Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Jours tranquilles à Paris
Publicité
15 janvier 2017

EVA & ADELE : "YOU ARE MY BIGGEST INSPIRATION"

eva (1)

eva (2)

eva (3)

eva (4)

eva (5)

eva (6)

eva (7)

eva (8)

eva (10)

eva (11)

Reportage photographique : Noémie

EVA & ADELE : "YOU ARE MY BIGGEST INSPIRATION"

Jusqu’au 26 février 2017 au Musée d'Art Moderne

Dans les collections permanentes. EVA & ADELE, autoproclamées The Hermaphrodite Twins in Art (Les Jumelles hermaphrodites dans l’art), sont un couple atypique et emblématique de l´art actuel. Les artistes dépassent les frontières des genres dans une transgression affirmée. Toujours vêtues de tenues identiques surprenantes et ultra féminines, maquillées de paillettes et le crâne rasé comme des hommes, elles cherchent à démontrer que l’identité sexuelle n´est pas une question simple. Tout en restant en retrait du système du marché de l’art, EVA & ADELE sont, depuis plus de 25 ans, de tous les vernissages, tous les lieux qu’elles considèrent comme des « socles de représentation ». Créant « l´événement dans l´événement », leurs apparitions ne relèvent pas de mondanités mais sont de véritables performances dont chaque détail est préalablement étudié et répété.

 ==========================

« Wherever we are is museum » Tout lieu où nous sommes est musée. (E&A). Considérant que tout ce qu’elles font est une œuvre d'art, EVA & ADELE fondent leur production artistique sur des idées d'échanges permanents avec le public, dans une véritable symbiose entre art et culture de masse, entre vie publique et sphère privée. Leur action est basée sur une réflexion sur le rôle social de l’artiste dans la société contemporaine.

« Coming out of the future ». Tout droit venues du futur. (E&A)

Refusant toute référence à leur passé avant leur rencontre en 1989, EVA & ADELE déclarent être venues du futur. Adoptant le mot « FUTURING » comme logo, les artistes souhaitent initier de nouveaux modes de vie et de genre.

L’exposition YOU ARE MY BIGGEST INSPIRATION est conçue à partir d’un don fait par EVA & ADELE au Musée d’Art moderne en 2013 : deux installations vidéo, deux sculptures et une édition.

- Hellas (1989/2001/2007), installation vidéo se déployant sur sept projections simultanées, évoque la toute première rencontre des deux artistes et illustre leur évolution progressive vers une identité sexuelle de plus en plus fusionnelle.

- Wings I, II et III (1997/98), vidéos, relèvent d’une démarche de répétition comme mode de progression.

- Non rien de rien (1991) et Biographische Skulptur n°7 (1993/2006), deux sculptures autobiographiques, intègrent des objets personnels.

- Polaroid Diary (1991/2005) est constitué de 1500 autoportraits en polaroïd réalisés quotidiennement par les artistes, selon un rituel très codifié avant de sortir et de se laisser photographier par d’autres.

L’exposition est complétée par une sélection d’œuvres phares, représentatives de leur activité depuis près de 25 ans, tels le camping-car rose (Biographische Skulptur n°2, B-EA 5800, 1999/2006), le premier « double » costume en vinyl rouge (Red Vinyl Costume, 1991), ainsi que plusieurs peintures de la série MEDIAPLASTIC. Dans cette dernière série, EVA & ADELE interrogent les mécanismes de la diffusion de leur image à travers les médias.

Une performance des artistes se déroulera lors du vernissage, et ponctuellement pendant toute la durée de l’exposition, notamment au moment de la FIAC.

Commissaire de l’exposition : Julia Garimorth

Cette exposition est rendue possible grâce au soutien de Swatch aux artistes.

Publicité
28 décembre 2016

Dessous Dessus : le Crazy Horse prolonge le plaisir

SPECTACLE - C'est la bonne nouvelle du jour : le spectacle Dessous Dessus programmé au Crazy Horse jusqu'au 31 décembre 2016, enjaillera les murs du célèbre cabaret pour trois mois supplémentaires. Vous n'avez plus d'excuses pour ne pas profiter de ces représentations...

Chantal Thomass devenait en juin la nouvelle directrice artistique du dernier show du Crazy Horse, Dessous Dessus. Entre nouveaux numéros, classiques revisités et costumes à tomber, la créatrice a séduit. La preuve : normalement programmé jusqu'au 31 décembre 2016, la revue sexy en diable du cabaret parisien de l'avenue George V  est prolongée jusqu'au 31 mars 2017. L'occasion pour tous les fans et les curieux qui n'auraient pas trouvé de dates pour s'y rendre de rattraper le temps perdu !

dessus dessous

28 décembre 2016

Kehinde Wiley au Petit Palais - vu hier

petit (1)

petit (2)

petit (3)

petit (6)

petit (7)

petit (8)

petit (12)

petit (9)

petit (10)

petit (11)

http://kehindewiley.com/

http://www.petitpalais.paris.fr/expositions/kehinde-wiley

https://fr.wikipedia.org/wiki/Kehinde_Wiley

Né en 1977 à Los Angeles, Kehinde Wiley vit et travaille à New York. Réflexion sur l’identité raciale et sexuelle, sa peinture crée des collisions entre histoire de l’art et culture de la rue. L’artiste héroïse, et érotise, les « invisibles » traditionnellement exclus des représentations du pouvoir. Son œuvre réinterprète le vocabulaire de la puissance et du prestige, oscillant entre critique politique et aveu de fascination face au luxe et à la grandiloquence des symboles de la domination masculine occidentale.

28 décembre 2016

Il y a urgence... Nantes. L'Uritrottoir pour « civiliser les pipis » en ville

toilettes

Satisfaire une envie pressante tout en faisant du compost : conçu par une agence de design nantaise, l'« Uritrottoir », mi-pissotière de rue mi-jardinière, s'installe début janvier à Paris et au printemps à Nantes dans des lieux à risques d'épanchements urinaires, sauvages et nauséabonds.

« Les pipis partout, les mercredis, jeudis, vendredis et samedis soir, sont une problématique majeure des centres-villes. Et les services de propreté de la ville passent un temps fou à les nettoyer, avec des produits et des détergents agressifs et une quantité d'eau importante », souligne Laurent Lebot, l'un des cogérants de l'agence Faltazi.

Déjà conceptrice d'un urinoir sec champêtre à destination des festivals, qui se présentait sous la forme d'un entonnoir, l'agence nantaise a imaginé une mini-vespasienne citadine « écologique et économique » pour « civiliser les pipis » sauvages de rue, retrace-t-il.

Composé de deux bacs en aluminium, l'un rempli de paille ou de sciure de bois, l'autre de fleurs, l'Uritrottoir « est l'association de deux déchets, l'urine et la paille. Le mélange de carbone et d'azote donne du fumier qui, une fois composté, sera utilisé comme engrais pour l'horticulture », décrit son associé, Victor Massip.

Premiers modèles gare de Lyon

La SNCF et la ville de Nantes ont déjà passé commande, et deux premiers modèles expérimentaux seront installés tout début janvier aux abords de la gare de Lyon à Paris, puis trois au printemps dans des « rues à pipi » de la cité des ducs de Bretagne, sur des sites qui doivent encore être définis par la municipalité, en concertation avec les riverains.

Des toilettes connectées

Ces toilettes sèches de rue seront par ailleurs connectées, la présence de capteurs permettant de contrôler à distance le niveau d'urine dans la caisse et éviter ainsi tout débordement, tout en épargnant aux prestataires chargés de la collecte de l'urine des déplacements inutiles si les bacs ne sont pas pleins.

Version XXL pour 600 pipis

« On va solutionner le pipi sauvage mais, derrière, il y a une dimension écologique. Le type qui a une envie pressante et qui cherchait un recoin pour ses petites commissions, maintenant va uriner utile », se réjouit Laurent Lebot. L'Uritrottoir existe en « version XXL pour 600 pipis », haute de 1,20  m, en version « 300  pipis », ou encore en format triangulaire adapté aux recoins, selon ses concepteurs.

25 décembre 2016

Exposition au Petit Palais : Kehinde Wiley

s2

Le Petit Palais présente la première exposition personnelle en France de l’artiste afro-américain Kehinde Wiley. À cette occasion, le public découvrira un ensemble inédit de dix œuvres monumentales, vitraux et peintures, présentées au cœur des collections permanentes du musée.

Pour le Petit Palais, Kehinde Wiley poursuit son exploration de l’iconographie religieuse en faisant référence au Christ et pour la première fois à la figure de la Vierge. Ainsi, six vitraux seront installés sur une structure hexagonale au sein de la Galerie des Grands formats. Ils seront accompagnés par quatre peintures monumentales qui habilleront les murs d’une des salles des collections du XIXe siècle au rez-de-chaussée.

wiley-petit-palais_1283_0

http://www.petitpalais.paris.fr/sites/default/files/content/press-releases/cp_kehinde_wiley_fr.pdf

Avenue Winston Churchill 75008 Paris

Entrée libre

du mardi au dimanche de 10h à 18h

pas de nocturne pour Kehinde Wiley

Une photo publiée par Big Winst (@bigwinst9) le 20 Déc. 2016 à 1h18 PST

Publicité
24 décembre 2016

Frida Kahlo, Diego Rivera : le Mexique exposé au Grand Palais à Paris

« Mexique 1900-1950 : Diego Rivera, Frida Kahlo, José Clemente Orozco et les avant-gardes » est le titre de l'exposition comprenant 203 pièces, considérée comme la plus grande manifestation consacrée à l'art mexicain présentée à Paris depuis 1953.

« Nous savons combien les Français sont friands d'art mexicain, du Mexique en général, de son patrimoine en particulier » a commenté en conférence de presse à Mexico l'ambassadrice de France au Mexique, Maryse Bossière, anticipant le succès de cette nouvelle exposition après celles sur les Mayas et sur Teotihuacan, au Musée du quai Branly à Paris. 

Une relecture de l'art mexicain au XXe siècle

Elle rassemble au total 119 oeuvres picturales, dont des peintures murales, 25 dessins, 27 sculptures, 11 gravures, 19 photographies et deux vidéos provenant de 20 collections mexicaines, 10 internationales et 10 fonds privés. Parmi les pièces présentées figurent « Autorretrato con pelo corto » (Autoportrait au cheveux coupés) de Frida Kahlo, « El Muerto » (Le mort) de José Clemente Orozco, la fresque murale « Rio Juchitan » (Fleuve Juchitan) de Diego Rivera et « Nuestra Imagen Actual » (Notre image actuelle) de David Alfaro Siqueiros.

« Cette exposition vise à donner une relecture de l'art mexicain au 20e siècle. Habituellement on voit l'art mexicain comme un produit de la révolution du 20e siècle (...) mais je crois que c'est aussi le moment d'avoir une vision plus large et voir qu'il y a aussi une série d'antécédents qui vont de la fin du 19e siècle au début du 20e », selon le ministre mexicain de la Culture Rafael Tovar y de Teresa.

L'exposition, qui se tient jusqu'au 23 janvier, présente aussi des oeuvres d'artistes européens venus s'installer au Mexique comme l'Allemand Mathias Goeritz, la Britannique Leonora Carrington, et le Français Jean Charlot, qui vécut plusieurs années dans la capitale mexicaine et fut l'assistant de Rivera.

L'exposition est divisée en quatre modules : l'art avant la Révolution, le Mexique et la Révolution, les autres visages de l'école mexicaine et hybridations : rencontre de deux mondes.  L'exposition sera inaugurée le 4 novembre par les ministres de la Culture des deux pays.

a14

18 décembre 2016

Ce soir à la télévision...

arton87211

TF1 mise une nouvelle fois sur Titanic pour dynamiser son dimanche soir consacré au cinéma ce 18 décembre.

Inspiré de la tragédie du paquebot, coulé en 1912, tuant plus de 1 500 personnes, ce long-métrage de James Cameron raconte également la romance de Jack et Rose.

À la suite d’une partie de poker, un modeste artisan, Jack, parvient à monter en troisième classe à bord du plus grand paquebot jamais construit. Deux soirées plus tard, il sauve du suicide une femme issue de la bourgeoisie, cette dernière étant forcée d’épouser un homme de sa condition qu’elle n’aime pas. Invité à dîner pour remercier le jeune homme de son geste salvateur, Jack ne va cesser de se rapprocher de Rose. Une histoire d’amour naît entre les deux... Très vite chamboulée par une collision entre le navire et un iceberg qui aura raison de leur futur et du sort du Titanic.

Leonardo DiCaprio et Kate Winsley ont prêté leurs traits au couple mythique du cinéma. Malgré quelques rôles déjà marquants, la carrière de DiCpario décolle véritablement avec ce rôle bien qu’il n’ait pas été nominé pour les Oscars, à l’inverse de sa partenaire.

Des chiffres records

La reconstitution, d’une chirurgicale maîtrise, a permis au réalisateur canadien de rafler 11 récompenses aux Oscar, soit un record que le film partage avec Ben-Hur et le dernier volet du Seigneur des anneaux. Sorti en 1998 en France, le film a attiré plus de 20 millions de curieux dans les salles françaises, soit plus du double de son dauphin cette année-là, Le dîner de cons. Avec la sortie en 3D, le film a engrangé plus d’entrées lui permettant d’être à ce jour, le film le plus vu dans l’histoire du cinéma en France.

À la télévision sur TF1, le film diffusé en deux parties avait réuni près de 8 millions d’amateurs lors de sa première diffusion en 2001. Ils étaient encore 6.5 et 7 millions de Français sur la Une en 2004 et 2007. France 2 avait également proposé les trois heures du drame en 2012, lui permettant d’arriver en tête avec encore plus de 6 millions d’inconditionnels.

Enfin, financièrement, Titanic constitue la quatrième plus grosse recette de tous les temps avec plus de 2.5 milliards de dollars. L’oeuvre de Cameron est seulement devancée par un prestigieux trio : Autant en emporte le vent, Avatar et Star Wars IV.

Ce soir, Titanic part de nouveau favori mais fera face à une rude concurrence avec le film d’animation Dragons 2 sur France 2. En 2014, la production signée DreamWorks avait enchanté 3.4 millions de spectateurs dans les salles. Aussi, le premier volet avait attiré 1.4 million de curieux sur NT1 il y a deux ans.

Titanic et Dragons 2 sont diffusés en prime time ce dimanche 18 décembre sur TF1 et France 2.

13 décembre 2016

Kylie Jenner : Les photos de son calendrier 2017 fuitent sur la toile

Plus rien n'arrête Kylie Jenner ! Et surtout pas un shooting très hot et sexy en collaboration avec un photographe à la renommée sulfureuse... Les clichés provocateurs de son calendrier ont fuité !

Si certains membres de la famille Kardashian font face à des moments difficiles, tels que Kim Kardashian et Kanye West, pour Kylie Jenner, c'est un carton plein ! Depuis cet été, la plus jeune de la famille a trouvé sa voie et commence à faire son petit bout de chemin seule, sans l'aide de sa famille. Kylie a dévoilé sa marque de cosmétiques qui cartonne sur la toile ! Ce week-end, c'était au tour de l'ouverture de divers pop-up stores dans certaines villes aux USA mais aussi l'ouverture de son shop internet "Kylie Jenner Shop". Tout réussi à la girlfriend de Tyga ! Et Kylie Jenner aurait même pour but de devenir la plus célèbre de la famille et surtout de détrôner sa soeur Kim Kardashian. Si les projets fleurissent pour la jeune Jenner, l'intégralité de l'un de ses projets encore quasi secret a fuité sur les réseaux sociaux !

k02

k04

k01

Photos : Terry Richardson

Kylie Jenner et Terry Richardson ont collaboré pour un nouveau projet sexy, c'est en tout cas ce que la jeune femme a teasé sur son compte Snapchat en dévoilant quelques clichés de son calendrier 2017 réalisé par le célèbre photographe. Et si Kylie Jenner voulait garder le secret jusqu'à ce que ses fans puissent se procurer ce fameux calendrier qui a été mis en vente ce samedi, c'est loupé ! Un compte Instagram a dévoilé une grande partie des clichés du nouveau projet de Kylie Jenner... Et on peut dire que c'est du Terry Richardson tout craché ! On reconnaît directement la marque sexy, provocatrice et un poil vulgaire du sulfureux photographe. Certains fans trouveront très certainement un petit air de Kim Kardashian sur certains clichés. Si certains fans l'ont commandé pour Noël, on peut dire que ça va être hot sous le sapin cette année ! 

11 décembre 2016

Terry Richardson photographie Kylie Jenner

Le 10 décembre 1919, Marcel Proust recevait le prix Goncourt pour A l’ombre des jeunes filles en fleur. Le 10 décembre 2016, Kylie Jenner a ouvert The Kylie Shop, Inc., une boutique en ligne où ses suiveurs (ils sont plus de 80 millions sur Instagram) peuvent se fournir en merchandising inspiré du style de la jeune fille en fleur. En plus d’une série de pins, t-shirts, sous-vêtements et autres coques de téléphones portables à l’effigie de Kylie et de son iconique paire de lèvres charnues, elle y dévoile une première collab’ de renom : un calendrier “KYLIEJENNER2017” shooté par Terry Richardson. Même si une seule photo de l’intérieur a été dévoilée sur le snapchat de Kylie en personne, on peut d’ores et déjà parier sur le traditionnel combo flash frontal et font blanc avec des tenues et poses suggestives. Pourquoi changer une équipe qui gagne ?

https://www.instagram.com/thekylieshop/

kylie

9 décembre 2016

Critiquée pour ses photos sexy dans Play­boy, Tris­tane Banon réplique

73927853

Illustrant son « manifeste » de femme agressée sexuellement par un shooting sexy pour la nouvelle version de Playboy, Tristane Banon répond à ceux qui trouvent sa démarche paradoxale.

« Il y a cinq ans aujourd’hui, j’ai porté plainte pour tentative de viol. Ok, je n’en suis pas moins femme, comme toutes les autres victimes de violences sexuelles que la société regarde encore de travers quand l’envie leur prend de redevenir sensuelles après ça, sexuelles même. » Ce « manifeste », signé Tristane Banon, sera diffusé dans son intégralité ce vendredi dans le premier numéro du Playboy français, nouvelle formule. Un texte engagé, accompagné de photos de son auteure dénudée. Un choix que Tristane Banon revendique totalement

« Je vais vous dire, le problème, c’est que tous les autres moyens, personne ne vous laisse les faire, a-t-elle déclaré. On ne vous écoute pas. Si on ne tape pas très fort, y’a pas de magazine, pas de médias qui prennent le risque de s’engager dans ce combat-là. » D’où cette idée de provoquer pour – au minimum – faire parler. « Si on tape un grand coup comme ça, a-t-elle conclu, du coup, forcément – je suppose, je ne suis pas dans la tête du rédacteur en chef de Playboy – il se dit : «  Bon… De toutes façons, ça fera parler, c’est déjà ça. » Et c’est le seul moyen qui reste pour essayer de faire passer un message qui reste important pour ces femmes-là. »

Voir mes précédents billets sur Tristane Banon

http://www.lessentiel.lu/fr/news/france/story/30620648

4 décembre 2016

La une du Parisien de ce matin - « Compenser la brutalité du monde par de la générosité »

mm1

Ronan Chastellier, sociologue, maître de conférences à Sciences-Po Paris

Observateur avisé de nos modes de consommation, Ronan Chastellier, sociologue, qui enseigne à Sciences-Po Paris, constate que l’impact des attentats de novembre 2015, ainsi que les images de Syrie, des migrants, ont modifié nos comportements. La générosité, la profondeur et la solidarité seront selon lui les marqueurs de ce Noël post-attentats.

Qu’est-ce qui, selon vous, a changé entre Noël 2015 et 2016 ?

Ronan Chastellier. Les gens ont plus besoin cette année de petites attentions, c’est un besoin post-traumatique naturel. Il est donc possible que, sous le sapin, il y ait quelques exagérations, quelques démonstrations inédites d’amour, car dans le contexte géopolitique incertain, nous sommes en position d’excès en même temps qu’en situation de régression vers le cocon protecteur. Le choix des cadeaux devrait exprimer ce besoin de compenser la brutalité du monde par de la générosité. Le fait que les Français s’apprêtent à consacrer au réveillon plus de 600 € dans un contexte social difficile en est une preuve.

Cela va-t-il modifier les arbitrages dans le choix des cadeaux ?

Evidemment. Après les attentats, nous avons un fort besoin de contenus émotionnels. Tout ce qui crée du lien devrait trouver sa place au pied du sapin. En premier lieu, les smartphones, créateurs par excellence de liens entre les gens. Et puis, cette année, il y a aussi un fort besoin de profondeur, de compréhension. Les ventes de livres comme « le Dictionnaire nostalgique de la politesse » ou sur l’islam montrent bien cette inquiétude des Français et leur volonté de comprendre. Et puis, les livres, c’est l’occasion d’aborder autour de la table du réveillon des sujets sérieux, à l’image du contexte, mais peu clivants. Sauf, en cette période de primaires, à offrir un livre politique… Noël sera donc probablement plus culturel.

Le Français de 2016 sera donc plus généreux ?

Oui, le souci de l’autre qu’ont tout particulièrement les Français cette année se traduit déjà par l’importance des dons accordés aux associations humanitaires. Les gens ont vu tellement d’images terribles, qu’ils se disent : « Ça peut m’arriver. » Et ça, ça desserre le porte-monnaie. Mais il faudra penser aussi aux 364 autres jours de l’année…

Propos recueillis par  Daniel Rosenweg

1 janvier 2017

Automobilistes parisiens : la vignette ou… la marche à pied

Voilà une nouvelle qui va encore faire bondir les associations d’automobilistes et, plus légitimement, ceux et celles qui travaillent en horaire décalé : à partir du 16 janvier prochain, les voitures circulant dans Paris devront obligatoirement afficher la couleur… et la bonne ! Faute de quoi, leur conducteur pourra être verbalisé. Pour rouler, il faudra donc afficher sur son pare-brise l’une des six vignettes de couleurs différentes, selon le degré de pollution du véhicule, instaurées par le gouvernement. Voiture, moto, bus, camion, français ou immatriculé à l’étranger… tous les véhicules sont concernés, sans exception.

Mais où trouver cette vignette me direz-vous ? Pour une fois, c’est assez simple, la demande se fait en quelques clics, en ligne, et vous recevrez le précieux sésame pour un coût de 4,18 euros, frais d’envoi inclus. Rien de scandaleux donc, surtout lorsqu’on se remémore le coût de la – vraie – vignette supprimée par Lionel Jospin à quelques mois de la présidentielle de 2002.

vignettes

A partir du lundi 16 janvier, seuls les véhicules disposant de leur vignette pourront circuler dans la capitale, en semaine, de 8h à 20h (le week-end, pollution libre et autorisée pour tous). Les plus polluants, en effet, ne sont pas éligibles à la vignette (cf tableau ci dessus). Autrement dit, si vous avez une voiture ou un utilitaire léger immatriculé avant le 1er janvier 1997, ou encore une moto immatriculée avant le 1er juin 1999, vous n’avez plus d’échappatoire : c’est métro ou marche à pied. De fait, la ville de Paris bannit déjà, depuis le 1er juillet 2016, ces différents véhicules, mais, jusqu’à présent, faute de volonté politique et d’outil de vérification simple, aucune sanction n’avait été prononcée contre les contrevenants, la Ville ayant opté pour une « période pédagogique. » C’est désormais bel et bien terminé. Tout contrevenant risquera une amende de 68 euros (135 euros pour un poids lourd).

L’objectif pour la municipalité est simple, favoriser la transition vers les véhicules zéro émissions (qui ont, par exemple, le droit de stationner gratuitement intramuros), moins bruyant et, surtout, moins polluant. Pour mémoire, les transports sont responsables de :

66% des émissions de NOx (dans Paris, en 2010)

56% des émissions de PM 10

58% des émissions de PM 2,5 (les particules les plus fines)

Pour commander votre vignette, c’est ici que ça se passe, sur le site internet officiel : certificat-air.gouv.fr.

4 décembre 2016

A propos de David Hamilton (suicidé il y a une semaine)

hamilton (1)

hamilton (2)

hamilton (3)

hamilton (4)

 

Le photographe anglais David Hamilton, retrouvé mort à son domicile parisien vendredi 25 novembre à l'âge 83 ans, nous avait raconté sa vie.

Paris Match. A vous voir aussi élégant, on se dit que vous êtes forcément issu d’une excellente famille anglaise…

David Hamilton. Vous me flattez ! Je suis bien né à Londres, mais je n’ai jamais connu mon père, disparu lorsque j’avais 6 mois. J’ai donc été élevé dans un premier temps par ma mère. Lorsque j’ai eu 7 ans, à cause des bombardements, Churchill a fait évacuer tous les enfants de Londres. Je me suis retrouvé à la gare avec une pancarte autour du cou. La femme d’un châtelain du Dorset s’y trouvait et c’est moi qu’elle a choisi parmi des centaines d’enfants. De 7 à 12 ans, j’ai donc grandi dans leur château où je menais la vie de Tom Sawyer. Une expérience qui m’a changé et où j’ai découvert la beauté extraordinaire de la campagne anglaise.

Le goût de la photo vous est-il venu très tôt ?

Non, il ne faut pas oublier que je suis ­architecte de formation ! En 1959, je me baladais rue de Rivoli lorsque Peter Knapp m’a ­interpellé : “Hey boy ! Tu veux travailler avec moi ?” Il venait d’entrer comme directeur artistique à “Elle” et m’a fait ­débuter comme maquettiste. En 1960, je suis ­retourné à Londres pour prendre la direction artistique du magazine “Queen”. Jusqu’à ce que le Printemps me propose à son tour de ­devenir son directeur artistique. Je suis donc revenu à Paris, mais j’ai été viré au bout de deux ans ! Ils me ­jugeaient trop original. Je ne l’ai jamais regretté car, avec ­l’argent gagné, j’ai pu m’acheter ma propriété située dans les remparts de Ramatuelle, où je vis ­encore aujourd’hui six mois sur douze. Je n’ai commencé la photo qu’à 33 ans…

Aviez-vous acquis une formation pour cela ?

Non, aucune. Je n’avais pas – et c’est encore vrai aujourd’hui – de connaissances techniques. Parce que je n’ai jamais su éclairer, je n’ai pas fait une seule photo en studio. C’est la raison pour laquelle j’ai toujours travaillé à la lumière du jour. On a beaucoup parlé du “flou hamiltonien”, certains ont même prétendu que je soufflais sur l’objectif pour donner ce fameux flou à mes photos ! Il faut juste prendre la photo au bon moment, généralement au coucher du soleil, quand la lumière est la plus douce.

Quel a été l’événement déclencheur de votre notoriété ?

En 1969, je venais de traduire en photos “Suzanne” de Leonard Cohen pour le magazine “Twen”. Et là, l’explosion : tout le monde me réclame des photos dans ce style ! Je me suis mis à photographier des jeunes filles, dont la moyenne d’âge était de 15 ans. L’âge de l’innocence, alors que nous sommes maintenant dans celui de la vulgarité. Nous étions trois, à l’époque, à traiter le même thème : Nabokov en littérature, Balthus en peinture et moi en photographie. Pour mes images, je me suis inspiré de la peinture de la Renaissance, des préraphaélites, de Degas… Ce travail-là, j’ai pu le faire en toute quiétude dans les années 1970. Aujourd’hui, ce ­serait impossible. Photographier la nudité d’une très jeune fille est devenu de nos jours un tabou absolu ! Moi, je n’étais qu’à la recherche de la candeur d’un paradis perdu. Il n’y avait rien de sexuel là-dedans.

"Jusqu’à 75 ans, j’ai toujours vécu avec quelqu’un. Aujourd’hui, je vis  comme un moine défroqué" David Hamilton

Où trouviez-vous ces jeunes filles ?

Exclusivement en Scandinavie, aux Pays-Bas et dans le nord de l’Allemagne. C’étaient de vraies blondes aux yeux bleus qui portaient encore en elles une innocence que d’autres jeunes filles de nationalités différentes, au même âge, avaient déjà perdue. Pour chacune, j’avais l’autorisation écrite des parents et lorsque je les emmenais autour du monde, des Maldives à Hawaii, je tenais le rôle du père de famille ! Le règlement était très strict : interdiction d’aller en boîte de nuit, de se maquiller, d’avoir un petit copain…

Ne tombiez-vous jamais amoureux de vos modèles ?

J’étais amoureux de la beauté et de l’innocence, c’est tout. Il y avait beaucoup de nostalgie dans mon travail, la quête perpétuelle d’un monde très pur qui n’existait plus. Cela dit, c’est vrai que j’ai toujours été un grand séducteur.

Le nu est indémodable

Comment vivez-vous désormais ?

Jusqu’à 75 ans, j’ai toujours vécu avec quelqu’un. Aujourd’hui, je vis comme un moine défroqué. Je ne mange que le midi, toujours dans le même restaurant, et ne dîne pas le soir, à l’exception d’une soupe. C’est ma seule vertu. Il n’y a rien à manger chez moi, vous n’y trouverez que de la vodka, du rhum et des cigares ! Je passe l’essentiel de la journée à travailler sur mes archives, souvent à raison de huit heures par jour.

On vous imagine d’une grande aisance financière…

Ne croyez pas cela. Je n’ai jamais gagné beaucoup d’argent, je ne percevais que 10 % de droits d’auteur. Comme je n’ai jamais été doué pour les affaires, je n’ai jamais trouvé le bon agent ni la bonne galerie. J’ai eu, disons, vingt-cinq années magnifiques sur le plan professionnel, et cela a commencé à chuter au milieu des années 1990 à cause de cette obsession de la pédophilie. Tout s’est rigidifié et mon image a été écornée, ce qui m’a beaucoup blessé.

Que pensez-vous de la photo d’aujourd’hui ?

Tout était déjà dit en 1920. Je me sens très proche de Diane Arbus, depuis longtemps disparue, et actuellement de Sally Mann, qui ne photographie que ses enfants d’une manière très tendre et intimiste. Ce qui n’a pas empêché l’Amérique, lorsque sa fille a eu 12 ans, de lui demander de cesser de la photographier ! 

Si vous aviez une fille, la laisseriez-vous poser dénudée ?

Ah non ! Comme tous les pères, je serais là avec un fusil !

Source : Paris Match

David-Hamilton-un-charme-flou-!

http://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/exclu_-_catherine_breillat_sa_verite_sur_david_hamilton_380086

http://www.francetvinfo.fr/societe/qui-etait-david-hamilton-photographe-de-jeunes-filles-en-fleurs-accuse-de-viols-par-d-anciens-modeles_1942927.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20161129.OBS1898/affaire-david-hamilton-40-ans-de-silence.html

http://next.liberation.fr/arts/2016/11/27/david-hamilton-le-voile-tombe_1531278

hamilton d (1)

hamilton d (4)

hamilton d (5)

hamilton d (6)

hamilton d (7)

hamilton d (2)

hamilton d (3)

hamilton d (8)

david h (1)

david h (2)

david h (3)

david h (4)

2 décembre 2016

Helmut Newton, Man Ray, Madonna… La surprenante collection mondaine de Carla Sozzani

A la Galerie Azzedine Alaïa, l'ex-rédactrice en chef de Vogue Italie expose des images de nombreux VIP de la mode et de l'art. Bouleversant à plus d'un titre.

La Galerie parisienne Azzedine Alaïa n’est pas si petite que cela. Mais pour y faire entrer les 213 oeuvres des soixante quinze photographes de la collection Carla Sozzani (née en 1947), il a fallu jouer serré en accrochant les images au coude à coude. Prenez à peu près n’importe quel nom connu de la photographie du XXe siècle — Cecil Beaton, Karl Blossfeldt, Larry Clark, Frantisek Drtikol... et vous le trouverez à un endroit ou un autre aux cotés de Irving Penn, Man Ray ou... de Helmut Newton.

man-ray-helmut-newton-ou-madonna-la-surprenante-collection-mondaine-de-carla-sozzani,M395274

Le selfie d'Helmut Newton

Bien avant l’invention de la perche à selfie, le photographe d’origine allemande réalise en 1996 ce que l’on appelait encore au siècle dernier un autoportrait, en tournant vers lui son appareil à bout de bras. Le roi du « porno chic » se représente dans un état de sidération, compressé en bas de l’image, tout petit, écrasé par ce qu’il vient de découvrir: L’Origine du monde de Gustave Courbet. Acquise deux ans auparavant par le musée d’Orsay, la toile est encore peu connue. Le provocateur Newton, alors âgé de 76 ans, ayant consacré son oeuvre à la fascination qu’exercent sur lui le corps des femmes, avoue à cet instant via ce cliché que jamais il n’a pu atteindre une telle audace dans le libertinage.

Rédactrice en chef de Vogue dans les 70's

Comme beaucoup d’autres photographes présentés dans la galerie du Marais, Helmut Newton n’est pas ici par hasard. Avant d’être une galeriste réputée, Carla Sozzani l’avait connu lorsqu’elle était rédactrice en chef de Vogue dans les années 1970. L’Italienne connaît bien le milieu de la photo pour avoir passé des commandes à Sarah Moon, Paolo Roversi, Deborah Turbeville... Toutes ces grandes signatures sont présentes dans l’exposition réalisée par le directeur du musée d’art moderne de la ville de Paris, Francis Hergott.

Roger Ballen, un autre grand photographe présent dans cette exposition.

L’éclectisme des choix saute aux yeux et permet de mieux faire connaissance avec la collectionneuse, une personnalité influente en Italie de la mode et du design, amie intime et soutien inconditionnel du styliste et grand couturier franco-tunisien Azzedine Alaïa.

Bavardage mondain

Femme d’affaires, créatrice de boutiques et hôtels branchés dans son pays, au Japon et en France, Carla Sozzani a constitué un ensemble à son image. Elle a le goût de la sociabilité, et peut-être même du bavardage mondain, à en croire certains de ses choix. Des auteurs comme Walker Evans ne sont représentés qu’avec un seul cliché, Road sign, (pancarte sur le coté de la route, 1936) en l’occurrence, une citation mineure dans l’oeuvre du maître de la photographie documentaire. Visiblement, la signature compte plus que l'image, l’important reste d'ajouter un nom de prestige à la liste d’invités d’une soirée réunissant la haute société de la photographie.

De petits chefs d'œuvres

Les créateurs sont accompagnés de leurs créatures : portraits de Madonna, Noami Cambell, Sofia Coppola, par l’Américain Steven Meisel (né en 1954) ou encore Azzedine Alaïa aux cotés de Carla Sozzani réunis devant l’objectif de Dominique Isserman (née en 1947). Bref que du beau linge, et le sentiment parfois de feuilleter un magazine de mode.

Mais dans cet accrochage dense où dominent les clichés en noir et blanc, on tombe sur de petits chefs d’œuvres : la photo de cette femme aux membres euphoriques allongée sur un canapé ( Danseuse satirique d'André Kertész- 1926) ou encore la Marilyn Monroe charnellement crucifiée par Bert Stern (Marilyn Crucifix II -1962).

Un ensemble assez parfait des fulgurantes ruminations corporelles de Francesca Woodman (1958-1980) dialogue à distance avec les autoportraits du brillantisme Suisse Urs Lüthi (né en 1947) s’interrogeant également sur l’identité. Cette femme allongée sur une plage recouverte en guise de seul vêtement d’une dentelle d’ombre (Nude with shadow- 1948) de Louise Dahl-Wolfe (1895-1989) est l’un des beaux nus de l’histoire de la photographie.

L'art n'excuse pas tout

La liste des convives réserve des surprises. Certains inconnus se font remarquer comme l’Anglais Steve Hiett (né en 1940) avec son image en grand format de Cecilia Chancellor (1996), le portrait d’une femme à sa fenêtre dont le reflet dans le vitrage chavire le coeur. On s’arrête aussi devant la maîtrise effrayante du cliché « Seilspringer » (sauteuses à la corde) de la cinéaste allemande Leni Riefenstahl (1902-2003) réalisé lors des jeux olympiques de Berlin en1936. La rectitude de la jambe au premier plan de la gymnaste évoque à la fois un pas de l’oie et le salut nazi. La beauté du cliché  n’arrive pas à occulter le passé trouble de Leni Riefenstahl, ayant mis son talent au service de la propagande du régime hitlérien. Affichée au même titre que les autres, l’image pose des questions sur l’admiration que l’on peut porter à une telle photo sans la contextualiser, comme si du passé on faisait table rase.  

A voir jusqu’au 26 février à la Galerie Azzedine Alaïa au 18, rue de la Verrerie à Paris (4e) Entré libre, tous les jours de 11 h à 19 h.

Voir mon précédent billet

 

29 juin 2019

Entretien - Massimo Prearo : « Stonewall est à l’origine de la politique de la fierté LGBT comme projet militant »

gay 50 ans

Par Marie Slavicek

Pour le chercheur Massimo Prearo, les émeutes qui opposèrent les forces de l’ordre et les clients de ce bar gay new-yorkais, dont on célèbre le 50e anniversaire cette année, ont inscrit dans l’histoire des luttes LGBT la fierté comme discours cadre qui donne un sens politique à l’action collective.

Entretien. Le 28 juin 1969, à New York, une descente de police au Stonewall Inn, un bar gay de Greenwich Village, dégénère en émeutes. Pendant plusieurs nuits, des membres de la communauté homosexuelle affrontent les forces de l’ordre, donnant naissance au mythe fondateur du mouvement pour les droits des personnes LGBT (lesbiennes, gay, bi, trans). C’est cette date que commémorent, chaque année, les Marches des fiertés. Cinquante ans après, le politiste Massimo Prearo (université de Vérone), auteur du Moment politique de l’homosexualité. Mouvements, identités et communautés en France (éd. PUL, 2014), revient sur ce tournant majeur dans l’histoire des luttes LGBT.

Dans quel contexte ces émeutes débutent-elles ?
Il faut imaginer un contexte bien différent de celui que nous vivons aujourd’hui. Ces émeutes se déroulent dans le monde d’avant la libération sexuelle, avant que la « fierté » devienne un modèle social et politique pour les minorités sexuelles ; un monde où la présence publique des personnes LGBT et l’expression des identités, des genres et des sexualités « hors norme » étaient tout simplement interdites. Il suffit de penser, par exemple, qu’à l’époque, le code pénal de l’Etat de New York prévoyait que toute personne ne portant pas au moins trois vêtements conformes à son genre pouvait être arrêtée par la police.

C’était aussi avant que les sociabilités LGBT soient légalisées et s’organisent en un marché commercial ouvert et concurrentiel. Il existait bien sûr des clubs, des bars et des boîtes, mais il s’agissait de lieux fermés (on y accédait souvent par l’intermédiaire d’autres personnes), et très souvent interdits, et donc, comme dans le cas du Stonewall Inn, constamment dans le viseur des forces de l’ordre qui y faisaient régulièrement des descentes. On connaît une situation similaire en France où, jusqu’en 1981, la police tenait un fichier d’homosexuels établi à la suite de contrôles d’identité réalisés dans les lieux de drague.

Les événements de Stonewall s’inscrivent donc dans un contexte historique et politique fortement répressif, où l’Etat n’était pas le garant des droits des personnes mais un agent persécuteur, où il n’existait pas de loi contre l’homophobie et la transphobie, où la loi et les autorités comptaient parmi les ennemis principaux des minorités sexuelles.

On parle souvent du Stonewall comme d’un bar gay. Etait-il fréquenté par d’autres membres de la communauté LGBT ? Quel a été leur rôle dans ces événements ?
Comme c’est souvent le cas dans toute narration des origines, la narration de ces émeutes a pris la forme d’un récit mythologique qui a construit, dans le temps, l’événement Stonewall à l’image de ceux qui l’utilisent comme une référence pour servir de discours de mobilisation dans le présent. A l’occasion de films et documentaires récents, très discutés, d’autres narrations ont émergé. Elles ont permis de préciser que lorsque l’on parle du Stonewall Inn comme d’un « bar gay », on parle, en réalité, d’un bar fréquenté surtout par des gays latinos et afro-américains, des travestis et des personnes trans, bien plus que par des Blancs de la classe moyenne new-yorkaise, où par ailleurs les lesbiennes n’étaient pas du tout absentes.

Cette critique du mythe de Stonewall, au-delà de la reconstruction historique, interroge un aspect central de la mémoire minoritaire. Elle met en évidence la façon dont Stonewall a été avant tout le produit d’une narration monopolisée par ceux qui en ont fait un mythe fondateur, à savoir les hommes gays blancs des organisations LGBT dominantes, celles qui organisent les Marches des fiertés et qui ont utilisé Stonewall comme une référence historique politiquement significative. Cette opération mémorielle ne se limite pas à la commémoration, mais engage une réécriture de l’événement qui le transforme en symbole. Ce processus de mythologisation se révèle particulièrement mobilisateur pour les promoteurs des manifestations et les entrepreneurs des causes LGBT, mais cela produit aussi une réduction du fait historique à un simple mot d’ordre des festivités de la fierté.

Peut-on dire que les émeutes de Stonewall constituent « l’année zéro » du mouvement pour les droits des personnes LGBT ?
Ces émeutes ont très vite généré une vague contestataire qui a porté les minorités sexuelles à imaginer une action collective en matière de lutte et de combat politiques. Avant de devenir un mythe fondateur, Stonewall a été l’expérience d’une action de résistance contre la violence étatique, pour celles et ceux qui l’ont vécu directement, mais aussi pour celles et ceux qui, de loin, ont vécu l’impact libérateur de cette résistance.

L’après-Stonewall est marqué par la naissance, au tout début des années 1970, du Gay Liberation Front aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, puis du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) en France et du Front unitaire homosexuel révolutionnaire italien (Fuori), pour ne citer que ces exemples. Autrement dit, l’après-Stonewall est marqué par la création de mouvements protestataires dont le mot d’ordre était la destruction de la société hétéro-patriarcale. Ces mouvements révolutionnaires n’étaient pas des mouvements de défense des droits, mais des instruments de lutte contre l’Etat, la police, la violence institutionnelle et la répression éducative.

Ce n’est qu’à la fin des années 1970 que l’on commence à parler de droits et à se mobiliser pour eux. Alors, dire que les émeutes de Stonewall constituent le moment fondateur des mouvements pour l’égalité des droits est problématique, non pas tant par respect de la vérité historique que pour une question politique. Car cela laisserait penser que l’égalité des droits est le fil rouge qui lie tous les mouvements LGBT. Or, l’univers politique LGBT est traversé par de multiples dimensions revendicatives et, surtout, par différents discours politiques, souvent en tension et en contradiction. Et cette tension était déjà présente dans les années 1970 entre les organisations qui soutenaient les raisons du combat en termes de droits et les groupes qui avaient une conception anti-institutionnelle du militantisme minoritaire.

Néanmoins, la revendication et le combat pour l’égalité des droits sont une dimension centrale de la cause LGBT…
Si la mobilisation pour l’égalité des droits, l’ouverture du mariage aux couples de même sexe et la reconnaissance de l’homoparentalité ont occupé une place centrale dans les discours publics et militants, on ne peut pas réduire la cause LGBT uniquement à cela. L’espace du militantisme LGBT a toujours été caractérisé par des multiples conceptions de ce que signifie faire mouvement : de la lutte contre le VIH/sida à l’entraide et la solidarité intracommunautaires, de l’engagement associatif sportif, culturel ou religieux à la lutte contre les discriminations, la cause LGBT est davantage un entrecroisement de projets militants qu’une plate-forme homogène de revendications.

gayetc



La trajectoire des mouvements LGBT n’est pas un long fleuve tranquille, mais une pluralité de politiques à géométrie et à géographie variables ; c’est une histoire de déplacement. Le thème de l’égalité des droits a été sans doute dominant pendant longtemps. Toutefois, notamment après l’adoption du mariage pour tous, on a vu émerger de nouvelles mobilisations fondées sur un discours politique critique plus transversal et plus large. L’expérience de la Pride de nuit qui se propose de repolitiser la Marche des fiertés est à ce propos significative. C’est d’ailleurs dans ce contexte que l’héritage contestataire de Stonewall a été revivifié.

Dans quelle mesure, alors, les émeutes de Stonewall continuent-elles d’influencer les mouvements LGBT contemporains ?
Cet événement a inscrit dans l’histoire et la mémoire des luttes LGBT la fierté comme discours cadre qui donne un sens politique à l’agir collectif. Si Stonewall a été à l’origine de quelque chose, ce n’est pas du mouvement des droits, mais plutôt de la politique de la fierté comme modèle d’action et comme projet militant. Les Marches des fiertés n’ont que récemment acquis cette dimension de célébration mémorielle de Stonewall. Paradoxalement, plus on s’éloigne de l’événement historique et plus on célèbre le passé, tandis que les premières Marches n’étaient pas vécues comme des moments commémoratifs. C’était des moments d’affirmation d’une présence publique.

La fierté comme discours de mobilisation – bien plus que la référence à une origine fondatrice – constitue le moteur qui encadre les projets militants LGBT, qu’ils soient plutôt axés autour de la revendication de droits et d’égalité ou plutôt construits sur une critique des inégalités et du néolibéralisme qui vend des droits en échange de nouvelles vies précaires, sans emploi, sans accès aux soins, exclues des universités, ou bloquées aux frontières.

29 juillet 2019

“L'Etincelle : une histoire des luttes LGBT +” : un éclatant documentaire

L'Etincelle : une histoire des luttes LGBT+ - Benoit Masocco

Un documentaire nourri de témoignages revient sur un demi-siècle de combats LGBT +. Sobre et émouvant.

L’homosexualité est encore considérée comme un crime dans plus de soixante-dix pays (onze d’entre eux appliquent la peine de mort) et les agressions homophobes sont en hausse partout dans le monde. Ces faits qu’il n’est pas inutile de rappeler clôturent le documentaire de Benoit Masocco et achèvent ainsi de démontrer tout son à-propos, en revenant sur cinquante ans de luttes LGBT + contre l’oppression.

Des émeutes de Stonewall en 1969 (ce bar gay de Greenwich à New York qui s’est rebiffé contre le harcèlement policier), où le mouvement a pris naissance, à la première Gay Pride un an plus tard ; du San Francisco bariolé des années 1970 à la loi de 1982 dépénalisant en France l’homosexualité, L’Etincelle : une histoire des luttes LGBT + capte ce magnifique élan de bonheur euphorique et de liberté, suivi du violent contrecoup des mid-80’s avec l’apparition du sida, et avant cela le meurtre du maire gay de San Francisco Harvey Milk, ouvrant sur une nouvelle décennie de sang et de larmes.

Nourri d’entretiens et d’images d’archives, le film adopte une forme simple et émouvante pour accueillir la parole de ceux qui ont vu grandir, défaillir, se ressaisir, le mouvement LGBT + à travers le monde – l'écrivain Edmund White, Jenny Bel’Air (ex-physio du Palace), Didier Lestrade (fondateur d’Act Up), Robert Badinter…

Sans omettre de pointer certains paradoxes au sein de cette communauté, entre partisans d’une normalisation de la condition gay (le Mariage pour tous) et nostalgiques de l’ancien temps. Car, comme le résume avec humour Gérard Lefort, notre confrère des Inrocks interrogé : “A quoi ça a servi de se battre si c’était au final pour faire comme papa et maman ?”

L'Etincelle : une histoire des luttes LGBT + de Benoit Masocco (Fr., 2019, 1h39)

etincelle22

27 juillet 2019

A Hongkong, les manifestants envahissent l’aéroport

hong56

Les contestataires veulent sensibiliser les voyageurs à leurs revendications démocratiques.

Des milliers de manifestants se sont rassemblés, vendredi 26 juillet, à l’aéroport de Hongkong pour sensibiliser les voyageurs au mouvement de contestation qui agite ce haut lieu de la finance internationale, avant un nouveau week-end de mobilisation.

Le grand hall d’arrivée de l’aéroport international, l’un des plus animés du monde, a été envahi par une marée de manifestants, dont des membres d’équipage. Vêtus de noir, ils ont scandé des slogans antigouvernementaux, brandissant des pancartes et distribuant des tracts. La manifestation s’est déroulée dans une ambiance bon enfant, et aucune perturbation du trafic aérien n’a été signalée.

Sept semaines de contestation

L’ancienne colonie britannique, rétrocédée à la Chine en 1997, est le théâtre depuis sept semaines de gigantesques manifestations pacifiques contre le gouvernement pro-Pékin de Hongkong. Des affrontements sporadiques ont opposé contestataires radicaux et policiers.

Le mouvement est parti du rejet d’un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale où la justice est sous l’influence du Parti communiste. Mais certains manifestants exigent désormais des réformes démocratiques.

Le rassemblement à l’aéroport était organisé pour informer les voyageurs, principalement ceux venant de Chine continentale, sur le climat politique. Les médias chinois, contrôlés par le gouvernement central, dépeignent les manifestations comme un complot financé par des puissances étrangères pour déstabiliser le pays.

Un syndicat de Cathay Pacific soutient les manifestants

Un groupe de manifestants s’est livré à une parodie des messages de sécurité diffusés à bord des avions, afin d’expliquer leurs revendications et d’informer sur les manifestations en cours.

hong57

« Veuillez mettre vos masques et vos tee-shirts noirs si vous vous rendez à des rassemblements », invitent les organisateurs dans une vidéo, faisant référence à la couleur adoptée par beaucoup de manifestants antigouvernementaux.

D’autres ont brandi des panneaux « Avertissement touriste » expliquant que la police avait fait usage de gaz lacrymogène contre les contestataires dimanche dernier, et que quarante-cinq manifestants avaient été blessés dans des attaques commises par des agresseurs soupçonnés d’appartenir aux triades.

Le syndicat du personnel de vol de la compagnie Cathay Pacific a déclaré soutenir le rassemblement et encouragé ses membres à s’y joindre. Cette prise de position a été condamnée dans les médias d’Etat chinois. « Nous regrettons l’incompétence de Carrie Lam et son équipe, qui se moquent de leur peuple », a publié le syndicat sur Facebook, en référence à la chef de l’exécutif local, soutenue par Pékin.

De nouvelles manifestations prévues ce week-end

Un grand groupe de personnes scandait encore « Libérez Hongkong » dans le hall des arrivées, cinq heures après le début de la protestation. Hongkong se prépare à un autre week-end de rassemblements.

La police a interdit la manifestation prévue samedi en réponse à l’agression des militants prodémocratie par les triades à Yuen Long, au nord des Nouveaux territoires de Hongkong. Mais les groupes de discussion instantanée et les forums sur lesquels se concertent les militants semblent indiquer que les rassemblements auront quand même lieu.

Une autre manifestation se tiendra dimanche près du bureau de liaison du gouvernement chinois à Hongkong. Dimanche, le bâtiment avait été couvert d’œufs et de graffitis, avant que la police ne fasse usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène contre les contestataires.

24 juillet 2019

ça se passe en Pologne !

lgbt

POLOGNE : Une importante campagne contre « l’idéologie LGBT » se déroule dans ce pays catholique. Le journal conservateur Gazeta Polska a annoncé offrir avec son prochain numéro, en kiosques le 24 juillet prochain, des autocollants d’une grande croix noire barrant un arc-en-ciel avec l’inscription « ceci est une zone sans LGBT ». Diffusé à près de 22.000 exemplaires, le magazine de droite est un fervent soutient du parti conservateur actuellement au pouvoir, le PiS (Droit et Justice).

« Je suis déçue et inquiète de voir certains groupes utiliser des autocollants pour promouvoir la haine et l’intolérance », avait réagi jeudi l’ambassadrice américaine Georgette Mosbacher sur Twitter.

23 juillet 2019

Leni Riefenstahl, fondu au noir sur le IIIe Reich

leni

Riefenstahl vers 1935. Photo Rue des archives. Everett

Elle a filmé l’Allemagne de Hitler sous tous les angles. L’héritage cinématographique de Leni Riefenstahl suscite autant la fascination que l’effroi, tant la réalisatrice excellait dans l’esthétique et la glorification du régime. Jamais condamnée pour ses activités durant la guerre, elle laissera toujours planer le doute sur son adhésion au projet nazi.

Leni Riefenstahl, fondu au noir sur le IIIe Reich

«Dans la Lumière bleue, j’ai joué le rôle de Junta, qui est une sorte de sorcière. C’est comme une prémonition de ma propre vie. Junta fut aimée et haïe. C’est pareil pour moi. J’ai été aimée et haïe. Et de la même manière que Junta a perdu son idéal à travers le bris du cristal, j’ai perdu mon idéal après cette horrible guerre.» (1) Leni Riefenstahl était une femme méticuleuse. Tout ce qu’elle a entrepris dans sa très longue existence - 101 ans - a fait l’objet d’un soin infini. Il y eut d’abord la danse. Ensuite le cinéma. Puis la photographie. Elle excella dans ces trois domaines. Précisément parce qu’elle était laborieuse, attentive au moindre détail et opiniâtre. Il n’est donc pas surprenant qu’elle ait consacré près de cinquante ans et une énergie folle à ce qui fut, au fond, l’œuvre de sa vie : entretenir sa légende à grand coup de polish. Mais on n’efface pas aisément un tel passé. Comment rebondir dans la vie lorsqu’on a été la propagandiste vidéo du IIIe Reich et que la guerre est terminée ?

«Diriez-vous que la beauté est fasciste ?»

Star damnée, Leni Riefenstahl a partiellement raté sa reconversion. Elle est restée «la cinéaste de Hitler», l’égérie des nazis, la réalisatrice du film le Triomphe de la volonté (1935). Une artiste ayant mis son talent au service du régime national-socialiste. Après la guerre, elle a échappé aux sanctions. Mais pas à l’opprobre.

Pourtant, elle s’est efforcée de maintenir sa version jusqu’au bout : elle n’était pas nazie, elle était une artiste. «La laideur, la misère, le pathologique me répugnent. Direz-vous que la beauté est fasciste ?» crânait-elle en 1980 face à un journaliste du journal le Monde.

Elle-même était très élégante, soignée mais sans ostentation, altière et un brin charmeuse. Voire charmante. Jusqu’au moment où un journal la qualifiait de nazie, où un biographe évoquait ses liens avec l’élite du IIIe Reich ; alors elle allait en justice - elle a gagné ainsi plusieurs procès en diffamation. Dans le même temps, pendant plus de cinquante ans elle a répété : «Je n’ai jamais été national-socialiste. J’admirais Hitler, voilà tout.» Avec un extraordinaire aplomb. Leni Riefenstahl ne semblait rien regretter.

Lors des enquêtes en dénazification, elle s’en est tenue à une ligne de défense très claire, avec trois arguments. 1) Je suis une artiste or l’art échappe à la politique. 2) Si on me condamne, que faire d’Eisenstein ? 3) J’étais extérieure au régime, je n’appartenais pas au parti nazi et Goebbels (ministre de la Propagande) me détestait. Lorsque le documentariste allemand Ray Müller, dans Leni Riefenstahl, le pouvoir des images (1993), l’interroge sur ce point - car il s’avère que Goebbels parle d’elle à plusieurs reprises dans son Journal, en des termes relativement positifs -, elle se lève, se fâche tout rouge, et conclut : «Goebbels était le roi du mensonge.»

Ce que l’on sait : Helene Bertha Amalie, dite «Leni» Riefenstahl, est née à Berlin le 22 août 1902, d’un père industriel et d’une mère sans profession. Elle fait de la gymnastique, de la natation, et surtout de la danse ; douée, elle devient soliste au Deutsches Theater de Berlin. Mais sa carrière s’interrompt en 1924 lorsqu’elle se blesse au genou. Cette blessure changera sa vie. «J’attendais un train, raconte-t-elle à Ray Müller. Je devais aller chez le docteur car je m’étais blessé le genou et ne pouvais pas danser. J’étais impatiente parce que le train était en retard. Alors que je m’apprêtais à monter à bord, j’avisai une affiche, la Montagne du destin, avec un alpiniste escaladant un gouffre. Fascinée, je ratai mon train. […] Oubliant le médecin, je suis allée au cinéma.» Elle devient actrice de «films de montagne», genre cinématographique dans lequel les Allemands excellent - avec la montagne comme décor monumental de drames intimes, idéal romantique et mystique. Enthousiaste, bosseuse, téméraire, elle fonde sa société de production et tourne son premier film, la Lumière bleue (1932), dans lequel elle joue le rôle principal. La fameuse Junta à laquelle elle aimait tant s’identifier.

Perfection formelle et dictateur messianique

Si Leni Riefenstahl s’est toujours défendue de faire de la politique - son argument en or massif -, elle assista à son premier meeting en février 1932. Adolf Hitler s’exprimait au Sportpalast de Berlin. Elle décrit l’effet que lui produit alors le futur dictateur. Son vocabulaire est mystique, son état entre l’hypnose et l’orgasme. «Je me sentis submergée de façon ahurissante par une vision apocalyptique qui ne me quitterait jamais plus : j’eus l’impression très physique que la terre s’ouvrait devant moi comme une orange soudain fendue par son milieu et dont jaillirait un jet d’eau immense, si puissant et si violent qu’il atteindrait le sommet du ciel et que la Terre en serait secouée dans ses fondements.» Extatique, elle adresse à Hitler une lettre enthousiaste et, à sa grande joie, ce dernier lui répond. Une belle «amitié» commence. Elle durera plusieurs années.

Cette relation fait décoller définitivement sa carrière : en août 1934, Adolf Hitler devenu chancelier la sollicite afin de filmer le congrès du parti nazi à Nuremberg. Elle en sortira un film intitulé le Triomphe de la volonté. Tout y est : l’esthétique fascisante, la perfection formelle, le mouvement ordonné des foules, les corps à l’œuvre, le dictateur messianique.

Beaucoup de nos représentations visuelles du nazisme nous viennent de Leni Riefenstahl. Et pourtant, estime l’historien Johann Chapoutot (2), ses films n’ont pas une grande valeur documentaire. Le pouvoir n’y est pas mis à nu ; il est mis en scène : «Quand on connaît le fonctionnement concret de l’appareil nazi, contrairement à ce que montre Riefenstahl, c’est un bazar sans nom, opaque, concurrentiel, désorganisé, corrompu.» Les Dieux du stade (1938), son film sur les Jeux olympiques de Berlin en 1936, est d’une grande virtuosité technique. A-t-on jamais filmé le sport ainsi ? Elle y célèbre surtout, formule le documentariste Jérôme Prieur dans les Jeux de Hitler, Berlin 1936 (2016), «le corps en pleine vigueur, la beauté des apparences, l’hygiène de la race sportive». C’est une débauche de moyens. Riefenstahl est accompagnée d’une équipe de 300 personnes, le film va coûter 2 millions de reichsmarks, soit quatre fois le budget d’un film de l’époque. Et tout cela est financé par le régime. En somme, Hitler a permis à Riefenstahl de réaliser son rêve d’artiste : des moyens illimités afin de déployer son art. Pour le reste… Elle regarde ailleurs.

Durant la guerre, elle s’attelle à un film, Tiefland, qui ne sortira qu’en 1954. Mais voilà que le conflit se termine. Réfugiée dans son chalet du Tyrol, elle y est arrêtée en 1945. Son «procès» en dénazification, en zone d’Occupation française - le terme de procès est impropre puisqu’il s’agit d’une procédure administrative et non judiciaire -, peut commencer. Les anciens nazis sont classés en plusieurs catégories, parmi lesquelles on trouve les suivistes - les mitläufer - ou bien les personnes «exonérées». Ces deux catégories excluent les personnes «non concernées», c’est-à-dire étrangères à la dénazification, tels les opposants avérés ou victimes du régime. On sera donc surpris d’apprendre qu’un premier jugement de la chambre de dénazification la considère comme «non concernée». Le gouvernement militaire conteste cette décision et fait appel. Le cas est réexaminé à Fribourg, la chambre confirme sa décision. Fait rare, le gouvernement militaire fait une nouvelle fois appel.

Un troisième examen du cas Riefenstahl a lieu en décembre 1949 : c’est ainsi qu’elle est finalement classée comme mitlaüferin, «suiviste». Face aux autorités d’épuration, elle accumule les mensonges. Affirme qu’elle n’a pas bénéficié d’avantages financiers. Qu’elle n’avait pas de rapport particulier avec Hitler. Elle évoque une grave maladie l’obligeant à séjourner en montagne (elle qui faisait de la plongée sous-marine à 90 ans). Enfin, elle assène ses deux arguments massue : elle n’avait pas sa carte du parti et elle est une artiste. «Elle a réussi un sacré tour de passe-passe, commente Johann Chapoutot. Comme Albert Speer, elle a dit, en somme : "J’étais une artiste, je n’ai rien vu, je n’ai pas compris", et elle a maintenu cette version jusqu’à la fin.»

Un 100e anniversaire en grande pompe

Si l’institution l’a dédouanée, l’opinion ne l’a pas oubliée. Leni Riefenstahl sera écartée du milieu du cinéma. Comme ses collègues ? Pas vraiment. «Si elle fait partie de ceux qui ont profité du national-socialisme pour faire carrière, elle s’en est nettement moins bien sortie que d’autres, dit la journaliste Géraldine Schwarz, auteure du livre les Amnésiques (Flammarion, 2017). L’acteur nazi Gustaf Gründgens, par exemple, a dirigé le Schauspielhaus de Hambourg, de 1955 à 1963. Et Veit Harlan, réalisateur du Juif Süss [film de propagande antisémite sorti en 1940, ndlr] a continué sa carrière dans les années 50.»

Riefenstahl, elle, photographie des Noubas, populations africaines des monts Nouba, au Soudan, s’intéresse aux fonds sous-marins, fait de la plongée, donne des interviews et nie tout en bloc. Cela lui prendra cinquante ans. La pestiférée finira par fêter ses 100 ans en grande pompe à Munich, en compagnie de nombreux invités - dont les magiciens germano-américains Siegfried et Roy. Un an avant que Roy ne manque de se faire croquer la tête sur scène par l’un de ses tigres. Un an avant la mort de Leni Riefenstahl, le 8 septembre 2003 à Munich. Elle regretta beaucoup l’échec de son film Tiefland, commencé dans les années 30. Mais elle s’épancha moins sur le sort de la cinquantaine de figurants roms et sintis recrutés dans un camp nazi près de Salzbourg pour les besoins du film. Renvoyés en camp de concentration aussitôt après le tournage, la moitié d’entre eux y ont péri.

(1) Leni Riefenstahl, le pouvoir des images (1993), de Ray Müller. (2) La Loi du sang. Penser et agir en nazi, de Johann Chapoutot, Gallimard, 2014.

23 juillet 2019

Canicule : EDF doit mettre à l’arrêt deux réacteurs nucléaires

centrale

Par Nabil Wakim

La vague de chaleur qui s’abat sur la France risque de conduire à des baisses de production, voire à d’autres arrêts de réacteurs, notamment en bordure du Rhône.

L’épisode de canicule qui s’abat sur la France a déjà un impact sur la production d’électricité des centrales nucléaires. Mardi 23 juillet, EDF va mettre à l’arrêt au moins pour une journée les deux réacteurs de la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne). Samedi, le groupe avait déjà dû baisser de manière significative la puissance des deux réacteurs de Saint-Alban (Isère) et de l’un des réacteurs de la centrale du Bugey (Ain). La France compte 58 réacteurs nucléaires en activité.

Si la vague de chaleur se poursuit, d’autres réacteurs, notamment le long du Rhône – qui compte quatorze réacteurs en bord de fleuve –, pourraient être arrêtés pour un ou plusieurs jours.

EDF est contraint par la réglementation environnementale d’arrêter ou de diminuer la production de certains sites pour respecter les limites de température de l’eau. Dans le fonctionnement d’une centrale nucléaire en bord de fleuve, l’eau de celui-ci est en effet utilisée pour refroidir la vapeur du circuit secondaire qui alimente les turbines, avant d’être rejetée dans le fleuve.

Mais cette eau ne doit pas dépasser une certaine température pour ne pas modifier l’équilibre environnemental du fleuve. Chaque centrale dispose de limites particulières liées aux spécificités géographiques, techniques ou environnementales. « On surveille de très près la température du Rhône, qui varie notamment en fonction de ce qui se passe sur le lac Léman », explique au Monde Etienne Dutheil, directeur du parc nucléaire d’EDF, qui n’exclut pas d’autres arrêts cette semaine. En 2018, quatre réacteurs en bord de Rhône avaient ainsi dû être arrêtés pour une courte période.

3 % de la production nationale

Ces rejets sont souvent critiqués par les associations écologistes, qui accusent les centrales nucléaires de contribuer à réchauffer les fleuves. « Ces rejets thermiques agissent comme une barrière qui réduit considérablement les chances de survie des poissons grands migrateurs, comme les saumons et truites des mers », affirme ainsi Réseau Sortir du nucléaire.

Sur le plan biologique, des températures au-delà de 28 oC ou 30 oC peuvent nuire à la reproduction des poissons et favoriser le développement d’algues et de végétaux aquatiques.

Ces arrêts n’ont qu’un impact mineur sur la production d’électricité, alors que la France peut produire en été largement plus que sa consommation et exporte vers ses voisins. « Samedi, la baisse de production des réacteurs représentait seulement 3 % de la production nationale », explique Etienne Dutheil, qui précise que sur les dix dernières années, les pertes de production liées aux canicules représentent 0,3 % de la production.

Les réacteurs victimes du climat

Les centrales nucléaires ne produisent pas directement de CO2 et contribuent ainsi peu au réchauffement climatique. Ce qui explique que le nucléaire est souvent présenté par l’industrie comme un atout pour la France dans la lutte contre le changement climatique.

Mais les centrales sont elles-mêmes victimes du climat : les étés vont devenir de plus en plus chauds et les températures extrêmes vont se multiplier. Y compris dans des zones qui jusqu’ici étaient protégées de ce type de phénomène : en 2018, la Finlande a par exemple dû ralentir la production d’un réacteur qui rejetait dans la mer de l’eau à 32 oC.

D’autres problèmes peuvent se poser : si l’eau pompée est à une température trop élevée, elle ne joue plus de manière efficace sont rôle de refroidissement. De même, si le cours d’un fleuve devient trop bas, la centrale ne peut plus prélever suffisamment d’eau, et risque d’assécher le cours. Un problème qui ne concerne pas la Loire ou le Rhône, mais qui peut se poser, par exemple, pour la centrale de Civaux, au bord de la Vienne.

Pierre-Franck Chevet, l’ancien président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), estimait en 2018 que les sites de huit centrales – sur les 19 que compte la France – étaient « plus sensibles ». La multiplication des épisodes climatiques sévères va rendre plus difficile à l’avenir la localisation de centrales en bord de fleuve. Les réacteurs devront alors privilégier une localisation en bord de mer.

23 juillet 2019

Greta Thunberg, 16 ans, divise l’Assemblée nationale

enironnement

Par Julie Carriat

Des députés se hérissent contre la venue au Palais-Bourbon, mardi, de la lycéenne suédoise, symbole de la contestation des jeunes pour le climat.

Après le Parlement européen de Strasbourg, les parlementaires britanniques, la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg s’adresse, mardi 22 juillet, aux députés français, ou en tout cas à ceux qui voudront bien l’écouter, tant sa venue cristallise l’opposition virulente d’élus de droite et des critiques au sein même de la majorité.

Ainsi, deux députés Les Républicains (LR) en campagne pour la présidence de leur parti, Guillaume Larrivé (Yonne) et Julien Aubert (Vaucluse), sont à l’origine du mouvement d’antagonisme contre la jeune fille de 16 ans, initiatrice des grèves scolaires, devenue icône du combat des jeunes contre l’inaction climatique.

Invitée par le député (non-inscrit) de Loire-Atlantique Matthieu Orphelin, Greta Thunberg va prendre la parole hors de l’Hémicycle, mardi midi, dans l’une des plus grandes salles du Palais-Bourbon, au côté de trois jeunes activistes français issus du mouvement Youth for Climate (Ivy Fleur, Virgile Mouquet et Alicia Arquetoux). La climatologue et membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) Valérie Masson-Delmotte sera également présente.

La jeune fille est ensuite conviée à assister à la séance de questions au gouvernement, depuis une tribune de l’Hémicycle. Elle sera aussi reçue en fin de matinée à l’hôtel de Lassay par le président (LRM) de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand.

« Prophétesse en culotte courte »

« J’appelle mes collègues députés à boycotter Greta Thunberg à l’Assemblée nationale, avait lancé, samedi, Guillaume Larrivé. Pour lutter intelligemment contre le réchauffement climatique, nous n’avons pas besoin de gourous apocalyptiques, mais de progrès scientifique et de courage politique. »

Après avoir l’avoir qualifiée de « prophétesse en culotte courte », Julien Aubert, sans pour sa part appeler au boycott, s’est refusé à applaudir la jeune activiste. « Le jour où vous ratifiez l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA), on invite une égérie qui permet de regarder ailleurs. On nous invite à écouter une prédication qui repose sur des présupposés », déplore-t-il. « C’est du spectacle, de la mystification », poursuit le fondateur d’Oser la France, pour qui la réduction des émissions de carbone risque de mettre en danger l’économie française.

Pour sa part bien plus réservé, le président des députés LR Christian Jacob « regrette que la majorité cherche à faire des coups médiatiques ». « J’aurais préféré que l’on mette en avant les scientifiques du GIEC », dit-il. « Qu’elle [Greta Thunberg] existe sur le plan médiatique, certes, mais l’Assemblée nationale a vocation à prendre en compte l’avis d’experts. »

En plein repentir après son échec aux élections européennes, la droite républicaine se promet d’aborder les questions écologiques sous un prisme incitatif plutôt que punitif, mais les quolibets à l’égard de Greta Thunberg menacent de faire ressurgir des ressorts climatosceptiques.

« Il faut arrêter de se recroqueviller »

Pour Eric Diard (Bouches-du-Rhône), l’un des quelques députés LR prévoyant de se rendre salle Victor Hugo, les propos de ses collègues Guillaume Larrivé et Julien Aubert confinent à l’hystérie. « Il faut arrêter de se recroqueviller. Ils passent pour de vieux réactionnaires et donnent une image passéiste de la droite », estime-t-il, déplorant des emportements rendant inaudible le parti sur l’écologie.

Des députés de La République en Marche (LRM) comme Bénédicte Peyrol (Allier) ou l’élu de la Creuse Jean-Baptiste Moreau ont fait entendre une musique similaire, quoique assourdie, tandis que pour le député (LRM) de Paris Sylvain Maillard, c’est le symbole des grèves scolaires pour le climat qui pose problème : « Faire la grève de l’école, quel triste symbole », a-t-il lancé sur Twitter.

Bénédicte Peyrol, coauteur d’un rapport sur les outils encourageant l’investissement dans la transition écologique, regrette que « les médias [fassent] désormais les héros de notre siècle. Pourrait-on mettre autant à l’honneur les scientifiques, les personnes qui agissent depuis des années pour la planète ? », s’interroge-t-elle. Au Monde, elle explique qu’elle récuse les propos « violents » de ses collègues de droite et qu’elle assistera au débat. « Ce que je dénonce, c’est que mes héros à moi ne sont pas comme Greta, ce sont des agriculteurs, des chefs de PME qui essaient de trouver des solutions », dit-elle. « Les jeunes ont raison de nous interpeller mais ensuite il faut être dans l’action. J’espère qu’on ira au-delà de la simple interpellation. »

Organisateur du débat de mardi avec le regroupement transpartisan « Accélérons la transition écologique et solidaire », le député Matthieu Orphelin (Maine-et-Loire) dénonce pour sa part des attaques choquantes à l’égard de la militante atteinte du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme. « C’est tellement déplacé par rapport à l’enjeu du climat. C’est indécent », déplore l’élu qui a quitté en février le groupe LRM. « Cela veut dire quelque chose de là où en sont certains. Cela leur permet de déplacer la focale par rapport à leur manque d’action. S’ils veulent continuer à se boucher les oreilles pour éviter d’entendre la jeunesse et les scientifiques, c’est leur erreur », regrette-t-il. « Le but, c’est que cet échange soit aussi éclairé par la science », assure-t-il, tout en se félicitant de la présence annoncée de représentants de tous les partis sauf du Rassemblement national (RN), pour un total provisoire de 152 députés inscrits.

« Un arrière-fond de climato-scepticisme »

A l’extrême droite, le député (RN) du Nord Sébastien Chenu avait exclu dès le 17 juillet d’« aller applaudir la Justin Bieber de l’écologie, une espèce de créature médiatique qui va énoncer des banalités ».

A gauche, le premier secrétaire du PS Olivier Faure et la présidente de Génération écologie Delphine Batho se sont émus des postures de la droite. « C’est une clarification utile parce que les masques tombent sur un arrière-fond de climato-scepticisme », a estimé, lundi, la députée des Deux-Sèvres. « C’est la colère qui devrait nous emporter tous aujourd’hui. Ce n’est pas la boycotter qu’il faut, c’est au contraire l’acclamer et dire que nous n’en faisons pas suffisamment », a réagi pour sa part M. Faure sur la chaîne CNews.

A La France insoumise (LFI), le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière a fustigé comme ses collègues LR l’« hypocrisie » consistant à faire cohabiter dans la même journée le vote sur le CETA et la venue de Greta Thunberg. « Des députés, dont une majorité d’élus LRM, vont applaudir Greta Thunberg puis voter pour la ratification du CETA, un accord climaticide. Hypocrites ! », a-t-il écrit sur son compte Twitter.

Valérie Masson-Delmotte, qui représentera la communauté scientifique à l’Assemblée nationale, ne partage aucune des critiques adressées aux jeunes. Elle a d’ores et déjà salué dans le Journal du dimanche leur rôle de relais des experts. « Jusqu’ici, je n’avais pas été invitée à l’Assemblée pour évoquer le rapport du GIEC sur 1,5 °C de réchauffement planétaire, rendu en octobre 2018. Ce sera le cas mardi, et j’en suis très reconnaissante au mouvement des jeunes pour le climat : grâce à eux, le message des scientifiques retient davantage l’attention. »

gretaaaa

rechauffement

22 juillet 2019

La Française Pénélope Bagieu récompensée par un prestigieux prix de la bande dessinée aux Etats-Unis

penelope-bagieu

La dessinatrice était nommée dans la catégorie « meilleure édition américaine » d’un ouvrage international.

La dessinatrice française Pénélope Bagieu a été récompensée, vendredi 19 juillet, par un prestigieux prix Eisner de la bande dessinée au festival Comic-Con de San Diego, en Californie, pour son ouvrage Culottées. Elle était nommée dans la catégorie « meilleure édition américaine » d’un ouvrage international.

« C’est pas souvent dans ma vie que j’ai pleuré de joie, mais FUCK YEAH j’ai un Eisner », s’est réjouie l’intéressée sur Twitter, où elle compte près de 310 000 abonnés. « C’est fou. Mes petites culottées. J’y crois toujours pas. »

Les Eisner Awards, récompenses américaines de référence pour la bande dessinée, sont décernés chaque année au Comic-Con, le plus gros festival au monde mettant à l’honneur la pop culture. Culottées, sorti aux Etats-Unis en 2018 (les tomes 1 et 2 avaient été publiés en 2016 et 2017 chez Gallimard en France), dresse les portraits de femmes qui font « voler en éclat les préjugés ».

Née en 1982 à Paris, Pénélope Bagieu s’est faite connaître avec son blog « Ma vie est tout à fait fascinante », lancé en 2007, où elle dépeint alors avec humour sa vie quotidienne. Elle a depuis publié la série de BD Joséphine, ou encore California dreamin’, qui raconte l’histoire de la chanteuse des Mamas and Papas, Cass Elliot, qui tente sa chance à New York dans l’Amérique des années 1960.

19 juillet 2019

Bagne pour enfants : Belle-Île se souvient

maison correction

Belle-Île-en-Mer a accueilli des mineurs délinquants jusqu'en 1977 / © France 3 Bretagne

Colonie pénitentiaire puis maison d'éducation surveillée, des mineurs ont été enfermés à Belle-Île de 1880 à 1977, dans des conditions parfois violentes et décriées. Les bâtiments du bagne pour enfants vont devenir un lieu de mémoire. Un projet muséographique est en cours.

Jean-Pierre a 15 ans en 1969. Arrêté pour un vol de gâteau, il arrive à Belle-Île pour être emprisonné dans un établissement pénitentiaire pour mineurs. 50 ans après, alors qu'il revient sur les lieux, l'émotion l'étreint : "Quand je revois le couloir...c'était pas réjouissant. Quand je suis arrivé, je ne savais pas ce qui m'attendait. Quand j'ai vu la cellule, que la porte s'est fermée. C'était dur." confie-t-il.

L'histoire de ce bagne pour enfants ressurgit, méconnue. Le bâtiment va s'ouvrir et devenir un lieu de mémoire. Un projet muséographique est à l'étude et pourrait voir le jour d'ici à 2022. "On devrait savoir comment cette colonie a fonctionné. Cela me paraît fondamental que tous habitants du Morbihan on sache que cela a existé, que des enfants ont été détenus ici" souligne Aurore Carpentier Vice-Présidente du TGI (tribunal de grande instance) de Lorient.

De la colonie pénitentiaire à l'institution publique d'éducation surveillée

La colonie pénitentiaire de Belle-Île voit le jour en 1880, sur décision ministérielle et dans les bâtiments qui abrite jusqu'alors la prison politique. Les enfants envoyés sur place y reçoivent une formation pour devenir mousse ou marin, puis les professions agricoles s'y développent. Plus tard, tous les métiers utiles au quotidien y seront enseignés. La colonie est dirigée par un directeur, lequel ne vit pas sur place mais sur la commune du Palais. Des surveillants et des professeurs techniques l'assistent ainsi qu'un gardien chef dont l'autorité et les méthodes riment avec dureté. Les mineurs arrivent en nombre, En 1897, ils sont 440 mineurs, âgés de 8 à 21 ans.

Au fil du temps la colonie change d'appellation pour devenir une maison d'éducation surveillée puis une institution publique d'éducation surveillée en 1947.

La révolte de Belle-Île-en-Mer

Les conditions de vie dans la colonie sont difficiles, entre violences et répression et dénoncées dès les années 20 par des journalistes. Le 27 août 1934 marque un tournant, avec l'évasion de 56 pupilles qui font la Une des médias.

Jacques Bourquin éducateur puis directeur à la Protection judiciaire de la jeunesse écrira "Depuis plusieurs mois, le climat est médiocre à l’intérieur de l’institution. Un soir d’août 1934 éclate un incident au réfectoire, un incident apparemment bénin. Contrairement au règlement, un colon a mangé son fromage sans avoir bu sa soupe. Il est puni, ses camarades du réfectoire se solidarisent avec lui, c’est le début d’une révolte que les personnels n’arrivent pas à contenir".

A ce moment-là, les pupilles se dispersent sur toute l'île. Une véritable chasse à l'enfant a lieu et ils sont ramenés par des gardes mobiles et même par des vacanciers. Cet événement plus ceux d'autres colonies comme à Eysses ou Mettray (Indre-et-Loire), vont marquer l'opinion et entraîner des réformes. Tous ces établissements vont questionner la place de l'enfant coupable et de la justice pour les mineurs.

Le bagne de Belle-Île ferme définitivement ses portes en 1977. Les maisons d’éducation surveillée ou maisons de correction sont aujourd'hui des centres éducatifs fermés.

1 août 2019

Extrait de l’exposition Champs d’Amours - Hôtel de ville Salle Saint Jean 5 rue de Lobau 75004 Paris jusqu’au 28 septembre 2019

1919 - LES ORIGINES

Les premières allusions homosexuelles à traverser les écrans du cinéma naissant sont des caricatures travesties plus ou moins ridicules dont s'amusent les comédies burlesques. Pas une seule star comique des années 1910 (Buster Keaton, Stan Laurel, Fatty Arbuckle, Max Under, Charles Chaplin...) qui ne se soit ainsi livrée aux joies de revêtir des atours de l'autre sexe, le temps d'une séquence ou d'un quiproquo. Cette tradition du travestissement perdurera sous des formes multiples jusqu'à aujourd'hui et la comédie demeure un genre où l'on trouve régulièrement des personnages LGBTQI+. D'autres approches, plus graves, s'ajoutent au fil des décennies, comme ces drames [Vingame, Mauritz Stiller, 1916 ; Mikael, Carl T. Dreyer, 1923 ; Loulou, Georg W. Pabst, 1928...) qui installent un autre stereotype à la vie dure : celui d'amours homosexuelles vouées par nature à la tragédie et à la mort. À ces prémices succède bientôt une période où ce type de représentation est interdit : par la montée des fascismes en Europe et par l'adoption en 1934 d'un très strict code de censure aux États-Unis : le Code Hays. Ainsi, même si le cinéma français fait exception, les homosexuel-le-s disparaissent quasiment des écrans, n'existant plus que de manière cryptée ou hostile, et dans les marges d'un cinéma expérimental émergent. Ce n'est qu'à l'aube des années 1960. dans cette Grande-Bretagne où l'homosexualité est encore un crime, que le film La Victime (Basil Dearden. 1961) et son initiateur et acteur principal. Dirk Bogarde, contesteront enfin cet état de fait...

champs amours (1)

Extrait de l’exposition Champs d’Amours - Hôtel de ville Salle Saint Jean 5 rue de Lobau 75004 Paris jusqu’au 28 septembre 2019 :  lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi de 10h à 18h30    A travers des affiches, des photographies, des livres, des costumes et des scénarios de films, l’Hôtel de ville de Paris raconte 100 ans de cinéma arc-en-ciel. A l’occasion du mois des Fiertés et 50 ans après les émeutes de Stonewall, l’exposition « Champs d’amours » montre l’évolution de la représentation des personnes LGBT sur le grand écran de 1919 à 2019. Près de 100 extraits de longs-métrages et une dizaine de longs-métrages animent l’exposition.  Où : Hôtel de Ville de Paris    Quand : tous les jours (sauf les dimanches) de 10h à 18h30

13 juillet 2019

Extrait de l’exposition Champs d’Amours - Hôtel de ville Salle Saint Jean 5 rue de Lobau 75004 Paris jusqu’au 28 septembre 2019

champs amours (6)

Une dessinatrice de mode solitaire s'éprend follement d'une jeune femme qu'elle entreprend de façonner, mais dont le départ soudain va la briser...

Impitoyable peintre du couple quelle qu'en soit la nature (hétéro, gay, g ou ici lesbien), Fassbinder utilise la i forme d'un huis clos stylisé pour dire l l'oppression amoureuse. Il Les Larmes amères de Petra von Kant / The Bitter Tears o/Pefra von Kant / Die bîtteren Tranen der Petra von Kant RainerWerner Fassbinder, Allemagne, 1972

En photo: Margit Carstensen, Hanna Schygulla lie de plateau --

Collection La Cinémathèque française 

champs amours333

Extrait de l’exposition Champs d’Amours - Hôtel de ville Salle Saint Jean 5 rue de Lobau 75004 Paris jusqu’au 28 septembre 2019 :  lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi de 10h à 18h30    A travers des affiches, des photographies, des livres, des costumes et des scénarios de films, l’Hôtel de ville de Paris raconte 100 ans de cinéma arc-en-ciel. A l’occasion du mois des Fiertés et 50 ans après les émeutes de Stonewall, l’exposition « Champs d’amours » montre l’évolution de la représentation des personnes LGBT sur le grand écran de 1919 à 2019. Près de 100 extraits de longs-métrages et une dizaine de longs-métrages animent l’exposition.  Où : Hôtel de Ville de Paris    Quand : tous les jours (sauf les dimanches) de 10h à 18h30

Publicité