Karl Lagerfeld expose à la M.E.P. (vu ce soir)
Jusqu’au 31 octobre 2010 à la Maison Européenne de la Photographie
L'exposition regroupe, pour la première fois, un ensemble important de photographies de Karl Lagerfeld.
Jusqu’au 31 octobre 2010 à la Maison Européenne de la Photographie
L'exposition regroupe, pour la première fois, un ensemble important de photographies de Karl Lagerfeld.
Helmut Newton (né Helmut Neustädter, 31 octobre 1920, Berlin
- 23 janvier 2004, Los Angeles) est un photographe australien d’origine
allemande. Il est connu pour ses photographies de mode et de nus féminins. De
père juif allemand et de mère américaine, il suit ses études au lycée Werner
von Trotschke de Berlin, puis à l’École Américaine de Berlin. Il s’intéresse
très tôt à la photographie et dès 1936 devient l’élève de la photographe
allemande Else Simon, dite Yva à qui il doit son style de photographie. Il
quitte l’Allemagne nazie en 1938 : après avoir travaillé pendant un temps à
Singapour, il émigre en Australie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il
rejoint l’armée australienne, s’occupant de logistique. En 1948, il épouse
l’actrice australienne June Brunell. Après la guerre il travaille comme
photographe en indépendant, en réalisant des photos de mode ainsi que des
travaux pour le magazine Playboy. À la fin des années 1950 il se concentre
davantage sur les clichés de mode. Il s’installe à Paris (France) en 1961 et
devient un photographe de mode
très productif. Ses travaux apparaissent dans de
nombreux magazines, en particulier dans Vogue. Son style, parfois qualifié de
porno chic, est marqué par l’érotisme, des scènes stylisées et souvent une
violence sous-jacente. À partir de 1970 sa femme, June Brunell se lance aussi
dans la photographie. En octobre 2003 il offre son entière collection des
photos à Berlin. Maintenant, ses œuvres et son héritage privé sont exposés au
Musée de la Photographie (Museum für Fotografie) dans le quartier chic de
Charlottenburg à Berlin. À la fin de sa vie il réside à Monaco et Los Angeles.
Il est décédé dans un accident de voiture à Hollywood (Californie, États-Unis)
en s’écrasant sur l’un des murs de l’hôtel Château Marmont. Selon sa demande il
est enterré à Berlin Schöneberg. Il reste au Friedhof Schöneberg III,
Stubenrauchstraße 43-45, près de la tombe de Marlene Dietrich. Helmut Newton a
photographié de nombreux modèles parmi lesquelles : Catherine Deneuve, Grace
Jones, Kate Moss, Karen Mulder, Monica Bellucci, Cindy Crawford, Claudia
Schiffer, et d’autres.
Par Mathieu Macheret
Pour son quatrième long-métrage, la cinéaste Rebecca Zlotowski met en scène Zahia Dehar dans le rôle d’une nymphette avide de luxe.
L’AVIS DU « MONDE » - À NE PAS MANQUER
Après l’ambitieuse fresque historico-spiritiste de Planetarium (2016), Rebecca Zlotowski, qui trace, depuis Belle Epine (2010), l’un des parcours les plus brillants au sein du jeune cinéma français, revient pour son quatrième long-métrage à une forme plus modeste et plus ramassée. Une fille facile ne diffère pas fondamentalement des précédents films de la réalisatrice, qui examinaient, non sans recul analytique, la montée et l’ivresse du désir physique. Cette matière inflammable est ici réinvestie à la faveur d’un conte cruel de l’adolescence, nourri des prestiges et des simulacres du monde moderne, de ses rêves de réussite et de ses signes extérieurs de richesse. Car sous sa simplicité apparente, le film n’offre rien moins qu’une relecture de la lutte des classes à l’aune du matérialisme le plus avancé.
A Cannes, alors que les cours font place aux vacances d’été, Naïma (Mina Farid), 16 ans, fille d’une femme de ménage, s’apprête à passer une audition avec son meilleur ami Dodo (« Riley » Lakdhar Dridi). C’est alors qu’arrive de Paris sa cousine Sofia (Zahia Dehar), une jeune femme à la sexualité libérée qui n’hésite pas à tirer profit de ses charmes. Inséparables, écumant plages et boîtes de nuit, les deux complices ne tardent pas à faire la rencontre d’Andres (Nuno Lopes) et Philippe (Benoît Magimel), un collectionneur d’art et son entremetteur attitré, deux hommes riches qui les invitent à monter sur leur yacht. Sofia détourne alors l’adolescente de sa réalité quotidienne, pour l’entraîner dans le monde du luxe, de l’opulence, de la haute couture, des grands restaurants, des somptueuses villas méditerranéennes. Ce monde où tout paraît possible, Naïma le découvre ébahie, en même temps que la monnaie d’échange qui le rend accessible aux filles de son milieu : les rapports sexuels qui ont lieu le soir entre Andres et Sofia.
Luxe illusoire
Du conte, le film retient précisément la tournure : une jeune fille s’aventure, non pas dans une forêt sombre, comme le Petit Chaperon rouge, mais dans une dimension irréelle de l’existence, cet univers des riches qui semble ne rencontrer aucune résistance, tout simplement parce qu’il relève de l’illusion. Illusoire est, en effet, l’invitation faite aux cousines de monter sur le yacht, car elles peuvent en être chassées d’un moment à l’autre et leur privilège disparaître comme le carrosse de Cendrillon. Illusoire est ce luxe qui les entoure et dont elles ne voient jamais le carburant réel, à savoir l’argent sur lequel il se fonde (scène éloquente où elles s’achètent des articles de mode exorbitants sur le compte de leur hôte, mais n’ont pas les moyens de se payer un croissant). Illusoires sont les relations d’affabilité qui les lient aux deux hommes, car entièrement suspendues au désir versatile d’Andres pour Sofia. Visitant ainsi le côté somptuaire de l’existence, Naïma traverse l’été comme un rêve auquel elle n’appartiendra jamais complètement.
Sofia, quant à elle, joue pleinement le jeu de ce monde, partageant avec lui l’horizon d’une accumulation illimitée de marchandises (sacs Chanel, montres platine, robes de prêt-à-porter, etc.). Pour l’interpréter, le choix de Zahia Dehar, mannequin au passé d’escort-girl, qui a déjà beaucoup fait gloser la presse people, s’avère particulièrement judicieux. Pour son premier rôle au cinéma, la jeune actrice prête quelque chose de son vécu à la fiction, dont ce corps comme fuselé pour harponner le désir des hommes et s’en moquer en même temps. A ses côtés, Zlotowski rassemble un casting composite, mais très convaincant, d’acteurs débutants et confirmés, le beau naturel de la jeune Mina Farid, dans le rôle de Naïma, s’adossant à la dignité esquintée de Benoît Magimel.
Implacables rapports de classe
Ce dont traite le film, ce n’est pas tant de la richesse en elle-même que du pouvoir de séduction qu’elle exerce, tendue comme une vitrine faussement accessible aux yeux des gens ordinaires. Une fille facile brille surtout dans sa façon de montrer que ce monde illusoire repose en profondeur sur d’implacables rapports de classe. Zlotowski en fait un véritable enjeu de mise en scène puisque tout, dans le film, est question de seuils, d’accès décernés, de passages possibles ou impossibles, de parois de verre insurmontables, de portes qui s’ouvrent ou se ferment – à commencer par le yacht qui mouille à la vue de tous dans le vieux port de Cannes, exhibé mais inaccessible. Avec son montage inventif, son image suave et ses espaces étagés, le film joue très habilement de la position renversée de Naïma, qui, passant un instant du côté des maîtres, surprend ses proches et semblables dans celui de leurs serviteurs – jusqu’au personnel de bord du bateau qui la prend en grippe.
Le film s’ouvre sur une citation de Pascal (« La chose la plus importante à toute vie est le choix d’un métier : le hasard en dispose ») qui transforme le conte en apologue. Car c’est bien de vocation dont il est ici question et qui doit distinguer entre Naïma, l’adolescente trop sage, bonne fille encore un peu enfant, et sa cousine, la « fille facile », celle qui a fait de la séduction un travail à part entière. Laquelle des deux a raison ou tort ? Aucune, dans un monde où c’est le travail en lui-même qui marque la frontière ultime entre les maîtres et les serviteurs, les riches et les pauvres. Et si Sofia apparaît et disparaît aussi sec dans la vie de sa cousine, telle un ange ou la chimère d’un conte, c’est bien pour la guider dans cet âge où se mêlent trop indistinctement séduction et convoitise, désir et intérêt. Car sous les rêves d’une jeune fille en fleur, il se pourrait bien qu’un jour l’amour puisse se transformer en une simple valeur d’échange.
Film français de Rebecca Zlotowski. Avec Mina Farid, Zahia Dehar, Benoît Magimel, Nuno Lopes (1 h 32). www.advitamdistribution.com/films/une-fille-facile
Les soldats opèrent de plus en plus en patrouilles. Mais ils assurent une présence quasi permanente sur certains sites très fréquentés, comme le Louvre.
L'opération Sentinelle, dont quatre soldats ont été attaqués, hier, représente une mobilisation sans précédent de l'armée sur le territoire national depuis la guerre d'Algérie.
En France et à l'étranger. Au total, 7.000 militaires sont déployés en permanence en France - pour moitié en région parisienne - depuis l'attentat contre Charlie Hebdo, en janvier 2015. Ces moyens, fournis par l'armée de Terre, peuvent être portés à 10.000 hommes en cas d'attentat ou d'événement d'envergure à protéger. Ce à quoi il faut ajouter 6.500 hommes engagés dans des opérations extérieures, principalement au Sahel (opération Barkhane) et au Levant contre le groupe État islamique (Chammal).
Agressions : des précédents. Les militaires protègent des sites religieux (synagogues, mosquées...), particulièrement exposés au risque terroriste, ou très fréquentés (lieux touristiques, gares...). Ils représentent, comme les policiers, une cible privilégiée.
En février 2015 (deux ans, jour pour jour, après l'attaque d'hier au Louvre), trois militaires en faction devant un centre communautaire juif avaient été agressés au couteau, à Nice (Alpes-Maritimes). Et, en janvier 2016, un Français d'origine tunisienne avait foncé en voiture sur quatre militaires en faction devant la mosquée de Valence (Drôme).
Davantage de patrouilles. Les soldats, qui étaient à l'origine postés à l'entrée des sites sensibles, opèrent beaucoup plus, désormais, en patrouilles, un mode opératoire jugé plus efficace par l'armée et qui les rend moins repérables et vulnérables. Ils sont toutefois présents « de manière quasi permanente » sur certains sites très fréquentés, comme le musée du Louvre.
Un engagement très prenant. En attendant le recrutement de 11.000 soldats supplémentaires en 2016-2017, l'opération Sentinelle, montée dans l'urgence, pèse fortement sur les militaires. Entre opérations extérieures et Sentinelle, ils sont éloignés jusqu'à 220 jours par an de leurs familles et ont vu le nombre de leurs jours d'entraînement chuter à 65, en 2015, et environ 70-75, en 2016, loin de l'objectif de 90 défini dans la loi de programmation militaire. « Les familles sont soumises à rude épreuve », souligne le chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Jean-Pierre Bosser.
Après l'attentat de Nice, le 14 juillet 2016, 3.000 soldats ont été rappelés en 24 heures, 2.000 n'ont pas pris de congés et certains ont cumulé jusqu'à trois mois consécutifs de mission Sentinelle.
Des forces terrestres sur la corde raide. Cet emploi massif de soldats sur le territoire national fait débat, certains politiques - surtout à droite - et militaires s'interrogeant sur son efficacité par rapport à l'effort demandé aux armées. L'opération a aussi posé un gros problème d'hébergement des soldats, notamment sur Paris, où nombre de sites militaires ont été vendus pour renflouer les caisses de l'État.
Alors que les incidents sont légion, un décret pour encadrer les nouveaux usages est prévu pour « septembre ».
Aux alentours du Trocadéro, à Paris, les touristes profitent en ce mois d’août de la circulation estivale plus fluide pour arpenter la capitale en trottinette. Pistes cyclables, trottoirs ou chaussées, tous les terrains sont bons pour s’encanailler. On peut voir des couples enlacés, ou même trois amis sur un même engin, en équilibre souvent précaire, prêts à s’arrêter pour prendre un selfie.
Depuis qu’elles sont apparues sur les trottoirs, en masse à partir de juin 2018, ces trottinettes ont fait couler beaucoup de salive et d’encre. Les engins disponibles en libre-service (en « free floating », soit en location sur Internet, accessibles en quelques clics sur les applications d’une dizaine d’opérateurs) fédèrent à peu près contre eux tous ceux qui ne les utilisent pas, se retrouvant accusés de nombreux maux : stationnement anarchique, danger pour les piétons…
Un décret censé encadrer l’usage de ces moyens de transport, promis depuis plusieurs mois par le gouvernement, est désormais annoncé « en septembre ». En attendant, le sujet reste sur la table des maires concernés, avant les municipales de mars 2020.
Situation « chaotique »
Emmanuel Grégoire, premier adjoint à Paris, où circulent 20 000 trottinettes, selon la ville, évoque une situation « chaotique » : « Les opérateurs de trottinettes utilisent Paris comme un terrain de jeu. La fréquentation touristique est un marché intéressant. » Plusieurs milliers d’engins circulent aussi dans d’autres villes comme Lyon ou Toulouse. « Rapide », « pratique », « écologique », les avantages vantés par les opérateurs sont nombreux… tout comme les incidents.
Au-delà de l’insécurité ressentie par les piétons, aucun chiffre officiel – et récent – ne permet cependant de donner une idée précise des accidents et incidents, pour nourrir le débat entre « pro » et « anti ». En 2017, alors que l’usage des trottinettes était embryonnaire, la Sécurité routière faisait état de cinq morts et de 277 blessés en France pour tous les « engins de déplacement personnels motorisés et non motorisés ». Une nouvelle catégorie comptabilise, depuis le 1er janvier 2018, le nombre de blessés et de morts en « engin de déplacement personnel motorisé ». Une personne aurait perdu la vie en trottinette électrique, cette année-là. Mais le nombre de blessés n’est pas encore connu.
Il faut donc faire, faute de mieux, avec les cas publics et les décomptes artisanaux des professionnels. A l’hôpital Saint-Antoine, dans le 12e arrondissement de Paris, le service de chirurgie orthopédique du professeur Alain Sautet « opère chaque semaine deux à trois personnes » victimes d’accidents. Surtout des utilisateurs. Mais seulement 20 % des patients consultant pour ce type d’accidents finissent dans son service.
« Beaucoup arrivent avec des blessures légères qui sont traitées directement aux urgences », poursuit le médecin. « 40 % des blessures sont des traumatismes de la face », ajoute Olivier Migault, membre de la fédération française d’orthodontie. Des parents font parfois monter leurs enfants devant eux, face au guidon. « Les petits arrivent avec des incisives cassées qu’on est obligé de remplacer. A 12 ans ils se retrouvent avec des couronnes qu’ils devront changer tout au long de leur vie », poursuit M. Migault.
Impression d’incivilité
Jean-René Albertin, président de l’Association philanthropique d’action contre l’anarchie urbaine vecteur d’incivilité (Apacauvi), qui fait campagne contre les trottinettes, évoque de son côté « 200 accidents par semaine en région parisienne ». Sa femme, renversée par un engin en mai, se remet d’une double fracture du bras droit. Cette pianiste des petits rats de l’Opéra affirme ne pas savoir si elle retrouvera un jour toutes ses capacités. L’épouse du vice-président de l’association, Arnaud Kielbasa, a elle aussi été percutée alors qu’elle portait leur nourrisson. Le bébé a dû rester plusieurs jours en observation pour un traumatisme crânien. Ces deux affaires sont devenues les emblèmes de ceux qui exigent plus de régulation.
Au-delà des incidents, c’est l’impression d’incivilité qui s’enracine, alors que le partage de l’espace public entre les différentes personnes (piétons, voitures, motos, scooters, vélo, trottinettes, etc.) est plus que jamais un enjeu. Ainsi, par exemple, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), Emmanuelle Schaedelle Giroire raconte une scène que d’autres ont vécue. « Un camion s’est arrêté pour me laisser passer mais la trottinette s’est faufilée entre lui et un véhicule garé contre le trottoir », se souvient la jeune femme, qui avançait avec une poussette. Elle a réussi à éviter la collision.
Amende de 35 euros
Des faits divers, beaucoup plus graves, ont aussi été répertoriés depuis le début de l’année. Le 11 juin, à Paris, un homme de 25 ans est mort dans un choc avec une camionnette. En août, le conducteur d’une trottinette a percuté une moto sur une autoroute, où il n’avait pas le droit de rouler, dans les Yvelines. Certains engins, privés ceux-là, sont en effet très puissants et permettent d’atteindre les 90 km/h, encourageant toutes les imprudences.
Annoncé en mai par les ministères de l’intérieur et des transports, le futur décret doit intégrer au code de la route les trottinettes électriques, mais aussi des gyropodes, monoroues et autres hoverboards, avec une nouvelle catégorie de véhicules, qui correspond désormais à celle en vigueur dans les statistiques : les « engins de déplacement personnels motorisés ».
Tout utilisateur ne respectant pas les règles de circulation devra s’acquitter d’une amende de 35 euros. Des mesures spécifiques s’ajoutent : interdiction de monter à plusieurs sur un engin, obligation de rouler sur les pistes cyclables ou à défaut sur les routes limitées à 50 km/h, interdiction aux enfants de moins de 12 ans, limitation de vitesse à 20 km/h… Certains utilisateurs contestent, déjà, ce dernier point : « On doit pouvoir rouler à la même vitesse que les autres véhicules, sinon ils ont tendance à s’impatienter et c’est là que les comportements à risque se multiplient », assure Thierry Leriche, propriétaire d’une trottinette électrique depuis un an.
Flou juridique
Autre souci récurrent, le flou juridique qui entoure les trottinettes complique les indemnisations, en cas d’accident. « Impossible d’avoir une réponse claire. Les assureurs ne savent pas comment procéder », assure Elodie Saux, l’une des victimes. Les entreprises de location ont chacune leurs pratiques. Bolt prend ainsi en charge les blessures de ses usagers mais pas celles causées à des tiers, contrairement, par exemple, à l’application Uber.
La reconnaissance des trottinettes électriques dans le code de la route devrait faciliter ces démarches. « Les véhicules seront soumis à l’obligation d’assurance responsabilité civile par son propriétaire. C’est-à-dire le particulier qui possède sa propre trottinette ou l’entreprise qui la met en location », explique Aymeric Chassaing, conseiller de la ministre des transports, Elisabeth Borne.
Autre point soulevé par les opposants aux trottinettes : l’identification des conducteurs. « Ces véhicules en libre-service doivent être identifiés plus facilement pour pouvoir verbaliser les utilisateurs. Pourquoi ne pas les immatriculer ? », interroge Arnaud Kielbasa. Lors d’accidents, des conducteurs de trottinettes prennent la fuite. « Les loueurs ne demandent même pas de carte d’identité, n’importe qui peut s’inscrire », pointe le vice-président de l’association. Des critiques qui peuvent aussi bien s’adresser, par ailleurs, aux vélos.
Il y avait foule ce dimanche pour assister au grand défilé de chars depuis la porte d’Orléans jusqu’à la place Denfert-Rochereau où se trouve désormais le musée de la Libération.
Une foule d’anonymes s’est rassemblée ce dimanche autour de la place Denfert-Rochereau (XIVe) pour assister au grand défilé de chars organisé à l’occasion de la célébration du 75e anniversaire de la Libération de Paris. Sur les pas de la 2e division blindée du général Leclerc, entrée dans Paris le 24 août 1944, les chars sont remontés depuis la porte d’Orléans.
Un Espagnol de 94 ans, une Antillaise de 90 ans...
En chaise roulante, Louis Marti Bielsa, un Espagnol de 94 ans venu rejoindre les rangs de la résistance française en 1944, a participé à la Libération de Paris. « Je suis très ému par cette commémoration », confie ce vieil homme dans sa langue maternelle. « Ce sont les Résistants qui ont ouvert le chemin pour les chars », insiste-t-il.
À cette époque-là, Ena Poirier, elle, était aux Antilles. « Je me souviens des cloches qui sonnaient sur la place de l'église à Pointe-à-Pitre. Je n'avais que 14 ans à l'époque. Je n'ai pas oublié ce moment de joie, ni les larmes des mères qui avaient perdu leurs fils dans un naufrage alors que ceux-ci cherchaient à rejoindre les troupes françaises », raconte cette Antillaise de 90 ans qui avance dans la foule d'un pas assuré.
Robert, ingénieur de 54 ans venu de Luxembourg, pense à son grand-père, un poilu blessé au front et qui a survécu au naufrage du sous-marin qui le ramenait en Angleterre pour y être soigné. « En 1939 il voulait repartir au combat mais il a refusé le poste d'officier que l'armée lui proposait. Il voulait être un simple soldat mais était trop vieux pour prendre part aux combats », se souvient cet homme en fauteuil roulant.
En costumes d'époque
D'autres ont profité de cet événement pour raconter à leur progéniture les heures sombres de Paris occupé par les nazis et faire revivre la liesse de la Libération à l'instar de Miriam, Frédéric et leur fils de 10 ans qui ont suivi les chars en costume d'époque. « Je suis passionné par la Seconde Guerre mondiale depuis que je joue à Call of Duty (un jeu vidéo, NDLR) », confie le garçon qui porte un uniforme de soldat américain. « Nous l'avons emmené sur les plages du débarquement en Normandie pour la commémoration du Débarquement et nous poursuivons son apprentissage avec ces festivités de la Libération de Paris », sourit sa maman.
Pendant que la foule immortalisait avec les téléphones portables l'arrivée des chars, les Parisiens faisaient la queue pour découvrir le nouveau musée de la Libération de Paris, désormais installé à 20 m de profondeur, sous la place Denfert-Rochereau, pour découvrir notamment l'ancien poste de commandement du colonel Rol-Tanguy, chef des forces françaises de l'Intérieur (FFI) d'Ile-de-France. Le Parisien
Alors que le Monster Ball continue de cartonner à travers le
monde, Lady Gaga vient d'annoncer qu'elle prépare un livre sur cette tournée
phénoménale avec Terry Richardson qui l'a shootée habillée de viande crue pour le Vogue Hommes Japan !
"Il voulait faire un livre sur le Monster Ball. Il voulait me prendre en photo dans les coulisses, pas sur scène, et s'intéresser à qui je suis quand je ne suis pas sur scène. Il est dans le bus de tournée avec moi. Il me suit partout", a déclaré Gaga sur ce projet. Elle précise : "Il me photographiera quand je me change, lors de ces changements de costumes très rapides pendant le concert. Et parfois, il faudra que je fasse pipi pendant le show et je lui crierai tout le temps : 'Terry, dégage !' et il me dira : 'C'est tellement beau, tu es tellement punk !' Si seulement mes fans savaient qu'en coulisses je fais pipi dans un verre à bière." On va en apprendre, des choses !
C’est une expérience impressionnante, un plongeon dans le temps… Après le port de Saint-Goustan et en attendant le pont antique de la rivière du Bono, l’association Arkheo a recréé une scène du pardon de Sainte-Anne d’Auray en 3D, avec des captures de personnages. Vous êtes invités au pardon de 1862.
Les cloches imposent un court répit de silence. Puis les conversations reprennent. Nous sommes en fin d’après-midi, le jour décline et les ombres s’allongent, sur un parvis fait de terre et de graviers qui crissent sous la chaussure. L’année est 1862. Les bâtiments sont couverts de mousse, affichent un état de délabrement évident.
Gare aux mendiants
Avant l’élévation de la basilique, ce sont les derniers moments de la chapelle. Elle ne le sait pas encore. Nous non plus, d’ailleurs. Pour le moment, on est plus occupé à scruter du coin de l’œil les subtiles approches de mendiants qui ratissent le site. Depuis la Révolution, ils peuvent accéder au sanctuaire. Et chaque moment lié à la piété les voit affluer par centaines. Les différents arrêtés et décrets en font état, attestant des préoccupations des autorités locales. Installés en campement dans la campagne de Pluneret, ils attendent avec impatience chaque pardon pour pouvoir bénéficier de la générosité des pèlerins. Générosité volontaire. Ou non.
En voilà un qui fait les poches d’un bourgeois. Le fanfaron n’a rien vu et continue à se pavaner avec quelques dames affichant leurs plus belles toilettes. Ils bavassent avec un militaire caparaçonné de son costume du second empire, qui leur donne des nouvelles de la capitale. Lui revient à Sainte-Anne pour déposer un ex-voto. Blessé lors de l’expédition en Syrie de 1860 souhaitée par Napoléon III en faveur des catholiques maronites, il a bien cru y rester. Mais un poumon qui siffle tous les jours n’est rien, comparé à la seconde vie que Sainte-Anne a accepté de lui accorder, à travers ses prières. Moustache cirée, guêtres remontées, il vient la remercier.
Se faire tirer le portrait au daguerréotype
D’autres pèlerins le dépassent. Eux aussi défilent avec leurs plus beaux atours, des costumes bretons. L’épaisseur de la laine et des robes les contraint à avancer sans se presser, sous le soleil, certes déclinant, mais qui ne se montrera pas miséricordieux, en ce 26 juillet. Peu leur en chaut, la démarche plus posée leur donne une allure altière, plus cérémonieuse. De circonstance. Aujourd’hui, personne ne se vêt comme d’ordinaire. C’est jour de pardon.
Depuis la création du site, sous l’impulsion d’Yves Nicolazic, en 1624, le pèlerinage ne s’est jamais arrêté, même pendant la Révolution. Le site a continué à évoluer. La première phase de monumentalisation a encerclé la chapelle, dont le clocher ne s’élève alors que de 25 m (le dôme n’existe pas encore). Le site n’en demeure pas moins impressionnant. Un peu écrasant. La galerie du cloître ceinture l’espace, mais commence déjà à être grignotée par les boutiques. On y vend uniquement des objets religieux. Mais les affaires sont bonnes. Le photographe ne dira pas le contraire. Il fige ces bourgeois pour une éternité en sépias avec son daguerréotype. Dans leur demeure, le portrait s’affichera avec fierté, avec en arrière-plan une Scala Santa bien plus proche de la chapelle qu’on n’en avait souvenir… Comme la chapelle, le monument est amené à bouger. Il sera bientôt déplacé. Nous sommes au carrefour des siècles, le sanctuaire va se réinventer et prendre une nouvelle dimension. Les pèlerins vont continuer à prendre le chemin du sanctuaire de Pluneret, qui deviendra dans quelques années celui de la commune de Sainte-Anne-d’Auray (pas avant 1950). Ils y retrouveront chaque été le pardon, avec de moins en moins de commerces dans l’enceinte du sanctuaire, et de moins en moins de mendiants… D’ailleurs, où est passée ma bourse ?
Pratique
Découvrir Sainte-Anne en 1860, à l’aide d’un casque virtuel. Casques disponibles dans la boutique Le Souffle marin et dans la librairie du sanctuaire, à Sainte-Anne d’Auray. Location : 5 €.
Oleg Erovinkin a-t-il fourni de compromettants renseignements sur Donald Trump ? Il a été retrouvé mort à l'arrière d'une voiture, dans un parking moscovite.
Souvenez-vous. Peu après la publication début janvier d'un accablant rapport sur Donald Trump, son auteur présumé, un ex-agent britannique du MI6 avait précipitamment plié bagage et disparu des écrans radar. "The Telegraph" indique à présent que l'homme suspecté de l'avoir renseigné, un ancien général du KGB, a été retrouvé mort à Moscou.
Officiellement, Oleg Erovinkin est mort d'une crise cardiaque. Mais le quotidien britannique "The Telegraph" rapporte que son corps a été retrouvé inerte à l'arrière d'une Lexus, dans un parking moscovite en décembre... soit quelques semaines avant la publication dans la presse d'un compromettant rapport confidentiel de 35 pages sur Donald Trump.
A la morgue du FSB
Composé d'une série de notes datées de juin à décembre 2016, ce rapport aurait été rédigé par un ancien agent des services secrets britanniques pour le compte d'opposants politiques à Donald Trump. Il fait notamment état d'une sextape captée à Moscou et détaille comment "le régime russe a cultivé, appuyé et assisté [Donald] Trump depuis au moins cinq ans".
Ce que contient le rapport de 35 pages qui accable Donald Trump
Qualifié de "fake news" par Donald Trump, ce rapport avait à tel point été jugé crédible par le renseignement américain qu'il avait été présenté à Donald Trump, mais aussi au président sortant Barack Obama et à plusieurs responsables du Congrès, rapporte le "New York Times".
Le rapport s'appuyait en effet sur la base du témoignage d'un "haut officier des services de renseignements russes, toujours actif au sein du Kremlin". S'agissait-il d'Oleg Erovinkin, retrouvé mort en décembre ?
Plusieurs éléments de son décès sont en tout cas troublants. L’agence d’Etat russe RIA Novosti affirme qu’une "enquête à grande échelle a été ouverte dans la zone" où le général a été retrouvé mort. Il a illico été transporté à la morgue du FSB, ajoute le quotidien "The Telegraph".
Cité par "The Telegraph", Christo Grozev, un expert du think tank bulgare Risk Management Lab, explique sur son blog que le général Erovinkin était un très proche collaborateur de l’ancien vice-premier ministre russe Igor Setchine, lui-même très proche... de Vladimir Poutine.
L'ex-espion auteur du rapport accablant sur Trump a disparu des écrans radar
De son côté, le Britannique Christopher Steele, auteur présumé du rapport, demeure introuvable. Cet ancien agent du MI6 a notamment été stationné à Moscou pendant plusieurs années.
Siège du FSB (Ex KGB)
Emmanuel Macron a reçu le président russe le 19 août dans sa résidence d’été. La cofondatrice du Comité Syrie-Europe dénonce cette rencontre qu’elle juge honteuse au vu du rôle actif joué par la Russie dans le bombardement contre des civils syriens
On peut se poser des questions sur les effets de la rencontre entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine au fort de Brégançon (Var). On peut aussi interroger le bien-fondé de ce rendez-vous entre deux présidents désormais partenaires, malgré l’ingérence russe dans les élections françaises et européennes, sur fond d’incarcérations en nombre en Russie et pendant que les crimes contre l’humanité s’enchaînent en Syrie, où l’armée russe joue le rôle décisif qu’on sait depuis quatre ans.
Au lieu de la désescalade prévue à Sotchi (Russie), les bombardements ont repris de plus belle dans la province syrienne d’Idlib, où sont rassemblés plus de 3 millions de Syriens (un tiers d’enfants), dont 400 000 déplacés. Pendant cette entrevue, la ville de Khan Cheikhoun, attaquée au sarin en avril 2017, était anéantie sous un déluge de bombes. D’après le Réseau syrien des droits de l’homme, en mai et juin ont été bombardés 33 hôpitaux, 77 écoles, 46 lieux de culte et 3 camps de réfugiés, faisant 518 morts, chiffre qui est en train de doubler. On bombarde deux fois de suite pour liquider les équipes de secours, qui vivent l’enfer dans les villages multipilonnés. Le 16 août, des images d’épouvante sont arrivées d’Ariha : un homme brandissait en hurlant le corps déchiqueté d’une femme et son fœtus tombé à proximité.
Ce carnage n’est pas fait pour liquider des opposants, mais pour s’attaquer à toute forme d’espoir dans la population. Cibler les enfants – signature du régime dès 2011 – et liquider toute possibilité d’éduquer et soigner sont les moyens les plus sûrs.
Au regard de ces atrocités, que vient faire Poutine à Brégançon, après Versailles et le Conseil de l’Europe ? Ne fallait-il pas plutôt réunir les démocraties de l’Union européenne qui existent encore et déclarer l’embargo, l’arrêt des contrats, le gel des avoirs ? « Nous avons mené ensemble des opérations humanitaires », a dit M. Macron, avant de condamner les bombardements comme si l’aviation russe n’y prenait aucune part.
Lors de la rencontre entre Poutine et Macron à Saint-Pétersbourg le 23 mai 2018, s’est décidée une collaboration qui consacrait un tournant : la France a envoyé par l’aviation russe 50 tonnes d’aide humanitaire dans la Ghouta (banlieue de Damas), reprise après des mois de pilonnage. L’opération était censée permettre de peser sur le « dossier syrien » et tester la volonté russe de stabiliser la région.
Stupéfiante indifférence
Un an plus tard, les bombardements sont plus meurtriers que jamais, la Russie continue d’y tester ses armes et plus encore le seuil de tolérance de la communauté internationale, qui semble illimité. Ce qui se passe à Idlib ne fait que confirmer le feu vert qu’avait été la ligne rouge des attaques chimiques de 2013 : survoltage d’une impunité de six ans. Après avoir anticipé sur les veto de rigueur sino-russes et laissé la gestion turco-russe du conflit se désintégrer, l’ONU prend acte de la victoire d’un régime génocidaire et invite les Syriens à revenir chez eux : la guerre est finie.
Mais outre que la guerre se poursuit, était-ce la fonction de l’ONU d’entériner une extermination en disant « quelle horreur » ? Fallait-il livrer aux armées les données géolocalisées des cibles à éviter, lorsqu’on connaît les méthodes poutiniennes en matière de terre brûlée ? Avait-on oublié Grozny, même à l’ONU ? Pourquoi les Syriens reviendraient-ils là où la prison ou la liquidation les attend, et pourquoi les exodes s’arrêteraient-ils ? Pourquoi les centaines d’enfants des rues qui ont vu leurs parents massacrés résisteraient-ils à l’appel du nihilisme djihadiste et aux équipes de l’organisation Etat islamique (EI), qui, apprend-on, reprend pied en Syrie. Quelle surprise !
La stupéfiante indifférence ou cécité qui se manifeste à l’endroit des Syriens, comme s’ils vivaient sur une autre planète, a un nom : la guerre à Daech et Al-Qaida. Or on sait qu’Assad a fait libérer, le 29 juillet, les terroristes de Daech à Deraa, comme il avait dès 2011 libéré les djihadistes. Si Bachar Al-Assad menait une guerre contre le terrorisme, cette guerre n’aurait pas fait 90 % de ses victimes parmi les civils, et elle serait depuis longtemps terminée.
Rappelons que, cinq mois après le soulèvement en Syrie, on comptait déjà 2 000 morts et 1 200 prisonniers, alors qu’il n’y avait ni Armée libre, ni l’EI, ni Nosra, mais une population qui réclamait « liberté et dignité ». C’est son propre djihad que mène Bachar, et il n’est pas étonnant qu’il se soit déchaîné contre ses ennemis communs avec Daech : ceux qui voulaient la démocratie. La guerre qu’il mène contre sa population n’a pas de fin : « Bachar ou nous brûlons le pays », disent les slogans qui scandent ces crimes. Rien n’aura donc été épargné aux Syriens – pas même les expulsions de Turquie et du Liban par familles entières ainsi envoyées à la mort. Les révélations sur Tadmor et Saidnaya et autres centres de torture effarants (100 000 disparus) montrent la permanence d’une culture de la cruauté. Par quel miracle cette culture aurait-elle disparu ? Lorsque le public saura ce qui s’est passé dix ans durant dans ce pays, ce sera une noyade morale, mais vu l’état de nos sociétés, on ne s’y sentira pas tenu au « devoir de mémoire ». Quand verra-t-on que ce carnage consenti entraîne le monde vers une anomie nouvelle ? Au regard de ces perspectives, les retrouvailles de Brégançon ne seront pas seulement un camouflet de plus pour le président français. Elles sont à inscrire au chapitre des épisodes les plus honteux de l’histoire française, vingt-cinq ans après le Rwanda.
Catherine Coquio a cofondé le Comité Syrie-Europe. Ce collectif travaille avec le laboratoire Shakk, à l’EHESS, sur l’écriture de l’histoire dans le contexte de la révolution et de la guerre en Syrie
Pour présider le jury de sa 70e édition, du 17 au 28 mai, le Festival de Cannes a choisi un habitué, le réalisateur espagnol Pedro Almodovar, ont annoncé les organisateurs mardi 31 janvier. Le cinéaste sera chargé, avec ses jurés dont le nom n'est pas encore connu, d'élaborer le palmarès du festival, et notamment d'attribuer la Palme d'or. Il succède, dans ce rôle, au réalisateur australien de Mad Max, George Miller.
#AFP - @Festival_Cannes: le cinéaste espagnol Pedro #Almodovar président du jury #AFP https://t.co/cH32GhAIxs
— AFP Cannes (@AFPCannes) 31 janvier 2017
Un message Twitter du président français appelant à la mobilisation des dirigeants internationaux contre les incendies est illustré par une photo... prise par un photographe décédé il y a seize ans.
«Notre maison brûle. Littéralement. L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20% de notre oxygène, est en feu. C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence. #ActForTheAmazon»
Voici le contenu du tweet d’Emmanuel Macron, publié à 21h14 jeudi soir (en français et en anglais), appelant à la mobilisation des dirigeants internationaux du G7 contre les feux qui sévissent en Amazonie.
Problème, la photographie qui illustre le tweet fait partie des innombrables fausses photos qui circulent. Ainsi, l’image – comme nous l’expliquions dans un article ce jour —, dont on trouve trace ici sur Internet en 2012, a bien été prise en Amazonie, mais par Loren McIntyre, un photographe décédé en 2003. Elle date donc d’au moins 16 ans.
Comme nous l’expliquions dans notre article sur le sujet, les vraies images des incendies actuels étaient jusqu’à récemment peu nombreuses. Expliquant que de nombreux internautes tombent dans le piège. Jusqu’à l’Elysée, donc.
Cédric Mathiot
Par Gary Dagorn
En montrant son intérêt pour le territoire arctique, le président américain se positionne dans la course aux ressources souterraines qui l’oppose à la Russie et à la Chine.
Révélé le 15 août par The Wall Street Journal, l’intérêt de Donald Trump pour l’acquisition du Groenland a été confirmé trois jours plus tard par le président lui-même. Le refus du gouvernement groenlandais et de la première ministre danoise, Mette Frederiksen, ont poussé Donald Trump à retarder sa visite au Danemark, prévue pour septembre, entraînant un incident diplomatique entre les deux pays.
L’attitude du président américain, coutumier des sorties provocatrices, a été largement critiquée. Elle ne doit pourtant rien au hasard.
Course vers l’Arctique
Les propos de Donald Trump s’inscrivent dans un contexte plus large dans lequel l’océan Arctique devient le lieu d’investissements croissants de la part des Russes et des Chinois, à mesure que le réchauffement climatique fait fondre la calotte glaciaire. Les territoires de l’Arctique sont riches en matériaux indispensables à l’industrie (or, zinc, cuivre, graphite, nickel, platine, uranium) et en hydrocarbures. Un rapport de l’Institut géologique américain publié en 2008 estimait que ces ressources représentaient jusqu’à 13 % des réserves non découvertes de pétrole et 30 % pour le gaz.
Dans cette course à l’exploitation des vastes ressources souterraines de l’Arctique, la Russie et la Chine ont devancé les Américains. D’après le cabinet de conseil financier Guggenheim Partners, plusieurs centaines de projets d’infrastructures représentant plus de 860 milliards de dollars d’investissements sont en train de voir le jour dans l’océan le plus septentrional du globe.
La Russie a déjà prévu 186 milliards de dollars d’investissements, contre un peu plus de 100 pour les Etats-Unis. La société pétrolière russe Rosneft a commencé à forer sur un champ dont le potentiel est estimé à un demi-milliard de barils, et découvre de nouveaux champs potentiels régulièrement. Le pays espère produire de 20 % à 30 % du pétrole russe dans les eaux arctiques d’ici à 2050. Gazprom, lui, extrait déjà de grandes quantités de gaz de ses exploitations en mer de Petchora.
La Norvège s’est elle aussi lancée dans l’extraction des ressources pétrolières dans la mer de Barents, au nord de ses côtes, avec une première exploitation dans le champ de Goliat, mise en service en 2016. Une seconde exploitation devrait voir le jour en 2022.
Mais en plus des huit pays de la zone, la Chine joue les invités (plus ou moins) surprises dans la course aux ressources. Car, bien que celle-ci n’ait aucune côte sur l’océan Arctique ni aucune revendication territoriale, la seconde économie du monde compte bien peser et s’est déclarée comme une « puissance presque arctique ». Elle fait partie du Conseil de l’Arctique comme pays observateur, depuis 2013, et est entrée au capital de joint ventures russes d’exploitation gazière.
La Chine a aussi multiplié les investissements dans les pays arctiques européens, notamment au Groenland, en échange d’un accès aux ressources minières de l’île, ce qui permet au territoire de moins dépendre de sa tutelle danoise.
Un enjeu stratégique pour les Etats-Unis
Ces initiatives chinoises sont perçues par les Etats-Unis comme une menace directe à leur influence sur une région qu’ils estiment être une extension géographique du continent américain, à l’instar de l’Alaska, acquis en 1867.
Face à ces avancées sino-russes, les autorités américaines tentent désormais de réagir. Ainsi, l’administration Trump a annoncé en janvier 2018 l’ouverture des eaux arctiques américaines au forage, notamment au large de l’Alaska, mais la décision a été jugée illégale par une juge du district de l’Alaska le 31 mars, car seul le Congrès a le pouvoir d’ajouter des zones ouvertes à l’exploitation des hydrocarbures. Ce revers met en difficulté les ambitions de l’administration Trump, qui considère désormais l’Arctique comme un enjeu central. La stratégie publiée par le Pentagone en juin 2019 présente clairement cette zone comme une nouvelle grande compétition entre eux, les Russes et les Chinois.
Au-delà de la géopolitique, les propos de Donald Trump ont également une connotation très politique : il s’agit aussi d’adopter une rhétorique plus agressive et directe, à l’instar de la stratégie musclée adoptée par Moscou. Donald Trump, depuis son élection, s’emploie à « secouer » un jeu diplomatique habituellement feutré et très codifié, ce qui s’avère populaire auprès de son électorat, friand de cette image de négociateur « dur » mais réaliste (ou « deal maker »), capable de faire bouger les lignes.
Un achat qui semble peu probable
Malgré les velléités américaines, l’achat de cette île de 2,16 millions de kilomètres carrés reste très peu probable, en raison de nombreux obstacles. Parce qu’un tel achat doit passer par un traité, celui-ci doit être ratifié par les trois parties : les Etats-Unis, le Danemark et le Groenland, dont le consentement est obligatoire. Or les Groenlandais ne souhaitent pas d’un rachat ou d’une nouvelle tutelle, mais demandent au contraire – et de longue date – davantage d’autonomie, si ce n’est l’indépendance réelle, à Copenhague.
De l’autre côté de l’Atlantique, la ratification d’un traité d’achat requiert obligatoirement l’approbation du Congrès, c’est-à-dire aussi bien du Sénat (qui doit ratifier), contrôlé par les républicains, que de la Chambre des représentants (qui doit donner son autorisation budgétaire). Si la ratification des sénateurs n’est pas inconcevable, la Chambre des représentants, repassée sous pavillon démocrate aux élections de mi-mandat de novembre 2018, rend la conclusion d’un traité au mieux incertaine, au pire impossible.
Enfin, du côté danois, une vente est également complètement exclue, Copenhague n’ayant aucun intérêt à perdre son influence historique sur ce territoire qu’il revendique depuis 1775, d’autant qu’il a déjà décliné une offre des Etats-Unis dans le passé. En effet, après avoir songé à acquérir l’île en 1867 (juste après avoir racheté l’Alaska aux Russes), les Américains ont soumis une offre en 1946 aux Danois, leur proposant 100 millions de dollars en or, ce que ces derniers avaient refusé. La proposition, restée secrète, n’a été révélée qu’en 1991, lorsqu’un journal danois, le Jyllands-Posten, a étudié les documents désormais déclassifiés.
A l'occasion de la Journée mondiale de l'Holocause, le 27 janvier, l'Hôtel de ville de Paris accueille une exposition sur L'Etat trompeur: le pouvoir de la propagande nazie. Le pouvoir de la propagande plus que jamais d'actualité, comme s'en inquiète Sara Bloomfield, directrice du Musée américain de l'Holocauste.
Le chemin qui mène à l'Holocauste était pavé de mots, des mots qui prônent de grandes idées, incitant à la haine et favorisant l'indifférence au sort des autres.
Aujourd'hui, 72 ans après l'Holocauste, les discours de haine sont toujours d'actualité. En dépit d'un engagement ferme pris en 1945 "Plus jamais ça", l'antisémitisme, le racisme et la xénophobie ont connu une résurgence dans de nombreuses régions du monde. Puisque les nouvelles technologies amplifient considérablement le pouvoir des idées, nous avons plus que jamais besoin de contrer la menace que la propagande pose à toutes les sociétés. Pour cette raison, nous nous associons pour présenter l'exposition L'État trompeur: le pouvoir de la propagande nazie. Parfois, le passé reste le passé. Dans le cas du nazisme, le passé récent a beaucoup à dire au sujet du présent.
Un poison à action lente
La propagande nazie, comme l'a rappelé un survivant de l'Holocauste, a agi comme un poison à action lente et insidieuse qui s'est répandu dans chaque fibre de la société allemande. Des voisins, des amis et des concitoyens se sont transformés en parias et en ennemis de l'intérieur.
Cette transformation ne s'est pas produite du jour au lendemain. Les nazis ont gagné le soutien de millions d'Allemands vivant en démocratie grâce à des promesses de restaurer la grandeur allemande et d'unir tous les Allemands - indépendamment de leur classe, région ou religion - dans une "communauté nationale" (les Juifs étaient considérés comme une race à part, n'appartenant pas à la communauté nationale). C'était une notion séduisante pour une nation humiliée par la défaite militaire, souffrant de graves conditions économiques et terrifiée par la menace communiste. Les Juifs sont devenus les boucs émissaires responsables de tous les problèmes de l'Allemagne. Beaucoup d'électeurs ont volontairement négligé ou n'ont pas été gênés par le programme raciste et antisémite du parti. Mais dès qu'Hitler a été nommé chancelier, son gouvernement a rapidement effectué des arrestations de masse, mis en place des camps de concentration et mis en oeuvre des politiques raciales. La démocratie a été éradiquée en l'espace de quelques mois.
Sous la dictature nazie, la guerre contre les Juifs était présentée comme une question de sécurité nationale. La diffusion ininterrompue de propagande raciste et antisémite, quand elle n'inspirait pas la haine, favorisait une indifférence du public qui contribuait à rendre possible la persécution et, à la fin, le meurtre de masse.
Jouer sur les frustrations et les peurs
Malheureusement, la propagande dangereuse imprègne encore la culture politique contemporaine. Et son danger est amplifié par la puissance de la technologie. Les stratèges extrémistes comprennent, comme l'a fait Hitler dans les années 1920, qu'il faut se rapprocher des individus et des groupes déçus du système actuel. Les organisations terroristes et les politiciens populistes et radicaux jouent sur les frustrations et les peurs, ainsi que sur les espoirs et les rêves, de leurs publics cibles.
Dans sa propagande, ISIS (Daech) promet de créer une communauté idéale, où les musulmans, quelles que soient la couleur de leur peau, leur appartenance ethnique ou leur origine nationale, peuvent vivre en "fraternité" sous un "drapeau et un objectif unique". Les recruteurs touchent les personnes qui se sentent privées de leurs droits, humiliées ou mécontentes, et qui sont disposées à commettre des actes extrêmes, comme des tueries d'une brutalité terrible, la torture et même un génocide pour réaliser leur conception du monde.
La démocratie fait face à une autre menace des groupes d'extrême-droite, qui promettent de restaurer la grandeur nationale en attisant la peur et la colère, visant pour grande partie des boucs émissaires, comme les minorités ou les immigrants. Ces partis ne sont plus des mouvements marginaux, mais des organisations capables de construire une base solide de soutiens et de gagner des élections locales, régionales et nationales. Dans un certain nombre de pays européens, les partis d'extrême-droite ont déferlé sur les réseaux sociaux, dépassant largement leurs principaux concurrents politiques. Aux États-Unis, les nationalistes blancs extrémistes ont considérablement augmenté leur présence sur les réseaux sociaux. Une étude récente indique que de tels groupes, y compris les néo-nazis, ont connu une croissance de 600% de "followers" sur Twitter.
Ne pas oublier son passé
Ce sont là des préoccupations graves, auxquelles nous tous devons faire face. Peu d'électeurs allemands au début des années 1930 prévoyaient que le régime nazi plongerait le monde dans la guerre et réaliserait le plus grand génocide de l'histoire du monde. Beaucoup d'entre eux ont voté par frustration face à leur situation du moment et par crainte et colère. Ils n'ont voté ni pour les chambres à gaz, ni pour les unités mobiles d'extermination. Mais, en ignorant les sombres facettes du programme nazi, comme le racisme et l'antisémitisme, les Allemands ordinaires ont aidé à porter Hitler au pouvoir.
Le processus démocratique encourage la concurrence et la diversité sur le marché des idées. Mais ses libertés exigent une vigilance soutenue au nom de ses citoyens et des élus afin de veiller à ce que les droits de tous soient protégés. Combattre la propagande dangereuse qui diabolise tout groupe ou menace les valeurs démocratiques fondamentales, relève de la responsabilité de chacun. Pour cette raison, nous encourageons tous les visiteurs de l'exposition à Paris L'Etat trompeur, le pouvoir de la propagande nazie à protester contre les discours de haine et contre la violence envers les minorités religieuses et ethniques en utilisant les hashtags #Holocaustremembrance et #MemoryToAction.
Un monde meilleur - qui valorise la liberté, la justice, le pluralisme et la dignité humaine - est à portée de main. Mais c'est un monde qui n'oublie jamais son passé, qui est prêt à y faire face et qui refuse de répéter les erreurs du passé. La transmission du passé est une première étape pour jeter les bases de l'avenir. Le reste incombe à chacun d'entre nous.
L'Etat trompeur, le pouvoir de la propagande nazie, exposition ouverte au public du 26 janvier au 25 février, à l'espace Paris Rendez-Vous, le concept-store de l'Hôtel de Ville de Paris.
Photo ci-dessus : Dachau
A quelques jours de l'annonce des nominations pour les César, le choix de Roman Polanski pour présider la 42e cérémonie avait suscité un tollé chez des associations féministes et avait été condamné par la ministre des Droits des femmes. Le cinéaste franco-polonais a finalement décidé de renoncer à présider la cérémonie, selon son avocat cité par l'AFP, mardi 24 janvier. Car le réalisateur de Tess, du Pianiste ou de Rosemary's Baby, qui a reçu de nombreux prix à travers le monde, est toujours poursuivi par la justice américaine pour le viol présumé d'une mineure en 1977.
Incendies en Amazonie : le monde inquiet, passe d’armes entre Macron et Bolsonaro
Les feux de forêt ont augmenté de 84 % depuis le début de cette année au Brésil par rapport à la même période en 2018.
Les feux de forêt en Amazonie sont devenus une crise internationale : les Nations unies (ONU) et le chef de l’Etat français ont interpellé vivement le président brésilien, Jair Bolsonaro, jeudi 22 août. Des alertes qui n’ont pas plu au dirigeant d’extrême droite qui a accusé Emmanuel Macron d’avoir « une mentalité colonialiste », après que ce dernier a donné rendez-vous aux membres du G7, à Biarritz ce week-end, pour « parler de l’urgence » de la situation.
M. Bolsonaro a estimé que son homologue français « instrumentalise une question intérieure au Brésil et aux autres pays amazoniens » avec « un ton sensationnaliste qui ne contribue en rien à régler le problème ».
« Le gouvernement brésilien reste ouvert au dialogue, sur la base de faits objectifs et du respect mutuel. La suggestion du président français selon laquelle les affaires amazoniennes soient discutées au G7 sans la participation de la région évoque une mentalité colonialiste dépassée au XXIe siècle. »
M. Bolsonaro a participé à une réunion de crise en soirée à Brasilia. En matinée, il avait lancé une nouvelle charge contre les défenseurs de l’environnement ; ces derniers ont appelé à des manifestations vendredi dans le monde.
« Notre maison brûle. Littéralement »
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déclenché la salve d’appels internationaux à sauver l’Amazonie en se disant, sur Twitter, « profondément préoccupé » par les incendies qui sévissent dans la plus vaste forêt tropicale du monde, dont 60 % se trouvent en territoire brésilien.
« En pleine crise climatique mondiale, nous ne pouvons accepter davantage de dégâts sur une source majeure d’oxygène et de biodiversité. »
Peu après, Emmanuel Macron qui exprimait son inquiétude, également sur le réseau social, avec un message malencontreusement illustré d’une image prise par un photographe décédé en 2003, comme beaucoup d’autres tweets.
« Notre maison brûle. Littéralement. L’Amazonie, le poumon de notre planète qui produit 20 % de notre oxygène, est en feu. C’est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence. »
Des manifestations étaient prévues vendredi, à Sao Paulo et Rio. Le mouvement de la jeune Suédoise Greta Thunberg, égérie de la lutte contre le réchauffement climatique, « Fridays for Future », a appelé à des rassemblements devant les ambassades et consulats du Brésil à travers le monde.
75 336 feux depuis janvier
L’avancée des feux dans la plus vaste forêt tropicale de la planète est très difficile à évaluer, mais l’Institut national de recherche spatiale (INPE) a fait état de près de 2 500 nouveaux départs de flammes en l’espace de 48 heures dans l’ensemble du Brésil. La déforestation en est la principale cause.
D’après l’INPE, 75 336 feux de forêt ont été enregistrés dans le pays de janvier jusqu’au 21 août – soit 84 % de plus que sur la même période l’an dernier – et plus de 52 % concernent l’Amazonie.
Tandis que la presse brésilienne commençait à rapporter des problèmes respiratoires dans certaines villes, les feux affectant l’Amazonie sont restés jeudi au Brésil la première tendance sur Twitter. Mais certaines des images ont brouillé le message et créé la polémique, montrant par exemple des feux en Amazonie remontant à 1989, ou concernant d’autres Etats brésiliens, ou même d’autres pays, tels l’Inde ou les Etats-Unis.
Au cœur de la tempête, Jair Bolsonaro a ainsi dénoncé des fausses informations, et pointé la responsabilité des ONG. « Les ONG perdent de l’argent, qui venait de la Norvège et de l’Allemagne. Elles n’ont plus d’emplois, elles essaient de me renverser », a-t-il assuré jeudi, en référence à la suspension par ces deux pays de leurs subventions au Fonds Amazonie affecté à la préservation de l’immense forêt tropicale.
« La presse brésilienne passe son temps à inventer des histoires, mais m’accuser d’être [un] Néron qui met le feu est irresponsable, c’est faire campagne contre le Brésil. Il y a toujours eu des feux de forêt et il y en aura toujours. Malheureusement, cela arrive en Amazonie. »
« Cramer l’image du Brésil »
Le président brésilien a exprimé toutefois sa préoccupation pour les retombées économiques. « Si le monde entier commence à dresser des barrières commerciales [contre le Brésil] notre agronégoce va chuter, l’économie va reculer (…) et votre vie à vous éditeurs, propriétaires de télévision, va être compliquée », a-t-il menacé.
Dans une tribune, 118 ONG se sont élevées contre « l’irresponsabilité » présidentielle. « Bolsonaro n’a pas besoin des ONG pour cramer l’image du Brésil dans le monde entier », lit-on dans ce texte, qui dénonce un président « qui manipule l’opinion publique contre le travail réalisé par la société civile, avec des allégations irresponsables et inconséquentes ».
Chaque année, le nombre d’incendies et de parcelles défrichées augmente en juillet au Brésil, à la fin de la saison des pluies. Le feu est alors utilisé pour nettoyer des zones déjà déforestées, pour ouvrir des pistes ou pour préparer des terres à la culture. Le manque de prévention fait que ces incendies se propagent à des zones qui n’étaient pas destinées à être brûlées. Aujourd’hui, près de 20 % de l’Amazonie ont été défrichés.
Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre suscite l’intérêt de toutes les femmes... Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l’église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes. Barny ne succomberait-elle pas au charme du jeune prêtre ?
- D'après "Léon Morin, prêtre", le roman écrit par Béatrix Beck paru en 1952 -
LA CONFESSION Bande Annonce (Romain Duris - 2017)
Un film réalisé par Nicolas Boukhrief
Avec Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny
Genre : Drame
Sortie le 8 mars 2017
Si l’exposition se limite aux deux camps de Dachau et de
Falkenau (satellite de Flossenbürg), elle est néanmoins de nature à faire
comprendre au public les conditions dans lesquelles les opérateurs américains
ont travaillé. Les équipes mises en place par John Ford et George Stevens
étaient composées d’opérateurs professionnels, reconnus et expérimentés, ou
formés spécialement à cette occasion.
L’exposition évoque l’histoire de ces trois grands cinéastes
dont le parcours a été bouleversé par les violences de la Seconde Guerre
mondiale et la mise en présence des victimes des « atrocités nazies ». En
complément des images, des textes de John Ford et de Joseph Kessel sont lus par
Jean-François Stévenin.
Pour la première fois, les images du camp de Dachau sont
présentées dans l’ordre chronologique dans lequel elles ont été tournées. Elles
sont accompagnées des fiches que les opérateurs remplissaient et des comptes
rendus rédigés par l’un des écrivains embauchés par Stevens. Des extraits de
ces récits, lus par Mathieu Amalric, ont été placés en commentaire des images.
Cet ensemble documentaire permet de donner une place aux spectateurs
d’aujourd’hui, à l’abri des opérateurs, dont les gestes de médiation sont ainsi
revitalisés.
Grâce à la collaboration de l’Academy of Motion Pictures,
Arts and Sciences et de la Lilly Library (Université de Bloomington, Indiana),
et la participation de Christa Fuller, George Stevens Jr. et Jerry Rudes, le
Mémorial est en mesure de montrer pour la première fois en France un montage de
documents d’archives, de films et de photographies, souvent inédits, qui
permettent de retracer, presque au jour le jour, une expérience vécue à la
première personne, en même temps que transmise en héritage aux générations
d’après.
Christian Delage, Commissaire de l’exposition.
Le camp de concentration de Dachau. Photo prise en mai 2004.
Voir également mes précédents billets
Comédie de Guillaume Nicloux.
Dans cette comédie loufoque aux allures de faux documentaire, l’écrivain Houellebecq et l’acteur Depardieu, dans leur propre rôle, se rencontrent en cure de thalasso en Normandie, à Cabourg. Peu convaincu par la cure, et frustré par le régime sans alcool et sans tabac qui lui est imposé, Houellebecq tombe sur Depardieu alors qu’il fume en cachette. Ils vont dès lors commencer à se donner rendez-vous dans leur chambre pour boire des bons vins et discuter de la vie, de la mort ou de la politique, tandis que, cinq ans après son enlèvement (dans un précédent film), Michel Houellebecq va entendre à nouveau parler de ses anciens ravisseurs.
Déambulant en peignoir dans les couloirs de l’hôtel, plongé dans une cuve de cryothérapie ou en séance de pressothérapie, tentant d’ouvrir de force l’armoire à vins du restaurant ou d’amadouer le serveur, confondu avec Yann Queffélec, Houellebecq est souvent irrésistible en chien triste à l’air un peu perdu. La rencontre haute en couleur entre les deux compères crée ensuite un vrai duo comique, entre confessions, truculence et ruses enfantines. Guillaume Nicloux ne cache pas sa fascination pour ses acteurs, même si, une fois passé l’effet réjouissant des premiers gags, l’intrigue tend à s’essouffler.
Bertrand Langlois
Quand le photographe Howard Huang a commencé à faire le tour de New York pour montrer son book de mode en 2002, il était loin de se douter qu'il allait devenir le maître de la photographie urbaine. À l'époque, l'immigrant taïwanais pensait que les "urban girls" étaient juste des femmes qui vivaient en ville, expliquant: "l'anglais est ma seconde langue: j'avais encore beaucoup à apprendre." Mais, quand le rédacteur en chef du magazine Black Men lui a demandé s'il savait comment photographier des femmes sexy, il a tout de suite dit oui et a commencé à mettre en scène les voluptueuses chanteuses, mannequins et actrices du magazine dans des fantasmes inspirés de son amour de la bande dessinée et de l'anime.
Ses photos composites présentent des lieux exotiques, des intérieurs luxueux ou les rues de Manhattan inondées de néons la nuit. Ses héroïnes canon, dont la chanteuse Jacki-O, l'actrice Vida Guerra ou les stars de la télé-réalité Hoopz, Deelishis et Risky Jones, filent sur d'élégantes motos, dévalisent des banques, tous flingues dehors, avec des mallettes d'où s'envolent des billets, brandissent des sabres comme des assassins japonais, font surgir du feu, chassent du gros gibier et se battent généralement en exhibant leur propre postérieur généreux dans des photos qui évoquent les jeux vidéos. "Le truc, c'est de retravailler une image pour mettre en valeur ma vision, sans attirer l'attention sur les mauvais effets spéciaux de Photoshop", déclare Huang, qui a été le disciple du maître des effets numériques, Michel Tcherevkoff. Le résultat, c'est un mariage unique de nouveau pictorialisme et de photo glamour traditionnelle qui offre un regard sur le marché spécialisé peu connu des mannequins afro ou latino américains regroupés sous l'appellation d' "urban girls".
Album photo en vente chez TASCHEN
Libération de Paris : un défilé de la Liberté
Pour les 75 ans de la Libération de Paris, participez à un Défilé de la Liberté, dimanche 25 août 2019. Aux côtés de véhicules militaires et civils d'époques, entrez dans les pas de la 2e DB du général Leclerc entré dans Paris le 25 août 1944 !
Partons d'un constat : la Libération de Paris est un événement historique que beaucoup d'entre nous ont seulement vu en vidéo ou en photo. Oui, le temps passe, et 75 ans se sont déjà écoulées depuis que Paris a été libéré, et pour se remémorer ce moment, la Mairie de Paris organise un défilé de véhicules d’époque, de la place du 25 août 1944, à l'endroit même où Leclerc et ses hommes sont entrés dans Paris le 25 août 1944.
Le défilé passera par l’Avenue du Général Leclerc, avant d'arriver Place Victor et Helène Basch où des images d’archives seront projetées. L’arrivée est prévue à 16h00 à Denfert-Rochereau où le jazz band qui vous aura accompagné en musique pendant le défilé assurera une dernière animation musicale.
Vous êtes invités, si vous le souhaitez, à venir habillés selon la mode vestimentaire de l’époque pour participer au défilé. De même, les habitants et commerçants des quartiers concernés sont invités, s'ils le souhaitent, à pavoiser leurs balcons et terrasses aux couleurs tricolores, comme ce fût le cas à la Libération.
De nombreux autres événements sont prévus ce jour de commémoration, comme le déploiement du drapeau tricolore sur la Tour Eiffel par les Pompiers de Paris le 25 août 1944 et, plus festif, la diffusion du film La Traversée de Paris avec Jean Gabin, Bourvil et Louis de Funès dans les salons de l'Hôtel de Ville.
Et quelques jours plus tard, dès le 27 août 2019, les amateurs d'histoire contemporaine ont rendez-vous au tout nouveau musée de la Libération de Paris - musée du général Leclerc.
Les grands groupes américains se sont élevés collectivement, lors d’auditions menées à Washington, pour dénoncer la « taxe GAFA » votée à leur encontre par Paris.
« Précédent troublant », « impôt discriminatoire », « rupture brutale de règles longuement établies » : des responsables des grands groupes dits « GAFA » et d’autres leaders de l’Internet ont donné de la voix, lundi 19 août, dans le cadre d’une enquête ouverte par les services du représentant américain au commerce (USTR), contre la taxation française des groupes numériques.
Cette investigation a été lancée après la décision française d’imposer ces géants du numérique, en vue de possibles représailles. Le président Donald Trump a notamment menacé de taxer les importations de vin français.
La loi française, promulguée le 11 juillet, crée un impôt sur le chiffre d’affaires réalisé par ces grandes entreprises de l’internet dans l’Hexagone, alors qu’elles sont pour la plupart basées aux Etats-Unis, où elles sont imposées sur leur bénéfice.
Besoin d’une réforme
« C’est une solution imparfaite pour remédier à un système de taxation caduque », a déclaré Jennifer McCloskey, du groupement professionnel Information Technology Industry Council. Un consensus existe du côté des autorités et des industriels pour reconnaître le besoin d’une réforme du système d’imposition de ces transactions numériques, mais plutôt sous l’égide de l’OCDE, qui regroupe les pays industrialisés.
« C’est une fracture radicale par rapport à la pratique habituelle », a protesté Rufus Yerxa, président du Conseil national du commerce extérieur. Pour Gary Sprague, de la firme d’avocats Baker and McKenzie représentant divers groupes allant d’Airbnb à Expedia, en passant par Microsoft et Twitter, l’impôt décidé par Paris est « discriminatoire ».
Une trentaine de groupes réalisant au moins 25 millions d’euros de chiffre d’affaires en France et 750 millions d’euros dans le monde devront s’acquitter de cet impôt. Ce sont en premier lieu les leaders américains et mondiaux du secteur.
Amazon dénonce une « double taxation »
La taxation française considère trois niveaux d’activité, ont relevé ces responsables : la publicité, les échanges ou impressions sur la plate-forme et les données transactionnelles.
Selon Gary Sprague, d’autres groupes de média traditionnels, qui touchent le public français via la publicité, devraient être aussi assujettis à cet impôt, « comme les journaux, les chaînes de télévision ». De même, le représentant de Google, Nicholas Bramble, estime que « taxer une poignée de grands groupes de l’Internet n’a pas de sens quand tous les secteurs deviennent numériques ».
Chez Amazon, dont la France représente le deuxième marché européen pour le commerce électronique, on dénonce la « double taxation ». Peter Hiltz, directeur de la planification fiscale auprès du géant de la distribution en ligne, cite le cas typique, selon lui, du voyageur américain en France qui surfe et achète sur le site d’Amazon US. « Sa transaction sera taxée en France, mais aussi aux Etats-Unis au niveau du bénéfice », argumente-t-il.
Le groupe dit s’interroger aussi sur la manière de distinguer les visiteurs suisses ou belges francophones sur le site Amazon en Français. Il assure en tout cas que la nouvelle taxation va « avoir un impact négatif sur Amazon et des milliers de petites et moyennes entreprises » qui travaillent avec le distributeur.
Quelque 58 % des ventes d’Amazon passent par des partenaires, sur lesquels le groupe a déjà prévenu qu’il ferait supporter le coût des nouveaux impôts. « On les a déjà informés que leurs droits d’inscription vont augmenter d’ici le 1er octobre », a affirmé M. Hiltz.
« On n’a jamais vu d’impôt rétroactif »
La rétroactivité de la loi adoptée par Paris, qui va appliquer ce nouvel impôt depuis le début de l’exercice 2019, soulève aussi des protestations. « On n’a jamais vu d’impôt rétroactif », s’insurge Alan Lee, de Facebook, qui se plaint comme les autres représentants d’un manque de « directives » pour appliquer la loi.
Aucun des responsables de ces grands groupes ne pouvait dire, à ce stade, quel volume de leur chiffre d’affaires serait donc imposé. Tous ont expliqué qu’ils devaient modifier leur façon de collecter les données, le trafic et les impressions laissées par les visiteurs sur leurs sites.
Une démarche et une nouvelle comptabilité qui vont « coûter des millions de dollars », a affirmé Jennifer McCloskey, du Conseil des technologies de l’information, sans pouvoir donner d’évaluation plus précise.
Trump en guerre contre les médias
Donald Trump a qualifié les journalistes « d’êtres humains les plus malhonnêtes de la terre ».
États-Unis
Le président américain n’a pas aimé les images télévisées de son investiture montrant « des tribunes presque vides ».
De notre envoyée spéciale Jannick Alimi À Washington (Etats-Unis)
La guerre contre les médias avait été déclarée pendant la campagne électorale. Mais, malgré son intronisation vendredi comme 45 e président des Etats-Unis, Donald Trump ne ménage pas ses tirs. Et avec quelle violence ! Samedi après-midi, devant les agents de renseignement de la CIA — stigmatisés eux aussi avant son élection mais avec qui Trump tentait une opération de réconciliation — le nouveau président, mécontent des chaînes télé qui avaient montré « des tribunes presque vides » le jour de l’investiture, a décoché ses flèches.
Les journalistes font partie « des êtres humains les plus malhonnêtes de la terre », a-t-il lancé à l’assistance qui a… applaudi. « Je vous le garantis, j’ai fait un discours et il y avait au moins un million, 1,5 million de personnes, a-t-il affirmé avec assurance. Je regarde une chaîne de télévision et ils montraient des pelouses vides et parlaient de 250 000 personnes. C’est un mensonge. »
Un peu plus tard, lors d’un point presse surprise, Sean Spicer, le nouveau porte-parole de la Maison-Blanche, a surenchéri. Le public vendredi, a-t-il assuré, « a été le plus important à avoir jamais assisté à une prestation de serment. » Selon lui, les comparaisons effectuées par les médias sont « honteuses et fausses ».
Effet d’optique
Au-delà de la crise qui semble indubitablement s’installer entre la Maison-Blanche et la presse américaine, cette polémique tiendrait d’un effet d’optique : de sa tribune, Trump avait devant lui les tribunes réservées aux officiels, aux invités, aux personnes accréditées et aux spectateurs payants, toutes bien remplies. En revanche, Trump ne « voyait » pas les immenses pelouses qui s’étiraient à l’est, de la colonne dédiée à Washington jusqu’aux alentours du Lincoln Monument. Elles, comme le montraient les photos publiées par le « New York Times », étaient beaucoup moins fréquentées que lors de la première intronisation de Barack Obama, en 2009.
Brassaï, Sans titre, de la série Graffiti © Centre Pompidou – Estate Brassaï
Les graffitis de Brassaï sont archiconnus : à partir des années 1930, le photographe hongrois a collecté les images de dessins gravés par des inconnus sur les murs de la capitale parisienne. Le Centre Pompidou, qui possède de nombreux tirages de cette série publiée en livre en 1961, lui consacre une exposition très fouillée dans sa galerie de photographies en sous-sol (entrée gratuite). On y découvre, outre ces images pleines de magie et de mystère, le contexte et les interprétations successives qui les ont accompagnées. Obsédé par ses graffitis au point de répertorier ses trouvailles sur des carnets de dessin et des cartes, Brassaï ne se voyait pas pour autant comme un enquêteur sociologique. C’est plutôt la poésie des motifs qui l’intéressait, leur capacité à traduire l’essence de la condition humaine : la mort, l’amour, le sexe. Claire Guillot
Centre Pompidou, Paris 4e. De 11 heures à 21 heures. Gratuit. Tous les jours sauf mardi, de 11 heures à 22 heures Jusqu’au 30 janvier.
Par Maxime Vaudano, Adrien Sénécat
Le candidat arrivé en tête du premier tour de la primaire propose un cocktail mêlant revenu universel, réformes institutionnelles et mesures environnementales.
C’est la surprise du premier tour : Benoît Hamon est arrivé en tête de la primaire à gauche, dimanche 22 janvier, avec 36,3 % des voix, selon les derniers résultats donnés par le Parti socialiste. L’ancien ministre a réussi son pari d’imposer ses idées au terme d’une campagne éclair. Voici les mesures phares de son programme, qui ont séduit une partie des électeurs de gauche.
Le revenu universel, sa mesure emblématique
C’est l’idée phare de Benoît Hamon : mettre en place un revenu universel d’existence. Le candidat a incontestablement réussi à en faire l’un des principaux sujets de débat de la primaire, contraignant ses adversaires à se positionner sur la question. Et les critiques de ces derniers, sur la forme comme sur le fond, n’ont visiblement pas suffi à décrédibiliser le candidat, même s’il a plusieurs fois modifié les termes de sa proposition dans les derniers jours avant le vote.
Mais que propose-t-il vraiment ? Dans les faits, il n’est pas question d’un « revenu universel » pour tous les Français dans un premier temps. Le candidat compte d’abord mettre en place, dès 2018, un RSA remanié, qui serait augmenté d’environ 10 % pour atteindre 600 euros par mois et serait versé sans condition à tous les ayants droit. Les jeunes de 18 ans à 25 ans (environ 6 millions de personnes) toucheraient quant à eux ce même revenu, sans condition de ressources.
La perspective de mettre en place un véritable revenu universel sans condition de 750 euros pour tous les Français de plus de 18 ans est, quant à elle, renvoyée à un horizon lointain : « A terme », soit après la tenue d’une« grande conférence citoyenne », mais pas forcément avant 2022.
Réformes institutionnelles, environnement, sujets de société… ses principaux thèmes de campagne
Derrière sa mesure phare, on retrouve trois grands thèmes de campagne dans le programme de Benoît Hamon. Sur le plan politique, il fait ainsi la part belle aux réformes institutionnelles. Il veut limiter l’utilisation de l’article 49.3 – qui permet de faire adopter une loi sans vote des parlementaires – aux seuls textes budgétaires et instaurer un « 49.3 citoyen ». Il souhaite également reconnaître le vote blanc, imposer un non-cumul des mandats dans le temps, accorder le droit de vote aux étrangers pour les élections locales, introduire une dose de proportionnelle aux législatives ou encore revenir au septennat non renouvelable.
Deuxième axe de campagne : l’environnement. L’ancien ministre de l’éducation nationale veut développer une fiscalité environnementale, notamment par la TVA. Il veut aussi lutter contre la maltraitance animale, sortir du diesel à l’horizon 2025, réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % et fermer les centrales à risque en fin de vie. Il propose enfin de lutter contre le gaspillage alimentaire et lutter contre les perturbateurs endocriniens, ainsi que les pesticides.
Dernier grand thème développé : les sujets de société. Il veut ainsi créer une police des discriminations, légaliser l’euthanasie active, protéger les lanceurs d’alerte, autoriser la procréation médicalement assistée (PMA) aux femmes seules et aux couples de femmes. Le candidat souhaite également légaliser la consommation de cannabis.
Sur l’économie, une rupture avec le quinquennat Hollande et un certain flou
Deux ans et demi après son éviction du gouvernement, en août 2014, sur fond de désaccords politiques avec François Hollande, Benoît Hamon a porté un projet en rupture avec le quinquennat écoulé. Il veut ainsi abroger la loi travail, dernière grande réforme du mandat. Il propose également de revaloriser le smic de 10 %, encourager la réduction du temps de travail sous les trente-cinq heures, avec un droit « inconditionnel » au temps partiel, ou encore de réformer l’impôt sur le revenu en le fusionnant avec la contribution sociale généralisée (CSG) et en le rendant plus progressif.
Le candidat veut également un moratoire sur le pacte budgétaire européen, qui fixe la règle des 3 % de déficit public à ne pas dépasser. Mais il ne se plie pas à l’exercice du chiffrage de son projet sur le plan économique, contrairement à de nombreux candidats. Le coût et/ou les bénéfices attendus de la plupart de ses mesures ne sont ainsi pas détaillés, et il ne donne pas de cadrage budgétaire global – on ne sait pas, par exemple, s’il souhaite que le budget de l’Etat revienne sous les 3 % de déficit public ou non au cours de son mandat.
La politique internationale, enfin, est un thème peu développé dans son programme, à l’exception par exemple de la reconnaissance de l’Etat palestinien.