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Jours tranquilles à Paris
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18 juin 2014

Jeff Koons, invité très spécial de H&M à New York

Coutumière des collaborations réussies, l’enseigne suédoise H&M n’est jamais à court d’idées lorsqu’il s’agit de s’entourer des créateurs les plus prestigieux du moment. Un goût pour l’innovation qui a notamment valu au géant du prêt-à-porter de compter parmi ses rangs les maisons Isabel Marant, Versace, Maison Martin Margiela ou prochainement Alexander Wang, à travers la conception de plusieurs collections capsules. Mais, après avoir misé sur certains des grands noms du monde de la mode, H&M se tourne à présent du côté de l’art contemporain en s’associant à l'artiste américain Jeff Koons.

Une première pour la griffe de mode scandinave, qui a décidé de célébrer en grande pompe l’ouverture prochaine de son magasin new-yorkais principal. Un formidable atrium de cinq étages niché au cœur de la très chic 5ème avenue, dont les allures de musée ont donné au groupe H&M l’envie d'initier une collaboration avec le célèbre Jeff Koons, à travers la conception d’un sac à l’effigie des fameux Balloon Dogs qui ont fait son succès. "Ce partenariat avec H&M est vraiment excitant pour moi, et la chance d'exposer l'une de mes œuvres les plus populaires à une nouvelle génération de personnes a été inspirante", a confié l’entrepreneur. De quoi prouver, une fois de plus, combien l'art est à la mode.

Voir mes précédents billets sur Jeff Koons : 15/11/2013, 11/11/2013, 08/10/2013, 13/10/2010, 02/10/2010, 19/09/2010, 03/06/2010.

Pour y accéder (après avoir noté les différentes dates) voir l'historique en cliquant sur le lien suivant : http://jourstranquilles.canalblog.com/archives/index.html

Save the date : Bientôt une rétrospective Jeff Koons au Centre Pompidou. Exposition visible du 26 Novembre 2014 au 27 Avril 2015

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7 décembre 2019

Bayrou mis en examen : le point sur l’affaire des assistants parlementaires du MoDem

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Par Yann Bouchez, Simon Piel

Le patron du parti centriste est poursuivi pour « complicité de détournement de fonds publics ». Devant les enquêteurs, il avait tenté de prendre ses distances avec la gestion administrative de son mouvement.

Il s’était préparé au pire. Le 28 novembre, sur le plateau de BFMTV, François Bayrou relativisait : « Tout le monde est mis en examen ou à peu près dans la vie politique française. »

Au MoDem, la phrase est d’actualité. Alors que depuis un mois, au moins une dizaine d’anciens élus ou cadres du mouvement ont été mis en examen dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires européens, le président du parti centriste, convoqué vendredi 6 décembre par les juges du pôle financier de Paris, vient de connaître le même sort judiciaire. Il est visé du chef de « complicité de détournement de fonds publics ».

« Cette mise en examen, annoncée à l’avance dans les journaux, a été décidée à l’encontre de tous les éléments de preuves produits. La suite de l’instruction montrera qu’elle est totalement infondée », a déclaré à l’Agence France-presse (AFP) Pierre Cornut-Gentille, l’avocat de François Bayrou.

Qu’il semble loin, le temps de l’assurance affichée. Le temps où François Bayrou, éphémère ministre de la justice du premier gouvernement d’Edouard Philippe, expliquait, catégorique, à l’été 2017, au moment de son départ : « Toutes celles et tous ceux qui ont travaillé au MoDem avaient un contrat de travail et une fiche de paie, et cela sera aisé à prouver. » Et d’insister : « La gestion de la ressource humaine dans notre mouvement a été régulière, normale, légale et, je l’affirme, morale. »

Deux ans plus tard, loin de l’image d’un chef de parti sûr de son fait et au courant de son fonctionnement, c’est un tout autre visage que François Bayrou a livré aux policiers qui l’ont auditionné le 11 septembre. Celle d’un dirigeant mal informé sur les rouages internes de son parti. Il affirme ainsi ne pas avoir su que le directeur administratif et financier du MoDem, Alexandre Nardella, était le tiers payant de la majorité des eurodéputés centristes, poste central dans la gestion des enveloppes parlementaires. « Je n’ai pas la compétence sur la gestion des assistants parlementaires », a-t-il résumé, mi-septembre.

Face à des enquêteurs soupçonnant une « pratique institutionnalisée du “prêt” d’assistant parlementaire », M. Bayrou a parfois peiné à répondre aux questions allant même jusqu’à soutenir que « bien loin de financer le parti, les députés européens étaient aidés par celui-ci ».

Les témoignages d’eurodéputés

Dès 2007, certains eurodéputés sont mécontents de s’être vu imposer des assistants parlementaires qui ne travaillent pas assez pour eux et trop pour le parti. Dans un mail du 12 décembre 2007, la députée européenne Claire Gibault se plaint auprès d’une permanente du parti dont elle prend en charge 60 % du salaire : « Vous savez aussi bien que moi que vous consacrez bien plus qu’un tiers de votre temps de travail à vos activités au sein du MoDem. »

Cette même année, le directeur financier, Alexandre Nardella décide d’octroyer une prime de 6 000 euros à cette permanente sur l’enveloppe parlementaire de Mme Gibault, suscitant la colère de cette dernière. « Ce sont leurs affaires, répond M. Bayrou. Je ne comprends pas cette histoire. » Le président du MoDem ajoute : « On ne peut pas être plus étranger que je le suis à cette affaire. (…) L’idée que je doive moi, président du mouvement m’occuper des assistants parlementaires et de leur disponibilité n’a pas de sens. »

Le maire de Pau ne s’explique pas non plus comment l’ex-eurodéputée Janelly Fourtou (1999-2009) a pu avoir comme assistante à temps partiel Quitterie de Villepin pendant environ trois ans – 40 000 euros pris sur l’enveloppe parlementaire –, sans que ni l’une ni l’autre ne se souviennent avoir collaboré ensemble. Quitterie de Villepin affirme avoir travaillé pour le parti, ce que nie M. Bayrou : « Elle était une militante revendicative et pas du tout une salariée. »

Le patron du parti centriste savait-il qu’elle avait aussi été payée comme assistante parlementaire à 50 % par l’eurodéputé Thierry Cornillet, de février 2007 à juin 2009 ? « Non, je n’en savais rien. Mais il apparaît de plus en plus que cette jeune femme avait le don de se faire engager. » Il l’assure, aucune pression du MoDem n’a été exercée sur les eurodéputés centristes : « Un parlementaire européen, il n’y a pas de moyen de lui forcer la main. »

La note du 15 février 2011

Une note découverte par les enquêteurs pourrait pourtant laisser penser le contraire. En date du 15 février 2011, elle a été rédigée par Bernard Lehideux, ancien député européen (2004-2009) et conseiller de M. Bayrou à l’époque. A l’intention de Jean-Jacques Jégou, alors trésorier du parti, M. Lehideux écrit : « Les députés européens se sont engagés immédiatement après les dernières élections, et ceci comme l’avaient fait leurs prédécesseurs, à consacrer un tiers de la dotation mise à disposition pour payer leurs assistants, aux salaires et charges de collaborateurs travaillant “ensemble” au siège du MoDem et recrutés parmi le personnel maison. » M. Bayrou affirme n’avoir jamais vu ce document, même s’il en avait entendu parler : « Je pense qu’il s’agit d’une confusion. »

La note laisse apparaître un Bernard Lehideux agacé. « Je n’arrive plus à rien, écrit-il, et je suis obligé de dire que j’en assez d’aller tendre la main auprès de gens qui ne veulent pas en fait respecter les engagements qu’ils ont pris. » M. Bayrou interprète ainsi ces propos : « Les parlementaires ayant leur bureau au siège [du MoDem], c’était pour nous exprimer une obligation morale d’avoir au siège aussi la présence de leurs assistants locaux. »

Car le patron du MoDem tient à le souligner : son parti traitait bien les eurodéputés. Au siège de son parti, rue de l’Université, à Paris, ceux-ci pouvaient bénéficier de « bureaux vastes, bien équipés », et de « postes pour les assistants ». « Aucun ne payait de loyers, précise-t-il. C’est le mouvement politique qui fournissait les locaux, le téléphone, la bureautique, l’affranchissement, l’électricité, etc. C’était une occupation à titre gracieux, déclarée au Parlement européen. (…) Le parti ne leur a jamais rien demandé. »

La position du Parlement européen

Interrogés en tant que partie civile en décembre 2018, les représentants du Parlement européen ont assuré que « l’analyse et l’exploitation des éléments transmis nous ont permis d’identifier neuf assistants parlementaires pour lesquels nous envisageons, sauf à ce que d’autres explications nous soient apportées, d’initier une procédure de prérecouvrement consistant à se faire rembourser les frais dont l’usage serait contestable ».

Depuis cette audition, plusieurs ex-eurodéputés centristes se sont vus réclamer des sommes par l’institution. L’éphémère ministre des armées, Sylvie Goulard, a ainsi dû rembourser près de 45 000 euros. Jean-Luc Bennahmias, ancien des Verts élu sous l’étiquette du MoDem entre 2009 et 2014, devra rembourser environ 45 000 euros. Enfin, Nathalie Griesbeck, eurodéputée centriste de 2004 à 2019, devra payer près de 100 000 euros.

Interrogé sur la note du 15 février 2011, le directeur général des finances du Parlement européen, Didier Klethi, a livré son interprétation : « La teneur de la note me paraît démontrer l’existence d’un accord interne. Il y est expressément fait référence à l’engagement des députés de consacrer un tiers de la dotation mise à leur disposition pour payer leurs assistants au parti. »

Les représentants du Parlement européen ont par ailleurs tenu à faire part de leur surprise quant à l’utilisation de cadres du MoDem comme tiers payant des assistants parlementaires européens. « [Michel] Mercier [ancien trésorier du parti] d’abord, puis M. Nardella apparaissent comme également piloter ces questions, et notamment l’allocation budgétaire des fonds dédiés à l’assistance parlementaire. Ce n’est pas interdit mais cela est étrange », estiment-ils.

Un règlement de comptes politique ?

Tout au long de leurs auditions par la police judiciaire, Marielle de Sarnez comme François Bayrou ont expliqué que cette affaire relevait en fait d’une série de règlements de comptes politiques menés par plusieurs de leurs accusateurs. Ainsi ont-ils tenu à rappeler que l’ouverture de l’enquête judiciaire reposait notamment sur une dénonciation portée en mars 2017 par l’ex-eurodéputée frontiste Sophie Montel auprès du parquet de Paris.

Puis que l’enquête avait ensuite été nourrie par Matthieu Lamarre, un ancien assistant parlementaire du MoDem, passé avec armes et bagages dans l’équipe de la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, adversaire politique.

L’ancienne eurodéputée Corinne Lepage est aussi pointée du doigt par les dirigeants du MoDem. En 2015, celle-ci avait publié un ouvrage, intitulé Les Mains propres, dans lequel elle expliquait que, à la suite de son élection comme députée européenne en 2009, la direction du MoDem lui avait demandé de signer un document engageant les élus à mettre à la disposition du parti un de leurs assistants parlementaires.

Marielle de Sarnez a tenu à rappeler que Mme Lepage avait assez vite quitté les rangs du MoDem après son élection. A une question de son avocat au cours de son audition sur « une rivalité politique » qui aurait pu conduire certains, dont Corinne Lepage, à « déformer les faits », elle a répondu : « Oui, sans aucun doute. Leur carrière politique ne leur a sûrement pas apporté les satisfactions qu’ils en attendaient. Ceci peut expliquer cela. »

Les pressions de François Bayrou

Malgré une sérénité affichée, François Bayrou a montré en coulisses une certaine fébrilité face à l’avancée de l’instruction. Le 7 juin 2017, toujours ministre de la justice, il appelle le directeur de l’investigation de Radio France, Jacques Monin, pour se plaindre d’une enquête journalistique sur les assistants du MoDem au Parlement européen.

« Voici ce qu’il me dit en substance : “Des gens de chez vous sont en train de téléphoner à des salariés du MoDem, de les harceler de manière inquisitrice, et de jeter le soupçon sur leur probité. C’est inacceptable.” », a raconté M. Monin à Mediapart.

Enfin, plus récemment, comme l’a révélé Le Canard enchaîné, M. Bayrou, qui s’est procuré le numéro de téléphone portable de Charlotte Bilger, la juge d’instruction chargée de l’enquête sur le MoDem, grâce à un commissaire divisionnaire de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff), n’a pas vu de difficulté à l’appeler pour « se plaindre de la teneur des informations communiquées par la presse » puis à lui envoyer un SMS pour demander à ce que son informaticien assiste à l’ouverture du scellé contenant son ordinateur saisi en perquisition.

Avec la mise en examen de M. Bayrou, ce sont désormais plus d’une dizaine d’anciens élus ou de cadres du MoDem qui sont visés par la justice, dont les anciens députés européens Marielle de Sarnez, Sylvie Goulard, ou encore Jean-Luc Bennahmias, ainsi que l’ancien garde des sceaux Michel Mercier, un temps trésorier du parti.

Eric Morain, l’avocat de l’ancienne eurodéputée Anne Laperrouze (2004-2009), a regretté « une série de mises en examen à marche forcée qui ne permet pas une appréciation individualisée des responsabilités ».

5 décembre 2019

"La répression en Iran est inédite depuis 40 ans", affirme Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix 2003

L’Iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix en 2003, avocate et militante des droits de l'Homme, revient pour France 24 sur les manifestations en Iran, qui ont été marquées ces deux dernières semaines par des violences meurtrières. Selon l'ONG Amnesty International, au moins 208 manifestants ont été tués dans la répression, le plus lourd bilan enregistré depuis la révolution de 1979.

"Ce qui s’est passé en Iran c’est une oppression maximale, violente de la population, inédite depuis 40 ans", affirme sur France 24 l’Iranienne Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix en 2003. "C’est quand un gouvernement se sent faible qu’il devient violent."

L’avocate iranienne appelle les Occidentaux à "ne pas soutenir la dictature et à rester du côté du peuple iranien", expliquant être contre les sanctions économiques qui pèsent sur la vie quotidienne des Iraniens. Shirin Ebadi souhaite, par contre, des sanctions visant à affaiblir le régime : "La France doit montrer sérieusement son mécontentement envers l’État iranien et doit demander à ce que son ambassadeur quitte l’Iran".

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4 juillet 2017

Le palace parisien Le Crillon rouvre ses portes (demain mercredi) après quatre ans de travaux

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Par Guy Dutheil - Le Monde

Depuis 2007, le nombre des palaces dans la capitale a doublé, passant de sept à quatorze. Après deux années de crise, les établisssements de luxe semblent retrouver le sourire.

On sabre à nouveau le champagne dans les palaces parisiens. Après deux années de crise, les établissements de luxe de la capitale ont retrouvé le sourire. « Les affaires vont plutôt bien. Nous ne savons plus trop quoi faire de nos clients », savoure François Delahaye, directeur général du Plaza Athénée, l’une des plus prestigieuses adresses parisiennes. « Cela va mieux », admet José Silva, vice-président et directeur général du Four Seasons George V. Une véritable « embellie », confirme Christophe Laure, président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) Prestige - le syndicat des palaces et des hôtels haut de gamme.

Ce regain de forme tombe pile avec le retour du Crillon. Le palace de la place de la Concorde rouvre, mercredi 5 juillet, ses chambres et ses suites après quatre ans de travaux. Une rénovation de fond en comble. Comme une seconde jeunesse. Un chantier pharaonique pour son propriétaire le prince saoudien Mutaib bin Abdullah bin Abdulaziz.

Et (très) dispendieux : un luxe un peu tapageur, des dorures à la feuille l’or, deux sous-sols creusés pour faire place à une piscine de 16 mètres de long et un spa. Le « must » des palaces. Rien moins que 440 millions d’euros de travaux chuchotent les professionnels. Une somme que « ne confirme ni n’infirme » Rosewood Hotels & Resorts, le groupe d’hôtellerie de luxe hongkongais chargé d’exploiter le Crillon.

Il faut dire qu’en 2010, déjà, le prince saoudien n’avait pas hésité à débourser environ 250 millions d’euros pour s’adjuger cette institution parisienne au nez et à la barbe du groupe allemand Kempinski.

Mille euros la nuit

Avec cette réouverture, la Ville Lumière va renforcer son statut d’exception. « Il n’y a aucune ville au monde qui peut, comme à Paris, regrouper autant de palaces avec un prix moyen des chambres aussi élevé », s’enthousiasme M. Laure.

L’établissement de la place de la Concorde ne risque pas de faire baisser la moyenne. Au contraire, il se positionne d’emblée comme un des plus chers de la place. Mille euros pour une nuit dans l’une des quatre-vingt-quatre chambres et jusqu’à 25 000 euros, sans le petit-déjeuner, pour loger dans l’une des trente-trois suites de l’hôtel. Enfin, le Crillon propose pour ses clients les plus fortunés deux « grands appartements » d’une superficie de 450 mètres carrés décorés par le couturier Karl Lagerfeld au prix stratosphérique de 32 000 euros.

Dans la capitale, tout le monde n’applaudit pas aussi fort le retour du Crillon. « Cela augmente le nombre de chambres de la catégorie palace. Il y a un peu trop de palaces à Paris », s’inquiète le patron du Plaza Athénée. Il est vrai que la concurrence est vive sur le segment du luxe. En 2014, c’est le Peninsula qui prenait place avec ses deux cents chambres à quelques pas des Champs-Elysées, puis le Ritz a fait son come-back avec 71 chambres et suites supplémentaires il y a un an.

Et ce n’est pas fini ! Deux adresses sont encore à venir. Seul palace de la rive gauche, le Lutetia prévoit d’achever sa rénovation en 2018, tandis que le Cheval Blanc est attendu pour 2019 dans les murs de la Samaritaine. Depuis 2007, le nombre de palaces à Paris aura doublé passant de sept à quatorze. « Cela reste quand même raisonnable. Il y a même encore une certaine marge », plaide Christophe Laure car « il y a de plus en plus de milliardaires dans le monde ».

A en croire le patron du syndicat des palaces, cette profusion d’établissements de grand luxe serait même bénéfique. « Les performances des six premiers mois de 2017 sont assez prometteuses », fait-il savoir. Le revenu par chambre, le véritable baromètre de l’économie du secteur, aurait ainsi augmenté de 18 % par rapport à 2016.

En revanche, les taux d’occupation des grandes enseignes parisiennes « restent encore en deçà de ceux d’avant les attentats de 2015 et 2016 » qui pouvaient culminer à 80 % et même 90 %, tempère M. Laure. Aujourd’hui, il serait plutôt calé autour de 65 %. Avec des variations. Celui du George V serait de 55 %. Claudio Ceccherelli, directeur général du Park Hyatt, lui, se frotte les mains : « Juin a été un mois formidable avec 90 % de remplissage. Il devrait atteindre 75 % en juillet. » A l’inverse, le Peninsula, dont la direction n’a pas souhaité répondre à nos questions, vivrait « un drame », confie un concurrent.

Offre pléthorique

En quelques années, les prix moyens des chambres ont plus que doublé. Désormais, tous les palaces visent un prix moyen par chambre de 1 000 euros par nuit contre 350 à 450 euros auparavant. Au total, Paris propose désormais près de 1 900 chambres à ce tarif. Une offre pléthorique, mais le patron du George V ne croit pas à une guerre des prix. « Parce que les palaces n’ont pas les moyens de se la payer. Certains s’y sont essayés », sans succès, ajoute-t-il.

A l’examen, l’économie de l’hôtellerie de luxe est très fragile. A Paris, « aucun des hôtels rénovés ne sera rentable à court terme », pointe José Silva. La faute au prix de revient des chambres qui a explosé pour atteindre de « 3 à 5 millions d’euros ». C’est lors de la revente des palaces que les propriétaires touchent le pactole. Notamment les qataris, propriétaires du Peninsula, qui grâce à une disposition fiscale adoptée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, « ne paient pas d’impôts sur le capital. Dans vingt ans, ils vendront avec 100 % de bénéfice », assure M. Silva.

A Paris, le boom des palaces profite surtout aux cinq étoiles et aux boutiques hôtels. Des établissements luxueux mais de plus petites capacités. Cette bonne fortune excite les convoitises. Un Bulgari doit ouvrir juste en face du George V. Le groupe Madar, spécialisé dans l’immobilier commercial et de bureaux, achève de construire « un cinq étoiles grand luxe de trente chambres au 82 rue de Lille, près du boulevard Saint-Germain », indique Alain Madar, le PDG du groupe. Un investissement de 40 millions d’euros. Ouverture prévue en 2018 à l’enseigne du groupe hôtelier italien JK Place. Un changement de pied qui ne doit rien au hasard.

Selon les emplacements, « il est plus rentable de faire de l’hôtellerie », indique M. Madar. Mais surtout pas de palace. « Pas sûr que ce soit très rentable, selon notre analyse », assène Alain Madar.

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12 juillet 2017

Concorde Art Gallery - Patrick Blondeau - actuellement

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Peintre.

Après avoir oeuvré dans l ’univers de la publicité pendant une dizaine d’années en tant que peintre-illustrateur, le passage de ce jeune artiste parisien vers la toile s’est fait logiquement. Conservant l’aérographe comme outil de création, il explore divers chemins : transparences qui se superposent ... jeu de cadrage et de proportion... dépouillement chromatique... univers graphique et répétitif... en apparence !

Paris, Monaco, Londres, Shangai ont déjà accueilli ses toiles. En attendant, il continue sa quête intérieure, témoignant sur ses toiles du déroulement de son cheminement.

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8 juillet 2017

Concorde Art Gallery - Jean-Pierre de Crignis - actuellement

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Jean Pierre DE CRIGNIS

Artiste peintre.

Né en 1959 à St germain en laye, il rentre au Théâtre National de Chaillot en 1981 sous la direction d’Antoine Vitez avec pour fonction de s’occuper des décors ( construction, mise en peinture, et bien sur en scène et en tournée ). Il travaille avec Jérôme Savary, Jean-Pierre Vincent, Jérôme Deschamp, et d'autres avec des stages de scénographie, de construction de décors, d’effets spéciaux à l’école Boulle et surtout un passage de six mois à l’IPEDEC, prestigieuse école de trompe l’œil, qui va bouleverser sa vie.
Après onze années de bons et loyaux services consacrées au théâtre, il devient peintre décorateur indépendant. Inscrit à la Maison des Artistes en 1994, il passe par tous les niveaux de la peinture déco : trompe l’œil bien sûr, mais aussi copies de toiles, restaurations de décors et panoramiques, décors peints pour le cinéma et le théâtre, ciels, ornementations, affiches tout cela en France, aux U.S.A, en Italie, en Belgique, en Suisse, au Mexique. Il fini par ne plus faire que des tableaux originaux avec une production de toiles personnelles de plus en plus importante, en fait plusieurs centaines à ce jour, souvent exposé en galerie, réunissant les techniques classiques de l’huile, de l’acrylique, de l’aquarelle, des pigments mais aussi avec des effets techniques plus modernes, sur des thèmes souvent très représentatifs.
Il trouve dans la peinture un biais pour exprimer la douceur d’un voyage ou la sensualité de l’être humain, l’équilibre d’une nature vivante où le réalisme à sa place de choix, avec une polyvalence de techniques pour justement exprimer l’émotion ressentie.

Quelques lieux d’expo :

Démonia, Grand Palais, Galerie des Pyramides, Galerie mot’art, Galerie Arfang, Hôtel de ville du Pecq et son Salon des Arts ( prix du public, prix de la ville, prix du thème), Fairmont Hotel à San Francisco, Vinci, Salon de l‘Auto, Rétromobile, ….

6 juillet 2017

Concorde Art Gallery - Emmanuel Khatchikian (actuellement)

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Emmanuel KAT, peintre autodidacte, est né en région parisienne en 1962. Les arts graphiques et la photographie lui donnent l'opportunité de travailler sur l'un des thèmes qu'il affectionne particulièrement : le corps de la femme. Afin d'en restituer la douceur , il couche les corps harmonieux et alanguis sur des fonds contrastés, inspirés, en partie, de l'iconographie street-art, et en accentue l'intention érotique. Sa distorsion des codes du pop-art et sa palette de couleur élargie nous fait découvrir sa vision de l'absolu féminin, ce savant mélange de fragilité humaine et de sensualité animale. 

4 décembre 2019

Manfred Thierry Mugler Photographe

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Jusqu'au 11 Jan 2020_POLKA GALERIESMANFRED THIERRY MUGLER

L’exposition « Manfred Thierry Mugler Photographe » à la Polka Galerie, à Paris, présente le versant photographique de l’œuvre du créateur de mode. Ces clichés qu’il réalise depuis la fin des années 1970 témoignent d’un rigoureux sens de la mise en scène et d’une fascinante imagination.

L’exposition « Manfred Thierry Mugler Photographe » à la Polka Galerie dévoile pour la première fois au public le travail photographique du célèbre créateur de mode. A travers près de soixante clichés, elle rend hommage aux fascinantes créatures que sont ses modèles mais aussi à son talent de metteur en scène et à son regard poétique.

Manfred Thierry Mugler photographe à la Polka Galerie

Admirateur d’Helmut Newton, Manfred Thierry Mugler commence dès la fin des années 1970 à prendre en charge lui-même la photographie de ses campagnes publicitaires. Alors qu’il avait fait appel au photographe en 1978 pour l’une d’elles, il ne peut s’empêcher de lui suggérer quelques idées de mise en scène, jusqu’à ce qu’Helmut Newton lui propose de prendre lui même l’appareil en main. Manfred Thierry Mugler le designer devient alors Manfred Thierry Mugler le photographe.

Manfred Thierry Mugler, designer de mode et photographe

La formation et le parcours de Manfred Thierry Mugler, danseur classique au sein du Ballet de l’Opéra national du Rhin à 14 ans puis élève à l’école supérieure des arts décoratifs de Strabourg, ont nourri son regard de photographe. Son contact avec le monde du théâtre et du spectacle lui donne le goût des costumes mais aussi le sens de la mise en scène. Ainsi les photographies de ses campagnes publicitaires sont-elles conçues comme des spectacles à la mise en scène rigoureuse.

Les photos de Manfred Thierry Mugler : une mise en scène rigoureuse

Les photographies de Manfred Thierry Mugler sont le fruit d’une quête incessante du cadre idéal. Une quête qui le conduit, accompagné de ses modèles, à travers le monde entier et jusque dans les lieux les plus extravagants. On découvre ainsi tel mannequin juché près des aigles de l’Opéra Garnier à Paris, tels autres en haut de la tour Chrysler, à New York, dans le désert du Sahara ou encore sur la pointe d’une monumentale étoile rouge à Volgograd. Autant de clichés réalisés sans aucun trucage qui témoignent d’une fascinante imagination et d’une vision passionnée qui transforme la banale réalité en rêve grandiose et futuriste.

17 juin 2014

Mon PAJERO Mitsubishi - 25 ans - 358000 Km et toujours la forme ! Increvable...

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Voir mes autres billets sur Mitsubishi : 23/02/2014, 19/11/2013, 06/11/2013, 24/10/2013, 19/10/2013, 13/10/2013, 11/10/2013, 01/10/2013, 18/08/2013, 14/08/2013, 08/08/2013, 27/09/2012, 17/08/2012, 10/08/2012, 01/06/2011.

Pour y accéder (après avoir noté les différentes dates) voir l'historique en cliquant sur le lien suivant : http://jourstranquilles.canalblog.com/archives/index.html

30 mai 2011

On en parle dans la Presse ce matin...

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Voir lon précédent billet : 29 mai 2011,

Voir mes billets des 27 mai22 août et 13 août 2009.

Voir également mes billets des 11 octobre 2009, 02 octobre 2009 et 18 septembre 2009.

 

royal5,50m de haut, 800kg... le moins que l'on puisse dire, c'est que quand la PetiteGéante se déplace, elle ne passe pas inaperçue. Tout ce week-end, la désormais célèbre marionnette géante de la compagnie Royal de Luxe s'est promenée dans les rues de Nantes, en compagnie de son chien Xolo, vivant des aventures inattendues. Enfants et adultes, venus par milliers, leur ont réservé un accueil chaleureux. Les Nantais disent transmettre l'histoire des Géants, comme un conte, à leurs enfants, qui, à leur tour, transmettent cet «imaginaire réel». Un imaginaire que la compagnie nantaise exporte à travers le monde, comme à Berlin, au Mexique... (source : site Le Télégramme)

29 mai 2011

"MAYERLING" sur ARTE ce soir

MAYERLING

Réalisateur : Terence Young, Scénario : Terence Young, Photographie : Henri Alekan, Musique : Francis Lai, Ai Katchatourian, D'après le roman de : Claude Anet, Société de Production : Winchester Productions, Les Films Corona, Associated British Picture Corporation (ABPC), Acteur : Omar Sharif, Catherine Deneuve, Ava Gardner, Geneviève Page, James Mason, Andréa Parisy - Année : 1968

Vienne, 1888. Le prince-héritier Rodolphe n'est guère heureux de son mariage arrangé avec la princesse Stéphanie. Il tombe amoureux de la jeune Marie Vetsera. La maison impériale désapprouve et s'attache à séparer les amants. Rodolphe doit partir en manoeuvres, et Marie s'exiler à Venise. Quand le couple se retrouve, l'empereur leur accorde un mois dans son pavillon de chasse de Mayerling à condition qu'ils se séparent ensuite pour toujours.

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15 juin 2014

Vu aujourd'hui = Monumenta 2014 : Ilya et Emilia Kabakov - L'Etrange Cité - ATTENTION : derniers jours

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Pour la sixième édition de Monumenta, Ilya et Emilia Kabakov, artistes d’origine russe, proposent au public de se perdre dans le dédale d’une ville utopique, L'Etrange Cité.

Cette manifestation est organisée par la Rmn-GP avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication (Direction générale de la création artistique) en association avec le Multimedia Art Museum de Moscou.

Monumenta 2014 bénéficie du soutien de Novatek, la Fondation d’entreprise Total, JCDecaux, Bug Juice, Banque Neuflize OBC, Boston Consulting Group, LVMH / Moët Hennessy . Louis Vuitton, Warner Music Group, la Blavatnik Family Foundation et de Vranken-Pommery Monopole.

Avec le concours de la Galerie Thaddaeus Ropac (Paris-Salzbourg) et de la Galerie Lia Rumma (Milan-Naples).

3 juillet 2017

Hôtel Crillon : J - 2

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PAR MARION TOURS - Source : Le Point.fr

Après quatre ans de travaux, le mythique hôtel de la place de la Concorde, à Paris, rouvre ses portes le 5 juillet. Voici ce que l'on sait déjà.

17 000 mètres cubes de terre excavés, 6 000 mètres cubes de béton coulés, 147 métiers d'art, 250 sous-traitants, 500 personnes au plus fort du chantier, 600 matériaux (dont 40 marbres), 124 chambres (dont 43 suites), le tout sur une surface de 16 750 mètres carrés répartie sur sept niveaux au cœur de la capitale… C'est dire si la réouverture du Crillon, ce 5 juillet, est attendue. Qui plus est dans un contexte touristique morose où l'hôtellerie de luxe parisienne souffre depuis presque deux ans d'un déficit d'image et de fréquentation.

Il aura fallu quatre ans de travaux (titanesques) pour rénover le mythique hôtel et le propulser (enfin) dans le XXIe siècle. Car si l'établissement conservait un certain prestige et cultivait sa gloire passée – de Marie-Antoinette à Nelson Mandela –, il n'en restait pas moins dans son jus, fidèle à l'architecture que lui avait offerte en 1758 Ange-Jacques Gabriel (à qui l'on doit notamment le château de Versailles), puis Walter-André Destailleur, figure de la Belle Époque, qui le transformera définitivement en hôtel en 1909. L'enjeu était donc de taille : préserver l'identité du bâtiment (façades, salons de réception classés…) tout en le hissant parmi les enseignes les plus prestigieuses de la capitale, en tête desquelles le Ritz, le George V, le Plaza Athénée ou encore Le Meurice. Le propriétaire – le prince saoudien Mutaib Ben Abdullah Ben Abdulaziz – et son opérateur hôtelier – le groupe hongkongais Rosewood Hotels – ne cachent pas en effet leur ambition. Celle d'obtenir le titre de palace, distinction accordée aux établissements dits d'exception. Pour preuve, vingt-trois enseignes seulement, dont dix à Paris, s'enorgueillissent du précieux sésame en France.

Depuis sa fermeture en mars 2013, le Crillon n'a donc pas ménagé ses efforts, notamment dans son mode de gestion du personnel, maintenant et rémunérant ses salariés, les encourageant à vivre de nouvelles expériences, quitte à se perfectionner chez la concurrence. Ainsi Christopher Hache (une étoile Michelin à la fermeture de l'hôtel) a-t-il effectué un tour du monde des saveurs. Tandis que Jérôme Chaucesse, le chef pâtissier, en a profité pour préparer et remporter le concours de meilleur ouvrier de France 2015.

Restauré par Bouygues Bâtiment Île-de-France-Rénovation privée sous la houlette de l'architecte Richard Martinet (une pointure dans le domaine) et des Monuments historiques pour les parties classées, l'établissement s'est également alloué les services de plusieurs designers, fines fleurs de la déco, aux univers distincts mais complémentaires. À commencer par Aline d'Amman, directrice artistique du projet. Chahan Minassian, quant à lui, s'est vu confier le jardin d'hiver et le restaurant gastronomique, L'Écrin ; Tristan Auer, les couloirs et l'espace pour les hommes (avec barbier et salon cireur) ; et enfin Cyril Vergniol, toutes les chambres, à l'exception des suites Signature. Parmi elles, on retrouve les Grands Appartements imaginés par Karl Lagerfeld, dont l'une des chambres est dédiée à Choupette, la chatte – et muse à ses heures – du créateur.

Pour le reste, le Crillon abritera un bar, une brasserie, un cigar lounge, une piscine et un spa, pour la plupart ouverts à la clientèle extérieure. Car tel est aussi l'objectif de l'institution : « Faire en sorte que les Parisiens et les clients du monde entier s'y sentent bien, qu'ils aient la sensation d'entrer dans une résidence privée plutôt que dans un hôtel », conclut le directeur, Marc Raffray.

3 juillet 2017

Arles 2017 : Kate Barry, photographe méconnue, images délicates

La photographe britannique Kate Barry, fille de Jane Birkin, disparue prématurément en décembre 2013 à l’âge de 46 ans, laisse derrière elle une œuvre photographique remarquable et pourtant méconnue du grand public. Au-delà des portraits de stars et de mode qui ont constitué le cœur de sa carrière professionnelle et ont participé à sa reconnaissance, elle a mené dans la plus grande discrétion un travail photographique personnel tout en délicatesse et en fragilité, composé essentiellement de paysages, qu’elle savait contempler, dans le silence et la solitude, en retrait. « Ne plus me rapprocher des visages », avait expliqué Kate Barry. « J’avais l’impression d’usurper l’émotion de l’autre, que je n’étais pas à ma place. J’avais envie de faire tout le contraire pour voir ce qui restait de moi. Duo du portrait. Voir où j’existais sans les autres. Des endroits de désertion, des endroits de mémoire. Comme quand tu es petit et que tu t’allonges – un abandon –, plus de paroles, mais des endroits. Je n’arrive pas à croire que les objets ne retiennent rien. J’aime le dialogue entre objets et structures. » De cette pratique, ont été conservés des tirages réalisés sous son contrôle, des planches contacts découpées, des travaux en couleur minimalistes. Diane Dufour et Fannie Escoulen, du Bal à Paris, nous font découvrir à Arles cet aspect insondable du travail de Kate Barry, dans une exposition et un livre associé publié chez Xavier Barral. Aussi, se sont glissés quelques textes, mots, correspondances, ainsi que des morceaux de films réalisés lors d’un voyage à Savannah en 2007 avec Jean Rolin sur les traces d’une auteure qu’elle admirait, Flannery O’Connor. Autant d’indices permettant aujourd’hui de remonter le fil d’une œuvre inachevée. Dans le livre est inscrit l’un des plus beaux messages de Kate Barry, que l’on peut aujourd’hui associer à ces images attentives : « Ce ne sont pas des murs, mais une façade. Pas comme la peau. La façade emporte une trace – je n’en sais rien –, c’est instinctif. Je suis attirée vers un point commun dans tous ces éléments : de grands témoins massifs, des constructions qui se tiennent plus ou moins droites, des silos à bords ronds. Mais je ne pense pas à tout ça quand je fais des trucs – à rien du tout. Dans l’instant, tu fais le vide. Honnêtement, les photos ne prétendent à rien. Je ne suis pas nostalgique. Elles sont comme de grands arbres, mais sans vie, sans printemps. Ça vit autrement, les pierres. »

Kate Barry

Festival des Rencontres de la Photographie d’Arles 2017

Du 3 juillet au 24 septembre 2017

Arles, France

www.rencontres-arles.com

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27 mai 2011

Royal de Luxe à Nantes

royal_de_luxeLa compagnie Royal de Luxe, réputée pour ses marionnettes géantes, donne de premiers «gros» indices sur sa dernière création. «El Xolo», dernier spectacle de Royal de Luxe, est l'adaptation d'un spectacle donné au Mexique en novembre, à l'occasion du bicentenaire de l'indépendance du pays et du centenaire de la révolution mexicaine, «Le Géant de Guadalajara». L'héroïne, la Petite Géante, une marionnette articulée de 5,50m de haut, est revenue de son voyage outre-mer avec un chien mexicain, El Xolo, qui parcourra les rues de Nantes à ses côtés pour conter leur histoire. Mardi déjà, une fresque peinte représentant tous les souvenirs des voyages de la Petite géante a été disposée sur la place de la Bourse, en plein centre-ville. Des pierres et des morceaux de gravats disséminés autour donnaient l'illusion d'une chute du ciel, comme une météorite. Et les Nantais curieux y retrouvaient des éléments reconnaissables de leur ville aux côtés des souvenirs mexicains. Mercredi, c'était El Xolo lui-même qui faisait son apparition, entièrement pris dans un bloc de glace, posé devant la cathédrale de la ville. La glace est censée fondre à temps pour permettre le réveil de la bête de 4,60m de haut, prévu aujourd'hui. Hier, son nez et le bout de ses pattes commençaient déjà à apparaître. À partir d'aujourd'hui, la Petite Géante, accompagnée d'El Xolo, doit partir dans les rues de la ville à la recherche de son oncle, LeCampesino, paysan de 9,50m de haut, qui a été capturé puis enfermé dans un sarcophage, nul ne sait par qui. Un spectacle qui durera trois jours. Royal de Luxe, fondée par Jean-Luc Courcoult en 1979 et installée à Nantes depuis le début des années 90, a voyagé dans le monde entier, de l'Amérique latine à la Chine, en passant par l'Afrique.

Voir mes billets des 22 août et 13 août 2009.

Voir également mes billets des 11 octobre 2009, 02 octobre 2009 et 18 septembre 2009.

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Prisonnier d'un bloc de glace de 10 mètres sur 5, un chien est apparu sur le parvis de la cathédrale de Nantes, sous le regard de spectateurs impressionnés mais pas si médusés que cela. Tous savent que cet envoi du ciel est signé Royal de Luxe. C'est le prélude au nouveau spectacle de géants qui aura lieu dans les rues de Nantes, de vendredi (aujourd'hui) à dimanche. Le spectacle s'appelle El Xolo, du nom et de la race de ce chien mexicain. Vendredi, libéré de sa glace qui fond tranquillement au soleil, El Xolo rejoindra la petite géante dont il est le nouveau copain ramené du Mexique.

1 décembre 2019

"Johnny Hallyday, un soir à l'Olympia" : deux ans après la mort de l'idole, une projection d'images inédites

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L'Olympia organise dimanche une journée en hommage à Johnny Hallyday, disparu il y a bientôt deux ans. Une projection d'images inédites pour les fans du chanteur.

"C’est le plus grand, c’est le tôlier, c’est Johnny quoi. Il vit en nous" : à quelques pas de l'Olympia, les fans se réunissent chaque mois pour une messe en l'église de la Madeleine. L'Olympia, où Johnny Hallyday est passé... 266 fois ! Autant de concerts entre le 20 septembre 1961 et le 9 décembre 2006, et où son nom a brillé en lettres rouges sur le fronton de la salle mythique.

Dimanche 1er décembre, ce sera une nouvelle fois le cas : à quatre jours du deuxième anniversaire de la disparition du chanteur, mort le 5 décembre 2017, la salle de spectacles organise trois projections inédites pour les fans du chanteur.

Entretiens, duos, images inédites...

Les spectateurs pourront découvrir des images inédites de l'idole lors de ses concerts dans la salle mythique parisienne et dans toutes les salles de cinéma de France participantes. Universal, qui détient les droits sur la majorité de la carrière de Johnny, a récupéré plusieurs bandes, comme le premier concert en 1961. Mais aussi d'autres bandes jusqu'en 2000, plusieurs duos avec France Gall, Eddy Mitchell et d'autres.

18 juin 2014

Appel du 18 juin 1940

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L'appel du 18 juin est le premier discours prononcé par le général de Gaulle1 à la radio de Londres, sur les ondes de la BBC, le 18 juin 1940. C'est un appel aux armes dans lequel il appelle à ne pas cesser le combat contre l'Allemagne nazie et dans lequel il prédit la mondialisation de la guerre. Ce discours – très peu entendu sur le moment, mais publié dans la presse française le lendemain et diffusé par des radios étrangères – est considéré comme le texte fondateur de la Résistance française, dont il demeure le symbole.

Cliquez ICI

14 juin 2014

Kamel Mennour fait de la publicité pour le BHV dans STYLIST.....

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Kamel Mennour est galériste. Voir mes précédents billets sur la Galerie Kamel Mennour : 26/07/2013, 24/11/2012, 06/10/2012, 05/09/2012, 16/03/2012, 26/11/2011, 14/11/2011, 07/05/2011.

Pour y accéder (après avoir noté les différentes dates) voir l'historique en cliquant sur le lien suivant : http://jourstranquilles.canalblog.com/archives/index.html

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2 juillet 2017

Françoise Nyssen, « Shiva » à la culture

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 Par Alain Beuve-Méry

Femme aux mille et un réseaux, l’ancienne patronne des éditions Actes Sud entend être « la ministre des possibles » autant que celle « des travaux pratiques ».

« Je t’attends », écrit le 24 mai, sur son compte Facebook, Georges Séguier. Assis devant la porte cochère de la maison d’édition Actes Sud, au cœur du 6e arrondissement de Paris, il guette le retour de Françoise Nyssen, partie diriger le ministère de la ­culture.

Georges Séguier est… le chat d’Actes Sud. Ses faits et gestes sont chroniqués par des salariés de la maison d’édition arlésienne, dirigée jusqu’ici par la nouvelle occupante de la Rue de Valois. Une semaine plus tôt, le matou avait été l’un des premiers dans la confidence. Désormais, tout le monde ­attend sa maîtresse.

A 66 ans, Françoise Nyssen entame une nouvelle vie. Pourtant, l’histoire de sa nomination doit presque tout au hasard. Lorsque, lundi 15 mai dans l’après-midi, à Arles, elle reçoit un appel du président de la République – « Je suis Emmanuel Macron » –, elle lui coupe la parole. « Vous avez été formidable », lâche la présidente du directoire d’Actes Sud, en félicitant chaleureusement le nouvel élu.

« Un nouveau monde en marche »

Rendez-vous est pris dès le lendemain ­matin à Paris. Le chef de l’Etat cherche un ­ministre de la culture. « Cela ne se fait pas de refuser l’offre de celui qui a été élu », dit-elle. Quelques proches se moquent de son sens du devoir ­républicain, mais, ce soir-là, elle ne ­redescendra pas en Provence. mercredi 17 mai, sur le perron de l’Elysée, son nom est prononcé, en huitième ­position, après celui de son ami ­Nicolas ­Hulot : deux personnalités dites de la « société civile ».

Avant leur premier tête-à-tête, le président et sa ministre ne se connaissaient presque pas. Une seule rencontre a précédé le coup de fil élyséen, en mars, au Salon du livre de Paris, où Françoise Nyssen a offert au candidat un ouvrage de Cyril Dion paru chez Actes Sud en 2015 : Demain et après… Un nouveau monde en marche. Prémonitoire.

Le président et l’éditrice ont quelques passions en commun, notamment pour le théâtre. Elève à « La Pro », le collège jésuite huppé d’Amiens, où il a rencontré sa future épouse, Brigitte, alors professeure de lettres, ­Emmanuel Macron a sans aucun doute lu les auteurs contemporains dans la collection ­Actes Sud-Papiers, consacrée à la publication de pièces de théâtre. A un an près, « Macron a l’âge d’Actes Sud », relève Bertrand Py, le directeur éditorial de la maison fondée en 1978 par Hubert Nyssen, le père de Françoise.

« Votez Macron. Ne vous abstenez pas »

D’Arles, où elle vit, Françoise Nyssen a de son côté entendu monter la rumeur du monde, ce discours frontiste, hostile aux étrangers, qui gagne régulièrement des voix jusqu’à ­peser un gros tiers du corps électoral.

Née à Bruxelles, de parents belges, avec une ascendance suédoise, elle parle un français sans ­accent, héritage de douze ans passés au lycée français de Bruxelles entre 1956 et 1968, et est une européenne militante. Elle dirige aussi une grande maison d’édition qui a placé la ­ littérature étrangère au cœur de son projet éditorial, avec des auteurs méditerranéens comme l’Algérien Kamel Daoud, l’Egyptien Alaa Al-Aswany, la Turque Asli Erdogan…

Alors, le 3 mai, entre les deux tours, ­Françoise Nyssen s’est jetée à l’eau. Classée à gauche, elle répond « oui » à l’appel du monde de la culture contre le Front national, à Avignon, soutenu par Christian Estrosi, président (Les Républicains, LR) de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), aux côtés d’Irina Brook, Macha ­Makeïeff, Michel Boujenah, Charles Berling et Olivier Py. Leur message est simple : « Votez. Ne vous abstenez pas. »

Elle ne s’est pas abstenue lorsque Marc Schwartz, haut fonctionnaire qui s’était mis en disponibilité pour rédiger le programme culture du candidat En marche !, l’a contactée pour qu’elle s’engage à soutenir Emmanuel Macron. Dans un texte publié le 6 mai sur les réseaux sociaux, Françoise ­Nyssen a appelé à voter pour lui « avec détermination et joie ».

Adepte des « cinq Tibétains »

Peu de directeurs de cabinet peuvent se flatter d’avoir choisi leur ministre. C’est ce qui est arrivé à Marc Schwartz. Avec l’appui de l’académicien Erik Orsenna, lui aussi sollicité, cet ancien du cabinet de Dominique Strauss-Kahn à Bercy a été la bonne fée de la nouvelle ministre de la culture, faisant ­remonter le nom de l’éditrice auprès du chef de l’Etat. Ils rêvaient chacun du poste pour eux, mais l’un a été jugé trop techno quand l’autre semblait trop occupé à jongler avec ses multiples casquettes.

Dans son nouveau métier, Françoise Nyssen arrive en novice. Mais ses amis ne s’inquiètent pas pour elle. « Françoise est une femme d’affaires, grosse bosseuse et excellente négociatrice », note Teresa Cremisi, ­ex-PDG de Flammarion, qui a été, un temps, actionnaire d’Actes Sud. « Ce n’est pas une femme de réflexion, elle agit toujours », ajoute une proche collaboratrice.

Cheveux raides, petites lunettes rondes, mince sourire en permanence sur les lèvres, Françoise Nyssen donne souvent l’impression de planer. Elle serait plutôt control freak. Elle commence d’ailleurs sa journée par une ­demi-heure de méditation, en suivant les « cinq Tibétains », des exercices de yoga qui insufflent de l’énergie. Zen, mais pas ­effacée : « Si elle était dans une secte, elle en serait le gourou », rit un collaborateur.

Sa réussite à la tête d’Actes Sud ne doit rien au hasard. « Françoise a un esprit scientifique doté d’une grande capacité de synthèse, note Danièle Dastugue, présidente du conseil de surveillance d’Actes Sud et fondatrice des éditions du Rouergue. Elle a une gestion en étoile, comme PDG, elle lance des rayons. » Solaire…

Des menus bio Rue de Valois

Les mille réseaux qu’entretient Françoise Nyssen lui permettent de défendre les causes auxquelles elle croit. L’association du Méjan, avec la tenue de concerts, d’expositions, l’ouverture de salles de cinéma, a transformé la vie culturelle à Arles. Elle est aussi proche de Thierry Frémaux, délégué général du ­Festival de Cannes.

Par ses études – un diplôme en biologie ­moléculaire – et sa famille – son beau-père était le généticien René Thomas –, elle a également fréquenté très tôt de grands scientifiques, comme le prix Nobel 1965 de médecine François Jacob, père de l’éditrice Odile Jacob. Avec l’association Prima Vera à Uzès, où elle retrouve la diplomate palestinienne Leïla Shahid et la comédienne Isabel Otero, elle ­rejoint les réseaux écolos.

Il y a surtout le mouvement Colibris, lancé par le très médiatique Pierre Rabhi, chantre de l’écologie durable, dont Françoise Nyssen a signé l’appel et édite les livres à succès. Et, enfin, des réseaux patronaux, comme l’Association pour la promotion et le management (APM), un club fondé à l’origine par Pierre Bellon, le patron marseillais de la Sodexo, le plus grand groupe français de restauration collective. Qui sait que la première décision de la ministre de la culture a été d’introduire des menus bio Rue de Valois ?

Françoise Nyssen est également comme un poisson dans l’eau avec le milieu éducatif. Elle a imaginé, à Arles, l’Ecole du domaine du possible, un établissement scolaire alternatif, qui accueillera 150 élèves à la rentrée prochaine, des ­adolescents différents, inadaptés au système scolaire classique. C’était le cas d’Antoine ­Capitani, son petit dernier, un enfant hyper­sensible, né de son mariage avec l’éditeur Jean-Paul Capitani. Antoine a mis fin à ses jours en 2012, à l’âge de 18 ans.

« Françoise a plus de bras que le dieu Shiva », susurre un proche. Au Paradou, le mas ­mythique où son père fonda Actes Sud, elle se tenait, six mois après le début de l’aventure, tout près de la grande table où tout se décidait. Légèrement en retrait, elle s’occupait de la comptabilité, sans rechigner.

Aujourd’hui encore, Françoise Nyssen dirige une maison d’édition sans être vraiment une éditrice. La seule auteure qu’elle suit personnellement est la romancière italo-algérienne Jeanne Benameur, sa plus proche amie.

Si elle se met au service des auteurs, c’est plutôt pour les accompagner dans une librairie, à l’étranger… « On n’a pas de relations professionnelles avec elle, on ne la rencontre que pour les ­aspects humains », note Jérôme Ferrari, deuxième prix Goncourt de la maison pour Le Sermon sur la chute de Rome, en 2012.

« Airbnb mondain d’Arles »

Trente ans que cela dure : l’hospitalité de la ministre compte beaucoup dans son ascension. « C’est le Airbnb mondain d’Arles », plaisante une éditrice. A l’été 2016, quand ­François Hollande s’invite de manière ­impromptue aux Rencontres de la photographie, où termine-t-il la journée ? Chez ­Françoise Nyssen, qui improvise un repas sur le pouce pour une trentaine de convives.

La nouvelle ministre de la culture n’est pourtant ni mondaine ni ambitieuse, au sens parisien du terme. « Elle a réussi à rebours de l’édition française », observe la journaliste ­Sylvie Tanette. Le jour de sa nomination, c’est d’ailleurs au sein de la petite famille du livre que l’accueil a été le moins chaleureux, alors que dans le monde du cinéma, de la musique, des arts plastiques, les compliments ­fusaient. « Normal, ils étaient tous verts de ­jalousie », commente un éditeur.

La question des subventions et des conflits d’intérêts a aussitôt surgi. Selon les calculs de Livres Hebdo, qui a épluché le rapport annuel du Centre national du livre en 2016, la ­maison arlésienne est celle qui reçoit le plus de subventions après Le Seuil : une somme qui s’est élevée à 264 167 euros en 2016. Rapporté aux 76 millions d’euros de chiffre d’affaires d’Actes Sud, le montant semble plutôt ­modeste.

« Actes Sud n’a pas à changer de politique, il s’agit d’une entreprise indépendante qui fonctionne sans moi », réplique la ministre. Elle a non seulement démissionné d’Actes Sud, mais aussi quitté ses mandats au Centre ­national du cinéma, à la Bibliothèque nationale de France, au Syndicat ­national de l’édition, au Musée du quai Branly, à EuropaCorp, la société de Luc Besson, à la ­Marseillaise de crédit. En creux encore, l’étendue de son réseau…

Rapprocher culture et éducation

Sa chance ? La nouvelle ministre a autour d’elle un clan familial, élargi aux amis, qui tient la maison en son absence. Au premier rang : Jean-Paul Capitani, son mari et copropriétaire d’Actes Sud, avec lequel elle forme un couple fusionnel.

Viennent ensuite ­Bertrand Py, l’éditeur en chef, également ­actionnaire. Et puis, évidemment, les trois filles du couple qui ont intégré la maison : Julie Gautier, ­Anne-Sylvie Bameule et ­ Pauline Capitani. La moitié de la tribu Nyssen-Capitani travaille au sein de la PME familiale.

Françoise Nyssen entend être « la ministre des possibles » et celle « des travaux pratiques ». Elle rêverait de rapprocher culture et éducation et a déjà tissé une relation étroite avec Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale. Qui ne demande pas mieux : « Avec la ministre de la culture, nous allons travailler en profondeur sur la question du livre à l’école », vient-il de déclarer.

Avec le président de la République, elle partage le goût de faire et la volonté d’afficher une certaine bienveillance. Elle ne cherche pas à cacher son admiration, au point d’oser cette comparaison troublante : « Avec ­Antoine, j’ai été confrontée à ce qu’est un enfant précoce. Mais Emmanuel, c’est un surdoué. »

1 décembre 2019

Dix conseils pour du slow sex sans stress

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Par Maïa Mazaurette

Pour faire l’amour, on ressent le besoin d’être détendu, mais il faudrait avoir un rapport sexuel pour l’être. La solution ? Prendre son temps, oublier la course à l’orgasme…, nous explique notre chroniqueuse de La Matinale Maïa Mazaurette. Et si on essayait ?

LE SEXE SELON MAÏA

Le sexe, un antistress ? C’est une certitude. Déjà parce que cette activité libère des hormones associées à l’énergie et au bien-être (dopamine, ocytocine, endorphines, testostérone). Ensuite parce que ce déferlement hormonal améliore notre survie, et pas seulement en reproduisant l’espèce : renforcement du système cardio-vasculaire et du système immunitaire, aide à l’endormissement, effet antidouleur, retour de l’être aimé, cure contre la peste bubonique et les écrouelles (bon, presque).

Le petit hic dans cette histoire, c’est qu’on ressent souvent le besoin d’être détendu pour commencer un rapport sexuel, mais qu’il faudrait se livrer au rapport sexuel pour l’être. La traditionnelle question « qui fait l’homme, qui fait la femme ? » prend donc une tournure nettement plus métaphysique : qui fait l’œuf, qui fait la poule ?

Heureusement, les experts en sexe no stress sont là pour nous aider à nous détendre – avec, et par, les pratiques sexuelles. On essaie ? On décrispe ses chakras ? (Ne faites pas les malins : nous sommes dimanche, vous n’avez objectivement rien de mieux à faire.)

1. Le stress n’est pas notre ennemi

Enfin, pas à tous les coups. C’est Magali Croset-Calisto, sexologue et psychologue, auteure du tout récent ouvrage Moins de stress grâce au sexe (Albin Michel, 220 pages, 17,90 euros), qui nous le rappelle : le stress, quand il ne nous paralyse pas, constitue une ressource positive. La fameuse ocytocine, hormone du lien (ou du plaisir, ou de la confiance) est aussi une hormone du stress.

Nous pouvons donc commencer à résoudre notre équation : le stress est un problème pour la sexualité, mais aussi une solution. A condition qu’on ne panique pas, et qu’on se concentre sur autre chose que ses effets potentiellement négatifs (au rang desquels l’anorgasmie, les dysfonctions érectiles ou les douleurs génitales).

2. Prenons le temps

On ne le répétera jamais assez : les rapports expéditifs se révèlent rarement transcendants (voir notre chronique sur la question). Si vous n’avez pas le temps de faire l’amour aussi souvent que vous l’espérez, espacez les interactions, quitte à les programmer… mais privilégiez la qualité plutôt que la quantité. Sinon, vous en tirerez autant de satisfaction qu’après des coquillettes au jambon micro-ondables : ça calme sur le moment, mais paradoxalement, on reste sur sa faim.

Evidemment, en nos temps d’hyperconnexion, d’accélération, d’urgence, de saison 3 de The Crown sur Netlfix, ça n’est pas évident. Pour récupérer du temps de cerveau disponible, et idéalement du temps d’ennui, lancez immédiatement votre smartphone ou tablette par la fenêtre. Enfin, après avoir fini cette chronique.

3. Réapprenez à respirer

Un petit exercice de cohérence cardiaque, peut-être ? Pendant trois minutes, enchaînez des inspirations de cinq secondes, puis des expirations de cinq secondes. Selon Magali Croset-Calisto, cette mini-routine permettra de vous remettre en phase et d’éloigner les tensions qui polluent votre attention. Sur le papier, c’est un jeu d’enfant. Mais si vous disposez d’une capacité d’attention de deux secondes, l’application Oak devrait vous aider à vous concentrer (c’est celle que j’utilise… pendant mes deux secondes d’attention).

Si votre partenaire est dans le coin, vous pouvez aussi respirer ensemble, de manière synchrone ou alternée. Profitez-en pour (re) sentir l’autre, pour faire attention à son odeur. Le désir passe aussi par là.

4. Débranchez vos angoisses de performance

Votre pénis est suffisamment gros (inutile de résister à cette information, je fais ce boulot depuis quinze ans, je sais mieux que vous). Votre vie sexuelle est suffisamment grosse aussi : si vous faisiez l’amour deux fois plus souvent, avec deux fois plus de partenaires et deux fois plus de virtuosité, vous en voudriez quatre fois plus. Ou huit fois plus. Ce désir de réassurance n’a pas de fin. Mieux vaut apprendre à gérer sa vulnérabilité – et s’accepter comme on est (avec son micropénis le cas échéant).

5. Oubliez la course à l’orgasme

C’est sans doute le message le plus important des spécialistes : laissez tomber le vocabulaire de pulsion, de décharge ou d’excitation. Arrêtez de vous donner pour objectif de jouir et faire jouir, avec feuille de route militaire, tambours et trompettes.

Contre-intuitif ? C’est sûr : on nous a toujours répété que la tension sexuelle était l’alpha et l’oméga de nos interactions érotiques. Les adeptes de cette vision du sexe pensent que sans tension, le rapport sexuel sera ennuyeux. Pour ma part, je pense que ces personnes vont attraper un ulcère de l’estomac. Pourquoi ne pas remplacer la tension par la tendresse, au moins de temps en temps ?

Dans l’essai Le Slow Sex (Marabout poche, 2017), le couple Anne et Jean-François Descombes dénonce ainsi une sexualité conventionnelle qui consiste à « passer plus de temps à faire qu’à ressentir ». Pour ces animateurs en Gestalt, aquabalancing et eutonie (par pitié, ne me demandez pas ce que ces disciplines recouvrent), l’abandon de l’orgasme à tout prix « libère de la tension de ce qui devrait être. Spontanément, nous réduisons la quantité d’efforts physiques mis en jeu, nous en faisons moins. Nous pouvons accueillir ce que nous vivons, nous ouvrir à notre partenaire et nous abandonner à l’évidence des corps ».

6. Ne considérez pas la libido comme un indicateur infaillible

La présence ou l’absence de désir sont souvent prioritaires dans notre initiative sexuelle. Mais dans le slow sex, on cherche avant tout un moment d’intimité partagée, des retrouvailles, voire une consolation. La motivation peut donc dépasser la simple réponse à ses envies (pulsion interne) ou des partenaires (pulsion externe).

L’excitation est une composante facultative : les bienfaits qu’on retirera de l’interaction sexuelle sont suffisants pour se mettre au lit. Il suffit de les anticiper (selon l’effet bien connu des amateurs de vacances à la mer : « d’abord elle est froide, mais elle est bonne quand on est dedans »).

7. Détendez-vous (bon sang de bois bandé)

Alors que l’injonction est fréquente de se muscler le vagin, de se fortifier le périnée, de se bétonner les abdos et de se cristalliser le fessier, détendez-vous. Laissez venir. Ce n’est pas grave si votre érection est molle ou inexistante, parce que votre objectif est de vous déstresser. De toute façon, rien qu’en utilisant des mouvements lents, rien qu’en faisant retomber la pression, le corps devrait tout naturellement se réveiller et révéler sa capacité d’accueil (pour les hommes comme pour les femmes).

8. Boostez votre attention

Avez-vous encore pensé à la liste de courses pendant l’amour ? Inutile de battre votre coulpe (gardez ça pour la soirée BDSM de vendredi prochain) : décrocher de temps en temps, c’est banal. Utilisez les techniques de pleine conscience pour revenir dans votre peau, ici et maintenant (en respirant, en scannant votre corps de bas en haut, etc.).

Si vous êtes perturbé(e) émotionnellement ou carrément en crise, Anne et Jean-François Descombes recommandent de bouger, courir, se défouler ailleurs avant de recourir au sexe : sinon, votre partenaire pourrait se sentir instrumentalisé(e), ce qui pourrait générer d’autres tensions. D’abord le footing, ensuite le sexe.

9. Expérimentez différents types de contact

Notamment le toucher, et précisément le toucher sans intention. Le couple Descombes parle de rapport « passionnément immobile ». Magali Croset-Calisto propose de se bander mutuellement les yeux, afin de mieux se focaliser sur ses sensations.

Les modalités de contact elles-mêmes pourront comporter la pénétration profonde, mais aussi la pénétration sans érection (ça viendra, ou ça ne viendra pas, de toute façon l’objectif est ailleurs) : l’intensité de la présence est plus importante que l’intensité de l’érection. Ne privilégiez pas la friction énergique ou les va-et-vient : vous avez le droit de vous poser tout simplement l’un avec l’autre, avec ou sans pénétration, pour ressentir la chaleur et la texture des corps. Profitez du voyage plutôt que de la seule destination.

10. Alignez votre sexualité et vos valeurs personnelles

Si on fait tomber toutes les obligations, cela vaut autant pour celles du « bon goût » sexuel (toujours plus de transgression, toujours plus de rigidité, sinon on s’ennuie et nos testicules vont tomber en poussière !) que pour celles recommandées par les spécialistes de la détente sexuelle. Vous avez le droit d’être stressé, tendu, obsédé par le chronomètre (ça va, cet ulcère ?). Vous avez le droit aussi de vous contenter d’un orgasme obtenu en trois secondes douche comprise. Parce qu’en slow sex ou en sexe no stress, même les conseils tiennent de l’injonction molle : prenez-les avec des pincettes, manipulez-les avec la délicatesse qui vous caractérise.

Si certaines recommandations ne marchent pas, si certaines vous paraissent trop ésotériques, laissez tomber : le comble serait de faire du sexe hors performance… une autre forme de performance.

13 juin 2014

Souvenirs d'Arles - à l'occasion du Festival Européen de la Photo de Nu (FEPN)

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Voir mes précédents billets : 3 juin 2014, 18 mai 2014, 17 mai 2014 (6 billets), 16 mai 2014 (2 billets), 15 mai 2014, 9 mai 2014, 8 mai 2014, 7 mai 2014, 30 mars 2014, 26 janvier 2014, 13 janvier 2014.

Pour y accéder (après avoir noté les différentes dates) voir l'historique en cliquant sur le lien suivant : http://jourstranquilles.canalblog.com/archives/index.html

11 juin 2014

Les assassins de la journaliste Anna Politkovskaïa condamnés à la perpétuité

Sept ans après l'assassinat d'Anna Politkovskaïa, un tribunal de Moscou a condamné à la prison à perpétuité lundi 9 juin. Roustam Makhmoudov a été reconnu coupable d'avoir tiré sur la journaliste d'opposition. Son oncle, Lom-Ali Gaitoukaïev a été identifié comme l'organisateur de l'assassinat.

Le tribunal a également condamné à vingt ans d'emprisonnement un policier moscovite reconnu coupable d'avoir participé à la préparation du meurtre. Les deux frères du tireur, Ibragim et Djabraïl Makhmoudov, accusés d'avoir guetté la journaliste et averti leur frère de son arrivée, ont écopé respectivement de douze et quatorze ans de prison.

Le parquet avait requis des lourdes peines de détention, allant de quinze ans à la perpétuité, pour les cinq accusés, tandis que les avocats des enfants de la victime demandaient au tribunal de faire preuve de clémence envers Djabraïl et Ibragim Makhmoudov, jugeant qu'ils avaient joué un rôle mineur dans le meurtre.

COMMANDITAIRE TOUJOURS PAS IDENTIFIÉ

Le ou les commanditaires n'ont toutefois toujours pas été identifiés, probablement protégés par le Kremlin selon les proches de la journaliste. En 2012, l'ancien policier Dmitri Pavliouchenkov, accusé d'avoir localisé Anna Politkovskaïa et fourni l'arme pour l'assassiner, avait déjà été condamné à douze ans de détention.

L'assassinat de la journaliste d'investigation qui travaillait pour le journal indépendant Novaïa Gazeta, très critique de la politique du Kremlin en Tchétchénie, avait ému le monde entier et suscité l'indignation des médias étrangers et des organisations de défense des droits de l'homme. Parmi les cinq accusés, certains étaient rejugés en appel après avoir été acquittés en première instance en 2009.

Voir (ou revoir) mes billets concernant Anna Politkovskaïa : 24.07/2013, 02/06/2013, 15/12/2012, 05/01/2012, 01/06/2011, 08/10/2010, 03/05/2010, 02/05/2010, 08/10/2009, 23/04/2009, 19/02/2009, 07/10/2006, 26/09/2006.

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29 novembre 2019

Philippe Barbarin : « J’ai fait tout ce que je croyais pouvoir faire »

Par Pascale Robert-Diar 

Le cardinal comparaît à son initiative devant la cour d’appel de Lyon pour contester sa condamnation, en mars, à six mois d’emprisonnement avec sursis pour « non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs ».

Il y a neuf mois, cinq prévenus dont Philippe Barbarin, cardinal de Lyon en exercice, un archevêque et un évêque étaient attraits devant le tribunal correctionnel de Lyon par l’association La Parole libérée pour « non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs. » L’enjeu, revendiqué par les plaignants, était de faire de cette audience le réceptacle d’un débat de société sur le silence coupable de l’Eglise face à la pédophilie.

Jeudi 28 novembre, devant la cour d’appel de Lyon, c’est un homme seul, cardinal « en retrait » de ses fonctions, qui comparaît à son initiative pour contester sa condamnation à six mois d’emprisonnement avec sursis. Et ce n’est plus tout à fait le même procès.

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« Pourquoi faites-vous appel ? », lui demande le président Eric Seguy. « J’utilise un droit que la justice française me donne », répond Philippe Barbarin. Avec la motivation du jugement qui l’a condamné le 7 mars, le cardinal dispose d’un atout : il sait sur quoi il doit se battre et sur quoi il peut céder. De cette feuille de route, il ne s’écarte pas, se montrant plus humble sur certains points et plus offensif sur d’autres.

Le souci d’éviter le « scandale public »

Ainsi de son entretien, en mars 2010, avec Bernard Preynat. Les plaignants soutiennent que dès cette date, Philippe Barbarin a eu conscience de la gravité des faits reprochés à l’ancien aumônier scout et n’a rien dit.

« J’entends des bruits, des rumeurs. Bernard Preynat me dit qu’il y a eu des trucs mais me certifie qu’il ne s’est plus rien passé depuis 1991.

– Les rumeurs, les trucs, c’était quoi ? Qu’il leur apprenait à tricher au Monopoly ? ironise l’un des avocats des plaignants, Me Jean Boudot.

– Ce n’était pas clair. Personne ne m’a rien dit. Ni les parents, ni les autres prêtres qui savaient. Moi, je suis là depuis 2002, je ne vais pas refaire l’histoire avant 1991 ! »

Il reconnaît toutefois : « Je m’en veux de ne pas lui avoir posé de questions plus précises. Je n’ai pas eu le courage, à ce moment-là, de lui demander de nommer les faits. »

La concession ne présente pas grand risque. Si, dans son jugement du 7 mars, le tribunal avait suivi les parties civiles en estimant que le délit de non-dénonciation d’agressions sexuelles était bel et bien constitué à compter de mars 2010, il relevait que, concernant cette période, les faits sont prescrits.

L’enjeu du procès en appel porte bien davantage sur l’attitude de Philippe Barbarin en 2014, quand il reçoit les confidences d’Alexandre Hezez, et en 2015, quand ce dernier l’informe avoir connaissance d’autres victimes de l’ancien aumônier scout.

A l’appui de sa décision de condamnation, le tribunal avait en effet estimé que le souci d’éviter le « scandale public » avait été, pour lui, la « seule priorité qu’il convenait de servir. » Philippe Barbarin, indiquait le jugement, « a fait le choix en conscience » de ne pas transmettre au procureur les faits qui lui étaient rapportés, « pour préserver l’institution à laquelle il appartient » alors qu’il était « dans l’obligation de dénoncer ces faits. »

« Personne n’a bougé »

A la barre, Philippe Barbarin conteste vigoureusement cette interprétation. « Pourquoi attend-on de moi que je porte plainte, vingt ans après, alors que des paroissiens et des parents ne l’ont pas fait à l’époque ? C’est une question que l’on peut se poser. Personne n’a bougé. Aujourd’hui, je reçois des lettres de gens qui me demandent : “Mais pourquoi ça tombe sur vous ? Nous aussi, on savait et on n’a rien dit. On en parlait partout, à la boulangerie, à la boucherie.” Une quinzaine de familles au moins pourraient témoigner. Il y a même une victime qui m’a dit : “Je m’attaque à vous car je ne vais quand même pas attaquer mon père.” »

Alexandre Hezez, rappelle-t-il, lui avait précisé que les agressions sexuelles le concernant étaient prescrites. « Ni dans sa tête, ni dans la mienne, il n’y avait l’idée de porter plainte. Il m’a dit qu’il s’en voulait de ne pas l’avoir fait. »

Le cardinal poursuit : « Les consignes de l’Eglise [sur la dénonciation d’agressions sexuelles portées à sa connaissance] sont très claires pour des faits qui se passent dans le présent. Mais personne ne dit ce qu’il faut faire pour des faits qui se sont produits il y a vingt ans. »

« Considérez-vous que Rome est un supérieur auquel vous devez obéir ? lui demande la cour

– Je n’avais pas d’accès à la justice. Tandis qu’à Rome, j’en avais un. J’ai fait tout ce que je croyais pouvoir faire. »

« L’Eglise a changé, la société également »

Philippe Barbarin en dresse l’énumération : « J’ai parlé directement avec le pape, je lui ai demandé de recevoir les victimes ou de leur écrire, ce qui n’a pas été fait. J’ai obtenu la levée de la prescription canonique et j’ai donné la sanction maximale que je pouvais donner [contre Bernard Preynat].

Il dit surtout avoir encouragé Alexandre Hezez à trouver d’autres victimes susceptibles de porter plainte. Confronté au cardinal, celui-ci dément. « Je suis très embêté. C’est toujours difficile de penser qu’un évêque ment ou oublie. Mais Philippe Barbarin ne m’a jamais, jamais, demandé de trouver d’autres cas. On n’était pas du tout dans une démarche où lui s’occupait de Rome et moi de la justice. » Philippe Barbarin réaffirme, imperturbable : « Je lui ai dit : “On va en trouver d’autres.” » Il insiste : « J’ai fait tout ce que j’ai pu de l’endroit où j’étais. »

« Agiriez-vous différemment aujourd’hui ? lui demande le président de la cour.

– Evidemment.

– Vous avez donc changé ?

– L’Eglise a changé. La société également. »

Le réquisitoire de l’avocat général Joël Sollier est attendu ce vendredi matin. Comme en première instance, le parquet va requérir la relaxe de Philippe Barbarin.

27 novembre 2019

Comment Céline Dion s’impose comme une icône des temps modernes

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Par Pierre Bouvier

Au-delà du succès commercial, elle prouve qu’à 51 ans elle peut définitivement « larguer les amarres » en s’affranchissant des critiques.

C’est son moment. Avec Courage, son douzième disque en anglais sorti le 15 novembre, Céline Dion squatte la première place du Billboard 200 (le classement des meilleures ventes d’albums sur le territoire américain). La dernière fois qu’elle s’était hissée à cette place, c’était en 2002 avec son disque A New Day Has Come. Surtout, Billboard rappelle que la star internationale est l’une des rares artistes à être parvenue à classer un de ses albums en haut des charts au cours des trois dernières décennies (1990, 2000 et 2010). Elle y côtoie désormais Janet Jackson, Jay-Z, Metallica, Nas, Pearl Jam, Bruce Springsteen, Barbra Streisand, Britney Spears et U2.

Sur les réseaux sociaux, « Céline » a remercié ses fans :

« Je suis tellement reconnaissante envers les auteurs-compositeurs, réalisateurs, ingénieurs et musiciens qui ont partagé leur talent avec moi. Merci à tous mes fans extraordinaires pour leur soutien. Vous ne saurez jamais ce que ça signifie pour moi. Je vous aime ! »

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Déferlante Dion en 2020

Mais tout cela n’est qu’un prélude à la tempête Dion appelée à s’abattre sur le monde entier au cours des prochains mois. En France, les billets pour son concert au festival des Vieilles Charrues, le 16 juillet 2020, se sont vendus en 9 minutes, et ceux pour ses six concerts à Paris La Défense Arena, fin juin et début juillet, en… 1 h 30. Pour son concert à Monaco, le 8 juillet, le prix des billets s’est envolé, allant de 600 à 1 600 euros.

Et pour ceux dont la foi aurait besoin d’être raffermie ou qui n’ont pas encore percé le mystère « Céline », ils auront droit à une session de rattrapage : Aline Dieu, un biopic en français, joué et réalisé par Valérie Lemercier, sortira dans les salles le 11 novembre 2020. Parallèlement, Céline Before Celine, un long-métrage en anglais, soutenu par la famille Dion, se concentrera sur l’enfance de la star, avant le succès.

A 51 ans, elle prouve qu’elle peut désormais se payer le luxe de s’affranchir des critiques de ceux qui ne voyaient en elle qu’une chanteuse de karaoké des années 1990 ou pour spectacles ringards à Las Vegas. Trois ans après la mort de René Angélil, elle a aussi définitivement explosé l’image de la chanteuse cornaquée par son pygmalion de mari.

Pour la promotion de Courage, à New York, elle a choisi de reprendre une version karaoké de son Flying On My Own que l’on pourrait traduire par « Voler de mes propres ailes ». Sur le titre Perfect Goodbye, qui clôt Courage, elle prend la liberté de lancer « this shit is perfect » (« ce truc est parfait ») quelque 2 minutes 50 après les premières mesures de la chanson.

Reine des karaokés, et alors ?

C’est progressivement que la star s’est installée au rang d’icône, Céline Dion ne s’est pas construite en un jour. En 2014, elle est adoubée par le réalisateur Xavier Dolan qui a utilisé On ne change pas (1998), pour l’une des scènes les plus fortes du film Mommy. Il avouait alors aux Inrocks : « J’ai grandi avec Céline Dion ! ». En 2017, MTV notait qu’elle avait atteint un autre niveau de « cool », qu’elle « n’avait même plus besoin de chanter, qu’elle pouvait se contenter de continuer à vivre ». Cette année, elle se retrouve à supplier le rappeur Drake de ne pa se faire tatouer son visage sur le corps. Cette phase marque ce que certains comme Harper’s Bazaar appellent la « Dionaissance », tandis que la chaîne CBC tente de promouvoir le terme « Celinaissance ».

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La force de « Céline », c’est aussi qu’elle est là où on ne l’attendait peut-être pas. Après avoir porté tout et parfois n’importe quoi, Vanity Fair relève qu’elle s’est assagie, vestimentairement parlant, mais qu’elle sort toujours du lot. Le Guardian note qu’elle évite les « fashion faux pas » comme personne : pour cela, elle a embauché Law Roach, un styliste de Chicago qui a pour clients les chanteuses Mary J. Blige, Ariana Grande ou encore l’actrice Zendaya. Il a fait d’elle une icône de la mode qui ne s’habille pas comme une quinqua, lui faisant prendre tous les risques vestimentaires.

Dans l’édition de septembre du magazine CR Fashion Book, elle prouve néanmoins qu’elle a encore les pieds sur terre, affirmant ne pas se voir comme la « nouvelle reine de la mode ». « Je suis la mère, je suis la patronne, je suis responsable de mes décisions avec mon équipe », explique-t-elle :

« J’essaie de faire de mon mieux, d’accomplir quelque chose, de toujours placer la barre aussi haut que possible. »

Le magazine canadien The Walrus relève enfin que les parents l’aiment, les grands-parents l’adorent et que les jeunes découvrent qu’en plus d’avoir un incroyable talent, elle est une source inépuisable de mèmes. Désormais il est interdit de regarder avec commisération tel ou telle collègue qui avoue benoîtement à midi : « La VHS de son mariage avec René, je l’ai rayée tellement je l’ai vue. » A elle seule, Céline Dion pourrait résoudre tous les différends intergénérationnels à base de « Ok boomer ».

30 novembre 2019

Reportage - A Hongkong, la jeunesse guidant le peuple

Par Florence de Changy, Hongkong, correspondance

Dans un territoire miné par les inégalités, les jeunes Hongkongais ressentaient un profond mal-être. En luttant ensemble pour préserver leurs libertés, ils ont découvert la fraternité. Une solidarité qui a gagné le reste de la population, comme le montrent les élections de district remportées par le camp anti-Pékin.

Vautrés entre un amas de caisses et quelques chaises dépareillées sur un trottoir du quartier populaire du port de pêche d’Aberdeen, au sud de l’île de Hongkong, un petit groupe d’hommes mûrs aux airs de caïds, en marcels, shorts et tongs, prend le frais par cette soirée encore chaude de novembre.

Ils regardent amusés « leurs jeunes » : masqués, habillés en noir de la tête aux pieds, des manifestants démontent méthodiquement les trottoirs, brique après brique. Des bâtons d’encens brûlent devant un petit temple taoïste. Plus loin, on entend résonner le son métallique de poubelles renversées pour renforcer les barricades de rue. Les taxis font demi-tour en soupirant, mais le quartier semble plutôt bienveillant.

Désordres

Ce n’est que « la troisième ou quatrième fois », selon les habitants, qu’Aberdeen participe aux désordres qui se sont répandus sur tout le territoire de Hongkong depuis le mois de juin. Après la mort du premier manifestant, le 8 novembre (dans des circonstances troubles qui alimentent le soupçon d’une bavure policière), le mouvement a appelé en ligne à des actions dans trente-cinq quartiers. La police antiémeutes est déjà sur place, mais elle hésite à s’engager dans cet étroit canyon d’immeubles…

Quand finalement la troupe s’élance, dans un bruit de bottes et de coups de matraque sur les boucliers, les jeunes détalent. Il ne reste que les « oncles » qui continuent de discuter en se grattant le ventre. Des fenêtres, obstruées par des barres chargées de linge, émanent quelques insultes anonymes, qui déclenchent autant de rires gras, et la « chute », tout aussi anonyme, de canettes vides non loin des policiers casqués.

Vandalisme politique

Il n’y a pas si longtemps, le policier hongkongais était l’archétype du rôle modèle, incarné par les plus grandes stars du cinéma local. Jeter un mégot de cigarettes ou écrire sur un mur pouvait coûter une amende sur-le-champ. Il a suffi de quelques mois pour que le policier devienne l’ennemi public numéro un aux yeux d’une partie importante de la population ; pour que l’inconduite et même le vandalisme se muent en affirmations politiques ; et que la jeunesse se dresse comme un seul homme, osant rêver de liberté. Ses nouveaux héros sont les yung mo pai, littéralement « le groupe courageux et armé », ceux qui osent se confronter aux forces de l’ordre.

Depuis l’échec du « mouvement des parapluies » de 2014 et les attaques récurrentes de Pékin sur les libertés civiles de l’ancienne colonie britannique, les jeunes Hongkongais semblaient pourtant avoir décidé de courber l’échine. Ils av

La « no hope generation », la « génération sans espoir », c’est ainsi que le professeur de sciences politiques à l’université chinoise de Hongkong (CUHK), Po-chung Chow, appelle ces jeunes qui n’ont pas connu la tutelle britannique (Hongkong est passée sous tutelle chinoise le 1er juillet 1997). Depuis 2014, ils ont compris que la Chine ne leur donnerait sans doute jamais la démocratie promise par la Basic Law (la loi fondamentale de Hongkong qui fait office de « mini-Constitution »). Ils rejettent désormais de manière viscérale le futur proposé par la « mère patrie ». D’autant qu’à la différence de la jeunesse chinoise, eux ne bénéficient guère de la prospérité économique.

Profond mal-être

Une double impasse, politique et socio-économique, à laquelle n’échappent pas les étudiants « qui représentent pourtant l’élite », s’alarme le professeur Chow. Ces jeunes sont les principaux artisans de la révolte qui secoue la région administrative spéciale depuis que les autorités ont tenté au printemps d’imposer une nouvelle loi d’extradition. Et ni la suspension du projet (dès le 15 juin), ni même son abandon (en octobre) n’ont permis d’apaiser leur colère. Car derrière cette retentissante aspiration à la liberté s’exprime aussi un profond mal-être.

« Si vous saviez à quel point nos conversations sont sinistres », nous confie avec un sourire triste « V », 27 ans, longue frange raide sur des lunettes rondes, qui préfère ne s’identifier que par l’initiale de son prénom. C’est elle qui a tourné le superbe clip du Glory to Hong Kong, un hymne vibrant composé pour le mouvement par un jeune compositeur partisan.

Cette nuit-là, elle retrouve « C », 29 ans, son coproducteur, et « S », 30 ans, le chef d’orchestre, dans un bar à nouilles aux néons tremblotant de Causeway Bay. « On parle principalement d’émigrer, oui, de quitter Hongkong. Et aussi de la difficulté à fonder une famille », ajoute « C ». Ils affirment tous les trois que leur vidéo (qui montre des musiciens et des choristes avec masques à gaz, gants, casques, etc.) a pour but premier de redonner du courage et de l’espoir aux jeunes.

« Franchement, l’inspiration nous vient de notre dépression et de notre tristesse collectives. Je suis convaincue que, depuis le 12 juin, la jeunesse de Hongkong est en PTSD [état de stress post-traumatique] », affirme « V », faisant référence au mercredi noir, au tout début du mouvement, quand la police a réprimé, avec une force qui a semblé totalement disproportionnée, les dizaines de milliers de manifestants, des jeunes pour la plupart. La violence de cette répression, trois jours seulement après la marche paisible du 9 juin qui avait réuni un million de personnes, a installé la défiance, voire la haine entre les deux camps.

Jonas Chan, 30 ans, qui a choisi un nom d’emprunt de peur d’être fiché par les autorités chinoises, a « mis un point d’honneur à démissionner le 9 juin ». Ce fut son premier acte de résistance face à un patron qui se vantait d’aller à des manifestations « bleues », pro-Chine et pro-police, alors qu’il ordonnait à ses employés de « rester neutres ».

Logements minuscules

Jonas était agent immobilier pour l’un des quatre groupes qui contrôlent, avec une cupidité sans limite, la majorité du marché résidentiel et commercial du territoire. En démissionnant, il a sacrifié son ambition d’atteindre le rang de manageur, dont il approchait pourtant. Un grade qui lui aurait permis d’emprunter, sur trente ans, de quoi acheter un petit logement.

Habiter chez soi est pour beaucoup un rêve inaccessible dans cette mégapole où le prix du mètre carré est environ trois fois supérieur à ce qui se pratique à Paris intra-muros. Quant aux loyers, ils comptent toujours parmi les plus chers du monde. La moitié de la population se considère donc chanceuse d’avoir accès aux logements subventionnés, peu importe leur surface minuscule : onze mètres carrés sont alloués par personne.

« LES GENS QUI MANIFESTENT SONT POUR LA PLUPART PAUVRES OU ISSUS DES CLASSES MOYENNES. LEUR LIBERTÉ EST CE QU’ILS ONT DE PLUS PRÉCIEUX. ILS NE LA CÉDERONT PAS À LA CHINE. » JONAS CHAN (NOM D’EMPRUNT), 30 ANS

Nombre de jeunes couples, qui continuent de vivre séparément chez leurs parents respectifs, y compris après le mariage, ne peuvent se retrouver que dans des « love hotels ». « Certains de mes amis mettent juste la télé plus fort et s’enferment dans leur chambre. Tout le monde comprend. Mais si on peut, c’est sûr qu’on est plus tranquille dehors », explique Jonas.

Jonas a eu une enfance particulièrement difficile. Né dans une famille démunie, il a grandi dans la partie nord des nouveaux territoires, limitrophe de la Chine continentale, moins développée et moins riche que le reste de la région administrative spéciale. Après avoir vu le film La Mélodie du bonheur (1965) sa mère s’était mis en tête d’avoir douze enfants. Son père, journaliste pour des médias chinois, déserta le domicile conjugal à l’arrivée du cinquième. Il n’a donc pas besoin qu’on lui explique l’immense écart de richesse qui prévaut à Hongkong, le plus fort de toutes les économies développées.

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« Les gens qui manifestent sont pour la plupart pauvres ou issus des classes moyennes. Leurs parents ne peuvent pas les aider à payer l’apport initial pour un appartement, même microscopique. Ils sont bien éduqués, mais ils savent qu’ils ne seront jamais assez riches pour s’acheter un logement. Ils n’ont pas grand-chose à perdre. Leur liberté est ce qu’ils ont de plus précieux. Ils ne la céderont pas à la Chine », estime le jeune Hongkongais.

Sentiment de liberté

Paradoxalement, c’est aussi « un nouveau sentiment de liberté » que leur a apporté le mouvement, observe le professeur Chow. Le chant Glory to Hong Kong en parle à chaque ligne et quand les jeunes l’entonnent ensemble, spontanément, dans un centre commercial ou dans un stade, ils vivent quelque chose de très nouveau pour eux. « C’est pour cela que j’ai baptisé ce mouvement « l’été de la liberté » », précise Monsieur Chow devant un gobelet de thé, sur l’une des terrasses du campus de la CUHK qui domine le Tolo Harbour, quelques jours avant que « Chinese U » devienne la première université à subir un assaut de la police, une semaine avant la PolyU (l’université polytechnique de Hongkong).

Comme beaucoup de Hongkongais, Jonas Chan a mis sa vie entre parenthèses et son confort en péril pour ce mouvement dans lequel il a choisi de se plonger corps et âme. Dix à douze heures par jour, il est sur Lihkg (prononcer « lindeng »), la plate-forme d’échanges du mouvement, et sur Telegram, la messagerie cryptée que les manifestants utilisent pour communiquer.

« A HONGKONG, LES CITOYENS SONT AVANT TOUT DES AGENTS ÉCONOMIQUES. CE MOUVEMENT LEUR A CONFÉRÉ UN RÔLE DIFFÉRENT ET FAIT DÉCOUVRIR LA FRATERNITÉ ET LA SOLIDARITÉ. » PO-CHUNG CHOW, PROFESSEUR DE SCIENCES POLITIQUES

« Nous sommes d’abord organisés de manière géographique, dans chaque district [le territoire de Hongkong est divisé en dix-huit districts]. Il y a aussi des sous-groupes en fonction de l’activité et de l’expertise, secouriste ou designer », explique Jason, un ancien policier qui a lui aussi rejoint le mouvement « à plein temps ». Sa vie a basculé un jour de 2014, quand, pendant une pause dans le mess des sous-officiers, ses collègues se sont enthousiasmés en voyant à la télévision des policiers matraquant la tête d’un jeune manifestant du « mouvement des parapluies ». « C’est totalement contraire à notre serment », rappelle-t-il.

Avec deux oncles et un cousin dans les rangs, il est lui-même issu d’une « famille de policiers », ce qui lui garantissait un certain confort (logement, retraite, etc.) et un salaire 20 à 30 % supérieur au marché, à qualifications égales. Mais, « à cause de [ses] valeurs occidentales », Jason a renoncé. Depuis deux semaines, il n’arrive plus à dormir. Le psychologue qu’il a consulté lui a conseillé d’éteindre ses écrans : téléphone, ordinateur et télévision. Impossible…

« A Hongkong, qui est un centre d’affaires, les citoyens sont avant tout des agents économiques. Ce mouvement leur a conféré un rôle différent et leur a fait découvrir des sentiments de fraternité et de solidarité nouveaux », souligne le professeur Chow. Jusqu’au printemps 2019, Jonas n’était qu’un « combattant du clavier » (keyboard fighter) : « Je faisais des commentaires politiques sur de nombreux forums en ligne. » Mais, depuis le mouvement, il a un rôle de terrain. Il a même emprunté de l’argent à un oncle pour louer une voiture et s’est mis à la disposition des manifestants pour les raccompagner chez eux après les manifestations. Il s’est fait plus d’amis en quelques semaines que pendant le reste de sa vie « d’avant », qu’il trouve aujourd’hui terriblement fade.

Equipes clandestines

« Franchement, je ne me reconnais pas. Avant ce mouvement, je n’avais aucun intérêt pour les autres. Pour rien au monde, je n’aurais été infirmier, par exemple. Maintenant, je regarde les Hongkongais comme des gens qui partagent les mêmes problèmes et qui se battent ensemble. Mes amis sont pareils », nous déclare-t-il, fin novembre, quelques jours après avoir fait partie des équipes clandestines chargées de récupérer dix-sept étudiants de l’université PolyU qui s’étaient enfuis par les égouts (mardi 26 novembre, quelques manifestants irréductibles étaient encore retranchés dans le campus, toujours assiégé par la police).

Ce mouvement a vite su se trouver des codes d’appartenance, à commencer par un look aussi pratique que photogénique, qui a évolué : leur panoplie, toujours en noir, a peu à peu intégré des masques respiratoires sophistiqués, des lunettes de natation ou de chantier, des casques… pour répondre aux nouvelles armes de la police.

Les manifestants ont également mis au point un langage des signes très efficace pour réclamer à distance de l’eau saline, des parapluies ou des masques. Les informations remontent ainsi à toute vitesse sur des centaines de mètres et se traduisent par des actions que tout le monde comprend en même temps. Cette fluidité qui fait leur force est directement inspirée d’une devise de Bruce Lee : « Sois comme l’eau, mon ami ». Difficile, à Hongkong, de trouver plus fédérateur que le génie des arts martiaux.

Absence de hiérarchie

Le « mouvement a aussi su tirer les leçons de l’échec du « mouvement des parapluies » ». En 2014, un conflit interne autour de « la grande estrade », qui symbolisait la voix des chefs du mouvement, avait semé la zizanie parmi les aspirants au changement. Ce « syndrome de la grande estrade » est pour beaucoup dans l’absence de hiérarchie de cette rébellion acéphale.

Un refus du leadership qui a aussi ses revers : lorsqu’un opposant a été aspergé d’un liquide inflammable et transformé en torche humaine d’un coup de briquet par un manifestant en colère, début novembre, personne ne s’en est vraiment ému. Nul besoin de dénoncer ou d’approuver, il faut avancer. Cette attitude permet paradoxalement au mouvement de gérer ses nombreuses contradictions, à commencer par son attachement à la liberté d’expression, mais sa tolérance zéro à l’égard des critiques ou des contradicteurs.

« QUAND VOUS VOYEZ UN COIFFEUR DE YAU MA TAI EN TRAIN DE PRÉPARER, LA NUIT, DES COCKTAILS MOLOTOV AVEC L’AIDE DES VOISINS, VOUS SAVEZ QU’IL SE PASSE QUELQUE CHOSE DE MAJEUR. » CHAN HO-TIN, FONDATEUR DU NATIONAL PARTY

« On n’est pas parfaits. Mais on apprend de nos erreurs et on ne cesse de s’autocorriger », nous déclare Andy Chan Ho-tin, fondateur du parti indépendantiste National Party, à présent interdit. Il ne faut pas se fier à sa chemise blanche, à sa raie sur le côté, à ses lunettes rectangulaires et à ses références à la Bible, Chan Ho-tin est l’un des plus radicaux de sa génération. Actuellement en liberté sous caution et soumis à un couvre-feu, il estime que le mouvement actuel est une prolongation de l’émeute dite « des boulettes de poisson ».

Beaucoup plus violente que le « mouvement des parapluies » de 2014, elle s’était déroulée dans le quartier de Mong Kok, en 2016. « A l’époque, nous avons été rejetés par la société pour notre approche violente face au gouvernement. Mais peu à peu, les Hongkongais comprennent que nous avions raison. Et, aujourd’hui, le manifestant moyen est au moins aussi radical que nous en 2016 ! » Il estime d’ailleurs que cette radicalisation est en cours de généralisation. « Cela va devenir comme en Irlande du Nord », prédit-il.

« Quand vous voyez un coiffeur de Yau Ma Tai [vieux quartier populaire du côté de Kowloon, la partie continentale du territoire] en train de préparer, la nuit, des cocktails Molotov dans ses bacs à shampooing, avec l’aide des voisins qui apportent qui des bouteilles en verre, qui du sucre, des briquets ou un bidon d’essence, vous savez qu’il se passe quelque chose de majeur à Hongkong », relève Chan Ho-tin.

Soutien populaire

En laissant exploser cette insolence insoupçonnée, la jeunesse de Hongkong a en effet emporté dans son élan une grande partie de la société, comme l’a montré le raz de marée en faveur des candidats de l’opposition aux élections locales, dimanche 24 novembre : ils ont raflé la majorité dans 17 des 18 conseils de district, avec un taux de participation record de 71 %. Ces résultats ont confirmé que, malgré ses excès et ses défauts, les Hongkongais soutenaient leur jeunesse et partageaient ses aspirations.

« Le mouvement est passé de la désobéissance civile à la désobéissance incivile », estime la philosophe Candice Delmas. Le sens aigu du civisme de la population, qui a notamment conservé de son héritage britannique l’amour et le respect des files d’attente au cordeau, atteint d’ailleurs un paroxysme de contradiction dans certains actes de vandalisme.

Ainsi, lors de la mise à sac du Parlement, le Legco (pour Legislative Council), le 1er juillet, alors que des graffitis avaient été peinturlurés partout et que les portraits de ses présidents avaient été lacérés, les manifestants qui s’étaient servis dans la cafétéria avaient laissé l’argent correspondant à leur snack dans un panier. « Casser est un acte politique. Mais nous ne sommes pas des voleurs », revendiquait la petite note d’explication.

« CE MOUVEMENT NOUS A DONNÉ DES FORCES INSOUPÇONNÉES, MAIS AUSSI PROUVÉ QU’IL N’Y AVAIT AUCUN ESPOIR DE COMPROMIS. ON A DE VRAIES RAISONS D’AVOIR PEUR ET ENCORE PLUS DE RESTER UNIS. » JONAS CHAN

De même, après avoir détruit l’énorme vitrine d’une banque de Central, le quartier d’affaires historique, mi-novembre, les manifestants ont placardé des « Excuses pour le dérangement », adressées aux employés de la banque… Ce qui n’empêche pas les quartiers les plus chics de la ville de voir leurs murs et leurs façades barbouillés de slogans et de graffitis comme jamais auparavant.

Qu quelques cols blancs, pendant une assemblée pacifique, mais illégale, se retroussent les manches de chemise pour placer un énorme palmier en pot au beau milieu d’une rue, afin d’empêcher l’éventuelle arrivée d’un camion de police, ne surprend plus grand monde… Autant dire que le mouvement a fait exploser les normes sociales hongkongaises.

Alors qu’il a pour le moment renoncé à chercher un emploi, Jonas est fatigué, frustré, mais plus déterminé que jamais. « Nous pouvons être fiers de ce mouvement et de la manière dont il a été mené jusqu’à présent. Il nous a donné des forces insoupçonnées, mais il nous a aussi prouvé qu’il n’y avait aucun espoir de compromis. Maintenant, on a de vraies raisons d’avoir peur. Et encore plus de raisons de rester unis. »

Cette solidarité, qui s’accompagne d’un nouveau sens des responsabilités vis-à-vis de son prochain, est pour beaucoup dans la longévité du mouvement. « Tous ceux qui se sont suicidés jusqu’à présent se sont excusés de nous laisser continuer le combat sans eux, confie « S », le chef d’orchestre. Nous n’avons pas le choix. Nous leur devons de continuer en leur nom. »

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