Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Jours tranquilles à Paris
Publicité
29 mai 2019

Milo Moiré en Islande

Traduction automatique - L'Islande est si belle mais le BlueLagoon ISLAND  EST UN ABSOLU PAS DE GO !!! Même si ça a l'air si beau ne va jamais au lagon bleu. 🚫👎🏼 je vais vous dire pourquoi !
La femme manager m'a dit : "pour moi tu es nu, tu dois te couvrir". sérieusement ? Prends encore un coup d'oeil à la photo, tu vois une femme nue ???? 🤔 lol
Elle a essayé de me forcer à me couvrir ou même à changer mon maillot de bain. Au moins, elle était si désespérée qu'elle a menacé d'appeler la police. 😅🚨Unfortunately pour elle, elle a choisi la mauvaise dame à chicane !!! Je suis milo moiré, la personnification de la liberté et de l'autodétermination chère Madame ! 💛
Chères Dames, s'il vous plaît, restez en confiance, peu importe à quel point certaines personnes essaient de vous traiter. 🤘🏼
Comment une "Grande Entreprise européenne" peut-elle être gérée par une telle vision misogyne du monde ? De plus, il y a beaucoup de soi-disant nageurs-SAUVETEURS PARTOUT ! À mon avis, ils agissent beaucoup plus en tant qu'exécuteur morale alors que les gardiens de la vie. 🧐 par exemple, ils interdisent à un groupe d'asiatiques de parler à voix haute et de se taire. Oh mon Dieu 🤦🏻 ♀️
Tu te sens comme une jolie prison en bleu. Le #Bluelagoon en Islande est prude, hors de prix, totalitaire supervisé par une gestion hostile. Rien pour une femme moderne sexy et confiante ! Cependant, il y a de meilleurs endroits en Islande pour passer votre temps précieux. Bisou, Milo 😘

milo islande22

Photo : @Peterpalm.Ppp (pas de pub) 😉 #bleu

Publicité
19 juin 2016

Action associative La Vallée des Saints

Inaugurée en 2012, la Vallée des Saints, à Carnoët (22) est devenue l'un des hauts lieux touristiques de la Bretagne. Ce projet associatif honore la mémoire collective bretonne à travers de grandes statues en granit à l'effigie de saints bretons. Chaque statue est financée grâce à des mécènes (entreprises ou particuliers). Dix-sept nouvelles oeuvres seront érigées d'ici à la fin de l'année, ce qui portera à 81 le nombre de statues géantes dressées en plein coeur du Poher. « L'enthousiasme pour l'aventure ne se dément pas. Le cap de la centaine sera dépassé en 2018... », indique Philippe Abjean. Une montée en puissance qui s'exprime aussi par une jolie hausse de la fréquentation. « 140.000 personnes environ s'étaient rendues sur le site en 2015. Nous devrions franchir le seuil des 200.000 à la fin décembre 2016 », témoigne le président de la Vallée des Saints.

action-associative-la-vallee-des-saints_2952498_497x330p

27 septembre 2013

FEMEN et Fashion Week

3172315_fas176_713916_01_02Deux féministes des Femen ont perturbé un court instant le défilé Nina Ricci jeudi à Paris, en montant seins nus sur le podium en criant. Alors que le défilé avait commencé depuis quelques minutes, deux militantes féministes ont surgi sur le podium en criant, mais sans pouvoir être comprises des centaines d'invités du show. Elles se sont postées devant les nombreux photographes, seins nus, avec le message écrit au feutre noir sur la poitrine: «Fashion dictaterror» (La mode dictaterreur) et «Model don't go to brothel» (Mannequin, ne va pas au bordel). Des hommes en charge de la sécurité les ont expulsées de la salle au bout de quelques dizaines de secondes. Les mannequins ont, elles, continué à défiler, comme si de rien n'était.

3172315_fas175_713906_01_02

IMG_1257

IMG_1282

8 mai 2019

Vannes Photos Festival - derniers jours

va66

va57

va59

va68

va69

va71

va72

va73

va74

va78

va80

va82

va91

va97

va98

va99

va100

va101

va102

va103

va104

Reportage photographique : jacques Snap

Rendez-vous à Vannes pour cette exposition mêlant mélodies et photographies, vibrations et lumières, et admirer les nombreux photographes qui se sont essayés à capter les instruments, les musiciens, leurs gestes, leurs regards, leur énergie…

Informations pratiques

Vannes Photo Festival

Plus d’informations sur le site du Vannes Photos Festival

21 avril 2019

Matthieu Ricard expose à La Hune

ricard66

ricard67

Le moine bouddhiste présente cinq décennies de photos au 1er étage de la célèbre librairie de Saint-Germain-des-Prés. Paysages d’Asie et vie quotidienne des populations himalayennes se dévoilent sous nos yeux.

Matthieu Ricard a plus d’une corde à son arc. Docteur en génétique cellulaire, moine bouddhiste tibétain, auteur et photographe: son rapport au monde est foisonnant. L’exposition de clichés qu’il présente à la Hune invite à parcourir l’Asie. «Un hymne à la beauté, voilà ce qu’est pour moi la photographie. Au cours de cinquante ans passés dans l’Himalaya, j’ai eu l’immense fortune de vivre auprès de grands maîtres tibétains dont Kanguiour Rinpotché et Dilgo Khyentsé Rinpotché. J’ai été le témoin de leurs qualités exceptionnelles et j’ai pu également découvrir la vie quotidienne des populations himalayennes et les lieux sauvages de ces hautes montagnes. Mon but était de partager avec tous la beauté, la force et la profondeur de leur univers.» déclare Matthieu Ricard en toile de fond.

ricard70

Matthieu Ricard : une sélection du cœur

Une vingtaine de clichés est exposée, principalement des paysages où l’être humain est présent mais souvent en miniature comme pour souligner la grandeur de la nature face à l’homme. «Il y a des photos récentes et d’autres qui datent d’une trentaine d’années» raconte Alexandre de Metz, directeur du lieu. «On a sorti avec Matthieu Ricard une sélection du cœur. Le choix a été à la fois difficile et évident. Difficile de ne prendre qu’une vingtaine de clichés parmi les milliers qu’il détient mais évident à partir du moment où l’on a décidé de retracer les 50 dernières années de la vie du moine.»

Chaque cliché est tiré à 8 exemplaires. Petits formats (32,9x48,3) et grands tirages (59,4x84,1) se répartissent au 1er étage de la librairie. La taille des tirages respecte une certaine intimité et les époques de la vie du photographe. Chaque photo a été réalisée sur du papier japonais Awagami bizan blanc (sorte de papier parchemin) qui existe depuis 1300 ans au Japon. Un seul labo-photo en France, situé en Bretagne, propose ce type de tirage. Ce papier absorbe les couleurs et la forme accentue le message de bienveillance et de sagesse.

«Je collabore avec Matthieu depuis une dizaine d’années» confie encore Alexandre de Metz. «Je trouve qu’il ressort de ces photos une grande sérénité et une réelle contemplation. Les textes liés aux photos font résonnance au décor.» Depuis 20 ans, le moine bouddhiste reverse l’intégralité de ses revenus à la Fondation Matthieu Ricard et Karuna-Shechen qui accompagne les populations asiatiques dans les domaines de l’éducation, la santé, l’environnement, le social. La vente des clichés reviendra donc à cette association.

ricard71

ricard72

«Un demi-siècle dans l’Himalaya» à La Hune. 16-18, rue de l’Abbaye (VIe). Jusqu’en juin 2019, du lundi au jeudi de 10h30 à 19h30, vendredi et samedi de 10h30 à 20h, le dimanche de 11h30 à 19h30. Entrée libre. Tirages à partir de 3000€.

Publicité
20 avril 2019

VIKTORIA MODESTA, ARTISTE FUTURISTE UNIJAMBISTE, EST LA NOUVELLE GUEST DU CRAZY HORSE

k22

La jeune femme évoluera seule et entourée des danseuses du Crazy du 3 au 6 juin prochain. [JoraFrantzis@BionicShowgirl]

Après Dita von Teese, Conchita Wurst, Clotilde Courau, Pamela Anderson et plus récemment Chantal Thomass, le Crazy Horse invite Viktoria Modesta à s’approprier l’univers du célèbre cabaret parisien pour une série de dates en juin.

La chanteuse, compositrice, performeuse et mannequin britannique unijambiste sera la nouvelle muse du Crazy Horse, du 3 au 16 juin prochain. La trentenaire à l’univers futuriste et innovant, qui a 20 ans a choisi, après plusieurs opérations de la jambe, de subir une amputation sous le genou pour préserver sa santé, y présentera pour 29 représentations son Bionic Showgirl. 

Un spectacle qui sublime la différence pour en faire une force, porté par une icône inspirante. Loin des stéréotypes sur le handicap, Viktoria Modesta transforme son corps en œuvre d’art, affichant des prothèses high-tech incroyables.

Un courage et une créativité qui ont séduit la directrice du Crazy Horse, Andrée Deissenberg. «J’ai été fascinée par l’incroyable volonté et l’univers créatif de Viktoria. La manière dont elle a pris en main son destin et transformé sa vie en performance artistique globale est épatante» souligne-t-elle.

Avec cette nouvelle création, Viktoria Modesta et le Crazy Horse donneront à voir une approche de la femme et de la féminité résolument modernes. Celle d’une femme maître de son destin, qu’elle avait déjà défendue dans son clip viral «Prototype», sorti fin 2014. 

23 novembre 2013

Myrtille expose au Musée de l'Erotisme

unnamed

Myrtille mi-mique,mi-femme, mi-cartoon, métisse de Joséphine Baker et de Benny Hill, pleine d'énergie, attachante, plouc et sexy, cette bille de clown sur un corps de rêve, cet avatar d'elle-même, cette créature virtu-elle avec des défauts, cette drôle de fille...ben c'est Myrtille !

http://myrtille.chartuss.free.fr/

Exposition jusqu'au 4 mai 2014. Musée de l'Erotisme - Paris.

13 avril 2019

JR colle à La Havane un enfant géant qui regarde les toits de la ville

jr54

jr55

Deux semaines après son trompe-l'oeil monumental autour de la Pyramide du Louvre, l'artiste français JR frappe encore : pour la Biennale de La Havane qui ouvre ce vendredi 12 avril, il expose la photo géante d'un enfant cubain épiant les toits de la ville. Et il a prévu de revenir à Cuba pour réaliser une grande fresque avec les habitants de l'île.

Dans un entretien à l'AFP, JR, star mondiale du collage photographique, revendique "une relation directe à l'oeuvre et sans chichis" et raconte ce projet d'habiller un mur du quartier chinois de La Havane, à l'invitation de l'Italien Lorenzo Fiaschi, directeur de la galerie Continua.

L'idée de cette oeuvre - la photo d'un petit garçon pieds nus, collée à l'horizontale avec la tête qui dépasse pour regarder au-delà - lui est venue "très simplement", assure l'artiste de 36 ans aux lunettes noires, coiffé de son éternel chapeau.

Car derrière ce mur jaune incliné, ce sont les toits décrépits du centre de la capitale cubaine qu'on aperçoit. Donc il fallait forcément une photographie de "quelqu'un qui regarde". "Il y avait cet enfant qui était sur le balcon (d'une maison voisine), et qui regardait. On l'a appelé, en lui demandant 'Tu descends ?'. On lui a dit 'fais comme si tu étais sur le mur', il s'est mis sur la pointe des pieds et on a fait la photo comme ça."

A Cuba, pas de publicités sur les murs

Ce petit garçon, d'à peine 10 ans, est venu voir cette semaine le résultat final. Se découvrir en géant, "ça l'a fait rigoler, mais sans être tout excité... sa mère avait un téléphone et elle n'a pas pris une photo", note JR.

"La France, les Etats-Unis sont des pays où on a été habitués à l'autoproclamation de soi par l'image, par les selfies, par des célébrités en grandeur nature." Mais rien de tout cela dans l'île, sous gouvernement communiste depuis 1959. "Quand on n'a pas grandi avec ça, l'impact est complètement différent."

A Cuba, la notion d'espace public a une connotation particulière : pas de publicités sur les murs, mais des messages de défense de la révolution menée par Fidel Castro en 1959, ou des portraits de ses compagnons de combat, Ernesto "Che" Guevara et Camilo Cienfuegos.

L'artiste français dit y trouver un certain repos. "Quand je rentre à Paris ou à New York, on est tellement abreuvés de publicités partout. Ici notre esprit est laissé à penser, à rêver."

Pour les Cubains, voir leurs murs ainsi rhabillés par de l'art contemporain, c'est encore assez nouveau.

En 2012, déjà à La Havane, JR avait collé des portraits de personnes âgées

"Quand j'étais venu faire un projet ici pour la Biennale de 2012, j'avais mis des portraits de personnes âgées sur 15 ou 20 murs dans la ville", se souvient JR. "C'était la première fois que d'autres portraits que ceux du Che, de Fidel ou Camilo étaient agrandis sur les murs et donc c'était fascinant parce que les gens demandaient : 'Je ne reconnais pas qui c'est, Fidel ou Che ?' Je leur disais : 'Ben non c'est José, il habite à l'angle ici.'"

Une manière pour JR de continuer à jouer sur son terrain préféré : la rue. En 2008, il avait habillé les murs d'une favela de Rio de Janeiro avec des portraits de femmes.

"Coller dans les rues, ça permet d'avoir une relation directe avec les habitants, mais aussi d'avoir une conversation autour de l'art en dehors de tout cadre, tout musée, toute structure."

A La Havane, son oeuvre appelle à "continuer au-delà du mur, à dépasser le mur" tout comme dépasse la tête du petit garçon. "Et cette image, quand on la retourne, c'est la ville qui est de côté et l'enfant se penche pour regarder toutes les strates." Combien de temps durera-t-elle ? "Tout dépend du soleil et de la pluie." Mais "moi, c'est toujours éphémère".

Un projet de grande fresque avec les Cubains

Le collage de JR à la Pyramide du Louvre n'aura ainsi survécu que quelques heures, suscitant de nombreuses réactions en France. "C'était voulu : on a laissé 50.000 personnes marcher dessus pour récupérer les bouts, ça fait partie de l'oeuvre. Quand est-ce que dans votre vie vous aurez la chance d'aller marcher sur l'oeuvre d'un artiste et la déchirer ?"

Son histoire avec Cuba ne s'arrête pas là : JR prépare une grande fresque d'habitants de l'île, à l'image de son travail sur ceux de Montfermeil (en banlieue parisienne), exposé au Palais de Tokyo à Paris, et de San Francisco, présenté au SFMoma (Musée d'art moderne de San Francisco) le mois prochain.

"C'est un travail titanesque, ça prend deux ans donc je vais revenir travailler en profondeur à travers le pays. Ce serait pour le musée des Beaux-Arts de La Havane, l'idée c'est une fresque où l'on pourra aussi écouter les histoires de chaque personne."

1 août 2016

In memorem : Yves Saint Laurent

Yves Mathieu-Saint-Laurent, dit Yves Saint Laurent, né le 1er août 1936 à Oran en Algérie et mort le 1er juin 2008 à Paris en France, est un grand couturier français, l'un des plus célèbres au monde et dont les collections de haute couture font partie de l'histoire du xxe siècle.

YSL aurait eu 80 ans aujourd'hui

snip_20160801170344

Yves Saint Laurent photographié par Jean Loup Sieff

2 avril 2019

ALGERIE - ça se précipite....

alger

ALERTE-Algérie: L’armée réclame le départ « immédiat » du président Bouteflika

Le chef d’état-major de l’armée algérienne, le général Gaïd Salah, a présidé aujourd’hui une réunion au ministère de la Défense. Réunion à l’issue de laquelle l’armée juge «irrévocable» la destitution d'Abdelaziz Bouteflika.

Dans un communiqué du ministère de la Défense relayé par l’agence TSA, le chef d’état-major dit que l’armée soutiendra le peuple jusqu’à la satisfaction de ses revendications » car, souligne-t-il, « le peuple est la seule et unique source du pouvoir ».

=======================

Algérie : le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a remis sa démission

Le président de la République a notifié officiellement au président du Conseil constitutionnel sa décision de mettre fin à son mandat en qualité de président de la République, a appris l'agence de presse algérienne auprès de la présidence de la République.

Il n'a pas attendu le 28 avril. Le président de la République algérienne Abdelaziz Bouteflika a notifié officiellement au président du Conseil constitutionnel sa décision de mettre fin à son mandat en qualité de président de la République, a appris l'agence de presse algérienne auprès de la présidence de la République.

4 avril 2019

Carlos Ghosn de nouveau arrêté pour abus de confiance aggravé

carlos333

Par Philippe Mesmer, Tokyo, correspondance - Le Monde

Cette quatrième arrestation intervient alors que l’ex-magnat de l’automobile avait été libéré sous caution, il y a à peine un mois, après plus de 100 jours passés en détention.

Carlos Ghosn a été arrêté pour la quatrième fois. D’après la chaîne publique japonaise NHK et la plupart des médias japonais, les procureurs se sont présentés peu avant 6 heures du matin jeudi 4 avril (mercredi, 23 heures à Paris) à l’appartement que l’ancien dirigeant de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi occupe depuis sa libération sous caution le 6 mars, dans l’arrondissement de Shibuya, à Tokyo.

Ils lui auraient notifié son arrestation pour abus de confiance aggravé avant de l’emmener au parquet. Selon des sources citées notamment par l’agence Kyodo, M. Ghosn aurait détourné à son profit personnel une partie des 3,5 milliards de yens (28 millions d’euros) versés à Suhail Bahwan Automobiles, concessionnaire exclusif depuis 2004 de Renault et Nissan à Oman, officiellement afin de couvrir des « primes de performance ».

Or l’argent ne viendrait pas des comptes de Nissan. Il proviendrait d’une enveloppe mise à la disposition de M. Ghosn par le constructeur nippon et baptisée la « réserve du PDG ». Selon des sources proches de l’enquête, une partie de ces montants aurait transité via un fonds d’investissements libanais, Good Faith Investments, dont l’un des actionnaires serait un ami d’enfance de M. Ghosn et qui serait géré par un dirigeant du concessionnaire omani. L’argent détourné aurait alimenté le compte d’une société dont Carole Ghosn, l’épouse de l’ex-dirigeant de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, était représentante.

Cet argent aurait servi, entre autres, à l’acquisition d’un yacht de luxe utilisé par la famille Ghosn. Il aurait également permis de financer Shogun, une start-up basée à San Francisco et créée par Anthony Ghosn, le fils de l’ancien patron de Nissan. Shogun a nié ces allégations.

Une arrestation « révoltante et arbitraire », déplore Carlos Ghosn

Dans un communiqué, Carlos Ghosn a qualifié sa nouvelle arrestation de « révoltante et arbitraire ». Il y voit « une nouvelle manœuvre de certains individus chez Nissan qui vise à m’empêcher de me défendre en manipulant les procureurs ». « Je suis innocent de toutes les accusations infondées portées contre moi et des faits qui me sont reprochés » écrit-il, ajoutant :

« Je reste persuadé que si ma demande d’être jugé équitablement est respectée, je serai innocenté. »

La défense de l’ancien dirigeant affirme de son côté que l’argent en question a été versé à la demande des subordonnés de M. Ghosn chez Nissan. Ils lui auraient dit qu’il s’agissait de rémunérer le concessionnaire pour ses années d’activité. Toujours selon les avocats, l’acquisition du yacht n’a rien à voir avec Nissan.

La nouvelle arrestation survient alors que M. Ghosn avait annoncé mercredi 3 avril sur un compte Twitter nouvellement créé la tenue d’une conférence de presse le 11 avril, pour « dire la vérité sur ce qui se passe ». Une initiative qui a pu surprendre, Carlos Ghosn n’ayant pas le droit d’accéder à Internet selon les termes de sa libération sous caution. « Il va bien et réfléchit soigneusement à la déclaration qu’il veut faire, cela surviendra dans un futur proche », affirmait mardi 2 avril à la presse son avocat, Junichiro Hironaka. « Parce que sa portée sera significative, il prend le temps de bien préparer » cette intervention devant les médias.

Carlos Ghosn a été arrêté une première fois le 19 novembre 2018 pour avoir minoré ses déclarations de revenus aux autorités financières japonaises entre 2010 et 2015. Il l’a été une seconde fois le 10 décembre pour des faits similaires entre 2015 et 2018, puis une troisième le 21 décembre pour abus de confiance aggravé. Le parquet l’a mis en examen pour l’ensemble de ces charges. Après 108 jours de garde à vue et de détention provisoire, il a bénéficié d’une libération contre le versement d’une caution d’un milliard de yens (7,9 millions d’euros), dans l’attente d’un procès qui ne devrait pas intervenir avant plusieurs mois.

10 avril 2014

Vernissage ce soir à la Galerie Daniel Templon - Pierre et Gilles (photographes)

1795765_3930642481722_1364455921_n

Nous avons le plaisir de vous inviter au vernissage de l'exposition de

PIERRE & GILLES
Héros

le jeudi 10 avril 2014 de 17h à 20h30
en présence des artistes

Exposition du 11 avril au 31 mai 2014
du mardi au samedi de 10h à 19h

GALERIE DANIEL TEMPLON
30 rue Beaubourg
75003 Paris
(au fond de la cour)
01 42 72 14 10
www.danieltemplon.com

heros

30 mars 2019

Coco Capitan à la MEP

MEP 29 mars 2019 A (1)

MEP 29 mars 2019 A (2)

MEP 29 mars 2019 A (3)

MEP 29 mars 2019 A (4)

MEP 29 mars 2019 A (5)

A seulement 26 ans, l'artiste et photographe espagnole Coco Capitân a déjà rencontré un grand succès. Travaillant activement au niveau international, elle a collaboré avec de nombreuses marques de mode, publié des livres et exposé ses œuvres dans plusieurs pays. Avec près de 150 œuvres, « Busy Living », première exposition de Coco Capitan dans une institution européenne, révèle une artiste prolifique et pluridisciplinaire. Son œuvre ne se constitue pas seulement de photographies, mais également de peintures, vidéos, performances, installations ou encore de textes aux messages inspirants sous forme de slogans et d'aphorismes irrévérencieux, calligraphiés de son écriture enfantine.

06.03-26.05.2019 • Galerie+3 à la MEP

MEP 29 mars 2019 A (6)

MEP 29 mars 2019 A (7)

MEP 29 mars 2019 A (68)

MEP 29 mars 2019 A (69)

MEP 29 mars 2019 A (70)

MEP 29 mars 2019 A (71)

MEP 29 mars 2019 A (72)

MEP 29 mars 2019 A (73)

MEP 29 mars 2019 A (74)

MEP 29 mars 2019 A (75)

MEP 29 mars 2019 A (76)

MEP 29 mars 2019 A (77)

MEP 29 mars 2019 A (78)

MEP 29 mars 2019 A (79)

MEP 29 mars 2019 A (80)

Réinventer le rapport au corps à travers la photographie... Voilà ce que propose l'artiste Coco Capitán à la MEP, la Maison Européenne de la Photographie, avec une exposition intitulée Busy Living du 6 mars au 26 mai 2019. Une artiste photographe très tôt engagée dans l'univers de la mode, et qui a la particularité de saisir "des modèles dans des poses incongrues". Une manière de réinventer "le rapport au corps dans l'imagerie de la mode, avec son regard singulier et décalé".

Au total, pour cette exposition, près de 150 oeuvres sont ainsi présentées aux visiteurs, comprenant des photographies, mais également des peintures et autres textes inédits autour de ces corps exprimant la mode et l'art sous un regard des plus surprenants. Et une exposition qui tente de révéler "la sensibilité instinctive de l'artiste" concernant les problématiques sociales contemporaines.

Coco Capitán met également en avant les liens entre réalité et perception, entre beauté et subversion pour des compositions interrogeant toujours le visiteur. Un parcours qui se veut chromatique, où plusieurs séries de clichés se croisent avant de présenter sa série autour du corps dans l'imagerie de la mode, proposant ainsi une réflexion sur ses conventions habituelles. L'exposition se termine avec une série de clichés toujours autour du corps, mais cette fois-ci montrant l'équipe olympique espagnole de natation synchronisée et mettant en exergue les efforts physiques intenses d'athlètes après leur entrainement. Bref, l'occasion de découvrir une artiste haute en couleurs ! 

mep33

27 mars 2019

Le Parlement européen se prononce pour la fin du changement d’heure

heure

Par Cécile Ducourtieux, Bruxelles, bureau européen, Jean-Baptiste Chastand

Le changement d’heure n’est pas définitivement enterré pour autant, car au Conseil de l’UE, tous les gouvernements ne partagent pas l’enthousiasme des citoyens consultés.

Un pas de plus vers la fin du changement d’heure dans l’Union européenne (UE) ? Mardi 26 mars, le Parlement européen, qui poussait la Commission européenne à agir depuis début 2018, s’est largement prononcé en faveur d’une proposition de directive de l’institution recommandant la suppression du changement d’heure saisonnier.

Il s’agit d’amender une directive de l’an 2000, qui harmonise les choix des Etats membres, tous étant censés appliquer deux fois par an les changements d’heure saisonniers, avec la même périodicité, à la même heure et le même jour.

L’hémicycle strasbourgeois s’est cependant montré moins ambitieux que la Commission – ou plus réaliste. Quand il a rendu publique sa proposition, en septembre 2018, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, recommandait une suppression du changement d’heure saisonnier dès fin 2019. Les Etats souhaitant rester sur l’heure d’été devaient pouvoir bloquer leurs horloges dès fin octobre 2019, les autres, la décaler encore d’une heure, pour se fixer définitivement sur l’heure d’hiver.

Mardi, les eurodéputés ont préféré donner deux ans de plus aux pays : ceux désirant rester toute l’année sur l’heure d’été pourront n’y passer définitivement qu’en mars 2021. Les adeptes de l’heure d’hiver s’y fixeront une bonne fois pour toutes fin octobre 2021.

Plus de 4 millions de réponses

Le sujet passionne partout dans l’UE, y compris en France, comme en témoigne la récente consultation lancée par l’Assemblée nationale. Début mars, elle a recueilli plus de deux millions de réponses, 80 % des personnes ayant participé souhaitant mettre fin au changement d’heure, et une majorité optant pour l’heure d’été.

La consultation lancée par la Commission européenne, au cœur de l’été dernier, avait, elle aussi, suscité un intérêt inédit : plus de 4 millions de réponses, l’écrasante majorité des participants se prononçant contre le changement d’heure.

Cette alternance saisonnière était justifiée, lors de sa généralisation en Europe à la suite du choc pétrolier de 1973, par les économies d’énergie qu’elle était censée générer. Mais, comme le soulignait la Commission dans son questionnaire estival, aucune étude scientifique à grande échelle, ces dernières années, n’a prouvé que le changement d’heure était réellement néfaste ou vraiment utile, pour la santé, les économies d’énergie ou la sécurité routière.

Attention : le vote du Parlement n’enterre pas définitivement le changement d’heure. Car au Conseil de l’UE (les Etats membres), tous les gouvernements ne partagent pas l’enthousiasme de leurs opinions publiques. Si la Finlande, les pays baltes, la Belgique ou l’Allemagne ont clairement pris position pour la fin de l’alternance, avec une fixation sur l’heure d’été, le Portugal ou la Grèce refusent la fin des changements saisonniers. Et la France, comme pas mal d’autres, n’a tout simplement pas tranché.

Risque de cacophonie

Au-delà de ces divergences, les pays ont tous conscience qu’à choisir chacun son heure sans se préoccuper du choix des voisins, à préférer les options nationales à une harmonisation européenne, ils pourraient sérieusement compliquer la vie de leurs citoyens et de leurs entreprises. Comment gérer la continuité des transports aériens ou ferroviaires, si la France optait pour l’heure d’hiver, tout comme les Pays-Bas, mais pas la Belgique ?

Lors de leur dernier conseil bruxellois, en décembre, les ministres du transport des Vingt-Huit ont donc jugé plus sage de prendre le temps de la réflexion. Et la Roumanie, chargée de la présidence tournante de l’UE, n’a pour l’heure reprogrammé aucun débat sur le sujet d’ici fin juin.

Les élus sont conscients de ce risque de cacophonie : les socialistes et radicaux français ont ainsi préféré voter contre le projet de directive, mardi, pour éviter la « désharmonisation européenne, les effets collatéraux n’ont pas été mesurés », selon la conseillère régionale d’Occitanie, Virginie Rozière (Radicaux de gauche).

L’eurodéputé Les Républicains Renaud Muselier a lui aussi voté contre cette « usine à gaz ». A moins que la fin du changement d’heure saisonnier ne s’accompagne de mesures cohérentes : « Le rapport du Parlement européen laisse la mainmise aux Etats de choisir, indépendamment de leurs voisins, l’horaire sur lequel ils souhaitent s’aligner à partir de 2021. L’Europe connaît trois fuseaux horaires. Comme aux Etats-Unis ou en Russie, je demande à ce que tous les Etats membres du même fuseau horaire s’alignent sur le même changement horaire. »

20 mars 2019

Enquête - En Italie, la disgrâce des Benetton

siege debenetton

Par Aureliano Tonet, Margherita Nasi

Connue pour son activité prêt-à-porter, la famille vénitienne est aussi à la tête d’un empire tentaculaire. Le 14 août 2018, le pont Morandi s’effondrait à Gênes, tuant 43 personnes. Et brisait l’image publique du groupe, propriétaire de la société de gestion du viaduc, qui tente aujourd’hui de se redresser.

On ne badine pas avec la tradition chez les Benetton. Tous les 15 août, depuis vingt ans, la famille convie une centaine de proches à Cortina d’Ampezzo, la « Gstaad italienne », à cent cinquante kilomètres au nord de Venise. En cette journée de l’été 2018, une odeur de poisson grillé émane de la villa de Giuliana Benetton. Le thermomètre affiche 18 degrés, le ciel est dégagé, le déjeuner raffiné – bar et risotto.

L’hôte veille à ce qu’aucune fausse note n’entache le pince-fesses : c’est le premier Ferragosto, comme on appelle ici l’Assomption, depuis que Luciano, l’aîné de la fratrie, a repris les rênes du groupe familial, fin 2017.

Le premier, surtout, sans Fioravante ni Carlo. Fioravante, mari de Giuliana, a été foudroyé par une crise cardiaque en février à l’âge de 86 ans. Quant à Carlo, le benjamin des Benetton, un cancer l’a emporté un mois avant la réception, à 74 ans.

bene22

« UNITED KILLERS OF BENETTON », PEUT-ON LIRE SUR LES MURS DE GÊNES APRÈS L’EFFONDREMENT DU PONT MORANDI.

Malgré la leucémie qui le ronge, Gilberto, troisième de la lignée, est bien là. Plus encore que Luciano et Giuliana, il aspire à un peu de légèreté. La veille, tous trois se sont fait porter pâle à la fête organisée par sa fille, Sabrina, sur les bords du lac Ghedina. Pendant que les invités trinquent, chantent et dansent sur les tables, Gilberto est retenu par son autre enfant : Edizione, la holding familiale, dont il est le vice-président.

En ce maudit 14 août, peu avant midi, le pont Morandi s’est effondré à Gênes, tuant quarante-trois personnes. Effarés, les Italiens découvrent que les pull-overs Benetton dissimulent l’un des empires financiers les plus tentaculaires d’Europe, actif dans l’habillement et le bâtiment, la culture et l’agriculture, le sport et les transports. Et que parmi les sociétés détenues par Edizione figure Atlantia, chargée de la gestion du funeste viaduc.

Cible des populistes au pouvoir

« United Killers of Benetton », lit-on aussitôt sur les murs de la cité ligure. La fratrie est fustigée jusque dans la perle des Dolomites, où la presse traque ses moindres faits et gestes.

Ses raouts aoûtiens, décrits par le menu, sont décriés à tout-va. Giuliana, 81 ans, se fait insulter devant les luxueuses vitrines du Corso Italia, rapporte La Repubblica. Au Café royal, à l’heure de l’apéro, on ne fait qu’une bouchée des Benetton : « Ils ne sont pas allés à l’enterrement, ils n’ont même pas eu le courage de se faire huer », tance la clientèle.

Le gouvernement a la dent tout aussi dure. Matteo Salvini, le très droitier ministre de l’intérieur, se délecte de la chute de ces entrepreneurs dont les publicités chantent les vertus de l’immigration : « Du haut de leur portefeuille plein et de leur cœur vide, qu’ils demandent pardon », tweete-t-il. « Ils se partagent les bénéfices et les ponts s’écroulent », surenchérit l’autre vice-premier ministre, Luigi Di Maio.

« MON PÈRE A PHOTOGRAPHIÉ LE CADAVRE DE MUSSOLINI, PENDU SUR UNE PLACE À MILAN ; QUI SAIT COMMENT JE PHOTOGRAPHIERAI SALVINI ? QUANT À DI MAIO, LE PAUVRE, IL A LE CERVEAU D’UNE POULE. » OLIVIERO TOSCANI, DIRECTEUR ARTISTIQUE DE BENETTON

En pleine canicule, la péninsule est prise de fièvre numérique, et les statistiques d’Edizione embrasent les réseaux : 67 000 employés, 112 propriétés immobilières, 50,1 % des parts du populaire groupe de restauration Autogrill… On découvre que 5 % seulement des 12,3 milliards d’euros d’actifs du groupe concernent l’activité textile alors que les infrastructures de transports pèsent pour la moitié.

On s’indigne, avec plus d’ardeur encore, des comptes de la filiale d’Atlantia, Autostrade per l’Italia. Cette poule aux œufs d’or a dégagé 624 millions d’euros de bénéfice net en 2016 – notamment grâce à l’augmentation des prix aux péages. Au tournant des années 2000, la privatisation des autoroutes s’est traduite par une course au profit et une baisse des investissements d’entretien : « Ce paradoxe a mis le feu aux poudres, résume le journaliste Fabrizio Gatti. La justice est en train de vérifier si cela a aussi été le cas pour le pont Morandi. »

« Pratiques cyniques »

Avec la chute du viaduc remontent de vieux scandales. Sur les timelines, les réclames les plus controversées refont surface : malades du sida, anorexiques, mutilés de guerre, condamnés à mort… Tous siglés Benetton.

Le Corriere della Sera n’avait-il pas jadis accusé la multinationale d’exploiter des enfants turcs ? « Ce qui m’a le plus choqué, c’est la contradiction entre leurs publicités moralisatrices et leurs pratiques cyniques », pointe Riccardo Orizio. En 1998, le journaliste avait rencontré plusieurs ouvriers mineurs dans un atelier de la périphérie d’Istanbul : ils confectionnaient, assure-t-il, des habits pour le groupe. Au lendemain de la publication du reportage, Benetton avait suspendu toute relation avec son sous-traitant.

Le même logo avait été retrouvé sous les décombres du Rana Plaza, en 2013, au Bangladesh. « Mille cent trente-quatre ouvriers du textile ont péri dans ce drame. L’entreprise a d’abord nié son implication. Puis s’est rendue à l’évidence, après la publication de photos de l’AFP. Benetton est toujours présent au Bangladesh, ainsi qu’en Europe de l’Est, où les conditions des travailleurs sont particulièrement précaires », déplore Deborah Lucchetti, porte-parole du réseau Campagna Abiti Puliti, qui alerte sur les errements de l’industrie textile.

Et c’est bien sûr les 900 000 hectares des Benetton, en Patagonie, que protestent les Indiens Mapuche : banal achat de terres plaide la famille, pure expropriation martèlent les seconds. « Le groupe produit de la laine, élève des bœufs, cultive du soja. Les affrontements avec les indigènes sont violents. En 2017, à la suite d’une opération menée par la gendarmerie argentine, un militant âgé de 28 ans, Santiago Maldonado, a disparu. Son corps a été retrouvé dans un fleuve quelques mois plus tard », s’emporte la journaliste Monica Zornetta, qui prépare un ouvrage sur les Benetton.

Après le cataclysme génois, comme après chaque scandale, la famille s’en remet à son mutisme atavique. Même Luciano, son visage public, rentre dans le rang. Il y a vingt ans, il posait fièrement, boucles blanches et binocles ovales, devant des moutons multicolores ; devenu, à 83 ans, le bouc émissaire de tout un pays, il n’émet pas le moindre bêlement. « Chez nous, le silence est un signe de respect, se justifiera finalement Gilberto Benetton, le 6 septembre, dans le Corriere della Sera. Edizione a parlé moins de quarante-huit heures après la tragédie, certes à voix basse, mais la discrétion fait partie de notre culture. »

luciano benetton

Les seigneurs de Trévise

Depuis 1982, le photographe Oliviero Toscani façonne l’image du groupe. Lorsqu’on le rencontre dans son antre, Fabrica – le « laboratoire visuel » de Benetton, à Trévise –, sa défense lui ressemble : tapageuse et belliqueuse.

Un communicant lambda se serait retranché derrière les enquêtes de Fashion Revolution, une initiative née en réaction à la catastrophe du Rana Plaza, qui évalue les 150 plus grandes entreprises textiles selon la transparence de leurs pratiques sociales et environnementales : Benetton arrive à la 37e place du classement 2018, et même dans le trio de tête italien.

Toscani préfère les estocades : « Gilberto n’aurait jamais dû donner d’interview, fulmine le directeur de Fabrica. Les Benetton n’ont rien à se reprocher, si ce n’est d’être des gens riches, qui prônent l’ouverture et clament que l’immigration est une chance. Pour ce gouvernement, c’est insupportable. Mon père a photographié le cadavre de Mussolini, pendu sur une place à Milan ; qui sait comment je photographierai Salvini ? J’aime me foutre de sa gueule. Quant à Di Maio, le pauvre, il a le cerveau d’une poule. »

Jadis, les coupures de presse étaient nettement moins blessantes pour les Benetton. Dans leurs terres vénitiennes, c’est encore majoritairement le cas. « Il existe un fort consensus social autour de cette famille, analyse Monica Zornetta. Longtemps très pauvre, avant de bénéficier à plein du boom de l’après-guerre, la région voue un culte à l’entrepreneuriat. »

Le 26 octobre 2018, les rues de Trévise sont silencieuses, les cloches du Duomo entonnent une litanie lugubre. Le viaduc Morandi a fait une victime collatérale, murmure-t-on dans la foule réunie pour les funérailles de Gilberto Benetton, 77 ans. « Il était déjà malade, mais le scandale du pont l’a achevé », glisse Marco Tamaro, président de la Fondation Benetton.

D’anciens joueurs du club de basket local, Benetton Trévise, portent le cercueil. Autour de la sépulture, de vieux amis rendent un dernier hommage : Flavio Briatore, ex-directeur de l’écurie de Formule 1 Benetton-Renault, Marco Tronchetti Provera, patron de Pirelli, ou Luca Zaia, président de la Vénétie. Trois mois plus tôt, c’est Carlo, le benjamin, qu’on pleurait ; la dépouille était soulevée par les rugbymen du club familial.

« De retour au bureau, en novembre, nous étions abattus, s’émeut Marco Tamaro. “Il signore Luciano” nous a sortis du chagrin. » Les Benetton restent ceux qui ont rendu à cette ville de 80 000 habitants, sévèrement détruite pendant la seconde guerre mondiale, une partie de sa fierté. Par le travail, offert à des milliers de Trévisans. Par les trophées sportifs, glanés dans une demi-douzaine de disciplines, des sacres de Michael Schumacher à ceux des joueurs du Sisley Volley. Par la pierre, encore : ils dotent l’agglomération d’usines futuristes, d’une crèche modèle et d’infrastructures sportives colossales, transforment d’anciennes églises, tribunaux et prisons en musées ou en salles de concerts…

Une fratrie partie de rien

Par l’exemple, surtout : dans cette région laborieuse, au tissu industriel dense, la fratrie incarne avec superbe le mythe de la réussite. Modeste réparateur de vélo, le père, Leone, s’en va coloniser l’Ethiopie ; il en revient avec la malaria, ruiné. A a mort, en 1945, Luciano n’a que 10 ans. Il quitte l’école pour travailler dans une boutique de vêtements. Sa petite sœur, Giuliana, rejoint une bonneterie.

Pendant leur temps libre, elle tricote ; lui enfourche son vélo et fait du porte-à-porte pour vendre ses créations. Solidaires, ils lancent une première marque, Très Jolie, en 1955, qui deviendra Benetton dix ans plus tard. Luciano préside, innove, représente ; Giuliana s’occupe du design et des matériaux ; Gilberto veille sur les finances, Carlo sur la production. La marque décolle, et colle avec l’époque : seventies, eighties, l’heure est à la couleur.

Jusque dans les usines. Les blouses que portent les ouvriers sont toutes vertes – « comme notre sang », plaisantent les employés. C’est l’étendard de Luciano. Un vert pétant, qui lui donne des airs d’extraterrestre. Il faut être un peu martien, du reste, pour imprégner de tons aussi vifs ses produits. Sa botte secrète ? Teindre la laine après le tissage, et non avant, comme le fait alors la concurrence : le procédé permet de baisser les coûts, tout en élargissant la gamme chromatique.

APRÈS LE 11-SEPTEMBRE, « ON NE POUVAIT PLUS PLAISANTER, IL A FALLU CHANGER NOTRE NARRATION. DANS LA MODE, COMME DANS LA POLITIQUE, ON EST PASSÉ D’UN MONDE EN COULEURS À UN MONDE EN NOIR ET BLANC ». LUCIANO BENETTON

« Les pulls de Très Jolie sautaient aux yeux, comme des Ferrari dans un parking rempli de Fiat », dira Piero Marchiorello, qui ouvre le premier point de vente de la marque, en 1964. L’idée est venue à Luciano quatre ans plus tôt, lors des Jeux olympiques de Rome. « J’avais 25 ans, se souvient-il, j’ai été foudroyé par les couleurs des combinaisons des athlètes. »

Les principales innovations du baron bariolé seront toutes marquées d’une même verdeur d’esprit. La suppression des comptoirs dans les magasins, d’abord, pour laisser la clientèle se servir librement – pratique hier révolutionnaire, aujourd’hui banalisée. Des publicités effrontément cosmopolites, ensuite, à l’image du fameux slogan « United Colors of Benetton », troussé par Oliviero Toscani en 1985.

Et, au fil du temps, cette improbable diversification, dans une farandole de secteurs. Rien ne semble effrayer le géant vert : financer quinze ans durant une écurie de formule 1 motorisée notamment par Renault, au pays de Ferrari ; soutenir à pleines lires le rugby, quand les Italiens ne jurent que par le calcio ; confier à un sinologue sinueux, Marco Müller, les clés de Fabrica Cinema, la défunte société de production du groupe… Proche des écologistes, Luciano pique même une tête au Sénat, de 1992 à 1994.

luciano23

Couvrir la haine avec de la laine

Mais, avec le changement de siècle, l’audace laisse place à la cautèle. En 2001, Benetton se range des formules 1 ; un an auparavant, le départ de Toscani coïncide avec une énième controverse – la campagne dans les couloirs de la mort américains.

Dès qu’il en a l’occasion, Luciano Benetton revient sur le choc qu’ont représenté, pour lui, les attentats du 11 septembre 2001. « On ne pouvait plus plaisanter, il a fallu changer notre narration, dit-il. Dans la mode, comme dans la politique, on est passé d’un monde en couleurs à un monde en noir et blanc. »

Ce millénaire binaire, tout d’opprobre et d’instantanéité, très peu pour lui, grazie. Sur les façades des usines de Trévise, Luciano a tenu à ce que l’une de ses campagnes favorites, « Unhate », occupe une place de choix. On y voit des personnalités a priori opposées s’embrasser goulûment : Benoît XVI et l’imam Ahmed Al-Tayeb, Barack Obama et Hu Jintao… « Vulgaire et pathétique », décrète Oliviero Toscani en 2011. Il n’empêche, son alien de patron a mis beaucoup de lui-même dans cette publicité surannée : l’idée, somme toute assez chaleureuse, qu’une laine puisse couvrir les haines alentour.

« J’aime les choses qui durent, jamais je ne m’habillerai à la mode : je porte des vestes qui ont 30 ans, admet le businessman. Je ne peux pas acheter quelque chose sans l’avoir touché de mes mains. » « “Il signore Luciano” n’a ni adresse mail ni téléphone portable : avec lui, les contrats sont négociés à l’oral, tout repose sur la confiance », déclarent en chœur ses assistantes, les jumelles Barbara et Michela Liverotti.

Ainsi de ses lignes de prêt-à-porter, qui se sont fait doubler par la « fast fashion » de Zara et H&M, les contrastes braillards de Desigual ou les jeunes premiers du e-commerce. Ainsi de ses goûts artistiques – Kandinsky, Boetti… –, qui tranchent, par leur anachronisme, avec les collections d’autres mécènes, Prada, Pinault, Arnault & Co.

Est-ce justement parce qu’il sentait que l’époque lui échappait ? En 2008, le capitaine d’industrie a pris le large. Il est parti en croisière autour du monde, amassant, d’escale en escale, de petites toiles de dix centimètres sur douze, offertes par des artistes émergents. Le nom de la collection, « Imago Mundi », est un clin d’œil à un vieux grimoire de cosmographie, prisé par Christophe Colomb. « Ces derniers temps, j’ai dû mettre ce hobby de côté, hélas », regrette-t-il dans ses bureaux de la Villa Minelli, dans la province de Trévise, dont il a tapissé les murs d’une trentaine de mappemondes – l’autre marotte qui nourrit sa pinacothèque.

Castelbajac à la rescousse

Si Luciano Benetton est revenu aux affaires, c’est pour redonner un peu d’allure à la vitrine de son groupe : les magasins de prêt-à-porter. A son retour, fin 2017, ils affichent une perte historique de 180 millions d’euros, dévitalisés par ceux qu’il désigne d’un terme vaguement méprisant : « les manageurs ». Des cadres gris dirigés par nul autre que le fils de Luciano, Alessandro, 55 ans, diplômé de Harvard et passé par Goldman Sachs, dont il duplique les méthodes jusqu’à son départ, en 2014.

« Nos magasins, qui étaient des puits de lumière, sont devenus aussi tristes que ceux de la Pologne communiste », se désole le pater familias dans La Repubblica. « Les manageurs, ces personnages inertes, sans cœur ni sens esthétique, ont profité de notre absence pour couler l’entreprise et tuer tout esprit subversif », vitupère Toscani, en sortant une bouteille de vin frappée de ses initiales, O.T.

Car c’est bien lui, ce drôle de troll rétif aux réseaux sociaux, que Luciano Benetton est allé repêcher pour convertir Fabrica au numérique – Toscani rêve d’en faire « une start-up », figurez-vous. Des retrouvailles ostensiblement mises en scène, le 26 janvier 2018. Pour l’occasion, une estrade a été aménagée au centre de l’édifice. Tout autour, de hautes colonnes blanches : un hommage de l’architecte Tadao Ando à Andrea Palladio, qui dessina les plus belles villas de Vénétie, au XVIe siècle.

« Fabrica Circus », annonce l’affiche de l’événement. Une simple conférence de presse, à la vérité : cirque médiatique que celui-là. « Ici, tout le monde s’occupera de tout, comme dans un atelier de la Renaissance », vibrionne Toscani, ravi de retrouver son labo, qui forme une vingtaine d’étudiants aux métiers de la mode, de l’art et de la communication.

« LA DIFFÉRENCE ENTRE MACRON ET BERLUSCONI ? MACRON A DIT À UN CHÔMEUR QU’IL SUFFISAIT DE TRAVERSER LA RUE POUR TROUVER UN EMPLOI. BERLUSCONI, LUI, EN AURAIT VRAIMENT DONNÉ, DU TRAVAIL ! » LUCIANO BENETTON

Tapi dans la foule, un jeune lève la voix : « Est-ce que vous connaissez cet homme ? » Il brandit une photographie de Santiago Maldonado, le défunt défenseur de la cause mapuche. Raide dans son imper caca d’oie, Luciano élude : « L’enquête suit son cours. Il n’y a rien à ajouter. » Les six cents spectateurs n’en sauront guère plus.

Ils ont reconnu, en revanche, l’impayable numéro que joue depuis quasi quarante ans le duo. D’un côté, « Toscani », parleur madré, dont tous les interlocuteurs mangent le prénom, et que Monica Zornetta compare à un bélier défonçant portes et murs. De l’autre, « il signore Luciano », ainsi que ses employés l’appellent avec déférence, faiseur hardi, que son biographe Sergio Saviane rapproche des canards muets qui prospèrent dans la région, pour son art de l’esquive.

En octobre, un vieux lion des vestiaires étoffe le bestiaire Benetton : Jean-Charles de Castelbajac est nommé directeur artistique. Le styliste français, âgé de 69 ans, en rugit encore : « Luciano et Oliviero me font penser à l’empereur Frédéric II et à son condottiere, Ezzelino III da Romano, dit “le Féroce”. Ensemble, au XIIIe siècle, ils construisent les plus beaux châteaux d’Italie, et nouent des liens d’amitié avec les Ottomans, au grand dam du pape… Luciano possède la vertu essentielle de l’homme de cour selon Baldassare Castiglione (écrivain italien de la Renaissance) : la sprezzatura, l’art de révéler les talents. » Et de les réveiller ? Longtemps disparu des écrans radars, Toscani, 77 ans, jubile comme un môme : « A nous trois, on cumule 229 printemps ! Et on s’en tape. »

Publicité outrageante

C’est de la jeunesse, cependant, que viendront les premières alarmes : les nouvelles campagnes Benetton passent mal. En juin, alors que la Botte porte au pouvoir deux forces criardes, la Ligue de Matteo Salvini et le Mouvement 5 étoiles (M5S) de Luigi Di Maio, les migrants secourus par l’Aquarius se retrouvent sur les panneaux publicitaires, estampillés du fameux logo vert. Mais ce qui se voulait un pied de nez est perçu comme un outrage à l’intérieur même de Fabrica.

« Tous les élèves ou presque haïssent Toscani, confesse Mattia Solari, l’un des boursiers du centre. Comment ose-t-il ainsi profiter de la misère humaine ? »

« Les étudiants sont trop polis, je suis là pour leur casser les couilles, corrige Toscani. Est-ce qu’on reproche aux médecins de gagner leur vie sur le dos des malades ? Et aux journalistes de prospérer sur les disgrâces du monde ? »

Mêmes acteurs, mêmes clameurs, mi-décembre à la Villa Minelli. Les laquais servent la polenta par platées. Des représentants des branches culturelles de Benetton ont été conviés à déjeuner : grandes huiles et jeunes pousses dialoguent vertement. On s’inquiète des « gilets jaunes », on s’amuse des fiascos du président français.

Salade, dessert, boutade du maître de maison : « Savez-vous quelle est la différence entre Macron et Berlusconi ? » L’auditoire est suspendu aux lèvres de Luciano Benetton, pull-over pistache, crinière et pantalon ivoire, teint ensoleillé. « Macron a dit à un chômeur qu’il suffisait de traverser la rue pour trouver un emploi, s’élance le baladin. Or, Berlusconi, lui, en aurait vraiment donné, du travail ! »

« PENDANT ONZE SIÈCLES, NOUS AVONS VÉCU SOUS UNE RÉPUBLIQUE DE TYPE OLIGARCHIQUE, AVEC UN CHEF FORT. AUJOURD’HUI ENCORE, IL EXISTE UNE FORME DE CRAINTE RÉVÉRENCIELLE VIS-À-VIS D’UNE FAMILLE QUI FAIT LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS. » LUIGI FADALTI, AVOCAT

Tous les gosiers s’esclaffent. Sauf celui de Mattia Solari. Le jeune homme a le regard noir, et la tirade raide : « Le problème, c’est que les ultrariches s’enrichissent toujours plus, tandis que le reste de la population morfle ! » La cheminée enfume la salle à manger ; des gorges toussent çà et là. Comme le reste de la villa, l’âtre date du Settecento. « Il me semble que la vraie pauvreté se trouve, je ne sais pas, en Afrique… », bredouille le milliardaire. Il examine le boursier d’un air ahuri : « Avec les vols low cost, presque tous les Italiens peuvent voyager, désormais. Non ? »

Veste sombre et visage adolescent, Mattia l’écoute à peine. Il n’a plus rien à perdre ; dans quelques jours, il quittera Fabrica pour chercher du boulot. En attendant, il fait ses débuts en tant que commissaire d’exposition. Présentée le soir même en centre-ville, « Poetic Boom Boom » retrace un demi-siècle de « poésie visuelle ». Cette fois, c’est un costard anthracite qui plombe l’ambiance : contre toute attente, le maire, Mario Conte, s’est incrusté au vernissage. Il vient d’être élu sous l’étiquette brunâtre de la Ligue.

L’édile, sourire pincé, gratifie Luciano Benetton de compliments sarcastiques : « Félicitations, comme toujours ! » L’entrepreneur ne relève pas, et monte à l’étage. On y donne une lecture à base de borborygmes et d’imprécations décousues. « Grrr… grommelle le performeur. La perte de la nation… Grrr… » Le maire quitte la pièce. « Rien d’autre que des rêves obscurs… Grrr… » L’adjointe à la culture se lève à son tour. « Grrr… La parole du rien… Grrr… » Le mécène, lui, reste jusqu’à la fin ; ses applaudissements résonnent dans la salle dépeuplée.

« Les Benetton font des chemises avec des chiffons »

Le surlendemain, non loin de là, c’est à guichets fermés que Paolo G. Russo donne son one-man-show. Le sujet : Toscani, qui traita un jour les Vénitiens « d’alcooliques ataviques ». « Il joue au caïd, je lui réponds par le théâtre, gentiment », tempère l’acteur. Il déclame un dicton du coin, en dialecte : « Les Benetton font des chemises avec des chiffons. »

Car, quand il s’agit d’évoquer l’empire textile, même les Trévisans sont désunis : ici aussi, il a généré son lot de ruines et de rancœurs. Durant les années de plomb, Luciano théorise « le profil bas » : rester discret sur les comptes maison, pour assurer la paix sociale. Dans le même temps, le maillage territorial du groupe fait la part belle aux sous-traitants. Et à son corollaire, la précarité : « En morcelant sa production, Benetton anticipe les pratiques des géants du commerce, souligne le syndicaliste Nicola Anselmi. Comme Ikea aujourd’hui, il incite les artisans locaux à ouvrir leur atelier, auxquels il impose ses tarifs et conditions. »

Lorsque la firme délocalise, à partir des années 1990, les faillites se comptent par centaines ; rares sont ceux qui osent se plaindre. Costume à carreaux, l’avocat Luigi Fadalti défend l’un de ces moutons noirs, ex-rugbyman reconverti dans la banque. « Les Benetton l’ont poussé à démissionner pour ouvrir un atelier de sous-traitance. Sans que cela ne soit formalisé, il travaillait, de fait, exclusivement pour eux. Et lorsqu’ils ont délocalisé en Croatie, mon client s’est retrouvé dos au mur. »

Dans son cabinet de velours, où trône un immense portrait de lui, l’avocat devise sur le passé trévisan : « Pendant onze siècles, nous avons vécu sous une république de type oligarchique, avec un chef fort. Ça laisse des traces. Aujourd’hui encore, il existe une forme de crainte révérencielle vis-à-vis d’une famille qui fait la pluie et le beau temps sur l’économie locale. »

Luigi Fadalti paraphrase Ces messieurs dames (1966), le film de Pietro Germi qui raillait les mœurs étriquées de la ville : « C’est la vraie province, ici. Les gens maugréent au café, mais personne ne prend position publiquement. »

Et pour cause : « il signore Luciano » est bien entouré. Chaque fois que l’opinion se retourne contre lui, comme tombent masques et rideaux au théâtre, il n’est pas seul à ferrailler sur les planches médiatiques. En coulisse, une troupe de fidèles le soutient, acclamant la moindre de ses répliques, quand elle ne les lui souffle pas. Voyez l’architecte Tobia Scarpa – fils du célèbre Carlo –, toujours prêt à lui bâtir une usine, une boutique, un palais.

Voyez le cuisinier Davide Croce, ex-basketteur du club familial, qui mitonne chaque midi derrière les fourneaux de la Villa Minelli. Sa fille, mannequin, défile parfois pour Benetton ; son beau-frère trime pour Sisley, une autre marque du conglomérat. « Luciano adore la truffe blanche d’Alba, celle à 600 euros les 100 grammes, conte l’escogriffe. Giuliana est plutôt poisson et légumes. » Au moment d’évoquer l’ultime repas de Gilberto, ses mains bosselées par le ballon tremblent d’émotion : « Je lui ai préparé des pâtes à la sauce tomate toutes simples, comme il les aime. »

Capitaliste humaniste

Voyez, surtout, les ouvriers les plus chevronnés de la maison : le 19 février, une vingtaine d’entre eux accompagnait les modèles lors du tout premier défilé Benetton à Milan, un jour avant le début de la Fashion Week.

« Time to be brave » : il est temps d’être courageux, exhorte Snoopy sur l’un des pulls dessinés par Jean-Charles de Castelbajac. Patchwork de références pop, saturé d’arcs-en-ciel, de Mickey et de brebis bigarrées, la parade vaut surtout pour sa scénographie : au centre du podium, les petites mains s’affairent derrière leur outil de travail. « Quel trac, quel pied ! frissonne la couturière Vania Schiavon. D’ordinaire, nous sommes backstage, jamais sur scène. Il y a eu deux répétitions, pour éviter tout couac. »

Après la représentation, Luciano distribue sourires et accolades dans le public – plus de 500 personnes, dont une poignée de people : le PDG de Tod’s, Diego Della Valle, ou la sœur de l’influenceuse Chiara Ferragni, Valentina. Quelques coupes plus tard, « il signore Luciano » s’en vient saluer ses complices, Toscani et Castelbajac. Il a des mots d’acteur, soulagé de retrouver les tréteaux : « C’était un pas. Un beau pas. »

Milan, de fait, est une ville de théâtre. C’est dans la capitale lombarde que Giorgio Strehler, fondateur du Piccolo Teatro, a révélé toute la cruauté de la commedia dell’arte – cet art de mettre sens dessus dessous les hiérarchies sociales. L’actuel directeur de l’institution, Stefano Massini, chronique des retournements autrement contemporains : il a écrit une pièce sur l’ascension et la chute d’une illustre famille de banquiers, les Lehman Brothers.

« Derrière ces monolithes se cachent des personnes qui ont essayé d’humaniser la finance, médite le dramaturge. Les Benetton ont déployé, dans une temporalité longue, une philosophie de la tolérance et une épopée de l’effort. Ces valeurs sonnent creux aujourd’hui ; seul le présent importe, seule la haine est considérée comme authentique. » Souvent caricaturé en Pantalon, ce vieil avare qui fit la fortune des comédies de Carlo Goldoni, Luciano Benetton enfile plus volontiers les habits d’Arlequin, plaisantin perché et chamarré.

« J’ai passé les vacances du Nouvel An à Dubaï, cabotine-t-il. Un matin, sous les palmiers, j’ai croisé Gérard Depardieu, il était en cure d’amincissement. » C’est un copain commun, Fidel Castro, qui les avait présentés, au siècle dernier. Le dialogue tourne court : « Gérard reçoit une crotte d’oiseau sur l’épaule, il nettoie aussitôt sa veste avec un peu d’eau. » Quelques minutes plus tard, une deuxième fiente atteint « Gégé » : même geste. Au troisième projectile des volatiles, le comédien change de riposte : « Il s’est résolu à mettre un châle. » Il y a de la joie sur le visage de Luciano ; celle d’avoir, pour une fois, échappé aux lazzis.

9 février 2014

Les filles de… Ren Hang

C’est à Pantin près de Paris que vient d’ouvrir la Galerie Nue, un lieu entièrement dédié à l’érotisme sous toutes ses formes. Et c’est grâce à elle que nous avons découvert le travail de Ren Hang, jeune Chinois de 26 ans sympathique et élégant, dont les sujets photographiques n’ont pas de bornes : la nudité, les sexualités, les corps sans fard constituent, sinon l’essentiel de son travail, au moins ce qui le passionne le plus… Car c’est, à ses yeux, le plus authentique. Il a répondu aux questions de lui.fr. Rencontre.

Quel appareil utilisez-vous ?

Je travaille avec un appareil argentique, automatique, très simple, le moins cher possible. Je n’ai pas un fétiche, je travaille avec un appareil très banal. Pour moi, c’est très important de travailler avec un appareil comme cela, parce qu’il n’est pas possible de faire de mise au point, de régler la profondeur de champ etc. en prenant les photos. Ce dont j’ai besoin, c’est vraiment d’un appareil qui me permette de prendre des photos sans hésitation, sans réfléchir. Je veux juste prendre une photo avec un clic.

Pourquoi cette obsession, ou cette passion, pour les corps ?

Pour moi, le corps humain c’est quelque chose de très authentique, très naturel, et très accessible. On présente beaucoup d’authenticité lorsqu’on se déshabille. C’est pour ça que je représente beaucoup de corps.

On perçoit parfois de l’humour, parfois de la sensualité… Est-ce volontaire ?

Beaucoup de monde me dit ça,  dit voir des aspects différents mais, franchement, je ne pense à rien en prenant les photos… Je ne pense qu’au présent, comment communiquer avec modèles, comment faire ma prise de vue… Je ne pense qu’au shooting. Et toutes mes photos ne sont pas des photos de nu, je fais beaucoup de photos aussi de gens qui marchent dans la rue par exemple, et aussi beaucoup pendant les soirées, avec mes amis… Mais si vraiment on devait trouver un point commun, ce qui me touche le plus c’est le réalisme, c’est l’authenticité dans la photo.

Je trouve qu’on est plus authentique, plus naturel quand on se déshabille et le corps humain permet de se rapprocher.

Donc, en fait, je ne voudrais pas donner une signification particulière à mon processus créatif. Une fois que les photos sont sorties, je ne dis plus rien, ce sont les spectateurs qui vont comprendre ce qu’ils ont à comprendre. Quoi que vous voyiez, vous avez raison : chacun a son Hamlet.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

Je n’essaie pas d’analyser mon travail et je n’essaye pas d’analyser mes inspirations, mais il est vrai que toute ma vie m’inspire, comme une parole, des chemins que j’ai parcourus, ce que je mange… Je n’essaie pas de les classer, de les analyser. C’est comme une ressource, tout cela émerge dans mes photos.

Quel conseil donnerait-il à un jeune photographe ?

Le traducteur, en riant : Mais il est jeune !

A quelqu’un qui débute…

Non, je n’ai pas vraiment de conseil… Allez-y, photographiez. A dire vrai, j’ai longtemps cru que tout le monde pourrait être photographe, mais finalement non. Il arrive que quelqu’un ne soit pas vraiment doué pour la photo. Si tel est le cas, alors : allez-y, faites autre chose ! Personne n’est pas obligé de devenir photographe.

Qui ou quoi rêveriez-vous de photographier ?

C’est une blague mais… J’aime bien Madonna. Si c’était possible… Oui, Madonna peut-être (Rires).

Traduit du Mandarin par Li Shuang.

000007_39-635x428

000008-4-635x428

000012-3-635x428

000023-635x428

000026-635x940

000030-635x428

000034_29-635x940

000039-2-635x428

000040-635x428

Revoir mon précédent billet sur REN HANG

93478804

17 octobre 2013

Exposition "Pasolini Roma": un intellectuel sulfureux au coeur de la Ville éternelle

IMG_1475Comment Pier Paolo Pasolini et Rome, sa ville d'adoption, se sont nourris réciproquement d'une relation amour-rejet qui aura duré 25 ans: c'est le sens de l'exposition que la Cinémathèque française consacre au grand intellectuel italien, du 16 octobre au 26 janvier à Paris.

Pour cette exposition, la Cinémathèque française s'est associée à trois institutions europénnes, une collaboration à la hauteur du personnage (1922-1975), dont l'activité débordante fut interrompue par une mort violente au mobile toujours mystérieux (crime crapuleux, sexuel, politique?). Tout à la fois poète, romancier, polémiste, réalisateur et scénariste, journaliste, peintre, philosophe de l'action, Pasolini continue à être autant haï qu'aimé. Après Barcelone (Centre de culture contemporaine, CCC) et Paris, "Pasolini Roma" retournera à sa source (palais des expositions de Rome, du 3 mars au 8 juin 2014) puis voyagera à Berlin (Martin-Gropius-Bau, du 11 septembre 2014 au 5 janvier 2015). Les commissaires, dont Alain Bergala pour la Cinémathèque, ont privilégié l'ordre chronologique dans la relecture que Pasolini fait de la Ville éternelle. Le jeune enseignant y débarque, avec sa mère Susanna, le 28 janvier 1950, fuyant son Frioul (nord-est) natal après avoir été accusé d'attouchements sur un élève.

Mutations

Si les circonstances ne sont pas du meilleur auspice - Pasolini vivra très mal son homosexualité jusqu'à la fin -, il débarque au bon moment dans la capitale italienne, en pleine fermentation littéraire et cinématographique. Et puis la capitale mue dans ses +borgate+ (quartiers et banlieues populaires). Pasolini saura capter de manière novatrice ces changements sociaux, économiques et même anthropologiques. Sous les yeux du visiteur, ces 25 années déroulent l'éclectique production de Pasolini, qui n'en finira jamais avec les procès pour atteinte aux bonnes moeurs dans une Italie faussement catholique. Archives télévisées, documentaires et photos ponctuent ce parcours. De même que les tableaux peints de la main de PPP ou par des artistes qu'il appréciait. Dans ce cheminement, il y a des rencontres moins attendues. Comme cette Fiat 1100v à bord de laquelle PPP a parcouru les côtes de la péninsule durant l'été 1959 pour composer "La longue route de sable".

Bien vivant

Pour Alain Bergala, "Pasolini n'est pas mort, parce que sa pensée reste active". "Quand il écrit quelque chose de politique, il part d'une émotion, d'une indignation. Ce n'est pas un analyste en chambre. C'est à la fois un grand intellectuel et un artiste, ce qui est unique". En costume trois pièces et cravate, Pasolini savait aussi tomber la veste pour jouer au foot, sport qu'il adorait et dans lequel il excellait, avec des enfants d'un quartier déshérité. "Pour les Italiens, c'est le dernier intellectuel qui les aide à penser aujourd'hui, à comprendre la situation. Ce qu'il avait un peu annoncé est terriblement arrivé", explique M. Bergala. Les analyses de Pasolini, du rôle néfaste de la télévision à la société de consommation, "valent aussi pour toute l'Europe", assure Jordi Bello, à l'origine du projet et ex-directeur d'exposition au CCC. Et Alain Bergala d'ajouter: "A Barcelone, le fait de voir cette exposition a relancé les débats publics et politiques en Espagne, qui souffre aussi beaucoup de la crise. Elle a eu un rôle de révélateur". La Cinémathèque accompagne l'exposition d'une rétrospective complète de l'oeuvre cinématographique de l'artiste protéiforme, depuis "Accatone" en 1961 jusqu'au radical "Salo ou les 120 journées de Sodome", son chant du cygne en 1975. Les versions numériques restaurées de "Mamma Roma", "Médée" et "Salo" profitent aussi de cette actualité pour des sorties en salle. Et c'est par un double DVD qu'on peut redécouvrir "L'Evangile selon saint Matthieu", un des plus beaux films sur la vie de Jésus. La chaîne Arte a aussi programmé ce mercredi, à partir de 23h20, une soirée Pasolini. (AFP)

IMG_1474

11 décembre 2016

Laetitia Casta ambassadrice de l'UNESCO

Laetitia Casta est aujourd’hui ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, engagée pour la défense des droits des enfants dans les conflits armés. Elle prend son rôle très a coeur : elle s’est rendue au Tchad et a pour projet de réaliser un documentaire.

«Depuis quelques années, je voulais m’engager, mener une action concrète», raconte Laetitia Casta dans une interview accordée au magazine «Elle», dont elle fait la couverture. Alors l’ancien mannequin a rejoint l’UNICEF et est devenue ambassadrice de bonne volonté, engagée pour la défense des droits des enfants dans les conflits armés. «J’avais envie d’intervenir sur la question des enfants-soldats après avoir vu un documentaire sur le sujet. D’où cette mission dans la région du lac Tchad, où se concentrent des familles nigérianes fuyant les attaques de Boko Haram», explique-t-elle.

En effet, fin novembre, Laetitia Casta a passé une semaine au bord du lac Tchad. «Je ne voulais pas faire un aller-retour express, mais y rester une bonne semaine. J’ai souhaité partir accompagnée d’un reporter de guerre, Christopher Morris, avec lequel je vais réaliser un documentaire pour témoigner sur ce drame. Je voulais moi aussi tenir la caméra, afin de me sentir active sur place.» L’actrice passe donc derrière la caméra, pour la deuxième fois - après son court-métrage «En moi». «Ce documentaire, c’est pour l’Unicef, pas pour moi», précise-t-elle.

Laetitia Casta a donc rencontré des femmes et des enfants, leur a parlé, les a filmé. «Tout manque là-bas !» explique-t-elle. Et l’actrice a envie de changer les choses, de se rendre utile. «Il ne s’agit pas de bonne conscience mais d’une révolte face à ce que j’ai observé», affirme-t-elle. Un combat qui lui tient à coeur : «Définitivement, je suis revenue différente. Comme si j’avais laissé une peau là-bas.»

CzOWTOlWEAAJkx_

2 décembre 2016

Cuba. Quel avenir après Fidel ?

castro

Plusieurs questions se posent après la disparition de Fidel Castro. Certains experts tablent sur un maintien du régime sachant que la population elle même tend à la paix sociale. Les changements prévisibles concernent l'économie et la politique d'ouverture des dirigeants cubains.

L'adieu au communisme ? Il n'en est pas question, à en croire plusieurs experts. « Le socialisme cubain a survécu à la longue maladie de Fidel Castro, il survivra probablement à sa mort », estime Jorge Duany, directeur de l'Institut de recherche cubaine de l'Université internationale de Floride.

En accord avec le modèle soviétique, les Cubains bénéficient de la gratuité dans les domaines de la santé et l'éducation mais leurs salaires sont les plus bas du continent, et l'État, qui contrôle 80 % de l'économie, souffre d'inefficacité.

À l'avenir, la préservation d'un « État-providence centralisé, avec un seul parti politique (communiste) et monopolisant les moyens de production et de communication », risque néanmoins d'être difficile, ajoute l'expert.

Pour Arturo Lopez-Levy, professeur à l'Université du Texas Rio Grande Valley, la population cubaine est plutôt « conservatrice » s'agissant de la paix sociale, ce qui n'incite pas à imaginer l'émergence de tensions après la mort de Fidel Castro. D'autant que l'opposition est, selon lui, déconnectée « des problèmes centraux du Cubain moyen » et que ses représentants sont assimilés au discours ferme du président élu républicain Donald Trump qui tranche avec l'ouverture amorcée par le démocrate Barack Obama à l'égard de Cuba.

Quid de l'ouverture économique ? « La mort de Fidel Castro va probablement accélérer les réformes économiques engagées par son frère Raul, estime Jorge Duany. Mais il faudra attendre le départ du pouvoir de ce dernier en 2018 pour avoir plus de clarté sur d'éventuels changements substantiels. »

Sans sortir du communisme, le frère cadet des Castro, 85 ans, a procédé à des ouvertures prudentes dans les domaines du travail privé et des investissements étrangers. Les conditions sont ainsi meilleures pour que Cuba poursuive les réformes, fait valoir Arturo Lopez-Levy.

Pour cet expert, la clé réside dans le fait que de bonnes relations diplomatiques sont désormais consolidées. L'île « est plus intégrée que jamais dans son environnement régional » et a des liens d'affinité avec les deux alliés des États-Unis (Europe et Japon) comme avec les rivaux de ces derniers (Russie et Chine), précise-t-il.

L'approche « pragmatique » du gouvernement cubain permet à Raul Castro d'avoir une plus grande marge de manoeuvre pour poursuivre « l'actualisation » du modèle cubain, abonde Jorge Duany.

Quel avenir face à Donald Trump ? Lors de sa première déclaration sur Cuba depuis son élection, Donald Trump a qualifié Fidel Castro de « dictateur brutal » et a promis de faire « tout son possible » pour offrir aux Cubains « la prospérité et la liberté ».

« Dans un moment aussi sensible pour les Cubains, parler de cette manière montre une formidable incapacité en diplomatie internationale », estime l'universitaire Jesus Arboleya, ancien diplomate cubain.

Jorge Duany est plus prudent. « Tout indique que les relations entre Cuba et les États-Unis seront plus tendues sous l'administration Trump que sous celle d'Obama. Cependant, nous ne savons pas exactement ce que sera la politique du nouveau Président. »

Pour Arturo Lopez-Levy, il serait rationnel que Washington interprète la mort de Fidel Castro comme une accentuation de la transition opérée à Cuba. Mais les déclarations de Donald Trump sont « très négatives » pour le dialogue à venir avec l'administration américaine, objecte Jesus Arboleya.

25 novembre 2016

L'homme se met à nu à la Galerie Pierre-Alain Challier

homme-nu-

Marre que ce soit toujours les femmes qu'on représente nues dans l’art ? Envie de voir du beau mâle à poil ? Ça tombe bien, le corps des hommes se dévoile à Paris. Rencontre avec Philippe et Guillaume, fondateurs du magazine Normal, qui expose l'Homme Nu à la galerie Pierre-Alain Challier du 25 novembre au 5 décembre.

Parmi les artistes exposés dans 350 m2 pendant deux semaines, on retrouve du beau monde. Orlan, Hans Withoos, Rancinan, Stefanie Renoma… tous ont la spécialité d’avoir représenté des beaux nus masculins contemporains. Une rareté quand il s’agit d’art sans connotation homo-érotique, comme nous l’explique Phillipe.

"Dans l'inconscient collectif, l’homme nu est généralement connoté homo-érotique ou carrément gay. Le genre de gros mecs balaises tout en testostérone que l'on retrouve dans les pub, sur les réclames et les unes : un stéréotype. Nous voulions présenter "L’Homme Nu", non pas comme objet sexuel, mais comme réalisation purement artistique et graphique, découlant d'une démarche créatrice et esthétique chez les photographes. Car ceux qui en traitent sont souvent catégorisés "photographes gay", notamment Pierre et Gilles"

C’est en partant de ce constat que le magazine Normal a voulu se démarquer en partant à la recherche de photographes ayant une démarche artistique et intellectuelle sur le sujet. Une enquête qui a duré près d'un an pour trouver des tirages présentant l’homme nu sous forme d’art et non d’objet sexuel. Resultat : un florilège qui laisse entrevoir la diversité, la complémentarité et bien sûr la richesse de ces photographies, tour à tour tableaux, mises en scène, portraits...

homme02

© L'origine du Monde version homme par Orlan

Mais pourquoi l’homme nu est-il si peu/mal représenté ? Tapez "art, nu, masculin" sur Google et vous vous apercevrez du peu de références en ce domaine. Seule est citée l'exposition notable au musée d'Orsay en 2013 Masculin / Masculin. L'homme nu dans l'art de 1800 à nos jours...

Philippe suppose que la majorité des amateurs d'art sont tout simplement plus attirés par le corps féminin : « Pour notre numéro dédié à la femme nue, on avait un public 60% hommes, 40% femmes. Et souvent, ce sont les femmes qui demandent des tirages de femmes nues car elles sont dans le jugement. Les gens sont généralement moins attirés par l’homme depuis une centaine d’années alors que pendant des siècles, on a eu des statues d’hommes nus sans connotation sexuelle. Alors, est-ce que c’est une censure des médias ? Diffcile de répondre… »

homme03

Venez vous faire votre propre opinion sur le mâle à poil lors du vernissage, vendredi 25 novembre, qui prévoit un programme haut en couleurs !

Vernissage le vendredi 25 novembre

Jusqu'au 5 décembre

Galerie Pierre-Alain Challier

8, rue Debelleyme - 3e

21 novembre 2016

Miss France. Les Miss de l'Ouest en route pour l'élection

q5

Photo Erwan Miloux

Samedi, les trois Miss 2016 de l'Ouest de la France, Miss Bretagne Maurane Bouazza, Miss Normandie, Esther Houdement, et Miss Pays-de-Loire, Carla Loones, étaient à Rennes. Les trois Miss, âgées de 20 ans, se retrouvaient notamment pour une séance de photos officielles avant de partir rejoindre, à Paris, les 27 autres candidates à l'élection de Miss France. Après une participation au journal de 13 h sur TF 1 mercredi, elles s'envoleront pour l'île de La Réunion. Elles y resteront jusqu'au 2 décembre. Puis direction Montpellier, où elles s'entraîneront pour les huit tableaux de présentation : défilé en maillot de bain, en robe de soirée ou en costume régional, lors de la grande soirée Miss France, samedi 17 décembre. En attendant, les Miss de l'Ouest, qui appréhendent un peu la rencontre avec les autres participantes, restent confiantes pour décrocher la fameuse couronne. « On a une chance sur trente et on est là pour la saisir », souligne Miss Bretagne, la Morbihannaise Maurane Bouazza. Dans sa ville natale de Plumelin, une grande soirée pour l'élection de Miss France est déjà prévue à la salle communale, qui devrait réunir 400 personnes, pour la soutenir.

6 décembre 2017

Libération

Couverture de Libération ce mercredi par Raymond Depardon. Alors que le cineaste Raymond Depardon vient de sortir son documentaire 12 jours, actuellement en salle, le photographe est en une de Libération avec cette image prise à Versailles en 1967. " J'ai photographié plusieurs fois Johnny. J'ai eu l'occasion de le photographier dans sa chambre de bonne vers Pigalle. Il était timide, bourru et taiseux. Et moi, j'étais encore plus timide que lui. Tous les deux, on a un an d'écart. Il a posé avec sa guitare. Puis, on a fait des photos dans sa Triumph blanche décapotable sur les Champs-Élysées. Moi, je l'ai suivi à scooter. Johnny ne jugeait pas les gens. Les photographes à l'époque n'étaient pas bien habillés et moi, je ressemblais à un fils de paysan avec mes chemises en nylon et une cravate pas fraîche. Par ses silences et sa générosité naturelle, il laissait faire, était coopératif et ne disait jamais non. Dans les années 60, on mettait beaucoup en scène les photos. Avec lui, on n'était pas obligé de justifier une photo, de faire l'article. On travaillait vite, en noir et blanc, avec des routines : une photo verticale, une horizontale et un petit coup de flash. Pour la photo en concert en 1967, je n'avais jamais vu cela, quelqu'un qui se mettait torse nu sur scène. Et ce jour là, il y avait ses copains, beaucoup de monde autour de lui et même Vince Taylor. Il ne se déshabillait pas souvent et j'étais là au bon moment. J'ai aussi un gros plan où la sueur ruisselle sur son front. Il se donnait à mort. Un jour, j'ai été boire un verre avec lui car il vous reconnaissait malgré son silence. Lui, avait souffert et moi, je venais du monde paysan. On n'était ni l'un ni l'autre très à l'aise dans ce monde du musichall. Mais on était tous les deux passionnés." Recueilli par Clémentine Mercier. #johnnyhallyday #hallyday #Johnny #frenchelvis @rdepardon © Raymond Depardon. Magnum photos



2,242 Likes, 28 Comments - Libération (@liberationfr) on Instagram: "Couverture de Libération ce mercredi par Raymond Depardon. Alors que le cineaste Raymond Depardon..."

 

11 décembre 2018

Exposition Martine Franck

martine franck01

Découvrez l'exposition inaugurale de la Fondation Henri Cartier-Bresson consacrée à Martine Franck jusqu'au 10 février 2019 à Paris

Pour l’inauguration de ses nouveaux espaces, la Fondation HCB a souhaité rendre hommage à Martine Franck, en lui consacrant une rétrospective. Martine Franck revendiquait l’émerveillement et la célébration de la vie, une joie profonde devant l’humanité tout en luttant contre l’exclusion avec toute l’empathie qu’elle savait déployer. Photographe engagée, Martine Franck devint militante pour nombre de ces causes qu’elle photographia activement, une sérieuse audace pour la jeune femme à qui l’on avait appris à ne pas franchir les limites.

Née à Anvers en 1938, Martine Franck grandit en Angleterre et aux États-Unis au sein d’une famille de collectionneurs. Polyglotte, étudiante en histoire des arts, férue de sculpture, c’est lors d’un long voyage en Orient en 1963 qu’elle découvre la photographie. À son retour à Paris, elle travaille pour Time-Life et devient l’assistante de Gjon Mili et Eliot Elisofon avant de devenir photographe indépendante. Collaborant pour les grands magazines américains, ses reportages, ses portraits d’artistes et d’écrivains sont publiés dans Life, Fortune, Sports Illustrated, le New-York Times et Vogue. Renonçant vite à la photographie de mode, elle vit dès ses débuts l’aventure de la troupe du Théâtre du Soleil avec son amie Ariane Mnouchkine et participe à la création des agences Vu, puis Viva. En 1970, elle épouse Henri Cartier-Bresson, artiste accompli, qui va l’encourager dans sa propre voie. Elle rejoindra plus tard, la coopérative Magnum, qui diffuse toujours son travail aujourd’hui.

À l’accomplissement d’une vie de photographe s’ajoute un point d’orgue, la création de la Fondation Henri Cartier-Bresson en 2003. Très consciente du lourd héritage qui serait laissé à la famille si rien n’était fait, Martine Franck a mis en œuvre avec brio la constitution d’une Fondation reconnue d’utilité publique destinée à abriter et diffuser conjointement l’œuvre de son époux et la sienne. Elle explique que c’est enfin le moment où elle s’est sentie fière des moyens que lui avait légués sa famille. Cette fondation, conçue avec Henri Cartier- Bresson et leur fille Mélanie, représentait pour elle un pas ultime vers la liberté : liberté de créer, de préserver et de rassembler. Elle avait enfin franchi la ligne, et opéré en douceur cette transgression qui poursuivait la tradition familiale du partage de l’art.

Le travail sur l’exposition et l’ouvrage qui l’accompagne a été entrepris très en amont en 2011 par Agnès Sire avec Martine Franck, alors qu’elle se savait malade. La photographe avait souhaité confier la direction de l’ouvrage et le commissariat de l’exposition à celle avec qui elle dirigeait cette Fondation depuis longtemps. Le choix des photographies, du parcours plutôt chronologique et ponctué de textes, de l’entretien avec son amie, l’écrivaine Dominique Eddé étaient les principes acquis de ce vaste projet. On y retrouvera le fil de son engagement au travers des séries de portraits, de paysages presque abstraits, qui ne manqueront pas de surprendre, et d’une sorte de chronique à distance de la vie politique. Composée d’épreuves photographiques, de livres, documents issus du fonds de la Fondation, l’exposition est organisée en collaboration avec le musée de l’Élysée à Lausanne et le FotoMuseum à Anvers qui présenteront l’exposition en 2019.

9 décembre 2018

Le vélo électrique, nouvelle petite reine branchée

vae

Par Pascale Krémer

En une petite décennie, le vélo à assistance électrique s’est imposé à la campagne comme en ville. Ecolo, rapide et bon pour la santé, le VAE pourrait bien être le mode de transport du futur.

Longtemps, dans les dîners, on s’est un peu fichu de lui. Partir au bureau à vélo ? Quelle idée ! « J’étais l’écolo, le bobo, je devais sentir en arrivant… » Fabien ­Bagnon vit à une dizaine de kilomètres de Lyon, où il travaille. A Saint-Genis-Laval précisément, « dans le péri­urbain, à la limite des champs ». Depuis quelques mois, toutefois, l’ingénieur quadragénaire à barbe brune a noté un sérieux changement d’ambiance, à table.

« Plus personne ne rigole » lorsqu’il raconte qu’en vingt-cinq minutes de vélo à assistance électrique (VAE), vêtu comme un cadre fringant, il est possible de s’épargner les kilomètres d’embouteillages, le stress du retard, la hausse des carburants et l’abonnement à la salle de gym. « Autour de moi, j’entends même les uns demander aux autres : “T’es encore en voiture ?” C’est devenu chic de se balader à vélo électrique. Il faut dire qu’avec son écran, son côté techno et ludique, il ne fait pas vélo de décroissant… »

Le VAE, vélo branché, au propre comme au figuré. Cadeau de Noël commandé, ou juste fantasmé – trop cher, mais on y viendra. Objet iconique du moment. Deux signes ne peuvent tromper : Inès de La Fressange, reine des élégances parisiennes, a daigné associer son image à une autre petite reine, électrique (Gitane). Et Florence Foresti en fait ses choux gras, dans son dernier spectacle. « Je ne suis pas adaptée à ce qui vient. Je ne veux ni vélo électrique ni bouffer des grillons », se rebelle l’humoriste, qui hume si bien l’air (pollué) ambiant.

Des ventes en hausse exponentielle

En 2017, il s’est écoulé 255 000 de ces vélos à moteur électrique dotés d’une batterie rechargeable sur secteur et d’une autonomie de 50 à 70 kilomètres. Soit quasiment deux fois plus que l’année précédente, selon l’Union sport & cycle. Autant que scooters et motos réunis. « Dans sept ans, les ventes atteindront le million », parie Jérôme Valentin, président de cette union professionnelle ainsi que créateur et fabricant des vélos Cycleurope France (Gitane, Peugeot).

Comment, en une petite décennie, le biclou à batterie a-t-il pris une telle côte ascendante ? « Avant de répondre, je vous propose d’en essayer un », suggère, à Lyon, le vendeur d’un magasin Cyclable, l’air de savoir comment gagner du temps.

Il n’a pas tort. Grisant de s’extraire de la circulation du soir pour filer à 25 kilomètres/heure sur les bords du Rhône, joues fouettées par le vent, puis grimper, s’envoler plutôt, sur les pentes de la Croix-Rousse en toisant les autres cyclistes qui ahanent. L’engin fait de nous une cycliste augmentée. Une Superwoman qui, de retour en boutique, est prête à s’endetter pour ne pas rendre la cape rouge et le VAE à 2 000 euros.

« NOUS AVONS UN PROBLÈME AVEC LES SENIORS : ILS ARRIVENT À GRIMPER LE GALIBIER, MAINTENANT, IL FAUT LEUR APPRENDRE À LE DESCENDRE », S’AFFOLE-T-ON À LA FÉDÉRATION FRANÇAISE DES USAGERS DE LA BICYCLETTE.

Dans les 51 magasins Cyclable de France, sept vélos vendus sur dix sont motorisés. « L’électrique monte. Ce n’est pas un phénomène de mode, pour le patron, Boris Wahl. C’est une tendance de fond. » Près de la moitié des Français (42 % exactement) seraient intéressés par l’achat d’un VAE (sondage Ipsos-Mobivia de septembre).

Rétropédalons, pour saisir l’emballement. Les longues grèves de 1995 puis l’apparition des Vélib’ parisiens, douze ans plus tard, ont redonné à la bicyclette des balades, que le tout-auto des « trente glorieuses » avait ringardisée, sa fonction première d’instrument de mobilité.

Au début des années 2010, la technologie des VAE devient fiable. S’ajoutent une prime nationale de 200 euros, en 2017, les subventions des collectivités locales, tout une communication à l’avenant. Et le vélo électrique change de braquet.

Fait exceptionnel, les trentenaires barbus n’ouvrent pas la route. Les éclaireurs seraient plutôt leurs parents qui, grâce à la Fée électricité, s’adonnent de nouveau au tourisme à vélo et au VTT en montagne. « Nous avons un problème avec les seniors : ils arrivent à grimper le Galibier, maintenant, il faut leur apprendre à le descendre », s’affole-t-on à la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB).

Bouche-à-oreille

Ensuite seulement, la révélation du VAE vint aux périurbains, las de perdre leur temps à gagner les centres-villes. Puis aux chanceux qui y résident. A Paris, Christophe Najdovski, l’adjoint (Europe Ecologie-Les Verts) aux transports, « sent particulièrement l’engouement, ces derniers mois ». Près de 11 000 aides à l’achat (de 400 euros maximum) depuis dix mois, contre 11 400 durant tout 2017 et 5 700 en 2015. Le bouche-à-oreille fonctionne à pleine vitesse. « Une personne qui s’équipe en ramène deux ou trois », observe Mathieu Froger, depuis ses dix magasins Ecox.

A les écouter, les détenteurs de vélo électrique ont vu la Vierge au tournant de la piste cyclable. « Miraculeux ! », « Ma vie a changé ! », « Ça me rend heureuse, je ne pourrais plus m’en passer… » Au point de convertir au moteur pédalier les conjoints, copains, collègues. Et mê­me le curé. « Je lui avais prêté le mien en partant en vacances, raconte Marylène Millet, 51 ans. J’en viens à penser que je ­devrais me lancer dans la vente ! »

Depuis six ans, elle parcourt matin et soir une douzaine de kilomètres entre sa banlieue vallonnée de l’ouest lyonnais et le quartier de la Part-Dieu, en une demi-heure. « Imbattable, à part la nuit en voiture. Franchement, c’est super ! On file, on a l’impression d’être en vacances. » « Ça change à 100 % l’état d’esprit » d’une autre utilisatrice lyonnaise, Véronique Bertrand, directrice achats de 49 ans : « On évite le métro-boulot-dodo. C’est une respiration bienfaisante dans la journée, physiquement et mentalement. »

« LES PÉRIURBAINS DOUBLÉS CHAQUE MATIN PAR LES CYCLISTES DANS LES BOUCHONS FINISSENT PAR COMPRENDRE L’INTÉRÊT DE LA MICROMOBILITÉ, QUI ÉLIMINE TOUS LES TEMPS MORTS. » BORIS WAHL, PATRON DES BOUTIQUES CYCLABLE

Pas le genre militants vélocipédiques, c’est le confort moderne de l’électrique qui les a menés jusqu’au VAE, par pur pragmatisme. Certes, se déplacer sans polluer compte à leurs yeux, tout comme l’instauration récente d’une filière de recyclage des batteries. Il est urgent de « faire sa part », comme dit Christine François, professeure de yoga, qui circule à vélo cargo électrique autour d’Igney (Vosges), près d’Epinal. « Depuis l’achat, en août, je n’ai pas pris la voiture plus de trois fois. » Certes encore, côté santé, l’on se doute bien que pédaler deux fois par jour au grand air, même sans forcer, ne peut pas faire de mal.

Florence Roux-Faivre, près de Clermont-Ferrand, n’avait pas sorti son VTT du garage depuis un bail. « A 50 ans, j’avais pris un peu de poids, je montais difficilement la côte. Quand j’ai évoqué le vélo électrique, le cardiologue m’a encouragée. “Des gens comme vous ne feraient pas de vélo, sinon.” Cet été, j’ai même converti mon mari, on a roulé 165 km le long du canal de Bourgogne. »

Mais, dans ses boutiques Cyclable partout en France, Boris Wahl voit maintenant affluer les gens pressés. « Des périurbains doublés chaque matin par les cyclistes, dans les bouchons. Ils finissent par comprendre l’intérêt de la micromobilité, qui élimine tous les temps morts et permet le porte-à-porte. » Nicolas Louvet, du bureau d’études 6T, le confir­me : « C’est le mode de transport métropolitain le plus rapide. On va à 19 km/h, contre 18 km/h en métro ou en voiture, 15 km/h à vélo, 5 km/h à pied. »

Pourtant, le vélo compte pour à peine 3 % des déplacements quotidiens en France (contre 10 % en Allemagne, 28 % aux Pays-Bas), piètre statistique que le plan vélo national du gouvernement, présenté en septembre, entend tripler d’ici à 2024. Il y a bien d’efficaces applications pour éviter ondées et routes dangereuses, de nouveaux modèles électriques (vélos rallongés ou cargos) pour embarquer enfants, courses et matériel. Mais manque l’essentiel : les aménagements de qualité (pistes cyclables, box sécurisés…) qui bouteraient hors des esprits la peur de l’accident et du vol.

Un hic, le prix

Parmi la dizaine de pratiquants sollicités, une bonne part a « pris une gamelle », « une portière », en tout cas l’habitude d’un gymkhana périlleux, sur engin rapide, hors pistes cyclables continues et protégées. Les métropoles mettent les bouchées doubles, traçant de nouveaux réseaux express – les 50 millions d’euros annuels du plan vélo devraient aider. « Le jour où les gens n’auront plus peur de mourir à vélo, ils s’y mettront. Il y a une appétence formidable », assure le président de la FUB, Olivier Schneider.

Oui, mais l’objet du désir est onéreux. Les VAE à 600 euros de la grande distribution ? Leurs batteries ne tiennent pas le coup, avertissent les spécialistes. « Il faut mettre 1 500 euros, admet Jérôme ­Valentin. Mais ensuite, c’est 17 centimes les 1 000 km ! » Pour que le désir devienne réalité, le patron de Cycleurope prépare une offre de location avec option d’achat – 25 euros par mois, entretien et assurance compris. La région Ile-de-France, aussi, y va de sa location longue durée, espérant mettre en selle 200 000 Franciliens à partir de septembre 2019.

Il est encore question d’élargir aux VAE la prime à la conversion des véhicules polluants, de pousser les employeurs à verser un « forfait mobilités durables » de 400 euros annuels…

« Outil de démotorisation des ménages, qui vient en suppression de la deuxième voiture, voire de la première en milieu urbain », selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, le vélo à assistance électrique mérite assistance financière. Sans trop le dire, pour éviter tout soupçon de renvoyer les pauvres au vélo du grand-père, les pouvoirs publics imaginent là une piste pour tous ceux qui se disent dépendants de l’essence – la part de la voiture étant prépondérante même pour les trajets domicile-travail inférieurs à 5 km.

« Presque tout le territoire se trou­ve à une dizaine de kilomètres de l’une des 3 000 gares, complète le président de la FUB. On ne pédalera pas 30 kilomètres pour aller travailler, mais, pour plein d’autres déplacements quotidiens, on peut économiser, à vélo électrique, les litres de carburant qui compensent la hausse des prix. » Dans le futur, les cyclistes seront les rois du pétrole.

9 décembre 2018

Tumblr en a fini avec le contenu pour adultes

tumblr

À compter du 17 décembre, les visiteurs de Tumblr ne verront plus aucune image pornographique sur les pages publiques de Tumblr. La décision est surprenante lorsque l’on connait l’importance de ce type de contenu pour la plateforme de blog. Les posts de type sexuel et montrant des corps dénudés seront, à quelques exceptions près, exclus.

L’annonce survient deux semaines après que l’application Tumblr a été retirée de l’App Store par Apple pour avoir hébergé du contenu pédopornographique. Si le porno est désormais interdit sur le site, de l’aveu même de l’équipe, tout type de nudité ne sera pas interdit. « Nous sommes conscients que Tumblr est aussi un lien d’expression libre dans les domaines des arts, vos relations, votre sexualité et votre parcours personnel ». Tumblr ne sera donc désormais plus l’auberge en libre-service de GIF, de photos ou de vidéos de sexe(s), mais il sera toujours possible de dévoiler des corps nus, pourvu que cela soit un tant soit peu artistique et que l’acte sexuel ne soit pas représenté.

À compter du 17 décembre, tous les posts sexuellement explicites seront automatiquement flagués afin d’être définitivement effacés des serveurs de la compagnie.

Publicité