ouvrirait la voie à une intervention extérieure. « Le régime est capable de tout. Ce n’est pas une dictature, c’est un Etat criminel. Combien de morts faudra-t-il encore pour que la communauté internationale réagisse ? », s’emporte-t-elle. « Il faut une menace réelle et imminente face à Maduro », ajoute la politicienne estimant, quitte à rouvrir les fractures de l’opposition, que Guaido est mal entouré.

Selon Datanalisis, plus d’un tiers de la population estime que Maduro ne quittera le pouvoir qu’avec une intervention militaire de l’étranger, quand moins de 3 % des interrogés parient sur une solution pacifique fondée sur des élections libres et transparentes.

22 mars 2019

"Ren Hang" et "Coco Capitan" à la Maison Européenne de la Photographie

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Découvrez "Love, Ren Hang" et "Busy Living", les nouvelles expositions de la MEP à Paris, jusqu'au 26 mai à Paris.

"Love, Ren hang" de Ren Hang

L’exposition « Love, Ren hang » présente pour la première fois en France l’œuvre d’un des artistes chinois les plus influents de sa génération.

Avec une sélection de 150 photographies issues de plusieurs collections d’Europe et de Chine, l’exposition « Love, Ren hang » occupe tous les espaces du deuxième étage de la MEP. Composée essentiellement de portraits – d’amis, de sa mère ou de jeunes chinois sollicités sur internet –  mais également de paysages et de nus, l’œuvre de Ren Hang est immédiatement reconnaissable. Ses photographies, si elles semblent mettre en scène ses sujets, sont pourtant le fruit d’une démarche instinctive. Leur prise de vue, sur le vif, leur confère légèreté, poésie et humour. À travers une approche chromatique, l’exposition propose une plongée dans les différentes constellations oniriques de l’artiste : la présence du rouge, les couleurs acidulées, une salle consacrée à sa mère, une autre, plus sombre, dédiée à des prises de vue nocturnes. Enfin, une dernière salle rassemble ses travaux  plus « osés », sur le corps, créant un lien, fort et organique, entre l’érotisme et la nature.

Ren Hang questionnait, avec audace, la relation à l’identité et à la sexualité. Artiste homosexuel, particulièrement influent auprès de la jeunesse chinoise, son ton considéré comme subversif ou qualifié de pornographique, représentait vis-à-vis d’un contexte politique répressif, l’expression d’un désir de liberté de création, de fraîcheur et d’insouciance. Sa vision, unique, faisait référence au « réalisme cynique » (mouvement artistique chinois né des événements de Tian’anmen en 1989). Présentés en regard de cet important corpus photographique, de nombreux écrits de Ren Hang, qu’il partageait régulièrement sur son site internet, témoignent de son combat contre la dépression.  L’artiste s’est donné la mort en 2017, à l’âge de 29 ans.

"Busy Living" de Coco Capitan

La MEP présente "Coco Capitán : Busy Living", la première exposition institutionnelle en France d'une des artistes les plus accomplis de sa  génération.  Avec près de 150 œuvres, l’exposition est construite comme un parcours immersif dans l’univers de l’artiste. Le parcours est jalonné de plusieurs séries de l’artiste, mêlant le plus souvent la photographie au texte. L’une est composée de paysages de l’ouest américain représentant des infrastructures à l’abandon, une autre révèle le regard critique que l’artiste porte sur la société de consommation et traduit une vraie filiation avec le Pop Art. En écho également à l’intérêt de Coco Capitán pour la représentation et la perception du corps, des  photographies de mode font partie intégrante de l'exposition

Une série plus personnelle souligne les relations que l’artiste entretien avec la Chine depuis son enfance. Enfin, un ensemble de toiles peintes sur lesquelles sont écrits ses aphorismes, ainsi que des carnets de notes et journaux intimes sont présentés en exclusivité. Très tôt engagée dans l’univers de la mode et du luxe, Coco Capitán acquiert rapidement une notoriété internationale en tant que photographe de mode, secteur avec lequel elle collabore, non sans humour et dérision, pour de nombreuses marques de luxe. Mais son travail est beaucoup plus vaste : à seulement 26 ans, Coco Capitán est une artiste déjà accomplie qui allie la photographie, la peinture et les performances à un travail éditorial constitué de slogans et d’aphorismes\

11 septembre 2020

Rimbaud et Verlaine : une pétition soutenue par Roselyne Bachelot demande leur entrée au Panthéon

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Par Pierre Ropert

Une pétition, soutenue par la ministre de la Culture, demande à ce qu'Arthur Rimbaud et Paul Verlaine fassent leur entrée au Panthéon. La pétition fait "appel au président de la République", seul habilité à décider de ce transfert.

"Est-ce ainsi que la France honore ses plus grands poètes ?" interroge la pétition lancée par un groupe d’intellectuels, académiciens et universitaires passionnés de Rimbaud et Verlaine, qui souhaitent faire entrer le couple de poètes au Panthéon. Soutenue par Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, ainsi que neuf de ses prédécesseurs, dont Jack Lang ou François Nyssen, la pétition précise :

Arthur Rimbaud et Paul Verlaine sont deux poètes majeurs de notre langue. Ils ont enrichi par leur génie notre patrimoine. Ils sont aussi deux symboles de la diversité. Ils durent endurer "l’homophobie" implacable de leur époque. Ils sont les Oscar Wilde français. Ce ne serait que justice de célébrer aujourd'hui leur mémoire en les faisant entrer conjointement au Panthéon, aux côtés d'autres grandes figures littéraires : Voltaire, Rousseau, Dumas, Hugo, Malraux.

Les signataires de l'appel soulignent ainsi que Rimbaud (1854-1891) est non seulement enterré à Charleville-Mézières, une ville qu'il détestait, mais surtout dans le caveau familial aux côtés de Paterne Berrichon, "son ennemi et usurpateur", poète qui épousa sa sœur et tenta de lisser l'image de Rimbaud à titre posthume, en prétendant que ce dernier avait retrouvé la foi catholique sur son lit de mort et en faisant passer sa relation homosexuelle avec Verlaine pour une relation plus chaste qu'elle ne l'était.

Verlaine (1844-1896), de son côté, repose au cimetière des Batignolles à Paris, "près du périphérique, sous d’affreuses fleurs en plastique" assène la pétition.

Les signataires ne manquent pas d'appuyer le caractère patrimonial des œuvres respectives des deux poètes :

C’est dans l’œuvre de Verlaine que l’on a puisé en 1944 le message annonçant le débarquement en Normandie à l’intention de la résistance intérieure – le vers célèbre "Les sanglots longs des violons de l’automne/ Bercent mon cœur d’une langueur monotone". C’est vers la figure emblématique de Rimbaud que l’on se tourne dès qu’une révolte éclate, surréaliste ou étudiante, comme en mai 68, ou lorsqu’il est question de « Changer la vie », le slogan de la gauche des années 1970.

Arthur Rimbaud et Paul Verlaine ont pourtant longtemps été considérés comme des amants scandaleux, et à ce titre punis. Les signataires de l'appel estiment ainsi que les panthéoniser reviendrait à leur rendre justice, deux siècles après la condamnation de Verlaine à deux ans de prison.

L'histoire sulfureuse des deux poètes débute à la fin de l'été 1871. Arthur Rimbaud, après une brève correspondance dans laquelle il a donné à lire quelques uns de ses poèmes, débarque à Paris, dans le cercle littéraire de Verlaine. Celui-ci, âgé de 27 ans, s'éprend du jeune Ardennais, de 10 ans son cadet. Ensemble, ils vivent un amour passionné et tumultueux.

Deux ans plus tard, en 1873, lors d'une énième dispute à Bruxelles où ils se sont réfugiés, Rimbaud annonce son désir de repartir à Paris.  Verlaine explose, descend acheter un revolver, puis remonte à l’hôtel. Ivre mort, à trois mètres de distance, il parvient à toucher Rimbaud au poignet ; le second coup se fiche dans le plancher. La série documentaire Une Histoire particulière revenait sur cet épisode décisif dans la vie des deux poètes :

Verlaine est arrêté. Mais c'est davantage pour son homosexualité et son passé de communard que pour les violences faites à Arthur Rimbaud qu'il sera condamné, ce que ne manque pas de rappeler la pétition :

Paul Verlaine a été condamné à deux ans de prison pour avoir tiré deux coups de revolver sur Rimbaud. Ce dernier, dont la blessure était légère, s’est désisté de toute action en justice. Mais le parquet belge et la police française ont monté un dossier à charge, dont les archives prouvent désormais qu’il fut lié à son rôle dans la Commune et à son homosexualité. Il est resté 555 jours en prison, quand il aurait dû n’y passer que quelques semaines. Et on sait aussi que la Préfecture de police de Paris a favorisé l’aggravation de sa peine en raison, précisément, de ce "drôle de ménage ".

Les signataires de la pétition font ainsi "appel au président de la République", seul habilité à décider d'un transfert ou non au Panthéon. Sous son mandat, Emmanuel Macron a déjà transféré deux personnes au Panthéon : la résistante et ministre Simone Veil, avec son mari Antoine, en juillet 2018.

Précision 9/9  - 18h07 : Roselyne Bachelot n'a pas signé directement la pétition mais la soutient publiquement

10 septembre 2016

PLOUHARNEL : Graffiti. War ! sévit au Bégo

War ! Le mystérieux artiste rennais a peint un héron au Bégo. Il y a un nouvel oiseau sur le site du Bégo. Il est arrivé ce vendredi après-midi sur la tour de télémétrie. Comme à son habitude, dans la plus pure tradition du graffiti, l'artiste n'avait rien demandé. War ! Le mystérieux Rennais est venu se poser. War ! C'est le nom avec lequel signe ce graphiste dont les oeuvres sont nombreuses dans la capitale bretonne mais aussi à Vannes et à Lorient. Discret, l'artiste travaille souvent de nuit ou alors comme il l'a fait au Bégo avec une épaisse écharpe sur le visage et des lunettes de soleil. « Je recherche des lieux avec de beaux murs, explique l'artiste. Je fais des repérages et c'est d'abord le support qui m'inspire. Je souhaite ensuite apporter une chose en plus ». Que ce soient des poissons, des oiseaux ou toutes autres sortes d'animaux, ils sont forcément gigantesques. La tour du Bégo, ne pouvait donc qu'appeler les rouleaux de peinture de War ! : « Faire un héron était une évidence, ajoute-t-il. J'aime faire coïncider mes réalisations au format du support ». Pour immortaliser ce moment de création pourtant illégale, une équipe de production a filmé l'avancée du travail, un reportage sur le street-art étant en préparation. War n'est en effet plus un vague tagueur de rues. Si ses oeuvres sont déjà nombreuses à Rennes, il a d'ailleurs réalisé très officiellement à la demande de la ville trois suricates « les sentinelles » sur la fameuse route de Lorient. Mais au Bégo, pas de commande, car l'artiste revendique ses racines : « Je viens du graffiti. Et la pureté de cette pratique, son origine, c'est la liberté de s'exprimer où l'on veut ». Pratique Site Internet de War ! : www.warindawest.fr

source : Le Télégramme

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