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Jours tranquilles à Paris
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21 octobre 2010

La Galerie Acte 2 est à SHOW OFF

SHOW OFF - PARIS

David Lachapelle

21 - 24 October 2010

Opening: Wednesday, 20 October 2010 7:00 pm

www.showoffparis.fr

Galerie ACTE 2

41 rue d'Artois, 75008 Paris

www.acte2photo.com

Opening hours: Mon-Fri 10am-7pm . Sat 12-6pm

B014855

David LaChapell

" I am presenting a selection of works that best portray the consistent themes I have been exploring throughout my career - from some of my earliest works that were shown during the 1980's in New York galleries, on through the 15 years I spent while working for magazines

This time my objective was to document America's obsessions and compulsions using publications as a means to reach the broadest possible audience. I was employing "pop" in the broadest sense of the word. I was photographing the most popular people in the world to the marginalized always attempting to communicate to the public in an explicit and understandable way. The images were always meant to attract, not alienate. Inclusion has always been the goal when making these pictures, and continues on in the newest works that will be exhibited

The difference between the works I did as a photographer for hire and the most recent is that I'm freed from the constraints of magazines. The work has not only been liberated from the limitations of glossy pages, but has also emerged from the white frame, engaging the viewer with the exploration of three-dimensional tableaux.

I feel that we are living in a very precarious time, with environmental devastation, economic instability, religious wars waged, and excessive consumption amidst extreme poverty. I have always used photography as a means to try to understand the world and the paradox that is my life.

There is the feeling that we are living at a precipice. My hope is that through the narratives told in my images, I will engage people and connect with them addressing the same ideas or questions that possibly challenge them.

My latest pictures are a reflection of my earliest pictures. I reintroduce my personal ideas of transfiguration, regaining paradise, and the notion of life after death." 

David LaChapelle's photography career began in the 1980's in New York City galleries. After attending the North Carolina School of Arts, he moved to New York where he enrolled at both the Art Students League and the School of Visual Arts. With shows at 303 Gallery, Trabia McAffee and others, his work caught the eye of his hero Andy Warhol and the editors of Interview Magazine, who offered him his first professional photography job.

Working at Interview Magazine, LaChapelle quickly began photographing some of the most famous faces of the times.

Before long, he was shooting for the top editorial publications of the world, and creating the most memorable advertising campaigns of a generation. His striking images have appeared on and in between the covers of magazines such as Italian Vogue, French Vogue, Vanity Fair, GQ, Rolling Stone and i-D. In his twenty-year career in publishing, he has photographed personalities as diverse as Tupac Shakur, Madonna, Amanda Lepore, Eminem, Philip Johnson, Lance Armstrong, Pamela Anderson, Lil' Kim, Uma Thurman, Elizabeth Taylor, David Beckham, Paris Hilton, Jeff Koons, Leonardo DiCaprio, Hillary Clinton, Muhammad Ali, and Britney Spears, to name just a small selection.

After establishing himself as a fixture amongst contemporary photography, LaChapelle expanded his work to include direction of music videos, live theatrical events, and documentary film. His directing credits include music videos for artists such as Christina Aguilera, Moby, Jennifer Lopez, Britney Spears, The Vines and No Doubt.

His stage work includes Elton John's The Red Piano, the Caesar's Palace spectacular he designed and directed in 2004, which just recently ended its five year run in Las Vegas. His burgeoning interest in film led him to make the short documentary Krumped, an award-winner at Sundance from which he developed RIZE, the feature film acquired for worldwide distribution by Lions Gate Films. The film was released in the US and internationally in the Summer of 2005 to huge critical acclaim, and was chosen to open the 2005 Tribeca Film Festival in New York City.

Recent years have brought LaChapelle back to where he started, with some of the world's most prestigious galleries and museums exhibiting his works. Galleries such as the Tony Shafrazi Gallery in New York, Jablonka Galerie in Berlin, the Robilant + Voena Gallery in London; and Maruani & Noirhomme in Belgium have housed his works as well as Institutions such as the Palazzo delle Esposizioni and Palazzo Reale in Italy; the Barbican in London, and The Helmut Newton Foundation in Berlin.

In 2009, exhibitions in Mexico City at the Museo del Antiguo Colegio de San Ildefonso, in Paris at the Musee de La Monnaie, and in Guadalajara at the Museo de Las Artes all broke attendance records. These shows presented his latest series of works with which LaChapelle has broken out of the frame, presenting three-dimensional sculptural murals.

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5 septembre 2019

Peter Lindbergh 1944-2019

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Ce sont des jours sinistres, Steve Hiett jeudi dernier, Jean Marquis ce lundi et hier Peter Lindbergh. Et demain?

L’édition d’aujourd’hui est dédiée à Peter Lindbergh et Carole Schmitz a partagé avec nous ses conversations avec l’un des derniers rares photographes de génie, universellement respecté et aimé.

Le Sultan a tiré sa reverence par Carole Schmitz

Pour lui le plus important était de créer des images. Peter Lindbergh, un des photographes les des plus demandés et les plus appréciés de la planète mode nous a hélas quitté trop tot. Maître-façonneur d’images, il appartenait au cercle très fermé des quelques dix photographes stars, un statut dont il ne se vantait guère. A nul autre pareil, il ciselait ses sujets avec un œil parfait. Son regard sur les femmes était d’une sensuelle beauté. Sa vision en était actuelle et intemporelle. Venu à la photo par hasard, comme il se plaisait à le rappeler, Peter était avant tout un observateur et aucun détail ne lui échappait. La photo et la mode ne lui sont jamais montées à la tête, bien au contraire… Ouvert, accessible, toujours souriant, c’était un homme d’une incroyable générosité et d’une parfaite lucidité quant au monde dans lequel il évoluait. Pour lui, la création était la naissance de quelque chose qui vient d’un sentiment, d’une émotion ou d’une combinaison d’idées. Ses images à l’atmosphère réalistes célébraient la beauté sans artifice. Pour la plupart déjà iconiques, elles sont et resteront désormais et pour l’éternité puissantes, pleines de contrastes et de mélancolie par instant. Privilégiée d’avoir pu, à plusieurs reprises, rencontrer et échanger avec ce grand Monsieur, je garderai surtout de lui l’image d’un gentleman qui ne trichait pas.

Carole Schmitz : L’ exposition qui vous est consacrée et qui va faire le tour du monde s’intitule « A Different Vision on Fashion Photography », que pouvez vous nous dire sur cette vision différente ?

Peter Lindbergh: C’est Thierry Loriot qui a eu l’idée de cette exposition. Son envie était de montrer une approche personnelle sur plus de trente ans de mode. Je suppose qu’il considérait ce que j’ai fait pendant toutes ces années comme très différents de ce qui se faisait habituellement en matière de photos de mode.

C.S : Qu’est ce qui a initié cette exposition ?

P.L :Je suppose que Thierry Loriot était intéressé par une interprétation différente et consistante de 30 ans ou plus de mode et bien entendu de photographie.

C.S : Sera-t-elle identique dans chaque ville ?

P.L :Cette exposition est sensée être montrée dans 5 à 10 musées à travers le monde et s’adaptant à chaque ville, sera à chaque fois quelques peu différente. Le contenu ne changera pas, seule la scénographie et peut-être l’espace alloué aux différentes

C.S : Vous êtes considéré comme l’un des photographes de mode les plus influents de son époque, que vous inspire le monde d’aujourd’hui ?

P.L :Mon inspiration ne me vient quasiment jamais de la mode, ou disons plutôt, une fois de temps à autre. Je ne vais plus aux défilés depuis plus de 15 ans. Pourquoi me direz-vous ? La raison en est simple, je ne veux pas me laisser influencer par des collections qui changent ou évoluent trop vite à mon gout, comme je le suppose, c’est le cas pour de nombreux autres photographes. J’aime et j’admire l’immense créativité que déploient les designers à chacun de leurs shows, mais je pense aussi que le fait de me tenir à l’écart de tout ceci m’offre une palette d’inspiration beaucoup plus large. Actuellement je suis inspiré par tout ce qui peut m’entourer, une histoire, un poème, une conversation avec quelqu’un qui peut vous apprendre quelque chose que vous ignoriez… etc. Il y a tant de choses qui chaque jour s’offrent à nous, tant de choses qui ne demandent qu’à être découvertes et transformées en quelques choses d’autre. Je pense que le devoir de la photo de mode n’est pas d’aider à vendre des vêtements, mais plus globalement d’inspirer, de parler des femmes, ce qui signifie également, définir ces femmes dans l’époque dans laquelle nous vivons. La photographie de mode devrait être plus étendue que la mode elle même. Pour en revenir à votre question, le monde est rempli d’inspirations de toutes sortes. Les choses les plus atroces auxquelles nous faisons face actuellement, tout à coté des choses les plus belles. Tout à la fois est inspirant.

C.S : Vous sentez-vous davantage photographe ou photographe de mode ? Artiste aussi ?

P.L :Franca Sozzani, directrice de Condé Nast Italie et éditrice du Vogue Italien et depuis trente longues années une de mes proches amis a dit ce qui suit dans une interview qu’elle a donné il y a peu : « Peter est un photographe qui marquera l’histoire de la photographie (pardonnez moi, mais c’est Franca qui dit cela !!!) car il n’est pas rattaché aux tendances, il a sa propre identité. Ce n’est pas un photographe de mode, il utilise la mode pour parler des femmes, ce qui est très différent »… J’acquiesce totalement à ses propos. Et pour répondre à la seconde partie de votre question, à propos du fait de me sentir artiste ou non, je vous propose si vous en avez l’occasion de lire l’interview que j’ai accordé au magazine américain d’art « Art Forum » de mai 2016 (pages 296 à 307 « The new look, Art and fashion Photography »), j’y aborde cette question dans le détail. Comme une boutade ou une provocation même, je dis souvent que je suis photographe de mode…  Un qualificatif que bon nombre renient pour se targuer d’être des artistes. Personnellement, je pense que la photo de mode est un véhicule fantastique pour exprimer ce que l’on a envie de dire.

C.S : On vous surnomme affectueusement le « Sultan », d’où cela vous vient-il ?

P.L :Cela date d’une autre époque, lorsque j’ai encore à l’école d’art tout en participant à une exposition de groupe dans un musée allemand. Lorsqu’ils ont imprimé le catalogue, le commissaire d’exposition m’a appelé pour me demander si j’avais un nom d’artiste, et j’ai très spontanément répondu : « Oui, Sultan ». Ce nom m’est resté tout au long de mes années d’artiste, y compris pour mon exposition solo chez « Denise Rene/ Hans Mayer Gallery ».

C.S : Quelle image avez vous de la femme d’aujourd’hui ?

P.L :Lorsque je regarde autour de moi, je suis choqué par ce qui est fait aux femmes aujourd’hui. L’idée de la beauté a été transformée, elle est déconnectée de la réalité et tout signe emmenant d’expériences personnelles ont été gommés pour n’être qu’un masque interchangeable utilisé à des fins commerciales. L’image que j’ai de la femme sur papier glace est horrible. Au fond, je ne sais pas qui decide réellement de l’image à donner de la femme, ni où est leur intérêt… si ce n’est pécuniaire. Et à ce titre tout est aseptisé. Pas une trace de rides ou de vécu… Est-ce cela l’image de la femme que nous devons donner ? Je ne le pense pas. Les femmes sont aujourd’hui coincé par des diktats, elles veulent paraitre jeune à tout prix. Cela me désole, car ce qui fait la beauté d’une femme ce sont justement les empruntes laissées par le temps. Et à titre plus personnel, je pense que la femme est la plus belle des créations. Les femmes sont selon moi bien plus intéressantes que les hommes. Elles sont courageuses, fines, sensibles. Je les adore… D’ailleurs, il m’arrive quelques fois de penser que si j’avais été une femme, je serais lesbienne… (rires). Mais peut-être que si j’en été vraiment une, je ne penserais pas de la sorte !!!

C.S : Qu’est ce que la beauté pour Peter Lindbergh ?

P.L :Je viens de finir le calendrier Pirelli 2017. J’avais une idée très précise du message que je voulais véhiculer à travers ces images. J’ai écrit quelques lignes pour l’expliquer, mais laissez moi d’abord vous raconter ce que nous avons fait. J’ai demandé à 15 actrices dont je suis très proche, si elles souhaitaient participer à ce projet. Les 15 m’ont dit oui et ont donc accepté de se prêter à cette expérience. 15 actrices dont je ne peux hélas pour le moment  pas vous révéler les noms. Mais voici le texte que j’ai rédigé et qui figurera en ouverture du calendrier : « En ces temps où les femmes sont représentées dans les médias comme ambassadrices de la perfection et de la jeunesse, j’ai pensé qu’il était important de rappeler qu’il existe une beauté différente, plus réelle et crédible, pas manipulée par la publicité ou n’importe quels autres intérêts, une beauté qui parle d’individualité, de courage d’être soi-même et laisser s’exprimer  sa propre sensibilité… »

C.S : Quelles sont vos canons de beauté ?

P.L :C’est une question à laquelle il est bien trop compliqué de répondre tant il y en a…

C.S : Quel est votre regard sur la mode aujourd’hui ?

P.L :La mode aujourd’hui est trop stressante pour les designers. Personne ne peut imaginer 25 collections par ans sans devenir fou sous la pression du succès à la fois artistique et commercial.

C.S : Une tendance de mode qui vous agace ?

P.L :Non.

C.S : Dans une interview, je vous ai entendu dire que le beau est « boring ». Le pensez-vous toujours ?

P.L :Tout dépend dans quel sens est utilisé « beau ». Si cela s’apparente à la sacro-sainte quête de perfection et de jeunesse, je dirais que le « beau » est non seulement synonyme d’ennui mais qu’il est d’avantage encore dévastateur. C’est la beauté faite d’imperfections qui est interessante.

C.S : Vos portraits dégagent une certaine absence d’inhibition et de grâce physique, comment parvenez vous à obtenir ce résultat quelque soit la personne que vous photographiez?

P.L :La réponse est très simple : en étant moi-même et vrai.

C.S : Qui aimeriez vous photographié et qui n’est pas encore passé devant votre objectif ?

P.L :Vanessa Redgrave !

C.S : Vous affectionnez tout particulièrement la photographie en noir et blanc, qui présente près de 60 % de votre travail. Qu’apporte le noir et blanc que vous ne trouvez pas dans la couleur ?

P.L :J’utilise à 75% le Noir&Blanc, mais je dois avouer que la couleur peut souvent être bien plus interessante que le Noir&Blanc. Il y a eu diverses raisons à cela et à différentes époques. Au départ, j’ai aimé l’idée que le Noir&Blanc interprétait la réalité et cela semblait comme être un petit pas vers l’art (rires), mais par la suite il a été plus important pour moi de le ressentir comme plus réel et plus authentique, ce qui du reste est faux. Je me sentais plus proche de la vérité en utilisant le Noir&Blanc, surtout lorsqu’il s’agissait de portraits

C.S : La photographie a beaucoup évolué depuis vos débuts. Quel est votre regard de professionnel sur ces changements?

P.L :La digitalisation a été très positive à bien des égards. Utilisation d’un écran, qui permet à chacun de voir les images en temps réel, un privilège qui jadis n’était réservé qu’au photographe. Ce petit détail finira par « tuer » les photographes et par là même la photographie.

C.S : Depuis le temps que vous travaillez dans la mode, quel regard portez vous sur la mode, et sur la presse aussi ?

P.S :Ca dépend des journaux, mais dans l’ensemble je me rends compte qu’il y a de moins en moins de lieux où je peux encore être l’enfant terrible que j’étais. La consigne aujourd’hui c’est d’être sage, c’est le cas par exemple avec le Vogue américain. Pas avec le Vogue Italie qui est plus pointu. Mais ça m’amuse aussi de faire des photos plus “straight”, c’est un exercice de style, d’une certaine manière. En tout cas, je l’assume. Et puis aujourd’hui, les journaux de mode fonctionnent tous de la meme manière, ce qui ne laisse plus vraiment de place aux photos plus personnelles. Il y a quinze- vingt  ans, on pouvait s’amuser en travaillant pour certains journaux, je pense notamment à Marie-Claire qui à l’époque était assez pointues, aujourd’hui, c’est terminé ! Quant à la mode, c’est un monde sans pitié, d’une incroyable cruauté, où la pression exercée peut rendre les gens fous.

C.S : Qu’est ce qui est primordial dans votre travail ?

P.L :L’humilité et la vérité.

C.S : Qu’est ce qui vous faire encore courir ?

P.L :Il n’y a rien de plus intéressant que la photographie, mais rassurez-vous, je parle pour moi !

C.S : Quels pourraient être vos regrets, si toute fois vous en avez ?

P.L :La seule chose qui me manque dans la vie c’est le temps, je veux du temps que je peux utiliser pour moi ou pour mes (bientôt) 7 petits-enfants.

C.S : Qui est Peter derrière Mr Lindbergh ?

P.L :Impossible de répondre à cette question étant donné que je suis Peter derrière Mr. Lindbergh et que je ne pense pas l’avoir jamais rencontré !

 C.S : Quels sont les 3 artistes contemporains avec lesquels vous échangeriez volontiers votre art ?

P.L :Michael Heizer, Gerhard Richter, Joseph Kosuth.

C.S : Quel est votre devise ?

P.L :« Se montrer tel que l’on est, sans vouloir de manière intentionnelle ou drôle ajuster sa personnalité, est la chose la plus importante qui soit » (Shunryu Suzuki)

C.S : Quel est votre luxe ?

P.L :De pouvoir vivre selon la citation de Suzuki, mais aussi, je dois l’avouer, de posséder un magnifique yacht anglais de 100ft de 1964 dont l’intérieur a été réalisé par mon ami Christian Liaigre.

19 février 2017

Etats-Unis: le "téléphone de la destruction" d'Hitler aux enchères

telephone hitler

Photo non datée obtenue auprès d'Alexander Historical Auctions montrant un téléphone ayant appartenu à Hitler qui sera vendu aux enchères à Chesapeake (Maryland), le 19 février 2017 Photo non datée obtenue auprès d'Alexander Historical Auctions montrant un téléphone ayant appartenu à Hitler qui sera vendu aux enchères à Chesapeake (Maryland), le 19 février 2017 © Alexander Historical Auctions/AFP/Archives / HO Alexander Historical Auctions/AFP

Le téléphone rouge d'Adolf Hitler, dont se servait le Führer pour distiller ses consignes et présenté comme "l'arme la plus destructrice" de l'Histoire, sera vendu aux enchères dimanche sur la côte Est américaine, a annoncé la maison qui organise la vente.

L'appareil retrouvé dans son bunker après la défaite de l'Allemagne nazie, frappé du nom d'Adolf Hitler et d'une croix gammée surmontée d'un aigle, symbole du Troisième Reich, est estimé entre 200.000 et 300.000 dollars par Alexander Historical Auctions.

Les enchères, qui auront lieu dans le Maryland et porteront sur plus de 1.000 objets au total, seront ouvertes aux acheteurs du monde entier également par téléphone.

L'estimation a été réalisée compte tenu de la "rareté et de l'aspect unique" de cet objet, a précisé à l'AFP Andreas Kornfeld, de la maison Alexander, assurant attendre que la vente excède l'estimation.

Avec ce téléphone, fourni à Adolf Hitler par la Wehrmacht, l'armée du Troisième Reich, le leader nazi a donné la plupart de ses ordres pendant les deux dernières années de la Seconde Guerre mondiale, selon Alexander Historical Auctions.

Il avait été récupéré par un ancien brigadier britannique, Ralph Rayner, qui s'était rendu à Berlin début mai 1945, au lendemain de la reddition de l'Allemagne nazie, et à qui les officiers russes ont offert le téléphone, depuis conservé par son fils.

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Plus de 70 ans plus tard, la peinture rouge du téléphone Siemens à cadran s'est érodée et dévoile la couleur noire initiale de l'appareil en bakélite.

Il s'agit "probablement", affirme Alexander, "de l'+arme+ la plus destructrice de tous les temps, qui a envoyé des millions (de personnes) à la mort à travers le monde".

Le téléphone a été "l'appareil portable de la destruction d'Hitler, utilisé dans les voitures, les trains, ses quartiers généraux", explique encore la maison, précisant qu'il a servi jusque dans "les derniers jours désespérés" du régime nazi.

4 septembre 2019

Cunnilingus: Comment faire un cuni à votre partenaire ? Astuces et conseils

dessin cunni

Comment faire un cunnilingus parfait ? La rédaction de Gentside s'est entourée du docteur Gérard Leleu, sexologue le plus connu de France, et de Nephael, modèle de charme et spécialiste du plaisir, pour décoder tous les mystères du plaisir féminin. Quels sont les gestes à faire et à ne pas faire ? Comment parvenir à la faire jouir ? Quels sont les techniques à adopter ? Découvrez toutes les petites astuces coquines pour la faire grimper au plafond.

Le cunnilingus est un rapport bucco-génital. C'est l'équivalent au féminin d'une fellation. Il s'effectue avec la bouche, la langue et les lèvres d'un partenaire sur le sexe de la femme (vagin, clitoris, lèvres et vulve). Souvent appelée cuni, cette pratique tire son nom de son explication latine: Cunnus pour désigner la "vulve" et lingere qui signifie "lécher". On ne peut pas être plus explicite.

Pourquoi les femmes adorent les cunnilingus ?"Il y a ce côté, 'c'est tout pour nous'. C'est un acte de don", nous indique Nephael, modèle de charme pour Dorcel. L'inspiration technique du sexologue Gérard Leleu nous explique pourquoi c'est si agréable. "Les lèvres et la langue sont infiniment plus adaptées que la main et les doigts. La bouche, les lèvres et la langue sont humides et chaudes. Les muqueuses sont très douces donc le contact est agréable. La langue est aussi infiniment plus intelligente que le doigt. La langue est subtile et déliée". Tout autant de précisions qui font du cunnilingus un véritable travail d'orfèvre.

Enfin, tout comme pour la fellation, la dimension psychologique prend également une énorme part du plaisir ressenti. Le sentiment d'abandon lié à la domination est un facteur d'excitation. Il faut prendre du plaisir à faire plaisir, ça n'en sera que plus excitant. Imaginez quand une femme vous fait une fellation avec enthousiasme. Le plaisir en est multiplié.

Patience et rythme, les mots-clés d'un cunnilingus réussiLe cunnilingus est une "pratique assez longue qui demande de l'organisation et de la patience", confesse notre sexologue. ll faut savoir prendre son temps. En réalité, tout dépend de l'éveil du corps de la femme. "Il y a des femmes qui peuvent venir en quelques minutes alors que pour d'autres ça peut prendre un quart d'heure voire une demi-heure. C'est plus long que pour la fellation chez un homme", nous rappelle Gérard Leleu.

S'il faut ne faut donc pas regarder sa montre pendant que l'on s'occupe de sa dulcinée, il faut néanmoins rester concentré. Car pour faire venir sa partenaire, il faudra jouer du rythme et ne pas compter sur une accumulation de léchouilles. "Il ne faut pas se focaliser sur un seul mouvement et faire la même chose en boucle. Il faut trouver la bonne combinaison", précise Nephael.

N'oubliez pas non plus de mettre votre partenaire à l'aise. Donner accès à ce qu'on a de plus intime peut en inquiéter plus d'une. Soyez donc gentleman, courtois et délicat. Ne foncez pas directement vers l'entrejambe de votre amante, surtout si c'est la première fois. En plus de la détendre et de la familiariser avec votre corps, cela fera également monter le désir...

Le piège du clitorisAttention messieurs, ne soyez pas un obsédé du clito. Si certains croient être arrivés en Terre Promise quand ils parviennent à le trouver, ce serait une erreur de penser que vous êtes le dieu du cuni !

"La femme peut s'irriter qu'on fonce droit sur le clitoris alors que tout le reste est sensible, prévient le sexologue Gérard Leleu. Les grandes lèvres, les petites lèvres, le vestibule vaginale, le méat urétral, la fourchette vaginale... Il y a des quantités de coins à fouiner et à explorer". Il faut savoir faire monter le désir et ne pas se jeter sur le clitoris bien qu'il reste "le point le plus sensible" du sexe féminin.

Comment trouver le clitoris ? Il est situé à l'intérieur des petites lèvres, juste en-dessous du vestibule vaginale. C'est-à-dire légèrement au-dessus de la zone de pénétration classique. Vous le reconnaitrez au toucher, c'est un petit appendice très sensible et plutôt dur. Mais il est fragile, traitez-le avec soin.

Comment faire un cunni parfait ?Cette question a certainement déjà trotté dans la tête de nombreux hommes. Comme chaque femme est différente, il n'y a pas de recette magique mais on peut tout de même vous donner quelques ingrédients pour lui faire plaisir.

Tout d'abord, il faut penser à la femme dans son ensemble et ne pas la réduire à un petit bout de vagin. "Il faut savoir être polyvalent", aime rappeler Nephael, spécialiste du plaisir. Ainsi n'oubliez pas que votre bouche n'est pas le seul argument que vous avez à proposer à Madame. Mains, doigts, baisers, "il faut étendre la caresse", comme le dit si poétiquement Gérard Leleu. La stimulation des zones proches et des autres parties érogènes du corps sont un surplus de plaisir que ne reniera pas votre exquise. "Tout compte. Il faut jouer avec le clito et tout le reste", ordonne Nephael. "On accompagne la caresse principale d'autres caresses". Il faut combiner.

Les techniques pour faire un bon cunnilingus:

- Ne pas être un obsédé du clito. On l'a bien vu, le salut ne passera pas uniquement par là. Varier les plaisirs.- Utiliser ses mains: "L'homme n'aime pas qu'on fonce droit sur son pénis", tance notre sexologue C'est pareil pour les femmes. "Il faut d'abord conquérir l'ensemble du corps et viser une sorte d'abandon avant d'attaquer les zones les plus sensibles et sensuelles". - Jouer avec son corps d'homme: Messieurs, vous aussi, vous êtes sexy. N'hésitez pas à le lui montrer en jouant de vos plus belles courbes pour la rendre folle.- Varier vos coups de langue: de bas en haut, de haut en bas, de droite à gauche, de gauche à droite, en cercle, en zigzag, etc. La langue est un concentré de technicité qu'il faut savoir faire apprécier. Elle doit être plutôt molle pour au mieux rendre grâce à la fleur de votre dame. La mâchoire doit aussi être lâche pour donner un maximum d'amplitude aux festivités linguales. Le cou doit aussi être de la partie afin d'explorer les moindres recoins de l'intimité de votre belle.- Ne pas penser qu'avec sa langue: Si vous pensez triompher à la force de votre langue uniquement, vous vous trompez. La bouche, les lèvres et les doigts sont autant d'artifices supplémentaires qui complèteront votre savoir-faire. Un baiser, une succion, une caresse buccale, une pénétration avec le doigt ou encore une caresse légère avec les dents peuvent être appréciées. Attention néanmoins à ne pas mordre !- Souffler le chaud et le froid: Le coeur du corps d'une femme est extrêmement sensible à la chaleur. Une bouche chaude ou fraîche (à l'aide d'un glaçon ou d'un chewing-gum par exemple) changera sa perception de la caresse, mais lui fera un effet retentissant. De même pour la respiration, votre rythme haletant sera aussi un argument de plaisir pour son entrejambe.- Savoir prendre son temps: Pour amener la femme au désir, il faudra s'armer de patience... mais quel plaisir ensuite. - Être délicat: Ne traitez pas la fleur de Madame comme une vulgaire batavia. Sachez être doux sans être mollasson.- Garder le rythme: Quand on a trouvé le rythme et que la femme est réceptive, il faut être attentif par tous les sens au plaisir de la femme. Fréquence, mouvement, pression, vitesse mènent à l'orgasme. Il faut savoir maintenir sans s'arrêter pour la délivrer. "Pour nous, c'est plus crescendo. Il faut y aller progressivement. Mais il faut tout de même qu'il y ait une certaine intensité à la fin", explique Nephael.

Les positions pour un bon cuniComme il demande un peu de temps, il faut avant tout penser au confort. Une femme bien installée se libérera plus facilement. De même, un homme bien posté pourra donner son maximum pour sa demoiselle. "Il faut se mettre dans une bonne position confortable. Un cunnilingus demande de la constance. Il faut aussi oublier les quelques douleurs que l'on peut avoir (langue, cou, etc)", précise Gérard Leleu.

"Le mieux c'est allongé ou un peu assis. Pour le mec comme pour la nana, c'est ce qu'il y a de plus confortable", recommande Nephael. "Sinon il y a le 69, le mec allongé, la femme au-dessus", de cette façon la femme ressent un maximum de plaisir puisque son sexe est parfaitement exposé.

Sachez aussi que debout, l'orgasme est bien plus difficile à atteindre. La pression du sang est plus forte quand les pieds sont collés au sol, donc en appui. Dès lors, l'orgasme est plus compliqué à atteindre. Seuls les plus intrépides s'y aventureront.

Les signes de l'orgasme et que faire après ?Comment repérer quand elle va jouir et surtout que faire après ? Quand s'arrêter de se démener à l'étage inférieur ? Difficiles questions. "Il faut écouter les soupirs, les cris, les gémissements", indique Nephael, notre mannequin experte du plaisir. "Comme l'orgasme est long, il ne faut pas s'arrêter tout de suite après le premier cri, sinon ça va être très frustrant. Mais il ne faut pas non plus rester trop. Il y a un timing à respecter parce qu'au moment de l'orgasme, cela devient très sensible et plus agréable".

Mais si votre dame a joui, rien ne dit que tout est terminé pour autant. Si vous vous sentez d'attaque et qu'elle aussi, vous pouvez tenter le doublé. "Il est possible d'enchaîner sur un autre. Dans ces cas-là, il faut bien faire redescendre la pression, y aller tout doucement et repartir de plus belle. Il n'y a pas de faux-pas tant qu'on est en accord avec sa partenaire".

Quelle épilation pour un cuni ?"Le mieux c'est des poils sur le pubis (si on le souhaite) mais toujours les lèvres épilées". Voilà la maxime prescrite par Nephael. Le fait d'avoir les lèvres dégagées vous assure une plus grande sensibilité et un plaisir retrouvé. Parole d'experte.

Les risques du cuniComme pour tout rapport bucco-génital, le risque de transmission d'IST est important si l'on ne se protège pas. "Si l'on n'est pas sûr de sa partenaire, il faut mettre un carré de latex. Comme le préservatif, c'est un intermédiaire qui couvre un peu les sensations", mais qui est nécessaire en cas de doute de son partenaire.

L'astuce coquine qui fait la différence:Le réflexe veut que l'homme mette ses mains sous les genoux de sa partenaire ce qui lui permet un meilleur accès au vagin. S'il est une position agréable dans un premier temps, il peut empêcher le relâchement total de votre partenaire. Pour faciliter l'orgasme de votre dame, pensez à lui allonger les jambes, ainsi les flux se projetteront mieux et vous verrez votre amante tortiller de plaisir.

La playlist pour un cunnilingus parfaitUntitled (How does it feel) - D'AngeloMorceau mythique de NuSoul de cet artiste américain qui raconte exactement ce que vous êtes en train de faire. C'est la mise en musique du plaisir buccal offert à son/sa partenaire. 7 minutes 11 secondes d'intense plaisir.

Les 3 commandements du cunnilingus

- Les souffles et les gémissement de ta partenaire, tu écouteras

- Dans le piège du clitoris, tu ne tomberas pas

- De la patience, tu auras

"Beaucoup de mecs pensent savoir faire un cunnilingus alors que la plupart ne savent même pas trouver le clitoris", Nephael.

 

4 septembre 2019

Brexit : Boris Johnson a perdu un vote crucial au Parlement

brexit

Par Raphaëlle Bacqué, Cécile Ducourtieux, Londres, correspondante

Les opposants au « no deal » comptent bien faire adopter, mercredi, une législation obligeant le premier ministre à aller quémander un report du divorce avec l’UE.

Encore une folle journée en direct de Brexitland. Elle s’est particulièrement mal déroulée pour Boris Johnson, mardi 3 septembre. Et la soirée fut pire encore. En l’espace de quelques heures, pour sa première confrontation avec le Parlement revenu de vacances, le premier ministre britannique a perdu ce qu’il lui restait de majorité à la Chambre des communes. Echoué à éviter une véritable rébellion dans son propre camp conservateur, et perdu une sacrée manche face aux opposés au « no deal », qui ont réussi à prendre le contrôle de l’ordre du jour législatif. Ces élus comptent bien faire adopter mercredi 4 septembre une législation l’obligeant à aller quémander un report du divorce avec l’Union européenne (UE).

« Oooooorder ! » Boris Johnson vient de prendre la parole à la Chambre, il est 15 h 30, et John Bercow, le président, qui n’a rien perdu de sa puissance vocale pendant la pause estivale, aboie déjà. Les députés sont chauffés à blanc. La décision du premier ministre, fin août, de fermer le Parlement pour cinq longues semaines juste avant le Brexit ne passe toujours pas. Tout comme les menaces tous azimuts, proférées par son entourage, de ne pas respecter une initiative parlementaire visant à bloquer un « no deal », ou de priver d’investiture les tories qui voteraient cette loi : elles ont au contraire galvanisé les conservateurs « rebelles ».

« Je négocie un accord avec Bruxelles [le premier ministre dit vouloir une suppression du “backstop” irlandais], il n’y aura pas de décalage supplémentaire et inutile du Brexit », articule le premier ministre, la voix couverte par les « noooo » de l’opposition. « Jamais jusqu’à présent, les Communes n’ont forcé un premier ministre à accepter ainsi une loi [anti- « no deal »]. Cela va permettre à l’UE de garder le Royaume-Uni en son sein, et à ses propres conditions ! C’est une loi défaitiste », ajoute nerveusement M. Johnson, dans un clin d’œil très appuyé au fameux « We shall never surrender », de Winston Churchill, son grand homme.

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Une « mascarade »

Le gouvernement travaille d’arrache-pied à un nouvel accord avec Bruxelles, jure encore le dirigeant, toujours sous les huées des députés, ceux de l’opposition, qui lui font face mais aussi les « backbenchers » (de l’« arrière-banc »), dans son dos, ces élus de son propre camp, qui n’hésitent plus à le défier en public. Ils sont nombreux à penser que le gouvernement n’a en réalité qu’une seule stratégie : le « no deal ». Prouvez-nous que vous négociez, lui lance Philip Hammond, l’ex-chancelier de l’échiquier de Theresa May, un poids lourd du parti, « et publiez les propositions que vous comptez faire à Bruxelles ! ».

Les révélations du Telegraph, la veille au soir, ont eu le temps d’infuser dans les labyrinthiques couloirs de Westminster. Le quotidien, pourtant très proche de la « ligne Boris », rapporte qu’au cours d’une réunion de cabinet, Dominic Cummings, principal conseiller de M. Johnson, a assuré que les négociations avec l’UE n’étaient qu’une « mascarade »…

La rue est également très animée. Dès la fin de la matinée, des manifestants brandissant le plus souvent des drapeaux européens se sont rassemblés devant les caméras de télévision installées face à Westminster bardé d’échafaudages. Cette fois, ils ont ajouté à leurs anathèmes habituels contre le Brexit – « Bollocks to Brexit ! » est l’un de leurs slogans les plus enjoués − des attaques contre le premier ministre et sa volonté de suspendre le Parlement. « Stop the coup ! » scandent-ils devant les effigies de Boris Johnson, affublé d’un nez rouge et rebaptisé « Bojo the clown ».

Quelques dizaines de partisans de la sortie de l’Union européenne sont pourtant venus rappeler le résultat du référendum. « We voted leave » (« Nous avons voté pour sortir [de l’UE] »), « In democracy, a majority is a majority » (« En démocratie, la majorité est la majorité »). On s’interpelle d’un bord à l’autre, mais en évitant toutefois une confrontation physique, tant les camps sont irréconciliables depuis que le référendum a coupé en deux le pays, il y a trois ans.

Spéculations sur l’imminence d’une élection générale

Mais le spectacle le plus surprenant reste à l’intérieur des Communes. En pleine allocution de M. Johnson, Philip Lee, un député conservateur, membre du parti depuis 1992, fait défection en direct. Le premier ministre perd instantanément la seule voix de majorité qui lui reste. L’élu fait son entrée dans la salle, semble hésiter, et choisit de prendre place, à droite, dans les rangs des Lib-dem. « Il a traversé la salle », jubile Joe Swinson, la toute nouvelle leader des Libéraux-démocrates, qui compte bien profiter de la guerre civile chez les tories. Dans sa lettre de démission, rendue publique en fin d’après-midi, M. Lee a des mots très durs : « Le Brexit a transformé ce qui fut un grand parti en quelque chose qui ressemble davantage désormais à une faction […] infectée par le populisme et le nationalisme anglais. »

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Les spéculations sur l’imminence d’une élection générale, remontent en flèche. Si l’opposition tentait un vote de défiance dans les jours qui viennent, elle aurait désormais de bonnes chances de le gagner. A deux pas de la salle des débats, les porte-parole du gouvernement, aux abois, briefent les journalistes. Dans un coin, Dominic Cummings observe la scène. En chemise ouverte sur jean gris, franchement pas l’uniforme de rigueur à Westminster. L’ex-directeur de la campagne Leave, en 2016, est devenu la cible des manifestants, qui l’accusent d’être derrière le « coup », la suspension du Parlement (elle devrait être effective du 9 septembre au 14 octobre).

Dehors, les manifestants ont appris en direct, sur leurs téléphones, la défection du député conservateur Philip Lee. « Traîtres ! On s’en souviendra lorsqu’il faudra voter ! », réagissent aussitôt les manifestants pro-Brexit avec des cris de rage, furieux de ce nouveau soubresaut parlementaire qui contrevient à leurs yeux à l’expression de la souveraineté populaire. Les pro-européens, eux, ne savent pas trop s’il faut se réjouir, déjà maintes fois douchés dans leurs espoirs. Alors ils entonnent pour la énième fois de la journée, l’hymne européen emprunté à la neuvième symphonie de Beethoven, en chœur, et sans se lasser.

La voie semble libre pour un vote positif

Dans la soirée, les rangs des « rebelles » conservateurs grossissent… Les médias britanniques font le décompte, élu par élu. Philip Hammond, Dominic Grieve, Greg Clark… Seize « rebelles », dix-sept en comptant M. Lee. Assez pour prendre le contrôle de l’agenda législatif à la Chambre.

A 23 heures, le couperet tombe : une confortable majorité (27 voix) a voté la motion pour prendre le contrôle de la Chambre, dont pas moins de 21 députés conservateurs, pour beaucoup anciens ministres. La voie semble libre pour un vote, également positif, mercredi, sur le texte imposant le report du Brexit au premier ministre.

Quelques instants plus tard, dans une séquence politique probablement inévitable, mais tout de même complètement inédite, M. Johnson confirme que si cette loi anti « no deal » passe, il proposera dans la foulée la dissolution du Parlement pour convoquer des élections générales. En parallèle, Downing Street fait savoir que les 21 « rebelles » vont devoir quitter les bancs conservateurs, y compris M. Hammond qui était encore chancelier de l’échiquier en juillet, et Sir Nicholas Soames, le petit-fils de Winston Churchill…

M. Johnson a besoin des deux tiers des voix aux Communes pour dissoudre le Parlement. Impossible sans celles des travaillistes. Jeremy Corbyn acceptera-t-il de relever le gant ? Oui, mais pas avant d’avoir obtenu que la loi anti « no deal » ne soit proprement ratifiée, a répondu le chef de parti mardi soir. Une manière évidemment d’affaiblir le premier ministre avant de se lancer à corps perdu en campagne…

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9 octobre 2010

Larry Clark au MAM (Paris)

Ces photos qui choquent la Mairie de Paris (ce qui explique l'interdiction aux moins de 18 ans)

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Larry Clark par Helmut Newton (1995)

Biographie

1943 : naissance à Tulsa, Oklahoma, Etats-Unis, le19 janvier.

1957 : Larry Clark travaille, en tant qu’assistant dans le studio de photographie tenu par ses parents en Oklahoma, « Lew Clark Photography. Sa mère réalise des portraits de nouveaux nés, ou des mises en scène d’animaux domestiques. Le jeune Larry, qui a pour rôle de faire sourire les enfants, garde de cette période une profonde familiarité avec la photographie, doublée d’un franc rejet des artifices inutiles.

1971 : Premier livre Tulsa. Recueil de photos prisent à partir de 1962 qui révèlent la vie quotidienne de l’artiste marquée par des expériences diverses, de l’ennui à la violence, et incarnent à la fois une série de mythes américains.

1973 : Bénéficie d’une bourse universitaire pour la photographie « National Endowment for the Arts ».

1980 : décroche la bourse pour la Photographie « Creative Arts Public Service ».

1983 : Larry Clark publie son deuxième livre intitulé, Teenage Lust. A la différence de Tulsa qui montrait sa jeunesse, les photographies de Teenage Lust et le texte autobiographique qui les accompagnent, sont plutôt le fruit d’un retour de l’artiste sur ses vingt ans désormais lointains. Aux scènes datant des années 1960 et 1970, il adjoint de nouvelles images réalisées avec des groupes de jeunes dont il a su se faire adopter, ou avec des prostitués de la 42ème rue à New York. Par un voyage dans le passé, Larry Clark semble tenter de retrouver un temps disparu.

1990 : Larry Clark demande à des jeunes gens de poser pour lui en studio. En décidant délibérément de conserver toutes les vues, il renie le travail de sélection du photographe et exprime le caractère obsessionnel de son rapport au sujet. Sa méthode consiste à épuiser toutes les possibilités de pose de ses modèles afin de pouvoir s’en approcher au plus près. Il les dirige comme des acteurs de cinéma, et comme dans un film, il tente à la fois d’arrêter le temps et de le faire défiler.

1995 : il poursuit ses interrogations à travers des films devenus cultes comme Kids, Bully ou Ken Park.

2003 : réalise punkPicasso une grande installation. Oeuvre biographique qui réunit des photographies récentes auxquelles il mêle dans un désordre foisonnant images et collages de la période de Tulsa, disques vinyles de l’époque, coupures de journaux sur des faits divers, et documents personnels (photographies, lettres, dessins de ses enfants). Exposée à la galerie Luhring Augustine, New York, États-Unis.

2005 : reçoit le « International Photography Lucie Award » dans la catégorie photographie documentaire

2010 : Grande rétrospective en France au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

Larry Clark vit et travaille à New York et Los Angeles.

2 septembre 2019

Un voyage de 11 km au pays des fées à Brocéliande

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Le chêne à Guillotin en forêt de Brocéliande est répertorié comme Arbres remarquables de France.

BERTHIER Emmanuel

Le village de Folle-Pensée (à Paimpont, en Ille-et-Vilaine), et notamment le parking de la fontaine de Barenton que l’on découvrira plus tard, est le point de départ de cet itinéraire.

Il conduit jusqu’au site mégalithique des Pierres-Gouffier, situé non loin du hameau de La Saudraie, à Mauron. Ces trois dalles de schiste rouge font l’objet de rumeurs : « Quiconque s’aventurera à les déplacer trouvera la mort ! » Elles le furent, pourtant, déplacées, en 1974 jusqu’au centre de Mauron, mais retrouveront finalement leur site d’origine en 1997, devant les craintes superstitieuses et le mécontentement des habitants.

Le chemin se poursuit en lisière de forêt, direction Concoret, classée Commune rurale du patrimoine de Bretagne. Les villages défilent : Roveneuc, Le Coty, Haligan… avant d’apercevoir la façade principale du château du Rox, bâti au XVIIe siècle. La bâtisse est un signal ! Celui qui annonce que l’on approche du chêne à Guillotin, répertorié parmi les Arbres remarquables de France.

L’arbre des secrets et la fontaine prodigieuse

Ce chêne creux, millénaire, porte le nom de l’abbé Guillotin, qui se cacha dedans alors qu’il était poursuivi par des révolutionnaires. Avec sa circonférence de dix mètres, il en impose ! Suscitant la curiosité de tous, l’Office national des forêts a dû réaliser des aménagements en 2000, afin de protéger ses racines de cette forte fréquentation. Vu son grand âge, il mérite bien notre respect !

À présent, on rejoint le dernier site légendaire du parcours : la célèbre fontaine de Barenton. Il faudra rester attentif car, en ces lieux, chacun a le pouvoir de déclencher la foudre et des orages terribles… en arrosant simplement la margelle de la fontaine.

C’est ainsi en tout cas que, dans la légende, Yvain, le Chevalier au lion, aurait procédé. Ses aventures se racontent encore au cœur de la forêt ! Fontaine aux incroyables pouvoirs, elle fut le lieu de rencontre entre Merlin et Viviane. C’est aussi ici que les druides soignaient les malades mentaux.

Et voilà le village de Folle-Pensée, notre point de départ et point d’arrivée, qui déjà se profile.

Infoations : Office de tourisme de Ploërmel communauté site de Tréhorenteuc, 1, place Abbé Gillard à Tréhonteuc. Tél. 02 97 22 36 43 ou sur contact@broceliande-vacances.com

2 septembre 2019

Helmut Newton : Magnifier le désastre

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Helmut Newton – Magnifier le désastre / Courtesy Editions du Regard

L’étude récemment publiée par Dominique Baqué sur Helmut Newton, toujours paradoxal, nous plonge dans son esprit créatif.

Helmut Newton est mort il y a quinze ans. Son travail est toujours vivant et constitue un héritage culturel remarquable – à la fois provocant, pervers, multicouche et délibérément ambigu. Né en 1920, Newton était passionné de photographie depuis son adolescence. mais ce n’est pas avant l’âge de quarante ans que ses images ont commencé à révéler une vision distincte, et pas avant l’âge de cinquante ans, que cette vision est devenue pleinement une image complexe, fascinante et inquiétante qui est à la base de sa notoriété.

Dominique Baqué a publié un livre qui explore avec une acuité impressionnante les recoins les plus sombres de la psyché créatrice de ce personnage complexe et à bien des égards apparemment contradictoire. L’instinct de Newton en tant que personnalité et en tant qu’artiste – une étiquette qu’il utilisait avec prudence mais qu’il méritait sûrement – était de maintenir un mystère décalé et séduisant. Les images froides, choquantes, séduisantes, souvent morbides, toujours mémorables qu’il a construites étaient démenties par la facilité et le charme personnel de leur créateur. Il s’est décrit lui-même comme “un mercenaire”, un professionnel travaillant les commandes photographiques des magazines pour un public important; cependant, il était animé d’obsessions personnelles profondément enracinées et s’investissait dans toutes ses prises de vue pour satisfaire sa propre détermination créative ainsi que pour répondre aux attentes du client. Newton a bénéficié de l’attention qu’il attirait et était toujours prêt à être interviewé et cité; pourtant, il est devenu adepte pour eviter les questions auxquelles il préférait ne pas répondre et agile de ne pas se mettre sur la défensive envers ceux qui ont attaqué ce qu’ils trouvaient offensant dans son travail à leurs yeux. La personnalité, comme les images, comme le suggère judicieusement Baqué, était d’autant plus intrigante pour ce qui n’était pas dit.

Baqué a étudié une très large gamme d’images de Newton afin de trouver des motifs révélateurs dans les indices qu’elles contiennent. Entre-temps, elle a rassemblé à partir de textes publiés et d’autres sources privées une biographie de ses années formatrices et un sens très réel de sa psychologie. Elle a notamment bénéficié d’un dialogue avec son éditeur, José Alvarez, un ami de longue date d’Helmut et de June Newton, qui les connaissait et les comprenait bien et qui avait fourni de précieuses informations. L’étude analytique, fondée sur des preuves, de l’œuvre de Newton par Baqué est impressionnante et contribue dans une large mesure à révéler les profondeurs les plus sombres et les plus exhaustives de son être. Selon ses prémisses bien argumentées et entièrement justifiées, les images de Newton sont inextricablement enracinées dans les émotions et les traumatismes de ses années formatrices. On nous rappelle son enfance en tant que fils bien-aimé d’une famille berlinoise prospère, leur persécution impitoyable en tant que Juifs avec la montée du parti nazi après 1933, et sa propre évasion, à l’âge de dix-huit ans, après la terreur de Kristallnacht (Nuit de Cristal) en 1938.

Newton finit par s’installer à Paris et s’imposa dans le domaine de la photographie de mode. Il l’a fait en renversant et en mélangeant radicalement ce genre et d’autres genres, brouillant les distinctions entre ses représentations de l’élégance et ses observations sociales pointues – en particulier sur les privilégiés et égocentriques – et ses recherches sur l’enchevêtrement du jeu de pouvoir et du jeu érotique.

Il est reconnu depuis longtemps que les images de Newton sont profondément imprégnées de sa fascination pour les traces de la vieille Europe , ainsi que pour les signes extérieurs et les codes sociaux de la haute bourgeoisie – l’Europe et le mode de vie qu’il avait connu dans son enfance et son adolescence. Mais comme le précise Baqué, il ne s’agissait pas simplement d’une nostalgie romantique. Elle a pris la décision courageuse de s’attaquer à l’ambivalence compliquée des relations de Newton avec son passé allemand et à son engagement avec l’imagerie du fascisme nazi qui résonne comme un leitmotiv à travers son œuvre. Le titre de son livre, Magnifier le désastre, met en exergue le processus d’exorcisation de ses démons par Newton en s’appropriant ces symboles puissants, qu’ils soient spécifiques ou implicates – symboles de menace, de tension, de violence, de pouvoir et de domination –, et en les reprenant dans son iconographie de style et d’érotisme troublante, inconfortable et pourtant très séduisante.

À peine après cinq pages dans son texte, Baqué définit succinctement l’esprit de ce créateur d’images obsessif, établissant un lien de cause à effet lorsqu’elle écrit: “le traumatisme, douloureusement vécu dans sa chair mais jamais exhibé comme tel, d’un jeune Juif allemand qui a subit toutes les infamies du nazisme et refusa dès lors que quiconque lui imposât sa loi. Pour le plaisir de la transgression. Pour la promesse d’une liberté qu’il ne laisse à personne le droit de lui soustraire.”

Cette étude ouvre des perspectives pertinentes et importantes sur un corpus difficile de l’un des photographes les plus individualistes de la seconde moitié du siècle dernier. Baqué nous rappelle également la culture visuelle et littéraire considérable de Newton, toujours légèrement utilisée, mais qui lui donne un stimulus et une ressource constants; elle met en lumière la contribution vitale de la femme de Newton, June, qui a mis de côté ses propres ambitions pour soutenir la sienne; et elle pose des questions profondes sur les peurs et les problèmes de Newton, ses frustrations et ses succès. Le livre de Baqué devrait être traduit en anglais pour offrir à un public plus large une meilleure compréhension de l’œuvre de Newton et pour stimuler une analyse et une appréciation plus poussées de cet héritage remarquable.

Il y a un dicton qui dit que la vengeance est un plat qui se mange froid. Newton a vécu une vie remarquable et enrichissante, fixant obstinément ses propres principes directeurs et son agenda pictural. Il affirma résolument la liberté d’expression qui représentait sa douce et amère vengeance contre les forces des ténèbres qui avaient bouleversé sa vie dans les années trente. Refusant le badge simpliste de la victimisation, Newton s’est inspiré de ses expériences bouleversantes avec créativité, a tiré de l’énergie de ses traumatismes et les a dominés à des fins créatives impressionnantes.

Philippe Garner

16 février 2017

Au Cente Quatre : La crème des jeunes photographes

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 Rue Curial (XIXe). Les expositions sont gratuites dans la halle Aubervilliers et dans l’espace dédié aux enfants, « Little Circulation(s) ». Festival Le Centquatre-Paris accueille les clichés de 44 Européens parmi les plus talentueux. Une exposition à découvrir (aussi) avec les enfants.

Par   Adrien Quintard

Jusqu’au 5 mars, le Centquatre-Paris (XIX  e) héberge les œuvres de 44 jeunes photographes européens, dans le cadre du Festival Circulation(s). Une partie d’entre elles se découvre gratuitement, dans la halle Aubervilliers où sont présentés 14 des 44 artistes. Les autres sont regroupées dans des ateliers annexes qui sont accessibles moyennant 5 € (3 € en tarif réduit).

Parfois sombres, mais aussi teintées d’humour et de poésie, les photographies traitent de la guerre ou de la vie quotidienne et mettent en lumière des paysages reculés. « Ce qui me plaît, c’est qu’il y a plein d’artistes et de thèmes différents », se réjouit Sylvain, 27 ans.

On y découvre par exemple les portraits du Britannique Sam Ivin, dont les visages, grattés à même la pellicule, évoquent la perte d’identité des migrants. Ou le témoignage de Corentin Fohlen, qui a constaté en Haïti l’échec des villes nouvelles conçues après le séisme de 2010. Ou encore le projet décalé de Kate Fichard qui a redonné vie aux « épouvantails » des champs français.

Une démarche pédagogique

Toutes ces œuvres sont également accessibles aux plus petits, dans un espace dédié sous la nef Curial, « Little Circulation(s) ». Ici, la démarche des jeunes artistes est expliquée aux enfants à travers des panneaux pédagogiques et des livrets de jeu. Et la scénographie séduit même les adultes, qui semblent ravis. « C’est extra la façon dont c’est présenté. Et les petites activités à faire sont super ! », s’enthousiasme Hafida, 59 ans. 

Le Centquatre-Paris, 5, rue Curial (XIX  e), M° Riquet, Marx-Dormoy. Rens. : Festival-circulations.com

15 février 2017

Helmut Newton

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De père juif allemand et de mère américaine, le jeune Helmut suit ses études au lycée Werner von Trotschke de Berlin, puis à l’École américaine de Berlin. Il s’intéresse très tôt à la photographie et, dès 1936, devient l’élève de la photographe allemande Else Simon, dite « Yva », à qui il doit son style de photographie. Il quitte l’Allemagne nazie en 1938. Après avoir travaillé pendant un temps à Singapour, il émigre en Australie. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, il rejoint l’armée australienne où il est affecté à la logistique.

En 1948, il épouse l’actrice australienne June Brunell. Après la guerre, il travaille comme photographe en indépendant, en réalisant des photos de mode ainsi que des travaux pour le magazine Playboy. À la fin des années 1950, il se concentre davantage sur les clichés de mode. Il s’installe à Paris en 1961 et devient un photographe de mode très productif. Ses travaux apparaissent dans de nombreux magazines, en particulier dans Vogue. Son style, parfois d’une subjectivité sensuelle, est marqué par l’érotisme, par des scènes stylisées et, souvent, par une violence sous-jacente. À partir de 1970, sa femme June se lance aussi dans la photographie, sous le nom d’Alice Springs

1920 : Naissance d’Helmut Newton à Berlin

1930 – 1934 : Helmut Newton étudie au Heinrich von Treitschke Realgymnasium à Berlin-Schöneberg.

1934 – 1938 : Il réside à Berlin-Halensee.

1934 – 1935 : Il suit les cours à l’école américaine de Berlin-Schöneberg puis à l’école secondaire de Berlin-Grunewald.

1936 – 1938 : Il devient l’élève de la photographe de portrait, de nu et de mode Yva à Berlin-Charlottenburg.

1938 : Il s’enfuit de Berlin par le train vers Trieste, emmenant avec lui deux appareils photos. Il trouve du travail au Straits Times de Singapour.

1940 : Il arrive en Australie et sert pendant cinq ans dans l’armée australienne.

1946 : Il devient un citoyen australien.

1947 : Il rencontre l’actrice June Brunell, qui pose comme modèle pour lui. Ils se marient un an plus tard.

1956 : Il voyage à travers l’Europe. A Londres, il décroche un contrat d’un an à Vogue britannique et quitte le magazine 11 mois après. Puis il va à Paris avant de retourner à Melbourne où il obtient un contrat avec Vogue Australie.

1961 : De retour à Paris, il s’installe dans le quartier du Marais et travaille à temps plein avec Vogue France. Il collabore occasionnellement pour Vogue britannique.

1964 – 1966 : Il est éditorialiste pour Elle France.

1964 : Il acquiert une maison et de la vigne à Ramatuelle, non loin de Saint-Tropez, où le couple passe ses vacances.

1966 : Il renouvelle son contrat avec Vogue France, avec Francine Crescent comme rédacteur en Chef.

1970 : June Newton (alias Alice Springs) commence sa carrière en tant que photographe. Lorsque son mari est malade, elle intervient pour une publicité pour des cigarettes.

1971 : Helmut Newton fait une crise cardiaque à New York. Il passe sa convalescence à l’hôpital de Colline Lennox, New York.

1975 : Il monte ses premières expositions dont sa première exposition personnelle à la Galerie Nikon à Paris. Le succès commercial ne se fait pas attendre.

1976 : Il publie son premier volume de photographies de femmes blanches.

1981 : Helmut et June Newton déménagent de Paris à Monaco, puis passent les mois d’hiver à Los Angeles.

1990 : Il obtient le Grand prix national de la photographie.

1992 : Il est décoré « Officier de l’Ordre des Arts, Lettres et Sciences » à Monaco, ainsi qu’à la Cérémonie de la Grande Croix du Mérite de la République Fédérale d’Allemagne.

1996 : Il est décoré « Commandeur de l’Ordre des Arts et Lettres » par le ministre français de la culture.

2000 : Une grande rétrospective itinérante est organisée pour son 80ème anniversaire, à la nouvelle galerie nationale Neue Nationalgalerie à Berlin, suivie de Londres, New York, Tokyo, Moscou et Prague, entre autres.

2003 : Un accord est signé pour la création de la fondation Helmut Newton à Berlin, avec la fondation du Patrimoine culturel prussien Stiftung Preussischer Kulturbesitz.

2004 : Helmut Newton meurt à Los Angeles. La fondation Helmut Newton ouvre peu de temps après sa mort.

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1 septembre 2019

Campagne de Pologne (1939)

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Date    1er septembre - 6 octobre 1939

(1 mois et 5 jours)

Lieu     Pologne, Allemagne de l'Est et la ville libre de Dantzig (actuelle Gdańsk)

L'invasion de la Pologne, également connue sous le nom de campagne de septembre (en polonais : Kampania wrześniowa) ou guerre défensive de 1939 (en polonais : Wojna obronna 1939 roku) en Pologne, et campagne de Pologne (en allemand : Polenfeldzug) ou plan Blanc (en allemand : Fall Weiss) en Allemagne, est une opération militaire déclenchée par l'Allemagne avec l'appui de la ville libre de Dantzig et d'un contingent slovaque, et par l'Union soviétique, dans le but d'envahir et de partager la Pologne. Cette offensive lancée par surprise provoque l'entrée en guerre de la France et de la Grande-Bretagne et fait basculer l'Europe dans la Seconde Guerre mondiale.

L'invasion allemande commence le 1er septembre 1939, soit une semaine après la signature du pacte Molotov-Ribbentrop, alors que l'invasion soviétique débute le 17 septembre après que l'accord Molotov-Tōgō du 16 septembre a mis un terme aux hostilités russo-japonaises en Corée et en Mandchourie. La campagne s'achève le 6 octobre sur la partition et l'annexion du territoire polonais par l'Allemagne et l'Union soviétique, selon les termes du traité germano-soviétique d'amitié, de coopération et de démarcation.

Les forces allemandes envahissent la Pologne par le nord, le sud et l'ouest au matin du 1er septembre, aussitôt après l'incident de Gleiwitz qui a servi de prétexte. Confrontées à l'avancée de la Wehrmacht, les forces polonaises se retirent de leurs lignes avancées à proximité de la frontière germano-polonaise afin d'établir une défense plus à l'est. Après la défaite polonaise à la bataille de la Bzura, l'avantage stratégique allemand devient indéniable. Les forces polonaises entament alors une nouvelle retraite au sud-est où elles se préparent à une défense longue et acharnée de la tête de pont roumaine, attendant l'intervention alliée de la France et du Royaume-Uni. Mais malgré les traités passés avec ces deux pays, et leur déclaration de guerre à l'Allemagne le 3 septembre, Britanniques et Français n'offrent à la Pologne qu'un soutien très limité.

L'invasion de la Pologne orientale par l'Armée rouge le 17 septembre, selon les termes d'un protocole secret du pacte germano-soviétique, assène un coup fatal au plan de défense polonais, qui perd alors sa viabilité stratégique. Confronté à une invasion sur deux fronts, le gouvernement polonais décrète alors que la tête de pont roumaine n'est plus tenable et ordonne l'évacuation d'urgence de toutes les troupes en Roumanie neutre. Le 6 octobre, après la victoire de la Wehrmacht à la bataille de Kock, les forces allemandes et soviétiques contrôlent tout le territoire polonais. Hitler et Staline mettent ainsi fin de facto à la Deuxième République polonaise, alors que le pays n'a pas formellement capitulé.

Le 8 octobre, l'Allemagne annexe la Pologne occidentale et l'ancienne ville libre de Dantzig, et place le reste du territoire occupé sous l'administration du nouveau gouvernement général. L'Union soviétique annexe quant à elle les territoires conquis, en les incorporant aux républiques soviétiques de Biélorussie et d'Ukraine, et lance rapidement une campagne de soviétisation. Plusieurs milliers de militaires polonais parviennent cependant à rejoindre l'armée polonaise de l'Ouest formée en France, où réside également le gouvernement polonais en exil. En Pologne même, plusieurs mouvements de résistance s'organisent, et créent l'État polonais clandestin, dont l'Armia Krajowa forme le fer de lance.

La défaite polonaise est le début d'une longue et brutale occupation par les Allemands et les Soviétiques, qui ne prend fin qu'au prix d'une domination totale par le voisin soviétique, et dont la Pologne sortira exsangue, après avoir perdu plusieurs millions de ses habitants, et sa capitale, Varsovie, ravagée par les combats.

1 septembre 2019

VOGUE - Gigi Hadid

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Pour le numéro de septembre de l’édition brésilienne de Vogue, Gigi Hadid a enlevé le haut (et le bas, puisqu’elle ne porte que des collants résille). Et elle a frôlé l’accident de téton !

L’heure de la rentrée a bel et bien sonné ! Après des vacances plutôt ratées à Mykonos avec sa sœur Bella, Gigi Hadid a repris le chemin des plateaux de shooting. Elle a notamment posé pour l’édition brésilienne du magazine Vogue, dont elle fait la couverture du numéro de rentrée. Une véritable consécration pour le mannequin. « Si heureuse de vous dévoiler la couverture du numéro de septembre de Vogue Brésil et si reconnaissante de l’amour et du soutien que je reçois du Brésil depuis plusieurs années. Eu te amo ! », a-t-elle écrit sur son compte Instagram en partageant donc la photo de Une.

Topless, simplement vêtue de collants résille, Gigi Hadid pose assise, son genou cachant son téton… enfin presque ! Elle manque à peine d’en dévoiler un peu trop. De quoi ravir ses abonnés : « Tu es si magnifique », « Si belle », « Éblouissante comme toujours », peut-on lire dans les commentaires. Et ce ne sont pas ses amies qui diront le contraire. Les mannequins Ashley Graham, Candice Swanepoel, Sara Sampaio ou encore Irina Shayk ont elles aussi fait savoir qu’elles adoraient le cliché !

Mais ce qui a également touché les internautes, c’est ce que Gigi Hadid a ajouté dans sa légende. « J’en profite pour attirer votre attention sur ce qu’il se passe au Brésil, mon cœur est avec les gardiens indigènes de l’Amazonie », a-t-elle continué. Et la sœur de Bella Hadid a proposé à ses abonnés de faire un don pour sauver la forêt amazonienne, en proie à de nombreux incendies depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Des feux principalement dus à la déforestation, qui s’est largement amplifiée depuis l’arrivée au pouvoir du président brésilien Jair Bolsonaro. Véritable catastrophe écologique, la disparition de l’Amazonie sous les flammes a touché de nombreuses personnalités scandalisées.

1 septembre 2019

Charles Manson et l'assassinat de Sharon Tate" d'Eric Yung : le drame qui a marqué la fin d'une époque

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Charles manson en 1969Charles manson en 1969 (AP/SIPA / AP)

Dans son roman "Charles Manson et l'assassinat de Sharon Tate" (Editions de l'Archipel), l'écrivain Eric Yung revient sur ce drame qui a sonné la fin du Flower Power (photo ci-dessous)

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HIPPIES The perfect hippy couple, both wearing flowers in 1967 

 

13 février 2017

Henri Cartier-Bresson, "Images à la sauvette", une expo sur un livre mythique

Par Valérie Oddos @valerieoddos Journaliste, responsable de la rubrique Expositions de Culturebox

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A gauche, couverture d'"Images à la sauvette" - A droite, Henri Cartier-Bresson, Séville, Espagne, 1933 © Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

En 1952, Henri Cartier-Bresson publie en France un livre de photographies, "Images à la Sauvette", qui revient sur vingt ans de travail du photographe. L'édition en anglais paraît au même moment sous le titre "The Decisive Moment" et va imposer la célèbre notion d'"instant décisif". La Fondation Cartier-Bresson consacre une exposition à cet ouvrage devenu mythique (jusqu'au 23 avril 2017).

Robert Capa a dit d'"Images à la sauvette" qu'il était "une bible pour les photographes". La Fondation Henri Cartier-Bresson présente une partie des 126 photos du livre en tirages d'époque ainsi que des documents qui y sont liés. L'exposition est l'occasion de remettre en question l'idée d'un "instant décisif", parfois envisagée de façon stricte.

Au moment où "Images à la sauvette" paraît, Henri Cartier-Bresson (1908-2004) a 44 ans et déjà une belle carrière derrière lui. Depuis vingt ans il travaille au Leica, un appareil qui est "devenu le prolongement de mon œil et ne me quitte plus", dit-il dans l'introduction de l'ouvrage.

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Henri Cartier-Bresson, Images à la sauvette, Espagne et Maroc espagnol, 1933 © Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

Un livre d'art avec des images pleine page

Il a voyagé en Espagne, passé un an au Mexique, puis séjourné aux Etats-Unis où il a fait du cinéma. En 1947 il a exposé au MoMA et cofondé l'agence Magnum. Quand il passe ensuite trois ans en Asie, de l'Inde à la Chine, c'est dans une optique plus documentaire.

Le projet qu'il entreprend avec Tériade, "c'était vingt ans de travail qu'il fallait mettre dans un livre", dit Cartier-Bresson dans un entretien de 1990 qu'on peut entendre dans l'exposition et où il raconte la genèse d'"Images à la sauvette". Un livre essentiel par rapport à son propre travail, mais aussi dans l'histoire de la photographie : "Tériade a été le premier à mettre la photo dans ce plan-là", dit il. L'éditeur, qui a créé des livres avec Matisse, Léger, Giacometti ou Miró fait alors d'un livre de photographie un livre d'art.

L'ouvrage à la maquette sobre, dont un fac-simile a été réédité chez Steidl en 2014, est de grand format, avec les images pleine page, précédées d'un texte où le photographe expose sa conception du reportage, du sujet, de la composition.

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Henri Cartier-Bresson, Images à la sauvette (Verve, 1952), p. 127-128, Les derniers jours du Kuomintang, Shanghai, Chine, décembre 1948 - janvier 1949 © Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

Des images devenues des icônes

La Fondation Cartier-Bresson expose une sélection de tirages d'époque des photos présentées dans le livre, dont nombre sont devenues des icônes, accompagnées de documents liées à la création du livre. Une lettre de Miró, une lettre de Cartier-Bresson à Tériade, un article de Walker Evans dans le New York Times, un autre de Philippe Halsmann dans le New York Herald Tribune sur l'ouvrage, qui montrent le retentissement qu'a eu sa parution.

Plusieurs exemplaires de l'ouvrage original sont exposés, ouverts. Et on peut voir l'ensemble sur un film où quelqu'un le feuillette page après page.

Sur les cimaises de la fondation, il y a "Derrière la gare Saint-Lazare", où un homme saute par-dessus une flaque, une image qui est souvent qui est souvent citée quand on parle de l'"instant décisif", avec cette silhouette saisie en l'air et son reflet dans l'eau.

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Henri Cartier-Bresson, "Images à la sauvette" (Verve, 1952), p. 34, Tehuantepec, Mexique, 1934 © Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

De l'image isolée au reportage

On a les portraits des prostituées du quartier de Mexico où il a habité, la sieste dans l'herbe à Boston, les enfants qui jouent dans la rue en Espagne. C'est plus tard seulement, à l'époque de Magnum, que le photographe fait de véritables reportages : "Faire des reportages photographiques, c'est-à-dire raconter une histoire en plusieurs photos, cette idée ne m'était jamais venue", écrit-il dans le livre. Quand il passe trois ans en Asie (1948-1950), il est le dernier à photographier Gandhi vivant et il couvre ses funérailles. Il saisit aussi les derniers moments de la Chine nationaliste. Une image restera : celle d'une foire d'empoigne devant une banque où les gens se précipitent pour acheter de l'or.

"Images à la sauvette" évoque les deux aspects de son travail, de façon chronologique : les images plus intemporelles ou poétiques des débuts et celles qui sont plus "documentaires" des années Magnum, même s'il n'est pas toujours évident d'opposer les deux.

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Henri Cartier-Bresson, "Images à la sauvette" (Verve, 1952, p. 69, Henri Matisse et son moldèle Micaela Avogadro, Vence, France, 1944 © Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

Une couverture créée par Matisse

Dans les années 1940, Cartier-Bresson a fait des portraits d'artistes qui devaient servir à faire un livre. Le projet ne verra jamais le jour mais à cette occasion il rencontre Henri Matisse à qui la couverture d'"Images à la sauvette" va être confiée. On découvre dans l'exposition la maquette originale du peintre, de délicats papiers bleus et verts collés. "Les Américains ne comprenaient pas qu'on mette l'œuvre d'un peintre en couverture", dit Cartier-Bresson dans l'entretien cité plus haut, mais il s'agit pour lui d'un "immense hommage d'un des plus grands peintres à la photographie".

"Je marchais toute la journée l'esprit tendu, cherchant dans les rues à prendre sur le vif des photos comme des flagrants délits. J'avais surtout le désir de saisir dans une seule image l'essentiel d'une scène qui surgissait", raconte le photographe dans le texte d'"Images à la sauvette", et un bout de film montre sa façon de travailler, dans la rue, dans une espèce de danse. C'est l'éditeur qui est à l'origine du titre, qui résume sa façon de faire.

Cartier-Bresson n'est pas non plus à l'origine du titre anglais, "The Decisive Moment". C'est Tériade qui lui avait suggéré de mettre en exergue du livre un bout d'une phrase des mémoires du Cardinal de Retz (1717) : "Il n'y a rien dans le monde qui n'ait son moment décisif (…)" L'éditeur Simon and Schuster a retenu cette expression pour le titre de la version en anglais.

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Henri Cartier-Bresson, "Images à la sauvette" (Verve, 1952, p. 68, Truman Capote, Nouvelle-Orléans, Etats-Unis, juillet 1946

L'instant décisif, "je n'y suis pour rien", dit Cartier-Bresson

Si Henri Cartier-Bresson écrit : "Une photographie est pour moi la reconnaissance simultanée, dans une fraction de seconde, d'une part de la signification d'un fait, et de l'autre d'une organisation rigoureuse des formes perçues visuellement qui expriment ce fait", il ne reprend pas vraiment à son compte l'idée d'"instant décisif".

"On me prête ce terme mais je n'y suis pour rien", dit le photographe. Et il le relativise avec humour, quand il dédicace un exemplaire de l'édition en anglais pour Martin Parr : à la main, il ajoute au titre : The more or less Decisive Moment" (l'instant plus ou moins décisif).

Peine perdue, l'"instant décisif" lui colle à la peau depuis. Il a été adopté comme un dogme ou au contraire contesté par les générations de photographes qui l'ont suivi.

Dans un texte de 2009 cité dans l'exposition, la directrice de la Fondation Cartier-Bresson Agnès Sire met en question la simplification de la notion d'"instant décisif", dans laquelle nombre de photographes ont voulu voir une norme absolue, celle du moment où tout serait "en place de façon géométrique".  Elle préfère l'envisager comme un "art de l'accident poétique, savoir le voir et le saisir pour éviter 'l'instant perdu' à tout jamais" ("De l'errance de l'œil au moment qui s'impose, quelques pistes pour mieux voir", "Revoir Henri Cartier-Bresson", Textuel).

30 août 2019

Francis Bacon dans l’ivresse du texte

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Francis Bacon, Portrait of G. Dyer in a mirror (détail), 1968, huile sur toile, 198 x 147 cm, Collection Agnelli, Londres ©The Estate of Francis Bacon /All rights reserved / Adagp, Paris and DACS, London 2019 ©The Estate of Francis Bacon. All rights reserved. DACS/ Artimage 2019. Photo: Hugo Maertens

Francis Bacon disait volontiers sa fascination pour la viande morte de l’étal du boucher. Mais il a tenu secrète sa passion pour la littérature, d’Eschyle à Georges Bataille. L’exposition de rentrée du Centre Pompidou, à Paris, révèle les grandes inspirations littéraires d’un peintre au sommet de son art.

Que l’on admire son œuvre ou qu’on la rejette, chacun a pu éprouver devant une toile de Francis Bacon la violence directe assénée au spectateur. L’immédiateté, l’intensité de l’expérience désignent à coup sûr un peintre d’instinct, qui dans un geste vital projette sur la toile ses tourments intérieurs. Homosexuel, joueur, drogué, alcoolique, Francis Bacon (1909-1992) fut d’abord un scandale par sa simple existence. N’est-il pas logique que ses figures aux chairs à vif, découpées sur un fond coloré d’une perfection sadique, reflètent les excès de sa vie, que ces formes déchiquetées soient le miroir de ses déchirements intérieurs ? L’exposition « Bacon en toutes lettres » du Centre Pompidou permet d’amender cette vision, révélant que l’œuvre s’est nourrie dès l’origine d’une véritable passion pour les grands auteurs. Sans remettre en question la puissance irrationnelle de l’instinct, elle révèle que la littérature et la poésie ont été l’un des moteurs, longtemps secret, de sa peinture. Peinture et littérature touchent « directement le système nerveux », comme il aimait à dire. Didier Ottinger, directeur adjoint du Musée national d’art moderne et commissaire de cette exposition, rappelle que l’histoire de l’art moderne, depuis Manet, s’est fondée sur le divorce supposé entre peinture et littérature. « Cette séparation devient un élément capital de toute la réflexion sur l’art moderne à partir du moment où Clement Greenberg, un des pères fondateurs du modernisme pictural, écrit dans un texte de 1940 devenu le catéchisme de plusieurs générations d’historiens de l’art […] qu’on peut qualifier un art de moderne dès l’instant où il n’entretient plus de rapports avec la littérature… »

31 août 2019

Le Bono - Il y a 50 ans, le pont Joseph-Le Brix sortait de terre

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Entretien

Pourquoi avoir construit un nouveau pont au Bono ?

C’est tout simple : il fallait anticiper l’augmentation future du nombre d’automobiles. Le Vieux-Pont, de son côté, était vétuste, limité à 4 t et à une seule voie. Sur le pont, ce n’était pas triste. Les accrochages étaient fréquents entre les usagers qui se retrouvaient nez à nez. En 1964, ce fut le cas de deux autobus. Cela a failli être la fin du pont.

Pour autant, la décision a été longue à prendre…

Dans un premier temps, il était question de reconstruire le Vieux-Pont en l’élargissant. Le conseil municipal en fait la demande en 1961. Le choix est confirmé par le préfet du Morbihan en 1963. Le projet prévoit un élargissement du pont avec une chaussée de 8 m de largeur, sur le modèle de celui de Kerisper, à La Trinité-sur-Mer.

Mais en 1964, revirement de situation, le conseil municipal se rallie au projet de construction d’un pont en aval. La rue Pasteur, trop étroite, ne pouvait pas supporter une augmentation du trafic, et il aurait fallu détruire de nombreuses maisons.

Quelles sont les caractéristiques de ce nouveau pont ?

Trente-trois projets seront présentés par dix-huit entreprises, lors du concours d’architectes lancé en 1966. C’est la société Sotracomet, située à Mézières-les-Metz (Moselle) qui l’emporte.

D’une longueur totale de 327 m, ce pont à béquille comprend une partie métallique centrale de 114 m, et deux travées de 74 m, pour un poids total de 826 t. La chaussée mesure 7 m, avec deux trottoirs de 1,50 m. Le tablier culmine à 26 m au-dessus de la rivière, permettant le passage des bateaux. Si les parties en béton ont été coulées sur place, toutes les travées métalliques ont été fabriquées en Moselle et acheminées par convoi routier jusqu’au Bono.

Comment se sont déroulés les travaux ?

Cela a été assez rapide. Les travaux débutent à la fin de l’année 1967, du côté de Kernours. Les douze tronçons, pesant entre 60 et 80 t, sont mis en place à l’aide d’un grand portique, puis soudés et boulonnés. Au cours de la pose, la plateforme côté Kernours s’est affaissée. Elle a été sauvée par le ballet de camions qui ont injecté du béton, afin de consolider la structure.

Le dernier tronçon est installé en février 1969, en présence du préfet. Lors de la pose de l’enrobé, un ouvrier est aspergé de goudron brûlant. Il décédera de ses blessures.

Le nouveau pont sera mis en circulation au début de l’été 1969 et portera le nom de Joseph Le Brix, le célèbre aviateur originaire de Baden.

Qu’est-ce que ce pont a changé pour les Bonovistes ?

Beaucoup de choses. On avait peur à l’époque que le paysage soit gâché, mais on s’y est habitué. Il s’intègre bien dans le paysage. Au départ, il était peint en jaune. Dans la rue Pasteur, les commerçants étaient les plus réticents aux travaux, car le passage par le Vieux-Pont leur apportait beaucoup de clientèle. Seulement deux maisons ont été détruites le long de la route y menant.

Le Vieux-Pont, quant à lui, est devenu une attraction touristique.

12 février 2017

Polanski rattrapé par l’opinion publique

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Par Clarisse Fabre

Le réalisateur, accusé de viol en 1977, a renoncé à présider les Césars sous la pression des féministes. Le signe d’une société qui ne tolère plus l’« exception » culturelle en matière de crimes sexuels.

Ce fut une bataille éclair. Six jours durant lesquels une partie de la société française s’est déchirée autour de la personne de Roman Polanski. Nommé, le 18 janvier, au titre de président de la 42e cérémonie des Césars, le cinéaste franco-polonais de 83 ans n’a pas eu le temps de savourer l’annonce.

Un déluge de protestations s’est abattu sur lui, à la vitesse des réseaux sociaux. Des associations féministes ont rappelé que le réalisateur multiprimé était aussi un homme accusé de viol sur une mineure de 13 ans. Une tempête de courte durée : alors qu’un appel à boycotter la cérémonie réunissait plus de 60 000 signatures, Polanski annonçait, le 24 janvier, qu’il renonçait à présider les Césars.

En moins d’une semaine, l’affaire Polanski a mis en lumière une société radicalement différente de ce qu’elle était il y a vingt-cinq ans. ­A l’époque, le réalisateur pouvait être mis à l’honneur sans que cela pose de problème majeur. Ou alors les protestations étaient-elles inaudibles ?

En mai 1991, Polanski put en tout cas présider le jury de la compétition officielle, à ­Cannes, chargé de décerner la Palme d’or. Cette nomination n’avait suscité aucune polémique, nous confirme au téléphone Gilles Jacob, qui était alors le délégué général du festival.

Cinq ans plus tard, en 1996, il présidait de même la Mostra de Venise – sans que l’on se soucie des faits qui lui avaient été reprochés en 1977. Cette année-là, Samantha Geimer, âgée de 13 ans, avait accusé Polanski de l’avoir droguée, puis violée, en marge d’une séance de photographie chez l’acteur Jack Nicholson, à Hollywood.

Le réalisateur de Rosemary’s Baby (1968), déjà célèbre, avait alors effectué quarante-sept jours de prison avant d’être libéré sous caution. Il avait plaidé coupable pour détournement de mineure, puis avait fui en France, dont il possède la nationalité. Sous le coup d’un mandat d’arrêt lancé en 1978, il n’a cessé depuis d’être poursuivi par la justice américaine – même après qu’il eut signé en 1993 un accord financier avec sa victime, laquelle avait par ailleurs décidé de renoncer à ses poursuites.

L’impact des réseaux sociaux

Pourquoi, cette fois-ci, les anti-Polanski ont-ils obtenu le retrait du cinéaste de la présidence des Césars ? Cet épisode raconte la montée en puissance des mouvements féministes, relayés par les réseaux sociaux. Elle dit aussi la persistance d’un monde du cinéma français décalé, blanc, masculin, vieillissant, du moins dans ses instances dirigeantes.

La nomination de Polanski semble en effet avoir été, selon un proche du dossier, « une décision solitaire »d’Alain ­Terzian, cinéaste et président de l’Académie des César, alors qu’en théorie elle doit émaner d’un bureau de six membres – où figurent, entre autres, les cinéastes Danièle Thompson, Tonie Marshall, le producteur Alain Rocca, etc. « Si la concertation avait eu lieu, sans doute aurions-nous pu éviter cette polémique », regrette l’un d’eux, sous couvert d’anonymat. M. Terzian n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.

« L’IDÉE QUE LES ARTISTES NE SERAIENT PAS SOUMIS À LA LOI SEXUELLE COMMUNE ET QUE LA FRANCE EST UN MONDE À PART APPARTIENT À UNE ÉPOQUE RÉVOLUE », ANALYSE LE SOCIOLOGUE ERIC FASSIN

En 2014, pour les mêmes raisons liées à son passé, Polanski avait déjà renoncé à se rendre au Festival de Locarno, où il devait recevoir un prix pour l’ensemble de sa carrière. En ce début 2017, alors que certaines féministes se battent en France pour allonger le délai de prescription des agressions sexuelles, lui offrir la présidence des Césars pouvait apparaître comme une provocation.

D’autant plus que le choix du cinéaste a été révélé – hasard du calendrier – trois jours avant la Marche des femmes, le 21 janvier, organisée en riposte aux insultes sexistes de Donald Trump pendant la campagne présidentielle américaine… Le climat était propice à la colère.

Que Polanski ait pu continuer à faire ses films et à mener une brillante carrière est une chose ; qu’il soit le représentant du cinéma à travers une fonction honorifique en est une autre, inacceptable pour certains.

De Hitchcock à David Hamilton

Une moindre tolérance aux crimes sexuels, mais aussi à une certaine « exception culturelle » : c’est ainsi qu’Eric Fassin, professeur de sociologie à l’université Paris-VIII, analysait le 25 janvier, soit le lendemain du renoncement de Polanski à la présidence des Césars, l’évolution de la société que révèle cette affaire.

« Certes, notre regard sur la pédophilie a radicalement changé ; mais, même dans les années 1970, Polanski était poursuivi. Il est donc difficile d’invoquer la liberté sexuelle de l’époque pour justifier le viol d’une mineure non consentante droguée à son insu, soulignait-il dans Le Monde. Reste aujourd’hui un argument : la liberté de l’art. Mais l’idée que les artistes ne seraient pas soumis à la loi sexuelle commune, que le sexe n’est pas politique, et que la France est un monde à part, appartient à une époque révolue. »

Des affaires d’abus sexuels impliquant des artistes surgissent d’ailleurs assez régulièrement dans l’actualité, quand ce ne sont pas des histoires anciennes qui refont surface.

Tippi Hedren, l’actrice des Oiseaux(1963) et de Pas de printemps pour Marnie (1964), d’Alfred Hitchcock, a ainsi dévoilé dans ses Mémoires, parus en novembre 2016 (Tippi. A Memoir, Harper Collins, non traduit), comment le grand réalisateur la harcelait et l’aurait forcée à l’embrasser. Face à ses refus, il menaçait de ruiner sa carrière, écrit-elle.

De son côté, l’animatrice de télévision et de radio Flavie Flament, raconte, dans La ­ Consolation (JC Lattès, 2016), comment elle a été abusée par le photographe David Hamilton dans les années 1980.

Polémique autour de Frédéric Mitterrand

Quant à Roman Polanski, il avait déjà déclenché en France une violente querelle en septembre 2009, lorsqu’il avait été arrêté à Zurich, en Suisse, au nom du mandat d’arrêt américain de 1978.

Frédéric Mitterrand, alors ministre de la culture et de la communication de Nicolas Sarkozy, avait pris la défense du cinéaste, ­ « citoyen français », regrettant « qu’une nouvelle épreuve soit ainsi infligée à celui qui en a déjà tant connu ». La polémique avait rebondi sur l’ouvrage que le même Mitterrand, dont l’homosexualité est notoire, avait écrit quelques années plus tôt : dans La Mauvaise Vie (Robert Laffont, 2005), il décrivait son attirance douloureuse pour les jeunes garçons, et ses relations tarifées lors de voyages en Thaïlande.

Marine Le Pen s’était insurgée, demandant la démission du ministre. Elle n’était pas la seule : à l’aile gauche du Parti socialiste (PS), un certain Benoît Hamon, porte-parole du parti, se disait « choqué »,tandis qu’Arnaud Montebourg, alors député de Saône-et-Loire, estimait que Frédéric Mitterrand n’avait pas sa place au gouvernement.

Accusé par Bernard-Henri Lévy de « voler au secours du nouvel ordre moral », Montebourg répliquait que sa posture n’avait « rien à voir » avec la morale, mais était « républicaine » : la loi doit être la même pour tous, disait-il, en matière de corruption comme en matière sexuelle. « Il n’y a pas d’exception pour les artistes », ajoutait-il.

Diversité des approches

En 2017, à la veille du premier tour de la primaire de la Belle Alliance populaire – le PS et ses alliés –, ni Arnaud Montebourg ni Benoît Hamon ne se sont exprimés sur la présidence des Césars – du moins à notre connaissance. Cette nouvelle affaire Polanski a en revanche révélé la diversité des approches, y compris chez les défenseurs des droits des femmes.

Il suffit de discuter avec l’artiste féministe Annette Messager pour s’en convaincre. « Bien sûr, les faits reprochés à Polanski sont graves. Mais les féministes feraient mieux de se battre aujourd’hui contre les militants anti-avortement, et laisser Polanski, ce génie, tranquille. L’époque est tellement réactionnaire. Je me suis retrouvée malgré moi dans la manif contre l’IVG, le 22 janvier. C’était effrayant de voir tous ces jeunes gens qui défilaient. J’ai dit à une jeune fille : “Qu’est-ce que vous feriez si vous tombiez enceinte, ou si vous vous faisiez violer ?” Elle a haussé les épaules… », raconte la plasticienne.

Qui ajoute : « Dans cette histoire, la mère de Samantha est responsable. Une jeune fille de 13 ans qui se rend à une soirée chez des gens qui ont au moins la trentaine… La maman aurait pu un peu se renseigner, ou être plus attentive, non ? »

La parole des femmes mieux entendue

L’argument fera sans doute réagir la nouvelle génération, qui estime que l’on n’a pas à commenter les circonstances d’un abus sexuel : seuls comptent les faits.

C’est l’idée que défend Claire Serre-Combe, porte-parole de l’association Osez le féminisme ! : « La perception que la société a du viol a changé. Avant, il y avait une tendance à invoquer l’attitude de la victime, comme si elle était un peu responsable de ce qui lui arrivait. A propos de Samantha Geimer, certains ont pu se demander ce que faisait cette toute jeune fille au milieu d’adultes… Aujourd’hui, ce discours fonctionne beaucoup moins bien. »

Au fil des années, la législation sur le viol et les agressions sexuelles a été durcie. La parole des femmes, autrefois inaudible, a trouvé une écoute, observe Denis Salas, essayiste et magistrat. « C’est la voix minoritaire qui vient briser la statue du grand homme », souligne le juriste. Il note aussi que les associations féministes ont l’oreille du gouvernement actuel.

« La grâce de Jacqueline Sauvage, accusée de meurtre sur son mari, lequel la violentait et avait abusé d’elle et de ses filles, ce sont les réseaux féministes qui l’ont obtenue et qui ont convaincu François ­Hollande de la prononcer, rappelle-t-il. On a vu aussi la ministre des droits des femmes, Laurence Rossignol, confier une mission à Flavie Flament sur le délai de prescription des viols, en novembre [2016]. C’est assez inédit. »

8 février 2017

Hier soir sur France 2 : "Pleins Feux"

THÉÂTRE. Vingt-six ans après, Line Renaud a repris son rôle dans « Pleins Feux », comédie grinçante diffusée en direct hier sur France 2.

Star des planches insupportable, Alice Margaux s'accroche aux feux de la rampe comme une moule à son rocher. Elle a son public, son théâtre et son auteur qui n'écrit que pour elle. Mais l'irruption dans sa loge d'une inconnue va tout chambouler... Hier soir à 20 h 55 sur France 2, en direct du Théâtre Hébertot, à Paris (XVIIe), Line Renaud, 88 ans, s'est glissée dans la peau de cette irrésistible peste pour la dernière de « Pleins Feux », comédie grinçante qu'elle a jouée depuis le 23 janvier. Remarquablement entourée, elle a retrouvé un rôle qu'elle avait déjà interprété en 1991.

Sortie furibonde de scène à cause d'une nouvelle partenaire — « Elle est nulle cette pouffiasse ! » — Alice siffle des whiskys en alignant les clopes quand son auteur favori (Lionel Abelanski) introduit avec sarcasme la nouvelle venue (Fanny Cottençon). « Elle aime le théâtre et les monuments historiques, je lui ai proposé de vous visiter. » Ça cingle sec dans l'adaptation de cette pièce américaine de Mary Orr signée Didier Kaminka à la demande... de Line Renaud. C'était il y a un quart de siècle.

Pour la monter à nouveau, l'artiste a fait appel au talentueux Ladislas Chollat, qui l'avait mise en scène dans ses deux précédentes pièces, « Très Chère Mathilde » (2009) et « Harold et Maude » (2012). Il en a fait une revêche de première. « C'est un rôle de composition, je ne sais pas être comme ça, glisse-t-elle. Lad m'a fait vraiment méchante, il voulait que je sois dure. » « Quand on est une épave, les seuls poissons qui vous tournent autour ce sont des maquereaux », lâchera le personnage...

 Ci-dessous : captures d'écran

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12 avril 2017

"Erich von Stroheim" avec Emmanuelle Béart : amour, sexe et imposture - bientôt au Théâtre du Rond Point

"Erich von Stroheim" avec Emmanuelle Béart : amour, sexe et imposture

Par Culturebox (avec AFP) @Culturebox

Trois personnages sans nom s'aiment, se font mal, hésitent entre désir de maintenir et de détruire le fragile équilibre du triangle amoureux qu'ils forment : dans "Erich von Stroheim", une création du Théâtre National de Strasbourg, Stanislas Nordey interroge le couple, le sexe, mais aussi le travail, avec dans le rôle principal Emmanuelle Béart

"L'Un" est un acteur de films pornographiques vieillissant, qui a fait de son corps un "endroit commun à tous", "l'Autre" a encore la pureté de l'enfance et refuse au contraire toute aliénation par le travail, "Elle" est une femme d'affaires qui s'accomplit dans l'action, traite les autres comme des objets et parle comme on assène des coups.

Interprétés par Laurent Sauvage, Thomas Gonzalez et Emmanuelle Béart, les trois personnages évoluent dans un décor trop grand pour eux, toujours par deux, mais toujours préoccupés par le troisième d'entre eux. Leurs apparitions et disparitions sont scandées par la voix de Maria Callas chantant "Samson et Dalila" de Camille Saint-Saëns.

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Cette pièce contemporaine du Français Christophe Pellet, qui navigue entre crudité et angoisses métaphysiques, tire son nom de l'acteur-réalisateur de l'entre-deux-guerres Erich von Stroheim, admiré par "l'Autre" pour avoir été un imposteur, un "mystificateur de génie", qui s'est inventé une vie.

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"Elle", qui détient le plus de pouvoir, est vêtue de noir, tandis que "l'Un" est torse nu et "l'Autre" entièrement nu. La diction plus naturelle de "l'Autre" l'oppose aussi aux deux autres, plus manipulateurs.

"Au départ, je me disais qu'au théâtre il n'y avait aucun sens de montrer quoi que ce soit de l'acte sexuel, donc il fallait trouver une représentation du corps", explique le metteur en scène et directeur du TNS, Stanislas Nordey. Il a aimé la façon dont la pièce de Christiophe Pellet "interroge notre rapport au couple, à la sexualité, à la durée dans une relation".

"Erich von Stroheim" de Christophe Pellet mise en scène de Stanislas Nordey avec Emmanuelle Béart, Laurent Sauvage et Thomas Gonzalez

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L’Un et L’Autre, Laurent Sauvage et Thomas Gonzalez 

29 août 2019

Roman Polanski ne se rendra pas à la Mostra de Venise pour défendre son nouveau film « J’accuse »

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FESTIVAL Le nouveau film « J’accuse », de Roman Polanski, sera présenté ce vendredi à la Mostra de Venise

L'actrice Emmanuelle Seigner et le metteur en scène Roman Polanski sont mariés depuis 29 ans. — ames Gourley/Shutterst/SIPA

Depuis mercredi soir, l’un des plus anciens festivals de cinéma, la Mostra de Venise, célèbre sa 76e édition. En guise d’entrée en matière, Juliette Binoche et Catherine Deneuve ont foulé avec leurs plus belles tenues le tapis rouge. Une controverse subsiste cependant, la présence du film J’accuse de Roman Polanski dans la sélection.

C’est la présidente du jury en personne, la réalisatrice argentine Lucrecia Martel, qui exprime sa gêne dans un communiqué à l’AFP quant à la présence du film dans la sélection officielle. « Je représente beaucoup de femmes qui se battent en Argentine pour des questions comme celle-là, et je ne souhaite pas me mettre debout et applaudir » déclare-t-elle.

Le nouveau film du réalisateur controversé est un thriller historique dédié à l’Affaire Dreyfus avec Jean Dujardin. Le cinéaste franco-polonais, ne sera pas présent à Venise, selon les informations de LCI pour présenter son film. En effet, ce dernier est toujours poursuivi par la justice américaine pour le viol d’une adolescente en 1977. Un accord d’extradition a été signé en 1983 entre l’Italie et les Etats-Unis et ce dernier pourrait engendrer un nouveau scandale à l’image de celui de septembre 2009. Le 26 septembre de cette même année, Roman Polanski avait été arrêté sur mandat américain à son arrivée à Zurich où il venait pour être honoré pour l’ensemble de son œuvre.

9 février 2017

La dérobade des jeunes Japonais « sans genre »

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Par Philippe Pons, Tokyo

Ni « drag-queens » ni éphèbes androgynes, les « genderless danshi », de jeunes hommes travestis en femme, ne veulent pas tant devenir filles que s’affranchir des normes liées à l’identité sexuelle.

LETTRE DE TOKYO

Deux jeunes Japonaises emmitouflées en raison des frimas de l’hiver, joliment maquillées, chevelure au vent pour l’une, bonnet cachant des boucles blondes pour l’autre, font du lèche-vitrines en se tenant par la main.

Quoi de plus naturel à Harajuku, quartier de la mode à Tokyo, prisé de la jeunesse. « Couple de femmes » ? Eclat de rire. « Non pas du tout, c’est ma copine ! » Donc, « la » blonde bouclée est un garçon… Elle est lui. Lui est elle… Difficile de distinguer.

Un cosplay, mascarade des ados nippons cherchant à donner vie aux personnages des mangas ? Non. Une nouvelle mode : « genderless danshi », les « garçons (danshi) sans-genre ». Une mini-culture qui fait fureur chez une minorité de jeunes Japonais qui se maquillent, se teignent les cheveux de toutes les couleurs, portent des vêtements de style féminin et prennent des poses de filles minaudant sur leurs selfies. A deux pas, la boutique Ding de leur styliste préféré, Yoji Kondo, présente ses créations.

Les plus célèbres genderless danshi lancent des modes, font de la promotion des marques de vêtements, sont omniprésents sur les réseaux sociaux et adulés des filles. Même la très conventionnelle chaîne de télévision nationale NHK leur a consacré un reportage en 2016.

Transgresser la structure binaire homme/femme

Takashi Marutomo est l’agent d’une quarantaine de modèles genderless danshi, dont le plus célèbre, Toman Sasaki (24 ans). Il a épinglé le phénomène apparu d’abord en Corée du Sud avec les vedettes de la K Pop et il a forgé l’expression japonaise.

« Les premiers sont apparus en 2014 sur les réseaux sociaux, explique-t-il. Le genre, très normé au Japon, est devenu secondaire pour ces jeunes garçons : ils cherchent ce qui leur plaît sans se soucier de ce qui est masculin ou féminin. Ils ne veulent pas devenir fille mais être beau. Une aspiration qu’ils partagent avec les filles qui, elles aussi, cherchent à plaire et se disent si tel genderless danshi réussit à s’embellir, je le peux aussi. C’est pourquoi ils suscitent un tel engouement chez elles. »

Les genderless danshi cherchent à transgresser la structure binaire homme/femme. Leur look et leur préférence sexuelle ne se recoupent pas. Ils se construisent une apparence en fonction de leurs goûts ; et, sur le plan sexuel, ils peuvent être hétéro, homo, bi… ou indifférents.

Frêle silhouette toute de noire vêtue, portant des chaussures à plateforme, tour à tour rieur ou romantique, Toman Sasaki se prépare dans sa loge à un spectacle qu’il donnera avec son groupe pop XOX (« kiss hug kiss », « bisou câlin bisou ») pour la Saint-Valentin, la fête des amoureux, très populaire au Japon.

Il se dit hétérosexuel sans exclure qu’un jour il puisse tomber amoureux d’un homme… « Ce que je recherche, c’est la beauté et plaire aux femmes comme aux hommes, poursuit-il. Adolescent, je ne m’aimais pas mais, plutôt que de rester complexé, j’ai décidé de m’embellir en me maquillant. Je ne vois pas pourquoi le maquillage et les parures seraient réservés aux filles. » Pourquoi la vogue des genderless danshi ? Toman Sasaki rit et reconnaît que lui-même ne comprend pas. Il ne conteste pas l’appellation mais n’en fait pas un étendard.

« Les Japonaises se détournent du macho »

Les genderless danshi ne sont ni des « drag-queens » échevelées, ni des éphèbes androgynes ; ils refusent d’ailleurs d’être qualifiés d’« efféminés ». « Ils introduisent une fluidité dans le genre en refusant de se conformer à l’image de l’homme et de la femme normée par la société »,estime Junko Mitsuhashi, professeure assistante à l’université Meiji, spécialiste des questions de genre et elle-même transgenre.

« Depuis les années 1980, les jeunes Japonais sont en quête d’une identité indépendante du monde du travail où se forgeait la personnalité de leur père. Mes étudiants me disent qu’ils envient les filles pour leur façon libre d’exprimer leur individualité, par le biais de leur apparence », explique Junki Mitsuhashi.

Embryonnaire déplacement du marqueur de la masculinité ? « Le phénomène des genderless danshireste marginal mais, ce qui est sûr, c’est que les Japonaises se détournent du macho », poursuit Junko Mitsuhashi.

« Dans le genderless danshi, la masculinité ne se renie pas : porter des atours féminins ne signifie pas qu’on veut forcément attirer les hommes. Le cross-dressing bénéficie au Japon d’une certaine tolérance et s’inscrit dans une longue tradition, rappelle Junko Mitsuhashi. Du kabuki, où des hommes interprètent des rôles de femmes, à la troupe théâtrale moderne Takarazuka où c’est le contraire : des femmes jouent des hommes. »

Dérobade de jeunes garçons qui cherchent à se soustraire aux normes imposées par la société, le phénomène genderless danshi n’est sans doute qu’une mode. Mais parfois, une mode en dit long sur les questionnements d’une société.

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31 août 2019

Critique - A Venise, Roman Polanski impose avec puissance son récit de l’affaire Dreyfus

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Par Thomas Sotinel, Venise, envoyé spécial

Dans « J’accuse », Jean Dujardin interprète Georges Picquart, l’officier d’état-major, artisan de la révision du procès. Un film indispensable.

Roman Polanski n’était pas sur le Lido de Venise, le 30 août, pour la projection de J’accuse. Depuis son arrestation en 2009 par la police suisse à la demande des autorités judiciaires américaines, à l’occasion d’un déplacement au festival de Zurich, le réalisateur du Pianiste évite de franchir les frontières de ses deux pays, la France et Pologne.

Pendant les deux premiers jours de cette 76e Mostra de Venise, le bruit du débat autour de la présence de J’accuse en compétition avait couvert les autres conversations. Après avoir déclaré qu’elle ne souhaitait pas « célébrer » Roman Polanski, condamné pour détournement de mineure et toujours accusé de viol par les tribunaux californiens, la présidente du jury, la cinéaste argentine Lucrecia Martel, a dû publier un communiqué dans lequel elle se défendait de toute partialité à l’encontre du film.

Dans le journal professionnel hollywoodien Variety, le coproducteur italien du film Luca Barbareschi avait évoqué le retrait du film face à l’hostilité de la présidente. L’une des questions posées par l’écrivain Pascal Bruckner à Roman Polanski dans le dossier de presse de J’accuse, publié à l’occasion du festival, n’était pas non plus de nature à apaiser les esprits : « En tant que juif pourchassé pendant la guerre, que cinéaste persécuté par les staliniens en Pologne, survivrez-vous au maccarthysme néoféministe d’aujourd’hui ? »

Finalement, J’accuse a forcé le respect de la presse et des professionnels, auxquels étaient réservées les premières projections. Quoi que l’on pense du statut juridique actuel de Roman Polanski, son vingt-deuxième long-métrage se rend indispensable à force de rigueur et de beauté.

Depuis plus de sept ans, le cinéaste voulait évoquer l’affaire Dreyfus. Sur un scénario du romancier britannique Robert Harris (dont une première version est devenue un livre, D.), il le fait à travers la figure de Georges Picquart, l’officier d’état-major devenu chef des services secrets français au lendemain de la première condamnation du capitaine Alfred Dreyfus pour haute trahison, artisan de la révision du procès.

Personnage complexe

Roman Polanski a pris le risque de confier ce personnage complexe, à la fois marginal (son goût pour l’art) et conformiste (face aux juifs, l’antisémitisme est sa position par défaut), à Jean Dujardin. Pendant la conférence de presse qui a suivi les projections de presse, l’acteur français a décrit par le menu le travail harassant auquel l’a contraint le metteur en scène. Celui-ci a payé : non seulement Dujardin trouve là son premier grand rôle tragique, mais cette minutie, ce souci de la preuve donne au film une solidité, une épaisseur auxquelles ne parviennent que rarement les reconstitutions historiques.

A 86 ans, Polanski poursuit ainsi l’œuvre de transmission entamée avec Le Pianiste (2002), qui mettait en scène la survie d’un juif dans la Pologne occupée (le metteur en scène a lui-même échappé de justesse à l’extermination des habitants du ghetto de Cracovie). J’accuse est situé à un moment où l’antisémitisme n’est pas encore devenu le moteur d’une machine d’extermination, mais est déjà un mal qui défait une société.

La mise en scène se nourrit de la formidable créativité de la société française au tournant des XIXe et XXe siècles : le colonel Picquart pousse une porte où des policiers en civil jouent aux cartes et l’on entrevoit Cézanne, au cabaret, les danseuses composent un Lautrec, au concert on entend Fauré. C’est pourtant la même société qui pousse la foule à huer l’officier lorsque ses enquêtes le conduisent au tribunal, parce qu’il s’est convaincu de l’innocence de Dreyfus.

Avec Robert Harris, Polanski dénoue les nœuds de trahison, de mensonge dans lesquels s’étaient piégés l’état-major et la majorité conservatrice au pouvoir qui ont tissé l’affaire Dreyfus. Pris séparément, ce ne sont que des péripéties, de celles qui font les romans d’espionnage. Dans l’objectif de l’auteur du Pianiste, elles font tourner une machine infernale, faite d’aveuglement, de préjugés, de haine, que le cinéma a rarement été montré avec autant de puissance.

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19 septembre 2010

La galerie du photographe Philip Plisson totalement ravagée par un incendie

Peu avant 9 h ce matin, les pompiers ont été alertés par un début d’incendie sur le site de l’entreprise du célèbre photographe Philip Plisson, à Crach (Morbihan), dans la zone de Manélen. Une cinquantaine de pompiers venus d’Auray et de tout le secteur environnant, avec une vingtaine de véhicules sont actuellement en train d’éteindre le gigantesque incendie qui a déjà ravagé l’intégralité des ateliers de fabrication. Des milliers d’affiches et de reproductions sont déjà partis en fumée. Les hommes du feu tentent aussi de sauver le fonds d’archives de Phillip Plisson. 300 000 documents originaux pourraient être irrémédiablement perdus. Philip Plisson, actuellement à Anvers en Belgique, et ses assistants sont sous le choc. Aucun blessé n’est à déplorer, mais les trente employés de la galerie voient leur outil de travail partir en fumée. L’origine du sinistre est pour l’heure inconnue.

Cliquez sur le lien ICI

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Philip Plisson

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L'intérieur de la galerie Plisson à Crac'h

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Philip Plisson signant une de ses photos.

Revoir mes billets des 21/04/2010, 07/02/2010, 09/07/2008, 4/07/2008, 25/04/2008, 22/03/2008, 21/12/2007, 01/11/2007 entre autres...

30 août 2019

Au Théâtre ce soir : "Chacun son tour"

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UN DUEL D’HUMORISTES AU SOLEIL CET ÉTÉ À PARIS

Quand deux humoristes et amis, Philippe Chevallier (Chevallier & Laspalès, La revue de presse) et Bernard Mabille (les Grosses Têtes, Thierry Le Luron), décident de se réunir pour vous faire rire cet été, on sait déjà que l’on va passer un moment drôle et explosif.

Dans « Chacun son tour », nos deux complices vont s’affronter avec humour : une occasion unique d’assister à un match au sommet où chacun d’eux devra surprendre, critiquer, bousculer l’autre, sans jamais l’épargner, pour le plus grand bonheur du public.

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29 août 2019

A la Mostra de Venise, « La Vérité » adoucit les mœurs

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Par Thomas Sotinel, Venise, envoyé spécial

Hirokazu Kore-eda, Catherine Deneuve et Juliette Binoche ont ouvert la 76e édition du festival de cinéma sur fond de polémiques, autour de la parité et de la présence des plateformes.

Juste avant que ne débute, le 28 août, la projection de La Vérité, du réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda, film d’ouverture et premier long-métrage en compétition pour le Lion d’or de la 76e Mostra internazionale d’arte cinematografica la biennale di Venezia, le festival de cinéma italien a offert un joli trompe-l’œil. Autour de la maîtresse de cérémonie, l’actrice Alessandra Mastronardi, étaient réunies trois réalisatrices, l’Argentine Lucrecia Martel et les Italiennes Susanna Nicchiarelli et Costanza Quatriglio, qui président respectivement les jurys de la compétition, de la section Orizzonti et du programme Venezia Classici consacré au patrimoine. Il n’y avait qu’un homme sur la scène du Palazzo del Cinema, Emir Kusturica, à la tête du jury chargé de récompenser la meilleure première œuvre.

Ce n’était qu’une illusion. Dans la journée, la conférence de presse du jury avait donné lieu à une passe d’armes entre Lucrecia Martel et le directeur artistique de la Mostra, Antonio Barbera. Celui-ci n’a retenu que deux films réalisés par des femmes – The Perfect Candidate, de la Saoudienne Haifa Al-Mansour, et le premier long-métrage de l’Australienne Shannon Murphy, Babyteeth – sur les 21 films en compétition pour le Lion d’or.

20 % des films soumis réalisés par des femmes

Par ailleurs, Antonio Barbera a répété à l’envi que 20 % des films, qui lui avaient été soumis, étaient réalisés par des femmes. L’arithmétique est irréfutable : s’il n’en reste que 10 % en compétition, c’est qu’ils sont à ses yeux deux fois moins bons. S’adressant au directeur artistique, Lucrecia Martel lui a demandé d’imaginer « que la proportion soit de 50/50. Etes-vous sûr que la qualité serait moindre ? A moins que l’industrie n’en soit profondément transformée ».

Présidente et directeur ont également été interrogés sur la présence en compétition de J’accuse, le film que Roman Polanski a consacré à l’affaire Dreyfus. Aux Etats-Unis et en France, plusieurs associations féministes ont protesté contre la présence du réalisateur, que la justice américaine considère toujours comme un fugitif après sa condamnation pour viol par un tribunal californien en 1978. Alberto Barbera a fait valoir qu’il fallait distinguer l’homme de l’œuvre pendant que Lucrecia Martel a exprimé sa solidarité avec la victime.

Annonçant son intention de ne pas assister au dîner donné en l’honneur du réalisateur de Chinatown, elle s’est prononcée pour la participation de son film à la compétition. Le directeur artistique a également été interpellé sur la présence d’American Skin de Nate Parker dans la section Sconfini. Aux Etats-Unis, la sortie du premier long-métrage de Parker, Naissance d’une nation, avait été obscurcie par la polémique autour d’une ancienne affaire de viol dans laquelle le cinéaste avait été acquitté.

Présence massive de Netflix sur la lagune

Aussi vive soit-elle, cette controverse ne cache pas l’autre, qui tourne autour de la présence massive de Netflix sur la lagune. Par sa position sur le calendrier, Venise est idéalement situé pour servir de plateforme de lancement aux studios désireux de pousser leurs productions dans la course aux Oscars. Depuis 2012, le film d’ouverture de la Mostra était traditionnellement hollywoodien (Gravity, LaLaLand, First Man…). Mais les studios s’intéressent moins aux Oscars. Parmi les films de la compétition 2019, Ad Astra, de James Gray, aurait dû être, s’il avait été terminé à temps, distribué par la Fox. C’est finalement le repreneur du studio de Rupert Murdoch, Disney, qui le sortira dans le monde entier. Disney, qui depuis longtemps ne manifeste guère d’intérêt pour la course aux Oscars.

Pour combler le vide laissé par les majors, Venise a ouvert ses pontons à Netflix. En 2018, la plateforme a mené Roma jusqu’au Lion d’or. Elle présente cette année deux longs-métrages en compétition, Marriage Story, de Noah Baumbach, avec Adam Driver et Scarlett Johansson, et The Laundromat, de Steven Soderbergh, avec Meryl Streep et Gary Oldman. Hors compétition, Netflix fait flotter la bannière de The King, variation shakespearienne dans lequel Timothée Chalamet est sacré roi d’Angleterre, sous la direction de l’Australien David Michôd. Cette présence massive de la plateforme de streaming a suscité la colère des exploitants de salles italiens.

L’un des plus beaux rôles de Catherine Deneuve

Heureusement, il y avait La Vérité pour adoucir les humeurs de ce début de festival échauffé. Les prédécesseurs d’Hirokazu Kore-eda dans ce long voyage vers l’Ouest – les réalisateurs taïwanais Hou Hsiao-hsien et japonais Kiyoshi Kurosawa en France, le réalisateur hongkongais Wong Kar-waï aux Etats-Unis – ne sont pas tous arrivés à bon port. Pour mettre en scène les retrouvailles d’un monstre sacré (Catherine Deneuve) et de sa fille exilée de l’autre côté de l’océan (Juliette Binoche), le réalisateur d’Une affaire de famille n’a pas évité tous les écueils qui guettent lorsque l’on dirige dans une langue qui n’est pas la sienne, quand on filme des intérieurs et des architectures qui ne sont pas ceux qui ont construit son espace de cinéma.

Mais ces maladresses de langage, ces étonnements visuels presque naïfs, servent plus le film qu’ils ne le desservent. Parce que l’histoire de cette mère et grand-mère un peu monstrueuse est un conte autant qu’une comédie familiale, et surtout parce qu’elle offre à Catherine Deneuve son plus beau rôle depuis longtemps, l’un de ses plus beaux rôles tout court. Il n’est sans doute pas indifférent que l’étoile ait été filmée sur pellicule, par le chef opérateur Eric Gautier.

Peut-être parce que Kore-eda ne porte pas en lui la légende de Deneuve telle qu’elle s’est construite en France, on cesse très vite de se demander ce qu’il y a de vrai dans ce portrait de femme égotiste qui préfère être une bonne actrice qu’une bonne mère ou une bonne amie. L’actrice et le metteur en scène y mettent assez de fantaisie pour que l’on se laisse emporter dans un va-et-vient entre fiction et réalité (il y a la réunion de famille, mais aussi un tournage et la sortie d’un livre de mémoires très infidèles), qui fait tourbillonner des satellites pleins d’abnégation et de justesse (Juliette Binoche, bien sûr, mais aussi Ludivine Sagnier, Manon Clavel, Ethan Hawke…) autour de l’astre mère. La Vérité sortira en France le 22 janvier 2020.

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