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Jours tranquilles à Paris
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28 septembre 2013

Miss Tic

«Amour, gloire et Botox», «Le corps au régime ment», côté femmes. «Don d’orgasme», «Se taper un canon sans devenir un boulet», côté hommes. Depuis jeudi dernier et jusqu’au 20 octobre, à Montmartre, la galerie W s’est transformée en kiosque. Aux murs, des Unes des magazines Elle, Jalouse, Be, Glamour, Têtu, GQ, Men’s Health. Tous ont la même rédactrice en chef: l’artiste plasticienne Miss.Tic, qui s’est amusée à en revoir la ligne éditoriale, l’illustration, les slogans. Tout, en fait, sauf le titre.

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La Galerie W présente l'exposition 'les Uns et les Unes' de Miss. Tic du 26 Septembre au 20 Octobre 2013 ; avec une pointe de satire, l'artiste nous entraîne dans l'univers particulier de la presse magazine - féminin comme masculins - en détournant les Unes en papier glacé dans des affiches décalées...

Aussi, Miss. Tic nous met face à des slogans tantôt amusants, tantôt effrayants mais qui, dans tous les cas, pourraient se retrouver (ou s'être déjà retrouvé) à la Une des magazines : l'artiste imagine TÊTU lancer un dossier "Trouver l'âme frère" et un article "Jouir plus pour vivre plus" alors que Glamour conseillerait de "Séduire avant de Tuer" !

Cette série de toiles est pour Miss. Tic une réponse aux diverses agressions des Unes sur les panneaux publicitaires, kiosques et autres supports : tout le monde en prend de son grade, mais toujours avec un respect de la ligne éditoriale du média.

Informations pratiques :
Les Uns et les Unes, l'exposition de Miss. Tic à la Galerie W,
Du 26 Septembre au 20 Octobre 2013
Horaires : 10h30-20h tous les jours
Entrée Libre
Site de l'exposition Miss. Tic à la Galerie W 

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13 janvier 2019

Document : la lettre d’Emmanuel Macron aux Français

Le président de la République y précise notamment les contours du « grand débat national » qui doit s’ouvrir mardi.

Publié aujourd’hui à 19h55

Près de deux mois après le début du mouvement de contestation sociale des « gilets jaunes », la « lettre aux Français » d’Emmanuel Macron, rendue publique par l’Elysée dimanche 13 janvier, a pour but de cadrer les enjeux du « grand débat national », voulu par le président, qui doit s’ouvrir mardi.

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macron

« Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes,

Dans une période d’interrogations et d’incertitudes comme celle que nous traversons, nous devons nous rappeler qui nous sommes.

La France n’est pas un pays comme les autres.

Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte.

Chez nous, ceux qui travaillent financent les pensions des retraités. Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impôt sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités. Chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune. Les aléas de la vie, comme le chômage, peuvent être surmontés, grâce à l’effort partagé par tous.

C’est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires.

C’est aussi une des plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d’opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie.

Et chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans la conception des lois, dans les grandes décisions à prendre.

Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à décider du destin de tous : c’est tout cela, la nation française.

Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français ?

Je sais, bien sûr, que certains d’entre nous sont aujourd’hui insatisfaits ou en colère. Parce que les impôts sont pour eux trop élevés, les services publics trop éloignés, parce que les salaires sont trop faibles pour que certains puissent vivre dignement du fruit de leur travail, parce que notre pays n’offre pas les mêmes chances de réussir selon le lieu ou la famille d’où l’on vient. Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste.

Cette impatience, je la partage. La société que nous voulons est une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d’effort et de travail.

En France, mais aussi en Europe et dans le monde, non seulement une grande inquiétude, mais aussi un grand trouble ont gagné les esprits. Il nous faut y répondre par des idées claires.

Mais il y a pour cela une condition : n’accepter aucune forme de violence. Je n’accepte pas, et n’ai pas le droit d’accepter la pression et l’insulte, par exemple sur les élus du peuple, je n’accepte pas et n’ai pas le droit d’accepter la mise en accusation générale, par exemple des médias, des journalistes, des institutions et des fonctionnaires. Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait !

Afin que les espérances dominent les peurs, il est nécessaire et légitime que nous nous reposions ensemble les grandes questions de notre avenir.

C’est pourquoi j’ai proposé et je lance aujourd’hui un grand débat national qui se déroulera jusqu’au 15 mars prochain.

Depuis quelques semaines, de nombreux maires ont ouvert leurs mairies pour que vous puissiez y exprimer vos attentes. J’ai eu de nombreux retours que j’ai pu prendre en compte. Nous allons désormais entrer dans une phase plus ample et vous pourrez participer à des débats près de chez vous ou vous exprimer sur internet pour faire valoir vos propositions et vos idées. Dans l’Hexagone, outre-mer et auprès des Français résidant à l’étranger. Dans les villages, les bourgs, les quartiers, à l’initiative des maires, des élus, des responsables associatifs, ou de simples citoyens… Dans les assemblées parlementaires comme régionales ou départementales.

Les maires auront un rôle essentiel car ils sont vos élus et donc l’intermédiaire légitime de l’expression des citoyens.

Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre.

Et peut-être découvrirons-nous que nous pouvons tomber d’accord, majoritairement, au-delà de nos préférences, plus souvent qu’on ne le croit.

Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. Je pense toujours qu’il faut rendre à la France sa prospérité pour qu’elle puisse être généreuse, car l’un va avec l’autre. Je pense toujours que la lutte contre le chômage doit être notre grande priorité, et que l’emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu’il faut donc leur donner les moyens de se développer. Je pense toujours qu’il faut rebâtir une école de la confiance, un système social rénové pour mieux protéger les Français et réduire les inégalités à la racine. Je pense toujours que l’épuisement des ressources naturelles et le dérèglement climatique nous obligent à repenser notre modèle de développement. Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace. Sur ces grandes orientations, ma détermination n’a pas changé.

Mais je pense aussi que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen, de nouvelles manières d’envisager l’avenir, de nouvelles idées.

À ce débat, je souhaite que le plus grand nombre de Français, le plus grand nombre d’entre nous, puisse participer.

Ce débat devra répondre à des questions essentielles qui ont émergé ces dernières semaines. C’est pourquoi, avec le Gouvernement, nous avons retenu quatre grands thèmes qui couvrent beaucoup des grands enjeux de la nation : la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’Etat et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Sur chacun de ces thèmes, des propositions, des questions sont d’ores et déjà exprimées. Je souhaite en formuler quelques-unes qui n’épuisent pas le débat mais me semblent au cœur de nos interrogations.

Le premier sujet porte sur nos impôts, nos dépenses et l’action publique. L’impôt est au cœur de notre solidarité nationale. C’est lui qui finance nos services publics. Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œuvrent à votre service. Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d’avenir, notre recherche, notre culture, ou d’entretenir nos infrastructures. C’est aussi l’impôt qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps.

Mais l’impôt, lorsqu’il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises, créant ainsi de l’emploi et de la croissance. Et il prive les travailleurs du fruit de leurs efforts. Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela afin d’encourager l’investissement et faire que le travail paie davantage. Elles viennent d’être votées et commencent à peine à livrer leurs effets. Le Parlement les évaluera de manière transparente et avec le recul indispensable. Nous devons en revanche nous interroger pour aller plus loin.

Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ?

Nous ne pouvons, quoi qu’il en soit, poursuivre les baisses d’impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique.

Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ?

Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? A l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?

Notre modèle social est aussi mis en cause. Certains le jugent insuffisant, d’autres trop cher en raison des cotisations qu’ils paient. L’efficacité de la formation comme des services de l’emploi est souvent critiquée. Le gouvernement a commencé à y répondre, après de larges concertations, à travers une stratégie pour notre santé, pour lutter contre la pauvreté, et pour lutter contre le chômage.

Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ?

Le deuxième sujet sur lequel nous devons prendre des décisions, c’est l’organisation de l’Etat et des collectivités publiques. Les services publics ont un coût, mais ils sont vitaux : école, police, armée, hôpitaux, tribunaux sont indispensables à notre cohésion sociale.

Y a-t-il trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d’action au plus près des citoyens ? A quels niveaux et pour quels services ?

Comment voudriez-vous que l’Etat soit organisé et comment peut-il améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l’administration et comment ?

Comment l’Etat et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ?

La transition écologique est le troisième thème, essentiel à notre avenir. Je me suis engagé sur des objectifs de préservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de l’air. Aujourd’hui personne ne conteste l’impérieuse nécessité d’agir vite. Plus nous tardons à nous remettre en cause, plus ces transformations seront douloureuses.

Faire la transition écologique permet de réduire les dépenses contraintes des ménages en carburant, en chauffage, en gestion des déchets et en transports. Mais pour réussir cette transition, il faut investir massivement et accompagner nos concitoyens les plus modestes.

Une solidarité nationale est nécessaire pour que tous les Français puissent y parvenir.

Comment finance-t-on la transition écologique : par l’impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ?

Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?

Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ? Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ?

La question de la biodiversité se pose aussi à nous tous.

Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard ? Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos producteurs ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ?

Enfin, il est évident que la période que notre pays traverse montre qu’il nous faut redonner plus de force à la démocratie et la citoyenneté. Être citoyen, c’est contribuer à décider de l’avenir du pays par l’élection de représentants à l’échelon local, national ou européen. Ce système de représentation est le socle de notre République, mais il doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à l’issue des élections.

Faut-il reconnaître le vote blanc ? Faut-il rendre le vote obligatoire ?

Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques?

Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d’élus ?

Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Economique, Social et Environnemental doivent-ils jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ?

En outre, une grande démocratie comme la France doit être en mesure d’écouter plus souvent la voix de ses citoyens.

Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ?

Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique ?

Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ?

La citoyenneté, c’est aussi le fait de vivre ensemble.

Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol : c’est le devoir de l’asile, qui ne saurait être remis en cause. Notre communauté nationale s’est aussi toujours ouverte à ceux qui, nés ailleurs, ont fait le choix de la France, à la recherche d’un avenir meilleur : c’est comme cela qu’elle s’est aussi construite. Or, cette tradition est aujourd’hui bousculée par des tensions et des doutes liés à l’immigration et aux défaillances de notre système d’intégration.

Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation ? En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?

La question de la laïcité est toujours en France sujet d’importants débats. La laïcité est la valeur primordiale pour que puissent vivre ensemble, en bonne intelligence et harmonie, des convictions différentes, religieuses ou philosophiques. Elle est synonyme de liberté parce qu’elle permet à chacun de vivre selon ses choix.

Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’Etat et les religions de notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

Dans les semaines qui viennent, je vous invite à débattre pour répondre à ces questions déterminantes pour l’avenir de notre nation. Je souhaite aussi que vous puissiez, au-delà de ces sujets que je vous propose, évoquer n’importe quel sujet concret dont vous auriez l’impression qu’il pourrait améliorer votre existence au quotidien.

Ce débat est une initiative inédite dont j’ai la ferme volonté de tirer toutes les conclusions. Ce n’est ni une élection, ni un référendum. C’est votre expression personnelle, correspondant à votre histoire, à vos opinions, à vos priorités, qui est ici requise, sans distinction d’âge ni de condition sociale. C’est, je crois, un grand pas en avant pour notre République que de consulter ainsi ses citoyens. Pour garantir votre liberté de parole, je veux que cette consultation soit organisée en toute indépendance, et soit encadrée par toutes les garanties de loyauté et de transparence.

C’est ainsi que j’entends transformer avec vous les colères en solutions.

Vos propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la Nation, de structurer l’action du gouvernement et du parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international. Je vous en rendrai compte directement dans le mois qui suivra la fin du débat.

Françaises, Français, je souhaite que le plus grand nombre d’entre vous puisse participer à ce grand débat afin de faire œuvre utile pour l’avenir de notre pays.

En confiance,

Emmanuel Macron »

3 juillet 2013

C'est la Fashion Week à Paris

A l'occasion de la Fashion week parisienne, Nabilla a participé au défilé haute couture de Jean-Paul Gaultier. Sur le catwalk, elle a joué le jeu à fond : vêtue d'une longue robe sexy avec doublure panthère, elle a mimé des coups de pattes de félins, avant de se faire embrasser par Jean-Paul Gaultier.

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24 novembre 2018

Manifestations contre les violences sexistes et sexuelles : « On veut du respect, on n’est pas des objets »

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Par Le Monde.fr, avec Solène Cordier

Entre environ 20 000 et 80 000 personnes, selon les sources, ont défilé dans une cinquantaine de villes en France pour réclamer « des mesures ambitieuses et des moyens financiers ».

« Pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles » : plusieurs milliers de manifestantes et manifestants ont défilé partout en France, samedi 24 novembre, à l’appel d’un collectif citoyen, #NousToutes. Ils réclamaient la fin de « l’impunité des agresseurs », ainsi que « des mesures ambitieuses et des moyens financiers suffisants pour que l’action publique mette la lutte contre les violences en top des priorités ».

Des défilés ont eu lieu dans une cinquantaine de villes, parés de violet, couleur choisie par le mouvement. « C’est la plus grosse mobilisation contre les violences sexuelles et sexistes qu’on ait connu en France », s’est félicité à Paris la militante féministe Caroline De Haas. Selon les associations organisatrices, les défilés ont rassemblé près de 30 000 personnes à Paris - contre 12 000 selon la préfecture de police -, et 80 000 sur l’ensemble du territoire. Les autorités ont annoncé 2 400 manifestants à Lyon, 1 500 à Marseille ou encore 950 à Rennes.

Une plateforme de signalement

En fin de journée, le président de la République, Emmanuel Macron, s’est réjoui sur son compte Twitter que « la lutte contre les violences faites aux femmes progresse chaque jour ». « Mais notre société part de loin : chacun doit agir et lutter car c’est l’affaire de tous », a-t-il poursuivi. De son côté, la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a « salué » cette « grande manifestation (…) qui doit être vue et entendue ».

Une plateforme de signalement en ligne des violences sexistes et sexuelles sera lancée mardi par le gouvernement, a annoncé en parallèle dimanche le premier ministre Edouard Philippe dans une tribune publiée sur le réseau social Facebook. Initialement attendue pour octobre, cette plateforme sera « opérationnelle 24H/24 via le site service-public.fr ». « Elle permettra aux victimes ou aux témoins d’échanger avec un policier ou un gendarme spécialement formé pour les aider dans leurs démarches », a ajouté Edouard Philippe.

« C’est important d’être visible »

« On veut du respect, on n’est pas des objets », pouvait-on ainsi lire samedi sur une des pancartes du cortège de tête de la manifestation à Paris. En milieu d’après-midi, le défilé est arrivé place de la République, après s’être élancé deux heures plus tôt de la place de l’Opéra. Les manifestantes (une majorité sont des femmes) ont clamé dans une ambiance joyeuse différents slogans « anti-patriarcat ». « Nous sommes des putains de féministes » martelaient-elles, après avoir chanté des slogans de soutien aux « femmes racisées » et aux « trans ».

D’autres mots d’ordre ont été entonnés, contre les violences policières et le système capitaliste. Une critique qui va de soi pour Elisabeth, 69 ans, qui se définit comme « féministe, syndicaliste et libertaire ». « C’est important d’être là un an après #MeToo, pour dire qu’on n’accepte plus les violences », explique-t-elle. Marie, 36 ans, est venue avec son fils dans sa poussette. « J’ai été victime de violences sexistes et sexuelles, j’ai mis vingt ans à le comprendre, explique la jeune femme. C’est important d’être visible pour que les choses changent, et pas seulement en théorie. » « C’est formidable, ça prouve que les gens se sentent concernés, j’espère que ça va faire bouger les choses », a commenté Damien, la trentaine, venu avec sa petite amie pour « témoigner de sa solidarité » avec les femmes.

Du témoignage à l’action

Ces derniers jours, sur les réseaux sociaux, les féministes – femmes et hommes – ont multiplié les messages à l’attention des « gilets jaunes », mobilisés également ce samedi, les exhortant à ne pas éclipser leurs marches.

Né en septembre et appuyé par plusieurs associations, le mouvement #NousToutes souhaitait « passer du témoignage à l’action », un an après #MeToo, qui a fait bondir de 23 % le nombre de cas de violences sexuelles signalées à la police, et six semaines après la mobilisation d’un millier de femmes à Paris autour de Muriel Robin. La comédienne était d’ailleurs de nouveau dans la rue samedi, aux côtés d’autres actrices comme Eva Darlan et Vanessa Demouy ou de la responsable CGT Sophie Binet.

« Sans argent, les politiques publiques ne suivront pas »

En France, en 2016, 123 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-compagnon, soit environ une tous les trois jours. Chaque année, près de 220 000 femmes subissent des violences de la part de leur conjoint ou ex-compagnon, selon des chiffres officiels datant de 2017. En outre, plus de 250 femmes sont violées chaque jour, et une sur trois a déjà été harcelée ou agressée sexuellement au travail.

Il y a un an, le président Emmanuel Macron avait décrété l’égalité femmes-hommes « grande cause du quinquennat », lors d’un discours à l’Elysée. Mais « s’il n’y a pas d’argent, les politiques publiques ne suivront pas, a prévenu Caroline De Haas. En Espagne, ils ont sorti un milliard d’euros supplémentaire en cinq ans pour en finir avec les violences. En France, il faudrait 2 milliards ».

Les fonds consacrés à l’aide aux femmes victimes de violences conjugales devraient être portés à au moins 506 millions d’euros par an, contre 79 millions d’euros aujourd’hui, ont plaidé, le 22 novembre, cinq organisations, dont la Fondation des femmes, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes et le Conseil économique, social et environnemental.

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17 août 2018

Don McCullin : onze jours d’apocalypse au Vietnam

Par Alain Frachon, Michel Guerrin, Batcombe, Somerset (Angleterre), envoyés spéciaux

En février 1968, le Britannique rejoint les marines pendant la bataille de Huê. Au cœur de l’horreur, il prend ses photos les plus mémorables.

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Février 1968, bataille de Huê, centre du Vietnam. Sous la pluie, dans la boue, pilonnée au mortier et au lance-roquettes, la compagnie de marines commandée par Myron Harrington, 24 ans, subit de lourdes pertes : partis à 120, début février, ils ne sont plus que 39 à l’issue des combats, un mois plus tard.

Don McCullin les rejoint au pied de la citadelle de l’ancienne capitale impériale du pays. Il passe onze jours avec eux. Sans les quitter. « Vient un moment où mon métier ne ressemble plus à rien. A Huê, je n’étais pas un photographe de guerre, j’étais au bord de l’extrême, dit-il. Dans ces moments-là, le reportage est un voyage dans la folie. » Le long de la rivière des Parfums, les Marines doivent reprendre la vieille ville de Huê, enchevêtrement de pagodes, de douves, de lacs, entourant le palais impérial.

L’armée nord-vietnamienne et ses alliés du Sud, le Vietcong, s’emparent de Huê lors de la grande offensive qu’ils déclenchent à l’occasion du Têt, la fête du Nouvel An lunaire, entre le 30 et le 31 janvier. Ils sont retranchés derrière les remparts de la citadelle. Ils tiennent solidement la ville. Ils arrêtent l’avancée des Marines. Temps froid, ciel bas, averses torrentielles. La compagnie de McCullin est collée au sol par des tirs continus. Nuit et jour, les Marines se planquent dans des trous et des ruines.

« Pourquoi ne m’a-t-il pas tué ? »

Comment photographier sous le feu adverse ? Tout reporter dira qu’il fait comme il peut. McCullin a, lui, une façon très personnelle de s’imposer au temps et à l’espace, observant un protocole précis.

D’abord, la lumière. « Une des phases les plus périlleuses est la mesure de la lumière ambiante, explique-t-il dans ses Mémoires. A moins de mitrailler à tout-va, il faut bien passer par ce moment d’immobilité et de calcul qui fait de vous une cible idéale. » Plaqué au sol, il faut ensuite changer de film : « C’est une autre opération à haut risque. Le dos du Nikon F dont je me servais pour mes premiers reportages au Vietnam n’étant pas monté sur des charnières, je devais, couché sur le dos, mon appareil tenu sur ma poitrine, détacher le couvercle puis tâtonner pas mal à l’aveuglette, sachant que, si je relevais la tête pour voir ce que je faisais, je serais probablement un homme mort. »

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A Huê, du haut de la citadelle, les « snipers » nord-vietnamiens ont les hommes d’Harrington en ligne de mire. Deux marines s’écroulent à quelques mètres de McCullin. Pas lui. « Parce que je portais mes deux Nikons sur le thorax ?, s’interroge-t-il aujourd’hui. Pourquoi suis-je vivant, pourquoi ne m’a-t-il pas tué ? »

En quelques jours, le photographe voit des dizaines de soldats américains tués ou blessés – « la chair taillée à vif » – autour de lui. Un marine a la mâchoire arrachée par une balle. Un autre, la gorge tranchée, se vide de son sang. « Hollywood a rendu la guerre glamour, ce n’est pas glamour, c’est moche et ça pue », dit McCullin.

Il joue sa vie à Huê pour ça, pour montrer le profil barbare de la guerre. Un demi-siècle plus tard, quand la Tate Britain, à Londres, préparant une rétrospective McCullin pour 2019, lui demande de retirer une photo jugée trop dure, le photographe répond : « Pas question ou alors pas d’exposition. » Dans un film des réalisateurs Jacqui et David Morris, consacré à McCullin et diffusé par la BBC en 2015, Harrington, l’officier de la compagnie de marines de Huê, raconte : « Depuis l’arrière, des photoreporters faisaient des allers et retours de moins d’une journée avec nous. » Ils repartaient avec les hélicoptères évacuant les morts et les blessés. « Pour une raison que j’ignore, Don est resté avec notre unité. A plus d’une occasion, prenant un maximum de risques, il a aidé à porter des blessés. »

« JE SUIS DEVENU TIMBRÉ, COURANT D’UN BORD À L’AUTRE DE NOTRE CHAMP DE BATAILLE COMME UN ANIMAL. (…) TOUT À COUP, J’ÉTAIS UN VIEIL HOMME BARBU, LES YEUX CAVES. »

La bataille de Huê restera comme l’affrontement d’infanterie le plus long du conflit américano-vietnamien : un mois de combats, presque au corps-à-corps, à la grenade, au fusil. « Non moins effroyable que les mortiers d’en face, ceux des Nord-Vietnamiens et du Vietcong, la flotte américaine, à 25 kilomètres de la côte, en mer de Chine du Sud, ripostait en balançant ses obus devant nous (…) et il n’était pas moins effrayant de voir passer par-dessus nos têtes les énormes volées de bidons au napalm que les bombardiers Phantom larguaient dans notre dos, vers la citadelle en face. »

Harrington parle de « chaos total ». McCullin avoue : « Je suis devenu timbré, courant d’un bord à l’autre de notre champ de bataille comme un animal. (…) Tout à coup, j’étais un vieil homme barbu, les yeux caves. Je dormais à même le sol, casque à portée de mains, tout habillé, frissonnant avec pour seule couverture un gilet pare-éclats ramassé sur place. »

Saturé d’horreurs, débranché

Paradoxe du grand photographe de guerre, McCullin, dans le « chaos total » de Huê, prend ses images les plus mémorables. L’une d’elles est devenue emblématique de la guerre américaine au Vietnam. Un marine assis, en état de choc, « battle-dress » crasseux, les yeux fixes, regard vide, serre les mains sur le canon de son fusil M16. Il n’est pas physiquement blessé, il est mentalement passé dans un autre monde, saturé d’horreurs, débranché. « Je l’ai pris cinq fois, cinq photos de visage. Les cinq négatifs sont absolument identiques, ses yeux ne bougent pas », raconte le photographe.

« JE N’AVAIS PAS CHANGÉ DE VÊTEMENTS. JE LES AI JETÉS. J’AI PRIS UNE DOUCHE ET, SOUS LA DOUCHE, JE ME SUIS MIS À PLEURER. »

McCullin ne « mitraille » pas à Huê, il compose dans l’urgence. Il saisit l’instant où un marine lance une grenade. Les Nord-Vietnamiens sont à moins de vingt mètres. Pour que le cliché soit bon, il faut une technique très maîtrisée – vitesse de déclenchement rapide et focale adaptée. Il s’en souvient avec précision – « c’était du 250/F8 » – comme il se souvient que, dans les secondes qui suivent, le marine a la main « réduite en chou-fleur » par une balle d’AK-47. Des années plus tard, le marine à la grenade, Harrington et d’autres de la compagnie se réunissent avec le photographe.

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Mais parmi les rescapés de la bataille des remparts, l’un n’est jamais venu à ces rencontres. Ils ne l’ont jamais revu. Il est vivant mais il a disparu. Le marine en état de choc, l’homme au regard vide, reste à ce jour, un visage sans histoire – autre que celle de la bataille de Huê. « Après ces deux semaines, raconte McCullin, je suis retourné en hélicoptère au bureau de presse de la grande base américaine de Da Nang », ville côtière du centre du Vietnam. « Je n’avais pas changé de vêtements. Je les ai jetés. J’ai pris une douche et, sous la douche, je me suis mis à pleurer. » La citadelle tombe le 26 février. Huê est détruite aux deux tiers ; la cité impériale, réduite en ruines. Des milliers de civils ont été tués.

L’offensive du Têt a touché presque toutes les villes du Vietnam du Sud. Elle se solde par un échec militaire majeur pour le Vietnam du Nord et le Front de libération du Sud. En moins de trois mois, l’armée américaine et celle du Vietnam du Sud reprennent le contrôle des villes. Le Nord escomptait une sorte d’insurrection générale de la population sud-vietnamienne. Hanoï tablait sur des défections massives dans l’armée de Saïgon. Rien de tout cela ne se produit – plutôt le contraire.

135 photographes tués ou disparus

Un demi-siècle plus tard, dans la bucolique sérénité des collines du Somerset, McCullin s’autoanalyse à voix haute. Est-ce que le reporter prend parti en rejoignant une unité de marines ? Est-ce qu’il « héroïse » les uns et pas les autres ? Est-ce qu’il choisit son camp ? Longuement, McCullin dissèque la façon dont il a pratiqué le reportage. « Au Vietnam du Nord, un photographe étranger ne pouvait pas travailler librement (…). Au Vietnam du Sud, on était totalement libre, on allait où on voulait », sans la moindre censure.

« JE N’AI PLUS JAMAIS RETROUVÉ PAREILLE LIBERTÉ DANS AUCUN DES CONFLITS QUE J’AI SUIVIS, CETTE LIBERTÉ QUI PERMET DE MONTRER LA DOULEUR ET DE SAISIR, EN DIRECT, LA MORT DE TOUT JEUNES SOLDATS. »

Persuadé d’avoir le soutien de l’opinion avec cette intervention qui s’inscrit dans la guerre froide, contre les communistes, Washington laisse une grande latitude à la presse. Dûment accrédités auprès de l’armée américaine, les journalistes choisissent d’aller où ils souhaitent et, équipés de pied en cap, montent dans les hélicoptères de la Cavalry avec rang d’officier.

La presse dispose d’une carte Priorité 3 ; la Priorité 1 est pour les blessés, la 2 pour les responsables politiques, les soldats n’ont que la 5. McCullin observe : « Je n’ai plus jamais retrouvé pareille liberté dans aucun des conflits que j’ai suivis, cette liberté qui permet de montrer la douleur et de saisir, en direct, la mort de tout jeunes soldats. »

Aucune guerre n’a été aussi intensément photographiée que le Vietnam, aussi près des combats, avec pour conséquence que les images sont dominées par les soldats, plus que par les victimes civiles – contrairement aux conflits des trente dernières années. Rançon de cette liberté laissée à la presse, le nombre de morts est élevé chez les photographes (135 tués ou disparus depuis la guerre française en Indochine). Leur histoire est racontée dans Requiem (Jonathan Cape, 1997), un livre coécrit par deux vétérans de la presse à Saïgon, Horst Faas et Tim Page, tous deux photographes.

Requiem est le récit d’une guerre qui, pour une génération de jeunes journalistes, porte la marque des années 1960, des temps de revendication libertaire avec pour slogan, en forme de raccourci, le triptyque « sexe, drogue et rock and roll ».

On va au Vietnam pour une grande aventure, existentielle et sensorielle, pour couvrir la guerre, certes, et également, écrivent crûment Faas et Page, « pour boire, baiser, fumer de l’herbe et de l’opium », en écoutant les Rolling Stones.

« Un témoin indépendant »

Cet étonnant cocktail imprègne les lignes d’un autre livre, l’un des meilleurs sur le conflit, Putain de mort (Albin Michel, 1980) de l’Américain Michael Herr, envoyé spécial du magazine Esquire à Saïgon. McCullin sympathise avec Herr, il aime son livre. Mais le Britannique n’appartient pas à cette école de journalisme fascinée par l’esthétique démente de la machine de guerre américaine, qui voit dans l’expérience du Vietnam comme la prolongation hystérique de la culture rock de l’époque. Venu de son Londres prolétaire, McCullin est trop « puritain » pour ça, dit John le Carré en préface à l’un de ses livres de photos.

« LES PROSTITUÉES, LES BARS, LES SENSATIONS À BON MARCHÉ, J’AI ESSAYÉ DE ME TENIR À DISTANCE DE TOUT ÇA »

Si McCullin va à la guerre, c’est pour la regarder en face, pas pour la musique. S’il prend des risques, c’est pour être en première ligne des combats, pas pour l’ambiance de Saïgon. « Les prostituées, les bars, les sensations à bon marché, j’ai essayé de me tenir à distance de tout ça », dit-il. Le plus souvent, il travaille seul : « Je suis un loup solitaire, en compétition avec la mort, pas avec mes confrères. » Franc-jeu, il avoue avoir « aimé être à la guerre », mais sans chercher « le grand frisson ».

L’honnêteté journalistique dans la tourmente de la guerre ? « Je n’ai jamais vu les Vietcongs et les soldats nord-vietnamiens comme des ennemis ; j’avais beau débarquer à Huê sous l’apparence d’un marine, je n’y étais pas envoyé par les Etats-Unis, raconte le photographe dans ses Mémoires ; j’étais ce que j’ai tenté d’être chaque fois : un témoin indépendant – mais nullement détaché. » Il parle de la solidarité qui s’installe dans un groupe d’hommes sous le feu. Dans le même souffle, il dit son admiration pour l’invraisemblable courage, l’abnégation, des soldats du Nord : « Les bombardiers lourds B-52 larguaient leurs bombes en un tapis si serré qu’on aurait juré qu’il ne restait rien de vivant sur des kilomètres à la ronde », mais les avions n’étaient pas repartis depuis cinq minutes que ces soldats ressortaient de leurs abris pour tirer sur l’ennemi.

Victoire militaire incontestable, le Têt est une défaite politique pour les Etats-Unis. Les images de ces batailles montrent la combativité inébranlée du Nord. Après trois ans d’une guerre qui commence en 1965 et mobilise près d’un demi-million d’Américains en 1968, l’opinion s’interroge : l’Amérique ne gagne toujours pas ? Pourquoi ? Photos et reportages télévisés touchent le grand public. Les Américains commencent à s’inquiéter. Le nombre de morts et de blessés ne cesse d’augmenter dans une armée qui compte nombre d’appelés dans ses rangs. Elu en novembre 1968, le nouveau président, Richard Nixon, ordonne un début de retrait.

Ni cynique, ni pacifiste

A la guerre, McCullin dit que la peur ne le quitte pas. Il connaît des moments de pure panique : « Moi qui me proclame toujours athée, je me suis surpris, dans une bataille au Cambodge, à supplier – s’il te plaît Dieu, ne me laisse pas mourir, donne-moi une autre chance. » Au Cambodge, justement, en 1970, il a le tympan crevé et reçoit plusieurs éclats d’obus à l’aine et aux jambes.

McCullin parle souvent de ses confrères, les anciens qu’il admire, les Robert Capa, Alfred Eisenstaedt, Margaret Bourke-White, Carl Mydans et ceux qu’il a côtoyés, au Vietnam notamment : Philip Jones Griffiths, David Douglas Duncan, Larry Burrows, son ami Gilles Caron, Henri Huet ou Kyoichi Sawada, parmi d’autres.

Son premier contact avec la guerre n’est pas le Vietnam, où il se rend dès 1964, mais les affrontements de Chypre, la même année, entre communautés d’origine grecque et turque de l’île. « Ce fut mon baptême du feu, le début d’un long voyage à travers la guerre, dit-il. J’ai su que je gardais mon calme, je pouvais prendre des photos dans le chaos et le danger. »

Au fil des conflits qu’il a documentés – en Irlande du Nord, au Proche-Orient entre Israël et ses voisins arabes puis au Liban, en Afrique au Biafra et au Congo, en Amérique centrale au Salvador, en Irak en 1991 –, McCullin se forge une ligne de conduite. « Mes règles », dit-il.

Tout n’est pas permis. Quand on travaille au plus près, quand on côtoie les hommes en armes, le risque est de les inciter à plus de violence encore. A tout le moins, la présence du photographe peut, paradoxalement, banaliser ou normaliser la violence. A Saïgon, il refuse de photographier des exécutions publiques : « Ce n’étaient pas des “exécutions” mais des meurtres purs et simples. Le fait d’accepter de les photographier banalisait ces meurtres aux yeux de ceux qui les commettaient. C’était une façon d’accorder une sorte d’imprimatur, de dire “c’est OK, c’est normal de faire ça” aux exécutants. »

Il y a d’autres limites, subjectives, plus difficiles à définir. McCullin prend des photos de morts, de blessés, militaires ou civils. Il sait que c’est un vol d’intimité – « la photo, c’est du vol », répète-t-il. A Huê, il rampe près d’un marine qui a reçu deux balles dans le bas du visage. Le soldat applique une grosse compresse sur sa blessure. Du sang et de la salive lui coulent sur la figure : « Ses yeux étaient comme deux enfers, hurlant sa douleur. J’ai braqué ma caméra, mais il a fait “non” de la tête, me demandant de m’abstenir. Je me suis éloigné. »

« J’ESSAIE DE MAÎTRISER À PEU PRÈS MA PEUR, MAIS IL N’Y A PAS DE RAISON DE CONTRÔLER MES ÉMOTIONS, ELLES ONT FAÇONNÉ MON REGARD. »

« McCullin ne se protège pas », observe John le Carré. Ce n’est pas seulement qu’il travaille à « l’avant » – on ne le voit jamais avec un téléobjectif. C’est aussi qu’il ne bloque aucun de ses « boutons émotionnels ». « Je ne mets jamais mes émotions de côté. » C’est anormal si la guerre n’éveille pas « la douleur, l’effroi, l’écœurement, l’horreur, la révolte, le dégoût, nous dit-il. J’essaie de maîtriser à peu près ma peur, mais il n’y a pas de raison de contrôler mes émotions, elles ont façonné mon regard. »

« Les rougeoyants enfers qu’il n’a cessé de visiter », poursuit John le Carré, n’ont fait de lui ni un cynique ni un pacifiste. Il photographie d’abord la guerre comme pour dire « on sait qu’elle est atroce, mais on le saura encore mieux en le voyant ».

Son premier recueil de photos s’intitule The Destruction Business (Macmillan, 1971). Il s’attache au combat, qui est le noyau dur de la guerre : des hommes cherchent à en tuer d’autres, qui cherchent à les tuer. Il a réalisé à ce sujet un monument de photo-journalisme en noir et blanc, une œuvre qui reste comme un exceptionnel travail documentaire. Tout est là, dit-il, à Batcombe, « Je vis avec mes fantômes », ceux de Huê et les autres, bien rangés à la sortie de la chambre noire. C’est expliqué sur un ton courtois, maîtrisé, presque badin. Puis, plongé dans une introspection permanente et tourmentée, il s’interroge, encore et toujours : est-ce que ça sert à quelque chose de photographier la guerre ?

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20 juillet 2019

Champs d'Amours - exposition

Exposition Champs d’Amours - Hôtel de ville Salle Saint Jean 5 rue de Lobau 75004 Paris jusqu’au 28 septembre 2019 :  lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi de 10h à 18h30    A travers des affiches, des photographies, des livres, des costumes et des scénarios de films, l’Hôtel de ville de Paris raconte 100 ans de cinéma arc-en-ciel. A l’occasion du mois des Fiertés et 50 ans après les émeutes de Stonewall, l’exposition « Champs d’amours » montre l’évolution de la représentation des personnes LGBT sur le grand écran de 1919 à 2019. Près de 100 extraits de longs-métrages et une dizaine de longs-métrages animent l’exposition.  Où : Hôtel de Ville de Paris    Quand : tous les jours (sauf les dimanches) de 10h à 18h30

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12 juillet 2019

LGBT - GAI PARIS

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Gai Paris

Paris, capitale du cinéma. Paris, capitale de l'amour. Paris, ville désirée par tant d'homosexuel-le-s comme un Eldorado où ils et elles pourraient enfin être eux-elles-mêmes dans cette liberté offerte par l'anonymat de la grande ville. Gay Paris des bals travestis et des cabarets, Chez Michou, Le Monocle, Madame Arthur, Chez Moune, Le Carrousel, et bien d'autres. Paris et son quartier gay, le Marais après d'autres, ses lieux de drague en extérieur datant parfois, comme le jardin des Tuileries, de l'Ancien Régime, ses quais de Seine et de gare propices aux rencontres, son Bois aux amours tarifées. Paris et ses amphis où s'élaborèrent tant de contestations et de combats, du féminisme aux réunions du FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire) dans les années 1970 à Act Up vingt ans plus tard. Paris et ses rues et avenues au long desquelles se sont déroulées d'innombrables manifestations LGBTQI+ depuis un demi-siècle, qu'elles se nomment Gay Pride, Marches des Fiertés, Existrans, mobilisations du 1er décembre contre le sida. Des plus populaires. aux plus huppés, tous les quartiers de la capitale ont vu fleurir des histoires homosexuelles — tendres, engagées, sensuelles, festives... — dont des dizaines de scénarios ont su faire leur miel. Comme le chantait l'icône Coccinelle (la première vedette de cabaret transgenre française) dans le film Nuits d'Europe (Alessandro Blasetti, 1959) : « Ça c'est Paris ! »

28 juin 2019

Jacquemus

Lundi 24 juin, Simon Porte Jacquemus conviait ses invités au cœur des champs de lavande de Valensole en Provence à l'occasion des 10 ans de sa griffe. Baptisé "Le coup de soleil" ce show gorgé de soleil accueillait entre autres Emily Ratajkowski, Eddy de Pretto ou encore Baptiste Giabiconi...

Cap sur Valensole et ses champs de lavande où Simon Porte Jacquemus embarquait ses invités, ce lundi 24 juin, à l'occasion de son défilé anniversaire.

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15 juin 2019

Boris Johnson menace de ne pas payer la facture du Brexit

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Le favori à la succession de Theresa May annonce que Londres refusera de payer la « facture du Brexit » tant que l’UE ne proposera pas de meilleures conditions de divorce.

Boris Johnson, considéré comme le favori pour succéder à Theresa May, a prévenu samedi 8 juin que s’il devient premier ministre, il refusera de payer la « facture du Brexit » tant que l’Union européenne ne proposera pas à Londres de meilleures conditions de divorce.

La « facture du Brexit » correspond à la part des engagements financiers pris par le Royaume-Uni conjointement avec les autres Etats membres de l’union européenne (UE) que Theresa May a accepté en décembre de verser dans le cadre du budget pluriannuel en cours (2014-2020), qui couvre également la période de transition prévue par l’accord, soit une somme de 35 à 39 milliards de livres (39 à 44 milliards d’euros).

« Nos amis et partenaires doivent comprendre que l’argent sera conservé jusqu’à ce que nous ayons plus de clarté sur le chemin à prendre », a dit ce partisan du Brexit dans un entretien au Sunday Times. « Dans un bon accord, l’argent est un excellent solvant et un très bon lubrifiant », a ajouté l’ancien ministre des affaires étrangères à l’occasion de sa première prise de parole depuis la démission de Mme May vendredi de la tête du Parti conservateur.

Pas d’accord sur la clause de sauvegarde irlandaise

Le conservateur eurosceptique ajoute qu’il enterrera la clause de sauvegarde irlandaise (le « backstop »), qui a précipité le rejet de l’accord de Brexit par le Parlement britannique, accord que Boris Johnson se fait fort de renégocier. Il précise qu’il n’acceptera de régler la question de la frontière entre la province d’Irlande du Nord et la République d’Irlande qu’une fois que les relations commerciales à long terme entre le Royaume-Uni et l’UE auront été définies.

Boris Johnson promet également d’accélérer les préparatifs en vue d’un Brexit sans accord afin que le Royaume-Uni soit prêt en vue des « perturbations » générées par cette situation. Theresa May reste chef du gouvernement d’ici fin juillet, jusqu’à ce que le parti désigne son nouveau chef, qui deviendra aussitôt premier ministre. M. Johnson est perçu comme le favori parmi la dizaine de candidats.

A 54 ans, Boris Johnson a été l’un des grands artisans de la victoire du Brexit au référendum de juin 2016. Il veut que le Royaume-Uni quitte l’UE le 31 octobre, accord renégocié ou pas. Apprécié par la base de son parti, l’ancien maire de Londres suscite en revanche des réactions plus contrastées chez les députés tories.

5 juillet 2019

Marie Afdjene (photographe) expose à la Concorde Art Gallery - actuellement

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Marie Afdjene

Photographe

Marie est une passionnée, une passionnée de photo depuis son plus jeune âge. Après un parcours professionnele éclectique, elle se décide de faire de sa passion son métier. Elle aime profondément les rencontres, les histoires, les gens et ne les immortalise qu'après avoir capté la sensibilité de chacun.

Voir mes précédents billets sur Marie Afdjene

http://www.concorde-art-gallery.com/

15 juin 2019

Les Japonaises se révoltent contre les talons au travail

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Par Philippe Mesmer, Tokyo, correspondance

Le ministre du travail a refusé de légiférer pour interdire aux entreprises d’obliger les salariées à porter des escarpins.

Un ministre une journée en talons aiguilles ? « Chiche », ont lancé des milliers de Japonaises, jeudi 6 juin, sur les réseaux sociaux. Leur cible : le ministre du travail, Takumi Nemoto, dont elles n’ont pas apprécié le refus de légiférer pour interdire aux entreprises d’obliger les salariées à porter des chaussures à talons.

« Il est généralement admis dans la société que porter des hauts talons est nécessaire et approprié au travail », a déclaré M. Nemoto. Il répondait à Kanako Otsuji, députée du Parti démocrate constitutionnel (opposition), pour qui obliger une femme à se jucher sur des hauts talons était « dépassé ». Un code vestimentaire ne concernant que les femmes s’apparente selon elle à de « l’abus de pouvoir ». « Il n’y a abus de pouvoir que quand une employée est forcée d’en porter alors qu’elle a les pieds douloureux », a répondu M. Nemoto.

La vice-ministre du travail, une femme, Emiko Takagai, a toutefois déclaré qu’il ne fallait pas forcer les femmes à porter des hauts talons. Ce qui n’a pas empêché les critiques de fuser en ligne, reflétant le succès d’une mobilisation lancée par une actrice de 32 ans, Yumi Ishikawa.

Mot-dièse « Kutoo »

Le 24 janvier, Mme Ishikawa racontait dans un tweet ses difficultés à tenir huit heures par jour en talons pendant un travail effectué dans un hôtel. « J’espère faire disparaître l’habitude de voir les femmes porter des talons et des escarpins au travail », ajoutait-elle dans ce message retweeté 30 000 fois.

Par la suite, Mme Ishikawa a créé le hashtag « Kutoo », dont la prononciation joue sur la similarité entre « kutsu » (chaussure) et « kutsuu » (douleur), et la proximité avec le mouvement #metoo. Elle a aussi lancé une pétition qu’elle a remise le 3 juin, signée par 18 000 personnes, au ministère du travail. « Il semble que les hommes ne comprennent pas que porter des talons hauts peut être douloureux et provoquer des blessures », a déclaré Mme Ishikawa à Reuters.

Le succès du mouvement traduit le mécontentement grandissant des Japonaises dans un pays classé 110e en termes d’égalité des genres par le Forum économique mondial. Le cabinet du premier ministre Abe ne compte ainsi qu’une seule femme – sur dix-neuf ministres. Depuis avril, les Japonaises manifestent chaque 11 du mois pour appeler à plus d’égalité.

9 juin 2019

Enquête - Non-binaire, « gender fluid », trans… des ados « ni tout à fait filles ni tout à fait garçons »

Par Solène Cordier - Le Monde

Les jeunes générations jouent davantage des identités de genre. Une pratique qui reste très minoritaire mais se heurte bien souvent à l’incompréhension ou au rejet.

Non-binaire, « gender fluid », « agenre », trans… dans les lycées et sur les réseaux sociaux, de plus en plus de jeunes gens se définissent en dehors de la dichotomie fille-garçon majoritaire. Les professionnels, intervenants scolaires, qui côtoient les adolescents le disent : ces dernières années, ils sont bien davantage confrontés à de telles situations – qui restent très minoritaires. En février, à Albi, un lycéen qui se rendait en classe avec du fard à paupières et des chaussures à talons a ainsi défrayé la chronique. Son apparence a déplu à une mère d’élève du collège de son groupe scolaire, qui s’est ensuite plainte à l’établissement.

Le lycée a réagi en demandant à Alexis d’être « un peu moins maquillé par rapport à ce jeune public », a expliqué la principale du lycée Bellevue sur France 3. Trouvant la situation « aberrante », le jeune homme a partagé son histoire, et son visage, sur les réseaux sociaux. Quelques jours plus tard, ses camarades, filles comme garçons, ont exprimé leur solidarité en se maquillant eux aussi pour aller en cours.

Autre scène, à plusieurs milliers de kilomètres d’Albi, le 18 mai. Coiffé d’une longue perruque blonde et d’un costume blanc brillant, Bilal Hassani, candidat français à l’Eurovision, chante « Je suis pas dans les codes, ça dérange beaucoup (…) ce qu’on est, on ne l’a pas choisi ». Le jeune homme, qui assume à la fois son homosexualité, le port de perruques et de maquillage, a reçu un torrent d’insultes sur les réseaux sociaux depuis qu’il a accédé à une certaine notoriété.

« Entre deux identités de genre »

Brouiller les pistes, se jouer des normes, au risque de choquer une société largement construite sur la division en deux catégories, femelle et mâle. Sans se connaître, ces deux jeunes gens illustrent chacun un phénomène de plus en plus visible et médiatisé, qui bouleverse les représentations traditionnelles du masculin et du féminin. Davantage que leurs aînés, dont certains ont grandi dans une société où l’homosexualité était pénalement répréhensible (jusqu’en 1982), les jeunes générations revendiquent aujourd’hui une identité qui prend des formes multiples, même si cela ne va toujours pas sans douleur.

L’adolescence, cette période où l’on cherche son identité, s’accommode bien de ce foisonnement rendu visible par l’émergence de tout un vocabulaire, venu du monde anglo-saxon, notamment repris par les associations LGBT et accessible sur les réseaux sociaux. Qu’ils se disent transgenres, non-binaires, « gender fluid », « pour les adolescents aujourd’hui, tout est possible. Ce n’est plus aussi évident qu’on est soit garçon soit fille », résume Alix Teffo-Sanchez, professeure dans le secondaire, qui a entrepris une thèse de géographie sociale sur la construction de l’identité à travers la perception du genre.

Le témoignage de Raphaell le démontre. Ce lycéen de Charente-Maritime a choisi tout récemment ce prénom. Il a aussi décidé qu’il voulait désormais qu’on le « genre au féminin ». La lycéenne, donc, explique se sentir « perdue entre deux identités de genre ». « Je ne me sens ni garçon ni fille, précise-t-elle. Non-binaire, c’est encore le plus simple. » Elle qui ne s’est jamais sentie en phase avec son « assignation masculine » a découvert ce terme en militant, au sein de la Coordination nationale lycéenne.

« J’ai rencontré une autre personne non binaire, je me suis rendu compte qu’on vivait exactement la même chose. » A savoir, explique Raphaell, « une dysphorie. Ça veut dire le malaise causé par la différence entre le genre qu’on ressent et celui que nous renvoient les autres ». Y remédier peut passer par le choix d’un nouveau prénom, d’un pronom sans rapport avec son sexe biologique, masculin, féminin, ou neutre (« iel », « ul »), par un travail sur son apparence, allant jusqu’à une transition dans le cas des transgenres.

Risque d’être discriminé

Sacha, également au lycée, se sent « ni tout à fait fille ni tout à fait garçon ». « Gender fluid » lui paraît être le terme qui correspond le mieux à son cas. Pour l’instant, il n’en a parlé qu’à ses amis les plus proches, qui n’ont émis aucune objection. Mais de telles pratiques, qui restent très minoritaires, se heurtent bien souvent à l’incompréhension ou au rejet.

Dans notre société, rappelle Marie Buscatto, professeure de sociologie à l’université Paris-I et auteure de Sociologies du genre (Armand Colin, 228 p., 17,90 €), « quand on regarde les enquêtes sur les adolescents, on se rend compte qu’on est toujours très majoritairement dans des pratiques très normées, malgré une plus grande ouverture de notre société et la conquête de droits pour les personnes LGBT. La construction de la féminité pour les filles et de la masculinité pour les garçons reste au cœur du fonctionnement social ». En dévier, c’est donc prendre le risque d’être discriminé, prévient-elle.

Pour les jeunes que nous avons rencontrés, à cet égard, le monde des adultes est vécu comme particulièrement hostile. « La première chose que mes parents ont faite quand je leur en ai parlé, c’est de me prendre rendez-vous chez un psy », se désole Raphaell. Le sociologue Arnaud Alessandrin, cofondateur de l’Observatoire des transidentités, ne s’en étonne guère. « Bien souvent, les mineurs transgenres restent, encore aujourd’hui, renvoyés à des consultations psychiatriques quand ils expriment leur souhait de changer de genre », constate-t-il, déplorant « un climat scolaire souvent très dégradé ». « Présenter sa carte de cantine, aller aux toilettes, se retrouver dans les vestiaires sont autant de violences peu prises en compte. »

« De nouvelles normes »

Charline Debarre, animatrice au Planning familial, intervient depuis trois ans dans les établissements scolaires. Lors de ces ateliers, elle constate que « les jeunes sont beaucoup plus sensibilisés à ces questions de genre, ils grandissent avec de nouvelles normes ». Or, « c’est différent pour les générations plus âgées, qui se sont construites avec d’autres représentations », pointe-t-elle. Elle plaide pour une meilleure formation des équipes pédagogiques, bien souvent décontenancées face à des élèves qui revendiquent un statut différent de celui qui apparaît sur leur carte d’identité.

« Les institutions ou les personnes qui détiennent l’autorité posent souvent problème », confirme Antonin Le Mée. Président de la fédération LGBTI+, il a exposé en 2016, lors d’une conférence TedX, son quotidien de « non-binaire ». Pour lui, les premières vraies difficultés commencent souvent à l’entrée dans l’âge adulte. Il confie :

« Chercher un appartement, prendre rendez-vous chez un banquier sont des épreuves quand votre apparence ne correspond pas au sexe assigné à votre naissance. Cela peut conduire certains à faire des concessions, sur leur prénom, le pronom qu’ils souhaiteraient voir utiliser, leur apparence. Beaucoup adoptent des stratégies de cloisonnement entre vie privée et vie professionnelle. »

Pour Raphaell, les difficultés n’ont pas attendu ses premiers pas vers l’autonomie. Peu de temps après notre échange, elle nous a envoyé ce texto : « Ma mère vient de me dire qu’elle ne me genrerait jamais au féminin, d’arrêter mon délire… C’est aussi ça, la transidentité. »

Solène Cordier

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Lexique. Plusieurs termes donnent un aperçu de la palette des identités de genre.

Cisgenre : Personne en accord avec le genre qui lui a été assigné à la naissance, à partir de son sexe biologique.

Transgenre : Personne se reconnaissant dans le genre opposé à son sexe biologique.

Non-binaire : Personne qui ne se reconnaît pas dans le genre qui lui a été assigné à la naissance, mais pas entièrement dans le genre opposé. Se situe en dehors des normes du féminin et du masculin.

Agenre : Personne qui ne se reconnaît dans aucune identité de genre. Variation de la non-binarité.

Gender fluid : Personne dont le genre varie au cours du temps.

9 juin 2019

« Parasite » : infiltration dans l’espace domestique

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Palme d’or 2019, à Cannes, Parasite marque le retour de Bong Joon-ho en Corée du Sud, dont il est originaire, après dix années de tribulations internationales. Force est de constater que le cinéaste ne s’est jamais montré plus mordant et incisif qu’à domicile, dans un pays dont il s’est plu dès ses débuts à brocarder les travers et les inégalités sociales. C’est précisément de cela que parle Parasite, ne laissant à ce titre aucun doute sur le fait que Bong Joon-ho n’est pas seulement un styliste virtuose, mais un véritable réalisateur politique.

La première image du film, fortement significative, est celle de l’entresol miteux qu’habite la famille Ki-taek. Au chômage mais soudé, le petit clan vit d’expédients, jusqu’au jour où le fils se fait engager dans une grande propriété bourgeoise du dernier cri : chez les Park, jeune couple fortuné. Or, l’arrivée du jeune homme n’est en fait que la première étape d’une opération d’infiltration très discrète, qui va conduire les deux familles à vivre côte à côte, les uns devenant les serviteurs, mais aussi les doubles secrets de leurs maîtres.

Commençant sous les auspices d’une comédie menée tambour battant, le film impressionne par sa capacité à changer de braquet, virant à l’angoisse, puis à l’horreur dans un brassage de registres ébouriffant, en quoi le cinéma de Bong Joon-ho demeure fidèle à lui-même. Chaque nouvelle scène bouscule la précédente, la déborde et relance les dés d’un récit impressionnant par son génie polymorphe. Mathieu Macheret

« Parasite », film sud-coréen de Bong Joon-ho. Avec Song Kang-ho, Lee Sun-kyun, Cho Yeo-jeong, Choi Woo-sik (2 h 12).

22 mars 2014

A quoi ressemblent les stars en peignoir ?

Mario Testino s’est lancé un nouveau défi : celui de photographier les stars en peignoir, une serviette autour de la taille ou en turban autour des cheveux. Postés sur le compte Instagram du photographe péruvien sous l’appellation « Towel Series », les clichés vous montrent ainsi Gaspard Ulliel, Miranda Kerr, Kate Moss ou encore Cara Delevingne comme s’ils sortaient de la douche. Un panel de célébrités les plus en vogue, du mannequin à l’acteur en passant par la chanteuse, s’est prêté au jeu du portrait.

Kate Moss, à l’origine de la série photo

En novembre 2013, Kate Moss se prépare à un shooting photo avec Mario Testino. Mais le photographe décide alors de la prendre en photo avant qu’elle ait enfilé sa tenue et soit passée entre les mains des coiffeurs et des maquilleuses. Un cliché que l’on aurait dit pris sur le vif. Kate Moss est à peine maquillée, seul son rouge à lèvre rosé apparaît à l’image, pour un résultat qui frôle le 100% naturel. De quoi donner envie au photographe de continuer sur sa lancée et de créer une série de portraits avec d’autres célébrités.

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Kate Moss photographiée par Mario Testino.

Projet "Towel series"

26 mars 2014

Rétrospective Henri Cartier-Bresson au Centre Pompidou (jusqu'au 9 juin)

Henri Cartier-Bresson

Paris 4e. Centre Pompidou   

 

Communiqué de presse

Henri Cartier-Bresson

À travers plus de cinq cents photographies, dessins, peintures, films et documents, le Centre Pompidou consacre une rétrospective inédite à l'œuvre d'Henri Cartier-Bresson, la première en Europe depuis la disparition de l'artiste.

Il invite le public à parcourir plus de soixante-dix ans d'une œuvre qui impose le photographe comme l'une des figures majeures de la modernité.

L'exposition dévoile son œuvre, au-delà de «l'instant décisif» qui a longtemps suffit à qualifier son génie de la composition et son habileté à saisir le mouvement. Dix ans après sa mort et maintenant que les milliers de tirages laissés à la postérité ont été réunis par la fondation qui porte son nom, l'exposition invite à une véritable relecture de l'œuvre d'Henri Cartier-Bresson.

Celui que l'on a surnommé «l'œil du siècle» fut l'un des grands témoins de notre histoire.

La rétrospective du Centre Pompidou révèle toute la richesse de son travail et la diversité de son parcours de photographe, du Surréalisme à la guerre froide, en passant par la guerre d'Espagne, la Seconde Guerre mondiale et la décolonisation.

L'exposition présente les clichés iconiques du photographe et met aussi en lumière des images moins connues: elle réévalue certains reportages plus confidentiels, fait émerger des ensembles de peintures et de dessins et se penche sur les incursions d'Henri Cartier-Bresson dans le domaine du cinéma.

À la fois chronologique et thématique, le parcours s'articule autour de trois axes: la période des années 1926 à 1935, marquées par la fréquentation du groupe surréaliste, les débuts photographiques et les grands voyages à travers le monde; un second volet est consacré à l'engagement politique d'Henri Cartier-Bresson de son retour des États-Unis en 1936 jusqu'à son nouveau départ pour New York en 1946; une troisième séquence s'ouvre avec la création de Magnum Photos en 1947 et s'achève au début des années 1970, au moment où Henri Cartier-Bresson arrête le photo-reportage.

À l'occasion de cette rétrospective, un catalogue à la fois ouvrage de référence et beau livre, est publié aux Éditions du Centre Pompidou sous la direction de Clément Chéroux.

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6 mars 2014

Le Grand Palais transformé en supermarché pour le défilé de Chanel

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Karl Lagerfeld a transformé le Grand Palais à Paris en supermarché, mardi 4 mars, pour y faire déambuler ses mannequins, décontractées, baskets aux pieds, à l'occasion de son défilé Chanel. Ce haut lieu de la mode a été imaginé de toutes pièces par le créateur. On y trouve des objets comme l'eau minérale "Chanel", les "sardines en tweed" et les "cocoquillettes" dont la boîte est estampillée du logo de la marque : deux C entrelacés.

Montrer cette collection dans un supermarché pour Karl Lagerfeld, c'est le "reflet du quotidien dans le luxe" et de l'influence du pop art. Devant les journalistes, il a justifié le choix de ce lieu, le Grand Palais : "On a fait la galerie d'art la dernière fois, ce qui est un supermarché pour les riches. Là, on a fait le vrai supermarché." Côté style, le tweed constitue une tendance forte de Lagerfeld pour l'automne et l'hiver prochains. Les couleurs aussi, dans des coupes amples et longues.

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28 mai 2019

DORA MAAR

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Non, Dora Maar n'est pas juste une jolie fille que l'on retrouve sur quelques tableaux de Picasso, ainsi qu'une certaine histoire de l'art a voulu nous le faire croire. Et il faut bien trois des plus prestigieuses institutions internationales (Centre Pompidou, Tate Modem et Getty Muséum) pour tordre le cou à cette vision phallocrate. «Les premières ventes de la collection Dora Maar révèlent à travers plusieurs centaines de lots une vie entière consacrée à la création, à l'art et à la poésie», assure Damarice Amao, co-commissaire de l'exposition, évoquant la dispersion des œuvres de l'artiste en 1998. Dora la photographe de mode, mais aussi photographe engagée politiquement, Dora la peintre, Dora la surréaliste et ses collages... plus de cinq cents œuvres et documents réunis à Paris avant leur tournée à Londres et Los Angeles. (JH)

«Dora Maar», Centre Pompidou, du 5 juin au 29 juillet. centrepompidou.fr

25 mai 2019

Festival de Cannes: Emmanuelle Seigner accuse Tarantino de «piétiner» la vie de son mari, Roman Polanski

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POLEMIQUE Mais elle n’a pas vu « Once Upon a Time… In Hollywood », en lice pour la Palme d’or

L'actrice Emmanuelle Seigner et le metteur en scène Roman Polanski sont mariés depuis 29 ans.

Présenté en compétition au Festival de Cannes, Once Upon a Time… In Hollywood, le nouveau film de Quentin Tarantino met en scène des personnages entre fiction et réalité.

Il est de notoriété publique que si Leonardo DiCaprio et Brad Pitt jouent des personnages inventés de toutes pièces, Margot Robbie, elle, interprète une personne ayant vraiment existé, Sharon Tate, la femme de Roman Polanski, assassinée en 1969 par la « famille » de Charles Manson.

« Le concept me dérange »

Or, la femme actuelle du cinéaste, Emmanuelle Seigner, a critiqué l’existence même du projet sur Instagram. « Comment peut-on se servir de la vie tragique de quelqu’un tout en le piétinant, à méditer », écrit-elle en commentaire d’une photo noir et blanc de Roman Polanski et Sharon Tate.

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Face aux commentaires et à la potentielle polémique, l’actrice a tenu ensuite à préciser sa pensée : « Petit ajustement car je vois que des gens ne comprennent pas mon propos. Je ne critique pas le film. Je dis juste que cela ne les dérange pas de faire un film qui parle de Roman et de son histoire tragique, et donc de faire du business avec ça, alors que de l’autre côté, ils en ont fait un paria. Et tout cela sans le consulter bien sûr.

Que le film soit bien, heureusement, j‘ai envie de dire. Mais le concept me dérange. »

19 mai 2019

Cannes 2019 : "Douleur et gloire", la magnifique confession de Pedro Almodovar en route pour la Palme d'or

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Président du jury du Festival en 2017, après en avoir été membre en 1992, et six fois en compétition, Pedro Almodovar est honoris causa sur la Croisette. Il présentait vendredi 17 mai à cette 72e édition "Douleur et Gloire", la confession bouleversante d’un réalisateur en crise qui a tout le goût d'une Palme d'or.

Douleur et Gloire est le septième film que présente Pedro Almodovar à Cannes sans jamais avoir été récompensé. Le réalisateur madrilène réalise avec cette œuvre ultime un peu son 8 1/2, comme l’avait fait Federico Fellini en 1963 : la confession d’un réalisateur en mal d’inspiration.

Mais là où Il Maestro plongeait son cinéaste dans ses fantasmes pour se ressourcer, Almodovar l’immerge dans les souvenirs afin de trouver l’inspiration.

Entouré de ses acteurs de toujours, Antonio Banderas et Penelope Cruz, accompagné d'autres fidèles comédiens, avec Douleur et Gloire, Almodovar sublime son art.

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Retiré des plateaux de tournage, isolé, perclus de douleurs, Salvador Mallo (Antonio Banderas), réalisateur à succès, se souvient de son enfance au contact de sa mère (Penelope Cruz) et retrouve des amis acteurs perdus de vue depuis plus de trente ans. Ces retrouvailles nostalgiques, mémorielles et concrètes, vont lui offrir la matière de son nouveau film.

"Douleur et gloire est-il un film sur ma vie ? Oui et non absolument" écrit Almodovar en exergue de la bande annonce de son film. Tout est dit. Autofiction à l'instar de 8 ½ de Fellini, son film le dévoile et le dissimule pour en faire une œuvre romanesque achevée, d’une beauté visuelle époustouflante.

Reportage N. Hayter, S. Gorny, V. Bouffartigue, S. Pichavant, C. Labasque

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Fluidité syncopée

Comme beaucoup avant lui, Pedro Almodovar, source le processus de création dans la douleur. Elle est avant tout physique chez son alter ego, Salvador, sujet à des douleurs dorsales, migraines et autres maux qui justifient son absence des plateaux. Le métier de réalisateur requiert des capacités physiques, d’endurance et mentales réelles. Un constat sur lequel s’accordent tous les cinéastes, tant l’engagement est total et les responsabilités lourdes. La nostalgie teintée de mélancolie, dans lesquelles s’épanche Salvador, est une autre douleur, mentale, mais aussi une dynamique qui va le pousser en avant, et peut-être jusqu’à la gloire.

Pedro Almodova filme ce processus créatif avec une inventivité qui sublime la mise en scène stylisée de ses précédents longs métrages. Cadrages, harmonie colorée et graphisme éclatent dans chaque plan, sans se répéter. Il enchaîne les reconstitutions des années 1960 à 80 jusqu’à nos jours en jouant d’un montage syncopé tout en fluidité. C’est dans de tels paradoxes que s’impose un grand cinéaste. Alberto Iglesias, compositeur attitré du réalisateur, parachève une musique qui nourrit la puissance lyrique du film. Elle lui donne sa respiration, avec une diversité de tons et d’orchestrations admirable.

Il reste encore beaucoup de films à voir avant l’annonce du palmarès du 25 mai, et de belles oeuvres peuvent déjà prétendre au trophée ultime. Mais avec le passé cannois d’Almodovar et une telle matière filmique, Douleur et Gloire part en tête des prétendants à la Palme d’or.

1 mars 2019

MEP = "LOVE, REN HANG" à partir du 6 mars 2019

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L’exposition « LOVE, REN HANG » présente pour la première fois en France l’œuvre d’un des artistes chinois les plus influents de sa génération.

Avec une sélection de 130 photographies issues de plusieurs collections d’Europe et de Chine, l’exposition occupe tous les espaces du deuxième étage de la MEP.

Composée essentiellement de portraits – d’amis, de sa mère ou de jeunes chinois sollicités sur internet – mais également de paysages et de nus, l’œuvre de Ren Hang est immédiatement reconnaissable. Ses photographies, si elles semblent mettre en scène ses sujets, sont pourtant le fruit d’une démarche instinctive. Leur prise de vue, sur le vif, leur confère légèreté, poésie et humour.

Ren Hang questionnait, avec audace, la relation à l’identité et à la sexualité. Artiste homosexuel, particulièrement influent auprès de la jeunesse chinoise, son ton considéré comme subversif ou qualifié de pornographique, représentait vis à vis d’un contexte politique répressif, l’expression d’un désir de liberté de création, de fraîcheur et d’insouciance.

Présentés en regard de cet important corpus photographique, de nombreux écrits de Ren Hang, qu’il partageait régulièrement sur son site internet, témoignent de son combat contre la dépression.

« Si la vie est un abîme sans fond, lorsque je sauterai, la chute sans fin sera aussi une manière de voler ». L’artiste s’est donné la mort en 2017, à l’âge de 29 ans.

Expo : http://bit.ly/LoveRenHang

Billetterie : http://bit.ly/MEP_Billetterie

Nocturne le jeudi jusqu'à 22h

#RenHangMEP

16 décembre 2018

Récit « Gilets jaunes » : à Paris, un « acte V » pluvieux et démobilisé

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Ci-dessus la une du JDD d'aujourd'hui

Par Pierre Bouvier, Aline Leclerc, Simon Auffret, Yann Bouchez, Romain Geoffroy, Annick Cojean - Le Monde

Moins de 3 000 personnes se sont réunies à Paris, contre 8 000 membres des forces de l’ordre. Les protestataires mettent en cause « le chantage à la peur ».

Paris cafard, Paris bourdon ou Paris blues… La nuit, ce samedi 15 décembre, est tombée sur la ville, avec une pluie glacée et des lumières baveuses. Et une tristesse glauque a flotté dans les rues, les cafés, les trottoirs ; des abords des Champs-Elysées aux arcades de la rue de Rivoli, des marches de l’Opéra à l’esplanade de la gare Saint-Lazare. Personne n’était heureux. Tout semblait moche et gris.

La plupart, bien sûr, se sentaient soulagés à l’idée que Paris ait échappé aux casseurs, mais tous avaient le goût amer d’un sentiment de gâchis. Les « gilets jaunes », trempés, gelés, désenchantés, qui repartaient le pas lourd et le dos voûté, vers les gares. Les commerçants aussi qui, pour certains, avaient levé et baissé leur rideau de fer plusieurs fois dans la journée, en fonction de la tournure des événements, et avaient tremblé jusqu’au soir, conscients d’un chiffre d’affaires en berne.

Enfin les badauds et les touristes qui, pour beaucoup, avaient dû se passer du métro pour aller faire leurs courses de Noël dans les grands magasins restés ouverts – une cinquantaine de stations ayant été fermées dès le matin – et n’avaient pu se départir d’une certaine angoisse en entendant les sirènes de police retentir dans la ville.

Drôle de journée, annoncée comme l’acte V de la révolte des « gilets jaunes », mais qui sonnait à son terme comme une sorte de tocsin. « Provisoire bien sûr ! », clamaient plusieurs « gilets jaunes », incapables d’imaginer que leur soulèvement s’éteigne ainsi, par l’usure, la fatigue, et faute de combattants. Le ministère en a dénombré moins de 3 000 à Paris, 66 000 dans toute la France, en net recul par rapport aux précédents week-ends (126 000 le 8 décembre).

« On devrait bloquer Rungis plusieurs jours et affamer Paris »

« Que dire ?, soufflait tristement Dimitri, ingénieur, 27 ans, croisé sous une pluie battante vers 19 heures, près de la place des Pyramides. D’abord, c’était très difficile de parvenir sur les Champs-Elysées, vu les filtrages des policiers. Et puis nous avons tous été soumis aux pressions de nos proches : “N’y va pas ! C’est dangereux ! Ça va encore castagner !” Mais enfin ! On a des convictions ou on n’en a pas ! Vous croyez qu’on aurait eu une révolution, en 1789, si les manifestants étaient morts de trouille à la première charge de la garde royale ? »

Bon, il admettait que sa comparaison était un peu outrancière. Le « roi » – Macron – avait répondu à ses sujets, et même fait quelques pas vers eux, « se mettant d’ailleurs en difficulté par rapport à l’Europe ». Et il avouait aussi que l’essoufflement du mouvement révélait ses limites : absence de priorités, manque d’organisation, nullité d’expression, défaut d’imagination : « Plutôt que de se résoudre à la violence, on devrait bloquer Rungis plusieurs jours et affamer Paris. Ce serait pacifique, populaire et autrement efficace ! Réfléchissons à d’autres moyens d’action, bon sang ! »

Avenue de l’Opéra, une cycliste en gilet jaune, le casque dégoulinant, complétait à sa façon : « Un idéal ! Voilà ce qu’il manque à ce mouvement ! Parce que, franchement, vouloir faire une révolution sur un accroissement de la consommation, ça atteint vite ses limites ! »

Mais la plupart des gilets jaunes étaient loin de la moindre remise en cause. Et le matin, désolés de ne se compter qu’en quelques centaines sur les Champs-Elysées, ils accusaient « le chantage à la peur » fait par le gouvernement de même que les fouilles et interpellations préventives, pourtant bien moindres que le week-end précédent (168). Le parquet de Paris a comptabilisé de son côté un total de 114 gardes à vue pour la journée, précisant que 47 d’entre elles étaient toujours en cours dans la soirée.

« On veut faire davantage participer le peuple ! »

Charles, 31 ans, blessé lors d’une récente manifestation en Seine-Maritime, était excédé par les barrages policiers en amont de Paris : « On a été arrêtés au péage sur l’A13. Ils ont fouillé la voiture et confisqué nos masques et lunettes contre les lacrymos. Nous avons pu repartir, mais d’autres camarades qui avaient plus d’équipements ont été interpellés. »

Deux jeunes hommes venus de Lisieux (Calvados) témoignaient également d’une fouille de leur véhicule, jusque sous le capot, à leur arrivée à Paris. D’autres encore évoquaient vérifications et arrestations gare de Lyon ou Saint-Lazare. « Comment expliquer qu’on pratique des arrestations préventives de “gilets jaunes” et pas de fichés S », pestait un cariste du Val-d’Oise de 37 ans, allusion à Cherif Chekatt, l’auteur de l’attentat de Strasbourg.

Les rangs se sont peu à peu étoffés au cours de la matinée, mais les manifestants, parqués sur les Champs par des forces de l’ordre en rangs serrés et bloquant les extrémités de l’avenue par des camionnettes et des véhicules blindés, paraissaient noyés et désemparés. Ils montaient, descendaient, se heurtaient aux policiers, les haranguaient, les provoquaient, déclenchant quelques ripostes de gaz lacrymogène.

Le mur formé par des CRS et des gendarmes mobiles en surnombre (8 000 à Paris, 69 000 sur toute la France) était infranchissable. Contrairement aux précédentes manifestations, aucun slogan ne semblait s’imposer. Sauf peut-être la demande d’un référendum d’initiative citoyenne dont les initiales – RIC – figuraient sur de nombreux drapeaux, posters et gilets.

« Certains disent que notre mouvement remet en cause la démocratie, disait un plombier venu de Lille. C’est tout le contraire ! On veut faire davantage participer le peuple ! Et se mêler de ce qui nous regarde ! » La démission de Macron ? « Voyons, personne n’y croit ! On a crié ça pour se faire entendre, mais c’est crétin. Il est élu, et on n’a personne à mettre à sa place. J’ai voté Poutou [NPA] au premier tour parce que je le trouvais touchant, mais qui l’imagine sérieusement au pouvoir ? »

« Les fins de mois seront toujours difficiles »

Sur un trottoir jouxtant la place de l’Etoile, Bernadette et David, venus de Saint-Christophe-des-Bois (Ille-et-Vilaine) pour le quatrième week-end consécutif, fulminaient : « On aurait bien pu bloquer la boulangerie de notre village, mais elle a fermé… Comme tout le reste ! » Alors ils n’avaient plus le choix : « Puisque Macron se fout de la province, il fallait venir à Paris. Ici, il est obligé de nous voir. »

Et ce n’étaient pas les multiples exhortations à un retour au calme après l’attentat de Strasbourg qui auraient pu les stopper : « Pourquoi devrait-on arrêter de manifester ? Les taxes ne font pas de trêves, si ? » C’est bien ce qu’a pensé Thomas, un électricien de 32 ans, qui préférait jusqu’ici bloquer le péage autoroutier de Saint-Arnoult (Yvelines) mais qui a décidé que cette fois, c’est à Paris qu’il fallait crier que les récentes annonces du président ne changeraient rien. Pour lui qui gagne un peu plus du smic, « les fins de mois seront toujours difficiles ». Et il ne voit pas davantage comment il pourra alimenter le livret A ouvert à la naissance de son fils, il y a un an et demi, en prévision de ses études puisque son salaire de 1 650 euros ne lui laisse aucune marge de manœuvre et qu’il calcule tout « au centime près ».

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La police montée, place de l’Opéra, à Paris, le 15 décembre

Place de l’Opéra, le malaise était le même. Parqués sur l’esplanade, quelques dizaines de manifestants ne pouvaient guère évoluer, ni même rejoindre leurs camarades sur les Champs-Elysées, toutes les issues étant bloquées par des CRS et une brigade équestre impressionnante. Il y eut des cris, des piétinements, quelques harangues, des Marseillaise.

Un hommage commun aux victimes de l’attentat de Strasbourg et aux sept morts depuis le début du mouvement interviendra un peu plus tard, des « gilets jaunes » arborant une rose blanche à la main. Une femme, la soixantaine, a brandi un carton sur lequel était écrit : « Qui c’est qui casse la France depuis 40 ans ? » Elle offrait la réponse : « La caste corrompue qui nous dirige. » A l’aide d’un sifflet, elle encourageait la foule à tenir bon « jusqu’en août » s’il le fallait. Quelques applaudissements cachaient mal le scepticisme. La dispersion des manifestants se fera par petits groupes que les policiers exfiltreront à condition qu’ils retirent leurs gilets jaunes, provoquant des cris d’indignation.

Une poignée d’interpellations, puis plus rien

De nombreuses unités mobiles, très réactives, intervenaient au moindre risque de rassemblement de gilets jaunes non encadrés, prouvant que la police avait mûrement pensé son dispositif et misait sur le « préventif ».

Des petits groupes pacifiques apparaissaient néanmoins ici ou là, comme sur l’avenue du Président-Wilson, pour un sit-in improvisé, où l’on échangeait cigarettes et expériences et où l’on a vu un homme tendre un bouquet de fleurs jaunes à destination des CRS. Non, cramponnés à leurs boucliers, ils ne l’ont pas accepté. Au Forum des Halles, certains ont cru à une apparition de casseurs. Mais là encore, une unité de policiers mobiles a dégagé l’endroit. De même qu’à République, où une centaine de « gilets jaunes » se frayaient un chemin entre les voitures, hésitant sur la direction à suivre, avant d’être contenus par des CRS.

Le milieu d’après-midi a semblé plus incertain. La nuit allait tomber, c’était l’heure de tous les dangers. Les manifestants ne se comptaient plus qu’en centaines et la police avait hâte de sonner l’heure de la dispersion. L’atmosphère s’est alors tendue, quelques grilles entourant les arbres ont été démontées, quelques pavés excavés. Des lacrymos et des canons à eau sont entrés dans la danse.

On a vu quelques échauffourées, une poignée d’interpellations et puis plus rien. Les lumières rouges des guirlandes de Noël ont soudain embrasé les Champs-Elysées. Deux à trois cents personnes ont été évacuées dans le calme. Les camions de police ont libéré l’avenue ruisselante. A quelques jours de Noël, Paris, même bluesy, avait l’impérieux devoir de reprendre le cours de sa vie. De jouer son rôle de ville lumière. Et de faire comme si…

23 novembre 2018

Nissan démet Carlos Ghosn de ses fonctions de président

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Par Philippe Mesmer, Tokyo, correspondance - Le Monde

Le conseil d’administration a sanctionné le dirigeant de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, soupçonné de malversations financières.

Carlos Ghosn n’est plus président de Nissan. Convoqué, jeudi 22 novembre, pour une séance extraordinaire, le conseil d’administration du constructeur japonais a approuvé la proposition du directeur général, Hiroto Saikawa, de le démettre de ses fonctions de président non exécutif du constructeur japonais.

Le conseil s’est prononcé à l’unanimité pour sanctionner le dirigeant de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, arrêté lundi 19 novembre pour malversations financières. Mitsubishi, également présidé par M. Ghosn, devrait prendre une décision similaire lors d’une réunion de son conseil d’administration, prévue pour la semaine prochaine. « M. Ghosn, temporairement empêché, demeure président-directeur général », a déclaré le conseil d’administration de Renault.

Au moment même où se réunissait le conseil d’administration de Nissan, une conférence de presse était organisée par le parquet de Tokyo, qui a entendu, depuis lundi, une dizaine de cadres de Nissan, dont M. Saikawa et Toshiyuki Shiga, membre du conseil d’administration. Elle n’a guère apporté d’éclairages supplémentaires. Si le procureur adjoint, Shin Kukimoto, a bien confirmé que la garde à vue de M. Ghosn avait été prolongée de dix jours (soit jusqu’au 30 novembre), il a en revanche refusé de dire si le patron de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi avait reconnu les faits de fraude financière qui lui sont reprochés.

De son côté, la presse nippone est plus bavarde et a continué de distiller des révélations sur les malversations supposées de l’ex-patron de Nissan. Le journal The Asahi Shimbun rapporte, jeudi 22 novembre, que Carlos Ghosn a demandé par courriel à Greg Kelly de falsifier ses déclarations de revenus. Le parquet de Tokyo a probablement saisi ses e-mails et pourrait les utiliser comme preuves, ajoute le journal, qui cite des sources anonymes.

Les méthodes Nissan en question

Selon le Yomiuri, plus gros tirage de la presse japonaise, qui cite également des sources anonymes, l’enquête interne menée par Nissan a révélé que Carlos Ghosn avait demandé, depuis 2002, qu’une somme d’environ 100 000 dollars soit versée chaque année à sa sœur aînée, en rémunération d’une « activité de conseil » fictive.

La liste des griefs faits à M. Ghosn, accusé officiellement d’avoir minoré ses déclarations de revenus d’environ 5 milliards de yens (38,8 millions d’euros), s’allonge. Il aurait utilisé les avoirs de l’entreprise à des fins privées et détourné des investissements du groupe, afin d’acquérir des logements au Brésil, aux Pays-Bas, en France et au Liban. Selon le quotidien The Mainichi, Carlos Ghosn aurait également détourné à son profit une partie des rémunérations destinées aux membres du conseil d’administration. Soit un milliard de yens sur trois (7,5 millions d’euros sur 23).

Mais les critiques pleuvent aussi sur Nissan et ses méthodes. D’après la chaîne de télévision TBS, le constructeur n’avait pas de structure chargée de discuter des salaires des dirigeants. Carlos Ghosn fixait semble-t-il sa rémunération lui-même. Ces révélations questionnent sur l’« aveuglement » de Nissan et sur le rôle du cabinet d’audit Ernst & Young ShinNihon, déjà critiqué pour ne pas avoir vu les manipulations comptables chez Olympus et Toshiba, deux entreprises nippones également au cœur de scandales retentissants ces dernières années.

Lors de la conférence de presse donnée après l’arrestation de Carlos Ghosn, M. Saikawa avait prôné une refonte de la gouvernance de l’entreprise. Il avait notamment déploré « le pouvoir hyperconcentré dans les mains d’une seule personne ». C’est lui qui était pressenti pour prendre la présidence par intérim du conseil d’administration, mais finalement aucun remplaçant n’a été nommé. Il sera désigné ultérieurement par un comité incluant notamment les trois administrateurs externes.

23 octobre 2016

"LOVE" film de Gaspar Noé - vu aujourd'hui

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SYNOPSIS ET DÉTAILS

Interdit aux moins de 18 ans

Ce film est présenté en séance de minuit au Festival de Cannes 2015.

Un 1er janvier au matin, le téléphone sonne. Murphy, 25 ans, se réveille entouré de sa jeune femme et de son enfant de deux ans. Il écoute son répondeur. Sur le message, la mère d'Electra lui demande, très inquiète, s'il n'a pas eu de nouvelle de sa fille disparue depuis longtemps. Elle craint qu'il lui soit arrivé un accident grave.

Au cours d'une longue journée pluvieuse, Murphy va se retrouver seul dans son appartement à se remémorer sa plus grande histoire d'amour, deux ans avec Electra. Une passion contenant toutes sortes de promesses, de jeux, d'excès et d'erreurs...

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Love : découvrez Aomi, l'actrice sublime de Gaspard Noé

A 26 ans, cet ancien mannequin a fait sensation à Cannes pour son rôle dans Love, de Gaspar Noé.

D’OÙ VIENT-ELLE ?

Du mannequinat. Ancienne de l’agence Elite, cette Suisse de 1,79 m s’est illustrée par une publicité pour Lolita Lempika Parfum. C’est dans une soirée que Gaspar Noé l’a remarquée et lui a proposé le rôle d’Electra, dans Love : une longue plongée sans retour dans une sexualité toujours écorchée, parfois hystérique. Le casting a été fixé une semaine avant le tournage. Seul impératif : trouver les bonnes personnes, prêtes à parier sur la possibilité d’un film qui détournerait les armes du porno pour décrire une histoire d’amour fou.

OÙ EST-ELLE ?

A Zurich, où elle vit. Et sur les écrans français à partir du 15 juillet dans Love. Lequel, présenté à Cannes en séance spéciale, a été une des grandes sensations du Festival (2 000 personnes se battant pour entrer lors de la présentation officielle !). Le lendemain, la presse internationale s’étonnait des problèmes de dentition d’Aomi (une incisive de devant tombée depuis le tournage !). Ça n’a pas suffi à masquer l’essentiel : une façon contemporaine de s’affranchir de toute fausse pudeur.

OÙ VA-T-ELLE ?

On la dit discrète depuis Cannes, le temps sans doute d’assumer pleinement un rôle fort qui n’a pu être joué à moitié. "Je n’ai pu le faire que parce que l’équipe, sur le tournage, m’a protégée et donné la force", confiait-elle à Cannes. Souhaitons-lui de ne rien perdre de cette confiance.

Love, de Gaspar Noé (France, 2 h 14). 

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9 novembre 2013

En attendant l'élection de Miss France (sans Alain Delon !) le 7 décembre sur TF1....

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Miss Bretagne en tournage à Vannes

 « Je m’appelle Marie, j’ai 19 ans et je suis Miss Bretagne. » Assise dos à la mer, à Conleau, à Vannes, Marie Chartier, la Miss Bretagne 2013, récite son texte face à la caméra. L’heure n’est pas encore à l’élection de Miss France mais au tournage de son portrait de présentation. Le clip de 40 secondes sera diffusé sur TF1, lors de l’élection de Miss France, le 7 décembre. Pour l’heure, l’équipe de la société de production Endemol a investi le jardin de l’hôtel Best Western Le Roof, à Conleau. Marie énonce patiemment ses activités, sa vision du rôle de Miss France et ses études à Saint-Brieuc.

Car Marie Chartier n’est pas Morbihannaise mais Costarmoricaine.« Je viens d’Étables-sur-Mer, à côté de Saint-Brieuc » , raconte-elle. Alors pourquoi Vannes ?« Je savais que le golfe du Morbihan était un bel endroit » , explique Émilie Leroy, la journaliste du projet. Gros plan avec quelques bateaux en fond, plan d’illustration sur l’embarcadère, les prises se multiplient. À chacune d’elles, maquilleuse, coiffeuses et régisseur retiennent leur souffle.« C’est parti ! Ah non, il y a trop de vent ! » En petite robe et talons hauts, la jeune femme doit également avoir une coiffure impeccable, malgré le temps capricieux. Outre la météo, le plus difficile pour Marie reste de faire face à la caméra.

11 septembre 2016

Signature de Peter Lindbergh. A Different Vision on Fashion Photography. Save the date : 29 septembre - 18h => 20 h

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TASCHEN a le plaisir de vous inviter à une séance de dédicace en présence du photographe allemand Peter Lindbergh à l’occasion du lancement de son nouveau livre 'A Different Vision on Fashion Photography' par Thierry-Maxime Loriot. Cette histoire unique de la mode est publiée en lien avec l'exposition présentée au Kunsthal Rotterdam, du 10 septembre 2016 au 17 février 2017. L’ouvrage rassemble plus de 400 images réalisées par Lindbergh en quarante ans de carrière et rend ainsi hommage à sa façon si singulière de raconter la mode et ses bouleversements.

Prise en plein cœur de New York en 1989, sa photo de cinq jeunes mannequins publiée en couverture du Vogue anglais, donne naissance aux plus grands top models. L’image ne fait pas que réunir pour la première fois les visages désormais cultes de Naomi Campbell, Linda Evangelista, Tatjana Patitz, Christy Turlington Burns ou Cindy Crawford, elle marque le début d’une nouvelle ère dans la mode, et un changement décisif dans la façon d’envisager la beauté des femmes. Considéré comme un pionnier dans son domaine, Lindbergh a introduit une forme de nouveau réalisme en redéfinissant la beauté à travers des images intemporelles. Dans cet ouvrage, ses photographies sont remises dans leur contexte par les commentaires de ses collaborateurs tels que Jean Paul Gaultier, Nicole Kidman, Grace Coddington, Cindy Crawford ou Anna Wintour, qui choisit Lindbergh pour sa première couverture du Vogue américain.

R.S.V.P. souhaité. Pensez à réserver votre exemplaire: store-paris@taschen.com ou 01 40 51 79 22

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