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Jours tranquilles à Paris
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17 novembre 2017

Paper Magazine

 

BTW, this is our new cover. #BreakTheInternet cc @NickiMinaj



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Nicki Minaj a différentes personnalités

D’après le directeur artistique Drew Elliot, cette photo de Nicki Minaj a été pensée en référence aux différentes personnalités de la superstar: «Nous avons vu différentes versions de Nicki, de la star fashion jusqu’à la séductrice rentre-dedans et tape-à-l’œil. Mais nous n’avons jamais vu toutes ces facettes ensemble. Et maintenant, nous avons la chance, grâce à notre une avec la star du rap et Ellen Von Unwerth, de les découvrir.» a-t-il expliqué dans le magazine.

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4 avril 2015

Loi santé : l'amendement contre les mannequins trop maigres adopté

Dans le cadre de l'examen du projet de loi sur la santé, l'Assemblée nationale a adopté vendredi 3 avril l'amendement Véran, qui veut lutter contre l'anorexie des mannequins. Le texte vise en effet à interdire l'exercice d'une activité de mannequin à toute personne dont l'indice de masse corporelle est trop faible (inférieur à 18 ; par exemple 55 kg pour 1,75 m).

Cet amendement, du rapporteur socialiste Olivier Véran, a été adopté avec l'avis favorable de la ministre de la santé, Marisol Touraine, qui estime « préoccupante » la présentation de mannequins excessivement maigres. Les députés Union pour un mouvement populaire (UMP) et Union des démocrates et indépendants (UDI) s'y sont opposés, les écologistes ont émis des réserves.

« Un effet régulateur sur l'ensemble du secteur »

Le fait, pour toute personne qui exploite une agence de mannequins ou qui s'assure moyennant rémunération le concours d'un mannequin, de ne pas « veiller au respect de l'interdiction » sera puni d'un emprisonnement de six mois et d'une amende de 75 000 euros, prévoit le texte. « La perspective de cette sanction aura un effet régulateur sur l'ensemble du secteur », s'est félicité M. Véran, qui rappelle que l'Espagne, l'Italie et Israël ont pris des mesures similaires.

Les députés ont adopté un autre amendement en ce sens : les retouches sur photographies à usage commercial des mannequins devront être signalées. Par ailleurs, l'utilisation des appareils de bronzage va être encadrée, et notamment interdite aux moins de 18 ans.

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7 janvier 2018

Hommage de VOGUE Paris à France Gall

 

"Si tu réalises que l'amour n'est pas là, que le soir tu te couches, sans aucun rêve en toi, résiste!" Today, we say goodbye to France Gall, the singer who gave everything to her music. Finding fame with Serge Gainsbourg in the 60s, she found Michel Berger in 1973, the man who would become her creative and life partner, penning some of her most beautiful and well known songs. See our tribute to the singer who gave everything to her music, today on Vogue.fr. #FranceGall seen here in Cannes in August 19 1967, not long after the release of her scandalous album 'Les Sucettes' written by Gainsbourg.



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13 décembre 2017

Sophie Calle : « Ma maison est bourrée d’animaux empaillés »

Entre un ours empaillé et un cabinet d'armes précieuses, Sophie Calle s'est glissée dans les espaces baroques du Musée de la chasse et de la nature, à Paris, où elle invite la sculptrice Serena Carone. Chasseuse dans l'âme, toujours à l'affût de nouveaux destins, la plasticienne s'y trouve comme chez elle. - Photo : Laura Stevens (@misslaurastevens) - Lire notre entretien : http://bit.ly/2C66GVu - #SophieCalle #Art #Culture @musee_chasse_nature



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Par Emmanuelle Lequeux - Le Monde

La plasticienne expose au Musée de la chasse et de la nature, où elle invite la sculptrice Serena Carone.

Entre un ours empaillé et un cabinet d’armes précieuses, Sophie Calle s’est glissée dans les espaces baroques du Musée de la chasse et de la nature, à Paris. Chasseuse dans l’âme, toujours à l’affût de nouveaux destins, la plasticienne s’y trouve comme chez elle.

Elle explique ses affinités avec la singulière institution du Marais, qui développe depuis des années un beau programme d’art contemporain, et son choix d’inviter son amie artiste Serena Carone pour l’accompagner dans l’aventure.

Après le sommet de la tour Eiffel, le cimetière de Brooklyn, le luxueux hôtel La Mirande d’Avignon, vous voilà au Musée de la chasse !

Je n’y suis pas dépaysée, car ma maison est bourrée d’animaux empaillés. Chaque personne de mon entourage a son équivalent animal chez moi. Ma mère, c’est une girafe, mon père, un tigre. Chaque fois que quelqu’un entre dans ma vie, je cherche son correspondant : un castor masqué, un bélier, des bébés huskies. J’ai un couple d’amis que je représente par deux flamants roses couverts de bijoux. Mon amie Florence Aubenas, ce sont tous les renards de la maison. Serena ? Un petit singe paresseux, dans son lit.

Tous ces animaux, ça fait peur aux gens, a priori, mais quand ils sont chez moi, ils trouvent ça très joyeux. C’est la même chose pour ce musée, qui n’a finalement rien de morbide. La seule note morbide, c’est moi qui l’apporte : j’ai pendu un chat à un fauteuil.

Rien de morbide, mais le deuil de votre chat Souris fait, lui aussi, l’objet d’une œuvre.

C’est vrai. D’ailleurs, grâce au récit que j’ai fait au Monde de la mort de Souris, j’ai été désignée comme la pire artiste depuis mille ans par Alain Soral sur son site Egalité et réconciliation. Ils ont même fait une parodie de moi, chevauchant mon chat. Un véri­table honneur ! Vous imaginez, mille ans !

Rien de morbide, mais le ­parcours s’ouvre sur le regard de Bob Calle, votre père, grand collectionneur d’art, disparu récemment. Exposer, est-ce une façon de faire son deuil ?

Quand le musée m’a invitée, c’était une période où je n’avais plus beaucoup d’idées, car mon père venait de mourir. L’espace, plutôt grand, me faisait aussi un peu peur. J’ai donc proposé à mon amie Serena Carone de m’accompagner dans l’exposition.

Son vocabulaire est très animalier, c’était une évidence, et on a croisé nos univers. En plus c’était très gai, ça m’a portée. Mais c’est effectivement ma première exposition depuis la mort de mon père. La dernière qu’il ait vue, c’est celle que j’ai faite au Bal, et il avait beaucoup aimé. A ma grande surprise.

Pourquoi surprise ?

Moi-même, je n’étais pas sûre de cette exposition. Je marchais sur des œufs, ce qui m’arrive rarement. Je trouvais que j’avais manqué de suite dans les idées. Je me suis installée une nuit dans une cabine du péage de Saint-Arnoult, en demandant aux gens qui passaient : « Où voulez-vous m’emmener ? »

J’avais prétendu aller là où les gens me diraient d’aller, mais je n’étais pas du tout partie de chez moi avec un ­pyjama et une brosse à dents. Plutôt comme quelqu’un qui sait qu’il rentrera chez lui le soir venu. J’avais la flemme. Pas envie de me retrouver au fin fond de je ne sais où. J’ai donc réalisé ce projet en ­sachant que je n’irai pas au bout du jeu. Je n’étais plus prête à l’aventure comme je l’étais à 20 ans. Et pourtant mon père a adoré !

Peut-être a-t-il senti qu’enfin vous preniez moins de risques, et qu’il pouvait partir tranquille ?

Je ne crois pas, il ne calculait pas comme ça. Il voulait que je prenne des risques, que ce soit radical. Dès que c’était trop joli, ou dans un cadre décoratif, ça l’énervait. Il disait : « Souviens-toi, Sophie, accroche avec des punaises ! »

Pour les cartels du Musée de la chasse, j’ai déniché dans une boutique d’Arles une série de cadres très moches, avec des petits chiens sculptés. Le directeur du musée, Claude d’Anthenaise, les adore. Mais je ne suis pas sûre que mon père aurait apprécié !

Quand il n’aimait pas l’une de vos œuvres, vous le disait-il franchement ?

Et même violemment ! D’ail­leurs il ne me disait jamais qu’il aimait. Il était très dur. Quand il avait tout aimé, il trouvait toujours un moyen de contourner, une poussière. Par exemple, il disait : « Je n’aime pas le cadre de la deuxième photo, là… » Et je lui répondais : « Oui, mais les 400 autres, qu’en penses-tu ? »

Serena Carone a notamment sculpté ici votre tombeau. Vous y apparaissez couverte de fleurs, en majesté. Quelle impression cela fait-il de se voir en figure mortuaire ?

Vous savez, je commence à m’acheter des trous un peu partout, au cas où. J’ai toujours voulu être enterrée au cimetière du Montparnasse, que je traversais tous les jours pour aller à l’école. Beaucoup de mes amis y sont, mon père, ma mère. Tous les ans, on allait boire du champagne avec mon père sur sa future tombe. Mais la loi a changé, et l’on ne peut plus investir à l’avance dans un tombeau.

Donc moi, je sens que n’aurai pas le droit d’être enterrée là. Alors je multiplie les tombeaux. Et sur mes stèles, j’écrirai peut-être : « Est-elle vraiment là ? » Je ne veux pas seulement un trou, je veux l’investir à l’avance. Ecrire une histoire, enquêter sur mes voisins… C’est comme ça que j’ai acheté un caveau au cimetière de Bolinas, en Californie, où j’ai fait mes pre­mières photos de tombe, où j’ai commencé ma carrière d’artiste. Quand j’ai demandé au directeur comment je serais rapatriée, il m’a répondu : « Si c’est des cendres, par Fedex. Si c’est le corps entier, par UPS. »

J’ai fait aussi un projet au cimetière de Brooklyn, où je propose aux gens de venir dé­poser des secrets, et ils m’ont donné la tombe ! En fait, je souffre du syndrome du FOMO (Fear of ­Missing out), cette crainte de rater quelque chose qui me pousse à sortir tout le temps, à tout voir. Même pour ma tombe, j’ai peur que ça soit mieux ailleurs !

« Beau doublé, Monsieur le marquis ! », de Sophie Calle et son invitée Serena Carone. Musée de la chasse et de la nature, 62, rue des Archives, Paris 3e. Tél. : 01-53-01-92-40. Du mardi au dimanche, de 11 heures à 18 heures, 21 h 30, les mercredis. De 6 € à 8 €. Jusqu’au 11 février. Chassenature.org

18 mars 2014

Deux nouvelles grandes expositions rythment l'actualité du Grand Palais en ce printemps

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Dès demain, ne manquez pas l'arrivée de l'empereur Auguste !
Revivez les grandes heures de son règne, d’une effervescence artistique éclatante, pendant lequel le fils adoptif de Jules César transforme les provinces de l’Empire, développe la cité de Rome et bouleverse la vie quotidienne des Romains.
Le 26 mars, Robert Mapplethorpe, figure emblématique de la photographie, investira la galerie sud-est pour une rétrospective majeure : ses photographies en noir et blanc, extrêmement esthétiques et stylisées, sont empreintes de cette puissance érotique qui a rendu l'artiste célèbre et illustrent également le classicisme de sa recherche artistique.

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12 janvier 2014

Vous aimez la pluie ?

De la pluie, il en était déjà tombé beaucoup, en 2013. La palme revient à Pleyber-Christ, dans le Finistère, avec pas moins de 172 jours pluvieux enregistrés. Mais c’est Brest, sa voisine, qui enregistre le plus fort taux de précipitations : 1 251 mm… 1,25 mètre d’eau ! Ça rafraîchit les idées. Pour garder les pieds au sec, mieux vaut vivre à Martigné-Briand, dans le Maine-et-Loire (111 jours de pluie) ou dans le Morbihan, à Belle-Île-en-Mer (115 jours). Vous préférez le soleil ? Filez à Noirmoutier : l’île vendéenne affiche 2 191 heures d’ensoleillement… Loin devant Damblainville (Calvados) : 1561 heures. Pour vous réchauffer, enfin, faites escale au Mans : la cité sarthoise décroche le record de la bouffée de chaleur avec 35,6 °C (le 10 août), alors qu’à cinquante kilomètres de là, Alençon la Normande claquait des dents, mi-mars, avec -8,3 °C. Vivifiant.

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20 décembre 2013

La Une de Libération ce matin

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Guy Bedos donne le 23 décembre sa toute dernière représentation, après 40 ans passés sur scène. Invité sur le plateau du Monde, l'humoriste revient sur ses bisbilles avec Nadine Morano, ses relations avec Bernard Tapie, le Front national et la gauche aujourd'hui :


« Il n’y a pas de gauche, il n’y a que des... par lemondefr

23 février 2019

« Shéhérazade » et « Jusqu’à la garde » triomphent aux Césars

La 44e cérémonie des récompenses du cinéma français s’est déroulée, vendredi, sous les yeux de l’acteur américain Robert Redford.

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Jusqu’à la garde de Xavier Legrand, qui traite du sujet des violences conjugales, est le grand vainqueur de la cérémonie des Césars 2019, qui s’est déroulée vendredi 22 février à Paris. Le long-métrage, qui faisait figure de favori avec dix nominations, est reparti avec quatre prix : meilleur film, meilleure actrice pour Léa Drucker, meilleur montage et meilleur scénario.

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Le réalisateur a estimé, pendant la soirée, qu’il « serait temps de penser » aux victimes « à un autre jour que le 25 novembre », Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Léa Drucker, très émue, a aussi, appelé à réagir et elle a rendu hommage aux personnes qui sont dans la situation de Miriam – l’héroïne du film – ainsi qu’aux militantes féministes.

Alex Lutz a obtenu quant à lui la récompense du meilleur acteur pour son rôle dans Guy, qu’il a également réalisé et dans lequel il s’est vieilli de trente ans pour incarner une ancienne gloire de la chanson. « Je suis très impressionné (…) chaque volute et chaque cabossage de ce César me font penser à un parcours », a-t-il dit ému en recevant le prix.

Le cinéaste Jacques Audiard, 66 ans, a reçu le César de la meilleure réalisation pour Les Frères Sisters, un western franco-américain avec Joaquin Phoenix, Jake Gyllenhaal et John C. Reilly. « Je suis ému (…) J’admire mes confrères et mes consœurs. Si je fais du cinéma, c’est parce que vous en faites », a-t-il déclaré.

« A tous les gens qui galèrent »

Shéhérazade, histoire d’amour à Marseille entre un caïd et une jeune prostituée, a reçu la statuette du meilleur premier film, tandis que ses deux interprètes principaux, Kenza Fortas et Dylan Robert, ont été récompensés par ceux des meilleurs espoirs féminin et masculin. « Je dédie ce film à tous les gens qui galèrent », a lancé le réalisateur, Jean-Bernard Marlin. Pour Shéhérazade, tourné avec des interprètes non professionnels, il a fait huit mois de castings sauvages dans des foyers de la cité phocéenne ou à la sortie des prisons.

Karin Viard a pour sa part reçu le César de la meilleure actrice dans un second rôle pour son interprétation dans Les Chatouilles. « Je tenais beaucoup à ce rôle, j’avais vraiment envie de faire partie de cette histoire », a-t-elle expliqué en recevant sa statuette.

A propos de son interprétation d’une mère dure, doutant des abus sexuels subis par son enfant, elle a décrit un « rôle épouvantable de mère si toxique qui condamne sa fille une deuxième fois en ne l’écoutant pas, en ne voulant pas la croire ».

Cinéma « plus indépendant et plus libre »

La 44e cérémonie de récompenses du cinéma français s’est déroulée sous les yeux du comédien et réalisateur américain Robert Redford, qui a reçu un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière.

La présidente de la cérémonie, la Britannique Kristin Scott Thomas a, elle, rendu un hommage : « Vous m’avez permis, moi, étrangère, de devenir actrice (…). Vive le cinéma français. » « J’ai bien l’intention de continuer à vos côtés, oui, même avec ce Brexit », a-t-elle par ailleurs plaisanté.

« Tous ici nous aimons ce cinéma-là, un cinéma plus indépendant et plus libre que partout ailleurs, des films courageux, ambitieux, inattendus (…). vous pouvez être fiers de la diversité de vos productions. Il est vrai que je crains d’être retenue à la frontière avec ma panse de brebis farcie, mes stocks de jelly et mes disques d’Elton John, mais ce soir je suis là. »

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Le palmarès complet

Meilleur film

Jusqu’à la garde

Meilleur réalisation

Jacques Audiard, pour Les frères Sisters

Meilleure actrice

Léa Drucker dans Jusqu’à la garde

Meilleur acteur

Alex Lutz, dans Guy

Meilleure actrice dans un second rôle

Karin Viard dans Les Chatouilles

Meilleur acteur dans un second rôle

Philippe Katerine dans Le Grand Bain

Meilleur scénario original

Jusqu’à la garde, de Xavier Legrand

Meilleur premier film

Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin

Meilleur espoir féminin

Kenza Fortas pour Shéhérazade

Meilleur espoir masculin

Dylan Robert dans Shéhérazade

Meilleur documentaire

Ni juge, ni soumise, de Jean Libon et Yves Hinant

Meilleur film étranger

Une affaire de famille, d’Hirokazu Kore-eda

Meilleure adaptation

Andréa Bescond, Eric Métayer pour Les Chatouilles

Meilleur film d’animation long-métrage

Dilili à Paris, réalisé par Michel Ocelot et produit par Christophe Rossignon et Philip Boëffard

Meilleur film d’animation court-métrage

Vilaine fille, du réalisateur Ayce Kartal

Meilleurs costumes

Pierre-Jean Larroque pour Mademoiselle de Joncquières

Meilleurs décors

Michel Barthélémy pour Les Frères Sisters

Meilleur montage

Yorgos Lamprinos pour Jusqu’à la garde

Meilleur musique originale

Vincent Blanchard, Romain Greffe pour Guy

Meilleur son

Brigitte Taillandier, Valérie De Loof et Cyril Holtz pour Les Frères Sisters

Meilleure photographie

Benoît Debie pour Les Frères Sisters

11 janvier 2019

Exposition - Musée de la Monnaie

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Un célèbre travesti consacré par un musée parisien ? Oui, et on imagine de vénérables messieurs déglutir à la vue des robes hautes en couleurs et symboles portées par Grayson Perry à toutes les étapes de sa vie. Mais ne réduisons pas l’œuvre de cet artiste britannique à ses tenues flamboyantes. C’est par le biais de disciplines artistiques aussi différentes que la céramique, la sculpture ou la tapisserie que cet homme aujourd’hui (quasi) sexagénaire s’est imposé dans le monde de l’art, chacune de ses œuvres démolissant consciencieusement tout ce qui a trait à la domination masculine. Et il y a de quoi faire (et dire) sur le sujet ! Ne ratez pas cette expo pleine d’humour et d’irrévérence.

Jusqu’au 3 février

Musée de la Monnaie de Paris

16 décembre 2018

Voici Miss France 2019

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Le jury, exclusivement féminin pour la première fois et présidé par Line Renaud, a rendu son verdict, vers 0 h 20, la nuit dernière, devant le public de TF1 : Miss France 2019 est Miss Tahiti !

Miss Tahiti, Vaimalama Chaves, 24 ans, a été élue Miss France 2019 samedi soir au Zénith de Lille, succédant à Maëva Coucke, du Nord-Pas-de-Calais, sous les yeux d’un jury composé, pour la première fois, exclusivement de femmes. Diplômée d’un master de management en marketing, elle a devancé Miss Guadeloupe, première dauphine, Miss Franche-Comté, deuxième dauphine, et Miss Réunion et Miss Limousin, les deux dernières finalistes. « J’étais community manager dans une salle de musculation, maintenant je suis Miss France », a-t-elle déclaré, les larmes aux yeux. « C’est incroyable, je suis très émue ».

Les Miss Tahiti sont souvent dauphines des Miss France, mais rarement élues, au grand dam des Polynésiens. La dernière Miss Tahiti coiffée du précieux diadème est Mareva Galanter, en 1999. Vaimalama Chaves, aux yeux bleus, gris, voire verts selon la lumière, était en surpoids pendant son enfance, au point d’être traitée de « monstre », avait-elle récemment confié à l’AFP. À 18 ans, celle qui mesure 1,78 m pesait plus de 80 kg. Elle en a depuis perdu 20.

« Si je pouvais changer les choses, j’encouragerais tous les jeunes à poursuivre leurs études », a-t-elle répondu au jury, expliquant que « l’éducation, un pilier de la société, c’est ce qui permet de changer le monde. »

Un jury 100 % féminin

Trente femmes de 18 à 24 ans prétendaient au titre, à l’occasion de la 89e cérémonie diffusée en exclusivité sur TF1 et présentée une fois de plus par Jean-Pierre Foucault. Environ 4 500 personnes ont assisté à l’émission. À égalité, jurées et téléspectateurs ont désigné les cinq finalistes, sur « la motivation, la bien séance, le savoir-vivre ensemble », selon Sylvie Tellier, Miss France 2002 et directrice générale de la société Miss France, filiale du groupe de production audiovisuelle Endemol. Les téléspectateurs ont toutefois eu le dernier mot en désignant seuls la lauréate et ses deux dauphines, en votant par téléphone et SMS.

Après une précédente édition dédiée à la cause des femmes dans le sillage du mouvement #MeToo, un jury pour la première fois 100 % féminin, présidé par Line Renaud, a réuni la danseuse étoile Alice Renavand, la chanteuse Jenifer, la Miss France 2011 Laury Thilleman, la comédienne Maud Baecker, l’humoriste Claudia Tagbo, et Caroline Garcia, numéro 1 du tennis féminin français.

La sœur de Raphaël Varane parmi les candidates

« Ça n’est pas mon initiative, mais c’est une très bonne nouvelle », avait assuré Line Renaud dans un entretien à la Voix du Nord publié samedi. « L’idée est intéressante mais le concours Miss France continue de trier les femmes sur des critères physiques ou moraux assez réactionnaires, comme le fait pour les candidates de n’avoir pas d’enfant », a réagi Marion Georgel, l’une des porte-parole d'« Osez le féminisme ! », pour qui ce jury 100 % féminin est « un effet de communication ».

Les trente candidates ont défilé en maillot de bain, marché en robe blanche sur la valse « Hier encore » de Charles Aznavour, dansé le « French cancan » et se sont essayées à des chorégraphies rappelant le cirque et Bollywood. Puis les douze demi-finalistes ont paradé jambes nues et en tenues très échancrées de super héroïnes, faisant voltiger des capes où l’on pouvait lire « Fight for your rights », « Yes women can » ou encore « Girls support girls » sur la chanson des Destiny’s child « Survivor ». Miss Nord-Pas-de-Calais Annabelle Varane, sœur de Raphaël, champion du monde de football avec les Bleus, qui a été la seule à ne pas mentionner son nom de famille en se présentant et que beaucoup donnaient favorite, n’a pas atteint la finale, stoppée au stade des 12 demi-finalistes.

Programme phare de TF1, Miss France avait attiré l’an dernier 7,4 millions de téléspectateurs (37,1 % de part d’audience), avec un pic à 8,8 millions lors du couronnement, plaçant la chaîne largement en tête des audiences. Si la victoire de Vaimalama Chaves a été abondamment commentée sur les réseaux sociaux, de nombreux commentaires sur Twitter évoquaient un couac survenu pendant la retransmission du concours. Dans un plan furtif, TF1 a en effet montré les coulisses de l’élection, laissant apercevoir par erreur deux Miss en train de se changer, les seins nus. Source : Le Télégramme

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10 février 2019

Sexo - De la normalité sexuelle en général, et du missionnaire en particulier

Par Maïa Mazaurette - Le Monde

L’hétérosexuel lambda n’est pas moins étrange que les zoophiles, fétichistes, et autres polyamoureux, explique la chroniqueuse de « La Matinale » Maïa Mazaurette.

LE SEXE SELON MAÏA

Cette semaine, je comptais vous parler de fist-fucking (ce qui ne saurait tarder, le poing de Damoclès étant suspendu au-dessus de cette chronique depuis trois ans). J’anticipais la question habituelle : le fist-fucking, pourquoi ? Avec son sous-entendu évident : le fist-fucking, quelle idée bizarre.

Seulement, la bizarrerie est une question de regard, et quand on oublie de regarder, on passe à côté de la bizarrerie. En l’occurrence, le missionnaire du samedi soir nous semble aussi naturel que l’air qu’on respire... mais uniquement parce que le processus de normalisation produit un aveuglement. En conséquence de quoi, avant de voir la paille dans l’œil du fist-fucking (ne m’embêtez pas avec l’anatomie, d’accord ?), l’évangile selon Maïa vous invite aujourd’hui à considérer la poutre dans vos bizarreries. En commençant par la moins contestable de nos pratiques : la pénétration vaginale d’une femme par un homme (en missionnaire de préférence).

Normale, cette pénétration ? Trop normale ? Pas si sûr. Le principe même interpelle : que faisons-nous quand nous aimons et désirons une personne, dont nous espérons l’amour et le désir en retour ? Nous mettons au cœur de l’action les seules parties de notre corps considérées comme méprisables, sales ou mauvaises. Les hétérosexuels s’infligent au passage une double dose d’irrationalité : si notre système de pensée est fondé sur l’idée que l’autre est fondamentalement incompréhensible, pourquoi considérer comme normal de faire coucher les hommes et les femmes ensemble ? Et pourtant. Nous persistons à affirmer que l’hétérosexualité constitue le câblage raisonnable. Il faudrait se décider...

Venons-en aux travaux pratiques : ah, le missionnaire ! Côté ergonomie, excusez-moi, mais on a fait mieux. Mettre la personne la plus lourde au-dessus, c’est comme enfiler un slip par-dessus son pantalon. Quant à la norme voulant que ce missionnaire se produise dans un lit, elle présente des désavantages tout aussi perturbants : déjà, sous les draps, les créatures visuelles que nous sommes ne voient rien, et deuxièmement, nous n’allons au lit que quand nous sommes crevés. Du coup, malgré notre accord implicite sur le fait que la sexualité cimente le couple, nous casons cette activité au moment où nous manquons d’énergie et d’attention. Si votre maçon cimentait de cette manière, vous vivriez déjà dans les décombres de votre appartement.

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baise (2)

Une pratique qui ne marche pas

Parlons maintenant du missionnaire réussi, selon nos normes contemporaines. Pour les femmes, l’enjeu consiste à avoir un orgasme là où nous savons pertinemment que seule une minorité y parvient. Je re-traduis : notre normalité consiste à utiliser une pratique qui ne marche pas, pour des résultats qu’on n’obtiendra pas. Confrontés à notre déception, plutôt que de changer de pratique (« oh, un clitoris »), nous essayons de changer l’anatomie des femmes (« voudrais-tu bien fourrer ton clitoris au niveau du col de l’utérus, merci »). Je veux bien, mais ce n’est pas simple.

Pour les hommes, le missionnaire réussi repose sur une performance physique dont le barème est la répétition. Pour résumer, le missionnaire consiste à hésiter (dedans ? dehors ?) sur une amplitude d’environ cinq centimètres, pendant le plus longtemps possible, sous les applaudissements du public. Et maintenant, la question qui tue du dimanche : si le fist-fucking prend le plus de place possible et que le missionnaire prend le plus de temps possible, quelle forme de sagesse doit-on utiliser pour affirmer que privilégier l’espace est plus fondamentalement bizarre que privilégier le temps ? (Einstein, sors de ta tombe.)

Venons-en donc à l’argument-miracle : le missionnaire permet de faire des bébés. Oups, désolée, il s’agit en fait d’un contre-argument. Car au risque de faire s’évanouir les adeptes du « croissez-multipliez » (n’oubliez pas le « mangez-bougez ») : la norme, pendant un rapport sexuel, c’est de ne pas vouloir faire de bébés. Si nous cherchons à reproduire l’espèce pendant 1 % de nos rapports sexuels, c’est un grand maximum : de fait, nous dépensons une énergie folle à éviter d’avoir des enfants. Et pourtant. Ces 1 % de rapports à but procréatif informent les pratiques des 99 % de rapports non procréatifs (auxquels, du coup, nous ajoutons des contraceptifs… tout est normal). Avec à la clef, une décision pour le moins extravagante : à des fins de plaisir, nous utilisons une technique reproductive qui ne donne pas tant de plaisir que ça. Autant utiliser des baguettes chinoises comme un rouleau à pâtisserie.

Oh, et puisque nous pataugeons dans le royaume du sexe parfaitement licite : peut-on parler de notre obsession pour la pudeur ? Trouvez-vous raisonnable d’être intimidé par les partenaires « trop » expérimentés ? Ne devrions-nous pas les admirer, au lieu de constamment les juger – même si ce sont des femmes ? Par ailleurs, si la chasteté de vos partenaires sert à marquer votre territoire, quelle différence avec les pratiques urophiles ? Autant faire pipi sur votre fiancé(e), ça ne sera pas moins bizarre.

Mais peut-être vous méfiez-vous des pratiques « hard ». Ah ! Une catégorisation commode ! Non seulement le missionnaire peut parfaitement se pratiquer avec brutalité, mais en termes de validation sociale, on l’en appréciera d’autant mieux (« c’est tellement meilleur quand ça fait un peu mal »). Il y a des fellations hard (quand on force la personne receveuse), des cunnilingus qui étouffent (ça s’appelle le face-sitting), des tortures qui utilisent les caresses (un coup de plumeau ?) ou le rire (quelques chatouilles ?). Quant à notre fameux fist-fucking, il va de soi que sauf intention sadique ou brutale explicite, ses adeptes l’opèrent avec la plus grande douceur.

Paresse intellectuelle

Revenons-en donc à nos moutons : qualifier sa sexualité de normale, et les autres sexualités de bizarres, c’est de la paresse intellectuelle. L’hétérosexuel lambda n’est pas moins étrange que les zoophiles, fétichistes, polyamoureux, adeptes de pizzas hawaïennes. Avec un peu d’humilité et d’autodérision, les fanatiques du missionnaire pourraient même revendiquer les très populaires mots de queer (c’est le Q de LGBTQ, qui signifie « étrange, marrant ») et de kink (« entortillé, tordu, anormal »).

Rappelons en outre deux choses. La première, c’est que les fantasmes considérés comme anormaux peuvent être statistiquement normaux : c’est le cas du sadomasochisme ou de sexe de groupe. La seconde, c’est que notre normalité est tellement étroite qu’elle est littéralement invivable. Nous en sortons constamment parce que nous ne pouvons pas rester dedans. C’est impossible. Même les censeurs de service se voient régulièrement surpris dans l’embarras (pour dire le moins).

Sur Google, la question « am I normal » affiche plus de deux milliards de résultats. Je me permets de les synthétiser pour vous : la bizarrerie est la forme la mieux partagée de normalité. Quand on marche dans le rang, on marche avant tout sur la tête.

1 août 2018

Gare Montparnasse : la SNCF et RTE se renvoient la balle

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Par Nabil Wakim - Le Monde

Après l’incendie d’un poste électrique, le trafic des trains ne devrait pas revenir à la normale avant vendredi, au mieux.

L’incendie survenu dans un poste électrique à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), qui alimente la gare Montparnasse, vendredi 27 juillet, a plongé des milliers de voyageurs dans l’incertitude. Lundi soir, le Réseau de transport d’électricité (RTE) a annoncé que le courant était de retour à la gare parisienne, après quatre jours de polémique. Mais, derrière les difficultés pour les voyageurs, une autre crise s’est jouée entre deux opérateurs publics majeurs, la SNCF et RTE.

Dès samedi, le président de la SNCF, Guillaume Pepy, n’a pas caché son agacement : « Nous sommes victimes, les usagers, et nous-mêmes, d’un incendie qui a eu lieu sur un transformateur, qui n’a rien à voir avec la SNCF, qui est un transformateur de la société RTE », a-t-il rappelé, en demandant des indemnisations.

Pendant le week-end, les cadres de la SNCF n’ont pas lésiné sur leurs critiques à l’encontre de RTE, accusant la filiale d’EDF de ne pas avoir respecté son contrat. Et notamment de ne pas avoir mis en place une solution de secours en cas de coup dur. Claude Solard, directeur général délégué de SNCF Réseau, explique ainsi que le groupe a bâti trois circuits d’alimentation indépendants, mais que « RTE a branché ces trois circuits à une seule et même installation ». En clair, le dispositif de secours dépendait également du poste électrique victime de l’incendie.

Sentiment d’être accusé à tort

Une analyse relayée par la ministre des transports, Elisabeth Borne, qui a souligné « une manifeste fragilité dans l’alimentation de substitution de la gare Montparnasse par RTE », dans un communiqué.

« Je comprends qu’on soit exaspéré, a reconnu le président de RTE, François Brottes, qui a joué profil bas dimanche soir, sur BFM-TV. Les secours pour l’alimentation étaient dans le périmètre du même poste, c’est un peu comme quand vous avez la nationale 7 à côté de l’autoroute A7. Quand vous avez un incendie qui coupe la circulation sur les deux, il faut se dire qu’il faut peut-être faire évoluer le périmètre. »

« On assume notre responsabilité », a ajouté M. Brottes, qui s’est engagé à indemniser la SNCF, conformément au contrat qui lie les deux entreprises.

Mais le sentiment d’être accusé à tort prédomine chez la filiale d’EDF. En effet, la SNCF exploite son propre réseau électrique et connaît parfaitement le dispositif technique. Surtout, rappelle-t-on chez RTE, les clients industriels définissent eux-mêmes les dimensions de leurs besoins électriques et peuvent choisir de disposer d’un autre poste de secours. « C’est une option que nous proposons, a détaillé M. Brottes, dans Le Parisien mardi matin. Certains clients font ce choix-là, c’est au client d’en avoir l’exigence. »

L’enjeu est le montant de l’indemnisation

Autrement dit : « Quand on veut des alimentations électriques supplémentaires, il faut les payer et les demander, c’est comme ça que ça marche », explique Jean-Louis Maury, délégué syndical central CGT chez RTE, qui souligne que « les alimentations de la gare sont comme cela depuis très longtemps, personne ne peut dire qu’il ne savait pas ».

Une analyse fermement démentie par la SNCF, qui assure avoir bien prévu de la redondance de son côté.

« C’est de la gesticulation de patrons qui veulent détourner le feu de chez eux », souligne M. Maury, de la CGT, qui note que « le vrai sujet pour eux, ce sera le montant de l’indemnisation et qui va la payer ». Dans un communiqué, Jean-François Carenco, le président de la Commission de régulation d’électricité (CRE), a d’ailleurs souligné que le supplément de coûts pour assurer des redondances de sécurité « ne saurait être systématiquement à la charge du consommateur d’électricité ».

La mobilisation des agents de RTE a permis de rétablir dès lundi soir l’alimentation électrique de la gare, alors que les premières prévisions parlaient de jeudi. Mais, même avec un retour à la normale, les difficultés ne sont pas terminées : en raison du report de nombreuses opérations de maintenance, la SNCF a annoncé que les deux tiers du trafic seront assurés mardi à Montparnasse, mais que le retour à la normale ne devrait pas intervenir avant vendredi.

24 décembre 2018

Les dérapages antisémites et violents de certains « gilets jaunes » jettent le trouble

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Par Abel Mestre - Le Monde

La mobilisation en berne, samedi, lors de l’« acte VI » du mouvement, a mis en lumière les éléments les plus radicaux. A gauche, beaucoup préfèrent se taire plutôt que risquer de se couper de la protestation.

Il en va ainsi souvent des mouvements sociaux : lors des phases de reflux, où la mobilisation est moindre, se remarquent, par contraste, les éléments les plus radicaux qui n’entendent pas abandonner la lutte. C’est ce que l’on a pu constater, samedi 22 décembre, lors de l’« acte VI » des « gilets jaunes » qui a réuni 40 000 personnes (selon le ministère de l’intérieur) sur l’ensemble du territoire.

A Paris, 59 personnes ont été placées en garde à vue, dont quatre mineurs, selon le parquet de Paris. Dans ce mouvement inédit et protéiforme où des manifestants apartisans côtoient des personnes issues de l’extrême droite ou de l’extrême gauche, plusieurs épisodes ont donné à voir des scènes qui ont jeté le trouble.

Le premier a eu lieu samedi matin au pied du Sacré-Cœur, à Paris. Des manifestants portant des « gilets jaunes » ont été filmés en train de faire des quenelles et d’entonner une chanson du polémiste antisémite Dieudonné. La quenelle est un geste et une expression loin d’être neutres puisque l’ancien humoriste l’a inventé en 2009, lorsqu’il menait une liste antisioniste pour les élections européennes. Il s’agissait alors de « glisser une petite quenelle dans le fond du fion du sionisme ». En réaction, le premier ministre, Edouard Philippe, a affirmé dimanche matin sur Twitter, qu’« il est hors de question de banaliser de tels gestes qui doivent faire l’objet d’une condamnation unanime et de sanctions pénales ».

« Hors de question de banaliser de tels gestes »

Une autre vidéo circule également, captée dans la capitale par le journaliste indépendant Clément Lanot, où des « gilets jaunes » portant une banderole « la banque gouverne », sont agenouillés et reçoivent des gaz lacrymogènes. L’un d’eux lâche : « Vous nous gazez comme des putains de juifs ! »

Par ailleurs, une enquête a été ouverte du chef « d’injures publiques en raison de la race ou de la religion et contestation de crime contre l’humanité », après qu’une vieille dame a été verbalement agressée dans le métro parisien samedi soir par trois personnes portant des gilets jaunes. Ces derniers criaient des « Macron démission », raconte sur Twitter Thibaut Chevillard, journaliste à 20 Minutes et témoin des événements. Ils font ensuite le geste de la quenelle. Une dame âgée se lève et leur demande d’arrêter, leur dit qu’elle « est juive et ancienne déportée à Auschwitz ». Ils lui répondent en lui disant de « dégager » et ont tenu des propos négationnistes.

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Autre scène qui a choqué : durant la soirée, des motards de la police nationale ont été pris à partie sur les Champs-Elysée par une vingtaine de manifestants après que les forces de l’ordre ont lancé des grenades de désencerclement et lacrymogènes. L’un des policiers dégainant même son pistolet mettant en joue un des assaillants, avant de le ranger dans son étui. Une enquête pour « violences volontaires avec arme en réunion sur personnes dépositaires de l’autorité publique et dégradations de biens publics » a été ouverte.

La veille, la mise en scène de la décapitation d’Emmanuel Macron à la hache, vendredi à Angoulême, avait déjà marqué les esprits.

La gêne de la gauche

Tous ces événements jettent une lumière trouble sur les « gilets jaunes » et gênent la gauche qui se retrouve au pied du mur. Ses cadres ne veulent pas généraliser ces comportements à l’ensemble des manifestants, mais il leur faut les condamner. Ne voulant pas se couper du mouvement, certaines figures préfèrent ainsi garder le silence. D’autres pas.

Clémentine Autain, députée (La France insoumise) de Seine-Saint-Denis a très vite condamné ces agissements. Elle a ainsi écrit sur Twitter : « Totalement solidaire de la colère sociale des “gilets jaunes” mais la quenelle de Dieudonné, non. La révolte populaire, oui. L’antisémitisme, jamais. Et surtout pas au nom des “gilets jaunes” ».

La sénatrice écologiste Esther Benbassa et le communiste Ian Brossat ont pris des positions similaires. Mme Autain insiste: « Il faut être dans le mouvement mais aussi mener la bataille contre l’extrême droite et assumer les lignes de fractures avec elle. »

19 décembre 2018

La une de Libération

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«Débat national» : les maires de toutes les batailles

Par Dominique Albertini — Libération

Cornérisés par l’exécutif durant la première année du quinquennat, les élus locaux sont subitement revenus en grâce lorsque le Président a annoncé sa grande mais encore floue consultation nationale. Ils se partagent désormais entre enthousiasme et refus de la «patate chaude».

  «Débat national» : les maires de toutes les batailles

Les voilà posés, par Emmanuel Macron, en «interlocuteurs naturels des citoyens». Chargés de s’en «faire les relais», car «ils portent la République sur le terrain». Et appelés à un rôle de premier plan dans le «grand débat national» voulu par le chef de l’Etat. Les maires voient avec intérêt l’exécutif souligner, comme jamais depuis le début du quinquennat, leur utilité politique et sociale. Et celle d’autres corps intermédiaires, souvent contournés ces derniers mois et désormais priés de concourir au dialogue avec les gilets jaunes et leurs sympathisants. Mais certains élus hésitent à jouer les utilités au profit d’un gouvernement qui, soupçonnent-ils, n’aurait rien renié de son arrogante «verticalité».

On ignorait presque tout mardi des modalités de la consultation, si ce n’est les grands sujets qu’elle aura à traiter : transition écologique, fiscalité, organisation de l’Etat et meilleure association des citoyens aux décisions. Le coup d’envoi devrait être donné début 2019 pour une durée de trois mois. Quant au reste, «il n’y a pas un ministre qui pourrait vous dire aujourd’hui à quoi ça ressemblera», reconnaissait mardi un proche du dossier. Une réunion organisée en début de soirée à l’Elysée devait arrêter le cahier des charges des débats, sa présentation officielle étant attendue d’ici la fin de semaine.

Un précédent rendez-vous, vendredi à Matignon, avait avancé quelques pistes. L’organisation des débats pourrait revenir à n’importe quel acteur local - élu, association, syndicat… - souscrivant à la «charte» élaborée par le gouvernement. L’Etat mettrait à leur disposition des «kits» reprenant les thèmes en jeu et compilant des données locales utiles à la discussion. Des groupes de citoyens, peut-être composés par tirage au sort, pourraient se voir confier le tri et l’étude des propositions sorties du débat. Les réunions seraient doublées d’une plateforme en ligne pour recueillir les contributions citoyennes.

«Fantassins»

Le gouvernement semble toutefois attendre une implication toute particulière des élus locaux, maires en tête, auxquels le Premier ministre pourrait adresser dans les prochains jours un courrier de sensibilisation. «C’est évidemment [à eux] qu’il reviendra, s’ils le souhaitent […] de participer à l’organisation de ce débat dans leur commune», avait déclaré Edouard Philippe devant les élus de l’association Villes de France, le 12 décembre. Il est vrai que le mandat municipal est le plus proche et le plus apprécié des Français : selon une enquête du Centre de recherches politiques de Sciences-Po publiée en début d’année, 55 % des sondés font confiance à leur édile, contre 35 % à leur député.

La grande concertation à venir suscite pourtant chez les élus des sentiments mêlés, entre appétit pour un débat enfin replacé «au ras du terrain» et méfiance face à un exercice normé par le gouvernement. «Tout doit partir du terrain, approuve Karl Olive, maire LR de Poissy (Yvelines). Nous sommes les fantassins de la République, et les mairies sont des maisons communes entre gouvernement et administrés. Mais il faudra être souple sur les thématiques : sur le terrain, on nous parle de pouvoir d’achat, de sécurité et d’immigration plus que de transition écologique.» Pour un responsable de l’Association des maires de France (AMF), «personne n’est dupe du changement de ton de l’exécutif, mais il ne s’agit pas de mettre de l’huile sur le feu : on veut tous sortir de la crise». D’autres élus sont moins allants : «Le gouvernement a voulu se passer des corps intermédiaires, et s’en mord désormais les doigts, estime le maire PS de Guéret (Creuse), Michel Vergnier. Pas question de se faire refiler la patate chaude : les demandes des gilets jaunes regardent d’abord le gouvernement. On participera au débat, mais on ne l’animera pas.» Chez l’association France urbaine, qui regroupe grandes villes et intercommunalités, on confirme la tiédeur d’une partie des troupes : «On leur explique qu’après des années à dire qu’on ferait mieux le boulot que l’Etat, il faut maintenant le prouver. Mais certains jugent que le gouvernement leur refile le bébé et ont envie de lui dire : démerdez-vous !»

«Sinistre»

Il est vrai que l’appel de Macron intervient après un an et demi de tensions entre exécutif et élus locaux. Suppression de la taxe d’habitation, économies réclamées aux collectivités, coupes dans les aides au logement et les emplois aidés, procès en jacobinisme à l’encontre du chef de l’Etat : ces sujets ont nourri l’amertume de nombreux maires. «On se tourne vers nous quand les choses dérapent : c’est peut-être un virage, mais surtout une question de nécessité, constate le responsable d’une autre association d’élus. Emmanuel Macron reste un énarque centralisateur, et la situation des maires demeure critique. Je suis reparti abattu du dernier congrès des maires [le mois dernier, ndlr] : l’ambiance était sinistre, l’avis général était que plus personne ne voudrait se présenter aux prochaines élections.» Le chef de l’Etat avait alors esquissé un changement de méthode, multipliant les égards envers les élus et s’offrant à leurs questions… mais à l’Elysée plutôt que sur les lieux du congrès.

Issu d’un vœu présidentiel, élaboré dans les ministères, «labellisé» par l’Etat, le grand débat national mêle curieusement, à son tour, centralisme et recours au terrain. Plusieurs maires contactés par Libération indiquent d’emblée avoir devancé l’appel présidentiel et ouvert de leur propre initiative, dans leur hôtel de ville, des «cahiers de doléances» ouverts à tous les citoyens (lire pages suivantes). Dispositif lancé «bien avant l’appel du Président», précise-t-on fièrement à l’Association des maires ruraux, où l’on dénombrait mardi «plusieurs milliers de communes participantes et, a minima, plusieurs dizaines de milliers de contributions».

15 décembre 2018

Les capes rouges se sont ajoutées aux gilets jaunes ce samedi 15 décembre.

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Avant que la manifestation des "gilets jaunes" ne débute, l'artiste Déborah de Rebortis a réalisé une performance artistique sur les Champs-Elysées

Les capes rouges se sont ajoutées aux gilets jaunes ce samedi 15 décembre. En marge de l'acte 5 de la manifestation des "Gilets jaunes", l'artiste Déborah de Robertis a réalisé un "happening" symbolique.

Pendant un temps, on a cru qu'il s'agissait de Femen car elles sont habituées à ce type de manifestation. Cinq femmes sont en effet arrivées sur les Champs-Elysées, en formation en "V", et habillées en Marianne: cape rouge, bonnet phrygien, cocarde, sein découvert, comme l'est souvent la symbole de la France. Ce sein nu, loin d'être une expression de la liberté de la femme, comme avait pu le dire Manuel Valls en 2016, a différentes origines selon les historiens: une tradition antique, une référence au célèbre tableau de la Victoire de Delacroix, ou le symbole de la mère nourricière de la patrie.

Elles ont ensuite fait face en silence aux forces de l'ordre qui leur barraient le passage. Une manifestation totalement pacifique qui n'a pas débouché sur des interpellations.

Contactée par la journaliste Mathilde Goupil, la cheffe de file des Femen a indiqué qu'il ne s'agissait pas de Femen:

L'artiste luxembourgeoise Deborah de Rebortis est une habituée de ce genre de performances artistiques, elle s'est déjà exhibée face au tableau "L'Olympia" de Manet ou face à "L'Origine du monde" de Courbet. Elle avait, en septembre dernier, expliqué sa démarche artistique à L'Obs.

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14 octobre 2018

L’hommage aux « femmes de réconfort » hérisse les nationalistes japonais

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Par Philippe Mesmer, Tokyo, correspondance

L’installation à San Francisco, en 2017, d’une statue représentant les esclaves sexuelles de l’armée nipponne pendant la seconde guerre mondiale a entraîné la fin du jumelage de la ville californienne avec Osaka.

Le jumelage entre Osaka et San Francisco, c’est fini. Par une simple lettre adressée le 2 octobre à son homologue américaine London Breed, le maire de la ville de l’ouest du Japon, le très nationaliste Hirofumi Yoshimura, a mis fin au lien qui unissait les deux municipalités depuis 1957.

L’édile n’a pas goûté l’érection, en septembre 2017, dans la ville américaine d’une statue en l’honneur des Coréennes, Chinoises ou encore Philippines et Néerlandaises appelées « femmes de réconfort » par les Japonais, et contraintes à l’esclavage sexuel pour l’armée impériale japonaise du début des années 1930 à la fin de la seconde guerre mondiale.

Ce drame vécu par des dizaines de milliers de femmes à travers l’Asie – soit 200 000 selon des études coréennes, chiffre contesté par Tokyo – empoisonne les relations de l’Archipel avec ses voisins qui, eux, entretiennent le souvenir de cette tragédie, en dressant notamment des statues, dans différents pays. Les premières le furent en Corée du Sud. Il y en aurait aujourd’hui une quarantaine dans le monde, en Allemagne, en Chine, au Canada…

CE N’EST PAS LA PREMIÈRE FOIS QUE LE JAPON VOIT SES DÉMARCHES CONTRARIÉES. EN JANVIER 2017, IL A RAPPELÉ TEMPORAIREMENT SON AMBASSADEUR EN CORÉE DU SUD POUR UNE STATUE INSTALLÉE PRÈS DE SON CONSULAT À BUSAN.
La statue de San Francisco est une initiative des communautés coréenne, chinoise et philippine. En novembre 2017, le maire de l’époque, Ed Lee, en a fait un monument officiel de la Ville. Hirofumi Yoshimura l’avait déploré. « La relation de confiance a été complètement détruite. » Le premier ministre nippon, Shinzo Abe, connu pour ses positions révisionnistes, avait aussi réagi, qualifiant la décision de San Francisco de « profondément regrettable et opposée aux vues du gouvernement japonais ».

« Horreurs de l’esclavage et du trafic sexuels »

Le décès le mois suivant d’Ed Lee avait calmé la polémique. Mais le maire d’Osaka a relancé l’affaire cet été auprès de sa nouvelle collègue de San Francisco, London Breed, avant de décider de mettre fin au jumelage. Car la ville californienne a de son côté réagi en soulignant l’importance de la statue, la décrivant comme « un symbole de la lutte à laquelle font face toutes les femmes qui ont été et sont contraintes de supporter les horreurs de l’esclavage et du trafic sexuels ».

Ce n’est pas la première fois que le Japon voit ses démarches contrariées sur cette question. En janvier 2017, il avait rappelé temporairement son ambassadeur en Corée du Sud pour une statue installée près de son consulat à Busan, dans le sud du pays, en vain. Idem, quand il a protesté auprès de Séoul après que le Parlement sud-coréen eut fait du 14 août le Jour mémorial des victimes dites « femmes de réconfort ».

C’est à la fin des années 1980 que la question, longtemps tue, a été évoquée publiquement par d’anciennes victimes. En 1993, le gouvernement nippon avait reconnu l’existence de maisons closes militaires exploitant des femmes. Des excuses avaient été formulées. Shinzo Abe, qui était alors dans l’opposition, ne l’a jamais accepté. Son cabinet suit un positionnement plus dur. Le Japon, explique le ministère des affaires étrangères, conteste l’affirmation selon laquelle ces femmes furent contraintes. Ce fait n’aurait été confirmé par « aucun des documents identifiés par le gouvernement du Japon sur cette question ».

En 2015, le cabinet Abe avait conclu un accord avec l’administration conservatrice sud-coréenne de la présidente Park Geun-hye (2013-2017), qui devait résoudre le différend « de manière irrémédiable et définitive ». Dès l’annonce de sa signature, il avait soulevé une vague d’indignation en Corée. Des victimes et leurs proches déploraient, et regrettent encore, que le Japon n’assumât pas sa responsabilité juridique dans ce dossier. Le président progressiste sud-coréen, Moon Jae-in, élu en mai 2017, a promis lors de sa campagne de revoir cet accord que la « majorité de Coréens du Sud n’approuve pas de cœur ».

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14 octobre 2018

"Vous pouvez facilement devenir fou" : qu'arrive-t-il aux personnes que la Chine fait "disparaître" ?

Après les cas médiatisés de l'actrice Fan Bingbing et du président d'Interpol, Meng Hongwei, franceinfo a interrogé des spécialistes du système judiciaire chinois et des victimes, dont l'artiste Ai Weiwei, de ces enlèvements. Ils décrivent un système pensé pour mater les opposants au régime.

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L\'ancien président d\'Interpol, Meng Hongwei, le 5 octobre 2018 à Singapour.L'ancien président d'Interpol, Meng Hongwei, le 5 octobre 2018 à Singapour. (WONG MAYE-E / AP / SIPA)

Une grande actrice chinoise qui n'apparaît plus en public pendant des mois, le président d'Interpol qui ne donne plus de nouvelles... Ces dernières semaines, les disparitions de Fan Bingbing et Meng Hongwei ont braqué les projecteurs sur les méthodes radicales de la Chine pour régler les cas politiquement sensibles. Des procédés bien connus des militants des droits de l'Homme et autres opposants du régime. "Ce gouvernement autoritaire est au-dessus des lois et personne n'est en sécurité dans ces conditions, qu'il soit un criminel ou un innocent. Cela montre à quel point les autorités méprisent complètement la loi", réagit pour franceinfo Ai Weiwei.

L'artiste chinois, aujourd'hui réfugié à Berlin (Allemagne), est bien placé pour le savoir. Lui aussi a été "kidnappé" – personne n'est prévenu, aucun document n'est présenté à la victime et l'arrestation n'est pas reconnue officiellement – par les autorités chinoises au printemps 2011. Pendant 81 jours, il a été placé à l'isolement total, sous la surveillance permanente de gardes, comme il le décrit dans le clip Dumbass ("crétin"). "C'est de la torture mentale. L'objectif est que vous abandonniez toute volonté de protéger vos droits et votre idéologie", poursuit-il. "C'est juste vous et deux gardes, 24 heures sur 24. Ils vous fixent en permanence et prennent des notes sur vos moindres faits et gestes", précise à franceinfo le Suédois Peter Dahlin, directeur de l'ONG Safeguard Defenders, l'un des rares étrangers à avoir subi ce traitement, en 2016.

Coups, privation de sommeil et chaise du tigre

A de rares exceptions près – citoyen étranger, personnalités ou cadres –, la torture n'est pas seulement mentale. Teng Biao, un avocat et militant des droits de l'Homme, a raconté à franceinfo sa disparition de 70 jours en 2011. Arrêté en pleine rue, il est embarqué dans une voiture avec une cagoule sur la tête, direction un centre de détention. "Ils m'ont ensuite privé de sommeil pendant plusieurs jours. Ils m'ont obligé à m'asseoir par terre, face au mur, menottes aux poignets. Je n'avais pas le droit de bouger sinon ils me frappaient. Je ne pouvais pas écrire, lire ou communiquer avec un avocat. Il n'y avait aucune interaction humaine", se souvient-il. Les rideaux et la fenêtre restent fermés, la lumière toujours allumée. "C'est vraiment dur cet isolement total. Vous pouvez facilement devenir fou", poursuit-il depuis les Etats-Unis où il a trouvé refuge en 2014.

Je me forçais à penser aux livres que j'avais lus ou à réciter les poèmes que je connaissais par cœur. Pendant cette période, j'inventais même des romans ou des pièces de théâtre dans ma tête.

Teng Biao à franceinfo

Auteur d'un recueil de témoignages sur ces disparitions forcées (The People's Republic of the Disappeared, Safeguard Defenders, 2017), l'activiste américain Michael Caster, qui travaille dans la même ONG que Peter Dahlin, confirme que la privation de sommeil et les coups sont monnaie courante dans les prisons secrètes chinoises. "Ils ont tendance à éviter de laisser trop de marques, donc ils frappent plutôt au torse qu'au visage. Parfois, ils utilisent des objets comme des bâtons électriques", développe-t-il, avant de décrire la "chaise du tigre" dans laquelle le détenu est parfois maintenu : "C'est une chaise en métal, pensée pour être très inconfortable, avec des anneaux pour attacher les bras et les jambes. Il y a même la possibilité de vous attacher le cou."

"Cela vous donne l'impression que vous n'êtes personne"

L'objectif est de briser la personne détenue. "Ils veulent que le prisonnier comprenne qu'il est emprisonné sans protection de la loi, qu'il est complètement vulnérable. Ce sentiment de vulnérabilité vous donne l'impression que vous n'êtes personne, que vous pouvez disparaître à tout moment", témoigne Ai Weiwei. "Le pire dans cette disparition, c'était de ne pas savoir combien de temps j'allais être détenu et comment ils allaient me traiter dans les jours suivants. C'est l'incertitude totale", complète Teng Biao.

Toutes les tactiques utilisées visent à détruire n'importe quel esprit humain fonctionnel. Preuve a été faite que c'est la méthode la plus efficace.

Ai Weiwei à franceinfo

Pour Nicholas Bequelin, directeur Asie de l'Est et du Sud-Est d'Amnesty International, ce traitement, utilisé dans les cas politiquement sensibles, est pire que la prison classique. "Les gens sont prêts à aller en prison pour leurs idées, cela peut être injuste et peu plaisant, mais c'est un cadre, analyse-t-il. La disparition sans limite de temps, par des gens inconnus, sans aucun espoir de se voir rendre justice, c’est très différent, c’est efficace et c’est pour ça que le parti l'utilise."

La vidéo de la confession forcée de Peter Dahlin a été diffusée sur la chaîne publique chinoise CCTV.La vidéo de la confession forcée de Peter Dahlin a été diffusée sur la chaîne publique chinoise CCTV. (AP / SIPA)

Dans l'écrasante majorité des cas, la détention se termine en effet par des confessions forcées, plus ou moins mises en scène. "Les questions et les réponses avaient été préparées pour moi, par écrit. Je n'avais plus qu'à les jouer avec l'attitude appropriée. (...) C'était du théâtre de propagande", se souvient Peter Dahlin, dont les "aveux" ont été diffusés sur la chaîne publique CCTV. "Quand vous êtes kidnappé, torturé et que vous n'avez pas accès à un avocat, c'est facile de vous briser jusqu'au point où vous acceptez de signer une confession pour arrêter ces souffrances", constate Michael Caster. Parfois la personne est jugée dans un procès joué d'avance. Souvent elle renonce à ses activités militantes ; ou quitte le pays. "J'avais peur d'être arrêté de nouveau donc, pendant quelques mois, je n'ai écrit aucun article et ne me suis occupé d'aucun cas lié aux droits de l'Homme", se souvient Teng Biao.

Un système inscrit dans la loi

Au-delà de la personne arrêtée, "imaginez l'impact sur sa famille, ses proches et ses collègues, poursuit Michael Caster. Cela envoie un signal à toute la société". Cela montre que "personne n'est en sécurité, même les stars de cinéma ou les hauts cadres du parti", résume Teng Biao. Après plusieurs mois de disparition, Fan Bingbing a présenté ses excuses début octobre pour sa fraude fiscale et a fait allégeance au Parti communiste. "Sans les bonnes politiques du Parti et du pays, sans l'attention pleine d'amour des masses, il n'y aurait pas de Fan Bingbing", a-t-elle écrit. Beaucoup prédisent le même sort à Meng Hongwei, accusé de corruption par les autorités. Ce dernier cumulait en effet la présidence d'Interpol avec les fonctions de vice-ministre de la sécurité publique de la République populaire de Chine.

Meng Hongwei va avouer, peu importe si son crime est réel ou imaginaire. Le système est fait de telle sorte qu'il n'y a pas d'autre choix que d'avouer. C'est un peu orwellien.

Peter Dahlin à franceinfo

La pratique n'est pas nouvelle. Ai Weiwei assure par exemple qu'elle était déjà utilisée à Yan'an, la base de la guerilla communiste menée par Mao Zedong dans les années 1940. Teng Biao cite l'exemple du panchen-lama, figure religieuse reconnue par le gouvernement tibétain en exil et enlevé par Pékin en 1995. Mais la disparition forcée s'est institutionnalisée ces dernières années. Extrajudiciaire auparavant, la pratique a fait son entrée dans la loi en 2013, sous le nom de "résidence surveillée dans un lieu désigné".

Un autre système, qui concerne les membres du Parti communiste et tous ceux amenés à travailler avec l'Etat, a été inscrit dans la loi en mars 2018. "C'est un pas très significatif qui reflète le fait que, sous la présidence de Xi Jinping, la Chine effectue un retour vers la politisation de la vie publique et vers une dictature basée sur l’idéologie, cherchant la conformité politique et la loyauté de sa population envers le parti et l’Etat", analyse Nicholas Bequelin. Un retour en arrière par rapport aux concessions faites par Deng Xiaoping, le père de l'ouverture économique chinoise, dans les années 1980.

Une pratique en expansion

S'il est impossible aujourd'hui d'obtenir des chiffres précis sur ces disparitions, Michael Caster pointe "le culot" avec lequel le régime chinois utilise une méthode proscrite par le droit international. Le pouvoir chinois n'a pas hésité à s'en prendre au président d'Interpol, à une star mondialement connue et à des ressortissants étrangers comme Peter Dahlin ou Gui Minhai. Ce dernier, un éditeur hongkongais avec un passeport suédois, a même été enlevé en Thaïlande. "Les autorités chinoises kidnappent des citoyens étrangers à l'étranger, c'est vraiment alarmant", pointe Teng Biao. "Cela pourrait arriver à un homme d'affaires français. S'il offre par exemple un pot-de-vin à un officiel, une pratique courante en Chine, il peut disparaître", assure Peter Dahlin.

Nos interlocuteurs soulignent aussi le sort des Ouïghours du Xinjiang, internés sans procès dans des camps de rééducation. Aucun n'imagine que la situation va s'améliorer dans les prochaines années. "La Chine a mis en place un système pour faire disparaître les gens sans recours légal", constate Peter Dahlin. Et de regretter que "la communauté internationale soit en grande partie silencieuse sur le sujet".

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29 mars 2014

L'église Saint Eustache dans le quartier des Halles

L'église Saint-Eustache a été le lieu de nombreux baptêmes, mariages et sépultures de grandes personnalités.

Richelieu, Molière, Jean-François Regnard et Madame de Pompadour y ont été baptisés.

Louis XIV y fit sa première communion vers 1649.

Sully et Pomponne s'y sont mariés.

L'oraison funèbre de Turenne y fut prononcée en 1676 par Fléchier. Le corps de Mirabeau est déposé dans l'église le lendemain de sa mort, le 3 août 1791, où Joseph-Antoine Cerutti prononce son oraison funèbre, avant qu'il ne soit transféré au Panthéon.

 

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Colbert y est inhumé (1683) ainsi que Scaramouche, Rameau, François de Chevert, l'amiral de Tourville, Voiture, Vaugelas, Marivaux, Montesquieu, Mme de Tencin ; les obsèques de La Fontaine, de Mirabeau et de la mère de Mozart, Anna Maria Pertl, y furent célébrées.

C'est à Saint-Eustache que Jean-Baptiste Massillon a prononcé son sermon Sur le petit nombre des élus en 1704.

Le 18 décembre 2012, le chanteur Laurent Voulzy donna un concert unique au sein de l'église Saint-Eustache dans le cadre de sa tournée Lys & Love Tour.

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St Eustache et les Halles autrefois

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http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Eustache_%28Paris%29

Le choeur de l'église Saint Eustache

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3 décembre 2015

Terry Richardson : Sa chérie enceinte et toute nue exhibe son ventre rond

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Le sulfureux photographe, pas peu fier d'être bientôt papa pour la première fois, a posté un cliché osé de sa petite-amie Alexandra, enceinte et dans le plus simple appareil.

Le mois dernier, le sulfureux photographe des stars Terry Richardson annonçait qu'il allait bientôt être papa pour la première fois, confirmant la grossesse de celle qui partage sa vie depuis plus de dix ans : le mannequin Alexandra Bolotow. La jeune femme, âgée de 32 ans, qui lui a un temps servi d'assistante, est d'autant plus comblée qu'elle attend des jumeaux et devrait accoucher au printemps prochain.

Le photographe, réputé pour ses clichés osés et provocants, n'a pas failli à sa réputation en partageant sur les réseaux sociaux plusieurs photos de la future maman en tenue légère, voire toute nue. Cette semaine, il a notamment publié une photo de sa chérie allongée sur le côté et dans le plus simple appareil, dévoilant son imposant baby-bump ainsi que quelques-uns de ses tatouages. "Partie à trois", a-t-il élégamment écrit au-dessous de la photo.

Nous sommes chanceux et bien entourés

Le couple, photographié dans les rues de New York lors de Thanksgiving, confirmait déjà la bonne nouvelle sur les réseaux sociaux, le mois dernier. "Nous n'avions pas l'intention de rendre publique cette nouvelle aussi tôt, parce que nous sommes extrêmement prudents après avoir rencontré bien des difficultés et plusieurs pertes douloureuses et que nous sommes toujours inquiets à l'idée de nous porter le mauvais oeil. Mais comme ce n'est plus un secret... Skinny et moi sommes vraiment ravis de vous annoncer que nous allons avoir des jumeaux !!! Le chemin a été long et nous sommes chanceux d'être aussi bien entourés et d'avoir d'incroyables médecins ", écrivait-il sur son compte Instagram.

Visiblement, la jeune femme, qui était encore étudiante à l'université de New York quand elle a connu le photographe, a rencontré quelques difficultés pour tomber enceinte de celui qui faisait l'année dernière les choux gras de la presse, après que certains de ses modèles l'ont accusé d'agression sexuelle. Heureusement, tout est bien qui finit bien pour Terry Richardson. Il n'a pas été juridiquement inquiété par l'affaire et s'apprête à connaître un grand bonheur dans quelques mois.

https://www.instagram.com/terryrichardson/

 

26 septembre 2013

La légende du chat Crépidule... St Cado - Morbihan

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Crépidule nous raconte à travers son regard de chat, l'histoire du moine irlandais Cado. Installé sur une petite île bretonne, il souhaitait la relier au continent par un pont. Mais malgré ses efforts, celui-ci ne tenait jamais debout. Le diable proposa un pacte à Cado : lui construire son pont en échange de l'âme du premier à traverser celui-ci ..

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Blason avec le chat Crépidule

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Le pont qui relie l'île de St Cado à la côte

 

1 août 2018

Tom Cruise en messie

Au creux de l’été, Tom Cruise règne en solitaire sur les multiplexes. Si la star a récemment connu quelques mésaventures au box-office, les premiers résultats de M : I 6 aux Etats-Unis laissent augurer d’une hégémonie presque complète sur les ventes de billets en France, où le film a été en partie tourné. Il y a heureusement d’autres sorties, un menu léger, divers et exotique : drame sentimental germanique et gay dans les milieux du football, autofiction à la taïwanaise en animation, et variation russe et alcoolisée sur le thème d’Urgences.

Sillonner les rues de Paris à contresens, être parachuté sur la verrière du Grand Palais, sauter de toit en toit pour gagner la Tate Modern depuis la cathédrale Saint-Paul, dévaler les pentes du Cachemire aux commandes d’un hélicoptère en flammes, la vie d’Ethan Hunt semble pleine d’imprévus. Réfléchissons-y en voyant le sixième film inspiré de la série télévisée Mission : Impossible. Un cartel de malfaiteurs de haut vol veut faire exploser trois charges nucléaires, seul Ethan Hunt peut empêcher la commission de ce forfait. Quoi de plus routinier ? Voilà bientôt vingt ans que le chef de la force Mission : Impossible réédite cet exploit, comme le rappelle opportunément son ex-épouse, la toujours dévouée Julia (Michelle Monaghan).

Et si tous les deux ou trois ans, on accorde deux heures ou plus à Ethan Hunt, ce n’est pas pour la surprise. C’est pour le plaisir de voir des paysages familiers transformés en champ de bataille (et cette fois le metteur en scène Christopher McQuarrie s’acquitte de cette tâche avec une sobriété et une efficacité dignes d’éloge) et surtout pour constater que le temps a conclu un pacte démoniaque avec Tom Cruise. A 56 ans, celui-ci ne s’intéresse visiblement plus beaucoup aux ressorts intimes de son personnage, se consacrant tout entier aux cascades (dont celle qui, à Londres, lui brisa le cheville). En payant de sa personne, Tom Cruise fait croire que le monde peut dormir tranquille, à l’abri des mauvaises gens, et surtout que les spectateurs peuvent vieillir sans regret, puisque la star leur démontre à l’écran que l’éternelle jeunesse est une suite infinie de souffrances. Thomas Sotinel

mission impossible

Film américain de Christopher McQuarrie. Avec Tom Cruise, Henry Cavill, Rebecca Ferguson, Ving Rhames, Simon Pegg, Alec Baldwin, Angela Bassett (2 h 27).

19 janvier 2010

Où es-tu, (ma) Melody ?

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"Ainsi je déconnais avant que je ne perde

Le contrôle de la Rolls. J'avançais lentement

Ma voiture dériva et un heurt violent

Me tira soudain de ma rêverie. Merde!

J'aperçus une roue de vélo à l'avant,

Qui continuait de rouler en roue libre,

Et comme une poupée qui perdait l'équilibre

La jupe retroussée sur ses pantalons blancs

"Tu t'appelles comment ?

- Melody

- Melody comment ?

- Melody Nelson."

Melody Nelson a des cheveux rouges

Et c'est leur couleur naturelle."

Extrait de l'Histoire de Melody Nelson - Serge Gainsbourg

7 mars 2016

Exposition Iris Apfel au Bon Marché

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13 questions à Iris Apfel

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Un mot sur cette exposition ?

C’est un tel honneur. J’entretiens une relation amoureuse avec Paris depuis longtemps. Donc, être au Bon Marché pendant la Fashion Week parisienne est simplement incroyable. Je suis ravie d’être ici, de retrouver les endroits que j’aime et en découvrir de nouveaux. C’est un vrai voyage dans le temps pour moi qui n’y suis pas venue depuis 10 ans! Un mot ? Je dirais, audace.

Pourquoi avoir demandé à une Américaine, vous en l'occurrence, de parler de la Parisienne ? 

Je suis en permanence étonnée dès qu’on me demande mon avis, vraiment.

Je pense que je suis devenue une vieille starlette après l’exposition au Met ! Donc oui, il y a bien une histoire d’amour entre la France et les Etats-Unis. Plus que de parler de la Parisienne, on parle de femme en général – les Parisiennes sont à l’opposé de moi, elles misent tout sur le sans effort alors que j’aime accumuler les accessoires. C’est assez inné chez moi bien que le résultat paraisse compliqué.

C’est juste une façon amusante et osée de jouer avec les accessoires.

Quel regard portez-vous sur la Parisienne ? Et son style de vie ?

Elle est classique, chic, faussement négligée. Son mode de vie ? Je suis moins sure, je n’ai jamais habité à Paris… Une chose que les femmes françaises font vraiment bien, c’est de s’occuper de leur peau! D’ailleurs, le premier endroit où je me rends dès que j’arrive à Paris est le Spa Darphin.

Et Iris Apfel en quelques mots clés, ça donnerait quoi ?

Eclectique, coloré et audacieux. Enfin, c’est ce que j’ai entendu!

Comment avez-vous choisi ces 10 instants de vie ?

Nous avons travaillé de façon étroite avec l’équipe du Bon Marché. Souvenirs, pièces intemporelles, moments cultes et iconiques…C’était très amusant pour moi de choisir ces instants de vie. Dix, c’est à la fois beaucoup et pas assez. Nous avons beaucoup changé d’avis.

Votre approche de la mode en bref ?

En bref, habillez-vous mais toujours en vous amusant. Ne laissez pas la mode vous contrôler… Et surtout, rester soi-même, c’est le plus important.

Qu’est-ce qui vous excite encore dans la mode ?

Je ne suis pas sûre, il semble que j’ai tout vu… Je suis très excitée d’être à Paris et de voir à quel point cette ville a changé. Je vois ça plus comme une récréation, une façon d’exprimer ma créativité. C’est une influence positive, un adorable hobby.

Vous avez un vêtement fétiche ?

Impossible à dire. Cela dépend de mon humeur. Je les aime tous. C’est pour cela que je les achète. Mais si je devais choisir, je dirais les accessoires. Ils sont tout… Audacieux et excentriques.

Que portez-vous aujourd’hui ?

Chaussures plates et imperméable, lèvres rouges et mes lunettes. Il pleut averse à New York…

Et chez la Parisienne, vous avez quelque chose que vous aimez particulièrement ?

Son art de la séduction et son humour une fois que vous la connaissez.

Le chic, c’est…

Inné et instinctif. Difficile à apprendre.

Le premier endroit où vous vous rendez en arrivant à Paris ?

Le Spa Darphin ! Je jette toujours un oeil à la vitrine Roger Vivier et j’adore fouiner dans des boutiques vintage comme Les 3 Marches.

Votre hôtel de prédilection ?

L’Hotel de Ville et l’Hotel de Police! Je ne sais plus, cela fait trop longtemps. Et puis, j’aime particulièrement être chez des amis. J’ai entendu dire que le Ritz était en pleine rénovation… Cela doit être quelque chose.

Exposition "Iris In Paris" au Bon Marché Rive Gauche - Jusqu'au 16 avril 2016.

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15 mars 2014

LOUIS DE FUNES : EXPO POUR SES 100 ANS

A l'occasion du centenaire de sa naissance , le CROUS propose une plongée au coeur du travail d'acteur de Louis De Funès, des "Belles Bachantes" au dernier "Gendarme".

LOUIS DE FUNES : EXPO POUR SES 100 ANS

A partir d'une collection privée de plus de 700 pièces uniques, le Centre Culturel a sélectionné 300 pièces originales, qui permettent de suivre l'évolution du travail de l'acteur, l'accroissement de son succès public et de découvrir deux visages moins connus de l'artiste : Louis de Funès pianiste, et Louis De Funès réalisateur.

Extraits de scénarios, tirages originaux des distributeurs de l'époque, pellicule 16mm, statuettes, affiches françaises et internationales de tous formats, extraits de presse d'époque, photo dédicacée par Louis De Funès... L'exposition s'appuie sur des commentaires et anecdotes pour chaque pièce.

Une salle interactive sera réservée à l'écoute de plusieurs vinyles originaux de Louis De Funès : lectures, pièces de théâtres enregistrées, contes pour enfants... Un espace de projection sera également disponible pour découvrir ou redécouvrir des interviews.

En partenariat avec le Musée de Louis 44850 Le cellier qui accueillera la collection cet été.

Centre Culturel du Crous de Paris - 10-12 rue de l'Abbaye, 75006 PARIS.

Voir mon précédent billet

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31 mai 2019

Comment faire l’amour sans pénétration

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Il y a mille façons de donner du plaisir. Oubliez un temps le simple coït et partez à l’aventure sur le corps de votre moitié – ça vaut le détour !

Et si on faisait l’amour autrement ? Et si on arrêtait de faire de la pénétration un graal, un but à atteindre et l’épicentre de nos sexualités ? Ce serait sûrement pas mal pour beaucoup de femmes, puisque, selon le rapport Hite, l’étude de référence sur la sexualité parue en 1976, seules 30 % d’entre elles ont un orgasme par pénétration vaginale exclusive. Les hommes y gagneraient aussi, sans nul doute : manger le même plat à chaque repas, aussi délicieux fût-il, finit par lasser. Et puis faire plaisir... ça fait plaisir ! Proposition de diversification sexuelle en 7 points.

1. La conversation des corps

Dans son fabuleux manifeste Au-delà de la pénétration (éditions Monstrograph), l’écrivain essayiste Martin Page écrit : « À force de pénétrer, à force de ne penser qu’à ça, on oublie tout le reste, on ne voit pas l’étendue du corps. Pénétrer, c’est passer à côté et fuir. C’est penser qu’on fait l’amour alors qu’on s’en débarrasse. » Au téléphone, il nous précise qu’il n’a pas l’idée d’éradiquer la pénétration : « Il y a des femmes qui adorent ça et j’ai par exemple une amie qui déteste le cunnilingus… » Sa théorie ? « Faire l’amour devrait être la rencontre des corps et leur conversation. » Êtes-vous sûr de savoir ce que le corps de votre partenaire dit vraiment ? Ce qu’il aime entendre ? Même au bout de dix ans, vous pourriez être surpris...

2. Un vaste monde à explorer

« N’oublie pas les orteils », dit Monica à ­Chandler dans un épisode de Friends. Elle vient alors tout juste de lui donner un cours (théorique) sur les zones érogènes, en lui faisant remarquer que les hommes ne se consacrent souvent qu’au vagin. Chandler s’étonne alors : « Et c’est pas bien ? » Rachel réagit : « À Disneyland, tu ne passes pas ta journée sur la montagne magique... » Partez donc en randonnée loin de la montagne magique ! Pensez au cou, au nombril, aux oreilles. Essayez des trucs. Sucez des doigts, massez un genou, un anus, un mollet... C’est l’intention qui fait d’un geste un acte sexuel, pas le contraire. Marine, une jeune femme de 27 ans, se souvient ainsi d’un émoi sexuel fort avec l’un de ses amants : « Il y avait ce truc qui m’excitait vachement quand il commençait à lécher mes doigts… »

3. Free the Nipples

On oublie trop souvent les tétons. C’est d’autant plus regrettable que certaines femmes atteignent l’orgasme par leur simple stimulation, « qui active les mêmes régions du ­cerveau que le clitoris et le vagin », apprenait-on ainsi dans une étude publiée par The Journal of Sexual Medicine, en 2011. Comment s’y prendre ? En les suçant, les pinçant, les mordillant, les effleurant du bout des doigts... ­Pensez aussi aux vôtres !

4. Des caresses plus subtiles

Créatrice de l’excellent compte Instagram ­Jouissance club, Jüne, qui donne des conseils aux ­curieux du sexe, raconte au téléphone « le meilleur amant » qu’elle a connu : « Il ne se servait quasiment jamais de son sexe. Toujours de ses mains. » Encore faut-il observer les ­réactions de sa partenaire. Il n’existe à notre connaissance pas d’étude sur le nombre de filles se plaignant de doigts enfoncés dans leur vagin par un mouvement mécanique et très régulier mais absolument inefficace. C’est triste car on pourrait peut-être plus facilement passer à autre chose. À des caresses plus subtiles, par exemple ? En ce moment, Jüne lit Le Traité des caresses de ­Gérard Leleu, qu’elle recommande. On peut caresser le côté des seins (particulièrement sensibles), masser le bas-ventre, les zones situées tout autour du sexe... Elle précise : « Appuyer fort sur un endroit, ça ne marche pas forcément. Parfois, il est plus efficace d’effleurer la peau… »

5. Une langue vivante

Traditionnellement, on range la fellation et le cunnilingus dans les « préliminaires ». Comprendre « l’entrée avant le plat principal » : la sainte pénétration. Si on arrête de donner à cette dernière une aura démesurée, alors, peut-être qu’on se léchera différemment ? En prenant notre temps ? En laissant courir la langue sur des zones du corps désiré qu’on n’avait pas imaginé lécher ? Parce que, scoop, votre copine pourrait bien atteindre le septième ciel « juste » comme ça. Si si !

6. Dans la peau d’un autre

Imaginez-vous en train de vous masturber l’un l’autre les yeux fermés et de vous raconter des histoires dont vous seriez les héros. La pénétration n’aura jamais été si lointaine et accessoire. Parce que quand on s’imagine pirate, elfe des bois, plombière ou diplomate en voyage, tout est subitement possible. Martin Page dit d’ailleurs : « Quand on abandonne la pénétration, c’est une contrainte. Mais de cet abandon naît comme chez les écrivains oulipiens de la richesse et de l’invention. » C’est le moment d’utiliser votre créativité.

7. Frictions pulpeuses

Connaissez-vous le « dry humping » ? Il s’agit pour deux partenaires de se frotter l’un à l’autre sexuellement, sans se déshabiller. En France, on parle de ça en gloussant car on y associe le terme un peu ridicule « frotti-frotta ». À tort, c’est une porte à ouvrir vers de subtils plaisirs. Le mot de la fin à Marine, grande fan du dry humping : « Tu devines le sexe de ton mec en érection à travers le tissu. On te touche à travers tes vêtements. Tout ça est très excitant. » Ça tombe bien, vous adorez exciter.

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