
Par Thomas Wieder, Berlin, correspondant
La revendication d’une identité distincte de celle de l’Ouest est de plus en plus présente à l’Est où une majorité d’Allemands se considèrent comme des citoyens de seconde zone.
C’est un mur de 3 mètres de haut et 100 mètres de long, bordé d’un côté par un ruisseau et de l’autre par une petite route de campagne. A l’endroit du cours d’eau, un écriteau indique que celui-ci servait jadis de tracé à la frontière séparant la République fédérale d’Allemagne (RFA) et la République démocratique allemande (RDA). Sur la route, on pouvait encore voir, il y a quelques jours, une série d’affiches électorales accrochées aux lampadaires ou posées à même le sol. Toutes étaient à l’effigie du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), en campagne pour les élections régionales du 27 octobre en Thuringe.
Toutes évoquaient la « révolution pacifique » de 1989, dont l’Allemagne, cet automne, célèbre le trentième anniversaire. L’occasion pour l’AfD de se présenter comme le porte-parole des Allemands de l’Est en colère, de dénoncer les engagements non tenus de la réunification et de promettre d’« achever le tournant » amorcé en 1989. L’un des slogans du parti d’extrême droite : « Aujourd’hui comme hier : la liberté plutôt que le socialisme ».
Klaus Grünzner et Marcel Zapf ne s’en cachent pas : ils sont atterrés par la façon dont le parti d’extrême droite instrumentalise l’histoire de l’Allemagne à des fins électoralistes. Les deux hommes ont grandi de part et d’autre de ce mur de béton qui, de 1966 à 1989, coupait en deux Mödlareuth, village de 40 habitants surnommé le « petit Berlin » au temps de la guerre froide et où s’est rendu le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo jeudi 7 novembre, deux jours avant de participer aux cérémonies du 30e anniversaire de la chute du Mur dans la capitale allemande.
Les deux Allemagnes ont parfois tant de mal à se comprendre
Aujourd’hui, Klaus Grünzner est le maire de Töpen, la partie bavaroise de Mödlareuth jadis en Allemagne de l’Ouest ; Marcel Zapf, lui, est le maire de Gefell, la moitié du village autrefois en RDA et désormais dans le Land de Thuringe. De sensibilité conservatrice, les deux hommes reconnaissent volontiers que des erreurs ont pu être commises lors de la réunification. Mais ils ne comprennent pas qu’un parti comme l’AfD puisse en faire son fonds de commerce électoral, ni que, dans l’espace public, les discours négatifs l’emportent parfois sur les jugements positifs. Surtout, ils s’inquiètent de constater que, trente ans après, les deux Allemagnes ont parfois tant de mal à se comprendre.
Pour les deux maires, en effet, l’histoire a définitivement tranché : « Il faut se souvenir de ce qu’était notre vie à l’époque. Ici, nous avons été élevés avec l’idée que nos voisins de l’Ouest, de l’autre côté du Mur, étaient les méchants. Bien sûr, la réunification a pu déstabiliser. Mais à trop parler des ratés, certains oublient l’essentiel, à savoir cette liberté que nous avons gagnée, nous, les gens de l’Est », explique Marcel Zapf. Klaus Grünzner, lui, se souvient de « la joie incroyable » qui a explosé le 9 décembre 1989 quand, un mois après celui de Berlin, le mur de Mödlareuth s’est ouvert à son tour. Un mur dont 100 mètres (sur 700) ont été conservés en guise de mémorial. Un mur dont le vestige, selon les deux maires, devrait inciter les quelque 80 000 visiteurs de passage chaque année à Mödlareuth à se féliciter du chemin parcouru plutôt qu’à ruminer les frustrations nées de la réunification.
Comme tous les ans à l’approche du Jour de l’unité allemande, célébré le 3 octobre depuis 1990, la plupart des médias ont épluché les statistiques afin de brosser un comparatif entre les « deux » Allemagnes. Comme d’habitude, les mêmes chiffres ont donné lieu à des interprétations contrastées. A l’instar du taux de chômage, certains journaux se contentant d’observer que celui-ci reste aujourd’hui plus élevé à l’Est (6,6 %) qu’à l’Ouest (4,7 %), l’ex- RDA ayant perdu une bonne partie de ses forces vives. D’autres ont opté pour une lecture plus positive, soulignant que l’écart entre les deux parties de l’Allemagne s’est considérablement réduit en quinze ans. En 2005, le taux de chômage était ainsi de 18,7 % à l’Est et de 9,9 % à l’Ouest.
MOINS DE 40 % DES ALLEMANDS DE L’EST CONSIDÈRENT AUJOURD’HUI LA RÉUNIFICATION COMME UN SUCCÈS, UN TAUX QUI N’ATTEINT PAS 20 % CHEZ LES MOINS DE 40 ANS ; ET MOINS DE LA MOITIÉ DES HABITANTS DES NOUVEAUX LÄNDER SE DISENT SATISFAITS DU FONCTIONNEMENT DE LA DÉMOCRATIE
Sans surprise, ce sont les dynamiques positives, plutôt que les disparités persistantes, que le délégué du gouvernement fédéral chargé des nouveaux Länder a choisi de mettre en lumière, le 25 septembre, lors de la présentation de son « Rapport annuel sur l’état de l’unité allemande ». Lors de sa traditionnelle conférence accompagnant la parution de ce document d’une grosse centaine de pages, le titulaire du poste, Christian Hirte, membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), a dressé le même constat que les fois précédentes : « La situation de l’Est est bien plus positive que ne l’est sa réputation (…). L’économie et la société [y] sont dans un bien meilleur état que ce qu’on pouvait attendre et imaginer il y a trente ans. »
Huit jours plus tard, c’est pourtant un discours à la tonalité légèrement différente qu’a prononcé Angela Merkel à l’occasion des cérémonies officielles du Jour de l’unité allemande, qui avaient lieu, cette année, à Kiel (Schleswig-Holstein), au bord de la Baltique. « En vingt-neuf ans, les succès enregistrés sont extraordinaires (…). Mais nous savons que ce n’est là qu’une partie de la vérité. Car le bilan des vingt-neuf années de réunification, c’est aussi le fait qu’une majorité d’Allemands de l’Est ont le sentiment d’être des citoyens de seconde classe au sein de la République fédérale, comme le montrent les sondages », a rappelé la chancelière, avant de citer les chiffres suivants : moins de 40 % des Allemands de l’Est considèrent aujourd’hui la réunification comme un succès, un taux qui n’atteint pas 20 % chez les moins de 40 ans ; et moins de la moitié des habitants des nouveaux Länder se disent satisfaits du fonctionnement de la démocratie.
Persistance de certains écarts
Comment expliquer un tel sentiment ? Il y a d’abord la persistance de certains écarts, que le temps n’a pas comblés et qui nourrissent les inquiétudes et les impatiences des Allemands de l’Est : les déséquilibres entre les salaires, inférieurs en moyenne de 15 % à l’Est, ou encore le fait que, vingt-neuf ans après la réunification, seules 37 des 500 plus grandes entreprises du pays ont leur siège à l’Est.
Ces disparités, et la façon dont elles sont vécues, sont au cœur des travaux de l’historien Ilko-Sascha Kowalczuk, qui vient de publier un passionnant ouvrage sur le « processus de réunification » dans lequel il montre « comment l’Allemagne de l’Est est devenue une partie de la République fédérale » (Die Übernahme, « La prise de contrôle », en français, C. H. Beck, non traduit). Etudes d’opinion à l’appui, il observe que deux perceptions a priori contradictoires cohabitent bien souvent chez le même individu : « Quand on demande aux Allemands de l’Est s’ils sont satisfaits de leur condition personnelle, c’est-à-dire en tant qu’individus, les deux tiers environ répondent oui. En même temps, ils sont de plus en plus nombreux à dire que ça ne va pas aussi bien que ce qu’ils avaient imaginé il y a trente ans. »
Sentiment de déclassement
Pour comprendre ce qui nourrit ce sentiment de déclassement, il faut remonter aux premiers temps de la réunification. A la joie immense de la fin 1989 ont succédé les attentes immenses de l’année 1990, puis les premières désillusions. Celles-ci sont apparues après quelques mois seulement, quand les Allemands de l’Est ont réalisé qu’avant de profiter des « paysages florissants » promis par le chancelier Helmut Kohl en juillet 1990, la réunification allait d’abord chambouler leur vie, brouiller leurs repères et bousculer leurs certitudes. « En 1994, seuls 18 % des quelque 10 millions d’actifs est-allemands avaient le même poste qu’à la veille de la réunification, alors que le chômage, lui, a explosé », passant de 10 % à 16 % de la population active sur la même période, rappelle M. Kowalczuk.
Plus de deux décennies se sont écoulées depuis. Le chômage de masse des années 1990 n’est plus qu’un mauvais souvenir pour une majorité d’Allemands de l’Est, tandis que certains bassins d’emploi de l’ouest du pays – comme en Sarre ou en Rhénanie-du-Nord-Westphalie – connaissent des situations plus préoccupantes que nombre de territoires d’ex-RDA. Les chiffres ne reflètent cependant qu’une partie de la réalité et, outre les courbes et les diagrammes, c’est la forme concrète prise au quotidien par la réunification qui a laissé les traces les plus douloureuses. Parfois jusqu’à aujourd’hui, comme le montrent les débats sur le rôle de la Treuhand, ce fantôme des années 1990 revenu hanter l’actualité allemande à la faveur du 30e anniversaire de la chute du Mur.
Créée en 1990 et dissoute en 1994, la Treuhand fut l’agence chargée de privatiser l’économie de l’ex-RDA. Son nom est devenu le symbole de la transition souvent brutale du socialisme au capitalisme. Il sert aussi de « lieu de mémoire » négatif à ceux qui, depuis cette époque, voient la réunification davantage comme une annexion ou une entreprise de spoliation. Les débats politiques rejoignent ici les enjeux mémoriels. Ainsi, il n’est pas anodin que les deux partis qui prétendent défendre les intérêts des Allemands de l’Est, Die Linke, héritier du Parti socialiste unifié (SED) de RDA, d’un côté, et l’AfD de l’autre, aient récemment demandé l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire sur le rôle de la Treuhand.
Cette démarche s’inscrit dans un double calendrier : historique d’abord, avec l’ouverture en cours des 45 kilomètres d’archives de cette institution qui privatisa plus de 13 000 entreprises ; électoral ensuite, Die Linke et l’AfD ayant opportunément déposé leur demande de commission d’enquête au printemps, à quelques semaines de trois scrutins régionaux en ex-Allemagne de l’Est (Brandebourg, Saxe et Thuringe).
Débats sur la Treuhand
Les débats sur la Treuhand – à laquelle plusieurs reportages et documentaires ont été consacrés ces derniers mois en Allemagne – sont révélateurs d’un changement de perspective mémorielle. Au lendemain de la réunification, les années 1990 et 2000 furent avant tout celles de la découverte de l’histoire de la RDA, rendue possible notamment par l’accès aux archives de la Stasi, l’ancienne police politique du régime. Mais le temps avançant, le regard s’est lui aussi déplacé en aval, de sorte qu’après la période de la RDA celle de la réunification est devenue à son tour un objet d’étude et un nouveau terrain de controverses.
Ce changement de focale explique en partie pourquoi les thèmes qui dominent le débat public en cette année du 30e anniversaire de la chute du Mur ne sont pas tout à fait les mêmes qu’il y a cinq ou dix ans. Certes, l’approche des commémorations a donné lieu, comme les fois précédentes, à une avalanche de publications, d’expositions et d’émissions sur l’histoire de l’Allemagne de l’Est et la « révolution pacifique » de 1989. Mais les avancées de l’historiographie autant que l’évolution du climat politique dans les nouveaux Länder, marqué par la percée de l’AfD, ont fait émerger de nouvelles problématiques.
« Déséquilibres criants »
Parmi elles, la question de l’inégale représentation des Allemands de l’Est et de l’Ouest dans les postes de pouvoir du pays est sans doute celle qui a été la plus fortement mise en lumière ces derniers temps. Vingt-neuf ans après la réunification, « les déséquilibres restent criants », observe ainsi Raj Kollmorgen, professeur de sociologie à l’université de Zittau-Görlitz (Saxe), auteur de travaux de référence sur la question. Alors que les Allemands de l’Est – définis ici comme les personnes nées et/ou ayant grandi jusqu’à l’âge adulte dans les nouveaux Länder – représentent environ 17 % de la population totale, ils ne sont que 3 % dans les conseils d’administration des trente plus grandes entreprises allemandes et 2 % dans la haute magistrature, tandis qu’aucun d’entre eux n’est représenté parmi les quelque 80 présidents ou recteurs d’université du pays.
Masquée par quelques contre-exemples éclatants, à commencer par celui d’Angela Merkel, née à Hambourg, en RFA, en 1954, mais dont les parents se sont installés en RDA alors qu’elle n’avait que quelques semaines, cette sous-représentation des Allemands de l’Est au sein des élites du pays « prendra nécessairement très longtemps pour être comblée », explique Raj Kollmorgen. Or, il s’agit d’un des facteurs majeurs accréditant l’idée selon laquelle une barrière empêcherait les Ossis (Allemands de l’Est) d’appartenir à la même classe que ceux de l’Ouest. Politiquement, le thème est sensible. L’AfD l’a bien compris : aux dernières élections régionales, le parti d’extrême droite a habilement articulé l’affrontement peuple-élites et l’opposition Est-Ouest, choisissant de transformer un vieux problème social en nouvel enjeu identitaire.
« Prédateurs »
Ce choix de l’AfD d’appuyer sur les plaies de la réunification, en suggérant que les Allemands de l’Ouest continueraient de tenir délibérément sous tutelle ceux de l’Est, a fait l’objet de nombreuses réfutations, ces derniers temps, outre-Rhin. Plusieurs études ont ainsi montré qu’un grand nombre de dirigeants du parti d’extrême droite se présentant comme les porte-voix du « peuple » de l’Est avaient en réalité fait l’essentiel de leur carrière à l’Ouest. A l’instar d’Alexander Gauland, le coprésident de l’AfD, ou de Björn Höcke, son chef en Thuringe, où, le 27 octobre, le parti est arrivé à la deuxième place derrière Die Linke avec 23,4 % des voix. De ce point de vue, le parcours de ces responsables politiques ressemble à s’y méprendre à celui des chefs d’entreprise venus de RFA pour diriger les anciennes sociétés de RDA après la réunification, à ceux-là mêmes que les dirigeants de l’AfD dépeignent comme des « prédateurs » quand ils font campagne dans les nouveaux Länder.
Pour expliquer cette sous-représentation, certains chercheurs avancent enfin que la responsabilité n’en incombe pas nécessairement aux dirigeants venus de l’Ouest. « Beaucoup d’Allemands de l’Est se sont mis hors jeu en refusant de participer à la course au pouvoir au nom de certaines valeurs ou parce qu’ils ont choisi la sécurité plutôt que le goût du risque », explique ainsi Raj Kollmorgen.
Cette réflexion du sociologue fait écho à une problématique plus large, mais de plus en plus souvent mise en avant dans les débats sur la réunification allemande : l’affirmation nette, à l’Est, d’identités distinctes de celles de l’Ouest. Le phénomène prend plusieurs formes. La plus connue est la volonté de sauvegarder un patrimoine – monuments ou simples objets du quotidien – hérité de l’époque de la RDA. Dans son livre Le Pays disparu (Gallimard, « Folio Histoire », 480 pages, 9 euros), l’historien Nicolas Offenstadt, professeur à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, explique que cette distance vis-à-vis de « l’iconoclasme » des années 1990 ne doit pas être lue comme « une réaction infantile face aux difficultés de l’unification » ou au « mépris souvent affiché par les Wessis [Allemands de l’Ouest] » à l’égard des Allemands de l’Est, mais davantage comme la volonté de se « réapproprier un passé » en l’inscrivant dans une « continuité biographique ».
« Ce beau récit s’est fissuré »
Pour Raj Kollmorgen, le cas du patrimoine illustre un phénomène plus large : le passage à une nouvelle phase mémorielle concernant le rapport de la société allemande aux événements de 1989-1990. « La vingtaine d’années qui a suivi la chute du Mur a été dominée par un récit héroïque. On était passé de la nuit à la lumière, l’Ouest avait gagné, la démocratie avait triomphé et l’économie de marché l’avait emporté. Depuis une dizaine d’années, ce beau récit s’est fissuré, explique le sociologue. D’un côté, on a entrepris une relecture de l’histoire de la République démocratique allemande, plus nuancée et mettant en avant certaines réalisations, en matière de politique familiale par exemple. De l’autre, on a commencé à questionner la façon dont s’est opérée la réunification, en se rendant compte que, s’ils avaient beaucoup gagné, les Allemands de l’Est ont également beaucoup payé. »
De ce point de vue, la tentative d’essentialisation par l’AfD d’une « identité » est-allemande irréductible à celle de l’Ouest n’est que l’expression extrême d’un phénomène diffus, mais dont la réalité est incontestable : les Allemands de l’Est sont de plus en plus visibles dans le débat public, la montée de l’extrême droite ayant eu à ce niveau-là un « effet positif », selon Raj Kollmorgen : « Celui de braquer les projecteurs sur une partie du pays à laquelle on s’intéressait moins et que l’on regardait de façon souvent assez caricaturale. »
Double héritage de la guerre froide et de la réunification
Cette évolution est très nette chez Angela Merkel. Pendant très longtemps, la chancelière allemande a scrupuleusement évité de se présenter comme une Ossi, au risque de passer pour indifférente au sort de ses concitoyens d’ex-RDA, ce dont l’AfD a, une fois de plus, parfaitement su jouer en l’accusant de « trahison ». Un tournant a eu lieu en début d’année, quand Mme Merkel a accordé un grand entretien à l’hebdomadaire Die Zeit, se faisant interroger pour l’occasion par Jana Hensel, journaliste et écrivaine née en RDA en 1976 et considérée comme porte-voix de cette génération d’Allemands de l’Est marqués par l’héritage de la réunification.
Mercredi 6 novembre, à trois jours de l’anniversaire de la chute du Mur, Angela Merkel a franchi un pas supplémentaire, en se confiant cette fois au Spiegel en des termes qu’elle n’avait jamais employés. Reconnaissant que « tout est allé très vite » et que « des fautes » ont été commises après le « tournant » de 1989. Admettant que « pour les Allemands de l’Est d’une certaine génération, l’existence qui a suivi la “révolution pacifique”, bien que libre, ne fut pas pour autant facile ». Et rendant un vibrant hommage à la « bravoure des citoyens de RDA » lors de la chute du Mur, « à une époque où tout le monde en Allemagne de l’Ouest ne faisait pas preuve d’un grand courage ». Des propos qui collent incontestablement à un certain air du temps, en ce trentième anniversaire qui rappelle combien le double héritage de la guerre froide et de la réunification continue de fragmenter l’identité allemande.