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Jours tranquilles à Paris
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13 novembre 2016

Coluche – L’histoire d’un Mec

Jusqu'au 7 janvier 2017 – Hôtel de Ville 

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« L’homme et la femme sont comme les deux faces d’une médaille, ils ne peuvent pas se voir, mais ils restent ensemble.

Il voulait être clown, il est devenu le plus populaire des artistes de la seconde moitié du XXe siècle, et reste inégalé dans le cœur des Français. Michel Colucci, dit Coluche, s’en est allé depuis déjà 30 ans, l’occasion, pour la ville de Paris de lui rendre un brillant hommage. En salopette et t-shirt jaune, godillots aux pieds, nez rouge et coiffure de toréador, il poussait le grossier à outrance pour surprendre de son humour incisif et provocant. Sur scène, à la télévision, au cinéma, à la radio, il choquait autant qu’il faisait rire, suscitait l’adhésion comme il poussait à la réflexion. C’est cet homme « grossier, mais jamais vulgaire », cet artiste généreux qui a marqué des générations par son esprit critique que révèle l’exposition. Photos, vidéos, témoignages et objets personnels, viennent illustrer tant le sens aigu de la démocratie de celui qui se présenta aux élections présidentielles, que son extrême dévotion pour les plus démunis, immortalisée par les Restaurants du Cœur.

In honour of Coluche and in the 30th anniversary of his death, this exhibition is a wonderful opportunity to rediscover the funny and touching character that was Coluche, who founded les Restaurants du Coeur.

Dans les fins de mois, ce qui est le plus dur, c’est les trente derniers jours. »

HÔTEL DE VILLE

Du 6 octobre au 7 janvier 2017

Place de l’Hôtel de Ville, 75004 – M° Hôtel de Ville (1,11)

Du lundi au vendredi de 8h à 19h30

Fermé le samedi et le dimanche

Entrée libre

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8 novembre 2016

Maurizio Cattelan

Avec All au Guggenheim en 2011, on pensait que « tout » avait été dit. Comme souvent avec Maurizio Cattelan, nous étions sur une fausse piste…

Ce qui devait être le salut final d’une carrière éblouissante, faite d’œuvres qui ont marqué l’époque, de scandales, de profondeur, de fracas et d’humour, n’était qu’une (ir)révérence de plus.

Cinq ans plus tard, Cattelan revient au travail. Il a choisi la Monnaie de Paris pour son exposition la plus importante en Europe, et la plus importante depuis sa rétrospective New-Yorkaise.

Cette exposition à la Monnaie de Paris, sous le commissariat de Chiara Parisi, est une exposition qui sera profondément « habitée » par Cattelan. Un choix d’œuvres, dont l'image reste pour toujours accrochée à la rétine, seront exposées dans les salons XVIIIème siècle de la Monnaie de Paris.

Irrévérencieux, génial, facétieux, drôle, grave, provocateur, cynique, potache, Maurizio Cattelan n’est jamais là où on l’attend. Les visages de Cattelan sont autant d’uppercuts qui nous laissent KO.

Et c’est là son paradoxe ultime, sa capacité géniale à transformer une fuite en pirouette sublime : Cattelan n’aura jamais été aussi présent dans une exposition, et pourtant chacune de ses œuvres hurle son absence.

L’effigie de Cattelan, l’art de la mise en scène, sera le cœur battant de l’exposition à la Monnaie de Paris.

Un début de réponse à son interrogation aussi pince-sans-rire que métaphysique « y-a-t-il une vie avant la mort ? ». "La question est le déplacement, la relocalisation, l'absence, le fait d'observer un objet tout en sachant que sa place est ailleurs." A l'occasion de sa grande exposition de retour Not Afraid of Love, quarante-quatre personnalités de la vie contemporaine sont invitées à présenter leur réaction argumentée, Pour ou Contre, au sujet d’une œuvre de l’exposition.

Ces figures de la création, de la pensée, de la vie de l’esprit de notre monde sont conviées à s’exprimer sur cette œuvre, à livrer leur perspective, leur interprétation :

Goga Ashkenazi, Audrey Azoulay, Ministre de la Culture et de la Communication, Fabien Baron, Karol Beffa, Gérard Berréby, Laurence Bertrand Dorléac, Bernard Blistène, Christian Boltanski, Francesco Bonami, Caroline Bourgeois, Père Michel Brière, Valeria Bruni Tedeschi, Monique Canto-Sperber, Charlotte Casiraghi, Beatrice Copper-Royer, Massimo De Carlo, Jean-Pierre Elkabbach, Lydia Flem, Massimiliano Gioni, Nicolas Godin, Vittorio Grigolo, Inez & Vinoodh, Jonas Jacquelin, Christian Lacroix, Jack Lang, Laurent Le Bon, Thomas Lenthal, Bernard-Henri Lévy, Jean de Loisy, Marie Rose Moro, Hans Ulrich Obrist, Benjamin Pech, Nora Philippe, Olivier Py, Elisabeth Quin, Bruno Racine, Guy Savoy, Camille de Toledo, Oliviero Toscani, Augustin Trapenard, Tasha de Vasconcelos, Frère Olivier-Thomas Venard, Philippe Vergne, Olivier Zahm.

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22 mars 2018

Actuellement à la MEP - Olivia Gay

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«Envisagées»: les femmes vues par Olivia Gay!

L'exposition présente des photographies dans la figure féminine trouve, volontairement ou non, en marge de la société. Une partie particulière de l'attention particulière à la composition, la lumière, la couleur, la gestuelle et souvent l'utilisation d'un neutre neutre, Olivia Gay donner une valeur iconique et intemporelle à ses clichés

Photo: Olivia Gay, Yuleisy, Jineteras, Cuba, 1997 © Olivia Gay

#MEP #PhotographieFrancaise #OliviaGay #Portrait

29 novembre 2009

"L'homme à tête de chou" (Serge Gainsbourg) bientôt au théâtre du Rond Point

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Chez Max coiffeur pour hommes

Où un jour j'entrais comme

Par hasard me faire raser la couenne

Et rafraîchir les douilles

Je tombe sur cette chienne

Shampouineuse

Qui aussitôt m'aveugle par sa beauté païenne

Et ses mains savonneuses

Elle se penche et voilà ses doudounes

Comme deux rahat-loukoums

A la rose qui rebondissent sur ma nuque boum boum

Je pense à la fille du Calife

De la mille et deuxième nuit

Et sens la pointe d'un canif

Me percer le cœur je luis dis

"Petite je te sors ce soir ok"

Elle a d'abord un petit rire comme un hoquet

Puis sous le sirocco du séchoir

Dans mes cheveux

La petite garce laisse choir

"Je veux".

Serge Gainsbourg

21 octobre 2016

NANTES : HAB GALERIE - VOIX D'EAU - LAETITIA CASTA, SÉBASTIEN BERTAUD ET ANGE LECCIA

Dimanche 23 octobre à 15h et 16h30, la HAB Galerie présentera Voix d’eau, une performance de Laetitia Casta et Sébastien Bertaud autour d’une vidéo d’Ange Leccia, dans le cadre de l’exposition La mer allée avec le soleil.

La Mer d’Ange Leccia envahit la HAB Galerie et devient le décor vidéo d’une performance interprétée par Laetitia Casta et par le danseur-chorégraphe Sébastien Bertaud. Pris dans le mouvement incessant des vagues, une nymphe et un pêcheur entrainent le spectateur dans une dérive poétique et chorégraphique, sur un texte de Benoît Fuhrmann. Costumes de Haider Ackermann et mise en espace de Daniel Marchaudon.

Voix d’eau, qui s’inscrit dans le cadre de la prolongation, jusqu’au 2 novembre, de l’exposition La mer allée avec le soleil d’Ange Leccia à la HAB Galerie, a été créée le 18 juin 2016 à l’Opéra Garnier à l’occasion de "La rumeur des naufrages" (collaboration entre les artistes du Pavillon Neufliz OBC du Palais de Tokyo et l’Académie Chorégraphique de l’Opéra).

La performance sera suivie d’une signature du catalogue d’exposition La mer allée avec le soleil par Ange Leccia à la librairie de la HAB Galerie. A cette occasion, les horaires de l’exposition La mer allée avec le soleil sont modifiés : ouverte le samedi 22 octobre de 13h à 17h. Le dimanche 23 octobre, exposition visible uniquement à l’occasion du spectacle Voix d’eau (à 15h et 16h30)

http://www.levoyageanantes.fr/agenda/voix-deau/

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22 décembre 2013

Rihanna photographiée par Inez et Vinoodh pour BALMAIN

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La chanteuse américaine Rihanna devient la nouvelle égérie et ambassadrice de la marque de luxe française Balmain et prend la pose pour la campagne de l'été 2014.

Après avoir collaboré pour la deuxième fois avec la marque de prêt-à-porter River Island avec une collection Island x Rihanna, Rihanna passe au niveau supérieur en devenant l'égérie de la marque de luxe française Balmain. Une collaboration logique lorsque l'on connait l'engouement de Riri pour les créations d'Olivier Rousteing, directeur artistique de la griffe. Un engouement partagé, puisque la pop star est citée comme une source d'inspiration par le directeur artistique de Balmain : "Lorsqu'elle est devant l'objectif, elle vous donne l'impression qu'elle est la seule femme au monde", ajoutant même "Quand la femme qui vous inspire porte vos créations, votre vision n'en est que plus aboutie".

La chanteuse sera donc le visage estival de Balmain, en posant pour la campagne printemps-été 2014, shootée par le couple de photographes stars Inez van Lamsweerd et Vinoohd Matadin. Un projet élaboré sous la houlette de l'Atelier Franck Durand pour la direction artistique et de Mel Ottenberg pour le stylisme. A l'image de ses propres looks, Rihanna incarnera donc une nouvelle collection très bling et largement inspirée des années 90. Une collaboration réussie... et on attend la suite.

29 septembre 2016

Ce soir chez Taschen : Peter Lindbergh

TASCHEN a le plaisir de vous inviter à une séance de dédicace en présence du photographe allemand Peter Lindbergh à l’occasion du lancement de son nouveau livre 'A Different Vision on Fashion Photography' par Thierry-Maxime Loriot. Cette histoire unique de la mode est publiée en lien avec l'exposition présentée au Kunsthal Rotterdam, du 10 septembre 2016 au 17 février 2017. L’ouvrage rassemble plus de 400 images réalisées par Lindbergh en quarante ans de carrière et rend ainsi hommage à sa façon si singulière de raconter la mode et ses bouleversements.

Prise en plein cœur de New York en 1989, sa photo de cinq jeunes mannequins publiée en couverture du Vogue anglais, donne naissance aux plus grands top models. L’image ne fait pas que réunir pour la première fois les visages désormais cultes de Naomi Campbell, Linda Evangelista, Tatjana Patitz, Christy Turlington Burns ou Cindy Crawford, elle marque le début d’une nouvelle ère dans la mode, et un changement décisif dans la façon d’envisager la beauté des femmes. Considéré comme un pionnier dans son domaine, Lindbergh a introduit une forme de nouveau réalisme en redéfinissant la beauté à travers des images intemporelles. Dans cet ouvrage, ses photographies sont remises dans leur contexte par les commentaires de ses collaborateurs tels que Jean Paul Gaultier, Nicole Kidman, Grace Coddington, Cindy Crawford ou Anna Wintour, qui choisit Lindbergh pour sa première couverture du Vogue américain.

R.S.V.P. souhaité. Pensez à réserver votre exemplaire: store-paris@taschen.com ou 01 40 51 79 22

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8 juillet 2016

CHANTAL THOMASS MET LE CRAZY HORSE « DESSOUS DESSUS »

En exclusivité, du 5 octobre au 31 décembre 2016, Chantal Thomass met le Crazy Horse « Dessous Dessus ». Créatrice invitée pendant 3 mois elle proposera un show surprenant qui va bousculer les codes avec élégances !

Pour célébrer 65 ans de folie et de glamour le Crazy Horse se lance dans une nouvelle aventure créative en invitant la créatrice parisienne de lingerie chic Chantal Thomass. Après le chorégraphe Philippe Decouflé et le créateur de souliers à la semelle rouge Christian Louboutin, ce sera au tour de la plus parisienne des créatrice de lingerie d’habiller les sublimes danseuses du Crazy … pour mieux les déshabiller !

Après le succès fulgurant du Dita’s Crazy Show en mars dernier divinement mené par la reine du burlesque Dita Von Teese, le Crazy Horse de Paris vous fait plaisir en proposant ce nouveau rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte !

L’ESPRIT CHANTAL THOMASS

« Inviter Chantal Thomass, la créatrice parisienne qui a su donner aux femmes l’envie de se réapproprier la séduction, à jouer avec les codes du Crazy Horse, était une évidence. Cela s’inscrit dans notre tradition de Maison de Création, que nous poursuivons depuis maintenant 10 ans. »

Tendu de rose et de noir, marqué de sa silhouette en ombre chinoise et de sa bouche rouge, l’univers de Chantal Thomass est reconnaissable entre mille. Tout comme celui du Crazy Horse, avec lequel elle partage les valeurs d’audace, impertinence et intemporalité ainsi qu’une coupe au carré devenue iconique.

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2 novembre 2020

Covid-19 - Boris Johnson se résout à reconfiner l’Angleterre en catastrophe

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COURRIER INTERNATIONAL (PARIS)

Face à la résurgence de Covid-19 qui menace de submerger ses hôpitaux, le Premier ministre britannique a annoncé samedi 31 octobre un nouveau confinement pour un mois en Angleterre. Regrettant que Boris Johnson soit resté sourd aux appels alarmants des scientifiques, la presse britannique estime qu’il aurait dû agir beaucoup plus tôt.

Finis les sorties au pub, les rendez-vous chez le coiffeur et les visites à la salle de sport. Lors d’une conférence de presse samedi, le Premier ministre britannique Boris Johnson, “l’air épuisé”, a annoncé le retour au confinement dans l’ensemble de l’Angleterre pour tenter d’enrayer la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19, rapporte The Independent. Il a été contraint d’annoncer cette décision en catastrophe après des fuites dans la presse affirmant qu’il le ferait lundi.

Le locataire du 10 Downing Street a précisé que les nouvelles restrictions qui entrent en vigueur jeudi, “prendraient fin le 2 décembre, tout en étant incapable de dire si ces mesures pourraient éventuellement être étendues dans le temps”, précise The Independent. Alors que le Royaume-Uni enregistre désormais plus de 20 000 cas supplémentaires par jour, les habitants ne seront autorisés à sortir de chez eux que pour des raisons précises comme l’éducation, le travail, l’exercice physique, les achats essentiels ou les soins aux personnes vulnérables.

“On ne peut pas dire que M. Johnson n’avait pas été prévenu”

Le retour au confinement constitue un “revirement à 180 degrés pour le Premier ministre qui a assuré pendant plusieurs mois qu’une telle mesure ne serait pas nécessaire, note The Mirror. Il y a deux semaines, il avait même défendu sa stratégie de restrictions locales en expliquant vouloir éviter “la misère d’un confinement national”.

Pourtant, “on ne peut pas dire que M. Johnson n’avait pas été prévenu” de la situation dramatique de l’Angleterre, note Laura Kuenssberg, rédactrice en chef en charge de la politique à la BBC. “Il y a plus de six semaines, l’opposition ainsi que plusieurs de ses ministres et certains de ses conseillers ont tenté de le convaincre d’adopter un confinement partiel pour tenter de ralentir la propagation de la maladie”.

Dans une note écrite le 14 octobre et publiée vendredi, les scientifiques du groupe Sage qui conseille le gouvernement ont expliqué que le nombre d’infections journalières en Angleterre était estimé entre 43 000 et 74 000 alors que le pire scénario envisagé jusqu’ici se situait entre 12 000 et 13 000 tout au long du mois d’octobre, rappelle le Daily Telegraph. Boris Johnson est néanmoins resté sourd aux appels des scientifiques d’adopter un reconfinement national de courte durée, de deux à trois semaines, dit “circuit breaker” (coupe-circuit), autour des vacances de la Toussaint, pour préserver l’économie.

“Nous avons perdu cette guerre”

Vendredi, il a dû se rendre à l’évidence. “Le Premier ministre a senti qu’il était face à une impasse. Les chiffres qui lui ont été présentés étaient tellement alarmants qu’ils ne lui ont tout simplement pas laissé d’autre choix”, a expliqué une source à Downing Street au Times. “Il ne s’agit pas seulement de sauver Noël. Si nous n’agissons pas, les hôpitaux seront tellement débordés qu’ils devront refuser des patients souffrant d’autres pathologies que le Covid-19”.

Même le ministre des Finances Rishi Sunak, l’un des principaux faucons du gouvernement favorable à un assouplissement des restrictions pour protéger l’économie, a concédé sa défaite, raconte le quotidien britannique. “Nous avons perdu cette guerre”, a déclaré une source proche de la Chancellerie au Times. Le fait que la France et l’Allemagne ont décidé un reconfinement national a donné au gouvernement britannique la couverture dont il avait besoin pour imposer ces nouvelles mesures plus strictes.”

Pour Robin McKie, rédacteur en chef au Guardian, “les causes de la flambée dramatique de ce mois-ci s’expliquent par les décisions politiques prises par un gouvernement qui s’est montré obsédé par les questions libertaires depuis le début de la pandémie”. Selon le journaliste, “cette obsession l’a amené à minimiser constamment la menace du Covid-19 sur notre santé tout en insistant constamment sur les dommages que pouvait causer la crise sanitaire d’un point de vue économique”.

12 juillet 2019

Exposition Champs d’Amours - Hôtel de ville Salle Saint Jean 5 rue de Lobau 75004 Paris jusqu’au 28 septembre 2019

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Couronné de la Queer Palm et interdit aux moins de 16 ans en raison de ses scènes de sexe non simulées, le film d'Alain Guiraudie sort sous les louanges critiques et obtient un inattendu succès commercial. Seule ombre au tableau de ce polar se déroulant sur un lieu de drague ensoleillé : le retrait de l'affiche dessinée par Tom de Pékin dans deux villes, Versailles et Saint Cloud. Vingt jours après l'adoption de la loi sur le Mariage pour tous, ces municipalités conservatrices se disent choquées par le baiser entre hommes au centre de l’image, et la fellation suggérée en arrière-plan.

Extrait de l’exposition Champs d’Amours - Hôtel de ville Salle Saint Jean 5 rue de Lobau 75004 Paris jusqu’au 28 septembre 2019 :  lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi de 10h à 18h30    A travers des affiches, des photographies, des livres, des costumes et des scénarios de films, l’Hôtel de ville de Paris raconte 100 ans de cinéma arc-en-ciel. A l’occasion du mois des Fiertés et 50 ans après les émeutes de Stonewall, l’exposition « Champs d’amours » montre l’évolution de la représentation des personnes LGBT sur le grand écran de 1919 à 2019. Près de 100 extraits de longs-métrages et une dizaine de longs-métrages animent l’exposition.  Où : Hôtel de Ville de Paris    Quand : tous les jours (sauf les dimanches) de 10h à 18h30

11 juillet 2019

Benjamin Griveaux choisi par LRM pour mener les municipales à Paris

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Par Denis Cosnard

Fidèle d’Emmanuel Macron, l’ancien porte-parole du gouvernement va tenter de gagner Paris, une ville gérée par la gauche plurielle depuis dix-huit ans.

Cette fois, c’est officiel. Benjamin Griveaux sera bien la tête de liste de La République en marche (LRM) pour les prochaines élections municipales à Paris, en mars 2020. Sa mission : faire tomber les socialistes, au pouvoir depuis dix-huit ans, et permettre au parti présidentiel de s’enraciner durablement dans la première ville de France.

Ainsi en a décidé, mercredi 10 juillet au soir, le bureau exécutif de LRM, en suivant la recommandation émise dans l’après-midi par sa commission nationale d’investiture.

« Lors de son audition, Benjamin Griveaux est celui qui a le plus convaincu », a indiqué la commission, en évoquant « un diagnostic étoffé des attentes des Parisiens et Parisiennes, réalisé sur la base de rencontres et d’échanges avec plus de 1 000 personnes, conformément à l’ADN d’En marche et à ce que le mouvement attend de ses candidats ».

Cet adoubement de l’ancien porte-parole du gouvernement clôt une longue compétition interne. Pendant des mois, sept candidats ont fait campagne pour mener la future bataille dans la capitale. Fidèle compagnon de route d’Emmanuel Macron depuis 2015, Benjamin Griveaux a cependant toujours fait figure de favori, surtout à partir du moment où l’Elysée a accepté, fin mars, qu’il quitte le gouvernement pour se consacrer entièrement aux futures municipales. « Le président de la République trouve que Benjamin Griveaux est un bon candidat pour Paris », confiait alors un proche d’Emmanuel Macron.

Cette bénédiction officieuse a nourri des soupçons de verrouillage et une polémique sur le manque de démocratie interne au parti. Ses dirigeants n’avaient-ils pas promis de « faire de la politique autrement » ?

Ces dernières semaines, l’Elysée et LRM ont donc multiplié les signes pour montrer que les dés n’étaient pas pipés. Mardi, la commission d’investiture a accordé autant de temps à chacun des trois hommes restés en lice, tous députés : Benjamin Griveaux, Hugues Renson, un ancien chiraquien à la fibre sociale, et le mathématicien de centre gauche Cédric Villani.

Avant même l’annonce officielle, ce dernier a reconnu sa défaite dans un communiqué diffusé sur Twitter. « Ce qui était annoncé de longue date est désormais acquis : il est clair que je n’obtiendrai pas d’investiture de l’appareil de LRM », déplore-t-il.

La récente montée en puissance de Cédric Villani, rallié par ses ex-rivaux Mounir Mahjoubi et Anne Lebreton, n’a effectivement pas changé la donne : c’est bien le favori de l’Elysée qui a été choisi. Avec, devant lui, cinq défis pour parvenir à ses fins.

Recoudre les plaies. Pour l’emporter en 2020, Benjamin Griveaux doit commencer par pactiser avec ses concurrents de cette simili-primaire. Tous les candidats se sont certes engagés par écrit à soutenir celui qui serait investi et, dans les déclarations publiques, aucun mot trop violent n’a été proféré. Micros fermés, les rivaux et leurs entourages n’en ont pas moins glissé quelques formules assassines et peaux de banane.

Cédric Villani se montre clairement amer. « La décision de la commission est incompréhensible », se désole un de ses proches. Alain Richard, le coprésident de la commission, a appelé mercredi soir le candidat malheureux à « se reprendre ».

« L’été sera utile pour cicatriser tout cela », avance Pierre Auriacombe, un élu du 16e arrondissement rallié à M. Griveaux. Ce dernier a déjà des idées sur le rôle qu’il pourrait confier à chacun : M. Villani pourrait s’occuper du Grand Paris et devenir candidat dans le 14e arrondissement, M. Mahjoubi se charger des dossiers liés au numérique, Mme Lebreton des questions sociales, etc.

Organiser la campagne. Benjamin Griveaux a programmé de façon détaillée le démarrage de sa campagne. Une journée de séminaire est prévue avant les vacances pour mobiliser tous les cadres parisiens de LRM. Des mandataires financiers vont être désignés et un compte spécifique sera ouvert pour le 1er septembre. Budget prévu pour la campagne : 2,4 millions d’euros au maximum. « Il faut en lever la moitié auprès de tous ceux qui voudront nous faire des dons et emprunter l’autre », estime-t-il.

Autre mission : sélectionner les 527 candidats des futures listes, en veillant aux équilibres politiques et à la parité femmes-hommes. La secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, un des premiers soutiens de M. Griveaux, pourrait mener campagne dans le 14e arrondissement, mais pas en tête de liste. L’ancien porte-parole compte, pour sa part, être candidat « dans un arrondissement où il faut mouiller le maillot » pour l’emporter, le 12e ou le 15e par exemple.

L’été sera aussi mis à profit pour préparer une consultation des Parisiens, désormais un classique des campagnes de LRM. Celle-ci devrait avoir lieu en septembre, à la fois sur le terrain et au travers d’une plate-forme numérique. Objectif : tester les futures grandes mesures du programme électoral.

Faire rêver les Parisiens. A ce stade, en effet, M. Griveaux n’a évoqué que quelques idées : interdire les cars diesel dans Paris, ouvrir certains marchés le soir ou donner plus de pouvoir aux maires d’arrondissement. « Ils gèrent l’équivalent de grandes villes et n’ont pas les moyens d’acheter une balayeuse par an », souligne-t-il.

L’ancien socialiste a aussi beaucoup parlé d’écologie, pris sous l’angle de la santé : « Mon fils et ma fille de 5 et 7 ans ont fait des bronchites asthmatiques, bizarrement quelques jours avant le pic de pollution. » Il propose qu’à Paris les enfants bénéficient de trois examens de santé gratuits en cinq ans.

Benjamin Griveaux promet aussi d’être un maire attentif à l’exécution des décisions prises : « C’est là que le travail commence, il faut entrer dans les détails pour être sûr que les mesures annoncées changent vraiment la vie des gens. » Une façon de se démarquer d’Anne Hidalgo, accusée de multiplier les annonces sans lendemain. Mais tout cela ne constitue pas un programme complet, de nature à faire rêver les électeurs.

Corriger son image. La scène se déroule un après-midi de juin, à Montmartre. Benjamin Griveaux déambule sur la butte avec quelques militants. Soudain, un jeune homme assez agité se met à le suivre en l’invectivant : « Assassin ! Salaud ! Capitaliste ! » Il termine par l’injure suprême : « Macroniste ! » Le candidat se retourne : « Ça oui, j’accepte. »

En quelques années, l’ancien ministre a acquis une assez forte notoriété, mais à double tranchant : 43 % des Parisiens déclarent avoir une bonne opinion de lui, mais 35 % en ont une négative, selon un sondage IFOP réalisé du 8 au 10 juillet pour son rival Cédric Villani, une personnalité moins connue mais plus consensuelle.

Auprès de beaucoup, M. Griveaux donne l’image d’un homme cassant, sûr de lui, un de ces fidèles de Macron toujours prêts à donner des leçons dans un vocabulaire parfois abscons. Ce vendredi-là, en discutant avec des militants associatifs, il parle de « process », de « granularité de la data », de « goodwill réputationnel ». « Et vous avez votre roadmap ? », interroge-t-il. Pas membre de la « start-up nation » pour rien… « En réalité, pourtant, il n’est pas arrogant, assure un de ses soutiens, Eric Azières, élu UDI-MoDem du 14e arrondissement. La campagne devra gommer ce décalage entre ce qu’il est et l’image qu’il donne. »

Gagner Paris. A Paris, Emmanuel Macron et ses partisans ont obtenu d’excellents scores à la présidentielle, aux législatives puis aux récentes européennes, où la liste Renaissance est arrivée en tête dans seize arrondissements sur vingt.

Pour les municipales, LRM dispose à ce stade d’une longueur d’avance dans les sondages, face à une droite en miettes et une gauche plurielle moins puissante qu’elle ne l’a été.

L’enquête IFOP place les listes conduites par Benjamin Griveaux à 26 % des intentions de vote au premier tour. Celles d’Anne Hidalgo n’obtiendraient que 23 %, alors qu’elles avaient rassemblé 34 % des électeurs au premier tour en 2014. Le mode de scrutin très particulier, avec des listes différentes dans chacun des dix-sept secteurs de la capitale, la possibilité de triangulaires voire de quadrangulaires au second tour, puis une élection du maire par 163 grands électeurs, rend toutefois la suite difficile à prévoir.

Pour le candidat de LRM, « il faut un rassemblement large dès le premier tour ». Il aimerait en particulier trouver un accord à droite avec Pierre-Yves Bournazel, ce député de la majorité présidentielle qui entend, pour l’heure, faire campagne sous ses propres couleurs.

Dans le 18e, par exemple, « on prendrait des risques s’il y avait deux listes macronistes, l’une Griveaux et l’autre Bournazel », juge Félix Beppo, un élu de cet arrondissement de gauche. Méthodique, Benjamin Griveaux s’est donné jusqu’à la fin de l’automne pour régler ce sujet.

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11 juillet 2019

CHAMPS D’AMOURS - 100 ans de cinéma arc-en-ciel

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Comédies populaires, documentaires, biographies, films rares et militants, histoires d’amour du monde entier : découvrez une exposition organisée en collaboration avec La Cinémathèque française et la Mission Cinéma de la Ville de Paris, qui met pour la première fois en lumière toutes les couleurs du cinéma arc-en-ciel.

Il était une fois, avant 1919, des femmes et des hommes quasi invisibles, autant dans la société que dans les salles du cinéma naissant, jusqu’à ce qu’un film allemand, en révélant sur grand écran les premiers rôles explicitement homosexuels, apporte une lueur dans cette obscurité. Dès leur arrivée au pouvoir, les nazis s’empressèrent de l’éteindre, envoyant les « invertis » dans les camps.

Il faut attendre 1969, les émeutes autour d'un bar gay new-yorkais, le Stonewall Inn, et le mouvement de libération qui s’ensuivit, pour que le cinéma brise le carcan des tabous et contribue ainsi à une meilleure visibilité des homosexuel·le·s.

Aujourd’hui, en 2019, les représentations de personnages LGBTQI+ touchent tous les genres du cinéma : comédies populaires, drames passionnels, films expérimentaux et militants, documentaires, biopics.

La diversité des identités a finalement intégré les écrans du monde entier, explorant de nouveaux ressorts dramatiques qui suscitent maintenant les mêmes émotions que dans n’importe quel autre film.

C’est cette histoire sur cent ans, où se lient intimement cinéma et révolution des mœurs, que « Champs d’amours » propose de raconter à travers plus de 100 extraits de films, affiches, scénarios, photos et archives inédites.

Portée par les commissaires Alain Burosse, Jean-Baptiste Erreca, créateurs de la Nuit gay de Canal+, Laurent Bocahut, Michèle Collery et Didier Roth-Bettoni, cette exposition, en collaboration avec La Cinémathèque française, est une invitation à découvrir les révolutions culturelles, sensuelles et sexuelles qui ont émaillé le XXe siècle. Elle se déroulera alors que sera célébré dans le monde entier le cinquantenaire des émeutes de Stonewall à New York en 1969. Un soulèvement qui, rappelons-le, marque symboliquement la naissance d’un mouvement identitaire LGBTQI&+ et des longues luttes pour la reconnaissance des droits humains aux États-Unis, en Europe et dans le monde.

Champs d'amours

RÉTROSPECTIVE -LIBÉRATIONS SEXUELLES, RÉVOLUTIONS VISUELLES

La Cinémathèque française - Musée du Cinéma

51, rue de Bercy , 75012 PARIS

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1 juillet 2019

Chronique : LGBTQIA+… La sexualité a-t-elle besoin d’étiquettes ?

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Par Maïa Mazaurette

La prise en compte des identités minoritaires peut certes compliquer la vie. Tout cela ne relève-t-il pas du domaine du privé ? Pour la chroniqueuse de « La Matinale » Maïa Mazaurette, plus il y aura de mots, plus la société pourra être inclusive.

LE SEXE SELON MAÏA

LGBTQIA+, c’est pas bientôt fini cette histoire ? Lesbiennes, gays, bis, trans, queers, intersexes, asexuels, et il faudrait en ajouter encore ? Eh bien… oui, sans doute. Ce n’est pas si exaspérant, et puis en France, d’habitude, nous sommes plutôt friands d’acronymes : personne ne proteste quand on parle de l’Unicef, des Assedic ou du programme Erasmus.

Si vous n’êtes pas franchement convaincus par cette ribambelle de lettres, si vous faites partie de celles et ceux qui voient dans cette accumulation un très suspect besoin identitaire, il faut lire les mots de l’autrice Mélanie Fazi : « L’étiquette, ce n’est pas s’enfermer dans une boîte, ce n’est pas chercher à tout prix la normalité, ce n’est pas couper inutilement les cheveux en quatre. C’est savoir qu’il y en a d’autres comme nous. Savoir que [notre orientation] n’est pas un problème, et qu’on n’a pas à s’en vouloir de ne pas réussir à le résoudre : c’est une identité connue. Vivre sans étiquette, c’est n’avoir aucune existence aux yeux du monde, parce que les autres ne savent pas. »

Mais pourquoi les autres devraient-ils savoir ? Pourquoi devriez-vous savoir ? C’est simple : même de manière inconsciente, vous pensez savoir – notre société est organisée autour d’une certaine idée de la normalité. Ce qui complique la vie de personnes comme Mélanie Fazi : « C’est une redéfinition de chaque instant : rectifier ou non les attentes que les autres plaquent sur nous par défaut, revendiquer ou non cette différence, la vivre discrètement ou bien en faire un étendard. » (Son témoignage est à découvrir dans son ouvrage de non-fiction intitulé Nous qui n’existons pas, paru en 2018 aux éditions Dystopia.

Quand Mélanie Fazi parle d’attentes « par défaut », ces dernières se situent à des niveaux multiples. Jusqu’à preuve (et revendication) du contraire, la société nous considère comme bien installés dans notre sexe de naissance, qui correspondrait à notre genre, tout cela serait somptueusement hétérosexuel, l’amour serait la grande aventure qui nous rendrait complets, et nous ferions des enfants. Ce « par défaut » est absurde. Surtout quand l’histoire, la géographie ou les sciences sociales nous démontrent que l’ordre naturel est construit (nous avons par exemple appris à l’école que l’idée d’hétérosexualité aurait épaté les citoyens athéniens de l’Antiquité, lesquels nous auraient sans doute demandé pourquoi nous avons tant besoin d’exhiber cette « étiquette hétérosexuelle »).

Essayer d’inclure

Ne pas ressentir le besoin de s’identifier est un privilège : la norme est comme l’air qu’on respire, on n’y fait pas forcément attention. Parce que notre identité est invisible, on se demande pourquoi certain/e/s recherchent la visibilité, pourquoi certains passages piétons seraient recouverts d’arc-en-ciels, pourquoi nous aurions des LGBTQIA+ prides. Ne pourrions-nous pas laisser tout ça dans le domaine du privé ?

Le problème, c’est que si vous êtes hétéro, votre sexualité personnelle n’est pas privée. Elle passe dans le journal, dans les salles de cinéma, elle constitue l’idée que nous transmettons d’une existence épanouie. Rien que pour acheter un billet de train, vous devez renseigner votre sexe – et parfois votre statut marital (pourtant, ce n’est pas comme s’il existait des wagons pour femmes célibataires). Votre corps lui-même est une étiquette – quitte à rester au rayon papeterie, ne parle-t-on pas d’enveloppe charnelle ?

Certaines résistances viennent du fait que la prise en compte des identités minoritaires complique la vie. Ah oui, parfois, la vie est compliquée ! L’éthique est compliquée.

C’est le même argument pour l’écriture inclusive… Pourtant, en nommant, en faisant évoluer la langue, on inclut ces minorités aux débats. Cela ne va pas changer leur situation de manière directe, mais on ne change aucune situation, jamais, sans commencer par la prendre en compte.

Tout ce qu’on nous demande en ajoutant des lettres aux LGBTQIA+, c’est d’essayer d’inclure. C’est notamment à cela que sert le « + » final. C’est également pour cette raison que ce paquet de lettres pourrait être remplacé par un générique « queer » (tordu, entortillé). Alors, va-t-on finir avec un sigle de 79 lettres ? Un simple + ? On peut faire de la prospective, mais le passé nous montre que la langue et ses usages ne nous emmènent pas toujours dans la direction attendue. Et puis, quand on ne sait pas, on peut demander : qui es-tu, où vas-tu, dans quelle étagère ?

Identité mouvante

Peut-être que les personnes concernées ne sauront pas répondre à nos questions, parce que leur identité sera mouvante – ou que la question ne sera pas pertinente dans leur cas.

Vous connaissez bien cette situation, soit dit en passant : si vous êtes un homme hétérosexuel « normal », une femme féminine née sous le signe de Vénus, vous êtes déjà passé/e par des phases trans. Vous avez connu vos propres trajectoires sexuelles, vos propres accrocs dans la toile bien tissée des attentes sociales – et tant que vous serez en vie, cette trajectoire continuera son bonhomme de chemin (ou sa bonne-femme ou sa bonne-intersexe de chemin).

Vous avez transitionné de l’enfance à la puberté, vous avez découvert l’auto-érotisme. Peut-être avez-vous connu quelques escapades queers. Peut-être avez-vous porté un fœtus dans votre ventre. Peut-être vos érections sont-elles soutenues par des substituts chimiques. Votre sexe, votre genre, vos préférences, ne sont ni plus stables, ni plus normales, que celles de votre voisin/e intersexe butch demiromantique à tendance cuir & dentelles.

Un jour, sans doute, ces catégories n’auront plus aucun sens (parce que les notions d’homme et de femme auront disparu, parce que nous aurons renoncé à établir des orientations sexuelles fixes, parce qu’il n’existera plus aucune attente concernant l’obligation à aimer ou désirer quiconque).

Mais nous n’en sommes pas encore là. Pour l’instant, une partie non négligeable de la population essaie de ne pas se faire frapper en pleine rue, de ne pas embarrasser sa famille, de ne pas perdre son boulot parce que le/la boss est LGBTQIA+ phobe (si vous trouvez ça long, rappelons qu’il existe plus de 70 000 mots français comportant treize lettres ou plus – preuve que nous sommes parfaitement capables de gérer ce niveau de complexité).

Par ailleurs, réjouissons-nous de nos queers, trans, bears et autres fems : qui peut sincèrement désirer que sa langue possède moins de mots ? Même si certains sont des acronymes, ou des néologismes, ou même des synonymes ? Pourquoi ne pas voir le verre à moitié plein, la coupe à moitié remplie, le godet à moitié complet, la chope à moitié comble – et nous tous et toutes, à ce rythme, probablement totalement alcoolisé.e.s ? Les flacons importent. Tous les flacons. On aura d’autant plus d’ivresse.

29 juin 2019

GAY PRIDE

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La Marche des fiertés a 50 ans. C'est en juin 1969, après une violente descente de police au sein du Stonewall Inn, bar gay mythique de New York, que le premier défilé de personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres a été organisé outre-Atlantique. Ces manifestations, qui ont tourné alors à l'émeute pendant plusieurs jours, marquent le début de la lutte pour l'égalité des droits LGBT. La Gay pride va bientôt naître de ces violences avec, dès l'année suivante, une parade dans les rues de la ville organisée par Brenda Howard, bisexuelle considérée aujourd'hui comme pionnière de ce combat. D'autres défilés placés sous le signe des "fiertés" auront lieu au même moment à Los Angeles ou San Francisco, puis, quelques années plus tard, en Europe, à commencer par l'Allemagne.

La Marche des fiertés va arriver en 1981 à Paris. Cette manifestation accessible à tous et gratuite rassemblera progressivement plus d'un demi million de personnes dans la capitale. Et elle a parcouru, en France aussi, bien du chemin. Selon un sondage Ifop publié l'année dernière, 83% des Français estiment désormais que les Marches des fiertés ont contribué à faire avancer les droits en faveur des personnes LGBT. En 2019, ce n'est pas une Marche des fiertés, mais des dizaines qui sont organisées dans toute la France tout au long du mois de juin. A Nancy, Lille, ou encore Saint-Denis, elles ont déjà rassemblé des dizaines de milliers de personnes le week-end dernier.

Samedi 29 juin 2019, les participants de la Marche des Fiertés Lesbiennes, Gaies, Bisexuelles et Transexuelles (LGBT) se donneront rendez-vous à Montparnasse à 14 heures, sur la place du 18 juin 1940. La parade empruntera le boulevard du Montparnasse pour passer devant Port-Royal. Elle continuera sur le boulevard Saint-Michel/Luxembourg, traversera la Place Saint-Michel puis tournera sur le boulevard du Palais avant de rejoindre la Place du Châtelet, le boulevard Sébastopol et le Boulevard Saint Martin. Le point d'arrivée de cette Marche des fiertés de 5,5 kilomètres est fixé sur la Place de la République où aura lieu le Grand Podium de fin de manifestation entre 17h et 22h.

L'an dernier, l'Assemblée nationale était pavoisée du drapeau arc-en-ciel, côté Seine mais aussi côté place du Palais-Bourbon pour la Marche des fiertés. Le pavoisement "symbolise l'engagement de la représentation nationale dans la lutte contre toutes les discriminations, dans un contexte où, comme l'a montré le dernier rapport de SOS homophobie, les actes anti-LGBT non seulement persistent mais augmentent en France - +4,8 % en 2017 par rapport à 2016 - et particulièrement en milieu scolaire - +38 %", avait alors commenté le président de l'Assemblée nationale François de Rugy sur La Chaîne parlementaire.

Lutter contre les discriminations dans le sport

Depuis, les violences homophobes ont encore augmenté. C'est en tout cas le constat de l'association SOS Homophobie, dans un rapport publié le 17 mai dernier à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre l'homophobie. "2018 a été une année noire" avec une augmentation des témoignages, notamment de lesbophobie, mais surtout "une explosion des agressions physiques" indiquait ce rapport annuel. "231 agressions physiques", étaient ainsi recensées en 2018, "soit 66% de plus qu'en 2017", écrivait SOS Homophobie, qui a recueilli 1905 témoignages, soit 15% de plus qu'en 2017. La barre des 1900 témoignages avait déjà été dépassée en 2012, année de débats acharnés sur le mariage pour tous.

Les violences LGBTphobes dans le sport ont notamment été pointées à la veille de la Marche des fiertés en France. A tel point qu'une campagne contre l'homophobie dans le football a été menée en mai, sous le slogan "maintenant ça suffit !". Le champion du monde Antoine Griezmann s'est engagé dans ce combat et faisait il y a quelques jours la couverture du magazine Têtu. Lors de la dernière Marche des fiertés, la manifestation mettait aussi l'accent sur les discriminations homophobes dans le sport. Près de 87 groupes aidés de 300 bénévoles avaient dénoncé "les chants homophobes dans les stades", "les traitements et mutilations subis par les athlètes féminines" et "l'impossibilité d'évoquer son homosexualité dans le sport pour ne pas perdre des sponsors", selon les termes de la porte-parole de l'inter-LGBT, Clémence Zamora-Cruz, lors d'une conférence de presse.

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28 juin 2019

Reportage - Au Japon, la visite très encadrée de la prison de Carlos Ghosn

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Par Philippe Mesmer, Tokyo, correspondance

Une quinzaine de journalistes étrangers ont été invités à la prison de Kosuge, où a été incarcéré l’ex-PDG de Renault-Nissan.

Depuis le 19 novembre 2018, quelque chose a changé à la maison d’arrêt de Tokyo. L’incarcération de Carlos Ghosn – libéré sous caution depuis le 25 avril –, a mis en lumière ce lieu de détention communément appelé « prison de Kosuge », du nom du quartier où il se dresse, massif et gris. Ce jour-là, peu imaginaient que le futur ex-président de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi y resterait, sur deux périodes, près de 110 jours, alimentant la chronique d’une affaire franco-japonaise qui pourrait, au moins officieusement, occuper une partie des discussions du président Macron pendant sa visite officielle au Japon, les 26 et 27 juin.

Bâtie dans l’arrondissement de Katsushika, dans le nord-est de Tokyo, la plus grande prison du Japon, refaite à neuf par étapes entre 1996 et 2012, impose depuis 1971 son austère silhouette à un quartier autrefois dominé par la petite industrie, aujourd’hui pauvre et délaissé, loin du luxe des quartiers de Ginza ou d’Omotesando. Avec l’incarcération de Carlos Ghosn, elle est devenue malgré elle le symbole des excès, réels ou fantasmés, d’une justice nippone baptisée « justice de l’otage » pour sa tendance à garder en détention les suspects, jusqu’à ce qu’ils avouent.

Une précision toute carcérale

Or, Kyoto doit accueillir, en avril 2020, la 14e convention de l’ONU sur la justice criminelle. Soucieux d’améliorer son image, le ministère de la justice (MDJ) avait réuni, en mars, la presse pour « approfondir la compréhension du système judiciaire japonais et les activités à l’international du MDJ », qui veut « développer à l’étranger des valeurs comme le respect du droit ». Le 10 juin, il planifiait une visite de la prison pour la presse étrangère, une offre relayée par le ministère des affaires étrangères notamment auprès des médias français. Le jour dit, sous une pluie battante, une quinzaine de journalistes se sont retrouvés à la gare de Kosuge. Précision toute carcérale : rendez-vous à 13 h 10, retard interdit sous peine de rester à la porte.

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Après avoir passé l’accueil orné d’une œuvre symbolisant l’immensité de l’univers, invitant à réfléchir aux limites de la condition humaine et à s’interroger sur la manière de favoriser « une société pacifiée », le groupe a suivi une présentation. « Ici, nous cherchons à trouver un équilibre. Les conditions de détention doivent être plus dures que la vie à l’extérieur, pour faciliter la réinsertion et éviter la récidive », a confié Shigeru Takenaka, le directeur du lieu.

Celui-ci s’est prêté au jeu des questions, aidé en cela de ses adjoints et de plusieurs représentants du ministère. Il a expliqué les règles du lieu, du réveil, à 7 heures, à l’extinction des feux, à 21 heures. Et a insisté sur les repas, « composés avec des nutritionnistes pour répondre aux besoins des détenus ». Au menu, en général : un poisson grillé, une soupe de légumes et un bol de riz et d’orge. Léger. Carlos Ghosn a perdu 9 kilos.

La visite de cette prison à la propreté irréprochable est apparue savamment planifiée. Les gardiens savaient quelles zones bloquer, quel étage choisir quand le groupe embarquait dans un ascenseur, quelle porte fermer. Les visiteurs ont ainsi pu découvrir l’une des 1 600 cellules individuelles, au sol recouvert de tatamis, ne dépassant pas 7,5 mètres carrés, réputées mal chauffées l’hiver, selon les témoignages d’anciens prisonniers, ou celles, plus rares, de 11 mètres carrés, avec lit à l’occidental, auxquelles Carlos Ghosn a eu finalement accès.

« EN DEHORS DES INTERROGATOIRES PENDANT LA GARDE À VUE, IL N’Y A RIEN À FAIRE. ON RESTE DES HEURES ASSIS DANS LA CELLULE. MON CONSEIL : QUAND ON ARRIVE, ACHETER TOUT DE SUITE DE QUOI ÉCRIRE. » UN ANCIEN DÉTENU

Ce fut aussi l’occasion de constater que les détenus n’ont aucune possibilité d’apercevoir le paysage. La cellule n’a pas de barreaux, mais son unique fenêtre donne sur un chemin de ronde fermé par une paroi en béton. Les promenades quotidiennes ne sont organisées que les jours ouvrés. « Quand il y a des vacances, on peut rester quatre ou cinq jours sans sortir. c’est éprouvant », raconte un ancien détenu, étranger, qui y a passé sept mois pour n’être condamné qu’à une peine avec sursis. « En dehors des interrogatoires pendant la garde à vue, il n’y a rien à faire. On reste des heures assis dans la cellule. Mon conseil : quand on arrive, acheter tout de suite de quoi écrire. Ça occupe. » Il y a une boutique à l’entrée de la prison.

Impossible, en revanche, d’apercevoir l’un des 1 758 détenus (sur 3 010 places disponibles), dont 146 femmes, issus de 37 nationalités – parmi les étrangers : 29,7 % de Chinois, 11,7 % de Vietnamiens et 10 % de Sud-Coréens. Parmi eux, 1 216 sont en attente d’un jugement, principalement pour vols et affaires de drogue. Pas un mot non plus sur le mitard. « Une pièce vide au sol plastifié et aux murs en bois, avec un trou en guise de toilettes », se souvient l’ancien prisonnier.

Lui y a eu droit. « Un jour, je me suis énervé. Je n’en pouvais plus de la solitude. » Il est également impossible de visiter la salle d’exécution des condamnés à mort, où furent pendus, en juillet 2018, des membres de la secte Aum Shinrikyo, dont son gourou, Shoko Asahara. Preuve que la transparence a des limites que les feux de l’affaire Ghosn n’auront pas su dissiper.

Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)

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Carlos Ghosn dans le collimateur du fisc français. L’administration française a lancé un examen de la situation fiscale personnelle de l’ex-PDG de Renault-Nissan, en délicatesse avec les justices japonaise et française, d’après des informations dévoilées dimanche 23 juin par le quotidien Libération. Selon le journal, il s’agit d’un contrôle « à la loupe » et très pointilleux de tous les revenus perçus ces dernières années par l’ancien dirigeant, et une notification lui a été envoyée, ainsi qu’à son épouse. Un des avocats français de Carlos Ghosn, François Zimeray, contacté par l’agence de presse Reuters, a dit ne pas en être informé. Toujours selon le quotidien, la Direction nationale des vérifications de situation fiscale, chargée des 6 000 contribuables les plus riches de l’Hexagone, va superviser l’opération. L’une des principales missions sera de vérifier la résidence fiscale de Carlos Ghosn, déclarée depuis 2012 aux Pays-Bas, où siège Renault-Nissan BV (RNBV).

22 juin 2019

Miss Tic actuellement à la Galerie Leila Mordoch - rue Mazarine

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Depuis 1985, ses graffitis au pochoir rythment les promenades des Parisiens de silhouettes voluptueuses et de phrases incisives, une poésie aussi légère que grave qui l’a menée jusqu’au Fond d’art contemporain de la ville de Paris et au Victoria & Albert Museum de Londres. Des œuvres devenues indissociables du paysage de la capitale, exposées à la galerie Lélia Mordoch.

Rock’n’girls - Miss Tic, jusqu’au 13 juillet, vernissage le 6 juin à la galerie Lélia Mordoch, 50 rue Mazarine

16 juin 2019

Notre-Dame : la première messe depuis l'incendie a été célébrée

Deux mois après l’incendie, Notre-Dame célèbre sa première messe en comité restreint

Assurant que la cathédrale était « toujours vivante », l’archevêque de Paris a célébré l’office devant une assemblée d’une trentaine de personnes, composée pour moitié de prêtres.

En aube mais avec un casque de chantier, l’archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit a célébré samedi 15 juin la première messe à Notre-Dame depuis l’incendie qui a partiellement détruit la cathédrale il y a deux mois.

Assurant que la cathédrale était « toujours vivante », le prélat a commencé son office à 18 heures devant un comité restreint d’une trentaine de personnes, composé pour moitié de prêtres et réuni dans la chapelle située juste derrière le chœur. Cette chapelle de la Vierge abritait la Couronne d’épines, un des trésors de la cathédrale aux yeux des catholiques, sauvée des flammes la nuit du sinistre.

Dans son homélie, Mgr Aupetit a affirmé que Notre-Dame était avant tout un lieu de foi, alors que l’incendie qui a ravagé l’édifice le 15 avril avait soulevé une vague d’émotion bien au-delà de la seule communauté des croyants. « Cette cathédrale est un lieu de culte, c’est sa finalité propre et unique. Il n’y a pas de touristes à Notre-Dame », a-t-il déclaré dans un édifice encore profondément marqué par le sinistre.

« Avons-nous honte du Christ ? »

Au-dessus du chœur, interdit d’accès, des filets pendent, quelques pierres dans leur toile. Des gravats jonchent encore le sol mais les stalles sont intactes. La lumière de la fin d’après-midi baigne les pierres du pignon sud.

Affirmant que cette cathédrale « s’effondrerait » sans la présence du Christ, Mgr Aupetit a dénoncé « l’ignorance abyssale de nos contemporains » en matière de religion, qu’il a attribuée à « l’exclusion de la notion divine et du nom même de Dieu dans la sphère publique » au nom de la laïcité. « Avons-nous honte de la foi de nos ancêtres ? Avons-nous honte du Christ ? », a-t-il lancé.

Les communiants s’étaient retrouvés peu avant 18 heures dans le chemin de déambulation. Dans l’assistance, outre Mgr Aupetit et le recteur de Notre-Dame Mgr Patrick Chauvet, se trouvaient des chanoines, des bénévoles et des personnes travaillant sur le chantier et des employés du diocèse de Paris.

Le diocèse avait prévenu qu’il ne pouvait y avoir de fidèles à l’intérieur, « pour des raisons évidentes de sécurité ». L’office était toutefois retransmis en direct par la chaîne catholique KTO pour que les « chrétiens puissent y participer et communier ». La date de cette messe a été choisie en lien avec la fête de la Dédicace, qui commémore la consécration de l’autel de la cathédrale.

Aux alentours du parvis, encore fermé au public pour des raisons de nettoyage, de nombreux badauds et équipes de journalistes étaient présents. Depuis l’incendie, entre 60 et 150 ouvriers s’affairent sur le chantier, continuant d’évacuer les gravats et de stabiliser la structure. Le monument est toujours dans sa phase de consolidation. Le président Emmanuel Macron s’est engagé à ce que le monument soit rebâti d’ici à cinq ans.

chantier

cathédrale

Cathédrale Notre-Dame de Paris on Instagram: “15/06/19 Solennité de la Dédicace”

15 juin 2019

Pourquoi la Une de "Charlie Hebdo" sur la Coupe du monde féminine de football fait polémique

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par Samy Laurent

L'hebdomadaire satirique fait une nouvelle fois parler de lui. Cette fois, à cause de son traitement de la Coupe du monde féminine de football.

Lors de cette première semaine de Coupe du monde féminine de football, le journal satirique Charlie Hebdo a une nouvelle fois fait preuve de son sens aigüe de la provocation. En kiosques depuis mardi 11 juin, le dessin d'un sexe féminin dans lequel se trouve un ballon de football pour couverture. "On va en bouffer pendant un mois !", peut-on lire au-dessus. Le dessinateur Biche signe sa première couverture pour l'hebdomadaire. Une référence au tableau de Gustave Courbet, "L'origine du Monde", qui n'a pas plu à tout le monde. Certains ne saisissent pas le côté humoristique (ni la référence) de cette couverture et pensent que le journal va trop loin. Parmi eux, Pierre Ménès qui a écrit sur Twitter : "Bon là évidemment personne va rien dire c'est Charlie. Deux poids deux mesures".

Lors de son émission L'Heure des Pros 2 sur CNews mardi 11 juin, le présentateur Pascal Praud a quant à lui annoncé avoir censuré la Une. "Je ne la montre pas ! Elle est censurée sur notre antenne pour le moment, a annoncé le journaliste. Ce n'est pas de l'humour, c'est de la provoc'! ". L'auteur du dessin, Biche, s'en est, lui, réjoui sur son compte Twitter avec ce clin d'oeil :

View on Twitter

D'autres, en revanche, comme l'animateur Christophe Beaugrand ou l'humoriste et chroniqueur Stéphane Guillon, ont affirmé ne pas être choqués par cette Une et saluent même plutôt l'irrévérence désormais bien connue de Charlie Hebdo.

19 juin 2019

Connaissez-vous le point P ?

point p

par Maïa Mazaurett

Il existe un équivalent masculin du point G et il peut changer radicalement votre sexualité. Mais êtes-vous prêt à aller jusque-là ?

Vous êtes un homme adulte, responsable, aventureux. Dans ces conditions, pourquoi utiliser un fragment seulement de votre potentiel sexuel ? Pourquoi entend-on tant d’hommes se plaindre de la routine, alors qu’ils esquivent un des moyens les plus simples et les plus efficaces de varier les plaisirs ? Oui, nous allons parler de sexe anal. Mais pas sur elle, non. Plutôt sur vous.

Pour quoi faire, demandent ceux qu’un orgasme "de base" suffit à combler ? Pour le plaisir. Avec un constat simple et répandu: ces orgasmes-là sont plus intenses, durables et profonds qu’une simple éjaculation. Vous avez le droit de passer à côté, de même que vous pouvez ne jamais utiliser une pièce dans votre appartement – mais en matière de sexe comme de mètres carrés, connaissez-vous si bien la valeur de l’immobilier ?

Ceci étant posé, comment ça marche ? La prostate est une sorte de sex-toy intégré dans votre corps, facile d’accès, facile d’utilisation. Elle se situe à quelques centimètres à l’intérieur de votre rectum, face antérieure: un demi-doigt – rien de méchant. Une fois que votre partenaire bien-aimée aura trouvé le Graal, il lui suffira de masser calmement cette petite protubérance pendant vos ébats. Soyez prévenu: vous allez jouir plus fort, avec une sensation de perte de contrôle et une perception du temps dilatée.

"Les orgasmes prostatiques sont plus intenses, plus durables et plus profonds qu’une simple éjaculation."

Oui, je sais: les hommes sont tellement encouragés à garder le contrôle que leurs repères sont inversés face au point P. Mais l’impression d’abandon est normale: vous actionnez un bouton situé en pleine zone de haute tension. Si vous appuyez dessus, ne vous étonnez pas que "ça" décolle. C’est pour ça que la plupart de ses adeptes l’utilisent pendant les moments de mou: façon "assurance plaisir". Il est possible de jouir juste comme ça, sans éjaculation. Ou de s’en servir comme accélérateur. C’est vous qui voyez. Envie de tenter l’expérience ? Vous pouvez tester soit tout seul, soit entre les mains d’une partenaire de bonne volonté.

Pour la première option, il existe des jouets spécialement adaptés, comme ceux proposés par la gamme Aneros. Et si votre partenaire sait s’en servir, alléluia ! Elle proposera, ou vous proposerez. Une connaisseuse pourra combiner ses caresses à une fellation ou à une pénétration (notamment si elle se tient sur vous en vous tournant le dos, dans la position dite de la "reverse cow-girl"). En revanche, une novice pourra tâtonner un peu, mais ça ne demande pas un doctorat en anatomie.

Soyez patient, relaxez-vous, considérez que vous vivez une seconde "première fois": deux partenaires vierges, des moments de solitude, mais la complicité d’une aventure sensorielle et spirituelle partagée. Donner l’initiative aux femmes ouvre un univers nouveau. Cette première permission va engager des conversations, des expérimentations, d’autres possibilités sexuelles – en somme, faire passer votre couple au niveau supérieur. Au-delà du plaisir, c’est un cercle vertueux…

13 juin 2019

Crazy Horse de Paris - Viktoria Modesta - derniers jours

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Jusqu'au dimanche 16 juin 2019 seulement

Crazy Horse (Paris 75008)

Jusqu'au 16 juin 2019, ne manquez pas la dernière aventure artistique inédite et surprenante du Crazy Horse, l’iconique cabaret parisien, au style incomparable et aux collaborations pointues (Christian Louboutin, Dita Von Teese, Chantal Thomass…).

Viktoria Modesta, artiste futuriste aux multiples facettes, sera la première Guest Star bionique dans l’histoire du célèbre cabaret parisien. Icône d’un genre nouveau, à la fois différente et stupéfiante, elle incarne sur cette scène mythique la femme du futur sublimée par la technologie le temps de 29 représentations exceptionnelles, à réserver dès maintenant.

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10 juin 2019

Reportage - Hongkong se mobilise en masse pour défendre ses libertés face à Pékin

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Par Florence de Changy, Hongkong, correspondance

Plus d’un million de personnes se sont rassemblées dimanche pour protester contre le projet de loi qui permettrait les extraditions vers la Chine continentale. Malgré la forte participation, le gouvernement local n’entend pas changer de cap.

« 1,030 million de participants ! » ont annoncé dimanche 9 juin, en fin de journée, les organisateurs fous de joie à une foule calme et fatiguée qui croisait les poignets en l’air, mains tendues, en signe de « non » devant l’immeuble moderne du Parlement local, le Legco, avec le bras de mer du Port Victoria en décor de fond. Cette marche de protestation avait pour but de demander l’abandon d’un projet de loi qui facilitera l’extradition vers la Chine et que le gouvernement espère faire passer en force avant l’été.

« Non à l’extradition en Chine », en caractères noirs sur fond rouge était la pancarte la plus répandue dans l’interminable fleuve de tee-shirts blancs, code vestimentaire des manifestants. Hennessy Road, l’une des longues artères qui traversent le nord de l’île de Hongkong d’est en ouest, fut prise d’assaut par cette foule de marcheurs à la colère calme sur plusieurs kilomètres.

Le cortège a d’ailleurs dû démarrer une demi-heure plus tôt que prévu, à la demande de la police, au vu de la foule qui affluait de toutes parts. Le métro était saturé, et certaines sorties ont été momentanément fermées, par sécurité.

A la nuit tombée, les marcheurs arrivaient encore devant le Parlement, qui doit examiner le texte controversé mercredi 12 juin. Une dizaine de militants ont alors entrepris un sit-in devant le Parlement. Plus tard, vers minuit, alors que la permission de manifester expirait, des heurts violents ont eu lieu aux abords du Legco, quand quelques manifestants ont tenté de rentrer dans l’immeuble et ont lancé bouteilles et barres de fer. Ont suivi quelques heures d’échauffourées au cours desquelles la police a utilisé des gaz poivres et des bâtons. Plusieurs arrestations ont eu lieu.

« Personne ne veut aller en prison en Chine »

Mais pendant les très longues et chaudes heures de marche, la manifestation s’est passée de manière calme, un rassemblement éclectique de la population de Hongkong, tous âges et classes sociales confondus, des personnes âgées et de nombreux enfants également mobilisés par la cause du jour. « Personne ne veut aller en prison en Chine ! », affirme Toby, 10 ans qui ajoute « nous avons le droit d’être jugés à Hongkong si nous sommes des Hongkongais ». Sa mère, Mary Wong, institutrice, s’inquiète d’un futur régi par la Chine alors que Hongkong jouit depuis longtemps de la plupart des libertés civiles conformément à la déclaration universelle des droits de l’homme : « Pour nos enfants, on n’entrevoit aucun futur. On sait que l’on ne peut pas avoir confiance dans le gouvernement chinois. C’est pour cela que l’on s’oppose à cette nouvelle loi. »

La polémique autour de ce projet de loi, proposé il y a plusieurs mois, est longtemps restée limitée à des petits cercles, notamment les politiques, les milieux d’affaires, les diplomates et les journalistes. Mais plus le gouvernement a tenté d’expliquer ce projet, plus la population a commencé à le comprendre et à s’en inquiéter. Il a fini par toucher une corde sensible chez de très nombreux Hongkongais qui tiennent dur comme fer à « leurs libertés ». « La liberté vaut plus qu’un ticket de loto gagnant », nous affirme un vieil homme en fauteuil roulant.

Cheveux courts un peu hirsutes et haut bariolé, la dynamique retraitée Pansy Tsoi est venue pour protester des nouveaux territoires, la partie continentale de la région administrative spéciale de Hongkong, où, affirme-t-elle, tout le monde, dans son entourage de « gens de base », a compris que Hongkong était « en danger de mort ». « Moi, je ne risque rien, je suis vieille et pauvre et je n’ai jamais rien eu à faire avec la Chine continentale. Mais c’est pour Hongkong que je viens, ce n’est pas parce que je ne veux pas être extradée, c’est parce que je veux que Hongkong reste Hongkong ! »

« C’est la deuxième fois de notre vie que nous descendons dans la rue », nous affirme un père de famille qui travaille dans la finance, venu avec sa femme et leurs deux petites filles, tous en tenue de sport élégante, comme s’ils sortaient de l’un des clubs huppés de la ville. « La dernière fois c’était contre le projet d’éducation patriotique [en 2012]. Nous ne pouvons pas accepter que le futur des enfants soit ainsi mis en péril. » « On ne peut toujours pas voter mais on a encore le droit de marcher. C’est notre seule forme de démocratie. Autant en profiter ! », ajoute Kris, une étudiante en santé publique, venue avec un groupe d’amis.

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Pékin donne les consignes aux gouvernants de Hongkong

Les manifestants avaient par ailleurs dans le collimateur trois responsables politiques dont ils réclamaient la démission : la chef de l’exécutif, Carrie Lam, en poste depuis 2017, qui s’est révélée très mauvaise stratège et a accumulé gaffes et erreurs à l’égard de la population, malgré ses compétences d’excellente bureaucrate ; la ministre de la justice, Teresa Cheng, très impopulaire en raison de divers scandales auxquels elle est associée, et le ministre de la sécurité, John Lee, dont dépendent théoriquement les questions d’extradition, même s’il est de plus en plus clair que sur un certain nombre de dossiers, c’est Pékin qui donne désormais les consignes aux gouvernants de Hongkong.

Face à la bouche de métro de Wan Chai, sur l’estrade du Parti démocratique, l’ancien évêque de Hongkong, l’infatigable pourfendeur du Parti communiste chinois, le vieux cardinal Zen et d’autres figures connues de la lutte démocratique à Hongkong encouragent les participants en les saluant amicalement. Lee Wing-tat, ancien président et cofondateur du Parti démocratique, estime que face à une telle mobilisation, le gouvernement devra au moins suspendre provisoirement la loi, faute de quoi, il craint de « gros problèmes » dans les semaines qui viennent : « Les Hongkongais ne vont pas accepter qu’une telle mobilisation ne change rien. »

Il s’agit en effet de la plus grande manifestation de Hongkong depuis la rétrocession de l’ancienne colonie britannique à la Chine en 1997. Jusqu’à présent, la plus forte mobilisation avait eu lieu en 2003 lorsque le cap du demi-million de participants avait été atteint. Cela avait abouti à l’abandon de « l’article 23 », une loi anti-sécession dont Pékin réclame d’ailleurs régulièrement l’adoption.

En 2012, plusieurs grandes marches avaient également obtenu l’abandon d’une loi visant à imposer un enseignement patriotique chinois dans les écoles. En 2014, en revanche, malgré 79 jours de manifestation continue, le gouvernement local n’avait rien cédé aux manifestants sur les réformes politiques, signe du durcissement chinois dont Hongkong paie le prix depuis quelques années.

Dimanche soir, le gouvernement de Hongkong a indiqué que le texte serait soumis comme prévu en session plénière du parlement mercredi, estimant que les critiques avaient déjà été prises en compte.

12 janvier 2017

Femen relaxée...

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La première Femen condamnée pour « exhibition sexuelle » relaxée en appel

Il s’agit de la première décision de relaxe en appel. La militante a toutefois été condamnée à 600 euros d’amende pour avoir dégradé une statue de cire de Vladimir Poutine.

La première militante des Femen à avoir été condamnée en France pour exhibition sexuelle a été relaxée, jeudi 12 janvier en appel de ce délit, mais a, en revanche, été condamnée à 600 euros d’amende pour avoir dégradé une statue de cire du président russe, Vladimir Poutine.

« La jurisprudence se construit », s’est félicitée son avocate, Marie Dosé. A travers cette décision, la justice « autorise » les femmes à « utiliser leur corps comme une arme politique », a-t-elle estimé.

L’avocate envisage toutefois un pourvoi en cassation contre la condamnation pour dégradations. Outre l’amende, la cour d’appel a confirmé la condamnation de Iana Zhdanova à verser au musée Grévin 3 004 euros de dommages et intérêts pour le préjudice matériel et 1 000 euros pour le préjudice moral.

« Surprise, mais dans le bon sens », la jeune Ukrainienne de 28 ans, réfugiée politique, a salué une « victoire » non seulement pour elle, mais « pour toutes les femmes ». Elle avait, lors d’une action seins nus le 5 juin 2014, attaqué à coups de pieu la statue de cire de Vladimir Poutine au musée Grévin à Paris. Elle avait été condamnée le 15 octobre 2014 à 1 500 euros d’amende pour dégradations et exhibition sexuelle, condamnation dont elle a fait appel.

D’autres militantes Femen poursuivies

Si trois Femen avaient déjà été relaxées en première instance à Lille du délit d’exhibition sexuelle pour une action lors de l’arrivée de Dominique Strauss-Kahn au procès de l’affaire dite du Carlton, il s’agit de la première décision de relaxe prononcée par une cour d’appel.

Lors du procès en appel de Iana Zhdanova, l’avocat général avait requis 1 000 euros d’amende pour les dégradations et s’en était remis « à la sagesse de la cour » pour le délit d’exhibition sexuelle.

D’autres militantes Femen sont poursuivies pour exhibition sexuelle. « On s’étonne » que ces poursuites subsistent après ces relaxes, a déclaré l’avocate de plusieurs d’entre elles, qui doivent comparaître le 25 janvier, Valentine Rebérioux.

Eloïse Bouton attend le 15 février la décision de la cour d’appel de Paris, mais d’une autre chambre, après avoir été condamnée en première instance à un mois de prison avec sursis pour une action à la Madeleine. Peine dont la confirmation a été requise par l’accusation, selon son avocat, Tewfik Bouzenoune, qui espère obtenir une relaxe et une « homogénéisation de la jurisprudence ».

25 mai 2019

Assange inculpé d’espionnage par la justice américaine

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Par Martin Untersinger

Dix-sept nouveaux chefs d’inculpation ont été retenus contre le fondateur de WikiLeaks détenu actuellement à Londres.

La justice américaine a décidé de déployer l’artillerie lourde contre Julian Assange. Jeudi 23 mai, elle a annoncé poursuivre le fondateur du site WikiLeaks pour espionnage, une mesure sans précédent dans l’histoire du journalisme aux Etats-Unis.

Julian Assange, arrêté en avril dans les locaux de l’ambassade d’Equateur à Londres, faisait déjà l’objet d’une demande d’extradition de la part de Washington pour des faits relativement mineurs de piratage informatique. L’ampleur de ce qui lui est désormais reproché par les autorités américaines est sans commune mesure : dix-sept nouvelles charges pèsent à présent contre lui.

Les faits qui lui sont reprochés remontent à 2010, lorsque l’organisation avait mis la main sur une gigantesque quantité de documents internes au gouvernement américain. En partenariat avec plusieurs médias, dont Le Monde, WikiLeaks publie alors des milliers de comptes rendus des opérations de l’armée en Irak et en Afghanistan ainsi qu’une masse de câbles diplomatiques américains.

Contourner la liberté de la presse

Au pouvoir à l’époque, l’administration Obama avait été ulcérée par cette publication. Elle s’était pourtant toujours abstenue de jouer la carte de l’espionnage, de peur d’achopper sur le très protecteur premier amendement de la constitution américaine, qui protège la liberté de la presse. L’administration Trump ne dispose d’aucun nouvel élément justifiant cette lourde procédure, mais a semble-t-il décidé de faire fi de ces préventions.

Elle reproche à Julian Assange d’avoir explicitement réclamé, sur son site, certains documents secrets ; d’avoir incité sa source, la militaire Chelsea Manning, à les lui fournir ; et de les avoir reçus en ayant pleinement conscience de leur confidentialité. Juridiquement, le ministère tente de contourner l’obstacle du premier amendement en reniant le caractère journalistique aux travaux de Julian Assange et en l’inculpant pour la publication de documents non caviardés, comportant l’identité de sources de l’armée et de la diplomatie américaines. « Aucune personne responsable, qu’il soit journaliste ou non, ne publierait à dessein le nom de sources humaines en zone de guerre » a taclé John Demers, le responsable de la sécurité nationale au ministère de la justice, lors d’une conférence de presse. « Parmi ces sources figuraient des Afghans et des Irakiens, des journalistes, des leaders religieux, des défenseurs des droits de l’homme et des dissidents » a argué Zachary Terwilliger, le procureur chargé du dossier.

La décision de la justice américaine de poursuivre Julian Assange pour espionnage est lourde de conséquences, y compris pour les médias traditionnels. L’administration Obama avait estimé qu’il était impossible de distinguer les activités de Julian Assange – publier des documents secrets – de celles des médias traditionnels. Certains d’entre eux, parmi les plus prestigieux de la planète – le New York Times, le Guardian, Le Monde, Der Spiegel – ont justement travaillé avec WikiLeaks et publié les mêmes documents qui valent aujourd’hui à Julian Assange d’être accusé d’espionnage. Lors de la conférence de presse annonçant les nouvelles charges pesant sur lui, les responsables du ministère de la justice n’ont pas voulu expliquer la différence entre ce qui était reproché à Julian Assange et une activité journalistique traditionnelle, rapporte le New York Times.

Torrent de réactions

L’annonce de cette nouvelle inculpation a déclenché un torrent de réactions. « Ces accusations sans précédent démontrent la menace que la procédure à l’encontre de Julian Assange fait penser contre tous les journalistes qui veulent informer le public des actions du gouvernement américain », a réagi son avocat américain, Barry Pollack.

« Pour la première fois dans l’histoire, le gouvernement entame une procédure criminelle contre la publication d’informations véridiques. C’est une attaque directe contre le premier amendement et une escalade inouïe des attaques de l’administration Trump contre le journalisme » a tancé l’ACLU, la principale organisation américaine de protection de la liberté d’expression. Reporters sans frontières a pour sa part déclaré sur son compte Twitter que « les charges qui pèsent sur Julian Assange dans le cadre de la loi sur l’espionnage posent une menace directe sur la liberté de la presse et le journalisme d’investigation. »

Voir la loi sur l’espionnage, d’une sévérité extrême, utilisée pour inculper Julian Assange était la pire crainte des proches de l’Australien. Ce texte, voté en 1917, a été conçu pour punir les fonctionnaires fournissant des documents secrets à une puissance ennemie. L’administration Bush puis Obama avaient commencé à le dépoussiérer en l’utilisant pour poursuivre plusieurs sources à l’origine de révélations dans la presse, dont celle de WikiLeaks, Chelsea Manning, mais également le lanceur d’alerte Edward Snowden. Elle n’a cependant jamais visé la publication journalistique de documents secrets.

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Egalement poursuivi pour viol en Suède

Julian Assange s’est toujours présenté comme un journaliste. En 2010, lorsqu’il publie les documents de l’armée et de la diplomatie américaine, la question ne se pose même pas. Mais sa réputation s’est considérablement détériorée depuis 2016 et la campagne présidentielle américaine, lorsque WikiLeaks a servi de réceptacle à des documents volés aux démocrates par les services de renseignement russes et que Julian Assange a multiplié les prises de positions hostiles à Hillary Clinton et favorables à Donald Trump. Début 2017, le directeur de la CIA qualifiait même WikiLeaks de « service de renseignement hostile ». Dans la foulée, le ministre américain de la justice, Jeff Sessions, avait révélé que l’arrestation de Julian Assange était une « priorité ».

Le fondateur de WikiLeaks purge actuellement une peine de 50 semaines dans une prison britannique de haute sécurité pour avoir, en 2012, enfreint sa liberté conditionnelle. En se réfugiant dans l’ambassade équatorienne de Londres, il avait fui la justice suédoise et son mandat d’arrêt émis dans une affaire d’agression sexuelle et de viol. Pour ce dernier chef d’accusation, toujours d’actualité, le parquet suédois a récemment annoncé qu’il allait à nouveau chercher à faire venir Julian Assange à Stockholm. L’horizon du fondateur de WikiLeaks était déjà orageux. Il vient de tourner à la tempête.

24 mai 2019

Critique Festival de Cannes 2019 : avec « Matthias et Maxime », Xavier Dolan bâtit un pont entre passé et avenir

Le cinéaste québécois était de retour sur la Croisette, mercredi, avec un long-métrage touchant et intimiste sur deux trentenaires, dans lequel il interprète l’un des rôles-titres.

SÉLECTION OFFICIELLE – EN COMPÉTITION

A trente ans, une vie s’est édifiée à partir de laquelle une autre continue, où il va falloir trouver sa place, faire des choix. Né en 1989, Xavier Dolan y est pile, à cet âge dont il aurait eu tord de se moquer. Puisque en le mettant en scène, il réussit un de ses plus beaux et un de ses plus touchants films.

Sélectionné en compétition à Cannes, Matthias et Maxime se place à ce seuil de l’existence où, après l’enfance qui construit et l’adolescence hésitante, arrive le moment où, dit-on, il faut décider. Les personnages du nouveau long-métrage de Xavier Dolan en sont arrivés là. Le cinéaste également qui s’y est d’ailleurs donné un rôle.

Voilà sans doute pourquoi Matthias et Maxime contient la trace de ce que le réalisateur canadien nous a auparavant raconté dans Tom à la ferme et Mommy tout en l’ouvrant à un champ plus large. La trace aussi de l’écriture et du style des précédents films, auxquels se sont ajoutées d’autres formes de réalisation dont une des vertus est d’arrondir, sans les abandonner, les tensions formelles du cinéma de Dolan. Sur ce pont qu’il bâtit entre passé et avenir, Matthias et Maxime dégage un charme qui fait croire aux promesses.

A ce moment de l’existence, des amitiés ont soudé des bandes dont les liens et la complicité semblent encore indestructibles. Il en est ainsi de Matthias (Gabriel D’Almeida Freitas), Maxime (Xavier Dolan), Rivette (Pier-Luc Funk), Franck (Samuel Gauthier), Brass (Antoine Pilon), Sharif (Adib Alkhalidey) qui, issus de milieux différents, se sont rencontrés pour la plupart au lycée et continuent de se retrouver, entre eux, et sans filles, le temps d’une soirée.

Un baiser « pour de faux » peut tout changer

Ou d’un week-end, comme c’est le cas au début du film, où ils sont tous réunis dans un chalet de l’un d’entre eux, situé en pleine nature, auprès d’un lac. Une seule ombre est inscrite dans ce cadre idyllique : Erika, sœur de Rivette et adolescente excitée qui s’est imposée parce qu’elle a le projet d’y réaliser un petit film pour son école. Deux potes lui ayant fait faux bond, alors qu’ils devaient y jouer une scène, il lui faut trouver des remplaçants. Avec plus ou moins de bonne grâce, Matthias et Maxime s’y soumettent, ignorant qu’ils vont devoir s’embrasser.

Un baiser, même donné « pour de faux », peut tout changer. Celui-ci crée en tout cas un trouble auquel ils n’étaient pas préparés. Matthias, en couple avec Sarah depuis quelques années, tente de ne pas en faire une histoire tandis que Maxime semble l’oublier.

Une fois rentrés à Montréal, les deux amis d’enfance reprennent leur existence où ils l’avaient laissée. Matthias retrouve sa compagne, son costume cravate et le poste qu’il occupe au bureau de son père où il est promis à un bel avenir. De son côté, Maxime qui doit s’envoler dans quinze jours pour l’Australie où il continuera d’être barman, s’applique à régler la mise sous tutelle de sa mère (Anne Dorval), alcoolique depuis peu abstinente qui ne parvient plus à se prendre en charge. Le visage de Maxime dont près de la moitié est recouverte d’une tâche de naissance n’a probablement pas aidé à faire de lui le préféré de cette mère. Ce privilège ayant été réservé à son frère qui, lui, a déjà fui la maison familiale.

Ce départ lance un compte à rebours qui cristallise avec précipitation les sentiments. Lesquels, retenus chez Maxime, chassés par Matthias avec une énergie dont il n’est pas tout à fait dupe, ne pourront échapper à la mise à l’épreuve à laquelle les obligent deux « garden-partys ». L’une est organisée par la mère de Rivette, l’autre par celle de Matthias. Elles ont pour but de réunir toute la bande pour dire au revoir à Maxime. Elles deviendront le cadre contraint à une explosion de courants contraires et de combats intimes sans l’avènement desquels l’avenir semble impossible.

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Une partition silencieuse au service des émotions

Il y a, dans le film de Xavier Dolan, la vie quotidienne qui occupe les êtres différemment selon le milieu social auquel ils appartiennent. Brouillonne autant que terriblement responsable chez Maxime, soucieux de sa mère dont les accès de violence disent toutes les frustrations. Réglée et entourée de bienveillance chez Matthias qui avance sans se poser de questions.

On les regarde l’un et l’autre suivre les lignes d’une route qui n’est pas la même. Celle qui est droite pour Matthias vacillera plus que l’autre. Le trouble et sa prise de conscience se jouent, ici, par d’infinis détails qui s’observent dans l’interprétation des deux acteurs (mise en action du corps, arrêt des regards), dans les dérèglements et les déraillements de la mise en scène.

Xavier Dolan use de l’image, du cadrage, des mouvements de caméra, et de la musique comme d’une partition silencieuse mise au service des émotions.

Dans Matthias et Maxime, il use aussi de son art à mettre en mouvement, et sur un rythme tendu, les scènes de groupe qui nous met au centre de la pagaille et de sa montée en puissance. Ainsi que de son talent à verser dans une forme de lyrisme qu’il tient en respect par une extrême pudeur. Il déploie enfin cette faculté qu’il a de savoir si bien se poser sur un visage, un échange intime, un instant de peu qui, entrelacés les uns les autres, dessine des vies faites de rien, de grands tumultes et de sensations.

« Matthias et Maxime », film canadien de Xavier Dolan. Avec Xavier Dolan, Gabriel D’Almeida Freitas, Anne Dorval (1 h 59).

15 juillet 2016

Paul Klee - Exposition au Centre Pompidou (vu hier)

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Paul Klee, (prononcer [paʊ̯l 'kleː]), est un peintre allemand né le 18 décembre 1879 à Münchenbuchsee, près de Berne et mort le 29 juin 1940 dans un hôpital de Locarno dans le canton du Tessin en Suisse.

C'est un des artistes majeurs de la première moitié du xxe siècle, inspirateur d'autres artistes parmi lesquels Zao Wou-Ki pour lequel Claude Roy considère qu'il a été « un médiateur, un recours merveilleux contre deux périls qui menacent alors le jeune artiste. »

Klee connaît ses premiers grands succès en 1917 pendant la Première Guerre mondiale. C'est un peintre et un pédagogue apprécié : dès septembre 1920 il est appelé à enseigner au Bauhaus de Weimar fondé par Walter Gropius en 1919, puis en 1931, à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf d'où il est congédié en 1933 par les nationaux-socialistes qui l'attaquent violemment. Exilé en Suisse à partir de 1934, il demande sa naturalisation, mais il ne l'obtient que quelques jours après sa mort en 1940.

Ses cendres ont été inhumées en 1946 au cimetière Schosshalden de Berne. C'est également à Berne que l'architecte Renzo Piano a édifié le Centre Paul Klee, ouvert depuis le 20 juin 2005, et où l'on trouve une très grande variété des œuvres du peintre, depuis ses dessins jusqu'à ses marionnettes.

Son œuvre, que son fils Félix définit comme « énigmatique », a posé bien des questions aux critiques d'art car elle suit un cheminement peu commun. De constructive qu'elle était au temps du Bauhaus, elle devient graduellement plus intuitive et, selon Antoni Tàpies, plus spirituelle : « Klee est en occident un de ces privilégiés qui ont su donner au monde de l'art la nouvelle orientation spirituelle qui manque aujourd'hui où les religions semblent faire faillite. On pourrait voir en lui le parfait représentant de ce que Mircea Eliade appelle l'unique création du monde moderne occidental. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Klee

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