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Jours tranquilles à Paris
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12 mars 2017

La robe lui va si bien

Pour ce rôle, Romain Duris a fait une retraite spirituelle d’une dizaine de jours dans une abbaye au large de Cannes.

Romain Duris est très convaincant dans « la Confession » de Nicolas Boukhrief, sorti mercredi dernier. Il y joue un prêtre qui se lie avec une communiste.

Par  Catherine Balle

La dernière fois qu’il a porté une robe, c’était pour « Une nouvelle amie », de François Ozon, en 2014. Romain Duris était alors muni de talons et d’une perruque blonde et incarnait un travesti. Cette fois-ci, le comédien de 42 ans se retrouve habillé du col aux pieds d’une soutane noire. Dans « la Confession », de Nicolas Boukhrief, Duris interprète Léon Morin, un prêtre qui arrive dans une ville de province pendant l’Occupation et noue une relation complice avec Barny, une communiste dont le mari est prisonnier en Allemagne.

La transformation en curé de la Seconde Guerre mondiale de l’acteur, qu’on a vu grandir chez Cédric Klapisch depuis « le Péril jeune » il y a vingt-trois ans, tenait presque du vœu pieu. Mais le miracle se produit et Duris se révèle très crédible en prêtre charismatique et chaleureux.

changement radical

« Cela faisait longtemps que j’avais envie de jouer un homme d’Eglise, confie-t-il. J’aime les rôles de composition, qui demandent d’effectuer des changements un peu radicaux, comme je l’avais fait chez Ozon. C’est aussi pour cela que j’aurais envie d’incarner un homme politique… Parce que je m’en sens très loin. »

Le comédien au sourire espiègle et séduisant n’est pas le premier à camper le prêtre Morin. Jean-Paul Belmondo lui avait prêté ses traits en 1961 dans « Léon Morin, prêtre » de Jean-Pierre Melville, adapté du roman du même nom de Béatrice Beck, prix Goncourt 1952. Le film de Nicolas Boukhrief (qui avait notamment signé « le Convoyeur », avec Albert Dupontel et Jean Dujardin) se présente cependant comme une adaptation non pas de ce long-métrage, mais du roman d’origine. « J’ai lu le livre, mais je n’ai pas voulu voir le film, commente Romain Duris. J’avais peur d’être dévié par la modernité qu’avait apportée Jean-Paul Belmondo. J’ai toujours besoin d’être convaincu que mon personnage, c’est moi. »

Pour se préparer à cette « Confession », l’acteur, qui a été baptisé mais n’est pas croyant, a effectué une retraite d’une dizaine de jours dans une abbaye située au large de Cannes. « J’ai vécu au rythme des chants en latin, des prières tard le soir, des messes, de la solitude imposée qui ouvre les portes à une spiritualité que je recherchais. Et j’ai été inspiré par des discussions avec des moines, que j’ai questionnés sur leur vie de tous les jours. Le plus difficile, c’était de ne pas être trop solennel, d’être contemporain sans être trop urbain », assure de sa voix claire et posée Romain Duris. Qui regarde déjà vers d’autres cieux, puisqu’il tourne actuellement un film d’anticipation intitulé « Dans la brume ».

« La Confession », drame de Nicolas Boukhrief. Avec Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny… 1 h 56.

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Marine Vacth

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13 mars 2017

A la tête de la Birmanie depuis un an, Aung San Suu Kyi déçoit ses anciens partisans

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 Par Bruno Philip, Rangoun (Birmanie), envoyé spécial

Outre son silence sur la répression de la minorité rohingya, l’ancienne dissidente ne semble avoir aucun projet économique pour améliorer le développement de son pays.

« En Birmanie, observe un expert étranger basé à Rangoun, il y a deux pouvoirs : d’un côté, le gouvernement d’Aung San Suu Kyi, et de l’autre, l’armée. Tous deux fonctionnent de manière indépendante et ne se demandent pas leurs avis sur la conduite des affaires du pays. »

La remarque illustre assez bien la situation du Myanmar, nom officiel de la Birmanie, depuis les élections législatives de novembre 2015, qui ont porté au pouvoir un gouvernement issu de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), le parti de l’ancienne dissidente.

Depuis le 1er avril 2016, cette dernière s’est installée de facto à la tête du pays, après que l’un de ses proches, Htin Kyaw, eut été désigné par le Parlement au poste désormais honorifique de président.

Deux personnages clés monopolisent le singulier théâtre politique birman : d’abord Mme Suu Kyi, 71 ans, qui occupe la double fonction de ministre des affaires étrangères et de conseillère d’Etat, ce qui fait d’elle une première ministre virtuelle. Ensuite, le général Min Aung Hlaing, 61 ans, chef de l’armée et héritier de la junte militaire, qui avait décidé, il y a bientôt six ans, de procéder à sa propre dissolution.

Aucun programme pour la santé ou l’éducation

Alors qu’Aung San Suu Kyi a vu son aura pâlir à l’étranger en raison de son silence sur la terrible répression, dans le sud-ouest du pays, de l’ethnie musulmane des Rohingya par la Tatmadaw, les forces armées birmanes, le bilan de son année au pouvoir est dramatiquement maigre. Voire carrément négatif.

La « Lady », célèbre pour son courage dans le passé et son caractère autoritaire aujourd’hui, semble n’avoir aucun projet économique ni vision précise des moyens à mettre en œuvre pour développer l’un des pays les plus pauvres d’Asie. Aucun réel programme dans les domaines cruciaux de la santé et de l’éducation n’a été annoncé.

Et, outre les atrocités commises contre les Rohingya à la frontière avec le Bangladesh, la guerre continue avec plusieurs armées de minorités ethniques dans les Etats Kachin et Shan, près de la frontière chinoise.

Pour autant, à Rangoun, ex-capitale du pays et centre des affaires, l’icône de la démocratie birmane reste populaire, son accession au pouvoir symbolisant malgré tout une transition, aussi chaotique, frustrante et éminemment imparfaite soit-elle.

« La Lady ne dispose pas de la pleine autorité ! »

Son silence à propos des Rohingya, dans l’un des pays les plus islamophobes de la planète, ne dérange pas grand monde. Même les musulmans lui trouvent des excuses : « C’est une femme intelligente, subtile, qui s’efforce d’arranger les choses de manière discrète en négociant avec l’armée », assure Tin Maung Than, secrétaire général du Conseil des affaires islamiques, l’une des six organisations islamiques du pays.

Pour cet homme d’une quarantaine d’années, à la tête d’une florissante entreprise immobilière, la cause est entendue : tout vaut mieux que la dictature. « N’oubliez pas que la Lady ne dispose pas de la pleine autorité ! Elle doit composer avec les réalités résiduelles de l’ancien régime. »

Mais n’y a-t-il pas quelque chose de choquant dans le fait qu’elle ait quasi entériné les propos de l’armée, qui nie toutes les atrocités commises à l’encontre de la minorité musulmane ? La réponse de Tin Maung Than est sans détour : « Politiquement, elle ne peut se permettre de donner le sentiment qu’elle défend les Rohingya. » Pour l’essentiel des Birmans, ces derniers ne sont que des Bengalis, des immigrants illégaux venus du Bangladesh voisin…

Maintien d’une loi liberticide

Le gouvernement d’Aung San Suu Kyi est malgré tout critiqué par nombre d’intellectuels, de militants des droits de l’homme et de journalistes pour s’être montré incapable de supprimer une disposition liberticide permettant d’embastiller toute personne accusée de diffamation sur Internet : le « 66.d », comme tout le monde l’appelle ici, en référence à un article de la loi sur les télécommunications permet tous les abus et sert, le cas échéant, de punition politique.

Le patron et le rédacteur en chef d’un quotidien ont fait de la prison à cause d’un article publié sur leur site Internet que le dirigeant de la région de Rangoun avait jugé diffamatoire. Un proche d’Aung San Suu Kyi, qui avait demandé sur Facebook au chef de l’armée de démissionner, est toujours sous les verrous.

Cette loi n’accorde pas la liberté provisoire aux prévenus en attente de jugement. Et, depuis un an, le nombre de personnes traînées devant les tribunaux ou arrêtées en vertu de ce texte est à la hausse.

Pour Thiha Saw, vice-président de l’Association des journalistes du Myanmar, ce n’est cependant pas tant l’article 66.d qui est en cause que « l’esprit dans lequel il est appliqué ». Pour ce célèbre journaliste qui a connu les amères années de la junte militaire, les difficultés de la période de transition s’expliquent par le fait qu’en réalité, l’ancien système est toujours en place.

Bureaucratie tétanisée

Certes, tous les prisonniers politiques ont été libérés et la censure préalable avant publication pour les journaux a été levée – sous l’ancien gouvernement issu de la junte, d’ailleurs. Mais la Birmanie n’est pas devenue pour autant un exemple de liberté d’expression : « Prenez le cas du ministre de l’information, Pe Myint, un ancien journaliste que je connais bien, poursuit Thiha Saw. Il est littéralement prisonnier des 4 000 bureaucrates sous ses ordres ! »

Si l’on ajoute à cela que cette même bureaucratie, héritière de l’ancien régime, s’avère tétanisée par le nouveau pouvoir, qui donne des ordres vagues – quand il en donne –, et que les ministres n’osent rien faire s’ils n’ont pas l’aval d’une Aung San Suu Kyi lointaine et plus « Dame de fer » que jamais, on a une idée du niveau de pétrification de l’actuelle Birmanie.

Même si elle reste adulée par la population, Mme Suu Kyi déçoit nombre de ses anciens partisans : « Je pensais qu’elle était une championne des droits de l’homme, mais ce n’est qu’une politicienne », se désole Thet Shwe Win, jeune activiste d’une ONG de défense des droits.

Aung San Suu Kyi sera-t-elle en mesure de convaincre, à terme, l’armée de renoncer à ses pouvoirs encore exorbitants et de vaincre l’inertie d’une bureaucratie connue de longue date pour son incompétence et sa corruption ? Rien n’est moins sûr. Même les députés de la NLD, majoritaires à la chambre basse du Parlement, n’ont rien fait pour supprimer l’article 66.d.

« Peut-être ne veulent-ils pas l’abroger parce qu’ils veulent s’en servir eux-mêmes », ironise Nay Phone Latt, ancien prisonnier politique et lui-même député NLD au Parlement régional de Rangoun. « Oui, observe-t-il dans un sourire un brin désabusé, c’est vrai que notre transition vers la démocratie est difficile. »

15 septembre 2019

Le peintre David Hockney quitte les États-Unis pour aller vivre en Normandie

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À 82 ans, l'artiste britannique a troqué Los Angeles et la Californie pour la vie « Made in Normandie ».

David Hockney est considéré comme un des peintres vivants les plus chers. En 2018, son Portrait of an artist s’est vendu à 70 millions de livres (soit 78 millions d’euros) au cours d’enchères chez la maison de ventes Christie’s à Londres. Alors que s’ouvre demain, samedi 14 septembre, à New York l’exposition « David Hockney, La Grande Cour, Normandy », à la Pace Gallery, les médias britanniques ont annoncé que le peintre britannique est parti s’installer en Normandie. David Hockney aurait acheté une propriété datant de 1650, surnommée « La Grande Cour », non loin de Caen. L’artiste quitte ainsi la côte ouest des États-Unis, muse qui l’a inspirée pour sa série d’œuvres représentant des piscines et des scènes de vie californienne. Néanmoins, le choix de cette région française n’est pas le fruit du hasard. Depuis les années 1990, le peintre a séjourné de nombreuses fois dans l’Orne, notamment à Saint-Jean-des-Bois ou encore à Flers, lieu de naissance d’un de ses trois enfants. Que ce soit pour la gastronomie ou pour le mode de vie des Français, en emménageant dans le Calvados, David Hockney se rapproche également de la tapisserie de Bayeux, source d’inspiration de sa dernière œuvre, confiait-il au « Times » en novembre 2018.

Agathe Hakoun

14 septembre 2019

La Biennale de Paris 2019 au Grand Palais - vu aujourd'hui

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C'est LE rendez-vous de septembre pour les acteurs du marché de l'art et les passionnés. Depuis près d’un demi-siècle, la Biennale de Paris a lieu sous la nef du Grand Palais. Exposants nationaux et internationaux s’y réunissent, sans distinction de styles ou d’époques. Une foire géante qui couvre six millénaires d’Histoire de l’art, un véritable musée éphémère.

Les temps forts de cette édition :

L'hommage à Carlos Cruz-Diez
Pour replonger dans l'univers onirique et futuriste du pionner vénézuélien de l'art cinétique récemment décédé, la Biennale accueille une de ses œuvres majeures, inédite à Paris. Transchromie est une expérience immersive dans un espace de 15 mètres carrés où les formes, les couleurs et la lumière se confondent. Incontournable !

Le Bahreïn, invité d'honneur
On connait peu la très riche histoire du royaume du Bahreïn, l'une des plus anciennes du Moyen-Orient. Dans un dialogue interculturel passionnant, vous découvrirez les artistes et les artisans d'excellence, entre traditions et modernité. Vous verrez les plus beaux produits de la sculpture sur métal, la gypserie, le tissage et la céramique, ainsi que les fameuses perles du Bahreïn.

La scénographie de Vincent Darré
Le poumon de verre qu'est le Grand Palais devient le temps de la Biennale le terrain de jeu de l'artiste français. Une obsession : la métaphysique, qu'il dit avoir guidé son projet.Fantasque, baroque et agile, le parcours du visiteur de la Biennale sera à l'image de Darré.

GRAND PALAIS
Du 13 au 17 septembre 2019
3 av. du Général Eisenhower, 75008 - M° Champs-
Elysées (1/13) Du 13 au 16/09 : 11h-22h -
Le 17/09 : 11h-18h De 20 à 35 € - Gratuit -12 ans

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Reportage photographique : J. Snap

12 mars 2017

Concorde Art Gallery - Exposition Patrick Le Hec'h - jusqu'au 25 avril 2017

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Ci-dessus : Série "Mirrors"

Biographie

Patrick Le Hec'h débute sa formation académique à l'École d'Art Graphique Corvisart de Paris. A sa sortie il travaille quelque temps comme illustrateur et graphiste designer avant d’accepter la direction artistique d’une agence de communication. Inspiré par le romantisme et les surréalistes, on décèle dans ses premières créations l'ambiance des peintres visionnaires que sont : de Chirico, Tanguy, Bocklin, Delvaux et Magritte. Invité à présenter ses peintures dans des galeries parisiennes de renom : Avenue Matignon, rue du fg St Honoré, au Grand Palais, ainsi qu’à Monte Carlo, Cannes, Palm Beach, Chicago ou New York, son travail désormais reconnu, qui figure dans nombre de collections privées, lui vaudra des distinctions à l’occasion de manifestations artistiques majeures.

Dès ses débuts il pratique en parallèle la photographie, développant les infinies possibilités qu’offrent les nouvelles technologies en matière de graphisme et les instruments de création visuelle. Dès lors, son expérience artistique de peintre conjuguée à ses talents de photographe connaîtra un tournant décisif dans le développement de son œuvre.

Plusieurs thèmes dominent ses premières œuvres photographiques :

L'univers et sa création, le commencement des temps, le Big Bang -  série "Before the beginning" 

Le réchauffement climatique et ses conséquences - série  " Water World " -

Les prisons psychologiques, addictions et obsessions de nos contemporains -  série "Virtual Prisons" -

Les fenêtres sur le monde, dont la lumière vient éclairer subtilement des femmes lassives et voluptueuses- série "Light in shadow"

Sa mise en scène axée sur la lumière en alliance avec une recherche esthétique aboutie fait naître une « ambiance » envoûtante, immergeant le spectateur dans un univers « merveilleux » à forte puissance symbolique.

Fenêtre grande ouverte ou imaginaire et réel se confondent, le questionnement existentialiste s’impose d’emblée. Animées d’un souffle spirituel, les créations de Patrick Le Hec’h nous renvoient aux mystères de la mémoire première, au labyrinthe du danger des beautés illusoires et leur devenir vers des réalités absolues…

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Ci-dessus : Série "Virtual prisons"

http://artspace.typepad.fr/

 

http://www.concorde-art-gallery.com/galerie.html

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3 mars 2017

Paris : les pompiers s’exposent à l’Hôtel de Ville !

La première ambulance Peugeot de réanimation, un modèle très « vintage » de 1967, un casque de soldat du feu de 1933, des bottes d’incendie « confectionnées en croupon de vache », des matelas à dépression, des uniformes en vitrine dont ceux des pompiers les plus « acrobates » du GRIMP (groupe de reconnaissance et d’intervention en milieux périlleux) qui vont secourir les suicidaires le long des parois de la tour Eiffel, un scaphandre pour intervention à caractère chimique…

Ce samedi, les Parisiens pourront découvrir l’exposition « Pompiers de Paris - Notre mission : Sauver » qui ouvre ses portes à l’Hôtel de Ville. La mairie de Paris rend hommage à la prestigieuse BSPP (Brigade de sapeurs-pompiers de Paris), unité de pompiers de l’armée de Terre, placée sous l’autorité du préfet de Police et dont le secteur d’intervention est vaste : Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, aéroports de Paris-Orly et de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Cette exposition gratuite fera découvrir au public la Brigade, l’histoire de ce corps militaire unique qui fête cette année ses 50 ans, troisième plus grande unité de pompiers au monde, leur patrimoine, leur logistique, leurs techniques de sauvetage et leurs évolutions.

Ce jeudi, Anne Hidalgo a inauguré l’exposition en compagnie des pompiers, des élus et de Catherine Vieu-Charier, adjointe en charge des questions relatives à la mémoire, au monde combattant et correspondant Défense.

Samedi, ce sera donc l’ouverture de l’exposition au public. Une cérémonie militaire se tiendra le matin sur le parvis de l’Hôtel de ville. A 15 heures, les gymnastes de la BSPP feront une démonstration « dynamique » sur le parvis.

« Pompiers de Paris - Notre mission : Sauver », ouverture de l’exposition au public à 16 heures, jusqu’au 29 avril, du lundi au samedi, de 10 heures à 18 h 30, salle des Prévôts-Tapisseries, Hôtel de Ville (IVe). M° Hôtel de Ville. Entrée libre. Renseignements sur « http://www.pompiersparis.fr »

 Source :  leparisien.fr

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5 mars 2017

Nicki Minaj à la Fashion Week - Paris

Nicki Minaj a son idée bien à elle de la mode. Présente à la Fashion Week de Paris pour le défilé Haider Acker­mann, la chan­teuse a tout simple­ment utilisé l'un de ses seins comme acces­soire.

À une époque pas si loin­taine, un léger side­boob suffi­sait à émou­voir sur les tapis rouges. Les temps ont désor­mais bien changé et Nicki Minaj se veut précur­seur d'une nouvelle mode. Pour faire simple, on l'appel­lera le full­boob, puisque c'est avec un sein à l'air que la chan­teuse s'est poin­tée à un défilé lors de la Fashion Week de Paris. Nicki Minaj a quand même eu la pudeur d'utili­ser un cache téton.

Même avec cet arti­fice, son look du jour n'est pas passé inaperçu. Assise entre Caro­line de Maigret et Lou Doillon au défilé Haider Acker­mann, Nicki Minaj a un peu volé la vedette aux mannequins qui défi­laient sur le podium. Bien consciente que rien ne serait plus jamais pareil après cette sortie très média­tique, la star améri­caine a abreuvé son compte Insta­gram de clichés de sa soirée.

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11 septembre 2019

Nécrologie - La mort de Robert Frank, dans le spleen de l’Amérique

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Par Claire Guillot

Auteur du livre majeur « Les Américains », le photographe pionnier et cinéaste expérimental, est mort le 9 septembre à 94 ans.

Il était l’auteur du plus célèbre et du plus influent des livres de photographie au monde : avec ses images douces-amères et lyriques prises sur les routes des Etats-Unis dans les années 1950, The Americans est devenu l’un des monuments visuels du XXe siècle. Mais il était aussi un artiste rétif à la consécration, qui a rapidement préféré tourner le dos au passé et à la photographie pour s’engager vers des films à la forme libre, souvent nourris de ses tragédies personnelles. Le photographe et cinéaste Robert Frank est mort le 9 septembre à Inverness, en Nouvelle-Ecosse (Canada) à l’âge de 94 ans, après avoir marqué non seulement les artistes de son temps, musiciens, photographes, mais aussi l’inconscient de toute une génération.

En 1959, en 83 images en noir et blanc, liées comme un seul long poème, le suisse Robert Frank a tendu aux Etats-Unis, son pays d’adoption, un miroir brisé dans lequel les gens ont d’abord refusé de se reconnaître. Dans l’Amérique arrogante des « trente glorieuses », le photographe avait rapporté, après trois ans d’errances sur les routes du pays, des images discordantes et assez mal accueillies : une bannière étoilée froissée, des juke-box, des funérailles lugubres, des auto-stoppeurs fatigués, des cinémas en plein air…

Ses images accidentées, parfois floues, subjectives, ont marqué un jalon dans l’histoire de la photographie, montrant qu’elle pouvait servir autant à dire le monde qu’à exprimer un paysage intérieur. « Quand quelqu’un regarde mes images, déclare Robert Frank au magazine Life en 1951, je veux qu’il ait la même sensation que face à un poème dont il voudrait relire le même vers deux fois. »

La naissance d’un mythe

Avec ce livre, Robert Frank a donné naissance à un mythe, à un culte dans lequel il ne s’est jamais reconnu. Allergique aux hommages officiels et aux admirateurs qu’il accueillait souvent avec hostilité, il a mis un point d’honneur à cultiver sa liberté d’artiste, électron libre proche de la contre-culture et ami des écrivains de la Beat Generation – sans jamais faire partie du mouvement. Délaissant rapidement l’image fixe pour le cinéma, il a signé des films expérimentaux d’une grande variété, tant sur la forme que sur le fond. Et s’il est finalement retourné à la photographie dans les années 1970, c’est pour mieux détruire toute idée de belle image.

Né à Zurich en 1924, dans une famille bourgeoise et sans harmonie, Robert Frank n’était pas fait pour la Suisse et ses horizons trop étroits. Il grandit dans un milieu bourgeois et triste, entre un père vendeur de radios, photographe amateur à la vocation contrariée, et une mère diminuée par une vue fragile. La guerre pèse lourdement sur sa famille de juifs allemands, rendus apatrides par les lois de 1941. A la fin du conflit, enfin naturalisé suisse, Robert Frank va tenter de faire corps avec son pays natal : il fréquente assidûment les scouts et la montagne, s’engage dans les grenadiers, une unité spéciale de l’armée.

Mais le jeune Frank n’est pas fait pour l’autorité, quelle qu’elle soit : en rupture avec l’école, refusant de reprendre la boutique familiale, il finit comme apprenti chez un voisin photographe. Il y apprend la technique mais commence surtout à se forger une esthétique, influencé par le photographe suisse Jakob Tuggener. « Sans bien comprendre, je percevais son point de vue anti-sentimental, dira Frank bien plus tard. C’était comme un phare qui me prévenait d’un risque dont l’effet est de bloquer la vision. » Tuggener lui transmet aussi sans doute sa vision radicale de l’artiste, lui qui travailla en usine avant de tout quitter pour vivre en ermite et se consacrer à ses livres, dont un seul fut publié – le mythique Fabrik, sorte de long poème industriel sur l’homme et les machines.

En 1947, pour « conquérir la liberté d’être soi-même », Robert Frank abandonne finalement sa patrie étouffante et policée pour les Etats-Unis. Sa maîtrise technique convainc rapidement Alexei Brodovitch, le directeur artistique charismatique du célèbre magazine Harper’s Bazaar. Mais Robert Frank trouve vite insupportable de photographier des chaussures et des vêtements, ou de participer à la compétition féroce que se livrent les photographes de mode. Au bout de six mois, il claque la porte et voyage en Amérique du Sud, seul avec un Leica et un Rolleiflex, quasiment sans parler à personne, pour y faire des images qui hésitent encore entre le reportage et la photographie humaniste.

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Des images remarquables de subjectivité

Dans ses voyages suivants, en Espagne, à Paris et à Londres, rapportant des images déjà remarquables de subjectivité, qu’il publiera en livres, il embarque souvent sa compagne et leur fils Pablo. Aux Etats-Unis, Robert Frank a en effet rencontré une toute jeune fille, Mary Lockspeiser, danseuse, peintre et modèle, qui vit une vie de bohème à New York et partage avec le photographe les mêmes aspirations artistiques. Elle n’hésite pas à s’enfuir avec lui à Paris avant de l’épouser, enceinte, à 16 ans. Au contact de l’Europe encore marquée par les restes de la guerre, le style de Robert Frank se durcit, se fait plus spontané, plus heurté, marqué par la vitesse et le flou. Dans son premier livre d’artiste, Black White and Things, il réunit des images prises dans divers pays dans une suite visuelle tourbillonnante, où le sujet importe moins que l’atmosphère créée par les images. « Dès mes premières photos, je savais que jamais je ne raconterais des histoires avec un début, un milieu et une fin », disait-il.

De retour à New York, même s’il participe à une exposition collective au Musée d’art moderne de New York, en 1953, ses images rencontrent d’abord peu d’écho. Il trouve pourtant un allié en Walker Evans, le photographe inventeur du « style documentaire », dénué de tout sentimentalisme. Les deux deviennent amis malgré leurs différences d’âge et de style – l’Américain, dandy et puritain, apprécie peu les accointances de Frank avec l’avant-garde littéraire dissolue. Walker Evans fait travailler Frank comme assistant et, surtout, l’incite à postuler à une bourse du Guggenheim pour son odyssée mythique : une traversée mélancolique des Etats-Unis, « portrait visuel d’une civilisation ».

Pendant près de trois ans, au milieu des années 1950, en trois voyages, dans une Ford, en train ou même en bus, Robert Frank sillonne le pays et prend plus de 27 000 images. Il passe par les usines, les fêtes foraines, les enterrements, les rodéos, les magasins, errant souvent au hasard, à la recherche d’une sensation, d’un élan intime. Une seule prise, trois maximum. « La première impulsion, la première énergie, disait-il au Monde. Quand on déclenche une seconde fois, il y a déjà un moment de perdu, c’est plus faible. »

Sans le vouloir, il arrive à Détroit au moment où une grève se déclenche. Il saisit souvent des symboles nationaux – un défilé patriotique, un cow-boy, une célébration à l’église – mais au moment faible, lorsque l’attention se relâche, que les sourires s’effacent et que le chant de l’Amérique héroïque sonne faux. Sur ses images, les divisions raciales apparaissent au grand jour : dans ce bus où les Blancs sont à l’avant, les Noirs à l’arrière. Les magasins illuminés brillent comme des bijoux en toc. Personne ne sourit, et l’acte même de photographier semble parfois brutal : un couple noir assis dans l’herbe fixe le photographe, et donc le spectateur, d’un air hostile.

Un récit sombre et chaotique de l’Amérique

L’époque est au maccarthysme, et les pérégrinations du photographe débraillé et mal rasé ne sont pas sans accroc. Arrêté deux fois, il est jeté en prison dans l’Arkansas, où la police l’accuse, sur la base de son fort accent et de ses enfants « aux noms étrangers » d’être un « commie » (communiste). Seul sa signature trouvée sur le magazine chic Fortune le sortira d’affaire.

Les 83 images finales, qu’il organise en un récit sombre et chaotique, à l’ordre immuable, se répondent par des motifs formels. Les images granuleuses, accidentées, composent un spleen poisseux, une mélancolie qui est autant celle de l’Amérique que celle de Robert Frank : avec Les Américains, le photographe invente le reportage autobiographique. Il inclura même, en toute fin d’ouvrage, une photo où l’on aperçoit Mary et Pablo dans la voiture : « Parler de moi, c’est montrer que la coupure entre le photographe et son sujet est artificielle. Quand on travaille sur la réalité, on parle de soi. »

Le livre ne sera accepté par aucun éditeur américain et c’est finalement le Français Robert Delpire qui le publie en 1958, mais au prix de plusieurs concessions pour Robert Frank : la couverture est un dessin de Saul Steinberg, et des citations d’écrivains américains émaillent tout le livre. C’est seulement en 1959 que paraîtra l’édition américaine de référence, telle que la veut Frank : une photo en couverture, une page blanche entre chaque image, et surtout une nouvelle préface signée de l’écrivain Jack Kerouac, l’auteur du célèbre Sur la Route qu’admire Frank : « Après avoir vu ces images, on finit par ne plus savoir si un juke-box est plus triste qu’un cercueil », écrit-il.

L’Amérique, dans l’ensemble, va détester ce portrait déprimé, fait par un étranger qui piétine les règles de la « belle photographie » et prend à rebours la photo humaniste, bienveillante pour les personnes qui figurent dans le cadre, qui domine à l’époque. Le magazine Popular Photography le qualifie même de « poème triste pour gens malades ». Sur les 2 600 exemplaires du livre, 1 100 seulement sont vendus. Mais Robert Frank, déjà, a déjà remisé ses appareils Leica au placard pour se lancer à corps perdu dans les films : « Après Les Américains, j’ai eu l’impression d’être allé au bout de quelque chose. » Il ne croit plus en la photographie, à l’image isolée et muette.

Une peinture déprimante de la célébrité

Avec son voisin le peintre Alfred Leslie, Robert Frank va d’abord tourner un film expérimental, adapté d’une pièce de l’écrivain Jack Kerouac : il y montre la soirée d’un couple perturbée par l’arrivée d’un groupe d’amis hauts en couleur. Avec ses airs spontanés et décousus, avec son casting de figures de la contre-culture – le poète Allen Ginsberg, le peintre Alfred Leslie, l’écrivain Jack Kerouac qui a improvisé la voix off dans un état très alcoolisé… – le film a fini, au fil des années, par incarner toute la Beat Generation.

Mais le film le plus mythique de Frank – et sans doute le plus difficile à voir - suit la tournée des Rolling Stones en 1972. Cocksucker Blues (« le blues du suceur de bite ») est tout sauf un film musical : le cinéaste coupe les chansons, ne s’attache pas aux relations entre les musiciens ou à leur vision du métier. Il fait plutôt une peinture déprimante de la célébrité, ce cirque frénétique entrecoupé par de longs moments d’ennui. Prise de drogue, déplacements incessants, coucheries avec les groupies, masturbation… sont filmés de façon chaotique, par un Robert Frank aussi défoncé que ses sujets.

Le résultat final va effrayer les Stones, qui craignent de se faire expulser des Etats-Unis. Ils vont faire un procès à Robert Frank et obtenir l’interdiction de montrer le film sauf lors de rares projections, en présence du cinéaste. « C’est si difficile d’être célèbre, commentait le cinéaste dans le New York Times. C’est une vie horrible. Tout le monde veut obtenir quelque chose de vous. »

Faisait-il aussi référence à lui-même ? La célébrité grandissante des Américains, à partir des années 1960, si elle lui apporte une aisance financière, attire aussi vers lui une attention qu’il accueille avec circonspection, voire hostilité. Il accepte les rétrospectives avec parcimonie, ne se reconnaît pas dans le culte qu’il a fait naître. Retiré en Nouvelle-Ecosse à Mabou avec sa femme Leaf, il préfère se consacrer à ses films. Il en signe une trentaine en quarante ans, tournés comme dans l’urgence, qui hésitent entre différents genres.

Comme pour ses images fixes, on y trouve souvent des éléments biographiques, échos d’une vie marquée très vite par le chagrin et la perte : ses manquements en tant que père (Conversations in Vermont, 1969), la mort de sa fille Andrea dans un accident d’avion en 1974 (Life dances on, 1980) les difficultés de Pablo, atteint de schizophrénie, jusqu’à son suicide en 1994 (True Story, 2004). « Je regarde toujours l’extérieur pour essayer de regarder l’intérieur, pour essayer de trouver quelque chose de vrai, mais peut-être rien n’est-il jamais vrai. »

Robert Frank finira par revenir à la photographie, dans les années 1970, mais pas telle qu’il l’a laissée. Il découvre le Polaroid, qui lui permet de raturer, décomposer, abîmer la matière d’une œuvre qui se couvre de mots et se fait toujours plus sombre, hantée par les regrets. Le livre Lines of My Hands, publié en 1972 puis 1989, embrasse toutes sortes d’images, de différentes époques, des planches contact et des tirages, assemblées dans des collages et ponctuées de commentaires de Frank qui font ressurgir le passé : « Pour certains la photographie est une chambre de l’oubli. Pour moi, c’est une boîte à mémoire, un grenier à souvenirs. »

En 1990, refusant de vendre ses archives, le photographe avait donné la majeure partie de son travail photographique à la National Gallery de Washington, de crainte qu’après sa mort, disait-il, « on publie les Américains Tome II ou les Feuilles mortes de Robert Frank ». Les éditions Steidl ont aussi entrepris de republier toute son œuvre, à la fois ses livres ainsi que ses films réunis dans un coffret. De quoi constater la cohérence d’une œuvre qui a toujours cherché à sortir du cadre. « Moins d’art, plus de vérité, disait Frank. Etre assez libre pour faire des choses authentiques, plus rugueuses, moins calculées. »

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11 septembre 2019

Les premières images inédites du défilé Savage X Fenty automne-hiver 2019

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Un casting cinq étoiles, une flopée d’artistes internationaux, un défilé d’anthologie… Pas de doute, Rihanna est la reine de cette Fashion Week new-yorkaise.

par Margaux Krehl

Mardi 10 septembre, Rihanna a de nouveau électrisé la Fashion Week de New York en présentant son deuxième défilé Savage X Fenty. Et pour dévoiler sa nouvelle collection de lingerie, la femme d’affaires a mis les petits plats dans les grands en imaginant un show hors norme, long de 40 minutes et ponctué de performances inédites (au programme, Migos, DJ Khaled, Big Sean ou encore Fat Joe). Côté podium, Cara Delevingne, les sœurs Gigi et Bella Hadid, Laverne Cox ou encore le top Joan Smalls ont défilé pour Rihanna, qui a elle-même ouvert le bal moulée dans une combinaison carbone à la transparence d’une folle sensualité. Pour découvrir l’intégralité du défilé, il faudra pourtant patienter jusqu’au 20 septembre prochain : dans le plus pur esprit Victoria’s Secret (les controverses en moins, la diversité en plus), Rihanna a en effet choisi de diffuser ce dernier en exclusivité sur la plateforme Amazon Prime Video. Privant au passage les invité.e.s présent.e.s de leur téléphone, afin que rien ne fuite sur les réseaux sociaux.

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Pour calmer l’impatience de ses fans (ou attiser un peu plus leur curiosité), la chanteuse a tout de même choisi de dévoiler en exclusivité quatre images du show. Un podium géant, des dizaines de mannequins et de célébrités, des chorégraphies, un final exceptionnel… Rihanna n’a pas fait les choses à moitié.

Quant à la collection automne-hiver 2019, cette dernière sera également disponible dès le 20 septembre, au même moment que la diffusion du show sur Amazon. Une ligne qui mêle des « associations inattendues de couleurs et d’imprimés ; les verts éclatants et les rouges vibrants se mixant aux nudes et aux teintes neutres ». Et qui célèbre « nos différences tout en explorant ce que le concept d’individualité signifie pour chacun de nous ». Tout un programme.

14 septembre 2019

Plus de 500 personnalités s’engagent pour l’indépendance du « Monde »

Après les journalistes du « Monde », 500 personnalités s’engagent à leur tour et demandent aux actionnaires du groupe la reconnaissance d’un droit d’agrément garantissant l’indépendance éditoriale de la rédaction.
Nous, lecteurs du Monde, de Télérama, de Courrier international ou de La Vie, citoyens soucieux de la liberté de la presse, apportons notre soutien aux équipes éditoriales et aux salariés engagés dans la défense d’une valeur inaliénable : l’indépendance de leur journal.

Nous ne sommes pas toujours d’accord avec le contenu de ces journaux, mais le Groupe Le Monde est aujourd’hui à un tournant de son histoire. Alors que la presse est la proie de jeux d’influence et d’appétits industriels, le modèle de liberté éditoriale et de développement économique incarné par ce groupe est menacé. Ce modèle est fondé sur le pacte d’actionnaires noué en 2010 entre, d’une part, Pierre Bergé, Xavier Niel, Matthieu Pigasse et, d’autre part, les personnels du groupe, qui avaient ensuite validé leur arrivée.

Comprendre : Comment l’actionnariat du Groupe Le Monde est organisé
Parce qu’elle pérennise l’esprit de ce pacte, la mise en place d’un droit d’agrément à l’égard de tout nouvel actionnaire est une pièce indispensable de ce modèle : elle permettra au pôle d’indépendance du Groupe Le Monde (qui réunit les sociétés de journalistes, de personnels, de lecteurs et de fondateurs) de se prononcer, à l’avenir, sur l’entrée au capital de tout nouvel actionnaire majeur. En cette époque où même les faits sont contestés, la liberté et l’indépendance de la presse sont des biens publics plus précieux que jamais.

le monde façade

Plus de 500 signataires
Dominique A (chanteur) · Philippe Aghion (professeur au Collège de France) · Sophia Aram (humoriste) · Yann Arthus-Bertrand (photographe et réalisateur) · Kader Attia (plasticien) · Paul Auster (écrivain) · Elisabeth Badinter (philosophe) · Robert Badinter (avocat) · Russell Banks (écrivain) · Françoise Barré-Sinoussi (virologue Prix Nobel de physiologie et de médecine 2008) · Jane Birkin (chanteuse) · Christian Boltanski (plasticien) · Patrick Boucheron (professeur au Collège de France) · William Boyd (écrivain) · Sophie Calle (artiste) · Emmanuel Carrère (écrivain) · Barbara Cassin (philosophe) · Christine and the Queens (chanteuse) · Kamel Daoud (écrivain) · Luc Dardenne (cinéaste) · Jean-Pierre Dardenne (cinéaste) · Raymond Depardon (photographe et réalisateur) · Arnaud Desplechin (cinéaste) · Manu Dibango (musicien) · Annie Ernaux (écrivaine) · Marcel Gauchet (historien) · Serge Haroche (physicien prix Nobel de physique 2012) · Axel Honneth (sociologue allemand) · Nicolas Hulot (président d’honneur de la Fondation Nicolas Hulot) · Isabelle Huppert (comédienne) · Nancy Huston (écrivaine) · Elias Khoury (écrivain) · Naomi Klein (essayiste) · Rem Koolhaas (architecte) · Bruno Latour (philosophe) · Vincent Lindon (comédien) · Jonathan Littell (écrivain) · Annette Messager (artiste plasticienne) · Ariane Mnouchkine (directrice du Théâtre du Soleil) · Edgar Morin (sociologue) · Cees Nooteboom (écrivain) · Mona Ozouf (historienne) · Michelle Perrot (historienne) · Renzo Piano (architecte) · Thomas Piketty (économiste) · Denis Podalydès (comédien et metteur en scène) · Olivier Py (auteur directeur du Festival d’Avignon) · Matthieu Ricard (moine bouddhiste) · Catherine Ringer (chanteuse) · Pierre Rosanvallon (professeur au Collège de France) · Salman Rushdie (écrivain) · Edward Snowden (lanceur d’alerte) · Timothy Snyder (professeur à l’université Yale) · Lilian Thuram (fondation Lilian Thuram-Éducation contre le racisme) · Lech Walesa (Prix Nobel de la paix) · 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2 mars 2017

Rankin Nus iconiques de supermodèles - Berlin

Au printemps 2017, la Galerie CWC devient une scène de créativité et d’invention où s’exprime un photographe : Rankin. L’exposition comprend plus de cinquante œuvres créées par Rankin de 1995 à nos jours, et donne un aperçu complet de son parcours en invitant le spectateur à entrer dans son univers. Rankin présente des travaux de différentes séries, dont ses nus iconiques de modèles comme Heidi Klum, Kate Moss et Gisele Bündchen, ses portraits de personnalités comme David Bowie, et plusieurs séries personnelles qui rompent avec les conventions artistiques. La caractéristique commune de ces œuvres est le don que possède Rankin pour questionner les normes sociales et le concept de beauté, et de dissoudre les frontières artistiques. Les œuvres de Rankin ont intégré des collections internationales publiques et privées et ont été exposées dans des musées du monde entier. Une rétrospective a été présentée au NRW Forum de Düsseldorf en 2012, suivie d’expositions à la Kunsthalle Rostock et à la National Portrait Gallery de Londres. Rankin a publié plus de trente livres dans sa carrière, et les deux derniers , intitulés #NSFW et Hunger: The Book sont sortis récemment chez teNeues (2016).

Rankin

Du 25 février au 1er avril 2017

CWC Gallery

Auguststrasse 11-13

10117 Berlin

Allemagne

http://camerawork.de/fr/cwc-gallery/

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9 septembre 2019

Visa pour l'image : Patrick Chauvel, 50 ans de photo d'un "rapporteur de guerre"

Visa pour l'image propose jusqu'au 15 septembre une exposition consacrée aux clichés de Patrick Chauvel, photoreporter pendant cinquante ans sur tous les théâtres de guerre.

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Deux jihadistes étenus par les Américains à Baghouz en Syrie, mars 2019. (PATRICK CHAUVEL/SIPA/SIPA)

A 70 ans, le photoreporter de guerre Patrick Chauvel vient de donner ses archives au Mémorial de Caen. Et quelles archives ! 400 000 clichés dont les plus anciens datent de la Guerre des Six Jours, en 1967, puis de la guerre du Vietnam. Le reporter sort alors tout juste de l'adolescence. L'exposition que lui consacre Visa pour l'image tente de résumer en quatre-vingt-deux images la couverture de trente-quatre conflits.

Chaque reportage, je rencontre des gens, qui sont souvent des gens généreux, des gens en danger, des gens qui acceptent d'être filmés, photographiés, qui me racontent leurs histoires. Et donc je porte toutes ces histoires en moi. J'ai envie de les partager à travers les photos, les films, les bouquins que j'écris... Je continue à essayer de les refaire revivre en permanence.

Patrick Chauvel, photoreporter

Photographe mais aussi documentariste et écrivain, Patrick Chauvel a raconté sa vie de photoreporter dans, notammment, un livre et un documentaire portant le même titre : Rapporteur de guerre.

Un survivant

Patrick Chauvel est un survivant, le photoreporter a en effet été blessé sept fois : en Irlande (balle en caoutchouc qui lui brise le fémur), au Salvador (une balle de M16 qui le touche au ventre, ablation d'une grande partie de l'intestin et un trou dans le dos), en Iran (une balle dans la cheville), au Cambodge (quatre éclats provenant d'un obus de mortier), et enfin au Liban par un obus d'artillerie lourde.

ses livres

Dans Rapporteur de guerre (J'ai lu, 2003), Patrick Chauvel revient sur plusieurs missions qu'il a eu à remplir sur les théâtres de conflits. Il raconte notamment comment il s'est retrouvé, presque encore adolescent, à couvrir le conflit entre les Américains et les communistes vietnamiens.

Dans Sky, L’histoire d’une amitié, de l’enfer du Vietnam aux terres Chiricahuas (J'ai lu, 2005), il précise son point de vue en racontant l'amitié qui le liait à un Amérindien rencontré alors que ce dernier combattait sous la bannière étoilée. Cette histoire réelle déborde la guerre du Vietnam puisque Chauvel suit notamment son ami dans un Paris des années 70 où l'on croise entre autres personnalités de cette époque, le musicien Jim Morrison.

Dans Les pompes de Ricardo Jesus (Editions Kero, 2012), il revient sur sa couverture des conflits en Amérique du Sud.

Deux jihadistes étenus par les Américains à Baghouz en Syrie, mars 2019.Deux jihadistes étenus par les Américains à Baghouz en Syrie, mars 2019. (PATRICK CHAUVEL/SIPA/SIPA)

Deux Jihadistes détenus par les Américains à Baghouz en Syrie. Photo de Patrick Chauvel exposée à Visa pour l'image.

Patrick Chauvel a eu également l'occasion d'être comédien dans une dizaine de films dont deux dirigés par son oncle Pierre Schoendoerffer, lui-même ancien caméraman pour l'armée. Ses parents étaient résistants pendant la seconde guerre mondiale. Son père était le journaliste Jean-François Chauvel.

31 octobre 2010

La 25ème heure de Deauville

Le jury du premier concours photo de Deauville et sa présidente Bettina Rheims ont souligné la belle qualité des clichés rendus cette nuit à 1 h du matin par les 49 participants (il y avait 90 inscrits). Ils ont cherché à retranscrire le thème de « la 25e heure » à l'occasion du passage à l'heure d'hiver.

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«Cendrillon» de Cécilia Thibier, lauréate du concours.

...et moi j'aime mieux celle-ci :

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Photo : Yann Dehais

Voir mon billet du 30 octobre

29 octobre 2010

Exposition "Le Morbihan en guerre" - Exposition à Plouharnel

Jusqu'au lundi 1er novembre 2010, l’exposition «Le Morbihan en guerre » conçue par les archives départementales est présentée à l’espace culturel de Plouharnel. Elle retrace au travers de 5 grandes thématiques les multiples aspects du conflit mondial au niveau départemental. La mobilisation des soldats, l’installation des troupes allemandes, la vie quotidienne des Morbihannais, la destruction de l’agglomération lorientaise, l’action de la résistance et la libération du département sont tour à tour développés. Mobilier, maquettes, mannequins sont complétés par des objets d’époque fournis par un collectionneur local. Deux salles sont consacrées à l’exposition dont l’une accueille une carlingue de bombardier américain faisant office de salle de projection. Images d’archives, fond musical accompagnent les visiteurs pendant de 15h à 19h00.

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La batterie du BEGO (dans les dunes de Plouharnel)

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Visite de Rommel au BEGO (Avril 1944)

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La poche de Lorient

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Troupes alliées et prisonniers allemands se croisent

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Attentat à Auray - Hôtel Terminus près de la gare d'Auray

Exposition vue aujourd'hui. Photos prises avec mon Nokia N95

Le catalogue de cette exposition est en vente aux Archives Départementales du Morbihan à Vannes.

Cliquez ICI

Ci-dessous la tour de direction de tir du BEGO telle qu'elle est actuellement

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10 septembre 2019

Demeure du Chaos - Journées Européennes du Patrimoine - 21 et 22 septembre

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Pour la première fois depuis 9 ans :

Ouverture Exceptionnelle de La Cour des Papes au public pour les #jep avec entre autres, la sculpture monumentale "Ground Zero", plus de 180 portraits inédits ainsi qu'une partie de l'Univers d'Artprice se trouvant au RDC... N'hésitez pas à relayer la news à toutes et tous vos ami(e)s ! :-)

Entrée gratuite, visite libre.

27 février 2017

Pierre Magne, Luxure & Voluptés - derniers jours

Luxure & Voluptés est une série qui s’inspire librement de l’univers des maisons closes des années 1920 / 1930. Après la visite d’une exposition sur le Chabanais, l’une des maisons closes les plus connues et les plus luxueuses de Paris entre 1878 et 1946, le photographe Pierre Magne développe une série aux tons suaves et sensuels.

Tantôt provocatrices, tantôt honteuses, l’auteur a pris beaucoup de liberté dans les poses et les attitudes. Loin des mannequins d’agences avec qui il a plaisir à travailler, l’auteur a eu la joie de construire cette série avec la « girl next door ». Parfois fines, ou rondes, parfois jeunes ou plus âgées, toutes sont amatrices et nombreuses posaient pour la première fois.

Et ce qui semble être un souci devient alors un avantage tant la retenue, les poses hésitantes et la timidité ajoutent au sentiment de malaise… S’installent alors l’ambivalence, la dichotomie entre la beauté du lieu, de la plastique, de la lumière et l’embarras d’une pose, l’indicible sentiment de l’envie d’être là, la contrainte d’une attitude indécente, la peur du scandale, le malaise d’une nudité affichée.

Pierre Magne, Luxure & Voluptés

Jusqu’au 5 mars 2017

Galerie Claude Samuel

69 Avenue Daumesnil

75012 Paris

France

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25 février 2017

Donald Trump

10 septembre 2019

Mise au point russe...

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Réagissant aux propos tenus par le chef du Pentagone, qui avait exhorté la Russie à «se conduire comme un pays plus normal», les ministres russes des Affaires étrangères et de la Défense ont laissé entendre qu'ils n'avaient pas la même vision de la «normalité» que les Etats-Unis.

«Il nous a appelé à agir comme un pays normal, mais pas comme les Etats-Unis. Puisque dans ce cas-là, nous aurions dû [...] bombarder l'Irak ou encore la Libye, une violation flagrante du droit international», a déclaré Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse aux côtés de Jean-Yves Le Drian et Florence Parly.

Le ministre a ajouté que, suivant cette logique, Moscou aurait dû «octroyer des millions pour l'ingérence dans les affaires des autres pays, comme l'avait fait le Congrès».

Poursuivant son idée, il a estimé que la Russie aurait dû soutenir «un coup d'Etat anticonstitutionnel en Ukraine en février 2014, à l'instar des Etats-Unis et de leurs proches alliés, lorsque l'opposition ukrainienne, sous la pression des radicaux, des néonazis, avait foulé aux pieds un accord signé [le 21 février 2014, ndlr] par les pays-membres de l'UE». «Nous allons probablement rester quand même anormaux pour l'instant», a de son côté ajouté SergueïChoïgou, ministre de la Défense.

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25 février 2017

LE JEUNE ARTISTE CHINOIS REN HANG S’EST SUICIDÉ

Source : LIBERATION

Il y a encore quelques semaines, ces pages accueillaient l’excellente nouvelle de la sortie d’une monographie de Ren Hang. Aujourd’hui, nous lui rendons un hommage posthume : le jeune prodige de la photographie chinoise s’est suicidé vendredi à Pékin, en sautant par la fenêtre, l’après-midi. Son compagnon était présent. «Il avait tellement de douleur qu’il n’arrivait pas à se contrôler. Il souffrait de dépression, il vivait à un rythme bousculé, voyageait beaucoup», avance sa galeriste, Lingyun Wang, de la On-Gallery (Pékin), à Paris à ce moment-là. Sur le site du photographe, on trouve un onglet «My Depression» et, en 2013, l’artiste avait publié un ouvrage de photos et de poèmes sous ce même intitulé. Ren Hang, né en 1987 à Changchun dans la province de Jilin, vivait à Pékin. Depuis quelques années, ses photographies étaient apparues comme des météorites, brûlant les pages des magazines et les blogs, explosant les frontières de la Chine, se disséminant dans le monde avec fougue, enflammant tout sur leur passage par leur érotisme élégant, séduisant et cru. Elles étaient reconnaissables entre mille. Ren Hang a inventé un style, celui de la jeunesse chinoise nouvelle, libre et insoumise. Prolifique, il a imposé une écriture, insolente, celle des corps espiègles, à poils, affranchis du joug de la domination morale et politique. Par leur volupté pure, ses images respirent la soif de vivre, la joie de toucher des corps amis, le plaisir de s’empiler les uns sur les autres, de tendre son postérieur à l’objectif sur un toit en pleine nuit, de se cacher sous l’herbe fraîche, de jouer avec des tulipes et des roses rouges, de croquer dans une pastèque saumon à pleines dents dans un bain.

Rencontré à Paris en 2014, pour sa première exposition à la Nue Galerie à Pantin, il nous confiait, timide : «Quand on est nu, tout est plus naturel.» Cela se voyait dans ses images. Il montrait une nudité naïve et sophistiquée sublimant les cheveux noirs et la carnation asiatique par de délicates touches vermillon (vernis à ongles, fleurs, rouge à lèvres). Il photographiait ses amis chez lui, dans son petit appartement, ou dans la forêt, le plus naturellement du monde. Souvent, ses mises en scène frôlaient le soft porn, avec des fellations multiples entre garçons, des pénis en érection rehaussés de citron vert, des baisers entre filles, des gros plans urophiles humoristiques. Avec ces images taboues, il jouait avec le feu, attirant sur lui la censure chinoise. Souvent, il a dû décrocher des photos avant l’ouverture d’une exposition et s’est fait embarquer par la police lors d’une prise de vue en extérieur. En Chine, on ne montrait pas son travail comme dans le reste du monde. Tout récemment encore, il n’a pu rapporter dans son pays la monographie de Taschen, bloquée à la douane.

Jusqu’au-boutiste, Ren Hang «avait toujours envie de se dépasser, d’aller plus loin, de s’en foutre de tout. Il cherchait la liberté absolue», témoigne sa galeriste. Magazines, maisons d’édition, agents, galeries, musées s’arrachaient son travail. Parallèlement à la photographie, il écrivait des poèmes très drôles, des haïkus crus traversés par la mort et le sexe (lire ci-dessous). En ce début 2017, il expose au Foam d’Amsterdam, à Pékin, à Stockholm. Cette année avait si bien commencé pour lui qu’on avait failli écrire fin janvier que l’année du Coq de feu était celle du coq en pâte. C’était oublier le soleil noir qui le brûlait. Les images qu’il n’a pas faites et qu’on attendait avec impatience laissent déjà un grand vide.

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25 février 2017

Rare exposition au Louvre : Vermeer parmi les maîtres hollandais

Du 22 février au 22 mai 2017, l’exposition Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Siècle d’or, au Louvre, Hall Napoléon Bas.

Présentation de l’artiste

Vermeer (1632-1675), Johannes ou Jan Van der Meer (qui se traduirait par "du lac"), ou aussi Vermeer de Delft, dont le père fut tisserand de caffa (riche étoffe de soie mêlée de laine et de coton), puis aubergiste et marchand d’art, devint l’un des plus grands peintres baroques des Provinces-Unies néerlandaises.

Un tel contexte familial aura-t-il favorisé chez le jeune Johannes sa sensibilité si particulière aux couleurs, aux drapés et aux nuances, et son aisance dans le milieu des artistes, de l’art et de son commerce ?

Sa biographie est restée suffisamment mystérieuse pour qu’il ait été surnommé le "Sphinx de Delft".

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L’Astronome, dit aussi L’Astrologue, 1668, musée du Louvre, Paris

Ce ne sera qu’en 1989, que John Michael Montias, qui avait publié une étude socio-économique sur le marché de l’art à Delft au XVIIe siècle, écrira à partir d’archives Vermeer and His Milieu : A Web of Social History, un essai biographique sur Vermeer. Celui-ci apportera quelques éclairages sur la vie du peintre et l’histoire sociale de son temps.

On apprend ainsi qu’il effectua un voyage à Amsterdam pour mieux étudier les grands peintres du moment, et que ses premières œuvres furent des peintures d’histoire de grands formats, assez proches de celles de Jacob van Loo (1614-1670). Il aurait été également sensibilisé par l’École caravagesque d’Utrecht..

On suppose que Vermeer, d’éducation calviniste, se serait converti au catholicisme... pour raisons familiales, ce qui orientera par la suite passablement les sujets de certaines de ses toiles, parfois peu calvinistes.

Vermeer connut un début de carrière précaire du fait de dettes contractées par son père et qu’il dut rembourser sur plusieurs années. Son couple eut onze enfants, et on peut imaginer que l’harmonie que l’on retrouve indubitablement dans ses tableaux participait à une construction mentale... souhaitée si ce n’est onirique.

Son inscription à la guilde de Saint-Luc de Delft, qui lui permet de vivre de son art, librement et à son propre compte, comme de prendre des élèves, change radicalement ses conditions de vie. S’en suivit la reconnaissance de ses pairs au point qu’il fut élu 3 fois à la tête de la guilde, et que l’on faisait même appel à ses qualités d’expert en marché de l’art.

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Jan Vermeer, dit Vermeer de Delft, La Jeune Fille à la perle

Ayant acquis de plus une forte réputation d’artiste peintre innovant, Vermeer dépendit de la maison d’Orange comme de riches autres commanditaires (dont son principal mécène, van Ruijven, qui devait acquérir la plus grande part de sa production).

Vermeer ne réalisait pas plus de trois toiles par an, et nul besoin ou pression n’aurait apparemment pu accélérer ce rythme.

Il connut à la fin de sa vie à nouveau des difficultés financières. Son œuvre sombra après sa mort dans un relatif oubli de près de deux siècles, à l’exception de quelques collectionneurs qui demeuraient fidèles à sa peinture.

Retenons que sa production ne dépassa pas au total de 50 à 60 tableaux (certains disent même aujourd’hui 37) pour une carrière qui ne dura qu’une vingtaine d’années.

Le réveil plus large de l’attention portée à son œuvre, survint en 1866, quand le journaliste français critique d’art, Théophile Thoré-Burger, publia coup sur coup dans la Gazette des beaux-arts trois articles qui forgeront définitivement sa réputation, soutenu dans son entreprise par de nombreux hommages de peintres, impressionnistes notamment, et d’écrivains, parmi lesquels Marcel Proust.

Ses tableaux, extrêmement rares, seront dès lors recherchés avec d’autant plus d’acharnement, qu’ils n’étaient plus alors que 34 à lui être attribués avec certitude, 3 autres faisant encore l’objet d’âpres discussions.

Parmi la splendide production de Vermeer, La Jeune Fille à la perle et La Laitière font désormais partie des icônes de l’histoire de la peinture les plus universellement reconnues, et sont d’ailleurs allègrement et irrespectueusement détournées par des usages publicitaires répétés.

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Jeune Femme écrivant une lettre, vers 1665-1666, 45 × 39,9 cm, National Gallery of Art, Washington

Vermeer, comme Rembrandt et Frans Hals, est aujourd’hui classé parmi les maîtres du Siècle d’or néerlandais, et les expositions qui présentent ses toiles déplacent toujours des foules considérables.

Les scènes de genre qu’offrent les tableaux de Vermeer conjuguent mystère et familiarité. Ces moments saisis de la vie domestique font montre d’une perfection formelle et d’une profondeur poétique.

Dans ses œuvres de maturité, les associations de couleurs de Vermeer sont réputées inimitables, avec la prédilection dont il use pour l’outremer naturel et le jaune, sa grande maîtrise du traitement de la lumière et de l’espace, et la combinaison d’éléments restreints, récurrents d’un tableau à l’autre.

Vermeer est principalement connu pour ses scènes de genre peintes sur de petits formats, qui représentent des intérieurs intimes, sereins, « bourgeois ».

Ces tableaux signifiaient souvent avec discrétion et élégance l’ouverture d’alors des Provinces-Unies sur le monde par son commerce maritime, et les commanditaires appréciaient encore la présence de délicats chefs-d’œuvre aux dimensions restreintes.

Deux toiles peintes vers 1656-1657 assurent la transition entre la peinture d’Histoire et la peinture de genre : L’Entremetteuse et la Jeune fille assoupie. Elles comportent une dimension moralisante assez évidente pour condamner, l’une la prostitution, l’autre l’oisiveté.

Mais il est vrai que l’observation de ces tableaux dans le temps et les détails laisse apparaître des touches de réalités quotidiennes comme des scenarios emboités les uns dans les autres, presque à l’infini. Pour dépouillée que l’image soit montrée, elle n’en reste pas moins délibérément prolixe en jugements moraux et en poésie.

Le thème de l’amour, qui est une des ouvertures offertes, apparaît par allusion (motifs de la lettre, de la musique, du vin).

Enfin quelques-unes de ses toiles valorisent des activités domestiques, modèles de vertu, comme La Laitière ou La Dentellière.

Présentation de l’exposition au Louvre

Aujourd’hui Johannes Vermeer (1632-1675) a rejoint pour le public les autres grands maîtres de la peinture hollandaise du Siècle d’or, Frans Hals (1582-1666) et Rembrandt (1606-1669). Cela n’a pas toujours été le cas.

Nous sommes à l’apogée du succès économique mondial des Provinces-Unies, avant que ce moment particulièrement florissant ne soit brutalement interrompu par les entreprises guerrières des Anglais et des Français. La scène de genre, d’un quotidien idéalisé si sophistiqué, est alors un marché de niche, destiné à une clientèle très riche, une classe sociale nouvelle soudainement apparue.

Il fallait oser mettre 12 des œuvres de Vermeer (le tiers de sa production !) et celles de ses contemporains ensemble. Entre eux le dialogue était permanent, et Vermeer avait ce talent si particulier de se repaître des idées des autres, de les pousser, de les sublimer, et de les transformer.

Vermeer n’a pas atteint un tel degré de maîtrise et de créativité en restant coupé de l’art et des artistes de la peinture de genre de son temps, loin de là... et c’est tout le mérite de cette exposition que de replacer un remarquable ensemble de ses chefs-d’œuvre côte côte avec des tableaux de ses grands contemporains.

En effet, par des rapprochements avec les œuvres d’autres artistes du Siècle d’or hollandais comme Gérard Dou (1613-1675), Gerard ter Borch (1608-1681), Jan Steen (1626-1679), Pieter de Hooch (1608-1681), Gabriel Metsu (1629-1667), Caspar Netscher (1639-1684) ou Frans van Mieris (1635-1681), l’exposition laisse à voir l’environnement visuel artistique de cette époque et l’insertion si personnelle et particulière de l’œuvre de Vermeer dans un tel réseau de peintres.

Une différence qui prend librement et très largement son envol dès que l’œil va d’une œuvre de l’un au tableau de l’un des autres. Ne présida-t-il pas leur guilde ? Ses avis d’expert n’étaient-ils pas recherchés ?

Spécialisés dans la représentation de scènes de la vie quotidienne, ces grands peintres s’admiraient, s’inspiraient mutuellement et rivalisaient en prouesses picturales les uns avec les autres. Aucun des rendus précieux, des tombés de tissus délicats, des transparences, des expressions et des bijoux ne leur était étranger.

Bien que ces artistes aient peint dans différentes villes de la République des Provinces-Unies (des Pays-Bas), à Delft, Leyde (Leiden) ou Rotterdam, leurs œuvres présentent de fortes similitudes sur le plan du style, des sujets, de la composition et de la technique. Cette rivalité artistique, cette émulation dynamique ont certainement contribué à la remarquable qualité de leurs œuvres respectives.

Ainsi, dans ce genre si codé, aura-t-il été relativement aisé d’égrainer dans le parcours des situations types représentées par plusieurs artistes : La pesée, Missives amoureuses, Visites (impromptues, espérées ou importunes), Aphrodisiaques et tentations, Exotismes des animaux et des tissus précieux, Musique et cordes sensibles, Le Jour et la nuit...

Mais en les enchainant, à bien regarder, on ne saurait être pour rien au monde enclin à penser que Vermeer n’aurait été qu’un peintre parmi d’autres. En réalité, mis au contact d’autres talents, d’autres tempéraments et d’autres techniques, son tempérament d’artiste a tendu au contraire à se préciser, à s’individualiser, à se distinguer.

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Jan Vermeer, dit Vermeer de Delft, La Dentelière © 2005 musée du Louvre / Angèle Dequier

Plus qu’un lanceur de styles, Vermeer rayonne comme un peintre de la métamorphose, de l’instant surpris, de la pâleur du jour qui filtre aux épais carreaux des fenêtres. Qui mieux que lui rend l’instant surpris si intime, si secret et si vrai ?

Ses tableaux ont sublimé la peinture de genre, ils lui ont ajouté une note profonde de psychologie, et les petits formats de ces œuvres amplifient paradoxalement la finesse de ce qui est montré, le dotant d’une concentration, d’une méditation, d’une intimité si personnelles et pourtant si universellement reconnues.

Quelques chefs-d’œuvre de Vermeer sont accrochés côte-à-côte. Ils forcent l’attention et le silence, presque le recueillement (La Dentellière et La Laitière, L’Astronome et Le Géographe).

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Johannes Vermeer, La Laitière, Amsterdam, Rijksmuseum (Détail de l’affiche de l’exposition)

Parmi les prêts rarissimes, la Laitière, venue du Rijksmuseum d’Amsterdam, ne poursuivra pas la tournée internationale prévue pour l’événement et ne sera visible qu’au Louvre.

Un événement à ne pas rater ! Depuis 1966, à l’Orangerie, jamais autant de chefs-d’œuvre de Vermeer n’avaient été rassemblés à Paris.

- Du Louvre : La Dentellière ; L’Astronome.

- Du Rijksmuseum (Amsterdam) : La Laitière.

- Du Metropolitan Museum of Art (New York) : Allégorie de la Foi catholique ; La Joueuse de luth.

- De la Leiden Collection (New York) : Jeune Femme assise au virginal.

- De la National Gallery of Art (Washington) : Femme à la balance ; La Lettre interrompue.

- De la National Gallery of Ireland (Dublin) : La Lettre.

- De la National Gallery of London : Jeune Femme assise au virginal.

- Du Städelsches Kunstinstitut (Francfort) : Le Géographe.

- Du Staatliche Museen zu Berlin : Jeune Fille au collier de perles.

Un regret ? L’absence de La Jeune Fille à la perle bien sûr !

Cette exposition, organisée en partenariat avec la National Gallery of Ireland (Dublin) et la National Gallery of Art (Washington), présente les grands chefs-d’œuvre de l’artiste et de ses contemporains, les autres maîtres de la peinture de genre du Siècle d’or : Gérard Dou, Gerard ter Borch, Jan Steen, Pieter de Hooch, Gabriel Metsu, Caspar Netscher ou Frans van Mieris.

Les commissaires de l’exposition sont Blaise Ducos, conservateur du patrimoine, département des Peintures, musée du Louvre ; Adriaan E. Waiboer, chef des collections et de la Recherche, National Gallery of Ireland, Dublin ; Arthur K. Wheelock, Jr., conservateur, National Gellery of Art, Washington.

Vermeer et les maîtres de la peinture de genre au Siècle d’or, du 22 février au 22 mai 2017, au musée du Louvre, Hall Napoléon Bas, de 9 à 18h, sauf le mardi. Nocturne les mercredi et vendredi jusqu’à 22h. Tarif unique d’entrée au musée 15€. Achat en ligne www.ticketlouvre.fr. Renseignement, dont gratuité www.louvre.fr

19 octobre 2010

Taschen sort le GROS jeu...

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Taschen aime Terry Richardson et les photos de parties intimes... Suite au succès de ses livres The Big Book of Breast, Butt et Penis et de leur détournement par le photographe américain, l'éditeur organise un concours drôle et décalé. Débutée en 2006, la série The Big Book a séduit un large public grâce à ses sujets osés et ses images grandeur nature. Des livres qui se prêtent aisément au jeu du détournement humoristique des esprits imaginatifs. Le plus célèbre d'entre eux, Terry Richardson, n'hésite pas à se mettre en scène régulièrement avec les livres sur son blog, aux côtés de son ami et fondateur du groupe, Benedikt Taschen. Sur le modèle des photos de Terry, l'éditeur, spécialisé dans le traitement de sujets parfois controversés comme la photographie érotique, le fétichisme mais également dans l'art contemporain, la mode ou le design organise un concours loufoque. Les internautes sont en effet invités à envoyer un cliché d'eux posant avec un livre de la collection. Et s'inspirer de Terry Richardson est fortement conseillé. Le gagnant recevra son poids en livres Taschen. Vous avez jusqu'au 30 novembre 2010 pour participer sur le site taschen.com.

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Benedikt Taschen et Terry Richardson

8 septembre 2019

Nécrologie Peter Lindbergh, photographe des femmes en liberté, est mort à 74 ans

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Par Claire Guillot

Devenu célèbre pour avoir fait émerger la génération des « supermodels » des années 1990, il est resté attaché à une photographie noir et blanc peu retouchée, et a toujours préféré ses modèles aux vêtements qu’ils portent.

La photographie la plus connue de Peter Lindbergh, prise en 1988, en noir et blanc, montre des filles qui rient aux éclats, pieds nus sur la plage, les cheveux au vent, vêtues d’une chemise d’homme blanche. Sa simplicité, sa spontanéité affichée, avaient complètement pris de court les responsables du magazine Vogue américain qui l’avaient oubliée dans un tiroir. Elle en est ressortie à l’initiative de la nouvelle rédactrice en chef, Anna Wintour. Le photographe Peter Lindbergh, devenu l’un des plus célèbres photographes de mode avec ce style « glamour naturel », est mort mardi 3 septembre à l’âge de 74 ans.

Peu porté sur les retouches, aimant les taches de rousseur et le grain de peau, il déplorait le caractère artificiel et irréaliste des images de mode. Sur son compte Twitter, il avait épinglé sa phrase : « Voilà quelle devrait être la responsabilité des photographes aujourd’hui : libérer les femmes, et finalement tout le monde, de la dictature de la jeunesse et de la perfection. »

Une ascension rapide

Né en 1944 à Leszno, ville polonaise annexée par les nazis, Peter Lindbergh, de son vrai nom Peter Brodbeck, grandit dans la région industrielle de la Ruhr, « le lieu le plus moche du monde », aimait-il à dire. Sa famille est très modeste, et il commence par travailler comme étalagiste dans un grand magasin, avant de rejoindre l’Académie des beaux-arts de Berlin. Il y goûte peu l’enseignement tourné vers la peinture traditionnelle, et prend la tangente : passe une année entière à Arles, sur les traces de Van Gogh, un lieu qui restera fondateur pour lui, et où il mettra en scène nombre de ses images. De retour en Allemagne, il poursuit ses études d’art avant de devenir l’assistant d’un photographe commercial, Hans Lux, et d’ouvrir son propre studio. L’ascension pour lui est rapide : il rejoint l’équipe du magazine Stern, qui collabore alors avec de grands noms comme Helmut Newton et Guy Bourdin.

Contacté par le prestigieux Vogue américain, dont il goûte peu l’esthétique, il propose en 1988 la fameuse série sur la plage qui contraste totalement avec l’esthétique sophistiquée et les cheveux bouffants caractéristiques des années 1980. Peter Lindbergh en a assez des « photos vernis à ongles des années 1950 ».

Imaginer la femme des années 1990

Son style de la photo est pionnier mais l’identité des mannequins, peu connus à l’époque, annonce aussi une nouvelle ère : en 1990, plusieurs d’entre elles se retrouvent en couverture du Vogue britannique, qui a demandé au photographe d’imaginer la femme des années 1990. Peter Lindbergh fait poser Naomi Campbell, Linda Evangelista, Tatjana Patitz, Christy Turlington et Cindy Crawford en jeans, dans la rue, le regard farouche, peu maquillées, sans volonté de paraître « sexy ». La photo symbolise l’arrivée des « supermodels » des années 1990, beautés à la forte personnalité qui « ne sortent pas du lit à moins de 10 000 dollars », selon les mots de Linda Evangelista.

« J’ai toujours été attiré par les femmes qui avaient une identité très forte et auxquelles je donnais pleine liberté, expliquait Peter Lindbergh au Monde. C’était une petite révolution à l’époque où les mannequins devaient être lisses, parfaites, interchangeables. » L’image va marquer l’époque : le chanteur George Michael recrutera les mêmes modèles pour le clip de sa chanson Freedom.

Peter Lindbergh va imposer un style plus naturel, avec des noirs expressionnistes venus du cinéma ou des poses empruntées à des photographes du passé, d’August Sander à Marc Riboud. Une des ses images célèbres montre Kate Moss en salopette en 1994, en hommage aux photographies de Walker Evans pendant la grande dépression. Il a aussi lancé dans les années 1990 des séries de mode très narratives, où le modèle se retrouve plongé dans une fiction – dans un projet pour Vogue Italia en 1990, Helena Christensen croise des extraterrestres en Californie.

Avec ses photos flatteuses dénuées de provocation ou de sexualisation outrée, son esthétique élégante et peu dérangeante, Peter Lindbergh séduit un large public. A partir des années 1990, la photo commerciale attire les collectionneurs, et Peter Lindbergh est le seul photographe vivant à figurer parmi les « Big Four » de la photo de mode, aux côtés de Richard Avedon, Irving Penn et Helmut Newton – certains de ses tirages ont dépassé les 150 000 dollars en ventes aux enchères.

« Ce n’était pas la mode qui m’intéressait ! »

Preuve de son succès, il a rejoint la galerie Gagosian qui lui a consacré une première exposition à Paris en 2014. Ses images figurent aussi dans les collections de grands musées comme le Victoria and Albert Museum ou le Centre Pompidou, et il a été exposé en 2008 aux Rencontres d’Arles, avec les nombreuses images réalisées non loin, sur la plage de Beauduc.

Auteur de plusieurs campagnes de publicité, très recherché par les magazines, de Vogue à W en passant par Rolling Stone ou Vanity Fair, il a aussi été le seul à signer trois éditions du célèbre calendrier Pirelli, en 1996, 2002 et 2017. Dans le dernier, pas de femmes nues, mais des actrices qu’il a photographiées au naturel, sans retouche, dans des moments fragiles, comme Robin Wright ou Kate Winslet.

Affable et bavard, habillé simplement, accueillant les visiteurs avec gentillesse dans son studio parisien, le photographe allemand pratiquait avec assiduité la méditation transcendantale et se tenait à l’écart du monde de la mode, évitant soigneusement les rendez-vous de la fashion week ou les défilés. « Ce n’était pas la mode qui m’intéressait ! confiait-il au Monde en 2010. Ni le clinquant de cet univers, encore moins ses mondanités, La mode était comme un sponsor me permettant de faire des images. Mon vrai sujet était les femmes. »

Peter Lindbergh avait des mots durs pour la photo de mode d’aujourd’hui, soumise aux diktats des annonceurs et des communicants, privée d’idées et surtout d’âme : « C’est une vache : elle mange un truc, avale, régurgite et puis remâche la même chose et recommence. » Face à la retouche dans les magazines et à la culture du selfie, Peter Lindbergh continuait de défendre la possibilité d’une photographie authentique : « La beauté vient d’un caractère fort, des questions ou du trouble que fait naître un regard, pourquoi pas des rides et de l’expérience que reflète un visage. »

3 septembre 2019

Des associations féministes critiquent les conditions d'organisation du Grenelle sur les violences conjugales

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Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, ouvre mardi 3 septembre un Grenelle contre les violences conjugales, qui doit se conclure le 25 novembre pour la Journée contre les violences envers les femmes.

C'est un triste décompte. Selon les chiffres du collectif Féminicides par (ex) compagnons, le 100e féminicide a eu lieu dans la nuit du vendredi 30 au samedi 31 août à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes). Face à cette situation, plusieurs associations et militantes féministes réclament, dans une tribune publiée mardi 3 septembre sur franceinfo.fr, "un milliard d'euros contre les violences faites aux femmes", alors que s'ouvre le même jour le Grenelle du gouvernement. Un Grenelle déjà critiqué par ces associations et militantes que ce soit dans son "contenu ou la façon dont il va se dérouler". Elles s'expriment ici librement.

Au moins 100 femmes victimes de violences conjugales ont vu leur vie arrachée depuis le 1er janvier 2019, poignardées, frappées, étranglées, brûlées, tombées sous les balles, écrasées par une voiture. Nous, militantes féministes, restons néanmoins optimistes et mobilisées, car nous savons, depuis le bout de notre lorgnette, qu'il n'y a pas de fatalité !

Les politiques publiques peuvent faire en sorte que des victimes soient détectées et sauvées à temps. Ces victimes émettent souvent des signaux d'alerte, appellent le 115, les valises à la main, à voix basse pour ne pas être entendues par le conjoint violent... et ne sont pas entendues tout court. Certaines osent entrer dans un commissariat pour porter plainte, ou juste poser la question, savoir si ce qu'elles subissent est normal, mais on les incitera plutôt à déposer une main courante. Certaines disent avoir reçu sur leur répondeur des menaces de mort et se sont vus répondre : "Ne vous inquiétez pas madame, ce ne sont que des mots." Certaines voient leurs récits minimisés, sont culpabilisées, on leur fait comprendre qu'elles font perdre leur temps aux agents pour pas grand chose.

Une énorme part des meurtriers avaient déjà fait l'objet de plaintes, de gardes à vue, de condamnations, de peines, de sursis ou de médiations pénales avant de commettre l'irréparable.

La police manque à son devoir, le gouvernement manque à son devoir en ne reconnaissant pas explicitement ces défaillances.

Les signataires de la tribune

Nous ne nous en laisserons pas compter ! Parce que l'argent est le nerf de la guerre, nous réclamons un milliard d'euros contre les violences faites aux femmes ! A quoi servira-t-il ? A doubler les moyens des associations pour qu'aucun département, en France métropolitaine comme dans les territoires d'Outre-mer, n'en soit privé ; à former tou-tes les professionnel-les en lien avec les victimes, dans la santé, la police, à recruter des référent-es spécialisé-es pour qu'aucune plainte ne soit plus jamais négligée ou refusée ; à financer de grandes campagnes contre les violences sexuelles et sexistes à la télévision, à la radio, sur les affichages publics, sur internet ; à augmenter les accueils de jour, les lieux d'écoute, d'accueil et d'orientation (LEAO) et les centres d'hébergement pour les femmes et leurs enfants, avec un personnel spécialisé ; à donner plus d'ordonnances de protection et de Téléphones grave danger [un dispositif d'urgence créé en 2013]. De l'aveu même de Marlène Schiappa, les deux tiers de ces Téléphones grave danger dorment dans des placards, faute d'attribution.

Sans oublier un programme d'éducation contre le sexisme à l'école de la maternelle au supérieur. Marlène Schiappa nous dit : "Nous attendons les résultats d'un audit" sur le manque de séances d'éducation à la sexualité et à l'égalité. Pourtant, lors du précédent quinquennat, tout un programme avait été expérimenté, les "ABCD de l'égalité", avec de bons résultats, puis abandonné. Pourquoi ne pas le reprendre et le généraliser ?

Des mesures simples à mettre en œuvre pour répondre à l'importance de l'enjeu

Les associations sont d'autant plus déroutées que ce n'est que quatre jours avant le Grenelle contre les violences conjugales, lancé par Marlène Schiappa, que certaines (pas toutes !) ont enfin reçu un mail d'invitation, portant le titre "Save the date !"… Comme si on risquait d'oublier une date à quatre jours près. Nous n'avons pas eu non plus d'informations sur son contenu ou la façon dont il allait se dérouler. Un procédé franchement affligeant de "diviser pour mieux régner" face à l'importance des enjeux sur lesquels nous militons toutes depuis tant d'années, à savoir l'effroyable rythme d'une victime qui meurt tous les deux jours.

Des associations non conviées qui se sont pourtant énormément mobilisées pour sensibiliser l'opinion, avec la grande manifestation #NousToutes en novembre dernier, l'action des Femen aux colonnes de Buren, le Die-In au Panthéon, l'action des Marianne devant Bercy, le rassemblement des familles des victimes place de la République à Paris, etc. Toutes, nous avons dénoncé les lois non appliquées, la faiblesse des moyens financiers, le manque de formation des professionnel-les, le non respect de la convention d'Istanbul (traité international exigeant des Etats signataires qu'ils mettent en œuvre des politiques publiques contre toutes les formes de violences faites aux femmes) ou encore la situation des associations débordées qui ne peuvent plus décrocher le téléphone ou qui ont décidé de cesser leurs activités.

Nous nous interrogeons sur le pourquoi d'une grande réunion de trois mois, pour parler de solutions que nous avons depuis dix ans !

Les signataires de la tribune

En témoignent les cinq mesures simples que nous avons réclamées avant l'été : la consigne ferme aux commissariats et gendarmeries pour qu'aucune victime ne reste sans réponse ; des objectifs d'attribution d'ordonnances de protection dans chaque département ; l'ouverture de 200 places d'hébergement pérennes d'ici la fin de l'année ; un plan de détection systématique des victimes de violences à l'hôpital afin qu'elles soient prises en charge ; un doublement des subventions aux associations pour leur permettre d'embaucher et de fonctionner correctement.

Un Grenelle qui ne devrait pas se limiter aux violences conjugales

Les dysfonctionnements les plus criants, ceux qui ont fait de nouvelles victimes depuis juillet, qui continueront à en faire jusqu'à fin novembre, date de conclusion du Grenelle, on les connaît ! Les commissariats qui refusent les plaintes, n'est-ce pas Monsieur Castaner ? Les juges aux affaires familiales qui délivrent si peu d'ordonnances de protection – 1 300 par an contre plus de 20 000 en Espagne –, n'est-ce pas Madame Belloubet ? Les solutions de mise à l'abri qui manquent. Les hôpitaux qui reçoivent une femme avec une trace de main sur la figure et la laissent partir sans la prendre à part ou l'informer, parce qu'elle dit s'être cognée contre un placard, n'est-ce pas Madame Buzyn ?

Quant au milliard d'euros, nous le réclamions déjà en 2017 pour faire de la Grande cause nationale non pas un coup de com', mais une réalité, vu que la France n'investit aujourd'hui chaque année que 79 millions dans cette cause. Marlène Schiappa vient en revanche d'annoncer le lancement d'un fonds... d'un million pour financer des associations locales dans trois régions. On est loin du compte ! Surtout que le budget global reste pour l'instant secret, et que le projet de loi de finances sera présenté dans quelques semaines, avant la fin du Grenelle. Pour finir, le fait même de limiter ce Grenelle aux seules violences conjugales montre que le gouvernement ne comprend pas vraiment ce qui se passe dans notre société après #MeToo.

Les violences sexuelles et sexistes, c'est tout un continuum, des viols au cyberharcèlement, du harcèlement de rue au coup de hache mortel, en passant par les violences économiques.

Les signataires de la tribune

Tout ceci découle d'une même haine des femmes insidieusement injectée dans l'inconscient de toute la société qui couve des millénaires de misogynie institutionnalisée. Un héritage reproduit par les non-dits. C'est en se le formulant ainsi qu'on osera des solutions ambitieuses pour que cesse, non pas la "terreur féministe", mais bien la terreur patriarcale !

Les signataires : Alyssa Ahrabare, porte-parole de l'association Osez le féminisme ! ; Onwen Alexandre, Laetitia Piccarreta et Valentine Sberro, porte-paroles de l'association Les Effronté-es" (Strasbourg) ; Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter Les Glorieuses ; Fatima Benomar, fondatrice de l'association Les Effronté-es ; Alix Béranger, membre du collectif La Barbe ; Sonia Bisch, porte-parole du collectif Tout.es contre les violences obstétricales et gynéco ; Anaïs Bourdet, fondatrice de Paye ta shnek ; Geneviève Brotte, du collectif #NousToutes ; Claire Charlès, secrétaire générale de l'association Les Effronté-es ; Alix Chazeau-Guibert, porte-parole de l'association Osez le féminisme ! ; Tiffany Coisnard, membre du bureau de l'association Les Effronté-es (Rennes) ; Madeline Da Silva, membre de #NousToutes et maire-adjointe aux Lilas ; Caroline De Haas , membre de #NousToutes ; Louise Dubray, porte-parole de l'association Les Effronté-es ; Emma, blogueuse, autrice de BD féministe et révolutionnaire ; Marion Georgel, porte-parole de l'association Osez le féminisme ! ; Sophia Hocini, fondatrice de Les Grandes Parisiennes ; Marie Laguerre, militante féministe ; Stephanie Lamy, co-fondatrice du collectif Abandon de famille-Tolérance zéro ! ; Mathilde Larrère, historienne, autrice et militante féministe ; Ophélie Latil, fondatrice du collectif Georgette Sand ; Klervi Le Berre, membre de #NousToutes ; Anaïs Leleux, membre de #NousToutes ; Daniela Levy, porte-parole de l'association Osez le féminisme ! ; Céline Piques, porte-parole de l'association Osez le féminisme ! ; le collectif #PasTaPotiche ; Tatyana Razafindrakoto, fondatrice de l'association Les Aliennes ; Raphaëlle Rémy Leleu,  porte-parole de l'association Osez le féminisme ! ; Valérie Rey-Robert, autrice, militante féministe ; Muriel Salmona, présidente de l'association Mémoire traumatique et victimologie ; Cécile Tavan, membre du bureau de l'association Les Effronté-es.

7 septembre 2019

Portrait Lana Del Rey, L.A. Woman

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Par Stéphane Davet

La culture musicale californienne imprègne « Norman Fucking Rockwell! » le nouvel album, dépouillé et raffiné, de la chanteuse.

Souvenir d’une première rencontre, fin 2011. Elizabeth Grant, sur la défensive, tentait de convaincre de la crédibilité de Lana Del Rey, son double artistique, en passe de sortir un album événement, Born to Die, après avoir enflammé la Toile grâce à deux clips (Video Games et Blue Jeans), fascinantes conjonctions de noirceur luxuriante et de présence charnelle minaudant au-delà du réel. « Chez moi, il n’y a rien de fabriqué », osait l’Américaine d’alors 26 ans, dont les faux cils, la permanente auburn et les lèvres trop pulpeuses suggéraient le contraire. Au cœur de l’excitation et des polémiques – « Lana Del Rey, vraie révélation ou pur coup de marketing ? » –, la starlette sous les feux de la gloire ressemblait à une biche prise dans les phares d’une voiture.

Le 4 septembre 2019, c’est une « Lana Del Grant » détendue, disponible et rieuse que l’on joint par téléphone à son appartement de Los Angeles. Quelques jours auparavant, la sortie de Norman Fucking Rockwell !, son cinquième album si l’on fait abstraction des publications avortées de deux premières tentatives, Sirens (2006) et Lana Del Ray a.k.a. Lizzy Grant (2010), a témoigné un peu plus de la cohérence artistique d’une chanteuse qui a depuis longtemps prouvé qu’elle n’était pas un feu de paille.

Vamp fatale de la mélancolie

« Si j’avais un conseil à donner à la Lana de 2011 ?, s’interroge-t-elle en rigolant. Sois moins naïve et plus déterminée. » Elle lui dirait aussi de « ne pas traîner avec des gens qui ne sont pas généreux, chaleureux et joyeux », comme si elle regrettait d’avoir subi la froideur calculatrice de quelques-uns. Sans qu’on sache si elle fait référence aux producteurs croisés dans les années 2000, quand la New-Yorkaise Lizzy Grant enchaînait faux espoirs et déconvenues, ou à ceux qui façonnèrent, avec elle, sa métamorphose en vamp fatale de la mélancolie.

Si le triomphe originel de Born to Die (plus de 10 millions d’exemplaires vendus dans le monde, une présence de 312 semaines dans le Top 200 américain du Billboard, soit une durée proche des records du Tapestry de Carole King, 318 semaines, et du 21 d’Adele, 359 semaines) ne s’est pas répété dans les mêmes proportions, Lana Del Rey a tout de même tracé un sillon ressemblant à une œuvre.

On peut être insensible, voire allergique, à sa suavité surjouant une étrangeté lynchienne. Difficile toutefois de nier une singularité traversant des albums évoluant aussi au fil de rencontres professionnelles et d’expériences intimes. Vendus chacun à plus de 1 million d’exemplaires, ces disques ont pu rapprocher les sombres ballades de la dame du rock des années 1960 (Ultraviolence, en 2014, produit par Dan Auerbach des Black Keys), du jazz-blues (Honeymoon, en 2015), du hip-hop (Lust for Life, en 2017, réalisé, comme le précédent, avec le vieux routier pop Rick Nowels), tout en restant fidèles à des obsessions nostalgiques perturbées par la modernité. « Tous ces albums racontent une part de ma vie et reflètent son évolution », assure la chanteuse en expliquant s’être apaisée au rythme de ses lectures, de ses amitiés, de la méditation.

Le boss, c’est elle

Nouveau chapitre de la carrière de Lana Del Rey et de la vie de Miss Grant, Norman Fucking Rockwell ! a cette fois été composé et réalisé avec Jack Antonoff, multi-instrumentiste, membre de groupes indie pop comme Fun ou Bleachers, devenu un producteur coté grâce à des tubes écrits pour Taylor Swift. Un CV qui ne laissait pas présager le raffinement d’un album dominé par un piano crève-cœur, des guitares folk, une pointe de psychédélisme et de classieuses orchestrations. « Je crois qu’au départ, Jack pensait gonfler un peu plus la production, mais j’ai insisté pour garder cette forme de dépouillement, la lenteur des tempos, cette touche sud-californienne », précise Lana Del Rey, comme pour montrer que celle qu’on soupçonnait d’être un produit fabriqué est bel et bien le boss. Capable aussi d’imposer à sa maison de disques un single de dix minutes (Venice Bitch).

Atypique aussi, ce titre d’album faisant référence à Norman Rockwell (1894-1978), illustrateur hyperréaliste dont les dessins et peintures, en particulier en couverture du magazine The Saturday Evening Post, représentaient une Amérique idéalisée. « J’ai d’abord écrit une chanson, Venice Bitch, dans laquelle j’imaginais quelqu’un me peignant heureuse et souriante à la façon de Norman Rockwell, se souvient la chanteuse. Puis j’ai réfléchi à la manière dont cet artiste, porté par le rêve américain, dessinerait ce que ce rêve est devenu aujourd’hui. Je crois qu’il serait choqué. Le “Fucking” et le point d’exclamation du titre correspondent à ce décalage entre nos idéaux et la réalité. »

Du romantisme échevelé à la désillusion la plus trash

Depuis Video Games, ce télescopage entre nostalgie d’une Amérique idéalisée et violence de la modernité ne constitue-t-il pas une constante pour une artiste ayant choisi son pseudo en clin d’œil à Lana Turner et à une voiture des années 1950, la Chevrolet Delray ? « C’est l’un des principaux fils conducteurs de ma discographie, confirme-t-elle, ma façon de commenter le rêve américain. » Entremêlés aux images les plus fleur bleue, mots crus et argot, chantés d’une voix caressante, lui permettent de passer des fantasmes rétro au tranchant contemporain, du romantisme échevelé à la désillusion la plus trash. Dans son titre comme dans ses chansons, ce nouvel album ne déroge pas à la règle.

Surnommée dès ses débuts la « gangsta Nancy Sinatra », cette admiratrice de Bob Dylan et de Leonard Cohen, passionnée par les torch songs (ces chansons d’amour tristes) et les bandes originales des classiques hollywoodiens, a aussi dessiné son style en découvrant le hip-hop. « Le rap m’a fait comprendre qu’on pouvait parler de sa vie en chanson », explique cette fille de la bourgeoisie new-yorkaise, en se rappelant son émoi lorsque, plus jeune, elle a découvert la violence verbale d’Eminem.

La syntaxe des rappeurs n’est pas sa seule source d’inspiration : « Je fais le plein de sarcasmes au quotidien. J’ai une bande de copines brutalement grossières et honnêtes. Quand nous nous retrouvons, c’est un vrai festival ! On dirait des marins en goguette. » Dans ses carnets d’écriture ou dans les notes prises quotidiennement sur son téléphone pour de futures chansons, ces mots et cette drôlerie ramènent, dit-elle, ses rêveries passéistes dans le présent.

Ange perturbé de l’Amérique

Norman Fucking Rockwell ! rappelle aussi l’omniprésence de la Californie dans l’imaginaire de cet ange perturbé de l’Amérique. D’abord fantasmée à distance, à travers les rêves hollywoodiens et les inquiétantes réinventions qu’en ont fait des artistes comme David Lynch ou James Ellroy, Los Angeles s’est imposée à elle au quotidien quand elle y a déménagé, peu de temps après la sortie de Born to Die.

Matière première de ses chansons, la mégapole incarne parfaitement ce mélange de mythologie et de désillusion, d’hédonisme et de « sensation de vide, amplifiée par une torpeur ensoleillée ». Les milles facettes de L.A. fascinent celle qui ne cesse de la parcourir en voiture : « En quelques kilomètres, je passe de la plage aux studios de cinéma de Burbank, d’un ghetto sinistré à des incendies géants qui menacent les lisières de la ville. Sans parler des personnages délirants qui peuplent tous ces quartiers. Je suis New-Yorkaise, j’ai vécu quatre ans dans le Bronx, mais je peux dire que ce n’est rien comparé à la folie de Los Angeles. »

Après avoir beaucoup puisé dans le patrimoine cinématographique local, c’est la culture musicale californienne qui imprègne ce nouvel album. On y trouve ainsi une entraînante reprise (Doin’ Time) d’un groupe culte de la vague néo-ska de Long Beach, Sublime, dont le chanteur, Bradley Nowell, mourut d’overdose en 1996. Dans les textes comme dans les musiques, on entend surtout de multiples références à un âge d’or incluant aussi bien les Beach Boys que la communauté folk de Laurel Canyon (Joni Mitchell, Crosby, Stills, Nash & Young, cités dans Bartender), quartier de Los Angeles où habitent aujourd’hui des musiciens et amis proches comme Jonathan Wilson et Father John Misty.

Liz Grant n’a pas attendu son déménagement et sa récente pratique du surf pour découvrir ces héros des années 1960 et 1970 : « Mon père, qui écoutait peu de musique, jouait pourtant en boucle Joni Mitchell, les Beach Boys, James Taylor ou Neil Young dans sa voiture. Les chansons de mes débuts avaient d’ailleurs un songwriting aux racines très folk. » Un voyage dans le temps qui, pour une fois, illumine, plus qu’il n’assombrit, le spleen de Lana Del Rey.

22 février 2017

GALERIE LAURENT STROUK - Pat Andrea 24/02/2017 - 23/03/2017

Individualité à part, inclassable dans l’histoire des avant-gardes, Pat Andrea ne se soucie pas des questions de rupture, d’historicité, de progrès : laissant cela aux commentateurs de l’art, ce qu’il aime lui, c’est peindre. Peindre et dessiner à l’atelier, en reposant avec humilité et authenticité ce que tant d’autres ont questionné avant lui : la question de l’image, manu factum.

Depuis les années 1960, Pat Andrea continue d’explorer les possibles d’une peinture vraie et personnelle. C’est dans la vie intime en effet que l’artiste puise ses sujets : sa « guerre des sexes », ses amours, ses déchirures. Mais à travers un réalisme subjectif qui filtre, qui déforme, qui se distancie et joue souvent, par l’humour, la carte de la dérision. Un réalisme qui dépasse l’anecdote ou l’illustration naïve pour révéler poésie et beauté dans la trivialité. Mêlant petite et grande histoire, mémoires autobiographiques et résurgences de mythes ou d’événements politiques, Pat Andrea ouvre l’intime à l’archétypal. Ses images touchent et ne s’oublient pas parce qu’elles ont affaire avec un fonds ancien, commun à tous. Entre désir, peur et violence, elles s’ouvrent sous nos yeux comme un petit théâtre des comportements humains, dans ce qu’il a de séduisant, intriguant, ridicule.

Cette réalité triviale, Pat Andrea la met en forme de façon singulière dans une peinture hybride qui joue des contradictions et assimile différentes formes de réalisme. Tout comme la vie de l’artiste s’est construite sur le voyage, de la Hollande à Paris ou Buenos Aires, son œuvre va librement de territoires en territoires, des maîtres anciens à la modernité, de la peinture hollandaise à l’art international. Cohabite dans ses images en effet, l’empreinte d’une culture plurielle : le métier des maîtres du Quattrocento et leur sens classique de l’espace, la composition calme et silencieuse des petits intérieurs hollandais mais aussi le déséquilibre, le bruit, le mouvement et la démesure baroques, la géométrie décorative de Mondrian ou les couleurs vives et acides du Pop Art. De cette hybridation, née une œuvre double qui se donne à la fois comme réaliste et irréelle, naviguant entre pulsionnel et réfléchi, illusionnisme et maniérisme décoratif, ressemblance et déformation, planéité et profondeur. Une œuvre étrange et ambiguë, silencieuse et bruyante, délicate et grossière, calme et bordélique. Une œuvre qui ressemble sans imiter et parle aux hommes sans parler.

L’ensemble des tableaux récents, dessins et grands formats dont certains n’ont jamais été montrés à Paris, présentés à la galerie Strouk, témoigne d’un choix cohérent qui permet de cerner la singularité de ce style composite. On retrouve la qualité de sa force plastique, faite d’hybridité et de collusions. Là de saisissants visages très nets, aux traits parfaitement maîtrisés, aux modelés travaillés, s’articulent à la présence schématique de corps à peine esquissés. Ici des figures en grisaille ou un paysage façon impressionniste aux teintes naturalistes contrastent avec un fond abstrait décoratif aux aplats de couleurs très vives. Là encore des anatomies bizarres et des proportions faussées : femme à trois jambes, tête sur pattes, géante volante, Little man chutant et autres créatures jouant des scènes intrigantes.

Dans ces intrigues aux sens multiples et indéterminés, on retrouve aussi les thèmes de prédilection de l’artiste, présents depuis les débuts, déclinés et réinventés par un imaginaire foisonnant. Les lieux dépeints par Pat Andrea, là intérieurs, ici paysages, se répètent en effet de façon récurrente : déjeuner sur l’herbe, ballades en forêt ou en mer, espace clos de la chambre à coucher ou du salon. Ils sont les espaces tranquilles de la vie quotidienne que l’artiste métamorphose et fait basculer vers une frontière ambivalente, à la limite du réel et du fantasme, de l’ordre calme et de la tragédie cruelle. Dans ces décors, les figures évoluent tels des archétypes : la femme, l’homme, l’enfant, le chien. Ils nous invitent à regarder, à travers les déclinaisons du couple et de ses troubles, les beautés et les drames des comportements humains : des Vierges hurlantes, des Pin-up à l’enfant, des sourires cannibales, des tignasses médusantes, des pisseuses médusées, des seins à couteaux tirés, des « trouples » galipette, des culs à la gâchette, des nus à explosion, des dépecés sur l’herbe, des « Cènes » anthropophages, des étreintes et des luttes, des envols et des chutes. Au bordel de Pat Andrea, Eros toujours s’en va en guerre, armé de dérision, de cruauté, de tendresse. Et les images qui défilent sous nos yeux sont des fictions à l’intérieur d’une pièce où se reflète, tel un cycle perpétuel, le recommencement de la vie humaine : de la naissance au grand désastre, all over again… Amélie Adamo, Paris, janvier 2017

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