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Jours tranquilles à Paris
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12 mars 2019

Loto du patrimoine. La glacière d’Etel retenue pour l’édition 2019

18 sites emblématiques ont déjà été retenus pour la deuxième édition du Loto du patrimoine de la Mission Bern. Parmi eux, la glacière d’Etel, dans le Morbihan.

Pour la deuxième édition de la mission pour la sauvegarde du patrimoine en péril confiée à Stéphane Bern, 18 sites emblématiques de métropole et d’outre-mer ont d’ores et déjà été retenus. Ils bénéficieront d’un soutien financier, grâce aux jeux Mission Patrimoine de la FDJ. Après le Fort Cigogne (29)l’an passé, la Bretagne est de nouveau présent dans les 18 sites « prioritaires » : il s’agit, pour 2019, de la glacière d’Etel (56).

Le projet, pour la glacière d’Etel, un bâtiment construit en 1946 pour fabriquer de la glace destinée à conserver les thons dans les bateaux, est notamment d’y aménager un musée dédié à l’histoire des thoniers.

Au cours du printemps, 100 sites supplémentaires seront sélectionnés sur toute la France pour bénéficier des jeux Mission Patrimoine en 2019.

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10 novembre 2013

L'Hôtel Lutetia qui aurait bien besoin de se "refaire la façade...."

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Des filets anti-chutes protègent les passants d'éventuelles chutes de pierres... Et pourtant c'était un bel hôtel chargé d'histoire. Photos prises avec ma GOPRO

Hôtel Lutetia

Construit en 1910 à l'initiative de Madame Boucicaut, propriétaire du grand magasin Le Bon Marché « afin que ses importants clients de province fussent logés dans un établissement tout proche et correspondant à leur train de vie, quand ils venaient faire leurs courses à Paris », l'hôtel Lutetia est un hôtel Art nouveau avec un des premiers bars au style Art déco à Paris. Il est conçu par les architectes Louis-Charles Boileau1 et Henri Tauzin2. Les sculptures sont de Léon Binet, puis de Paul Belmondo.

Situé dans le quartier Notre-Dame-des-Champs, entre Saint-Germain-des-Prés et Montparnasse, il est témoin du renouveau artistique de l'entre-deux-guerres, accueillant de nombreux peintres et écrivains (Picasso, Matisse, André Gide qui y vécut à l’année, James Joyce, Samuel Beckett, Saint-Exupéry et André Malraux, en 1920, etc.). Notamment, le couple Consuelo et Antoine de Saint-Exupéry y demeure en 19363. Albert Cohen y écrit son chef-d'œuvre, Belle du Seigneur. Y vivent également Alexandra David-Néel de retour de ses voyages en Extrême-Orient, la chanteuse Joséphine Baker accompagnée de ses nombreux enfants, ou encore le Général de Gaulle à l'occasion de sa nuit de noces.

Le 14 juin 1940, l'armée allemande entre dans Paris. Le lendemain, l'hôtel est occupé par l'Abwehr, le service de renseignement et de contre-espionnage de l'état-major allemand, qui y installe son quartier général. Le chef de la Geheime Feldpolizei s'y installe aussi. À la Libération, le propriétaire de l'hôtel doit, pour prouver son engagement envers la Résistance, mettre à sa disposition le Lutetia. L'hôtel accueille les déportés à leur retour des camps de concentration nazis. C'est Sabine Zlatin, surnommée la « dame d'Izieu », qui assure la mise sur pied du centre d'accueil, vers lequel convergent les familles à la recherche d'information sur d'éventuels proches déportés. Aujourd'hui, une plaque posée à l'extérieur de l'hôtel rappelle cet épisode4.

De 1955 à 2005, l'hôtel Lutetia est la propriété de la famille Taittinger puis de Starwood Capital Group, un groupe d’investissement américain, de 2005 à 2010. Ce dernier le cède fin juillet 2010 au groupe israélien Alrov5, société du milliardaire Alfred Akirov spécialisée dans l'immobilier, pour 135 millions d’euros. L’hôtel reste néanmoins géré par le groupe Concorde Hotels & Resorts, filiale de Starwood Capital Group.

En 2010, l’hôtel Lutetia fête son centenaire6. Des événements sont organisés tout au long de l'année pour célébrer l’événement : soirées exceptionnelles, accueil de stars du jazz, de photographes et d'écrivains… À cette occasion, l’historienne-journaliste Pascaline Balland, rédige un livre, Lutetia, publié aux éditions Lattès et retraçant l’histoire de l’établissement. Les photos sont de Christophe Majani d’Inguimbert.

6 octobre 2013

SYRIE... N'oublions pas !

El-Assad est "machiavélique, menteur et brutal"

http://bit.ly/15SV6Wj

EXCLUSIF - Walid Joumblatt, leader de la communauté druze au Liban et opposant au président syrien, dénonce l'"abandon" dont est victime son pays. Extraits de son entretien à paraître dimanche dans le JDD.

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Walid Joumblatt

Et pendant ce temps là sur le compte Instagram de Bachar al Assad 

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25 juillet 2016

ARAKI - Exposition au Musée Guimet

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Jusqu'au 5 septembre 2016

Figure incontournable de la photographie contemporaine japonaise, Nobuyoshi Araki est connu mondialement pour ses photographies de femmes ligotées selon les règles ancestrales du Kinbaku - l’art du bondage japonais -, pratique qui puise ses origines au XVe siècle. Cette exposition retrace cinquante années de son travail en plus de 400 photographies et compte parmi les plus importantes consacrées à Araki en France.

Un choix très important sera extrait des milliers de photographies que l’artiste a réalisées de 1965 à 2016, depuis l’une de ses séries les plus anciennes intitulée Théâtre de l’amour en 1965 jusqu’à des oeuvres inédites, dont sa dernière création de 2015 réalisée spécifiquement pour le musée sous le titre Tokyo-Tombeau. Après une première découverte de la presque totalité des livres conçus par Araki suivie d’une introduction aux grandes thématiques de son oeuvre – les fleurs, la photographie comme récit autobiographique, sa relation avec son épouse Yoko, l’érotisme, le désir, mais aussi l’évocation de la mort -, l’exposition évoquera son studio, laboratoire d’idées.

Véritable journal intime d’un grand plasticien de la photographie pour qui « photographier est avant tout une façon d’exister », l’exposition se déploiera selon un parcours thématique, depuis les séries consacrées aux fleurs, la scène de Tokyo, ou encore le Voyage sentimental, illustration de son voyage de noce en 1971, suivie du Voyage en hiver en 1990, année du décès de son épouse.

À mi-parcours de l’exposition, le visiteur s’introduit dans l’atelier d’Araki et découvre la démesure de sa production photographique, mise en regard d’oeuvres issues des collections du MNAAG : estampes, photographies et livres anciens, illustrant les liens que l’artiste a entretenus avec la permanence d’une inspiration japonaise. Empreint de poésie et derecherche plastique, l’oeuvre d’Araki repose également sur une expérimentation incessante. Ainsi les codes et stéréotypes du médium sont revisités par l’artiste qui intervient sur ses propres négatifs ou recouvre parfois ses images de calligraphies ou de peinture, dans un geste audacieux, souvent teinté d’humour.

Conçue à partir d’oeuvres provenant de collections privées et publiques (Tokyo, New York, Paris…), complétée des archives de l’artiste, cette exposition donnera à voir et à comprendre l’enracinement de l’art d’Araki dans la culture traditionnelle japonaise.

Présidente du MNAAG

Sophie Makariou

http://www.guimet.fr/fr/

26 décembre 2018

Une année de tweets plus ou moins diplomatiques de Donald Trump

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Par Pierre Bouvier - Le Monde

Avec son téléphone, il prend le risque de provoquer des crises, voire de ruiner la stratégie de ses alliés ou de son administration.

Depuis son élection, le 8 novembre 2016, Donald Trump n’a cessé d’utiliser Twitter. Selon le site Trump Twitter Archive, à la date du 25 décembre, le président américain a tweeté plus de 5 500 fois depuis sa victoire, tous sujets confondus. Imprévisible jusque dans le domaine de la diplomatie, @realDonaldTrump, qui est le chef d’Etat le plus suivi avec 56 millions de followers, prend volontiers le risque de provoquer des crises diplomatiques, voire de ruiner la stratégie de sa propre administration ou celle de ses alliés.

Lundi 24 décembre au soir, en plein « shutdown » et alors que la Bourse de New York achevait sa pire semaine depuis 2008, le président américain a de nouveau publié, en quatre heures, plus d’une dizaine de tweets, traitant du retrait américain de Syrie, du mur en construction à la frontière avec le Mexique ou encore attaquant la Banque centrale américaine (Fed). « L’Amérique est de nouveau respectée ! », a-t-il écrit. « Je suis tout seul (pauvre de moi) à la Maison Blanche », s’est-il aussi lamenté en cette veillée de Noël.

Pour le New Yorker, Donald Trump termine l’année 2018 comme il l’avait commencée, confirmant qu’il n’y a pas de « normalité » à attendre du président.

Du Pakistan à la France

Le 1er janvier, il s’en était pris au Pakistan, allié des Etats-Unis dans la guerre contre les talibans et l’organisation Etat islamique (EI) en Afghanistan. En fin d’année, la « bromance » avec son homologue français, Emmanuel Macron, s’est terminée sur un feu d’artifice de tweets assassins. A peine atterri à Paris où il venait assister aux cérémonies du centenaire de la fin de la guerre de 1914-1918, Donald Trump a décoché un premier tweet contre son hôte, le 9 novembre :

« Très insultant, mais peut-être l’Europe devrait-elle payer sa part (du budget) de l’OTAN, que les Etats-Unis assument largement. »

Emmanuel Macron venait d’évoquer la création d’une « vraie armée européenne » pour que l’Union européenne (UE) ne dépende pas seulement des Etats-Unis face à une Russie « menaçante ».

A peine reparti, Donald Trump a poursuivi dans la même veine : « MAKE FRANCE GREAT AGAIN ! », a-t-il écrit. Ajoutant : « Le problème est qu’Emmanuel souffre d’un taux de popularité très faible en France, 26 %, et d’un taux de chômage de presque 10 %. »

Marie-Cécile Naves, chercheuse associée à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et auteure de Géopolitique des Etats-Unis (Eyrolles, 2018), relativise la portée des attaques : M. Trump « était contrarié par sa défaite lors des élections de mi-mandat et par la phrase de Macron sur la défense européenne ».

Le président américain a poursuivi, en décembre, donnant son avis sur le mouvement des « gilets jaunes » estimant qu’il « est temps de mettre fin à l’accord de Paris ». Paris qui a fini par lui demander de ne pas se mêler de politique intérieure française.

Enfin, il a réussi une improbable synthèse en commentant l’actualité française à des fins de politique intérieure lorsqu’il a établi un lien entre l’attentat de Strasbourg et la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis : « Encore une terrible attaque terroriste en France. Nous allons encore plus renforcer nos frontières », afin de demander aux leaders du Parti démocrate de voter le financement du mur avec le Mexique.

Avant Macron, Merkel, May et Trudeau

Emmanuel Macron a découvert après Angela Merkel et Theresa May, les foucades trumpiennes. Critiqué pour son traitement des familles de migrants qui essaient d’entrer aux Etats-Unis, Donald Trump s’en est pris, le 18 juin, à la politique migratoire de la chancelière allemande : « Grosse erreur dans toute l’Europe que de laisser entrer des millions de personnes qui ont si fortement et violemment changé leur culture ! » Avant d’ajouter : « Nous ne voulons pas que ce qui se passe avec l’immigration en Europe se passe avec nous ! » Et de conclure le lendemain : « La criminalité a augmenté de 10 % à cause de l’accueil des migrants. »

Le 11 juillet, lors du sommet de l’OTAN, Donald Trump a accusé Berlin de ne pas contribuer de manière équitable au budget de l’organisation de défense, puis l’Allemagne d’être « prisonnière de la Russie parce qu’elle tire une grande partie de son énergie » de ce pays.

La première ministre britannique a, elle, eu droit à son lot d’attaques avec l’interview du président dans le quotidien The Sun au cours de laquelle il critique sa gestion du Brexit. Pour Marie-Cécile Naves, Donald Trump, qui « utilise les codes de la téléréalité », « s’en prend souvent à un pays européen en particulier ou à un autre pour attiser les divisions entre les membres de l’UE ».

Son voisin canadien n’est pas épargné : alors qu’il accueillait le sommet du G7, Justin Trudeau se voit qualifier de « très malhonnête et faible », sur fond de désaccords commerciaux entre les deux pays.

Poutine et Kim Jong-un chouchoutés

S’il s’en est pris aux alliés traditionnels de Washington, Donald Trump a souligné la qualité de ses relations avec… Vladimir Poutine et Kim Jong-un. Avec le premier, au mois d’août, il a eu une « rencontre formidable au cours de laquelle beaucoup a été accompli ».

En pleine affaire Khashoggi, il fait preuve de cynisme en acceptant plus volontiers la version de Riyad que celle de ses propres services de renseignement.

Mais c’est avec Pyongyang que le revirement est le plus marquant. En quelques mois, le président est passé du « Rocket Man » (« homme-fusée ») et « fou » en vigueur à l’automne 2017 à de « possibles progrès » du mois de mars avant, en juillet, d’évoquer la « gentille lettre » de son homologue nord-coréen, quelques semaines après leur rencontre à Singapour, en juin.

« Sa communication sur Twitter s’adresse davantage aux observateurs qu’à Pyongyang, puisqu’il n’a aucun réel moyen de pression sur Kim Jong-un », relève Mme Naves.

Son administration court-circuitée

L’annonce de la démission du secrétaire à la défense, James Mattis, après celle du retrait des troupes américaines en Syrie, est la plus récente illustration des effets dévastateurs de son utilisation de Twitter. « Nous avons vaincu l’EI en Syrie, ma seule raison d’être là-bas durant la présidence Trump », a tweeté Donald Trump, mercredi 19 décembre.

« En un tweet, Trump a détruit la politique américaine au Moyen-Orient », a ainsi réagi Victoria Nuland, diplomate américaine, secrétaire d’Etat assistante pour l’Europe et l’Eurasie de 2013 à 2017, dans le Washington Post. « Twitter lui sert à court-circuiter le département d’Etat, ses propres services, mais surtout, à s’adresser à son électorat », analyse Mme Naves.

Don’t feed the troll

« Ses tweets, énigmatiques ou rageurs, brouillent la communication de ses interlocuteurs, observe la chercheuse à l’IRIS. Mais surtout, ils lui permettent de ramener le débat à sa personne, comme lorsqu’il a affirmé que lors du mouvement des “gilets jaunes” des manifestants ont scandé “nous voulons Trump”. »

Après les attaques contre la France, l’ancien secrétaire d’Etat démocrate, John Kerry, a critiqué l’attitude du président qui déclare « son “amour” pour Kim Jong-un (…) mais insulte notre plus vieil allié [la France]. Arrêtez de tweeter ! L’Amérique a besoin d’amis ».

Mais rares sont les chefs d’Etat qui prennent le risque de répondre au président américain, pour ne pas envenimer la situation. Les plus avisés préfèrent le « subtweeter » (lui répondre sans le nommer).

En avril, après une philippique du président américain contre l’aide de la Russie au régime syrien, Dimitri Peskov, le porte-parole de Vladimir Poutine a répondu que la Russie ne « faisait pas de diplomatie sur Twitter ». Dans une interview à CNN, Emmanuel Macron répondait aux attaques de Donald Trump :

« Je préfère toujours avoir des discussions directes ou répondre à des questions que faire ma diplomatie au travers de tweets. »

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14 novembre 2018

Tempête de Tweets : Trump traite désormais Macron comme ses autres alliés

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Par Marc Semo, Virginie Malingre - Le Monde

Le président américain s’en est pris mardi, dans une série de Tweets violents, à son homologue français, avec lequel il entretenait une relation privilégiée.

Dans son mépris pour l’Union européenne et ses leaders, le président américain Donald Trump avait jusqu’ici épargné son homologue français, son ami « Emmaaanuel » avec lequel il entretenait une rare relation de proximité, malgré des différends politiques de fond.

Emmanuel Macron est désormais ciblé par les Tweets rageurs du 45e locataire de la Maison Blanche, qui n’a jamais épargné ses alliés. De retour à Washington après les commémorations du centenaire de l’armistice de 1918, Donald Trump dans une série de messages matinaux a raillé la « très faible cote de popularité » du président français. Il l’a attaqué tous azimuts, aussi bien sur le niveau élevé du chômage en France que sur le prétendu protectionnisme contre le vin californien. Ou encore sur le nationalisme hexagonal, qu’il a salué alors même qu’Emmanuel Macron en dénonçait les dangers.

Mais surtout il est revenu à la charge sur la proposition de son homologue français de créer une armée européenne, déjà jugée « très insultante » dès son atterrissage à Paris le 9 novembre. « Emmanuel Macron a suggéré la création de leur propre armée pour protéger l’Europe contre les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Mais c’était l’Allemagne dans la première et la seconde guerre mondiale », a-t-il écrit sur Twitter.

« Paie pour l’OTAN ! »

« Comment ça a marché pour la France ? Ils commençaient à apprendre l’allemand à Paris avant que les Etats-Unis n’arrivent », a-t-il ironisé, dans une référence très peu diplomatique à l’Occupation et à la collaboration, au lendemain d’un centenaire de l’armistice, qui a, à nouveau, célébré la réconciliation franco-allemande. « Paie pour l’OTAN ! », a-t-il insisté, clamant à nouveau son exigence que les membres de l’Alliance atlantique participent plus largement à son financement.

C’était, pourtant, le sens de la proposition du président français sur l’armée européenne et lors de leurs entretiens le 10 novembre, à l’Elysée, il avait longuement insisté pour apaiser les choses et dissiper tout malentendu sur « le partage du fardeau ».

« Donald Trump était l’un des premiers chefs d’Etat arrivé à Paris et il a réservé son premier entretien au président Macron. Ces signaux ont une valeur bien plus grande que des Tweets dont on sait comment et pourquoi ils sont faits et destinés avant tout aux Américains », note un conseiller de l’Elysée. « La relation entre Emmanuel Macron et Donald Trump n’est pas facile, mais elle est continue et ce qui importe c’est qu’ils se parlent plusieurs fois par semaine », insiste-t-on parmi les proches du chef de l’Etat.

« Une réaction épidermique et personnelle »

Roland Lescure, député La République en marche (LRM) des Français de l’étranger et membre du groupe d’amitiés France - Etats-Unis assure qu’il s’agit d’un malentendu : « C’est une réaction un peu épidermique et personnelle du président américain au discours d’Emmanuel Macron qui a été interprété à mon avis à tort comme une critique en creux à son encontre. » Emmanuel Macron avait notamment souligné dans son discours à l’Arc de triomphe que « le patriotisme est l’exact contraire du nationalisme », visant ainsi explicitement son homologue américain, principal pourfendeur du multilatéralisme.

Même si l’Elysée tente d’en minimiser la portée, la virulence du verbe trumpien est extrême. « Make France great again ! », clame en majuscules le président américain sur Twitter, en écho à son slogan de campagne invitant à retrouver la grandeur des Etats-Unis… mais aussi à son détournement par Emmanuel Macron – « Make the planet great again » – au lendemain de l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris. Et de souligner que le président français cherche à faire diversion, car « il souffre d’un taux de popularité très faible en France, 26 %, et d’un taux de chômage de presque 10 % ».

Puis d’ajouter : « Et au fait, il n’y a pas de pays plus nationaliste que la France, un peuple très fier, et à raison ! » Au passage, le milliardaire qui ne boit pas d’alcool s’en prend au vin, produit emblématique s’il en est en France : « Le problème est que la France rend la tâche très difficile aux Etats-Unis pour vendre leur vin en France et applique des tarifs élevés, alors que les Etats-Unis rendent ça facile pour les vins français et appliquent de très bas tarifs. »

« Entre mâles dominants »

Il est encore difficile d’évaluer les conséquences de cette polémique sans précédent entre les deux présidents. « Les relations entre la France et les Etats-Unis ne se mesurent ni à l’aune du langage corporel entre les deux présidents ni à celle des Tweets envoyés par Donald Trump », assure un haut diplomate. Dès son arrivée à l’Elysée, Emmanuel Macron avait misé sur la relation personnelle avec le locataire de la Maison Blanche pour tenter de l’influencer et limiter les dégâts. « Quoi que l’on pense de sa personnalité, il est le président des Etats-Unis, la première puissance mondiale, notre allié depuis deux cent cinquante ans », expliquait l’Elysée.

Mais le président français n’a réussi ni à convaincre Trump de rester dans l’accord sur le climat ni dans celui sur le nucléaire iranien. Dès la visite à Washington au printemps dernier, les relations ont commencé à se tendre.

« Entre mâles dominants, cela se passe toujours mal et Donald Trump qui ne connaît que le rapport de forces n’a guère apprécié les critiques d’Emmanuel Macron à Paris », explique Laurence Nardon, directrice du programme Etats-Unis de l’Institut français des relations internationales (IFRI), tout en estimant que « ces polémiques ne vont pas changer grand-chose, car les deux administrations continuent à travailler ensemble de façon suivie et que les relations entre les services de renseignement comme entre les militaires sont excellentes. »

Le président américain instrumentalise cet affrontement avec son homologue français pour faire passer des messages de politique intérieure et montrer une Amérique combative y compris avec ses plus proches alliés. Et même avec ce jeune président français en qui il voyait une quintessence du winner et qui semble aujourd’hui à la peine sur la scène intérieure.

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10 novembre 2018

Affaire Khashoggi : Erdogan affirme avoir partagé des enregistrements avec Riyad, Washington et les Européens

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A la veille du grand rendez-vous international des cérémonies du centenaire où il est attendu, le chef de l’Etat turc a remis l’affaire à l’agenda. MM. Trump et Macron ont de leur côté demandé des éclaircissements complets à Riyad.

L’existence d’enregistrements audio du meurtre du journaliste saoudien critique du pouvoir Jamal Khashoggi, le 2 octobre dans l’enceinte du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, avait été évoquée à plusieurs reprises anonymement. Comme de nombreuses révélations qui avaient filtré sur l’affaire dans la presse turque aux ordres du pouvoir mais également dans des médias américains au cours du mois d’octobre, cette information avait été prêtée à de mystérieux responsables jamais nommés. Elle est désormais officielle : le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a confirmé samedi 10 octobre qu’Ankara disposait bien d’enregistrements réalisés au sein du consulat saoudien et portant sur l’assassinat de M. Khashoggi.

« Nous avons donné les enregistrements, nous les avons donnés à l’Arabie saoudite, nous les avons donnés à Washington, aux Allemands, aux Français, aux Anglais », a déclaré le chef de l’Etat turc lors d’une conférence de presse télévisée. La présidence a ensuite précisé que les enregistrements avaient été écoutés, mais qu’aucun document écrit n’avait été partagé. « Ils ont écouté les conversations qui ont eu lieu ici, ils savent », a poursuivi M. Erdogan.

Le 2 novembre, un mois après la mort du journaliste Jamal Khashoggi, le président turc avait déjà accusé dans une tribune publiée le 2 novembre dans le Washington Post les « plus hauts niveaux du gouvernement saoudien » d’avoir commandité le meurtre, sans pour autant mettre en cause le roi Salmane.

Corps découpé et dissous dans l’acide

C’est bien son fils, le tout-puissant prince hériter Mohammed Ben Salmane, surnommé MBS, qui est visé par Ankara. Après avoir d’abord fermement nié son meurtre, les autorités saoudiennes ont fini par affirmer que le journaliste avait été tué au cours d’une opération « non autorisée » par Riyad. Or plus d’un mois après sa mort, le corps de Jamal Khashoggi n’a toujours pas été retrouvé. Un conseiller de M. Erdogan, Yasin Aktay, a affirmé début novembre que la dépouille du journaliste avait été découpée en morceaux ensuite dissous dans de l’acide.

Les déclarations de M. Erdogan interviennent peu avant le grand rendez-vous international des cérémonies du centenaire de l’armistice de la guerre de 14-18 qui se tiennent à Paris, puis du Forum sur la paix qui ouvrira dimanche dans la capitale française. Elles remettent l’affaire Khashoggi sur le devant de la scène, des zones d’ombre demeurant toujours autour des circonstances du meurtre tandis que l’Arabie saoudite est de plus en plus contestée pour son engagement militaire au Yémen dans le conflit contre les rebelles houthistes et la crise humanitaire qu’il a provoquée dans le pays.

A Paris, le président français, Emmanuel Macron, et son homologue américain, Donald Trump, qui se sont entretenus en tête à tête samedi matin à l’Elysée, ont affirmé que l’Arabie saoudite devait encore fournir des « éclaircissements complets » sur l’assassinat de Jamal Khashoggi, selon une source à l’Elysée citée par l’agence Reuters. Les deux chefs d’Etat ont également affirmé être d’accord sur le fait que cette affaire ne doit pas constituer un facteur de déstabilisation supplémentaire dans la région. Ils ont par ailleurs estimé selon cette même source que l’affaire Khashoggi et ses suites diplomatiques pouvaient fournir l’occasion de poser la voie d’une résolution politique de la guerre au Yémen.

16 février 2016

Eagles of Death Metal : « Nous ne pourrons pas jouer “Kiss the Devil” à l’Olympia »

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Les Eagles of Death Metal, qui tenaient la scène du Bataclan, lorsque le 13 novembre les terroristes ont fait irruption dans la salle, reviennent ce mardi 16 février à Paris pour un concert événement à l’Olympia. L’ensemble des spectateurs qui étaient présents au Bataclan ont été invités. Une façon cathartique de conjurer les démons et d’« aller de l’avant ». Pour eux et pour le public, avec qui ils sont « définitivement soudés ». A la veille du concert, les deux fondateurs du groupe, Jesse Hugues et Josh Homme, nous ont donné rendez-vous pour s’en expliquer.

Entre les deux hommes, qui ont usé leurs culottes ensemble sur les bancs de l’école il y a une trentaine d’années, les rôles sont de toujours clairement distribués. Il y a le garnement, Jesse Hugues, ultrasensible, dont les émotions, les mots et les idées partent dans tous les sens, passant tour à tour pour un punk incivilisé et joyeux ou pour un défenseur réactionnaire du « red neck way of life », avec armes à feu, machisme et jurons. Et puis il y a le grand frère (très grand, le grand frère), Josh Homme, qui le prend par l’épaule, l’arrête quand il dérape, vous regarde dans le fond des yeux et tourne quatre fois sa langue dans la bouche avant de vous répondre.

Josh, qui est aussi impliqué dans d’autres projets musicaux, notamment Queens of the Stone Age, n’était pas, lui, au Bataclan. Ni sur le reste de la tournée actuelle rebaptisée « Nos amis tour » (en français dans le texte) qui est déjà passée par Stockholm et Oslo. Il a rejoint le groupe pour ce concert où il reprendra sa place à la batterie.

Allez-vous, comme beaucoup de fans l’ont demandé, reprendre le concert là où vous l’avez laissé au moment de l’attaque, avec la chanson Kiss the Devil ?

Josh Homme : Non. Nous ne pouvons pas jouer Kiss the Devil demain. Nous ne savons plus où vit cette chanson désormais, et nous n’avons pas de raison de chercher à le savoir. Car nous avons aussi des demandes… de ne pas la jouer. Une personne qui ne veut pas l’entendre compte plus pour nous qu’une centaine qui voudraient qu’on la joue. Le morceau démarre d’une façon très iconique, vous savez : Tsi Tsi poum poum tacatac… (silence) Cela démarre ainsi… On ne sait pas quoi faire avec cela…

Donald Trump a dit la semaine dernière dans un hebdomadaire français : « J’ai toujours une arme sur moi. Si j’avais été au Bataclan, je peux vous dire que j’aurais ouvert le feu. » Vous en pensez quoi, Jesse, vous qui aux Etats-Unis défendez l’usage des armes ?

Jesse Hugues : Ce qu’il dit est absurde… Je n’en ai rien à foutre de ce qu’il dit, cela n’a rien à voir avec nous.

Josh Homme : Oui, c’est absurde, on n’est pas là pour faire de la politique. Nous sommes là pour ce qui rend la France formidable : les arts et la culture, qui ont une place ici dans votre vie de tous les jours.

Cet attentat vous a changés ?

Jesse Hugues : Cela donne une perspective différente. Cela ne change pas ma façon de penser, ma façon de voir les gens, ce que je suis… J’ai 43 ans, vous savez. Je ne vais plus beaucoup changer…

Josh Homme : C’est une redirection. Quand votre vieille route est forcée de changer de cap, cette redirection peut être vue comme une bénédiction.

Vous vous sentez investis d’une mission ?

Josh Homme : Que nous le voulons ou pas, nous pouvons montrer une façon juste de s’en sortir, d’aller de l’avant, de sortir grandis de tout cela… Parce que le rock’n’roll nous a sauvés par le passé et il nous sauvera à nouveau. Des gens ne pourront pas venir demain, simplement parce qu’ils ne peuvent pas et c’est bien ainsi. Simplement, ils sauront que nous étions là.

Jesse Hugues : Je veux faire ce que Dieu m’a dit de faire. Et dans la Bible, il a dit : « Poussez des cris de joie. » C’est ce qu’on va faire. Il s’agit juste de frayer notre chemin à travers cette tristesse. La musique est le moyen sacré par lequel je peux vivre l’expérience divine. Et je crois que c’est magnifique.

Les djihadistes qui ont attaqué le Bataclan disaient eux aussi faire ça au nom de Dieu…

Jesse Hugues : Ces gens-là étaient sous Xanax et cocaïne, je ne veux même pas parler de ces enculés. Ils ont eu leur moment de gloire et ils sont morts, laissons-les là où ils sont…

Josh Homme : Nous sommes là pour l’après, nous pouvons nous concentrer sur cette nécessité-là. J’ai toujours aimé Jesse parce que nous partageons une foi et une croyance dans la musique. Elle nous sortira de nos problèmes, de nos errances quand les choses n’iront plus. Le concert [à l’Olympia] n’a rien à voir avec la religion ni la politique. Les politiciens sont les bienvenus, comme tout le monde, avec tout le monde, mais nous ne voulons pas nous montrer avec eux, nous marchons dans la rue, nous ne vivons pas dans une tour d’ivoire.

La Bible parle aussi de Vallée des larmes…

Jesse Hugues : Oui tout le truc, c’est que tu traverses la vallée des larmes pour arriver dans la lumière de Dieu. C’est la définition de la vie, une tribulation…

Vous éprouvez ce sentiment de culpabilité dont parlent les survivants ?

Jesse Hugues : On ne peut nier que cela existe. Je le sais de façon claire pour Josh, cet homme qui est là juste à côté de moi… de n’avoir pas été là. Mais cela vous tuerait si vous laissiez cette merde vous consumer. Vous deviendriez fou. Parce qu’au final, ce n’est bien évidemment la faute de personne, à part celle des tueurs. Il faut résister. Mon mantra c’est : « Reste chaud du cul ! Et choisis le côté ensoleillé de la rue ! »

Josh Homme : Je crois qu’il y a au fond de tout ça une ancre qui peut vous entraîner vers le fond, une part qui ne peut pas être évacuée. Mais nous ne sommes pas là pour sombrer dans les ténèbres, nous sommes là pour apporter de la lumière. Nous n’offrons pas l’obscurité, ni une sortie politique ou religieuse à tout ça. Nous sommes ici pour nous serrer les coudes et nous redonner de la joie. Ce serait triste si la presse autour de nous faisait partie de l’ancre. Mon fils est né hier, et je suis venu de Californie. Je suis là pour vous, comme je suis là pour mon fils, comme je suis là pour Jesse, comme je suis là pour moi. Je suis ici pour faire partie de la lumière, pas pour couler au fond. Je suis là pour que mon meilleur ami ne regarde pas vers le fond mais vers le haut, et que quand il se retourne, il voie que je suis là, et je suis là pareillement pour vous.

Eden Galindo, le guitariste, m’a dit que vous aviez rencontré ce lundi soir un groupe d’une soixantaine de personnes qui étaient au Bataclan…

Josh Homme : Oui, ce sont des gens qui nous suivent également depuis longtemps. Nos plus vieux amis, ici… C’est aussi une façon de préparer le concert, de le faire le mieux possible. Parce que nous ne prétendons pas savoir à l’avance quelle est la meilleure façon de faire. Nous ne voulons ni décevoir ni oublier personne.

Article de Laurent Carpentier

18 avril 2013

Exposition : Keith Haring au Cent Quatre et au MAM - Jusqu'au 18 août

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Cent Quatre : Rendez-vous jeudi 18 avril à partir de 20h30 pour un vernissage public et festif (projections, dj, breakdance...). Entrée dans la limite des places disponibles. 

MAM : Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, avec le CENTQUATRE, consacre une rétrospective de grande envergure à l’artiste américain Keith Haring (1958 – 1990). Cette exposition permettra d’appréhender l’importance de son œuvre et plus particulièrement la nature profondément « politique » de sa démarche, tout au long de sa carrière.

Avec près de 250 œuvres réalisées sur toile, sur bâche ou dans le métro, - dont une quinzaine de grands formats seront exposés au CENTQUATRE, cette exposition est l’une des plus importantes jamais réalisées sur cet artiste. Keith Haring fut l’un des artistes les plus célébrés de son époque, et aujourd’hui encore tout le monde connaît son style incomparable et son répertoire de signes emblématiques. Il a été exposé avec Andy Warhol, Jean-Michel Basquiat, Roy Lichtenstein, Robert Rauschenberg, Jenny Holzer et Daniel Buren, dès la Documenta 7 en 1982 et dans des musées et biennales du monde entier.

Voir mes précédents billets sur Keith Haring

1 février 2016

Emma­nuelle Béart nue : son hommage à Jacques Rivette

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Photo from" LA BELLE NOISEUSE"JACQUES RIVETTE . My heart breaks literaly.. Something of my soul goes away with You my brother Jacques ..i do not find the sense anymore ...Hope everyone Will watch your movies ..masterpieces#filmdirector #jacquesrivetterip #jacquesrivette #RIP #labellenoiseuse#cannesfilmfestival #lanouvellevague #frenchdirector #janebirkin#michelpicoli#frenchmovies#masterpieces #sorrow #deepsadness#nowsilence 

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Vendredi, Jacques Rivette s’étei­gnait à l’âge de 87 ans. Actrice de sa Belle Noiseuse, Emma­nuelle Béart vient de rendre hommage au réali­sa­teur en postant une photo d’elle toute nue sur le plateau du film.

Le week-end dernier, à un mois des César, le cinéma français pleu­rait la dispa­ri­tion de Jacques Rivette. Fer de lance de la Nouvelle vague, rédac­teur en chef des Cahiers du Cinéma, l’ar­tiste s’est éteint à l’âge de 87 ans lais­sant derrière lui bon nombre d’ar­tistes orphe­lins. Sur les réseaux sociaux, les hommages étaient nombreux. Notre ministre de la Culture, Fleur Pelle­rin, décla­rait : « Avec Jacques Rivette dispa­raît l’un des plus grands cinéastes de l’in­time et de l’im­pa­tience amou­reuse. C’est un jour de profonde tris­tesse. » L’an­cien président du festi­val de Cannes, Gilles Jacob, saluait « l’un des plus lucides, les plus inven­tifs, les plus libres de la Nouvelle Vague » tandis qu’Aure Atika se souve­nait de son tout premier rôle (muet) dans un des films du réali­sa­teur (Out1).

Autre actrice à s’être fait remarquer dans un long-métrage de Jacques Rivette, Emma­nuelle Béart a salué ce parrain de cinéma à sa façon. Jouven­celle dans sa Belle Noiseuse (1991), Manon des Sources y inter­pré­tait Marianne, un model qui posait nu pour Michel Piccoli. C’est une photo de ce film que l’ac­trice a publiée sur son fil Insta­gram. Alors âgée de 28 ans, nous la décou­vrons dans le plus simple appa­reil, les bras grands ouverts, assise sur un banc en bois. Sous le cliché, Emma­nuelle Béart écrit : « Mon cœur est tota­le­ment brisé. Une partie de mon âme s’en est allée avec toi mon frère Jacques… » 

 

7 avril 2013

Nelson Mandela est sorti de l'hôpital

murciano_mandelaL'ancien président sud-africain Nelson Mandela, 94 ans et de santé très fragile, a quitté samedi l'hôpital de Prétoria où il a été admis il y a neuf jours en raison d'une pneumonie. "Il va maintenant recevoir des soins à domicile", précise le communiqué. La décision de le renvoyer chez lui, probablement dans sa résidence de Johannesburg, a été prise "en raison d'une amélioration constante et graduelle de son état général", indique la présidence. Le président Jacob Zuma a remercié les médecins, ainsi que "tous les Sud-Africains et les amis de l'Afrique du Sud dans le monde pour leur soutien". Le prix Nobel de la paix 1993 avait déjà été hospitalisé en janvier 2011 puis en décembre 2012 pour des infections pulmonaires, probablement liées aux séquelles d'une tuberculose contractée pendant son séjour sur l'île-prison de Robben Island, au large du Cap, où il avait passé dix-huit de ses vingt-sept années de détention dans les geôles du régime de l'apartheid. En décembre 2012, alors qu'il vivait retiré dans son village d'enfance de Qunu, dans la région du Cap oriental, il avait été ramené en avion à Pretoria. Il avait alors passé 18 jours à l'hôpital avant d'être autorisé à regagner son domicile de Johannesburg, à proximité des centres de soins les meilleurs du pays. Mandela a été de 1994 à 1999 le premier président noir de son pays, élu alors que la majorité noire venait d'obtenir pour la première fois le droit de vote. Il est complètement retiré de la vie politique et, en raison de sa santé déclinante, il n'est plus apparu en public depuis la finale de la Coupe du monde de football, en juillet 2010 à Johannesburg.

Photo : Mandela par Patrice Murciano

10 août 2018

Sainte Anne d'Auray

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Le son et lumière 1625… Le mystère de Sainte Anne réunit 200 bénévoles dans un théâtre de verdure à Sainte-Anne-d’Auray. Le spectacle se poursuit cette semaine du 7 août en soirée.

Le théâtre de plein air de Pont-Er-Groah, derrière la basilique de Sainte-Anne-d’Auray a plongé lundi 6 août, dans une reconstitution historique, grandeur nature.

L’association Asyn propose, durant encore six représentations, de revivre, par le biais d’un son et lumière, une partie de la vie d’Yvon Nicolazic, ce paysan témoin des apparitions de Sainte Anne. " Dans l’écrin de verdure qu’est la scène, reconstituée dans un décor du XVIIe siècle juste devant le bassin construit par des moines à la même époque, se conte la véritable histoire ", confie Patrick Geindre, chargé de communication. Près de 200 acteurs figurants bénévoles travaillent depuis le mois de mars pour raconter aux visiteurs ce qui s’est réellement passé dans le petit village de Ker Anna.Sur vingt-cinq tableaux différents, l’histoire de Sainte Anne s’ouvre au spectateur. Croyants ou non, la magie du son et lumière fonctionne. Lorsque Sainte Anne apparaît en fond de scène, alors qu’Yvon Nicolazic est au sol, l’image surprend, attendrit et parle.

Yvon Nicolazic et sa femme Guillemette sont interprétés par de nouvelles personnes, de nouveaux bénévoles ont rejoint la troupe. Des travaux ont été réalisés sur le site notamment sur la régie technique, les gradins, les espaces verts et l’étang des carmes a été nettoyé.

Vendredi 10, samedi 11 et dimanche 12 août, à 22 h, théâtre de plein air de Pont-Er-Groah, derrière la basilique de Sainte-Anne-d’Auray. Tarifs : 15 €, réduit 7 €. Parking gratuit. Contact et réservation : 07 82 18 25 15.

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31 octobre 2020

Opinion - En montrant les muscles, la Chine fait aveu de son échec avec Taïwan

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THE DIPLOMAT (SYDNEY)

Une récente démonstration de force de Pékin contre Taipei semble indiquer une attaque militaire imminente. Mais ces mouvements sont davantage une part de faiblesse de la part du gouvernement chinois, estime ce spécialiste de la région.

Les bruits de bottes se font de plus en plus insistants dans le détroit de Taïwan. Le mois dernier, au moins cinquante appareils de l’Armée populaire de libération ont violé l’espace aérien taïwanais. Les propos menaçants envers Taipei, tenus par des sources chinoises, officielles ou non, vont crescendo, et les gros titres dans la presse deviennent plus alarmants de mois en mois.

Aux États-Unis, des experts en politique étrangère qui n’ont rien d’extrémistes s’interrogent désormais publiquement sur la nécessité pour Washington de sortir de son ambivalence stratégique pour s’engager ouvertement à défendre Taïwan en cas d’attaque – une idée que n’avançait encore, il n’y a pas si longtemps, qu’une minorité radicale.

Pour autant, ce tableau inquiétant est trompeur : Pékin ne prépare pas d’attaque contre Taïwan. La Chine n’a pas la capacité de lancer une invasion de grande envergure qui puisse réussir, pas plus qu’elle n’a intérêt à risquer un conflit avec les États-Unis.

Sa rhétorique de plus en plus belliqueuse, loin d’être un signe de puissance, trahit sa faiblesse et l’échec de sa politique à l’égard de Taipei. Maintenant qu’il a gaspillé l’essentiel de ses leviers non militaires en tentant, en vain, de forcer la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, à se rallier à son principe d’“une seule Chine”, Pékin en est réduit à des manœuvres d’intimidation contre-productives pour dire son mécontentement face aux ventes d’armes et aux visites de hauts diplomates américains.

Pendant ce temps, Taïwan s’active à renforcer ses défenses et à réorienter son économie de façon à la rendre moins dépendante du continent. Pour le dire simplement, la méthode Xi sur la “question taïwanaise” se révèle un fiasco stratégique retentissant, dont Pékin mettra certainement des années à se remettre.

Prudence et modération taïwanaise

Les observateurs étrangers, y compris à Pékin, ne mesurent pas la prudence et la modération dont Tsai fait preuve depuis son arrivée au pouvoir sur les questions d’identité nationale et sur la relation de son pays avec la Chine.

Au lendemain de sa victoire, en 2016, elle a été confrontée à d’énormes pressions pour concrétiser les vieilles ambitions chères à la mouvance indépendantiste de son parti : rebaptiser le pays, adopter une nouvelle Constitution, en finir avec ce qu’il reste de liens historiques entre la République de Chine et son grand voisin continental, et détricoter les accords bilatéraux signés sous la présidence de son prédécesseur, Ma Ying-jeou.

Autant d’injonctions auxquelles Tsai Ing-wen résiste, au profit de positions centristes pragmatiques. Ainsi dans son discours d’investiture, la présidente n’a pas eu un mot pour l’indépendance de Taïwan, promettant au contraire de protéger l’ordre constitutionnel de la “République de Chine” (et non de “Taïwan”), de “chérir et entretenir” les accords bilatéraux de son prédécesseur et d’œuvrer à la stabilité et à la paix dans ses relations avec la Chine.

Des concessions rhétoriques auxquelles Pékin a répondu en substance : “peut mieux faire”. Et quand Tsai n’a pas voulu reprendre à son compte le principe d’une seule Chine, Pékin a décidé de les punir, elle et son Parti démocratique progressiste (PDP), en brisant unilatéralement et brutalement le statu quo entre les deux pays.

Pression croissante de la Chine

Depuis l’époque de Hu Jintao, la Chine a toujours adopté une stratégie “à deux voies” vis-à-vis de Taiwan. D’un côté, elle s’efforce de dissuader toute velléité indépendantiste en menaçant de lancer une opération militaire “dure”, de l’autre, elle tente de séduire les cœurs et les esprits des Taïwanais en renforçant les échanges économiques et culturels et par le biais d’une “coopération sélective” avec les élites taïwanaises ouvertes à Pékin.

Mais depuis la prise de fonction de Tsai, la Chine a surenchéri sur le volet militaire de cette stratégie au détriment de la négociation. Elle a interrompu la ligne directe avec Taipei et refusé de s’engager dans des discussions intergouvernementales. Elle a relancé à la course à la reconnaissance diplomatique et réussi à retourner sept des vingt-deux alliés officiels de Taïwan, contraignant en outre des organisations internationales à expulser les observateurs taïwanais.

Elle a accru sa pression sur les entreprises étrangères, y compris américaines, afin qu’elles inscrivent Taïwan comme faisant partie intégrante de son territoire sur leurs sites Internet. Elle a établi une liste noire des membres du PDP et d’autres personnalités politiques indépendantistes et leur a interdit l’accès au continent. Elle a mis en place de nouvelles formules destinées à attirer les meilleurs ingénieurs de l’île.

Et, provocation ultime, elle a redoublé d’efforts pour interférer secrètement dans le système politique de Taïwan et ses campagnes électorales dans l’espoir d’aider les adversaires de Tsai, favorables à Pékin, à l’emporter.

Au bout du compte, cette campagne de pression n’a pas empêché le PDP de l’emporter et Tsai d’être réélue en janvier 2020. Et maintenant qu’elle est de retour au pouvoir pour quatre ans de plus, les échecs de la stratégie taïwanaise de Pékin paraissent flagrants.

Une identité taïwanaise qui progresse

Tout d’abord, la Chine avait déjà déployé une grande partie de son arsenal “dur” au début du premier mandat de Tsai, en misant sur le fait que cela porterait un coup fatal à sa popularité. Un temps, on a pu croire que ce coup de poker allait aboutir. Mais Tsai a su reconquérir le soutien populaire, essentiellement grâce à la brutalité de la tactique employée par la Chine à Hong Kong et grâce à sa campagne clandestine visant à saper l’intégrité des institutions démocratiques de Taïwan.

Quand Tsai a été réélue avec une avance encore plus confortable en 2020 qu’en 2016, il est devenu clair que cette stratégie anti-PDP n’avait pas fonctionné.

Ensuite, la diplomatie coercitive de Pékin à l’encontre de Taipei l’a de plus en plus fait entrer en conflit avec les États-Unis. Mais l’époque est de toute façon à l’intensification de la confrontation avec Washington, aussi était-il vain de croire que la Maison-Blanche agirait pour freiner l’indépendance de Taïwan. Cela a eu l’effet contraire : le gouvernement Trump a adopté la politique la plus ouvertement favorable à l’île que l’on ait vue depuis des décennies. Quant à Tsai, elle a sagement su maintenir un cap qui aligne son discours à propos de ses relations avec la Chine sur la position des États-Unis.

Enfin, Pékin est en train de perdre l’opinion publique taïwanaise. En multipliant les changements politiques dès le début de l’ère Tsai, la tactique de coercition “dure” de la Chine a supplanté les intérêts culturels et économiques susceptibles de faire basculer l’opinion publique à son profit.

Par deux fois, Tsai a été élue avec une avance considérable, en dépit des menaces de Pékin. La notion d’identité taïwanaise exclusive a nettement progressé au cours des deux dernières années, de même que le soutien à l’idée d’indépendance.

Jamais les électeurs taïwanais n’ont autant pris leurs distances vis-à-vis du KMT [Kuomintang, parti historique, dans l’opposition], longtemps le partenaire de prédilection de la Chine, et l’on peut sérieusement se demander où en sera le parti en 2024. De plus, rien ne prouve que le prochain dirigeant du PDP sera aussi prompt que l’a été Tsai à s’opposer aux éléments indépendantistes de sa formation.

Un conflit qui n’apporterait rien à Pékin

Pékin se retrouve à présent à mener une stratégie perdante. Le pouvoir chinois a dilapidé l’essentiel de ses moyens de pression non militaires à essayer de contraindre Tsai Ing-wen à faire quelque chose qu’elle ne pouvait pas faire : approuver le principe d’une seule Chine tel que le conçoit Pékin. Il a également gaspillé l’essentiel de l’influence qu’il pouvait avoir sur Washington dans le dossier taïwanais, laissant les États-Unis libres de maintenir les restrictions qu’ils s’imposent volontairement dans leurs relations avec la Chine.

L’hostilité persistante de Pékin à l’encontre de la présidente Tsai n’a fait que renforcer ceux qui, au Congrès américain et au sein de l’administration Trump, prônent la levée des restrictions sur les visites de hauts responsables à Taipei. Cette attitude disqualifie également les objections de Pékin aux dernières ventes d’armes américaines à destination de Taïwan. En résumé, concernant Taïwan, la Chine se retrouve dans une position bien plus défavorable qu’il y a quatre ans.

On ne peut exclure la possibilité d’un conflit armé, notamment à la suite d’un accident, maintenant que les avions militaires chinois, taïwanais (et américains) opèrent de nouveau régulièrement à proximité les uns des autres. En dépit de nombreuses assertions, le président chinois n’a guère intérêt à mettre le feu aux poudres.

Un conflit ouvert avec Taïwan affaiblirait la position de Pékin dans la région à un moment où le pays essuie une série de revers en politique extérieure. Cela provoquerait également l’intervention des États-Unis – et par extension du Japon. En outre, même si les dirigeants chinois le souhaitaient, il est peu probable que l’Armée populaire de libération ait les capacités de lancer une vaste invasion à travers le détroit de Taïwan. Il s’agirait d’une opération incroyablement risquée avec un risque d’échec considérable et un coût exorbitant.

Retrouver un cadre plus traditionnel et coopératif

Le plus sage pour Xi Jinping est d’attendre que Trump et Tsai ne soient plus au pouvoir. Pékin pourrait en effet espérer d’un président américain démocrate qu’il fasse preuve d’un peu plus de considération pour la position chinoise et cherche à ramener la relation entre les deux pays dans un cadre plus traditionnel et coopératif.

Les dirigeants chinois pourraient également attendre l’élection à Taïwan d’un chef de gouvernement non issu du PDP en 2024. Ce n’est pas impossible. Mais il n’est pas impossible non plus que Tsai passe la main à un autre membre de son parti. Et vu la tendance dans l’opinion publique, il est peu probable que cet éventuel successeur se montre aussi prudent, pragmatique et arrangeant qu’elle dans les relations avec la Chine continentale.

Si Xi Jinping espère inverser la tendance actuelle avec Taïwan et éviter d’être acculé à une confrontation désastreuse avec des Taïwanais de plus en plus réticents aux négociations et soutenus par la première puissance militaire du Pacifique, il doit impérativement repenser sa stratégie.

Kharis Templeman

Source

The Diplomat

SYDNEY http://www.the-diplomat.com

19 janvier 2014

La statue de la Place de l'Hôtel de Ville de Vannes...

La statue équestre du connétable de Richemont, inaugurée le 22 octobre 1905, domine la place de l'Hôtel de ville de Vannes.

En 1894, le sculpteur Arthur-Jacques Leduc présente au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts le modèle en plâtre d’une statue équestre du connétable de Richemont et propose d’offrir sa statue aux villes qui accepteraient de l’ériger sur une place publique. La société littéraire la Pomme souhaite commander la statue pour la ville de Rennes et obtient le soutien du ministre des Beaux-Arts. Mais la ville qui ne peut s’acquitter du paiement de la fonte, renonce à donner suite au projet.

En 1897, la ville de Vannes s’intéresse au modèle du sculpteur. Deux projets successifs de monument au connétable Richemont avaient échoué à Vannes en 1861 et en 1878.

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En 1901, l’Association bretonne, d’abord sous la présidence d’Audren de Kerdrel puis sous celle du comte de Lanjuinais, se charge de former un comité et d’ouvrir une souscription.

En 1903, en juillet, les fonds recueillis s’élèvent à 3 500 F. auxquels s’ajoutent 600 F. du conseil général du Morbihan. Le 27 novembre, le conseil municipal accepte l’offre du sculpteur et souhaite ériger la statue sur la place de l’Hôtel-de-ville. Un marché est conclu avec le fondeur pour la somme de 11 000 F. En décembre, l’administration des Beaux-Arts délivre l’autorisation officielle d’ériger le monument malgré une municipalité résolument hostile au gouvernement républicain.

En 1905 : inauguration de la statue, le 22 octobre, en présence de l’évêque d’Orléans, des membres de l’Association bretonne, de Théodore Botrel, mais sans le préfet ni le représentant des Beaux-Arts, à qui le gouvernement avait interdit de comparaître.

En 1941, la menace d’enlèvement et de fonte de la statue soulève de vives protestations du conseil municipal.

1942 : en mars, l’amiral Darlan décide de maintenir la statue.

7 octobre 2016

Dix ans après, le meurtre d'Anna Politkovskaïa toujours irrésolu

Anna Politkovskaïa avait vu juste sur Poutine

Point de vue. Jean-François Bouthors, éditeur et écrivain, nous rappelle qu’il y a dix ans, jour pour jour, était assassinée la célèbre journaliste russe.

Anna Politkovskaïa. Le 7 octobre 2006, Anna Politkovskaïa était froidement assassinée dans la cage d’escalier de son immeuble, à Moscou. La journaliste connue pour ses livres et ses reportages sur la guerre de Tchétchénie, comme sur le délabrement et la criminalisation de la Russie, ne cessait d’alerter non seulement ses compatriotes, mais aussi l’opinion publique mondiale, sur la dérive autoritaire du régime russe. Elle y voyait une menace pour ses concitoyens, mais aussi pour les Européens et pour la paix dans le monde. Ce triste anniversaire coïncide, presque au jour près, à un discours de Vladimir Poutine devant la nouvelle Douma russe. Son parti, Russie unie, y dispose désormais de 343 sièges sur 450, les autres étant partagés entre des formations qui ne risquent pas de le contredire autrement que pour la forme. Son discours a été centré sur« l’accomplissement du droit historique de la Russie à être un pays fort ». Depuis son accession au pouvoir, en 2000, la politique de Vladimir Poutine est placée sous le signe de la force et de la militarisation. Pour le président russe, il n’y a d’avenir dans le monde que pour ceux qui savent se faire craindre. La recherche du compromis, la vertu de la négociation et le respect du droit ne sont pour lui que des accessoires de circonstance et non des valeurs fondamentales.

La tension au service d’un pouvoir fragile

Tout cela, Anna Politkovskaïa en avait discerné les lignes de forces, avec une lucidité étonnante. Elle avait vu monter la rhétorique du mensonge, le cynisme, l’affairisme, la construction d’un pouvoir absolu… Et elle avait montré vers où cela conduisait. Mais aujourd’hui, en Occident, beaucoup sont fascinés par « l’efficacité » de Poutine, lequel parie ouvertement sur les déchirements entre les Européens, sur la montée des populismes qu’il soutient sans hésiter, espérant voir s’effondrer le modèle démocratique que nous défendons encore. Or, s’il n’existe plus d’opposition politique en Russie, la base du régime ne cesse de s’affaiblir. Le triomphe de Russie unie aux dernières élections ne doit pas masquer une très forte abstention. Sur 110 millions d’inscrits, les pro-Poutine n’ont recueilli qu’un peu moins de 20 millions de voix, en perdant la bagatelle de 12 millions par rapport aux législatives précédentes. La population, qui souffre de la crise économique, se réfugie dans une sorte d’auto-anesthésie politique, puisqu’il n’y a plus de place pour l’opposition. Le président russe vient de resserrer les boulons autour de lui, car il sait que si d’aventure son pouvoir vacillait au sommet, il n’aurait pas, contrairement à Erdogan en Turquie, le peuple pour lui. Pour se maintenir, Poutine doit sans cesse manifester qu’il est indispensable. C’est pourquoi il maintient le pays dans un état de mobilisation permanente autour de la menace de l’ennemi et sur l’idée que la grandeur de la Russie mérite que les Russes se sacrifient pour elle. Mais c’est une pente dangereuse. On en voit le prix dans le martyre d’Alep, en Syrie, où la Russie s’est engagée militairement depuis un an, réduisant Bachar alAssad au rôle d’homme de paille. En Ukraine, rien n’est réglé. Moscou peut, au moment voulu, raviver l’incendie. Et tous les jours, les avions russes testent la vigilance de l’Otan, dont la Russie n’accepte toujours pas qu’elle protège les anciens « pays frères » ni les pays Baltes. Jusqu’à présent, Poutine s’est gardé d’aller trop loin, mais il ne cesse de faire monter la tension et de se rapprocher du point de rupture… ou de déflagration.

Voir mes précédents billets sur Anna Politkovskaïa

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21 novembre 2013

Calendrier PIRELLI - Helmut Newton 1986

Pirelli fait un choix original et inédit, pour célébrer les 50 ans de son calendrier. Pour cette année, pas de nouveau calendrier confié à un célèbre photographe, mais l'édition d'un calendrier Pirelli jamais sorti, celui de 1986 et réalisé par Helmut Newton. Cette éphéméride originale était conservée dans les archives historiques du manufacturier, car elle doublonnait avec un autre calendrier, réalisé par la filiale britannique, qui fut bien édité en 1986.

Projet abandonné

Pirelli Italia, de son côté, confia à Helmut Newton la réalisation de "son" calendrier au printemps 1985 pour l'année 1986. Mais le photographe allemand n'est pas retenu pour diverses raisons et c'est celui de l'américain Bert Stern, qui travaille pour le calendrier britannique, qui sera édité pour l'année 1986. Le travail de Newton est archivé et... enterré

La mission d'Helmut Newton - évidente au vu des clichés dévoilés aujourd'hui - était d'intégrer plus nettement les références commerciales aux pneumatiques Pirelli. En effet, jusque-là, la publicité s'était limitée tout au plus à l'empreinte d'une bande de roulement sur le sable (Uwe Omner en 1984) ou encore au rappel graphique du pneu sur les habits de scène (Norman Parkinson en 1985).

Réédition intégrale

Le calendrier 2014, conforme au projet initial pour la mise en page graphique, expose 12 clichés en noir et blanc accompagnés de 29 images des coulisses, tous réalisés en Toscane et à Monte-Carlo en 1985. Cette édition n'a jamais été distribuée intégralement et respecte intégralement le projet de Newton. Source : Le Point. Article de Jean-Christophe Lefèvre

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Photos : Helmut Newton

23 novembre 2013

"Nymphomaniac" - bientôt sur nos écrans

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Après les affiches où les acteurs apparaissaient en plein orgasme, la bande-annonce du film Nymphomaniac vient enfin d’être dévoilée. Et on vous prévient, elle s’adresse uniquement à un public très averti.

Cela fait des mois que la pression monte sur le prochain film de Lars Von Trier avec Charlotte Gainsbourg. Il y a quelques semaines, le réalisateur danois avait mis l’eau à la bouche du public en publiant des photos des acteurs principaux en plein orgasme. La première bande-annonce a été mise en ligne et le résultat semble à la hauteur de la réputation du cinéaste. Du sexe, du drame, de la violence, une ambiance oppressante et dérangeante, le tout sur fond de musique classique et de hard rock allemand. La fille de Serge Gainsbourg, qui s’était déjà mise à nu (et automutilée) pour Lars Von Trier dans le très sulfureux Antichrist, montre une nouvelle fois qu’elle n’a absolument aucune limite devant la caméra.

Dans Nymphomaniac, Charlotte joue le rôle de Joe, une jeune femme en situation de détresse recueillie par un vieil homme et qui se met alors à lui raconter son parcours sexuel. « Je m’appelle Joe, et je suis une nymphomane », l’entend-on déclarer dans la vidéo. On la découvre alors à différentes époques de sa vie, expérimenter toute sorte de pratiques sexuelles filmées de façon très crue. Stacy Martin, Shia LaBeouf, Willem Dafoe, Jamie Bell, Christian Slater ou encore Uma Thurman sont également à l’affiche de ce film qui sortira en salles le 1er janvier 2014.

Voir mes précédents billets sur Lars von Trier

21 novembre 2013

Fondation Chirac

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FONDATION CHIRAC - Il se fait tellement rare que chacune de ses apparitions publiques devient un événement. Non, il ne s'agit pas de Nicolas Sarkozy mais bien d'un autre ancien président de la République. A l'aube de ses 81 ans, Jacques Chirac a fait une apparition remarquée ce 20 novembre 2013 au musée du Quai Branly pour la remise du prix de sa fondation au docteur Denis Mukwege, médecin congolais réputé pour son combat en faveur des femmes mutilées.

Ce jeudi, Jacques Chirac a fait son entrée dans l'auditorium du musée à petits pas, un sourire figé accroché aux lèvres, le regard parfois un peu perdu, une main appuyée sur l'épaule du président Hollande, une canne dans l'autre. L'ancien président a parcouru les derniers mètres, suivi de Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande, et au bras de son épouse Bernadette, applaudi par la salle debout mais aussi par son successeur à l'Elysée qui lui a rendu un long hommage.

S'adressant à Jacques Chirac, François Hollande, qui n'a jamais masqué son estime pour son prédécesseur à l'Elysée, a tenu à "saluer [son] engagement pour des valeurs qui nous unissent tous".

"On comprend mieux à partir de cet attachement pour les cultures, les civilisations [...] votre détermination dans la lutte contre l racisme", a encore salué le chef de l'Etat.

11 novembre 2013

Sept raisons de ne pas écouter le nouvel album de Lady Gaga

On aurait dû se méfier de ce quatrième album en lettres capitales : "ARTPOP". Comme si Lady Gaga nous hurlait dans les oreilles le titre de son nouveau disque qui sort ce lundi 11 novembre, après avoir fuité sur internet une semaine plus tôt.

Francetv info vous dit pourquoi vous devriez vous en passer.

1°/ Parce qu’elle se prend pour l'anti-Andy Warhol

Mars 2010. Publiée sur le compte YouTube de la chanteuse, la vidéo de Telephone est visionnée plus de 14 millions de fois en trois jours. On reste scotché devant l’esthétique criarde du clip, qui convoque en un peu plus de neuf minutes un concentré de pop culture, de Tarantino aux jeux vidéo. Le monde entier applaudit enfin Lady Gaga, qui réussit pour la première fois de sa carrière à séduire les plus sceptiques.

L’Américaine, qui s’apprête alors à fêter ses 24 ans, intrigue et séduit. Les jaloux évoquent Madonna tandis que d’autres, admiratifs, citent Andy Warhol et son influence majeure dans la pop culture, comme sur Slate. Mais voilà, la promesse n’a pas été tenue.

En 2013 et après un troisième album décevant, Lady Gaga cherche à se débarrasser de cet héritage visiblement trop lourd à porter. Dans une interview donnée au Daily Mail britannique, l’excentrique diva déclare que pour son nouveau disque, elle a voulu "injecter de l’artistique dans la pop, à l’inverse de Warhol (…), c’est-à-dire mettre de l’art dans la boîte de soupe". Et à l’écoute de "ARTPOP" (art pop/pop art, vous l'avez ?), on se dit que l’analogie culinaire n’a jamais été aussi juste.

2°/ Parce qu'il ne suffit pas que Jeff Koons réalise la pochette pour faire de l'album une œuvre d'art

Pour bien souligner son ancrage arty, Lady Gaga a fait appel à l’artiste Jeff Koons pour réaliser la pochette de "ARTPOP". Après avoir pompé allègrement les métamorphoses corporelles de l’artiste française Orlan (avec laquelle elle est en procès, note Le Monde) et pris des cours de "performance" avec la très controversée Marina Abramović, Gaga se paie donc Koons. Chantre du kitsch et du néo-pop, les œuvres de l'Américain se vendent plusieurs dizaines de millions de dollars aux enchères.

Après avoir statufié Michael Jackson ou la pornstar Cicciolina (son ex-épouse), l'artiste s’est donc attaqué à Lady Gaga. La sculpture en plastique affichée sur la pochette de "ARTPOP" a été dévoilée au public le 10 novembre, la veille de la sortie de l’album. En 1967, Andy Warhol apposait, dans l’indifférence générale, une banane sur la couverture du premier album d’un groupe encore inconnu, The Velvet Underground. Quarante-six ans plus tard, l’album et sa pochette sont au panthéon du rock 'n' roll. Pas sûr que "ARTPOP" connaisse la même trajectoire.

3°/ Parce qu'elle continue à pomper Madonna

Depuis que "Lady Gaga" est née (en 2008), on ne cesse de la comparer à Madonna. Ce qui a le don de l’agacer, en témoigne son récent tweet après une interview donnée par la Madone. "Madonna déteste Gaga. Je n'ai besoin de la permission de personne pour qu'on se souvienne de moi."

Lady Gaga a pourtant du mal à se défaire de cette influence imposante. Alors que Born This Way avait été moqué tant sa ressemblance avec Express Yourself de Madonna semblait évidente (cette dernière s'en amuse d’ailleurs lors de ses concerts), on peut prédire le même avenir à certains morceaux de "ARTPOP". Ainsi, Fashion! évoque un mash-up dopé entre Holiday (pour la ligne de basse) et Material Girl (pour les paroles). "I feel alive when I transform/But this love's not ma-teri-aaal!" Coïncidence, le morceau a été écrit par un des producteurs déjà responsable de… Born This Way, souligne le magazine américain Slant.

4°/ Parce qu'elle ressuscite R. Kelly

"R. qui ?", se demande probablement la génération Y. Il faut dire qu’à 46 ans, l’interprète du tube aussi planétaire que sirupeux I Believe I Can Fly (1996) n’a pas été très actif ces dernières années. Qu'importe, le voici ressuscité par Lady Gaga sur Do What U Want, le deuxième single extrait de "ARTPOP". Bizarre de déterrer ainsi une vieille gloire du hip-hop qui n'a plus (vraiment) fait parler de lui depuis plus de dix ans.

Quitte à s’acheter une crédibilité dans le monde du rap ou du RnB, autant convoquer des pointures, comme elle tente malgré tout de le faire sur Jewels N' Drugs en s’entourant des jeunes rappeurs T.I., Too $hort et Twista. Mais pourquoi avoir choisi R. Kelly ? Le mystère demeure. A l'écoute de Do What U Want, on se dit que le featuring du crooner à la voix doucereuse sert surtout à apaiser les oreilles de l’auditeur, tant Lady Gaga s'époumone. On pense alors à Christina Aguilera – ce qui n’est pas forcément une bonne chose.

Malgré tout, la chanson et ses paroles vengeresses "You can't stop my voice/You don't own my life/But you can do what you want with my body" (Tu ne peux pas m'empêcher de chanter, ma vie ne t'appartient pas, mais fais ce que tu veux de mon corps) est une des meilleures de l’album.

5°/ Parce qu'elle est devenue plus prévisible que Miley Cyrus

Plus que sa musique, ce sont d'abord ses apparitions publiques et ses tenues excentriques qui ont contribué à la renommée de Lady Gaga. Mais après avoir repoussé les limites de l'exercice (son apparition couverte de viande aux MTV Music Awards date déjà de 2010), la chanteuse semble épuisée. Apparue sans maquillage au début de la promotion de l’album, elle semble peiner à se montrer au naturel. Début septembre, elle déclarait au Guardian (en anglais) : "Pour 'ARTPOP', je me suis plantée devant un miroir, j’ai enlevé ma perruque et mon maquillage, j’ai enfilé un body et un bonnet noirs et j'ai dit : 'OK, maintenant tu vas devoir leur montrer que tu peux être brillante sans tout ça.'"

Résultat, plus personne ne guette les apparitions de Lady Gaga. Pire, lors des derniers MTV Video Music Awards, elle s'est fait voler la vedette par Miley Cyrus et son twerk, et personne ne se souvient de sa performance. Plus récemment, Lady Gaga a fondu en larmes en interprétant Dope, nouvel extrait de "ARTPOP", aux YouTube Music Awards. Résultat : en trois minutes, près de 4 000 internautes se sont déconnectés de la retransmission live de la cérémonie, avance le Los Angeles Times (en anglais).

6°/ Parce qu'elle a écrit les paroles de l'album en dix minutes

"Je sais que papa et maman pensent que je suis foutue, mais c’est pas grave, car je suis putain de riche", chante Lady Gaga dans Mary Jane Holland. Un exemple parmi tant d’autres, mais l'album sidère par la vacuité de ses textes. Comme le souligne le Huffington Post anglais, "Uranus" rythme certes avec "famous", mais doit-on en faire une chanson pour autant ? "Si Lady Gaga veut vraiment qu'on la prenne au sérieux en tant qu'artiste, elle doit passer plus de cinq minutes à griffonner les premiers couplets qui riment et qui lui viennent à l'esprit", ajoute le site.

"ARTPOP" parle principalement de sexe, de gloire et dévoile un égo de plus en plus surdimensionné. Si les précédents albums de la chanteuse étaient principalement une ode à la différence et à l’affirmation de soi, celui-ci se distingue comme un disque absurde et vulgaire à la fois.

7°/ Parce que vous ne pourrez même pas le critiquer

"ARTPOP" n’est pas un mauvais disque de pop. Simplement, il n'est pas à la hauteur de l’attente suscitée, des discours mégalomanes de Lady Gaga – et de ses indéniables talents. Mais à aucun moment il ne tutoie le brio des tubes précédents, comme Bad Romance ou Paparazzi.

Par ailleurs, il est devenu compliqué de critiquer la chanteuse, tant le rouleau-compresseur marketing mis en place depuis des années par Lady Gaga est efficace. Aujourd’hui, la jeune femme dispose d'une armée de fans, ses "little monsters" (petits monstres) sur lesquels elle règne, tel un gourou. Prêts à tout pour défendre leur idole, ils sont aujourd’hui son meilleur attaché de presse.

La journaliste Angela Cheng en a récemment fait les frais, après avoir écrit sur le site américain Examiner que "ARTPOP" était "un des pires désastres de l'histoire de la pop". Dans les commentaires de l'article (en anglais), des fans menaçaient de décapiter sa fille, violer sa mère ou souhaitaient que toute sa famille ait péri dans le bombardement d’Hiroshima. Dans ces conditions, on imagine que si Lady Gaga reprenait Tata Yoyo avec Doc Gynéco, ses "petits monstres" crieraient au génie. En attendant, on ne saurait trop vous conseiller de réécouter Poker Face. Ou Holiday.

Par Elodie Drouard

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La pochette du quatrième album de Lady Gaga, "ARTPOP", réalisée par l'artiste Jeff Koons. (JEFF KOONS)

5 avril 2016

Le Morbihan dans le métro parisien...

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Le Morbihan s'affiche au cours de cette semaine dans le métro parisien. Le département met de gros moyens pour attirer la clientèle sur la côte et en intérieur. Le tourisme rapporte, en effet, un milliard d'euros de chiffres d'affaires.

C'est la deuxième campagne de ce type qui est lancée à Paris, dans le métro. Ce n'est pas donné - 170.000 € - mais le résultat est là. La saison dernière, le Morbihan a vu sa fréquentation touristique augmenter de 4 %. Le département a été servi sur le plan de la communication par des événements comme le Tour de France ou la Volvo Ocean Race. Mais l'affichage dans le métro est considéré comme un élément déterminant de cette progression. Le conseil départemental a demandé au Comité départemental du tourisme de lancer une nouvelle opération de séduction, avec cette fois plus de visibilité. Les quais, les couloirs du métro sont ornés, depuis hier et jusqu'au 10 avril, d'une série d'affiches destinée à donner aux voyageurs l'envie de mettre le cap dans le Sud Bretagne. Six destinations sont particulièrement mises en valeur : le golfe, la baie de Quiberon, les menhirs de Carnac, Belle-Ile, Brocéliande et Lorient, avec Groix. Le Morbihan ne se résume pas à ces sites de carte postale « mais il faut faire rêver entre deux métros », indique Gérard Pierre, vice-président chargé du tourisme.

Le métro, bon pour la com'

Ce sont 100 faces de 12 m² qui sont apposées sur les quais et 750 faces de 3 m² dans les couloirs. La station Odéon, sur la ligne 6, proche de Montparnasse, est en outre spécialement décorée d'affiches destinées à donner une envie de vacances en Morbihan. Le métro est un formidable lieu de contact. « On touche énormément de monde : les Franciliens, les étrangers et les provinciaux », indique Patrick Lévy, directeur du Comité départemental du tourisme. On estime qu'à travers ces visuels, ce sont 164 millions de personnes qui sont interpellées.

Les Français restent en France

Le tourisme pour le Morbihan est maintenant une industrie qui pèse 1 milliard d'euros de retombées directes et participe à l'emploi de 21.000 personnes. En plus, le contexte est porteur. La crainte des attentats n'incite pas à partir à l'étranger. C'est du coup avec les autres grandes destinations nationales comme la Vendée, les Charentes Maritimes, la Côte d'Azur, la Corse, que le Morbihan, premier département touristique breton et cinquième en France, est en concurrence.

26 février 2016

BETTINA RHEIMS, FÉMINITÉ SUR TOUS LES TONS

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Rétrospective à Paris de l’artiste qui portraiture depuis trente-cinq ans célébrités et anonymes.

Saisie de profil, Ramy cache la partie supérieure de son visage en levant le bras. Près du poignet, on distingue une lettre «A» scarifiée. Le pull informe qu’elle porte peine à dissimuler un corps lourd, abîmé, auquel on serait bien en peine de donner un âge. Dans une position identique, Eva, elle, joue ostensiblement avec l’objectif. Sur un fond rouge - de colère feinte -, elle brandit dans sa main le talon d’un escarpin et porte comme accessoires vestimentaires un soutien-gorge en cuir et une petite résille noire devant l’œil sombre (quoique vert). De la première, on ne connaîtra que le prénom, tandis que la seconde a acquis une notoriété planétaire fondée sur l’ultramédiatisation de son image. Or, si l’infortunée Ramy et le top model Eva Herzigova ont bénéficié un seul jour dans leur existence d’un traitement équitable, c’est par le truchement de Bettina Rheims qui, à une douzaine d’années d’intervalle, les a fait poser devant un objectif quasi exclusivement accaparé, depuis 1981, à cerner les mille et unes circonvolutions d’une féminité à ses yeux «trop complexe pour être enfermée dans une définition».

Sur les murs de la Maison européenne de la photographie (MEP), à Paris, leurs deux photos se font presque face, proposant, ainsi appariées, un raccourci du chemin parcouru : Ramy est un des matricules de la récente série Détenues, qui a occupé Bettina Rheims six mois durant. Sur les conseils de l’ex-garde des Sceaux, Robert Badinter - un proche de son mari, l’avocat Jean-Michel Darrois -, la photographe a infiltré le milieu carcéral. On lui a ouvert les portes de quatre établissements où elle est entrée dans ses petits souliers, d’abord en organisant des projections-débats, histoire de faire les présentations, puis en proposant aux volontaires de s’inscrire pour un shooting. «Je n’en menais pas large au début. Mais on a construit petit à petit un truc et j’ai fini par m’y sentir heureuse. La plupart de ces femmes ont perdu l’estime d’elles-mêmes et je souhaitais ouvrir une espèce de fenêtre qui leur donnerait une image revalorisée.»

Clope au bec.

Curieusement, pourtant, c’est la démarche inverse qui a permis à Bettina Rheims d’acquérir du renom, badigeonnant un vernis trashy sur les beautiful people aux enthousiasmes mécaniques constellés d’«amaaaazing» les soirs de vernissage. Des victimes consentantes qui se mirent dans «un jeu finalement sans danger», à base de maquillage saboté, de tenues et postures suggestives, de décor soigneusement déglingué (coussins éventrés, meubles renversés, etc.). L’ex-pornstar Traci Lords dévisageant l’objectif clope au bec, le mannequin Kristen McMenamy, les seins à l’air, avec une tache de maquillage noir sur la main, Marion Cotillard les cuisses écartées en «sublime joueuse de billard»… Au prorata du carnet d’adresses, le tableau de chasse est si long que Bettina Rheims assure avoir «peut-être regardé 10 000 images» pour sélectionner les 200 qui, en grand format, saturent cette MEP où elle essuya les plâtres en 1990 avec sa série androgyne Modern Lovers et revint, dix ans plus tard, pour son (trop) fameux I.N.R.I., une réinterprétation de la Bible qui courrouça ces mêmes culs-bénits qui, ensuite, s’exciteront sur Romeo Castellucci ou Andres Serrano.

Magazines.

Figure emblématique des années 80 et 90 - cf. l’apothéotique portrait officiel du président de la République, Jacques Chirac, accroché deux septennats durant dans toutes les mairies du pays - Bettina Rheims a prospéré dans les magazines et la pub sur l’exploitation artificielle d’une imagerie people qui lui a aussi valu l’horripilation de plus d’un(e). «J’ai profité à plein de la liberté de l’après-Mai 68 ayant permis aux femmes de développer un rapport différent au corps, argumente la photographe. On a souvent questionné en France l’honnêteté de ma démarche, ce qui est vraiment un type de critique propre à ce pays. Alors que mon objectif premier a surtout été d’aborder la question trouble de la transgression, du passage, en racontant des histoires fictives, puisque construites de toutes pièces.»

Déplorant une crainte «de déranger, y compris chez les célébrités», qui ne lui permettrait plus aujourd’hui de développer le même corpus, la sexagénaire réfute néanmoins toute nostalgie à l’heure de la rétrospective XXL. «Certes, l’exercice induit un côté cimetière, peuplé de tous ces gens qu’on a aimés et qui, pour certains, ne sont plus là. Mais j’ai perdu un frère très jeune et, depuis ce jour, je me suis juré de ne jamais nourrir le moindre regret du temps qui passe, quand bien même le corps et la tête ne fonctionneraient plus comme avant», assure encore la fille de Maurice Rheims, illustre commissaire-priseur et historien d’art disparu en 2003. «Un homme obsédé par les objets et la peinture, qui ne concédait pas le moindre regard à la photographie, se souvient l’aînée des trois enfants… dont il ne voulait pas, «bien qu’il n’ait rien eu contre, c’est juste que ça n’était pas son truc. De plus, mon père n’exprimait pas ses sentiments. Mais je sais qu’il était fier de moi.»

Gilles Renault

Bettina Rheims MEP, 5-7, rue de Fourcy, 75004. Jusqu’au 27 mars. Rens. : www.mep-fr.org Livre «Bettina Rheims», 598 pp., 59,99€, éd. Taschen.

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11 février 2016

Laurent Fabius présidera le Conseil constitutionnel

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Le ministre des Affaires étrangères quittera le Quai d’Orsay pour succéder à Jean-Louis Debré. Une nomination qui annonce un remaniement gouvernemental imminent.

La nomination de Laurent Fabius au Conseil constitutionnel n’est pas une surprise. Le chef de l’État a confirmé, hier, sa décision, évoquée depuis plusieurs semaines, d’installer son ministre des Affaires étrangères à la tête de la prestigieuse institution de la rue Montpensier. Laurent Fabius, qui a confirmé luimême sa nomination à l’issue du Conseil des ministres, succédera début mars à Jean-Louis Debré qui avait été nommé à ce poste en 2007 par Jacques Chirac. « J’ai dirigé la diplomatie française avec fierté et je l’ai servie avec honneur », a-t-il déclaré, lors de la séance des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, après avoir été applaudi par les députés de gauche.

Remaniement imminent

Laurent Fabius retrouvera, dans l’atmosphère feutrée du Palais-Royal, l’un de ses rivaux historiques au sein du PS, Lionel Jospin qui y siège depuis janvier 2015. Deux autres nouveaux membres intégreront prochainement le Conseil constitutionnel : Corinne Luquiens, secrétaire générale de l’Assemblée nationale, nommée par Claude Bartolone, et Michel Pinault, conseiller d’État, choisi par Gérard Larcher. Figure de la gauche depuis quatre décennies, Laurent Fabius a été en 1984, à 37 ans, le plus jeune Premier ministre, nommé par François Mitterrand. Il fut également président de l’Assemblée nationale (1988-1992 et 1997-2000). Il n’est en revanche jamais parvenu à réaliser son grand objectif, la présidence de la République. Au Quai d’Orsay, Laurent Fabius peut se targuer d’un succès majeur : la signature d’un accord lors de la conférence sur le climat, la COP21, à Paris, en décembre. Il conservera d’ailleurs ses fonctions de président de la COP21 jusqu’au passage de relais avec le Maroc en fin d’année. Il eut également à traiter le conflit syrien, se présentant comme le plus acharné dénonciateur de Bachar alAssad. Avant de quitter son poste, le futur ex-ministre des Affaires étrangères a du reste réglé quelques comptes, dénonçant hier les « ambiguïtés » des États-Unis dans le dossier syrien. Son départ devrait donner le coup d’envoi du remaniement ministériel annoncé depuis plusieurs jours. Les noms de Ségolène Royal, Élisabeth Guigou ou Jean-Marc Ayrault sont évoqués pour remplacer Laurent Fabius. Jean-Michel Baylet, président du PRG, les écologistes Emmanuelle Cosse ou François de Rugy, pourraient aussi faire leur entrée. La nouvelle équipe pourrait être dévoilée aujourd’hui ou demain.

23 mars 2013

FEMEN : elles interviennent au Salon de l'Erotisme du Bourget

Les activistes de FEMEN France viennent de mener une action au salon de l'érotisme du Bourget afin de dénoncer l'image des femmes qui y est véhiculée.

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Voir mon précédent billet

L'industrie du sexe mainstream permet à des millions d'utilisateurs de télécharger tous les jours des milliards d'images immondes, mettant en scène les femmes de la façon la plus dégradante qui soit, afin de satisfaire la convoitise des chiens affamés du patriarcat.

FEMEN place l'industrie du sexe au même niveau que les systèmes dictatoriaux et les institutions religieuses. Ces trois grosses machines font partie d'un même ensemble que nous voulons détruire.

FEMEN appelle les femmes à se dresser contre cette monstrueuse industrie qui alimente des fantasmes tels que celui du viol et de la femme objet, en permanence soumise aux désirs masculins.

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18 juillet 2016

Attentat de Nice : Minute de silence dans toute la France

Ici au Sénat : https://www.periscope.tv/w/1yoKMldPLlnxQ

Attentat de Nice : une minute de silence en hommage aux victimes

Une minute de silence est organisée à NIce et dans tout le pays ce 18 juillet.

Le temps s’est figé lundi 18 juillet, à midi, en France et particulièrement sur la promenade des Anglais à Nice, pour une minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat du 14 juillet. Le président, François Hollande, a suivi cette minute de silence Place Beauvau avec le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve. Le premier ministre, Manuel Valls, et la ministre de la santé, Marisol Touraine, se trouvaient, eux, à Nice, où un moment de recueillement a été observé au monument du Centenaire de la réunion à la France, sur la promenade des Anglais, en présence de milliers de personnes. A son arrivée, le chef du gouvernement a été hué.

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20 septembre 2020

Tribune - « La panthéonisation de Rimbaud et Verlaine relève d’une idéologie bien pensante et communautariste »

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Par Collectif

Dans une tribune au « Monde », des artistes, écrivains, poètes et rimbaldiens, tous « fous du poète », donnent cinq arguments au président de la République pour refuser ce qu’ils considèrent comme « une démarche sociétale, et non mémoriale ».

Permettez à quelques écrivains, poètes, rimbaldiens, artistes et intellectuels, permettez à tout passant de vous exhorter, Monsieur le président de la République, à ne pas faire entrer au Panthéon les cendres d’Arthur Rimbaud et de Paul Verlaine, comme vous le suggèrent, en une pétition récemment diffusée, quelques signatures illustres – qui n’ont pas, il est vrai, forcément, toujours clarté de tout.

Pour notre part, également « fous du poète », comme disait Verlaine à propos d’Arthur Rimbaud, et dans une égale ouverture d’esprit aux questions sociétales, nous tenons à vous aviser de l’erreur que constituerait, à notre avis, l’entrée forcée au Panthéon d’Arthur Rimbaud (si jamais ces termes ne sonnaient pas immédiatement comme un oxymoron) et de Paul Verlaine, pour peu que vous voudrez bien examiner ces cinq raisons de bon sens.

Rimbaud le « patrouillote »

Faut-il rappeler quelles provocations retentissantes de l’adolescent rebelle s’entendraient au fronton de « la patrie reconnaissante » ? « Ma patrie se lève ! Moi, j’aime mieux la voir assise ; ne remuez pas les bottes, c’est mon principe. » Pourquoi ne pas respecter les vociférations grandioses d’Une saison en enfer, refuser d’entendre à quel point elles ne se destinent pas aux cryptes de notre Panthéon : « Je suis de race inférieure », « Je ne suis pas de ce peuple-ci… »

Telles sont quelques-unes des citations que rappelaient déjà, en 1927, André Breton et Louis Aragon, dans le tract intitulé « Permettez ! », qu’ils distribuèrent à Charleville (Ardennes) lors de l’inauguration d’un buste de Rimbaud, avec les signatures de Robert Desnos, Paul Eluard, Max Ernst, Michel Leiris, Jacques Prévert, Raymond Queneau, beaucoup d’autres encore, tous indignés par cette ridicule tentative de récupération bien-pensante, celle-là même qui prendrait aujourd’hui une dimension nationale et irréversible !

Comment expliquer à la nation que le Panthéon abriterait, aux côtés de Pierre Brossolette et de René Cassin, un jeune Rimbaud sarcastique qui, pendant l’occupation prussienne [de 1870 à 1873], ironisait : « Je souhaite fort que l’Ardenne soit occupée et pressurée de plus en plus immodérément » ? Son « patrouillotisme » serait-il dans la manière de Jean Moulin ? N’entre pas au Panthéon qui veut. Mais quand on ne veut pas ?

Faites entrer à reculons, s’il vous plaît, le cercueil de Paul Verlaine, qui demandait à ses amis communards de retourner leurs canons contre le Panthéon.

« COMMENT EXPLIQUEREZ-VOUS QUE RIMBAUD, À SON CORPS OU À SES CENDRES DÉFENDANT, SOIT ADMIS À CET HONNEUR QU’IL AURAIT DÉTESTÉ ? »

Comment réprimerez-vous les inscriptions « sauvages » qui ne manqueront pas de dégrader régulièrement les murs du Panthéon, quand celui qui serait honoré à l’intérieur parmi les grandes figures aux actes édifiants écrivait jadis « merde à Dieu » sur les bancs des promenades ? Comment expliquerez-vous que Rimbaud, à son corps ou à ses cendres défendant, soit admis à cet honneur qu’il aurait détesté et dont ne sont toujours pas jugés dignes, par exemple, Charles Péguy, bouleversant écrivain et patriote mort au champ d’honneur ? Ou Guillaume Apollinaire, blessé dans les tranchées, et qui terminait ses soupers avec le douanier Rousseau en chantant La Marseillaise ? Ou encore Missak Manouchian, poète, immigré arménien mort pour la France ?

Les premiers signataires ci-dessous réagissent comme les intellectuels et artistes de 1927, mais en considérant que la situation est infiniment plus grave parce qu’il s’agit de la France tout entière, notre pays, qui présenterait, dans la confusion des valeurs, une significative image d’elle-même.

Hugo et les autres

Un seul poète, immense, repose au Panthéon, jusqu’à présent, sur 78 personnalités… Si l’Etat songe enfin à réparer cet oubli, il importerait de faire entrer préalablement et d’urgence aux côtés de Victor Hugo, Baudelaire, Racine, Molière, La Fontaine, Marceline Desbordes-Valmore, Léopold Sédar Senghor, Saint-John Perse, tant d’autres poètes et écrivains ! Et n’oubliez pas Poussin ! Debussy !

Fonction du Panthéon

Dans l’histoire prestigieuse du Panthéon survient une nouveauté remarquable, qui tient au projet de faire entrer non pas exactement un « poète », mais, tacitement, un couple « homosexuel ». Une internaute le comprend bien : « Leur panthéonisation, c’est pour leur œuvre ou bien pour leur relation ? »

Associer les deux noms de Rimbaud et Verlaine – ce qui est une simplification biographique et une erreur littéraire, car ils ne sont pas de la même taille – et forcer publiquement, en une sorte de pacs morbide, des retrouvailles, auxquelles d’ailleurs Rimbaud se refusait absolument, une telle opération constitue en effet une démarche sociétale, et non mémoriale, qui n’est pas dans la vocation du Panthéon. Il ne s’agit que de faire passer pour une transgression (admettre un rebelle) ce qui est fondamentalement une démarche politiquement correcte.

En cela nous voyons un acte supplémentaire de l’américanisation, par ce communautarisme (qui peut mener loin dans les admissions au Panthéon), qui envahit la culture française et qui la compromet chaque jour jusque dans notre langue française. Et l’on passe ainsi de la culture (lire la poésie, qui nous interroge, nous éclaire) au culturel, du livre au spectacle, de l’œuvre à l’instrumentalisation du poète en un acte de communication.

« Drôle de ménage »

Un tel changement de registre intellectuel oblige à faire le point sur les aspects intimes de la relation de ces deux poètes : en l’état actuel de la recherche rimbaldienne, il est impossible d’affirmer que Rimbaud fut homosexuel toute sa vie ; tout porte à croire que sa relation amoureuse avec Verlaine (« des amours de tigre », « un mauvais rêve », dira Verlaine) participe de la provocation antibourgeoise, si l’on veut bien se placer dans le contexte moral de son époque, et de ce qu’il nomme « l’encrapulement » nécessaire à son entreprise poétique.

Plusieurs jeunes femmes sont attestées dans sa vie et ses poèmes à cette même époque ; Rimbaud vécut six mois avec une femme abyssine à Aden [dans l’actuel Yémen] en 1884 ; il envisage, en 1890, d’épouser une femme qui consentirait à le suivre dans ses errances (laquelle restait introuvable, et il en allait de même pour ses compagnons d’infortune).

Le couple Verlaine et la jeune Mathilde, de son côté, fut l’un des premiers à bénéficier de la nouvelle loi favorisant le divorce, après s’être séparé en 1873 ; et le poète de Sagesse, qui vécut avec deux femmes à la fin de sa vie, est l’auteur de deux recueils, sommets de la poésie érotique française, symboliquement intitulés Femmes et Hombres…

Un dépassement de la séparation

Une toute petite coterie est en fait à l’origine de la pétition militante qui demande la panthéonisation de Rimbaud et Verlaine ; elle relève d’une idéologie bien pensante et communautariste ; elle promeut une biographie de Rimbaud, en vente à cette occasion, très documentée, mais dont la particularité consiste à ne développer que l’infinie platitude des faits, c’est-à-dire à se débarrasser enfin de la poésie et des remises en question qu’elle porte depuis cent cinquante ans. Or ce qui caractérise les problématiques de l’amour chez Rimbaud ne se comprend que par la poésie – dans sa recherche désespérée, au-delà même des qualifications sexuelles, d’un nouveau corps amoureux.

Monsieur le président de la République, vous qui êtes attentif aux symboles, ne commettez pas cette erreur, pire : cette gaffe ! N’arrachez pas Rimbaud à sa terre natale ! Laissez Rimbaud reposer parmi les siens, comme le réclament le maire de Charleville et tous les Ardennais, avec nous et tant d’autres amoureux des poètes ! Respectons Césaire dans son île, Chateaubriand en son Grand Bé, solitaires face à l’océan ! Laissons libres les poètes, tels qu’ils ont vécu et, par-dessus tout, respectez Arthur Rimbaud qui, pour avoir abandonné la Poésie, n’a jamais cessé d’adorer ce qu’il appelait la « liberté libre ! »

Signataires : en cours

Poètes, écrivains, artistes : Adonis, Muriel Barbery, Stéphane Barsacq,Tahar Ben Jelloun, Claudine Bertrand, Zéno Bianu, Jean-Marie Blas de Roblès, Alain Blottière, Alain Borer, Denise Boucher, Frédéric Boyer, Bernard Cerquiglini, Jean Clair (Académie française), Francis Combes, Antoine Compagnon, Michel Deguy, Florence Delay (Académie française), Guy Goffette, Anouk Grinberg, Stéphanie Hochet, Mark Irwin, Pierre Jourde, François Jullien, Abdellatif Laabi, Jean-Marie Laclavetine, Michel LeBris, Erri de Luca, François L’Yvonnet, Gérard Macé, Eric Marty, Gérard Mordillat, Sophie Nauleau, Nimrod, Bernard Noël, Xavier North, Valère Novarina, Gabriel Okoundji, Christian Olivier, Jean-Baptiste Para, Jean-Noël Pancrazi, Serge Pey, Ernest Pignon-Ernest, Denis Podalydès, Bernard Pozier, Jacques Réda, Robin Renucci, Olivier Rolin, Jean Rouaud, Jacques Roubaud, Rodney Saint-Eloi, David St. John, Christian Schiaretti, Gilles Sebhan, Jean-Pierre Siméon, Sylvain Tesson, André Velter, Marci Vogel.

Rimbaldiens : Jacques Bienvenu, Olivier Bivort, Pierre Brunel, André Guyaux, Yanny Hureaux, Boris Ravignon (maire de Charleville-Mézières), Henri Scepi, Jean-Luc Steinmetz, Jacqueline Teissier Rimbaud, Alain Tourneux, et les cent dix-neuf adhérents des Amis de Rimbaud-Association internationale.

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