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Jours tranquilles à Paris
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26 mars 2019

Turquie : Erdogan veut renommer l'ex-basilique Sainte-Sophie en "mosquée Sainte-Sophie"

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Marisa Papen à la Basilique Sainte Sophie d'Istanbul.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a évoqué dimanche 24 mars la possibilité de renommer l'ex basilique Sainte-Sophie d'Istanbul, actuellement un musée, en "mosquée Sainte-Sophie" après les élections locales du 31 mars.

Interrogé à propos d'une possible gratuité du musée Sainte-Sophie lors d'une interview télévisée, le chef de l'Etat a répondu : "Ce n'est pas impossible. (...) Mais nous ne le ferons pas sous le nom de musée mais de "mosquée Sainte-Sophie". Sa remarque a provoqué un "oh" de surprise de la journaliste qui lui avait posé la question sur la chaîne TGRT Haber.

Chrétiens et musulmans se disputent régulièrement cette église

Oeuvre architecturale majeure construite au VIe siècle à l'entrée du détroit du Bosphore et de la Corne d'or, la basilique Sainte-Sophie fait régulièrement l'objet de polémiques entre chrétiens et musulmans qui se disputent son utilisation. Cette église, où étaient couronnés les empereurs byzantins, a été convertie en mosquée au XVe siècle après la prise de Constantinople par les Ottomans en 1453. Sous le régime laïque de Mustafa Kemal Atatürk, elle a été désaffectée et transformée en musée afin, dit la loi, de "l'offrir à l'humanité".

"Les touristes vont et viennent à la Mosquée bleue, est-ce qu'ils payent quoi que ce soit ? (...) Eh bien nous ferons pareil à Sainte-Sophie", a ajouté le président Erdogan, en pleine campagne pour des élections locales le 31 mars qui s'annoncent serrées dans les villes comme Ankara et Istanbul.

Monument classé au patrimoine mondial de l'Unesco

Le statut de ce monument, aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'Unesco et visité par des millions de touristes chaque année, continue d'irriter les musulmans de Turquie les plus militants.

Depuis l'arrivée de M. Erdogan au pouvoir en 2003, les activités liées à l'islam se sont multipliées à l'intérieur de Sainte-Sophie, avec notamment des séances de lecture de versets du Coran ou des prières collectives sur le parvis du monument. La Grèce voisine, qui surveille de près le devenir du patrimoine byzantin en Turquie, a plusieurs fois exprimé sa préoccupation quant aux initiatives visant à remettre en question le statut de Sainte-Sophie. Le sujet a été à nouveau évoqué après l'attentat commis le 15 mars par un extrémiste de droite contre deux mosquées à Christchurch en Nouvelle-Zélande, où il a fait 50 morts. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a plusieurs fois mentionné le "manifeste" publié par l'auteur de l'attentat, dans lequel il déclare notamment que la basilique Sainte-Sophie sera "libérée" de ses minarets. "Vous n'arriverez pas à faire d'Istanbul une Constantinople", a ainsi réagi le 25 mars le chef de l'Etat turc.

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21 mars 2019

Les militaires de Sentinelle seront mobilisés pour l’acte XIX des « gilets jaunes »

ça ne peut plus durer

Par Nathalie Guibert, Cédric Pietralunga, Nicolas Chapuis

Si ce n’est pas la première fois que des soldats sont appelés en renfort dans le cadre d’un rassemblement, la communication du gouvernement crée un effet d’annonce.

La nouvelle a provoqué un vif émoi. Le gouvernement a annoncé, mercredi 20 mars, son intention de mobiliser les militaires de l’opération antiterroriste « Sentinelle » dans le cadre du dispositif de maintien de l’ordre prévu samedi 23 mars pour encadrer la dix-neuvième journée de mobilisation des « gilets jaunes ».

Si de telles dispositions sont déjà régulièrement prises à l’occasion de différentes manifestations, c’est la première fois que l’exécutif communique à ce sujet, provoquant un fort effet d’annonce.

Lors du conseil des ministres, Emmanuel Macron a décidé « une mobilisation renforcée du dispositif “Sentinelle” pour sécuriser les points fixes et statiques », a rapporté le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux à l’issue de la réunion. L’objectif est de « permettre aux forces de l’ordre » de se « concentrer sur les mouvements, le maintien et le rétablissement de l’ordre », a-t-il expliqué.

« Nous ne pouvons pas laisser une infime minorité violente abîmer notre pays et détériorer l’image de la France à l’étranger », a aussi justifié M. Griveaux, alors que les images de violence diffusées en continu samedi 16 mars sur les chaînes d’information ont mis le gouvernement sous pression. Pour l’exécutif, voir des scènes d’émeutes se reproduire serait donner le sentiment qu’il n’est pas capable de garantir l’ordre public en France, avec toutes les conséquences politiques et institutionnelles que cela peut avoir.

« Il ne faut pas voir de signification politique »

Selon le gouvernement, il n’est évidemment pas question de demander aux militaires de participer directement aux opérations de police. « On a à notre disposition cette mission Sentinelle, assurée par des militaires et qui ont parfaitement vocation à sécuriser les lieux, comme d’ailleurs nos concitoyens ont l’habitude de le voir », a expliqué M. Griveaux.

A Matignon, l’entourage du premier ministre, Edouard Philippe, assure qu’« il ne faut pas voir de signification politique » dans cette décision, mais seulement une mesure technique.

Le principe retenu est d’éviter le plus possible que les militaires se retrouvent au contact direct de manifestants. Il s’agit surtout de dégager des effectifs de police utilisés pour des gardes statiques dans des lieux éloignés des mobilisations de « gilets jaunes ». Les soldats pourraient également prendre des postes à l’intérieur des bâtiments protégés.

« LES ARMÉES, ACTUELLEMENT, LEUR ENNEMI, CE SONT LES TERRORISTES », GENEVIÈVE DARRIEUSSECQ

Les deux principaux syndicats policiers, Unité SGP Police-Force ouvrière et Alliance Police nationale, avaient appelé de leurs vœux une telle mesure après les importantes dégradations de l’acte III de la mobilisation des « gilets jaunes », marqué, notamment, par le saccage de l’Arc de triomphe.

De manière générale, les organisations plaident pour limiter au minimum les gardes statiques pour la police. En décembre 2018, la secrétaire d’Etat auprès de la ministre des armées, Geneviève Darrieussecq, se montrait circonspecte, sur LCI : « Déclarer une manifestation, ça permet tout simplement de pouvoir faire en sorte de protéger les manifestants, de protéger les biens publics et, dans ce cadre-là, la police est parfaitement habilitée à cela. Pour ce qui est de l’armée, non. Les armées n’interviennent pas dans des missions de sécurité publique intérieure. Les armées, actuellement, leur ennemi, ce sont les terroristes. »

En réalité, ce type de remplacement existe déjà à la marge, afin de soulager les dispositifs policiers d’une partie de leurs tâches lors des rassemblements importants.

Par ailleurs, les soldats de l’opération Sentinelle ont continué à patrouiller dans les rues tout au long des dix-huit actes des « gilets jaunes ». Une discussion a lieu entre le préfet et l’état-major des armées pour décider des volumes d’effectifs mobilisés ainsi que du type de mission à remplir. Le but est d’évaluer le risque de confrontation avec une foule revendicative, les militaires n’étant pas formés pour faire du maintien de l’ordre. « Un soldat menacé, ça tire, il est entraîné pour ça », résume une source policière spécialisée dans la sécurisation des manifestations. L’état-major des armées peut d’ailleurs refuser de remplacer les gardes statiques sur certains sites s’il estime le risque trop élevé.

Une annonce condamnée par l’opposition

Les ordres devraient d’ailleurs être clairs, pour éviter à tout prix d’en venir à des extrémités que personne ne souhaite. Les difficultés posées par le mouvement des « gilets jaunes », dont les parcours sont souvent erratiques dans les villes, compliquent la situation. Impossible d’affirmer avec certitude que des militaires ne se trouveront pas confrontés à des manifestants. Les troupes de l’armée pourront alors être désengagées ou protégées par des unités de la police ou de la gendarmerie nationale. S’ils sont témoins de scènes de violence, ils ont pour consigne d’appeler les forces de l’ordre pour les faire cesser.

« L’ARMÉE NE PEUT ET NE DOIT ASSURER AUCUNE TÂCHE DE POLICE, [CAR] CE N’EST PAS SON MÉTIER », JEAN-LUC MÉLENCHON

L’annonce a beau ne pas être une révolution, sa mise en scène par le gouvernement a immédiatement enflammé l’opposition. « L’Etat de droit est chaque jour davantage piétiné », s’est insurgée sur Twitter la députée (La France insoumise, LFI) de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain. « Quelles que soient les circonstances, l’armée ne peut et ne doit assurer aucune tâche de police, [car] ce n’est pas son métier », a jugé Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de LFI. De son côté, le député (LFI) de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière a demandé que l’Assemblée nationale puisse débattre du sujet en urgence.

Les « gilets jaunes » eux-mêmes se sont émus de l’annonce sur les réseaux sociaux, y voyant une nouvelle atteinte aux libertés. « Jamais de la vie un soldat français ira tirer sur un civil français sur le sol français [car] les militaires français sont pour la plupart des enfants de “gilets jaunes” », a de son côté assuré Maxime Nicolle, l’une des figures du mouvement, dans une vidéo diffusée mercredi.

L’utilisation de l’armée lors d’un conflit social n’est pas une première. En 1992, Pierre Bérégovoy, alors premier ministre, avait fait appel aux militaires pour dégager des axes routiers bloqués par des camionneurs qui protestaient contre l’instauration du permis à points. Plus de cinq cents soldats, des blindés légers et un char AMX-30 avaient notamment été envoyés sur l’autoroute du Nord, près de Phalempin, afin de libérer l’axe Paris-Lille.

Nathalie Guibert, Cédric Pietralunga et Nicolas Chapuis

« Gilets jaunes » : 200 millions d’euros de dégradations. Le coût des dégradations commises durant les manifestations des « gilets jaunes » s’élève désormais à 200 millions d’euros, après la prise en compte de celles de l’acte XVIII du mouvement, a fait savoir, mercredi, le ministre de l’économie et des finances Bruno Le Maire. « Si l’on regarde plus précisément la manifestation du 16 mars, l’évaluation globale du coût des dégradations est de 30 millions d’euros », a-t-il précisé devant les commissions des affaires économiques et des finances de l’Assemblée nationale. Il y a par ailleurs selon le ministre un « impact direct et de court terme sur la croissance française » du mouvement des « gilets jaunes » qui « peut aller jusqu’à 0,2 point de produit intérieur brut pour 2018 et 2019 », soit plus de 4,5 milliards d’euros.

2 octobre 2016

La nuit dernière c'était LA NUIT BLANCHE à Paris - ERWIN OLAF à l'Hôtel de Ville

Erwin Olaf — Hôtel de Ville

L’une après l’autre, les fenêtres de l’Hôtel de Ville s’animent de vidéos en slow motion. Des visages s’éveillent et des corps s’étirent lentement. Les nombreuses figures mises en scène par Erwin Olaf sur la façade reflètent les visages multiples de celle ou celui que les visiteurs poursuivront toute la nuit. Enchâssées dans la façade, ces images fardées finissent par faire corps avec l’architecture et semblent se transformer progressivement en statues.

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http://www.erwinolaf.com/

Voir mes précédents billets sur Erwin Olaf

26 février 2019

Antiterrorisme, diplomatie : le pari irakien d’Emmanuel Macron

Par Marc Semo

Le pays, point d’équilibre dans une région tiraillée par les conflits et les rivalités de puissances, « a vocation à retrouver un rôle de pivot », selon le chef de l’Etat, qui accueillait lundi son homologue irakien.

Les autorités françaises misent sur l’Irak. Elles considèrent Bagdad comme un partenaire majeur aussi bien sur le terrain de l’antiterrorisme face à l’organisation Etat islamique (EI) que sur le plan diplomatique, pour revenir pleinement dans le jeu au Moyen-Orient. « Le relèvement de l’Irak est un signe d’espoir pour toute la région », a souligné Emmanuel Macron lundi 25 février dans une conférence de presse aux côtés de son homologue irakien Barham Saleh, à l’issue d’un déjeuner à l’Elysée.

Le président français avait prévu de se rendre en Irak en février ou début mars, projet renvoyé en raison de ses engagements dans le débat national. C’est donc son homologue, un Kurde dont les pouvoirs sont surtout symboliques, comme le prévoit la Constitution irakienne, qui s’est rendu à Paris avant une visite du chef de l’Etat « d’ici quelques mois ».

Comme pour souligner l’enjeu sécuritaire commun, le matin même du début de la visite, les autorités de Bagdad reconnaissaient le transfert dans leur pays de treize djihadistes présumés français capturés en Syrie par les Forces démocratiques syriennes (FDS), les partenaires de la coalition internationale. « Toute personne accusée d’avoir commis des crimes en Irak, contre le peuple irakien, contre les installations irakiennes, nous la recherchons pour la juger », a précisé Barham Saleh sans pour autant confirmer la nationalité des détenus.

A son côté, Emmanuel Macron s’est aussi refusé à tout commentaire sur leur nationalité ou leur identité. « Pour les Français majeurs détenus qui seraient transférés, il reviendra d’abord aux autorités irakiennes de décider souverainement s’ils doivent faire l’objet de procédures judiciaires sur place », a-t-il précisé. Le cadre ainsi fixé reste celui affirmé sous la présidence Hollande. En laissant quasiment carte blanche aux autorités irakiennes – sauf pour la peine de mort – il est suffisamment souple pour permettre le transfert, le jugement en Irak et l’incarcération de certains djihadistes français capturés en Syrie. Ils bénéficieront néanmoins comme tout citoyen français « du droit à la protection consulaire ».

Une pièce essentielle dans la lutte contre ce qui reste de l’EI

Le retrait américain de Syrie, même s’il sera plus limité qu’annoncé par Donald Trump en décembre 2018, avec le maintien sur place de 200 hommes, fait de l’Irak une pièce essentielle dans la lutte contre ce qui reste de l’EI. « La menace terroriste demeure et nous restons aux côtés des Irakiens aussi bien politiquement que militairement », a insisté le président français.

irak et france

Son homologue irakien a rappelé, aussi bien à l’Elysée que quelques heures plus tard devant l’Institut français des relations internationales (IFRI), la nécessité de « stabiliser et solidifier une victoire qui si elle est importante ne marque pas la fin de l’extrémisme et du terrorisme que nous avons connu ». Et d’insister en mettant en garde contre tout sentiment d’euphorie sur « la nécessité de ne pas crier victoire trop tôt » en affrontant maintenant « les causes profondes », notamment économiques et sociales du djihadisme.

« L’Irak a vocation à retrouver un rôle de pivot dans la région », a également encouragé Emmanuel Macron. Le pays est un partenaire clé, chez lequel la France peut bénéficier d’un terrain favorable. « Le refus, justifié, de participer en 2003 à l’intervention menée par les Etats-Unis qui a renversé Saddam Hussein a été un handicap vis-à-vis des autorités de Bagdad et de la majorité chiite, mais la guerre menée en commun contre Daech [acronyme de l’EI en arabe] a changé la donne », souligne un haut diplomate français. « Les Irakiens regardent vers la France aussi parce que l’Amérique n’est pas fiable, que les Russes n’ont pas grand-chose à apporter pour la reconstruction et que les pays du Golfe hésitent face à un pays à majorité chiite et gardant de bonnes relations avec l’Iran », renchérit une source proche du dossier.

De relativement bonnes relations avec tous les acteurs

« L’intérêt de l’Irak est d’être un point d’équilibre et de rester en dehors des querelles de nos voisins », a insisté Barham Saleh devant l’IFRI. Bagdad est en effet la seule capitale régionale à entretenir de relativement bonnes relations avec tous les acteurs, aussi bien l’Iran que le régime syrien mais aussi l’Arabie saoudite. Tout cela en restant lié aux Etats-Unis, qui maintiennent sur place quelque 5 000 hommes. Une montée des tensions entre Washington et Téhéran pourrait néanmoins tout remettre en cause, ce qui explique une très prudence des investisseurs occidentaux, dont les Français, même si Paris a accordé 1 milliard d’euros d’aides sur quatre ans pour la reconstruction.

Cet équilibre se retrouve aussi sur la scène politique intérieure avec une politique plus « inclusive » pour toutes les minorités. Le nouveau premier ministre, Adel Abdel Mehdi, francophone et francophile, nommé en octobre 2018 après un compromis entre les deux blocs chiites rivaux, en est le symbole. « La stabilité du pays passe par la capacité à construire des solutions politiques incluant toutes les composantes de la société irakienne », a souligné Emmanuel Macron, évoquant notamment les chrétiens et les Yézidis et en rendant hommage à cet égard aussi bien au premier ministre qu’au président irakien.

Celui-ci s’était rendu dans la matinée à l’Unesco, qui avait lancé il y a un an le projet « faire revivre l’esprit de Mossoul » la grande ville multiculturelle du nord dévastée par les djihadistes. Une manière de souligner l’importance de cet héritage commun.

30 juillet 2016

LIBERTE DE LA PRESSE : RSF dénonce les rafles de journalistes en Turquie

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Dix jours après le coup d’Etat avorté, la purge contre les médias turcs prend des proportions toujours plus alarmantes. Depuis le 25 juillet 2016, ce sont 89 journalistes qui ont fait l'objet d'un mandat d'arrêt, dont une vingtaine sont déjà en garde à vue. RSF condamne une “chasse aux sorcières”.

A l’aube de ce 27 juillet, la police antiterroriste a lancé des recherches contre 47 anciens collaborateurs du quotidien Zaman (liste complète ici), sur la base de mandats d’arrêt émis par un procureur d’Istanbul. Ces noms s’ajoutent à ceux de 42 journalistes déjà recherchés dans le cadre de l’enquête sur la confrérie Gülen, présentée par les autorités comme responsable de la tentative de coup d’Etat du 15 juillet. Parmi la vingtaine de journalistes déjà placés en garde à vue figurent le chroniqueur Şahin Alpay, l’ancienne éditorialiste de Zaman Nuriye Akman, la célèbre présentatrice Nazlı Ilıcak et l’ancien collaborateur de Hürriyet, Bülent Mumay.

“Il est difficile de croire que ces rafles toujours plus larges ne servent que l’objectif légitime de démasquer les putschistes et leurs complices, déclare Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l’est et Asie centrale. Il est triste d’avoir à le répéter : critiquer le gouvernement ou travailler pour des médias favorables à la confrérie Gülen ne sont en aucun cas des preuves d’une implication dans le coup d’Etat raté. Si les autorités ne peuvent apporter d’éléments plus crédibles, elles ne font que poursuivre des délits d’opinion, ce qui est intolérable.”

Favorable à la confrérie Gülen et très critique des autorités depuis quelques années, le quotidien Zaman avait été placé sous tutelle judiciaire en mars 2016. La police avait pris d’assaut les locaux du journal, dont la rédaction avait aussitôt été congédiée. La ligne éditoriale du titre avait changé à 180 degrés, si bien qu’il avait perdu la majeure partie de son lectorat et avait fini par être liquidé.

De nombreux précédents montrent que la justice turque procède souvent par association, accusant des journalistes d’appartenir à des organisations armées du fait d’accointances idéologiques supposées. En décembre 2011, 36 professionnels des médias ont été arrêtés dans le cadre de l’enquête sur l’Union des communautés du Kurdistan (KCK, interdit). Entre 2008 et 2013, de nombreux autres journalistes ont été placés en détention, soupçonnés d’appartenir au réseau ultranationaliste présumé “Ergenekon”. Dans un cas comme dans l’autre, les enquêtes n’ont pas été concluantes et les journalistes ont fini par être relâchés après de longues périodes de détention provisoire, jusqu’à plus de quatre ans.

La Turquie occupe la 151e place sur 180 dans le Classement mondial 2016 de la liberté de la presse, publié par Reporters sans frontières (RSF).

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2 février 2019

Udo Kier, le mal dominant

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Le Festival du film fantastique de Gerardmer rend hommage à l’acteur allemand, préposé aux rôles de savants fous, de vampires ou de nazis

CINÉMA

Un regard bleu acier d’une inflexibilité surnaturelle transperce, cette année, l’obscurité des salles et des nuits ensanglantées du Festival du film fantastique de Gérardmer, dont la 26e édition s’achève dimanche 3 février dans l’enceinte de la cité vosgienne. Ce regard, c’est celui du comédien allemand Udo Kier, invité d’honneur de la manifestation, dont l’éclat hypnotique hante les cinémas européen et américain depuis désormais plus de cinquante ans. A 74 ans, l’acteur peut se prévaloir d’un tableau de chasse impressionnant, pour avoir joué dans près de 260 films, auprès de certains des plus grands cinéastes contemporains, comme Rainer Werner Fassbinder (Lili Marleen, 1981), Gus Van Sant (My Own Private Idaho, 1991) ou Lars von Trier (Melancholia, 2011).

Avec sa silhouette gracile et élégante, sa présence inquiétante, sa beauté trouble, Udo Kier incarne cette « séduction du mal » qui convenait tout aussi bien aux codes du genre horrifique qu’aux préoccupations du cinéma moderne des années 1960-1970. Suceur de sang (L’Ombre du vampire, 2000), chasseur de sorcières (La Marque du diable, 1970) ou psychopathe (Breaking the Waves, 1996), il a contribué à rénover les anciens mythes fantastiques – ceux de Dracula, de Frankenstein, du Docteur Jekyll ou de Jack l’Eventreur – en exposant toute leur ambiguïté sexuelle.

C’est avec une langue profuse et vagabonde qu’Udo Kier revient sur cette carrière labyrinthique, qui trouve son origine au cœur même du désastre. Né à Cologne, en octobre 1944, l’acteur rappelle avoir vu le jour « dans un hôpital bombardé » : « Je ne dois la vie qu’à ma mère, qui a tenu à me garder dans ses bras, alors qu’un mur s’écroulait au même moment sur les couveuses. Heureusement, son lit n’a rien subi, car il était situé dans un coin. Parfois, dans mes cauchemars, je vois des bâtiments qui s’écroulent et une main qui me protège. Etre né et avoir grandi dans ces temps horribles en Allemagne m’a toujours donné envie de quitter le pays. » Ce qu’il fit à l’adolescence pour rejoindre le Royaume-Uni et apprendre l’anglais.

Quand il évoque ses débuts de comédien, Udo Kier pense d’abord à Jean Marais : « Je l’ai rencontré sur le tournage du feuilleton Joseph Balsamo, d’André Hunebelle. J’avais décroché un autre rôle pour le cinéma, mais les gens de la série refusaient de me laisser partir. Jean m’a défendu face à la production et permis ainsi de faire les deux. » Pour le reste, Kier se prévaut surtout du hasard : « J’ai commencé au cinéma en étant recruté dans la rue pour un travelogue anglais, La Route de Saint-Tropez [1966]. J’étais tellement naïf, je ne savais même pas ce qu’était un plan au téléobjectif. Lors d’une scène, je devais sortir de la mer et je ne voyais pas la caméra… Je ne savais pas que j’étais filmé de loin ! Mais, à partir de là, je ne voulais plus empiler les petits boulots dans les bars, les cuisines ou les défilés de mode : je voulais jouer au cinéma. »

Ticket d’entrée aux Etats-Unis

Ses premiers grands rôles le propulsent dans le genre fantastique, notamment dans deux œuvres atypiques de Paul Morrissey, réalisées en Europe pour la Factory d’Andy Warhol. Chair pour Frankenstein (1973) et Du sang pour Dracula (1974) sont deux relectures distanciées et hypersexualisées de ces personnages-clés du fantastique, dont le comédien livre à chaque fois une interprétation intensément doloriste, sur la brèche du sadomasochisme.

A côté de cela, il intègre la troupe de Fassbinder, enfant terrible du nouveau cinéma allemand, pour lequel il incarne tantôt un terroriste (La Troisième Génération, 1979), tantôt un délateur sous le régime nazi (Lili Marleen). « Dans la troupe de Fassbinder, il m’arrivait parfois de faire l’assistant ou le décorateur, puisque tout le monde échangeait son poste d’un film à l’autre. A cette époque, si l’on travaillait avec lui, on ne pouvait pas faire de film avec Werner Herzog, l’autre personnalité forte du cinéma allemand, et inversement. Chacun avait ses acteurs attitrés qu’ils ne s’échangeaient sous aucun prétexte, puisqu’ils auraient été soupçonnés de faire de l’espionnage artistique ! »

Son ticket d’entrée aux Etats-Unis, Udo Kier le doit à Gus Van Sant, qui lui offre, dans My Own Private Idaho, un second rôle marquant : celui de M. Hans, client des jeunes prostitués joués par River Phoenix et Keanu Reeves, qui, dans une scène hallucinée, leur chante une chanson macabre dans une chambre d’hôtel. De l’autre côté de l’Atlantique, son image ténébreuse se double d’une forme d’exotisme inversé. « Quand on est un acteur allemand et qu’on part travailler aux Etats-Unis, résume-t-il, on ne peut jouer que les savants fous, les vampires ou les nazis. Ce sont les trois seules possibilités qu’on vous laisse ! Je me refuse de toute façon à jouer un nazi sérieusement : aucune chance que je me projette dans sa tête ! J’ai joué plusieurs fois le rôle d’Adolf Hitler, mais toujours sur un registre comique. »

Adepte du grand écart, l’acteur se fraie, dans le cinéma américain, une voie singulière entre films à petit budget et blockbusters (The Blade, Armageddon). « Mais je préfère les films indépendants, précise-t-il, parce qu’on a la possibilité d’inventer quelque chose pendant le tournage. Dans l’industrie, on vous donne un texte bien précis, et si jamais on ajoute ne serait-ce qu’une phrase, trois scénaristes syndiqués vous sautent dessus pour vous prévenir que vous ne serez pas crédité pour ça ! »

Quand on lui demande le secret de son jeu magnétique et possédé, Udo Kier brandit un paradoxe : « Je déteste le jeu d’acteur explicite, shakespearien. Ce n’est tout simplement pas ce que je sais faire. Lars von Trier, par exemple, répète toujours à ses acteurs : “Ne jouez pas !” Je n’ai jamais étudié le jeu dans une école. J’ai appris le cinéma sur le tas et, par une drôle de tournure des choses, j’ai fini par l’enseigner moi-même ! Il y a certaines choses, très mystérieuses, que l’on n’apprend tout simplement pas. » Façon, sans doute, de faire comprendre que l’art suprême de l’acteur transformiste, tel qu’il le pratique, n’est peut-être pas autre chose que de disparaître en lui-même.

Projection de « Puppet Master : The Littlest Reich », de Sonny Laguna et Tommy Wiklund (Etats-Unis, 2018), samedi 2 février à 19 h 30 (Espace Lac) et à 22 heures (Casino), dimanche 3 à 9 heures (Casino) et à 14 heures (Paradiso). Festival international du film fantastique de Gérardmer (Vosges), jusqu’au 3 février. http://festival-gerardmer.com/2019/

25 mars 2014

L’HOMMAGE DE SAINT LAURENT À JOE DALLESANDRO

ECRIT PAR JULIEN LAMBEA

Hedi Slimane, directeur artistique de Saint Laurent, vient de dévoiler sous la bannière de la marque un portrait de l’acteur Joe Dallesandro photographié par ses soins.

Egérie warholienne à la beauté sculpturale et icône du cinéma underground, l’acteur américain parfois oublié Joe Dallesandro revient sur le devant de la scène pour l’objectif d’Hedi Slimane. Dans la lignée des portraits de musiciens de son Music Project, cet hommage photographique “made in Los Angeles” peut surprendre au premier abord - d’autant plus que l’on ne peut pas y déceler la présence de vêtements de la marque - mais n’est pas dénuée de sens pour la maison française. En plus d’avoir été, au même titre qu’Yves Saint Laurent lui-même, un modèle et ami d’Andy Warhol, et une figure de l’ambivalence androgyne (immortalisée par Serge Gainsbourg dans le film Je t’aime non plus) si chère à la mode d’Hedi Slimane, Joe Dallesandro fait aussi partie de la mythologie stylistique rock:  cité par Lou Reed dans Walk on the Wild Side, c’est lui qui porte le jean serré montré en gros plan sur la pochette légendaire de l’album Sticky Fingers des Rolling Stones. Une image que l’on doit également à Warhol et à laquelle la maison fait référence dans sa dernière campagne masculine. Par ailleurs, plusieurs photographies de Dallesandro (notamment l’affiche du film Flesh de Paul Morrissey) le représentent portant un bandana rouge, pièce-phare de la collection printemps-été 2014 conçue par Hedi Slimane, qui avait déjà photographié l’homme en 2009, à l’issue d’une rencontre organisée par le cinéaste Gus Van Sant.

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Voir mes billets du 15 novembre 2013 et du 7 juin 2013 à propos de Joe Dallesandro et du film de Serge Gainsbourg "Je t'aime moi non plus"

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Pour Andy Warhol voir mes précédents billets en date des 9/11/2013, 6/11/2013, 1/11/2013, 23/4/2013, 19/4/2013, 3/3/2013, 28/1/2013, 30/8/2012, 12/4/2012, 16/8/2011, 10/6/2011, 1/4/2011.

22 février 2014

Ukraine

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#UKRAINE Ambiance fin de règne à Kiev. Le président Ianoukovitch, qui aurait quitté la ville, est introuvable et les manifestants contrôlent la capitale. La police s'est rangée "aux côtés du peuple" et soutient "des changements rapides". Un nouveau président du Parlement a été élu, il s'agit d'Oleksandr Tourtchynov, le bras-droit de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko.

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Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a quitté Kiev pour son fief de l'est du pays

Depuis vendredi soir et la signature d'un accord politique avec ses opposants, personne ne savait où se trouvait précisément Viktor Ianoukovitch. La réponse est finalement arrivée : le président ukrainien a quitté la capitale Kiev pour son fief de Kharkiv, dans l'est du pays. Sa collaboratrice l'a annoncé samedi 22 février à la mi-journée. Dans la capitale, les opposants ont investi les principaux lieux de pouvoir. Voici les dernières informations.

2 février 2014

"Nymphomaniac" - volume 2 - Vu ce soir

NYMPHOMANIAC est la folle et poétique histoire du parcours érotique d'une femme, de sa naissance jusqu'à l'âge de 50 ans, racontée par le personnage principal, Joe, qui s'est autodiagnostiquée nymphomane. Par une froide soirée d’hiver, le vieux et charmant célibataire Seligman découvre Joe dans une ruelle, rouée de coups. Après l'avoir ramenée chez lui, il soigne ses blessures et l’interroge sur sa vie. Seligman écoute intensément Joe lui raconter en huit chapitres successifs le récit de sa vie aux multiples ramifications et facettes, riche en associations et en incidents de parcours.

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13 mars 2019

Theresa May en sursis et le Brexit dans l’impasse après un nouveau veto des députés

Par Philippe Bernard, Londres, correspondant

Dès mercredi, les élus devraient voter pour exclure une sortie de l’UE sans accord le 29 mars, puis pour demander un report de la date du divorce. Mais la classe politique est toujours aussi divisée.

L’accord sur le Brexit laborieusement négocié avec Bruxelles depuis deux ans est mort, et Theresa May, qui l’a conclu, n’est, politiquement, guère en meilleur état. L’ampleur du rejet de ce texte par les députés britanniques, mardi 12 mars au soir, a le mérite de la clarté : 391 l’ont rejeté tandis que seuls 242 l’ont approuvé ; par ailleurs 75 des 314 élus conservateurs ont défié leur première ministre.

Le résultat est moins cinglant que celui enregistré le 15 janvier lors d’un premier vote négatif. Mais il est sans appel. A nouveau, il résulte du rejet conjoint par les députés europhobes – qui considèrent que l’accord ferait de leur pays un « vassal » de l’Union européenne (UE) –, et par les élus proeuropéens – qui le trouvent moins avantageux que le maintien dans l’UE.

« Ce qui est extraordinaire est que personne ne sait ce qui va se passer après », a résumé Nick Robinson, vétéran du commentaire politique de la BBC, alors que la sortie de l’UE est programmée pour le 29 mars.

Métaphorique ou non, la quasi-extinction de voix dont a souffert Theresa May toute la journée de mardi symbolisait l’état d’un pays réputé pragmatique mais restant sans voix faute d’avoir su accepter des compromis avec ses voisins.

Prise des commandes du Brexit par le Parlement

« Je regrette profondément la décision prise par la Chambre [des Communes] ce soir », a déclaré la première ministre sur un ton caverneux à l’issue du vote. Feignant d’ignorer que son avenir à la tête du gouvernement est en question, et, fidèle à sa réputation d’opiniâtreté, elle a exclu de démissionner et pris acte du fait du jour : la prise des commandes du Brexit par le Parlement.

Dès mercredi, les députés devraient voter pour exclure une sortie de l’UE sans accord (« no deal ») le 29 mars, considéré comme catastrophique pour l’économie du Royaume-Uni. Le lendemain, un second vote, qui s’annonce lui aussi positif, devrait donner mandat au gouvernement pour obtenir des vingt-sept Etats de l’UE un report de la date du divorce prévu deux semaines plus tard.

Mais Theresa May, tout en avertissant les députés qu’ils se trouvent désormais face à « des choix peu enviables », s’est déclarée prête à jouer le jeu, quitte à avaler un certain nombre de couleuvres. Elle qui a tout fait pour court-circuiter le Parlement se dit désormais prête à obéir à ses injonctions. Alors que depuis plus de deux ans, elle s’est entêtée, pour satisfaire les ultras du Brexit, à brandir la menace d’un « no deal » sous prétexte de faire plier l’UE, elle a annoncé que les députés conservateurs seraient déliés de la discipline de leur parti lors du vote de mercredi à ce sujet.

Un geste d’apaisement mais aussi de faiblesse, porteur d’un risque d’implosion des tories, s’agissant d’un choix vital pour l’avenir du pays. Plus encore, probablement pour améliorer ses chances de survie, Theresa May a laissé entendre qu’elle-même voterait pour exclure ce « no deal » dont elle a jusque-là tant usé. « Je suis déterminée à mettre en œuvre le résultat du référendum [du 23 juin 2016], a affirmé la première ministre. Mais tout aussi convaincue que la meilleure façon de le faire est de sortir [de l’UE] en bon ordre avec un accord. Je crois toujours qu’il existe une majorité dans ce sens à la Chambre. »

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Le « no deal », scénario par défaut

Elle a cependant mis en garde les députés : à moins qu’un autre accord sur le Brexit ne recueille une majorité parlementaire, le « no deal » reste le scénario par défaut.

C’est d’ailleurs là-dessus que les ultra-Brexiters comme Boris Johnson misent : une sortie sans accord propice à leur projet de rupture nette avec l’UE en vue d’une nouvelle révolution ultralibérale transformant le pays en Singapour européen. Nouvelle coupe de cheveux mais europhobie inchangée, l’ancien ministre des affaires étrangères, candidat à la succession de Theresa May, a ainsi qualifié le « no deal » de « seule route de sortie sûre ».

La veille de cette nouvelle Berezina, la première ministre avait pourtant cru sortir par le haut de son calvaire. Les « réassurances juridiquement contraignantes » qu’elle avait obtenues lors d’un voyage éclair à Strasbourg sur le caractère provisoire du maintien dans l’union douanière prévu dans l’accord pour garantir le non-retour de la frontière entre les deux Irlandes, devaient permettre aux députés pro-Brexit de surmonter leurs réticences. Grâce au coup de main de l’UE, un vote positif paraissait possible.

Cinq mots ont suffi, à 11 heures, mardi matin, pour tuer cet espoir. Après dix-huit paragraphes encourageants, l’avis de l’attorney general (conseiller juridique du gouvernement) Geoffrey Cox s’achevait par un verdict sans appel : « Le risque légal demeure inchangé. » Plus attaché à sa réputation de grand juriste qu’à sa solidarité de député conservateur avec Theresa May, M. Cox n’a pas tourné autour du pot : les « instruments juridiques » concédés par l’UE contenaient certes des interprétations rassurantes du texte de l’accord, mais ils ne permettaient pas de jurer aux députés, comme ils l’exigeaient, que Londres pourrait quitter unilatéralement l’union douanière, ni que la Cour de justice de l’UE n’aurait pas son mot à dire en cas de contentieux.

Une atmosphère de malaise

« L’affaire va être difficile à vendre », remarquait alors un haut responsable gouvernemental cité par le Financial Times. Devant les Communes, la voix de stentor et les effets de manches de Geoffrey Cox n’ont effectivement pas suffi. L’attorney general redevenu homme politique, s’est retrouvé dans l’intenable position de soutenir son avis juridique négatif sur l’accord, tout en recommandant le vote en faveur du texte.

Lorsque Theresa May a ensuite ouvert le long débat préalable au vote, elle savait que l’affaire était cuite. Les députés tories ultra pro-Brexit comparaient l’UE à l’« Hotel California » de la chanson, dont on ne peut sortir. Sur son ton suave et désolé, leur chef de file Jacob Rees Mogg recommandait de « ne pas approuver la motion du gouvernement ». Il était bientôt suivi par les extrémistes nord-irlandais du DUP dont Theresa May a un besoin impératif des voix.

« Ce n’est pas vous mais le peuple britannique qui a décidé de quitter l’UE », a mis en garde la première ministre en enjoignant les députés de respecter le résultat du référendum. En cas de vote négatif, a-t-elle ajouté, « le Brexit pourrait passer par pertes et profits ».

Face à elle, dans une atmosphère de malaise liée à la voix éraillée de la première ministre, Jeremy Corbyn a eu beau jeu de rebondir sur le diagnostic négatif de l’attorney general. « Rien n’a changé », a-t-il répété en insistant sur les promesses non tenues de Theresa May et sur la nécessité pour le Parlement de se substituer à une cheffe de gouvernement déficiente.

May, sans voix mais pas sans aplomb

Peu après 19 heures, les députés livraient leur verdict couperet. « Game over » pour Theresa May, se sont pris à penser certains commentateurs. Mais la première ministre, toujours sans voix mais pas sans aplomb, est remontée au front pour envisager la suite devant une assemblée presque déboussolée par sa propre audace et la nouvelle période d’incertitude qu’elle ouvre.

Le rejet de l’accord négocié avec l’UE sur la base des « lignes rouges » dures imposées par Theresa May (sortie de l’union douanière et du marché unique, fin de la libre entrée des Européens) peut annoncer un tournant vers un Brexit plus léger.

Un maintien permanent dans une union douanière, comme le souhaite le Labour, voire un statut proche de celui de la Norvège qui a accès au marché unique sans appartenir à l’UE, sont envisageables. Une majorité inter-partis, jamais recherchée par Theresa May, pourrait se dégager autour de l’une de ces formules.

Mais les Vingt-Sept n’accorderont de délai supplémentaire que si une sortie de l’impasse actuelle est en vue. Et le temps presse, car le Brexit doit être effectif avant les élections européennes du 26 mai sauf pour Londres à devoir en organiser au Royaume-Uni, ce qui n’est guère possible politiquement.

Si le blocage persiste, on ne voit guère que le « no deal », un arrêt de la procédure de Brexit ou un référendum pour en sortir. Curieusement, la première ministre a mentionné cette dernière hypothèse, mais pas le chef du Labour ; 80 % des membres de son parti y sont pourtant favorables mais il y est personnellement hostile. M. Corbyn préférerait tirer parti de l’extrême faiblesse de Theresa May et du désarroi des tories pour provoquer de nouvelles élections.

19 janvier 2014

Romy Schneider en couverture de Vanity Fair (France)

Voici en avant-première la "Une" du huitième numéro de Vanity Fair, en kiosque mercredi 22 janvier et sur iPad. Jacques Dutronc raconte en exclusivité à Michel Denisot son amour secret avec Romy Schneider http://vn-ty.fr/romy-vf

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A propos de Romy Schneider voir mes précédents billets des 14/11/2013, 29/5/2012, 21/1/2012, 18/1/2012, 19/12/2011, 3/12/2011, 29/11/2011, 5/11/2011, 13/6/2011.

9 mars 2019

Erdeven. Un pingouin mazouté trouvé à la côte

Un pingouin-torda fortement mazouté a été trouvé ce vendredi après-midi sur une plage d’Erdeven (56), à La Roche-Sèche. Recueilli par des bénévoles, il a été transporté au refuge Volée de Piafs, à Languidic (56), pour y être soigné. « C’est un oiseau pélagique d’une espèce en grand déclin et très menacée, c’est très rare d’en voir à la côte », observent Nicole et Michel Fontana, qui l’ont recueilli, en s’interrogeant sur la raison de son mazoutage : « Est-ce un déballastage, ou du fuel qui s’échapperait d’une carcasse au fond, suite au coup de vent ? ». Ils invitent à alerter Volée de Piafs si d’autres oiseaux sont ainsi retrouvés, afin de les soigner et de tenter de les sauver. Tél. 06 08 98 42 36.

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29 décembre 2013

Arielle Dombasle au Théâtre du Rond Point - Vu le 24 décembre

Cliquez ICI

"El Tigre" : Interview d'Alfredo Arias pour Première :

"Lana, c’est Arielle Dombasle qui arrive enfin dans votre univers.C’est vrai qu’il était temps ! Quand il a fallu trouver l’actrice qui se rapprochait le plus de cet univers, Arielle s’est imposée. Elle a le physique, la culture, l’humour, pour s’embarquer dans cette aventure. Je l’avais vue jouer, surtout chez Jérôme Savary, mais j’ai été conquis par la qualité et la fantaisie du disque "Extraterrestre", qu’elle a fait avec Philippe Katerine. Elle possède ce sens du décalage pour ironiser sur le cinéma. Comme son personnage, elle a une image glamour. Un physique irréel ! Mes costumiers à Buenos Aires pensaient que l’on se trompait avec nos mesures."

http://spectacles.premiere.fr/News-Spectacles/INTERVIEW-Alfredo-Arias-le-roi-de-l-operette-baroque-et-loufoque-3915232

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25 septembre 2016

Nuit Blanche et Crazy Horse - save the date

Samedi prochain à l'occasion de Nuit Blanche Paris, le Crazy Horse présentera ses "Muses" dans les jardins du Petit Palais, de 20h à 1h du matin, entrée libre et gratuite. Ne le manquez pas ! 👯

Next Saturday Crazy Horse Paris will present its "Muses" for Nuit Blanche Paris, in the garden of the Petit Palais, from 8pm to 1am. Free entry. Don't miss it! 🇫🇷❤️

21 mai 2019

Festival de Cannes 2019 : Alain Delon, ému aux larmes, reçoit une Palme d’or d’honneur

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Malgré la polémique et des appels à ne pas l’honorer en raison de propos « racistes, homophobes et misogynes », le monstre sacré du 7e art a été récompensé pour l’ensemble de sa carrière.

En larmes, le monstre sacré du cinéma Alain Delon a reçu dimanche 19 mai une Palme d’or d’honneur au Festival de Cannes pour l’ensemble de sa carrière malgré des protestations d’associations féministes. « Il y a longtemps que je n’ai pas autant chialé », a avoué l’acteur de 83 ans, le visage rougi, en recevant cette récompense des mains de sa fille Anouchka, sous un tonnerre d’applaudissements.

Dans une salle comble, en présence notamment du ministre de Culture Franck Riester, du président du Festival Pierre Lescure et de son délégué général Thierry Frémaux, le public avait été invité à porter un badge avec le mot « star », rappelant celui que l’acteur avait porté au Festival en 2007. « Ce soir c’est un peu un hommage posthume, mais de mon vivant », a réagi l’acteur. « Je vais partir, mais je ne partirai pas sans vous remercier ».

Hommage aux femmes

« Si je suis une star, et c’est pour ça que je veux vous remercier, c’est au public que je le dois et à personne d’autre », a-t-il ajouté, soulignant qu’il pensait aussi à deux des femmes de sa vie, les actrices Mireille Darc et Romy Schneider. Auparavant, l’icône du cinéma français des années 1960 et 1970 avait foulé le tapis rouge de Cannes au son notamment de la bande originale du Clan des Siciliens d’Henri Verneuil. Portant au revers de sa veste un badge représentant la couverture du magazine Paris Match annonçant la naissance de sa fille, il avait longuement salué la foule et signé quelques autographes.

Cette journée d’hommage avait commencé en fin de matinée par une masterclass au cours de laquelle il avait évoqué pendant près d’une heure et demie ses souvenirs de cinéma. Il en avait profité pour rendre hommage aux femmes qui lui ont permis de devenir acteur. « Ce sont les femmes qui m’ont aimé, qui m’ont fait faire ce métier, qui ont voulu que je le fasse et qui se sont battues pour que je le fasse ».

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« Pas d’honneurs pour les agresseurs »

Si cette palme apparaît comme une récompense tardive pour celui qui a tourné avec des réalisateurs de premier ordre comme Visconti, Melville ou Antonioni, elle a toutefois déclenché une vive polémique avant même le début du Festival. Des féministes ont reproché à l’acteur d’être « raciste, homophobe et misogyne », selon les termes de l’association américaine Women and Hollywood, s’appuyant sur des propos qu’il a tenus jadis. Une pétition, qui a recueilli plus de 25 000 signatures, a aussi demandé à Cannes de « ne pas l’honorer ».

« On n’est pas obligé d’être en accord avec moi. Mais il y a une chose au monde dont je suis sûr, dont je suis fier, vraiment, une seule, c’est ma carrière », a déclaré l’acteur en recevant son prix. « Cette Palme d’or, on me l’a offerte pour ma carrière et pour rien d’autre, et c’est pour ça que je suis fier ».

« Pas d’honneur pour les agresseurs », avait également lancé le collectif français Osez le féminisme sur Twitter. « #MeToo ne nous a donc rien appris ? Nous exigeons que le Festival de Cannes refuse d’honorer un agresseur misogyne. »

« Police politique »

Dans un entretien au Journal du dimanche, l’acteur a reproché à ses détracteurs d’avoir « inventé des déclarations ». « Je ne suis pas contre le mariage gay, je m’en fous : les gens font ce qu’ils veulent. Mais je suis contre l’adoption par deux personnes du même sexe (…) J’ai dit que j’avais giflé une femme ? Oui. Et j’aurais dû ajouter que j’ai plus reçu de baffes que je n’en ai données. Dans ma vie, je n’ai jamais harcelé une femme. » « On a voulu me coller l’étiquette extrême droite parce que j’ai raconté que j’étais copain avec [Jean-Marie] Le Pen depuis l’armée. Non, je suis de droite, point », a-t-il ajouté.

Dénonçant une « police politique », le délégué général Thierry Frémaux a défendu Alain Delon en début de semaine : « Alain Delon a le droit de penser ce qu’il pense », a-t-il dit, estimant « compliqué de juger avec les lunettes d’aujourd’hui des choses qui se sont passées et dites il y a quelques années ».

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Caractère ombrageux

S’il a accepté de recevoir cette Palme d’honneur, Alain Delon a toujours entretenu des relations mouvementées avec le Festival de Cannes. Il était venu pour la dernière fois sur la Croisette en 2013 pour la projection d’une copie restaurée de « Plein Soleil » de René Clément, après avoir présenté en 2010 une version restaurée du « Guépard ».

Mais avant cela, le comédien au caractère ombrageux avait boudé pendant dix ans le Festival, vexé de ne pas avoir été invité aux célébrations du 50e anniversaire en 1997. Alain Delon est venu en compétition à Cannes pour la première fois en 1961 pour « Quelle joie de vivre » de René Clément, puis pour « L’Eclipse » de Michelangelo Antonioni en 1962, Prix du jury, et « Le Guépard » de Luchino Visconti, Palme d’or 1963. Mais en 1976, « Monsieur Klein » de Joseph Losey avait été froidement accueilli, provoquant une première fâcherie.

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Alain Delon : « Tout ce que j’ai fait au cinéma, je l’ai vécu »

Par Samuel Blumenfeld

De sa jeunesse agitée à ses aspirations actuelles en passant par ses plus grands films et ses rencontres décisives, Delon s’était raconté au « Monde » en septembre 2018. Nous republions cet entretien à l’heure où l’acteur s’apprête à recevoir une Palme d’or d’honneur ce dimanche à Cannes.

Alain Delon est, à 83 ans, l’un des monstres sacrés du cinéma ­français et mondial, avec près de quatre-vingts films à son actif, plusieurs chefs-d’œuvre et de nombreux succès populaires. Il est aussi un acteur qui s’exprime rarement. Pour prolonger ce qui a été écrit dans nos pages en juillet, éclairer et commenter son parcours, dire ­comment il est parvenu à se tailler une place – unique – sur les écrans, préciser à qui il doit cette place et expliquer ce qu’il pense du cinéma d’aujourd’hui, il s’est longuement confié à notre journaliste.

Il en ressort un parcours exceptionnel et une approche singulière de ce que l’on appelle une carrière. Car rien ne le destinait à ce métier. Delon est un homme devenu acteur par accident, qui a appris film par film, en avançant. Ou plutôt qui n’interprète pas, mais « vit » ses ­rôles.

Nous l’avons rencontré longuement dans ses bureaux du boulevard Haussmann, à Paris. Il nous confirme qu’il ne fera plus de cinéma, ne voulant pas mener le combat de trop. Son retour au théâtre est en revanche programmé dans sa tête, sans donner de date, avec Le Crépuscule d’un fauve, de Jeanne ­Fontaine. Tout cela est exprimé avec des mots précis, non sans assurance, et presque sans ­regret. Et beaucoup de conviction.

Vous dites souvent que vos origines, votre famille, votre enfance n’étaient pas des atouts pour devenir acteur. Quand et comment tout commence-t-il pour vous ?

En 1952. J’ai 17 ans. Je m’engage dans l’armée, je pars en Indochine et j’y suis très heureux. Pour des raisons personnelles et familiales, je veux foutre le camp. Je suis mal dans ma famille. Mes parents ont divorcé. Je vis avec une mère et un beau-père d’un côté, un père et une belle-mère de l’autre. Je suis un gêneur, l’enfant de trop, le gosse entre deux couples, qui emmerde tout le monde. Vraiment. Je suis un enfant de l’amour, mais lorsque l’amour explose, chacun refait des enfants de son côté. Personne ne sait quoi faire de moi.

Je suis placé en nourrice à Fresnes. Le mari de ma nourrice est gardien à la prison. Je suis là quand ils fusillent Laval [président du Conseil sous Philippe Pétain], le 15 octobre 1945. Oui, je suis là. Non pas près de lui, mais nous savons tout. On se dit : « Il paraît qu’ils l’ont traîné, il ne pouvait plus marcher, puis ils l’ont fusillé. » Après, je me retrouve avec mon beau-père qui me casse la tête, veut me tuer, et ma mère fait une fille et un autre fils.

Je suis un branleur, je deviens charcutier, je travaille, en fait, partout. Je ne suis rien. J’ai autant envie d’être charcutier que ce que vous voulez. Tout cela fait qu’à 16-17 ans, je dis : « Je me tire. » Je vois dans les journaux ces publicités pour s’engager dans l’armée. Ma seule façon de me tirer, c’est l’armée. Je veux d’abord aller dans l’aviation, mais il faut attendre six mois ou un an. Je choisis donc la marine pour partir presque tout de suite. Je suis alors un des plus jeunes.

A 17 ans, vous pouvez vous engager sans l’autorisation de vos parents ?

Quand j’annonce ma décision à mon père, il m’embrasse tellement il est heureux. Je les remercie sur le coup. « Pourvu qu’ils me la donnent ! », me dis-je. Puis, après avoir réfléchi, je me dis : « Attends ! Qui donne son autorisation à son fils de 17 ans pour partir en Indochine ? » Voilà, c’est ma vie… Alors je leur en ai voulu longtemps. En fait j’en veux beaucoup plus à mon père.

Moins à votre mère ?

C’est tout de même ma mère qui m’a fait, et avec toute la vie qu’elle a eue… J’ai eu la vie qu’elle voulait avoir. Elle voulait être une actrice, elle avait ça dans le sang. Sa vie a tourné autrement et, jusqu’à sa mort, elle est heureuse, car j’ai réussi ce qu’elle voulait faire. Elle en était fière à crever. C’est émouvant d’ailleurs car, à la fin de sa vie, elle se fait appeler Mme Delon, alors qu’elle s’appelle Mme Boulogne, du nom de son deuxième mari.

La seule chose qui m’a manqué me manque encore, et me manquera toujours, c’est de ne pas avoir eu un frère ou une sœur pour parler un peu de ce qu’on a vécu. J’ai été un enfant de l’amour, mais un enfant unique.

« Tout ce que je suis devenu, je le dois à l’armée. Ça vous plaît, tant mieux. Ça ne vous plaît pas, tant pis »

Qu’apprenez-vous à l’armée ?

Je deviens différent. Je dois tout à l’armée en tant qu’homme. Je pars pour l’Indochine le 23 janvier 1953. Et j’en reviens le 1er mai 1956. C’est long, par moments. Et à d’autres, je suis heureux. Quand je dis ça, on me prend pour un fou. Mais je le redis : tout ce que je suis devenu, je le dois à l’armée. Ça vous plaît, tant mieux. Ça ne vous plaît pas, tant pis.

Je dois à l’armée la discipline, les rapports entre les autres, le chef, les sous-chefs, l’action, la peur. J’ai dû quitter l’armée après avoir fait des conneries. Je suis un cas rare, RDSF (« renvoyé dans ses foyers »), tellement j’ai emmerdé le monde. Les gens ne savent plus ce que c’est, un RDSF. J’ai un contrat de cinq ans, et ils me virent au bout de trois ans et trois mois.

Pourquoi êtes-vous « viré » de l’armée ?

Je suis un jeune garçon dans une base, un poste difficile, assigné à la protection de l’arsenal, à Saïgon. C’est une mission dure, tout se passe bien et rien d’autre. Disons que je fais des conneries avec des copains. Le 8 novembre 1955, je suis en prison. Je réalise alors que c’est le jour de mes 20 ans. Je me trouve à 20 000 kilomètres de ma famille et là, dans ma cellule, le jour de mon anniversaire, je verse une larme.

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A chaque fois que vous tenez une arme à l’écran, on voit bien que vous n’avez pas appris cela la veille…

C’est certain. Ce n’est pas au cinéma que je commence à apprendre à tenir une arme.

Le métier de comédien, vous l’avez appris ?

Ma carrière n’a rien à voir avec le métier de comédien. Comédien, c’est une vocation. On veut être comédien comme on veut être chauffeur de taxi ou boulanger. On suit des cours, on fait des écoles, puis des conservatoires.

C’est la différence essentielle – et il n’y a rien de péjoratif ici – entre Belmondo et Delon. Je suis un acteur, Jean-Paul est un comédien. Un comédien joue, il passe des années à apprendre, alors que l’acteur vit. Moi, j’ai toujours vécu mes rôles. Je n’ai jamais joué. Un acteur est un accident. Je suis un accident. Ma vie est un accident. Ma carrière est un accident.

« Je tombe dans ce métier grâce à des femmes. Ce sont elles qui me font faire du cinéma. Ce sont les femmes qui me veulent, me font, me donnent tout, des femmes tombées amoureuses de moi »

Le cinéma hollywoodien produit, quasiment à la chaîne, ces accidents : Burt Lancaster, votre partenaire dans « Le Guépard » et dans « Scorpio », Lee Marvin aussi, ou, pour prendre un acteur de votre génération, Steve McQueen…

J’en connais plein, aux Etats-Unis, des acteurs qui sont des accidents. Ce sont des personnalités au service du cinéma. Je suis conscient de cette particularité. De ce point de vue, je suis plus américain. Encore heureux qu’il se produit de tels accidents. Sinon, je serais mort depuis longtemps.

Si vous n’apprenez pas, comment entrez-vous en relation avec le cinéma ?

Je tombe dans ce métier grâce à des femmes. Ce sont elles qui me font faire du cinéma. Ce sont les femmes qui me veulent, me font, me donnent tout, des femmes tombées amoureuses de moi. Elles ont, minimum, six ou sept ans de plus que moi. Je veux voir alors dans les yeux de ces femmes que je suis le plus beau, le plus grand, le plus fort, et c’est pour ça que je deviens acteur.

Je vous explique. Quand je rentre d’Indochine, en 1956, je ne sais pas quoi faire. Je pense que je vais mourir dans peu de temps, car je suis un voyou. J’en ai la mentalité. J’habite à Pigalle avec un copain, dans un hôtel qui m’a marqué. L’Hôtel Régina. Toute ma vie est marquée par le mot « Régina ». Je suis un « réginaburgien », car je suis originaire de Bourg-la-Reine. Mon père était le directeur du cinéma Régina.

Il y a un bar à côté de mon hôtel, un bar de voyous, Les Trois Canards. Au bout d’un ou deux mois, j’ai huit jeunes filles qui sont amoureuses de moi et qui veulent travailler pour moi. Ça vous va ? Si le cinéma n’arrivait pas là-dessus, je serais où aujourd’hui ? J’ai des femmes dans un certain quartier de Paris, et je dois devenir un maquereau. Mais, comme j’ai aussi des femmes dans un autre quartier de Paris, je deviens une star.

Qui sont ces femmes d’un autre quartier de Paris ?

Un jour, mon copain me propose d’aller faire un tour à Saint-Germain-des-Prés. Je lui demande : « Mais c’est quoi Saint-Germain-des-Prés ? » Il m’y emmène, rue Saint-Benoît, dans un hôtel du même nom. On me présente une femme, Zizi, qui est morte depuis. Elle tombe amoureuse de moi. Je la sors de son hôtel, et je l’emmène dans la boîte de nuit juste en face de la rue Saint-Benoît, où vont tous les acteurs.

Par Zizi, je rencontre Brigitte Auber, qui tombe dingue de moi – vous l’avez sans doute vue dans La Main au collet, d’Alfred Hitchcock. Elle est encore vivante, elle a 90 ans, je lui dois beaucoup, elle le sait. Je déménage chez Brigitte, qui me fait rencontrer Yves Allégret. L’épouse du cinéaste, Michèle Cordoue, tombe dingue de moi et dit à son mari qu’il faut me prendre pour le film qu’il prépare, Quand la femme s’en mêle. Voilà comment je commence dans le cinéma.

« Toute ma vie, toute ma carrière. J’ai toujours vécu, je n’ai jamais joué »

Le fait d’être « bien fait de votre personne », comme vous disiez, a-t-il joué ?

J’étais pas mal.

Comment se passe le tournage de votre premier film, avec Yves Allégret ?

Il me convoque chez lui, à côté de Marnes-la-Coquette, et je lui demande : « Qu’allez-vous faire de moi ? Je ne sais rien faire. Je ne suis pas un acteur, je suis un soldat. » Je refuse un rôle qu’il me propose. C’est pour cette femme, Michèle Cordoue, qui insiste auprès de moi, que j’accepte de faire le film.

Je me souviens qu’au tout début du tournage Yves Allégret me dit : « Ecoute-moi bien : ne joue pas, je veux que tu vives. Sois toi. Regarde comme tu regardes. Bouge comme tu bouges. Parle comme tu parles, c’est toi que je veux voir, ne joue pas. » Cette phrase m’a marqué, toute ma vie, toute ma carrière. J’ai toujours vécu, je n’ai jamais joué.

Entre votre premier film et votre consécration dans « Le Guépard », de Visconti, vous jouez dans dix films en à peine cinq ans. Comment une ascension aussi fulgurante est-elle possible ?

Je quitte l’armée en 1956. Quand la femme s’en mêle sort en 1957. A l’affiche de ce film d’Yves Allégret, il y a Edwige Feuillère, qui devient ma marraine en cinéma, et Bernard Blier, qui devient mon parrain. Je me souviens des mots d’Edwige Feuillère : « On n’arrête pas un cheval de course. »

C’est vrai que tout va ensuite très vite. Yves Allégret demande à son frère Marc de me prendre dans Sois belle et tais-toi, et il me choisit pour jouer avec Romy Schneider. C’est le moment où je rencontre aussi Jean-Paul Belmondo et Mylène Demongeot. L’année d’après, j’ai rendez-vous sur les quais, chez René Clément, qui prépare Plein soleil, avec les deux frères Hakim comme producteurs. Ils m’expliquent que Maurice Ronet doit jouer Ripley, l’assassin, et moi sa victime. Sauf que moi je veux faire Ripley et rien d’autre. On me traite de petit imbécile. « Vous êtes qui ? Vous êtes quoi ? », je réponds : « Je dis ce que je pense. Si vous voulez l’autre, prenez l’autre, mais pas moi. » Et puis, au fond de l’appartement, il y a Bella Clément, la femme du cinéaste, en train de faire la vaisselle, et elle lance : « Rrrené, le petit a rrraison. » C’était terminé. Plein soleil est un succès mondial, notamment au Japon, car il y a « soleil » dans le titre. Et là-dessus, Visconti dit : « C’est lui qui fera Rocco. » Mais c’est René Clément qui est à la base de tout, mon maître absolu.

« Dès que je me trouve devant une caméra, celle d’Yves Allégret, je sens que je suis dans mon élément »

Vous étiez trop jeune, pourtant, pour jouer Ripley…

C’est exact.

Mais si le spectateur ne fait pas attention à l’écart d’âge avec votre victime, c’est parce que vous parvenez à le faire oublier…

Non, c’est grâce à René Clément. J’insiste, je n’ai aucune formation, rien. J’arrive d’Indochine, on me met une caméra sur la gueule, et j’enchaîne trois films. Ce qui est vrai, en revanche, c’est que, dès que je me trouve devant une caméra, celle d’Yves Allégret, je sens que je suis dans mon élément. J’ai l’impression que c’est pour moi, d’être né pour faire ça. Sans cette conviction, je ne serais pas là aujourd’hui.

Yves me dit « Sois toi », et je me sens dans ma peau. C’est ma vie. Je ne peux plus faire autrement. Tout a été plus extraordinaire ensuite que ce que j’aurais pu et dû faire. J’aurais dû mourir à 23 ans, à Pigalle. Et à 24 ans, je me retrouve là [il montre une photo de lui en compagnie d’Edith Piaf]. Ma vie est extraordinaire – en pension, en Indochine, en taule, au cinéma… Vous vous rendez compte ? Ce n’était pas écrit que je m’en sorte.

« Plein soleil » sort en mars 1960, exactement au même moment qu’« A bout de souffle », de Jean-Luc Godard. L’année précédente sortent sur les écrans « Les Quatre-Cents Coups », de François Truffaut, et « Les Cousins », de Claude Chabrol. Pourquoi n’avez-vous pas tourné avec les cinéastes de la Nouvelle Vague ?

Ce n’est pas compliqué. Ils ne veulent pas de moi. Carrément. Je suis un mauvais garçon à leurs yeux. Tous ces films que je fais en France et en Italie, avec Visconti, Clément, c’est ce que la Nouvelle Vague n’aime pas. J’essaie, à l’époque, de tourner avec certains. Mais ils ont une telle aversion à mon égard… Le Delon de Rocco et ses frères, ce n’est pas pour les cinéastes de la Nouvelle Vague.

Ils ont tellement cette conviction d’être le nouveau, le vrai et le seul cinéma que, pour eux, je suis un passéiste. Avec François Truffaut, il y a un jour une espèce de contact ; il essaie de m’approcher, j’attends son retour, et plus personne. Le seul avec qui je tourne, c’est Godard, pour justement son film Nouvelle vague. Mais c’est bien plus tard, en 1990, et en plus je crois que c’est grâce à moi qu’il arrive à monter son film.

Aujourd’hui, l’ironie ne m’échappe pas. Ils sont où, ces cinéastes ? Plein soleil, Rocco, Le Guépard sont des films qui tiennent le coup, c’est le moins que l’on puisse dire. Sans parler de Melville ou de Losey. Ce qui est vrai, c’est que j’ai souvent, à tort ou à raison, fait peur à certains metteurs en scène, parce que le bruit courait que je faisais tout, disais tout, cassais tout. Je suis désolé, mais je n’ai jamais dit à Visconti, Melville ou Clément où mettre la caméra. J’ai en revanche bougé quelques cons dans ma vie.

Que pensiez-vous de la Nouvelle Vague ?

Rien, si ce n’est que c’était un nouveau cinéma. Je connaissais les noms et puis c’est tout. J’aurais eu un contact avec un d’entre eux, j’aurais fait ne serait-ce qu’un essai, j’aurais pu avoir une idée, mais je ne les ai jamais connus et jamais vus.

Vous êtes un des rares acteurs à avoir joué dans deux films sur et contre la guerre d’Algérie, « L’Insoumis » (1964), d’Alain Cavalier, et « Les Centurions » (1966), de Mark Robson. Pourquoi ?

Est-ce que vous savez qu’en ayant fait la guerre d’Indochine je ne pouvais plus être appelé sur un autre conflit ? Sinon, compte tenu de mon âge, j’aurais été appelé en Algérie. Le sujet, la rencontre avec Alain Cavalier, tout cela me plaît, et c’est pour cela que je joue dans L’Insoumis, qui est aussi mon premier film en tant que producteur. Les Centurions, c’est par hasard. J’avais fait un brin de carrière aux Etats-Unis, et je suis alors très copain avec Anthony Quinn, Michèle Morgan et George Segal, qui sont mes partenaires dans ce film. Tout ce monde est mort. Mais revenons à L’Insoumis. Il y a quand même la scène de la fin…

Où l’on vous voit mourir au milieu des chevaux. Or, vous avez une passion pour les chevaux. Cette idée vous appartient-elle autant qu’à Cavalier ?

Elle m’appartient d’une certaine façon. Dans le dénouement de Quand la ville dort (1950), de John Huston, le personnage du truand, incarné par Sterling Hayden, éprouve le besoin de rentrer chez lui. Il tombe dans un champ, et les chevaux viennent l’entourer pour le regarder mourir. C’est en hommage à ce film que je fais L’Insoumis. La fin de Quand la ville dort est l’une des choses qui m’ont le plus bouleversé de ma vie. Cette fin… je me dis que je veux mourir comme ça. Je suis par terre et je pleure.

Jean-Pierre Melville, avec qui vous avez tourné trois films, est-il le cinéaste avec lequel votre relation de travail a été la plus fusionnelle ?

Disons que je comprends parfaitement ce qu’il a dans la tête, et inversement. Ça ne s’explique pas, ce petit miracle, même si j’y ai souvent pensé. La première fois, c’est en 1966, lorsque Jean-Pierre vient me voir chez moi, rue de Messine, où j’habitais avec ma femme, Nathalie, pour me parler du Samouraï. Il commence par me raconter l’histoire et, au bout de dix minutes, je l’arrête : « Jean-Pierre, il n’y a pas un mot de dialogue là-dedans, pas la peine d’aller plus loin. Je le fais. On le fait. » Je n’ai même pas eu besoin, sur le moment, de connaître la fin du film…

Justement, dans « Le Samouraï », vous dites à vos compagnons de table au poker : « Je ne perds jamais. Jamais vraiment. » Cette phrase, qui pourrait résumer votre carrière, l’improvisez-vous ?

Je ne peux vous le certifier, mais ce n’est pas impossible. Je me souviens très bien de cette scène, je me retourne vers la porte, je dis : « Jamais. Jamais vraiment. » Je fais une pause entre les deux phrases. Oui ça vient de moi, et Melville me lance : « C’est formidable. » J’ai senti que j’avais ce don du ciel.

Nous n’avons, Jean-Pierre et moi, aucune relation en dehors du travail, car nous sommes, les deux, toujours dans le travail. Il est sans cesse en avance d’un film, c’est pour ça que nous tournons aussi rapidement, pratiquement à la suite, Le Samouraï, Le Cercle rouge, Un flic, et nous avions un quatrième film en projet, Arsène Lupin.

Melville m’adore comme acteur et comme homme. Il est, comme moi, très impressionné par le cinéma américain. Le chapeau, le col de mon personnage dans Le Samouraï, c’est lui. Je me plie à sa discipline, car je sens qu’il a raison.

Lorsque les Studios Jenner (Paris 13e), qui lui appartiennent et où il habite en famille, sont détruits par un incendie, durant le tournage du Samouraï, je reçois un coup de téléphone m’avertissant de la catastrophe. Je fonce sur les lieux, la police est déjà là, elle me reconnaît et me laisse passer. Je vois Jean-Pierre, sa femme, ses assistants. Il est en robe de chambre avec son chapeau sur la tête. Je m’approche de lui. Sa vie est en train de brûler, ses archives disparaissent, il me serre le bras et me confie : « Mon coco, notre oiseau… dans sa cage ! » Sa vie brûle, toute sa carrière brûle, et il est bouleversé par cet oiseau brûlé vif. Il ne pense qu’au piaf. J’ai cru que j’allais m’évanouir. Vous savez, Jean-Pierre est mort d’une crise cardiaque, dans un restaurant, et dans un éclat de rire. Vous vous rendez compte ? Je remercie le ciel de ne pas avoir assisté à ça, je ne m’en serais pas remis.

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« J’adore “Monsieur Klein” à cause de ça. Il y a tellement de choses de moi dans ce film… »

Pourquoi, au milieu des années 1970, voulez-vous tourner « Mr Klein », qui aborde la question de la collaboration et la rafle du Vél’ d’Hiv ?

Parce que c’est un tabou et une tragédie. Personne ne veut alors de ce film, et moi je le veux tellement que je le produis avec Norbert Saada. Puis je propose à Joseph Losey de le mettre en scène. Et on le fait ! Qui ne connaît pas l’épisode du Vél’ d’Hiv ? Je suis né en 1935. J’ai 10 ans en 1945. Je ne suis pas con. Je vois tout, je comprends tout. J’habite alors Bourg-la-Reine, où ma mère est commerçante. Je livre des commandes de nourriture pour des gens qui me donnent en échange de quoi manger. Il y a, de l’autre côté de la rue, un commerçant qui passe la tête par la fenêtre pour regarder les Allemands passer, et il prend une balle dans la tête. Mort. Je vois, moi aussi, les Allemands passer. Je vois quarante femmes tenues par les FFI pour qu’on leur rase la tête. On me planque un moment à Reims, puis du côté de chez Jean Gabin, en Bretagne, chez des amis, car mes parents ont peur pour moi.

Je connais également le Vél’ d’Hiv avant qu’il ne soit détruit. L’enfant que je suis est un admirateur de Fausto Coppi et, aujourd’hui encore, je possède à la campagne un de ses vélos. Quand on tourne Monsieur Klein au vélodrome de Vincennes, je suis bouleversé. La reconstitution est formidable.

Robert Klein est un collectionneur d’art, qui prospère durant l’Occupation en achetant à vil prix les biens des juifs cherchant à fuir le pays. Au début du film, on voit votre personnage s’emparer d’une toile d’Adriaen van Ostade et l’admirer. Son plaisir, c’est un peu le vôtre ?

C’est, pour beaucoup, moi dans la vie. J’adore Monsieur Klein à cause de ça. Il y a tellement de choses de moi dans ce film… Mon amour des tableaux, ce rapport ambigu avec les gens, cette espèce de jeu où je suis Monsieur Klein sans savoir pourquoi. Etre et ne pas vouloir être, tout en l’étant.

A la fin, qui est fabuleuse, lorsque je traverse la foule au milieu du Vélodrome d’hiver, je sais très bien vers quoi je me dirige. Michael Lonsdale, qui joue le rôle de mon avocat, me court après pour m’annoncer qu’il a réuni les papiers prouvant que mon personnage n’est pas juif, et pourtant je me dirige vers le couloir de la mort. Je dis : « Laisse-moi y aller. » J’y vais, je sais où je vais, dans un train de déportés, puis vers un camp d’extermination. Ce sont des choses à moi, très personnelles.

Mais je prends quel risque en faisant ce film ? Celui de traverser le Vél’ d’Hiv pour aller mourir ? Ce film est magnifique, ceux qui l’ont vu l’ont adoré parce qu’il dit les choses exactement. Mon personnage, Robert Klein, va jusqu’au bout. Sinon, je ne fais pas le film. C’est mon devoir d’homme de vivre ce rôle.

Comme pour toute ma carrière d’acteur, dès l’instant où je fais Monsieur Klein, je vis Monsieur Klein. Je ne joue pas ma sortie au Vél’ d’Hiv. Je la vis. Si je la joue, j’aurais peut-être été mauvais. Encore une fois, tout ce que j’ai fait, je l’ai vécu.

Et vous êtes collectionneur d’art, comme votre personnage…

C’est l’instinct. Je commence par acheter des dessins, puis les dessins m’amènent à la peinture. Je suis fasciné par les dessins, car ils sont le premier jet. Dans ce registre, personne ne m’a rien appris. Après, j’ai des amis qui me conseillent – par exemple Claude Aubry et Pierre Cornette de Saint-Cyr. Je passais ma vie à faire l’aller-retour entre Paris et Londres pour suivre toutes les ventes aux enchères. J’ai vendu, il n’y a pas longtemps, une collection de bronzes de Bugatti, et, un peu avant, une collection d’art contemporain. J’ai gardé ce que j’aime, le XIXe siècle et le début du XXe siècle, j’ai gardé Géricault, Millet, Delacroix. Tout est parti de là, de leurs dessins.

« Aujourd’hui, qui écrit pour des stars ? Personne. Ils écrivent pour du pognon, sur un sujet »

Pourquoi avoir acheté aux enchères l’original de l’appel à tous les Français du général de Gaulle ?

Par respect et amour pour de Gaulle. Quand je vois que ce document est mis en vente par un commissaire-priseur français et qu’il peut partir en Amérique du Sud, je suis révulsé. Je l’ai acheté et offert. C’est de Gaulle, quand même. J’ai une passion pour le général. Tous les 18 juin, je vais dans sa ville de Colombey-les-Deux-Eglises [Haute-Marne].

Le cinéma d’aujourd’hui est-il taillé pour des stars comme vous ?

Le cinéma a changé, les stars ont changé. Avant moi, il y a Jouvet, Gabin, Montand. A mon époque, qui n’est plus royale, je rencontre en tant que môme des auteurs comme Michel Audiard ou Pascal Jardin, qui écrivent pour des stars.

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Je vais vous dire, quand je commence, en France, on est cinq copains, les cinq doigts de la main, Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Cassel, Jean-Louis Trintignant, Jean-Claude Brialy, et le petit dernier, tout jeune, Alain Delon. Jean-Claude est mort. Jean-Pierre est mort. Trintignant va très mal. Jean-Paul va bien, mais finir sa carrière comme lui, c’est dur. Quand Jean-Claude et Jean-Pierre sont morts, cela me fait beaucoup de mal, et lorsqu’un autre partira, cela me fera encore plus de mal.

Aujourd’hui, qui écrit pour des stars ? Personne. Ils écrivent pour du pognon, sur un sujet. Gabin dit un jour : faire un film, ce n’est pas compliqué, il faut un sujet, et si vous avez le sujet, vous avez l’argent, la production, les acteurs. J’ai l’impression qu’aujourd’hui la seule chose qui manque c’est le sujet.

A l’époque, Audiard écrit pour Gabin. Je ne parle pas pour moi, je ne suis plus dans le coup, mais, aujourd’hui, qui écrit pour qui ? Je vous pose la question sur la disparition des stars. Est-ce lié à l’époque, ou est-ce le cinéma d’aujourd’hui qui a pris un virage ?

Dans ma jeunesse, on va dans une salle, avec des fauteuils rouges, avec sa fiancée, on s’assoit, on regarde un film et on rêve. On veut voir et être Ingrid Bergman. On va au cinéma pour voir ce qu’on n’est pas et qu’on ne sera jamais. On quitte la salle, on a vu quelque chose d’extraordinaire. Maintenant, tout le monde ressemble à tout le monde dans les films.

Y a-t-il tout de même des comédiens, après vous, dans lesquels vous vous reconnaissez ?

J’aimais beaucoup Patrick Dewaere, il s’est tué. Il y a Depardieu, bien entendu. J’aime assez Vincent Cassel, le fils de Jean-Pierre. En dehors de ça… On me dit : « C’est normal, les grands acteurs et actrices peuvent revenir dans deux cents ans. » Mais je ne serai plus là ! Il faut que les époques évoluent, changent, m’explique-t-on. Très bien, mais je ne serai plus là. De toute façon, j’ai abandonné tout cela depuis longtemps. Et j’ai eu de la chance de travailler avec des génies.

« Aujourd’hui, je ne vois pas qui pourrait me faire faire un film. Ou alors il faut me présenter une histoire à crever »

Avez-vous senti, à partir de la fin des années 1970, que vous ne retrouviez pas les maîtres avec lesquels vous aviez travaillé ?

Et comment ! Quand vous avez travaillé avec Clément, Visconti, Losey, vous sentez bien qu’il se passe quelque chose par la suite, qu’il y a un vide, alors vous faites le complément. Ces maîtres m’ont manqué, alors j’ai fait la différence, comme si j’étais acteur et metteur en scène – je l’ai été. Je suis devenu, un peu, le maître, avec des cinéastes comme Jacques Deray et Pierre Granier-Deferre.

Je tourne six films avec Deray, mais c’est moi qui fais tout, les produis. C’est moi qui finis par imposer Romy Schneider sur La Piscine. On me sort une sublime Américaine ou Monica Vitti pour jouer à sa place. Je dis : « Vous me faites chier, c’est Romy ou alors il n’y a pas de film. » Je le dis parce que je sais de quoi Romy est capable. Je sais aussi qu’elle est décadente, paumée, n’a plus rien à faire. Donc je lui dis : « Ecoute, tu vas être sublime. » Deray est entièrement d’accord avec moi. Quand La Piscine sort, personne ne vient me voir pour me dire : « Nous nous sommes trompés, vous avez raison. »

Toujours est-il qu’à la suite de ce film, Claude Sautet vient chercher Romy pour Les Choses de la vie. Je suis tellement heureux et fier de m’être battu… J’ai, à cette époque, le pouvoir de dire : « Je vous emmerde. Machin, je n’en veux pas. » J’avais déjà imposé mes désirs, sans en avoir le pouvoir, sur Plein soleil, devant les frères Hakim. S’il n’y avait pas eu Mme Clément au fond, je ne serais peut-être pas là.

Les parfums Christian Dior utilisent, pour une publicité, votre portrait tiré du film « Les Aventuriers » (1966), de Robert Enrico. comme si la marque ne pouvait trouver un autre acteur…

C’est vous qui le dites.

Pour vous, le cinéma, c’est terminé ?

Oui, oui, oui. J’ai toujours été marqué par ce qu’on appelle en boxe le « combat de trop ». Je ne veux pas faire le combat de trop. J’ai une carrière tellement exceptionnelle que je ne veux pas faire le film de trop. Les cinéastes avec qui je pourrais tourner sont morts. J’ai arrêté il y a dix ans déjà avec Astérix. Qu’est-ce que vous voulez que je foute ? Comme disait Gabin, si l’on m’apporte aujourd’hui un film, mais qui ? Avec qui ? Luc Besson ? Il sait depuis longtemps que j’ai envie de travailler avec lui, mais j’ai appris qu’il a une sorte de crainte. Il a peur ? Je ne sais pas. Polanski ? Il n’a pas pris contact avec moi.

Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? On a raconté tellement de choses sur moi. Comme si c’était moi qui avais fait tous ces films géniaux. Avec Clément, avec Visconti, avec Melville, j’ai fermé ma gueule, j’ai fait ce qu’on me demandait et du mieux que je pouvais. Je n’ai jamais dit à Visconti et à Clément comment me placer. Je suis capable de faire n’importe quoi aujourd’hui. Mais il faut vraiment – excusez-moi – que je bande ! Sinon, j’en ai rien à foutre. Je vous jure, aujourd’hui, je ne vois pas qui pourrait me faire faire un film. Ou alors il faut me présenter une histoire à crever.

« J’aurais voulu, avant de mourir, faire un film sous la direction d’une femme. Vous vous rendez compte, ça ne m’est jamais arrivé »

Le théâtre ?

J’ai en effet l’intention, avant de partir, de jouer dans une pièce qui s’intitule Le Crépuscule d’un fauve, de Jeanne Fontaine. J’attends d’être rétabli physiquement. J’espère faire cela très vite. C’est une très belle pièce. Le fauve ici, ce n’est pas Alain Delon, c’est le personnage, un ancien divisionnaire du Quai des orfèvres qui, dans un braquage, se prend une balle dans la colonne vertébrale, il est complètement cassé, il prend sa retraite, c’était un vrai fauve.

Un regret ?

Il y a une seule chose, mais ce n’est pas pour ça que je tournerais, qui m’a manqué et me manquera toujours : j’aurais voulu, avant de mourir, faire un film sous la direction d’une femme. Vous vous rendez compte, ça ne m’est jamais arrivé. Il y a Lisa Azuelos, Maïwenn, je l’ai dit à tout le monde, personne n’a bougé. Je l’ai dit, écrit, personne ne s’est manifesté, elles doivent avoir peur.

Comment avez-vous regardé le mouvement #metoo ?

On a l’impression qu’on ne sait pas quoi dire, quoi écrire et, dès qu’il se passe quelque chose, on fait un machin. Le harcèlement n’est quand même pas né avec le producteur Harvey Weinstein… Avec Weinstein se pose la question de l’autorité. Il est le patron avec douze secrétaires, dont trois qui l’excitent. Là, il méritait de se prendre une grande claque dans la gueule. Mais, au-delà, on ne peut pas nier qu’il y a des femmes qui vont vous jeter un pot de fleurs sur la tête et d’autres qui vont accepter.

Je peux aussi vous affirmer que j’ai été victime de harcèlement quand j’étais plus jeune. Il y a deux ou trois femmes qui me sont tombées dessus. Je l’ai accepté, j’ai été heureux et je n’ai pas appelé la police. J’étais comme ça quand j’étais à Pigalle, je n’ai pas appelé les flics.

Vous faites partie des deux cents personnalités qui ont lancé un appel dans « Le Monde » pour sauver la planète. Votre nom en bas d’un texte est rarissime. Pourquoi celui-ci ?

Nous sommes un paquet à avoir signé. Mais c’est vrai, je signe rarement. La raison en est toute simple. Cela n’a rien à voir avec le départ de Nicolas Hulot du gouvernement. Je sens vraiment, même si je ne le verrai pas, car je serai parti avant, que les hommes – je parle de ces abrutis de mecs – sont en train de tuer le monde, de le pourrir et qu’il va s’écrouler un jour, dans cinq ans, vingt ans, quarante ans. J’en suis persuadé.

Regardez de quelle manière on vit, ce qui se passe, on a l’impression d’un lent suicide, mais je serai parti, car la catastrophe ne se produira pas l’année prochaine. Sauver la planète du réchauffement climatique est une chose, mais ce n’est pas tout. On a l’impression que Hulot ou qui vous voulez ne peuvent rien faire.

On est la France, c’est-à-dire un petit pois à l’échelle du monde. Il faudrait que tous les petits pois se réunissent pour sauver le ballon. Demain, Hulot, ou un autre, que vont-ils pouvoir faire si le monde n’en a rien à foutre ?

Tel que c’est parti, je ne vois pas ce qui sera possible. J’ai des enfants, des petits-enfants, ça va être terrible avec l’époque nouvelle. Ça va finir où ? Je ne regretterai pas de partir. Je regretterai la vie que j’ai vécue. Mais je ne sais pas comment mes enfants vivront la leur.

Dans beaucoup de vos films, vous disparaissez à la fin…

Oui, les gens me disaient tout le temps : « On vous voit mourir dans tous vos films. » On me voit mourir, car je sais mourir. Un héros doit toujours savoir mourir. J’adorais mourir, car c’est un point final.

26 août 2013

"Shalimar" de GUERLAIN

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Guerlain, comme une invitation au voyage, entraînera le téléspectateur dans le sillage de sa célèbre essence, Shalimar, le 28 août prochain, avec la diffusion d'un court métrage inédit retraçant la légende de la fragrance aux notes orientales. Un parfum imaginé par Jacques Guerlain en 1920 Réalisé par Bruno Aveillan (également auteur du court métrage l'Odyssée de Cartier) le film, à l'image des flacons précieux de Guerlain, vise à transmettre la poésie contenue par l'un des parfums phare de la maison en racontant "la plus belle histoire d'amour de tous les temps". En effet, imaginé en 1920 par Jacques Guerlain, Shalimar s'inspire de l'amour passionnel qui unissait Mumtaz Mahal, une princesse indienne, à l'empereur Shâh Jahân. A sa mort et en souvenir de leur amour, l'empereur érigea, l'un des plus beau mausolées du monde, le fameux Taj Mahal.

Natalia Vodianova, princesse mystérieuse

Femme à la fois sensuelle et mystérieuse, c'est Natalia Vodianova, la jolie poupée russe, égérie fétiche de Guerlain, qui incarnera la mythique princesse indienne. La légende de Shalimar sera diffusée en avant-première, dans sa version longue, sur la page Facebook de Guerlain le 28 août à 19h30.

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21 août 2013

"Jeune et Jolie" - sortie aujourd'hui dans les salles de cinéma

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"Jeune et Jolie"

Réalisation : François Ozon
Voir mes précédents billets sur François Ozon

La critique de Premiere

Isabelle Danel

Sensation de vertige. Observée à travers des jumelles, une ravissante demoiselle se dore langoureusement au soleil, en contrebas sur la plage. La piste du voyeurisme, immédiatement désamorcée (le mateur est en effet son petit frère !), reparaîtra à plusieurs reprises. Notamment lors de la scène de dépucelage au cours de laquelle Isabelle se dédouble pour se regarder dans les bras de son premier amant ou dans cette image récurrente à l’hôtel où la belle contemple son reflet dans la glace. La question du regard est réellement centrale dans Jeune & jolie. Objet ? Sujet ? Si « on n’est pas sérieux, quand on a 17 ans », comme l’a écrit Arthur Rimbaud, on n’est, à cet âge charnière où tout semble encore trop immobile, que ce que les autres projettent sur vous : une fille, une soeur, une copine, une petite amie... Isabelle, quant à elle, s’invente un autre rôle, prostituée,

Un autre prénom, Léa, et ce qu’elle en tire de plaisir, de douleur, d’apprentissage reste quelque peu opaque à nos yeux de spectateurs, comme à ceux de son entourage lorsque la vérité éclate brutalement. À travers ce fait de société, François Ozon examine sans juger, d’une caméra à la fois clinique et pudique, ce que grandir signifie. Faits et gestes, mensonges, ironie... Cependant, au fil de quatre saisons, les chansons de Françoise Hardy appuient inutilement le propos. Et le final est par trop artificiel pour suffire à conclure cette histoire qui observe un bouleversement. Mais la plupart du temps, le réalisateur frappe juste. Ça fait mal et c’est beau.

 

Les autres avis de la presse

    Toutlecine.com

    Camille Esnault

Finalement Jeune & Jolie n’est rien de plus qu’un énième récit d’initiation qui nous montre une jeune fleur passer à l’âge adulte au son des chansons de Françoise Hardy. L’addition n’est pas détestable, portée par des plans amoureux de la jeune Marine Vatch à la bouche cerise et à la moue mutine, qui nous renvoient aux égéries androgynes des années Hardy justement. A cela s’ajoute une jolie performance de Géraldine Pailhas en mère impuissante qui offre la scène la plus intense du film. > Ses dernières critiques : (Les Flingueuses) (Conjuring : les Dossiers Warren)

    Evene

    Olivier De Bruyn

Avec une rigueur extrême, sans jamais céder aux surenchères glauques, Ozon, en quatre chapitres et une heure trente tendue à l’extrême, met en scène avec une dérangeante inspiration l’aventure d’une fille qui, au-delà du bien et du mal, éprouve son pouvoir (sur les hommes, ses parents, ceux de son âge) et accomplit un parcours initiatique qui ne l’entrainera pas nécessairement à mieux se connaître. > Ses dernières critiques : (Né Quelque Part) (Belle du Seigneur)

    Libération

    Olivier Seguret

Complice, marionnettiste mais aussi victime reconnaissante, Ozon filme cette Marine-Isabelle littéralement comme un fou. Il se montre toujours aussi soucieux de maintenir cet équilibre entre gravité et divertissement qui caractérise son cinéma, mais semble aussi consentir à sa propre fascination pour l’actrice : à la fois sous hypnose et lucide, avec une concentration de grand maniaque, il la piste comme pour capter un moment animal, cosmique, universel et pourtant unique dans nos vies. > Ses dernières critiques : (Les Apaches) (Je Ne Suis Pas Mort)

    Télérama

    Louis Guichard

 Jeune et jolie s'affirme peu à peu comme une exploration de la solitude adolescente, affective et sexuelle. Une étude pleine d'empathie sur l'envie et l'impossibilité d'aimer – physiquement ou sentimentalement, selon les saisons. > Ses dernières critiques : (Frances Ha) (The Bling Ring)

    StudioCiné Live

    Emmanuel Cirodde

Alors que la Croisette attendait François Ozon sur le mode sulfureux, le réalisateur offre un film à la mélancolie mystérieuse. > Ses dernières critiques : (Les Flingueuses) (Un Nuage dans un Verre d'Eau)

    StudioCiné Live

    Christophe Chadefaud

Jeune & Jolie et l'un des plus beau film de François Ozon depuis Sous Le Sable. (...) Mystère et mélancolie comme écrin à l'éveil du corps d'une jeune fille. > Ses dernières critiques : (Chaque Jour que Dieu Fait) (Jeune & Jolie)

    Le Point

    Thomas Malher

Français François Ozon réussit le tour de force de raconter sans voyeurisme malsain mais avec justesse l'histoire d'une adolescente de 17 ans qui se prostitue comme elle vivrait une autre expérience extrême. > Ses dernières critiques : (The Bling Ring) (The Bling Ring)

    The Atlantic

    Jon Frosch

Un film malicieux, sensible, le portrait merveilleusement filmée d’une prostitué adolescente, de loin le meilleur film de François Ozon depuis « Swimming pool ». > Ses dernières critiques : (Jeune & Jolie) (Cogan, Killing Them Softly)

    Film.com

    Jordan Hoffman

Un film qui expose la vie sexuelle d’une adolescente de 17 ans sans ménagement > Ses dernières critiques : (Jeune & Jolie) (Dans la Tête de Charles Swan III)

    Time Out

    Keith Uhlich

Sur le même modèle que la plupart des films du prolifique Ozon, il y a une qualité éphémère dans « jeune et jolie » qui s’évapore petit à petit au cours du film. > Ses dernières critiques : (Jeune & Jolie) (The Bling Ring)

    Village Voice

    Stephanie Zacharek

Ce film est raisonnablement irrésistible, particulièrement la manière dont Ozon met en scène la relation entre Isabelle et un de ses plus vieux clients. > Ses dernières critiques : (Jeune & Jolie) (Les Stagiaires)

    Daily Teleghaph

    Robbie Collins

Aussi pétillant et désaltérant qu’un verre de limonade. > Ses dernières critiques : (Le Dernier Pub avant la Fin du Monde) (Jeune & Jolie)

    A voir à lire

    Bruno Rit

Si Ozon filme avec perversité le portrait de cette jeune fille aussi belle qu’insaisissable, il ne tombera jamais dans l’excès, ni dans la vulgarité, malgré le regard troublant qu’il donne sur la prostitution. La finesse avec laquelle il explore l’inconscient sexuel de l’adolescence offre alors aux corps et aux esprits les moyens de s’exprimer avec une grâce éloquente. L’incroyable prestation de Marine Vacth ne fera que renforcer ce sentiment, tant celle-ci illumine l’image de sa beauté angélique. > Ses dernières critiques : (Jeune & Jolie) (Michael Kohlhaas)

    Ecran Large

    Stéphane Argentin

Avec une mise en scène et une direction d’acteurs magistrales, Ozon nous livre un remarquable éveil à la sexualité, aussi délicat que sensuel. > Ses dernières critiques : (Jeune & Jolie) (Oggy et les Cafards, le film)

    Excessif / TF1 News

    Romain Le Vern

 Petit Ozon donc mais grande révélation au regard triste et au corps indécis : Marine Vacht. Aussi lumineuse que Ludivine Sagnier dans "Gouttes d'eau sur pierres brûlantes". > Ses dernières critiques : (Jeune & Jolie) (Metro Manila)

    Public

    Florence Roman

Ozon retrouve la veine sulfureuse de ses débuts avec ce portrait trouble d'une lycéenne de 17 ans qui se prostitue sans mobile apparent et y prend goût. Amoral mais captivant. > Ses dernières critiques : (jOBS) (Jeune & Jolie)

    Journal du dimanche

    Barbara Théate

Beauté froide qui souffle le chaud, Marine Vacth joue la nudité avec une pudeur désarmante et fait planer le mystère dans cette chronique qui met mal à l’aise. Dommage qu’à vouloir ne pas juger les pratiques sulfureuses de son héroïne, Ozon manque de point de vue et n’en dise finalement pas assez sur ses motivations. > Ses dernières critiques : (Kick-Ass 2) (Jeune & Jolie)

    Version Femina

    Anne Michelet

Le film peut choquer, mais ne laisse pas indifférent. Cette plongée au cœur des mystères d’une adolescence est très juste et sensible. Et, contre toute attente, souvent drôle ! > Ses dernières critiques : (jOBS) (Jeune & Jolie)

    Télé 7 jours

    Viviane PESCHEUX

C’'est remarquablement mis en scène, d’'un réalisme radical, dénué de jugement, de clichés ou de voyeurisme. Et Marine Vacth, à suivre de très près, se révèle autant dans la douceur et la dureté que troublante dans les scènes de nus. > Ses dernières critiques : (Jeune & Jolie) (Pour une Femme)

    Elle

    Florence Ben Sadoun

Porté par Marine Vatch, dont la beauté envahit l'écran, ce film déroute, démange et dérange longtemps après. > Ses dernières critiques : (Jeune & Jolie) (Le Congrès)

    La Croix

    Arnaud Schwartz

(...), "Jeune & Jolie" frappe par sa maîtrise extrême, y compris dans sa tonalité à la fois proche et distanciée, osant l'humour là où l'on n'aurait pas songé à l'y chercher. > Ses dernières critiques : (Jeune & Jolie) (Imogene)

    Les Fiches du cinéma

    Nicolas Marcadé

Ozon pose une situation, et en déploie les implications morales tout en nous laissant faire le tri. Un film discutable, sans doute, mais faire discuter est bien son mérite. > Ses dernières critiques : (Jeune & Jolie) (40 Ans : Mode d'Emploi)

22 juillet 2013

Lady Gaga pose nue et sans maquillage

La chanteuse est de retour. Et il semblerait qu'elle veuille montrer un nouveau visage et un look plus simple. C'est totalement nue et sans maquillage que Lady Gaga a pris la pose pour V Magazine. Après plusieurs semaines de retraite et de silence, Stefani Germanotta, de son vrai nom, est de retour

Assise sur un tabouret et couvrant ses parties intimes avec les mains, Lady Gaga esquisse un sourire sous sa crinière de cheveux. Le fond, neutre, s'est effacé pour mettre l'accent sur le corps nu de la chanteuse. Lady Gaga avait déjà donné le ton sur Facebook. Elle avait, en effet, publié une photo d'elle topless, le visage dans un casque de ski pour promouvoir la sortie de son nouvel album, "Artpop", le 11 novembre.

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2 novembre 2013

Emily Ratajkowski dans VOGUE (décembre)

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She’s the girl we all watched the Blurred Lines video for, and now model-turned-actress Emily Ratajkowski is one of a new breed of girls bringing sexy back to fashion. Sarah Harris on the designers and the vamps they are dressing.

 

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http://www.vogue.co.uk/news/2013/10/30/british-vogue-kate-moss-john-galliano-december-2013-issue/gallery/1069801

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18 juillet 2013

As-tu connu ?

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Bien sur que j'ai connu "Orange Mécanique" (un film culte !)

Un film de Stanley Kubrick (photo ci-dessous lorsqu'il était jeune)...

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...et avec Malcom Mac Dowell dans le rôle principal. J'ai découvert Malcom dans le film "If". Une révolte d'internes dans une "public school" d'Angleterre. Ce film m'avait beaucoup marque car à l'époque j'étais interne chez les jésuites.

Voir mes précédents billets sur "Orange Mécanique", Stanley Kubrick, Malcom Mac Dowell.

Rappel : il y a eu en 2011 à la cinémathèque de Paris une excellente exposition sur Stanley Kubrick

19 juillet 2013

La Nuit de la Photo - ce soir à Auray (Morbihan)

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Qu’est ce que la Nuit de la photo ?

Cet événement existe depuis 2010. Le but est de donner à voir, dans des  cadres  exceptionnels, le travail de photographes professionnels ou amateurs, tout en sensibilisant le public a des causes humanitaire. L’idée, c'est de partager la photo à ciel ouvert, sans avoir besoin d’aller dans un musée. Le message est fort. Généralement quand on vient une fois, on s’en souvient. C’est de l’art éphémère. Chaque Nuit de la photo est différente.

Quel est le programme de cette deuxième édition à Auray ?

La Nuit de la photo se déroulera à Saint-Goustan, sur le port, à partir de 21 h 30. Une projection de photographies  sur le thème des libertés bafouées à travers  le monde est prévue, sur un écran géant de 100 m². Les reportages d'une vingtaine de photographes seront projetés tout au long de la soirée. La projection se déroulera avec un accompagnement  musical de la chanteuse Anne Vanderiove, qui est aussi la marraine de l'événement et a participé à sa création, et Bodo et Meimei, un duo acoustique. C'est comme un film, les chanteurs sont sur scène et ils accompagnent les sujets.

Comment sélectionnez-vous les photos ?

Les photographes nous envoient un dossier avec leurs photographies, afin que l'on puisse voir et trier leurs travaux. Et puis, il y a des fidèles qui sont avec nous depuis le début. Dans tous les cas, ils ont tous beaucoup de talent et quelque chose à dire et à montrer. Et c'est ça qui est  important. Cette année, par exemple, nous avons l'honneur d'accueillir les  Photographes de l'espoir; une association du Nord de la France, qui a vraiment un œil humaniste. Ce sont des photographes amateurs, qui partent faire  des reportages pendant leurs vacances.

11 juillet 2013

L'exposition Nelson Mandela prolongée à Paris en juillet 2013

Alors que « Madiba » se maintient toujours entre la vie et la mort, l'exposition qui est consacrée à l'Hôtel de Ville à Paris au président Nelson Mandela est prolongée pendant encore quelques jours, jusqu'au 27 juillet 2013.

Une bonne nouvelle pour les les admirateurs de Nelson Mandela: la mairie de Paris vient d'annoncer la prolongation de l'exposition gratuite «Nelson Mandela : de prisonnier à Président» à l’Hôtel de Ville. La date de fermeture est repoussée du 10 juillet au 27 juillet 2013. Cette rétrospective présente, à travers des photos, films, dessins, sculptures, banderoles et même une reproduction de la cellule où il fut incarcéré durant 18 ans à Robben Island, le parcours exceptionnel de « Madiba », compartimenté en six thématiques illustrant ses engagements: La personne / Le camarade / Le leader / Le prisonnier / Le négociateur / L'homme d'Etat. Cette exposition est proposée par le Musée de l’Apartheid à Johannesburg en collaboration avec la Fondation Nelson Mandela et mise en ouvre avec la Ville de Paris.

Infos pratiques:

"Nelson Mandela : de prisonnier à Président", exposition

Lieu: Hôtel de Ville (1 place de l'Hôtel de Ville - Paris 4e arrondissement)

Dates: Prolongation du 10 au 27 juillet 2013

Horaires: du lundi au samedi de 10h à 19h

Tarif: gratuit

Voir mon précédent billet

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25 janvier 2019

Shutdown

C'est la fin du plus long "shutdown" de l'histoire des Etats-Unis. Donald Trump a annoncé, vendredi 25 janvier, avoir conclu un accord avec le Congrès pour mettre fin temporairement à la paralysie des institutions fédérales, qui dure depuis le 22 décembre. Le président américain s'est engagé à signer une loi garantissant le financement de l'administration jusqu'au 15 février.

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22 juin 2013

Jardins éphémères à l'Hôtel de Ville - vu hier

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Des Jardins éphémères sont installés à nouveau sur le Parvis de l'Hôtel de Ville jusqu'au 12 juillet pour offrir une parenthèse de verdure aux parisiens. Organisée par la ville de Paris, cette manifestation gratuite et ouverte à tous est l’occasion pour chacun de renouer avec la nature en ville.

Jusqu'au 12 juillet, herbes folles et gazon fleuri viendront égayer le parvis. A la fois ludique et pédagogique, l’installation "Nouveaux paysages de la métropole" est aussi l’occasion de fêter les 10 ans des jardins partagés. Les visiteurs pourront y découvrir à travers des lieux de rencontre et d’information, des ateliers pour le jeune public, des visites guidées avec des paysagistes ou des jardiniers, une mini pépinière et des œuvres photographiques, les nouveaux paysages, les métiers de la filière mais aussi la transformation des frontières de la ville.

22 juin 2013

Femen à New York

Les activistes FEMEN ont réalisé hier une marche seins nus dans New York, sur Time Square, pour la libération des FEMEN prisonnières. C'est dans cette ville libre, où la loi a récemment autorisé aux femmes de sortir seins nus, que FEMEN réclame cette même liberté dans n'importe quel autre pays ou culture.

"Libre de New York à Tunis" était écrit sur l'affiche de la sextremiste FEMEN, qui a testé cette liberté dans la Grosse Pomme.

FEMEN insiste sur l'idée de droits humains universels, qui n'ont rien à voir avec les différences culturelles. Une femme new yorkaise peut disposer de son corps alors qu'une tunisienne risque 12 ans de prison pour cela, comme le prouve le cas d'Amina, FEMEN tunisienne.

FEMEN appelle le monde entier à s'ériger contre l'oppression des femmes, camouflée derrière la différence culturelle.

FREE from New York to Tunis ! FREE FEMEN !

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Voir mes (nombreux) billets précédents concernant les FEMEN

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