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Jours tranquilles à Paris
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31 octobre 2020

Fnac, Carrefour… Le gouvernement cède face à la polémique des librairies fermées

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Par Véronique Chocron, Aline Leclerc, Juliette Garnier - Le Monde

A la demande des libraires, les rayons livres des hypermarchés et autres grandes surfaces ferment temporairement. Les distributeurs de jouets saisissent le Conseil d’Etat.

C’est une première brèche dans le dispositif prévu jeudi par le gouvernement pour maintenir la vente de produits dits essentiels dans le pays. A peine publiée, la liste des activités commerciales autorisées pendant le reconfinement va déjà être amendée.

A l’issue d’une conférence téléphonique de Bruno Le Maire, ministre de l’économie, des finances et de la relance, et de Roselyne Bachelot, ministre de la culture, avec les représentants de la filière du livre et ceux de la grande distribution, le gouvernement a annoncé vendredi que « les rayons livres et culture des grandes surfaces », dont la Fnac, « seraient momentanément fermés ». La mesure, que Bercy excluait pourtant jeudi, entrera en vigueur, samedi 31 octobre.

« Un boulevard à Amazon »

Le Syndicat de la librairie française, qui réclamait cette restriction depuis l’annonce de la fermeture administrative des magasins de livres, jugés non-essentiels, concède qu’elle ne « résout qu’une partie du problème », offrant « un boulevard à Amazon ». Seule la réouverture des librairies contribuera au « rétablissement d’une concurrence véritablement équitable » selon lui. Bercy et le ministère de la rue de Valois promettent précisément une réunion « la semaine prochaine » avec « les acteurs de la filière du livre pour étudier (…) les modalités d’une éventuelle réouverture des librairies ».

Le gouvernement tente ainsi d’étouffer la polémique issue de la distorsion de concurrence qu’entraîne l’exploitation d’un rayon de produits « non-essentiels » par Carrefour, la Fnac et autres distributeurs de « produits essentiels ». Plusieurs voix avaient pointé l’aberration de la fermeture des libraires alors que la Fnac, ouverte parce que pourvoyeuse d’ordinateurs, de téléphones et de ramettes de papier dits essentiels au télétravail, pourrait vendre ses livres. C’est « dans un souci de responsabilité » que l’enseigne fermera l’accès à « ses rayons culture », a finalement fait valoir son directeur général, Enrique Martinez, vendredi soir.

La Fnac – qui réalise 17 % de son chiffre d’affaires sur les produits éditoriaux (livres, CD, DVD) – n’est pas la seule à faire cette concession au monde du livre, pour – sur le papier – une durée de deux semaines ; les Carrefour, Auchan et autres Leclerc devront faire de même. L’ensemble représente près de la moitié des ventes de livres en France. « Les premières victimes de cette décision sont les auteurs et les éditeurs », observe Jacques Creyssel, président de la Fédération du commerce et de la distribution. Le représentant des intérêts des grandes surfaces en France en parle à dessein pour éluder le risque de propagation de cette revendication à d’autres secteurs.

« Gilets jaunes du commerce »

En répondant favorablement à la requête des libraires, le gouvernement risque d’être confronté aux « gilets jaunes du commerce », formule le dirigeant d’une enseigne. Car, partout en France, des commerçants de jouets et de mode sont désespérés de devoir garder le rideau tiré, alors que les Carrefour, Leclerc et autres Fnac pourront continuer de vendre consoles, collants et pyjamas, à la veille du coup d’envoi des ventes de Noël. D’autant que la vente par Internet, en plein boom, promet de leur faire beaucoup de tort.

La Fédération des commerces spécialistes de jouets (FCJPE) ne décolère pas. Depuis plusieurs jours, Philippe Gueydon, directeur général de King Jouet, exige de Matignon qu’il ferme l’accès de la clientèle des hypers aux rayons de jouets, comme « ils doivent y procéder lors de matchs de foot régionaux, en interdisant l’accès aux rayons des alcools ». C’est « impossible », compte tenu de « l’imbrication des rayons non-alimentaires et alimentaires », prétend M. Creyssel, président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD). Dès lors, faute d’avoir été entendus, les dirigeants d’enseignes de jouets, dont 60 % des ventes se réalisent en novembre et décembre, ont décidé d’entamer une procédure contre l’Etat, vendredi, « au regard des conséquences désastreuses » du décret de reconfinement. La FCJPE saisit en « référé le Conseil d’Etat pour violation manifeste du principe d’égale concurrence ».

D’autres secteurs pourraient s’engouffrer dans la brèche ouverte par les libraires. Le précédent Fnac « doit faire jurisprudence », explique Johann Petiot, directeur général de l’Alliance du commerce. Car « Pourquoi accorder cela au livre ? Et pas au vêtement ? Et au bijou ? ». L’Alliance du commerce suggère de sortir de cette « situation criante d’injustice » en « fermant tous les magasins et les rayons de produits non-essentiels » ou en « ouvrant tous les magasins avec de nouvelles mesures sanitaires renforcées ». La Fédération des entreprises de produits de beauté exige aussi le droit d’ouvrir tous les instituts de beauté, salons de coiffure et autres parfumeries en plaidant pour « ces commerces de proximité ».

La fronde des organisations du commerce est telle qu’elle attriste Laurent Milchior. Le gérant du groupe familial Etam, spécialiste de la mode féminine, appelle, lui, à « un confinement beaucoup plus strict sans se balader pour acheter autre chose que l’ultra-necessité » afin de « casser les courbes ascendantes » de propagation du virus. C’est, à ses yeux, le « seul moyen de tenir le calendrier de Noël ». Or, dans les rues, déplore-t-il, « le jour 1 du reconfinement n’a ressemblé en rien au 17 mars 2020 ».

 

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9 juin 2019

A Rouen, l’Armada entre en Seine

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Par Gilles Triolier, Rouen, correspondance

Jusqu’au 16 juin, trois-mâts, gréements et autres goélettes se laissent admirer gratuitement sur les quais de la cité normande. Une 7e édition qui marque aussi les 30 ans de la manifestation, et devrait attirer des millions de visiteurs.

A cause de la tempête Miguel, elle est arrivée avec un jour d’avance. L’Hermione, la fameuse réplique de la frégate de La Fayette, est en effet l’invité d’honneur de la septième édition de l’Armada de Rouen, un des plus grands rassemblements de voiliers et navires militaires au monde. Tous les jours jusqu’au dimanche 16 juin, de 10 heures à 2 heures du matin, ces monstres des mers se laissent admirer et arpenter gratuitement. « Les visiteurs pourront découvrir trente-quatre voiliers et onze bateaux de guerre, les “gris”. Entre le 75e anniversaire du Débarquement et les 30 ans de l’événement, c’est une édition qui doit être exceptionnelle », s’enthousiasme Patrick Herr, le président de l’Armada depuis la première mouture en 1989, née de la volonté de Jean Lecanuet, sénateur et maire de Rouen à l’époque.

Pendant une semaine, la cathédrale et l’abbatiale Saint-Ouen ne dominent plus seules la ville aux cent clochers ; la cité de Gustave Flaubert troque son costume traditionnel pour ne parler que trois-mâts, gréements et autres goélettes. Et si l’auteur de Madame Bovary reste d’actualité, c’est que le pont qui porte son nom lève ses lourds tabliers afin de laisser les bateaux pénétrer au cœur du port normand.

Il faut les voir, ces gigantesques oiseaux des mers, amarrés le long des sept kilomètres de quais, après une lente remontée de la Seine, trajet qu’ils effectueront en sens inverse jusqu’à Honfleur dimanche 16 juin, lors d’une grande parade de la Seine toutes voiles dehors, toujours plébiscitée. Comme tous les quatre à six ans, ils drainent dans leur sillage des millions de visiteurs. « Entre 6 et 7 millions », chiffre Patrick Herr. Cette fois, l’estimation sera plus précise. Menace terroriste oblige, et c’est une première, l’ensemble du site est ceinturé de barrières : les entrées sont contrôlées et les spectateurs comptés.

Le plus grand navire-école du monde

Impossible ici d’énumérer la longue liste des navires. Certains méritent une attention particulière. La splendide Hermione, donc, qui jette l’ancre pour la première fois à Rouen. « C’est le gros coup de cette édition », savoure Patrick Herr. Mais aussi le plus grand navire-école du monde, le russe Sedov (118 mètres de coque), auquel il a fallu raboter un brin les mâts pour qu’il se faufile sous les ponts de Normandie et de Tancarville. Côté sud-américain, citons le mexicain Cuauhtemoc et le brésilien Cisne-Branco, dont les bouillants équipages mettent l’ambiance en vieux habitués du raout maritime rouennais.

Feux d’artifice, villages thématiques, ponton de baignade et paddle, croisières sur la Seine, concerts gratuits (Calypso Rose, Magic System ou encore Benabar)… Les festivités nautiques ne se limitent pas aux visites des bateaux et aux rencontres avec les marins. La fête prend place aussi à terre, sur des quais rouennais totalement transformés depuis la précédente Armada, en 2013. Rive gauche notamment, où l’ancien « no man’s land » a laissé place à un espace de verdure et de détente, d’ailleurs salué par le Grand Prix national du paysage, en 2018. Une reconquête des friches industrielles et hangars portuaires matérialisée par le nouveau siège de la Métropole Rouen Normandie, le 108, dont la forme originale en forme de paquebot a été dessinée par l’architecte Jacques Ferrier et qui préfigure le futur écoquartier Flaubert. « Nous espérons créer un effet “waouh” pour les millions de touristes, car la ville a changé », pointe la directrice de l’office du tourisme, Delphine Crocq.

Ils seront sans doute nombreux cette année à franchir les quelques centaines de mètres séparant les quais du centre-ville historique, merveille médiévale aux rues pavées et aux maisons à colombages. Lui aussi s’est refait une beauté. A deux pas du célèbre Gros-Horloge, les travaux de rénovation des places du Vieux-Marché, de la cathédrale et du quartier des musées (tous gratuits) touchent à leur fin. Longtemps fermé, « l’aître Saint-Maclou [ancien cimetière charnier] vient juste de rouvrir en partie au public dans le quartier des antiquaires », annonce l’adjoint au maire de Rouen en charge de l’Armada, Bruno Bertheuil. Ne pas rater, également, les spectacles son et lumière projetés chaque soir sur les façades gothiques de la cathédrale Notre-Dame de Rouen. Début 2018, un sondage IFOP révélait que Rouen souffrait d’un déficit d’image et de notoriété. Un tiers des sondés ne situait même pas la ville en Normandie. L’Armada pourrait permettre de corriger un peu le tir.

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9 juin 2019

Soixante-douze élus locaux issus de la droite et du centre signent une tribune de soutien à Macron

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Par Yves Tréca-Durand, Angers, correspondant

Des maires et un président de conseil départemental officialisent ou confirment leur soutien à l’exécutif dans un texte publié dans le « JDD ».

Dans une tribune mise en ligne ce samedi soir par le Journal du dimanche, 71 maires et un président de conseil départemental (François Goulard, pour le Morbihan) issus de 35 départements et 12 régions, annoncent la création d’une « République des maires et des élus locaux ». Un texte qui officialise ou confirme leur soutien au président de la République, Emmanuel Macron, alors que l’exécutif cherche à attirer les maires de la droite et du centre après le faible score du parti Les Républicains (LR) aux élections européennes du 26 mai (8,48 %).

L’initiative est partie de Christophe Béchu, maire divers droite d’Angers et ancien porte-parole d’Alain Juppé pendant la primaire de la droite en 2016, et elle a séduit les maires de villes moyennes comme Orléans, Tourcoing (Nord), Deauville (Calvados), Niort, Amiens, Valenciennes, Vannes, Nancy, Sète (Hérault) ou Albi. Parmi eux, des élus de droite et du centre, issus de l’UDI, du parti Les Républicains (LR), des Radicaux, du Nouveau Centre ou d’Agir.

« Mais bien plus de la moitié ne sont nulle part », précise au Monde le maire d’Angers qui décrit « des gens qui globalement refusent l’opposition systématique au gouvernement et souhaitent sa réussite » sans pour autant être « dans une démarche d’allégeance ». Une partie d’entre eux avait déjà lancé le mois dernier un appel à voter en faveur de la liste de Nathalie Loiseau aux élections européennes.

Soutien clair au président de la République

Le texte de cette tribune est sans ambiguïté avec le pouvoir actuel. « Nous sommes de ceux qui souhaitent la réussite impérative de la France, c’est pourquoi nous voulons la réussite du président de la République et du gouvernement car rien ne se construira sur leur échec », écrivent-ils en rappelant en préambule que « le grand débat voulu par le Président de la République a révélé les aspirations légitimes de Français qui se sentent délaissés, éloignés, relégués. Il a également souligné le rôle pivot des maires et des élus locaux dans notre République. »

Forts de ce constat, ces derniers relèvent que « les Français semblent coupés en deux, entre une Europe des solutions et une Europe des problèmes, entre un avenir prometteur et des lendemains incertains ». Et ils estiment « qu’il n’est pas trop tard pour redonner au plus grand nombre confiance en l’avenir et en l’action politique. Le succès rencontré par le grand débat et le regain d’intérêt marqué pour les européennes nous obligent. »

Ils n’en doutent pas, l’avenir passe par eux : « Nous sommes la République des Maires et des élus locaux. La République des propositions. La République des solutions. » Persuadés que « l’essentiel des réformes se construit au local dans l’écoute, la co-construction et la réponse concrète aux attentes de nos concitoyens. »

Et de préciser : « Nous souhaitons valoriser et transmettre ce qui a fonctionné dans nos villes, sur nos territoires, ce que nos concitoyens ont adopté et qui bénéficie au plus grand nombre. Pas à un camp, mais à tous. Le temps n’est plus aux querelles de chapelles ou aux écuries présidentielles. Le temps ne peut pas être à l’opposition systématique qui in fine ne fait que desservir nos concitoyens. »

S’appuyer sur les initiatives locales

Christophe Béchu cite en appui de sa démonstration le cas des journées citoyennes organisées dans différentes communes. « C’est l’idée de Fabian Jordan, qui est maintenant le président de l’agglomération de Mulhouse et qui l’a lancée comme maire de Berrwiller (Haut-Rhin). Ça n’a jamais fait l’objet d’une loi, d’un amendement, d’un règlement et pourtant aujourd’hui 2 000 communes en organisent une en France – avec 4 000 personnes à Angers cette année. C’est un élan de générosité qui répond à la crise du vivre ensemble. Cette association, c’est la volonté de faire entre nous un club d’échanges de bonnes pratiques, dans lequel on va valoriser des initiatives qui ont été prises par des maires pour qu’elles se propagent. »

Le maire d’Angers a préalablement averti le président de la République de cette initiative « pour qu’elle ne soit pas mal comprise ». Sans surprise, Emmanuel Macron ne l’a pas « découragé ». Idem pour Edouard Philippe, ex-juppéiste comme lui, qui l’a convié à déjeuner cette semaine. Mais, insiste-t-il, « ce n’est pas un coup médiatique, ni une tribune d’un dimanche, c’est le lancement d’une initiative qui va ensuite se structurer, faire l’objet de statuts et qui a vocation à prendre place dans le débat public. »

De là à suggérer que l’opération aurait été en réalité téléguidée par l’Elysée ou Matignon, la question hérisse l’intéressé : « Vous pensez ce que vous voulez mais je ne pense pas que ce qui me caractérise, ce soit l’obéissance aux consignes. Et j’ai une jalousie par rapport à mon indépendance que j’ai manifestée par le passé. »

Cette association n’aurait pas non plus vocation à se transformer un parti politique pile au moment où Les Républicains – dont il a démissionné fin 2017 – vivent une crise profonde. « On n’est absolument pas là-dedans. Il n’y a aucune arrière-pensée partisane, se défend M. Béchu. Je précise que la décision de tout ça a été prise avant la démission de Laurent Wauquiez et qu’il n’y a aucun lien. Il y a une concordance des temps qui est malheureuse. »

Un texte publié au terme de deux semaines d’offensive

La publication de cette tribune arrive pourtant après deux semaines d’offensive de l’exécutif contre la droite. Dans différents médias, plusieurs ministres, comme celui des collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, celui des comptes publics, Gérald Darmanin, celui de la culture Franck Riester, ou encore eurodéputé Gilles Boyer ont exhorté les élus LR à s’éloigner de leur parti pour soutenir Emmanuel Macron et ainsi être protégés lors des prochaines élections. L’initiative de M. Béchu offre une nouvelle porte de sortie à ces maires de droite.

Malgré ce contexte de recomposition, la République des maires et des élus locaux continue pourtant à se dire au-dessus de la mêlée. « On se dit que l’opposition systématique a deux inconvénients. Le premier, c’est qu’elle hystérise le débat politique. Et le deuxième, c’est que si vous dites que tout est mal au lieu de dire que c’est bien quand ça l’est, le jour où il y a un point sur lequel il faudrait obtenir un amendement ou une co-construction législative, vous n’êtes plus un partenaire crédible pour le faire », dit encore M. Béchu.

Le succès « inattendu » de cette tribune étonne ce dernier qui assure : « On n’a pas cherché à faire nombre en allant chercher des adjoints, des conseillers départementaux et régionaux alors même qu’un certain nombre d’entre eux se sont proposés. » Il pense désormais que la barre des 100 signataires devrait être rapidement dépassée.

16 juin 2019

Départ de l'Armada de Rouen vers la mer...

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C’est le grand jour, prenez place pour le plus grand spectacle! A 10h, départ de tous les voiliers pour la grande parade de Rouen à la mer, organisée par le Département de Seine Maritime. Le pont Flaubert salue ce grand départ et lève son tablier de 10h à 16h. La patrouille de France rend également son hommage en survolant la Seine. Tout le long de la Seine, prenez place, en familles, entre amis, et vivez ce grand moment : les équipages sont dans les voiles, les spectateurs applaudissent, agitent leurs drapeaux en signe d’au-revoir.

14 juin 2019

Miss Tic actuellement à la Galerie Leila Mordoch (rue Mazarine - Paris)

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Depuis 1985, ses graffitis au pochoir rythment les promenades des Parisiens de silhouettes voluptueuses et de phrases incisives, une poésie aussi légère que grave qui l’a menée jusqu’au Fond d’art contemporain de la ville de Paris et au Victoria & Albert Museum de Londres. Des œuvres devenues indissociables du paysage de la capitale, exposées à la galerie Lélia Mordoch.

Rock’n’girls - Miss Tic, jusqu’au 13 juillet à la galerie Lélia Mordoch, 50 rue Mazarine

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9 février 2014

Agent Provocateur en fait-il trop… Ou pas assez ?

Jusqu’où ira Agent Provocateur ? Pour sa collection printemps-été 2014, la marque de lingerie britannique s’avoue inspirée par « la ménagère des années 50, innocente et apprêtée », pour faire poser la top-modèle américaine Hailey Clauson, serrée de corsages et de lacets, dans un intérieur en formica. De quoi énerver du monde… En plaisant à d’autres ? Si leur égérie ne semble pas vraiment respirer la joie de vivre, admettons que lessiver son pavillon n’est pas une activité réputée pour donner la banane. Glamour et critique de l’hypocrisie des fifties, la marque fondée avec son épouse par le fils de Vivienne Westwood et Malcolm McLaren est au moins fidèle à l’esprit luxueusement déjanté, voire désenchanté, qui soufflait sur l’époque. Et vous, vous aimez ?

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27 octobre 2020

D’animatrice populaire à comédienne branchée

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L’actrice franco-belge Virginie Efira est actuellement à l’affiche du dernier film d’Albert Dupontel, « Adieu les cons », en salles depuis mercredi. Photo archives EPA

Article de Claire Steinlen

Il a fallu dix ans à Virginie Efira pour décoller l’étiquette d’animatrice télé populaire à celle, plus pointue, d’actrice « bankable ». Elle est à l’affiche du dernier film d’Albert Dupontel, « Adieu les cons ». Du cinéma d’auteur à la comédie populaire, le 7e art tout entier lui fait les yeux doux et le public en redemande.

Dans le dernier film d’Albert Dupontel, elle est Suze Trappet, une coiffeuse quadragénaire qui a inhalé trop de laque, et qui apprend qu’elle est malade et qu’il lui reste peu de temps à vivre. Elle décide d’utiliser toutes ses forces pour retrouver un enfant qu’elle a eu adolescente et qu’elle a donné à l’adoption. Au seuil de la mort, elle commence enfin à vivre et à aimer…

Au même âge que Suze, Virginie Efira a déjà eu 1 000 vies, depuis sa naissance en 1977, à Schaerbeek, dans la banlieue de Bruxelles.

Après des débuts à la télévision belge pour animer « Megamix », un programme musical pour ados survoltés, elle est propulsée à la tête de « Nouvelle Star », sur M6. Le public français tombe sous le charme de cette blonde pleine de courbes, de charme et de spontanéité. Connue, certes, reconnue, aussi, elle développe pourtant le « complexe belge », que décrit aussi Cécile de France. Virginie Efira n’est pas complètement dans les codes de la Parisienne, qu’elle imagine cultivée, élancée et snob. Un mélange de Charlotte Gainsbourg et de Léa Seydoux. Elle est tout le contraire, avec sa voix grave, son franc-parler et sa gouaille, qui la rendent immédiatement sympathique et populaire. Mais aussi, son maquillage et ses talons de douze centimètres. Heureusement, l’autodérision qu’elle pratique avec entrain, la fait se traiter sans honte de « blonde à grosses joues »…

Justine Triet et Paul Verhoeven

Une carrière à la Karine Le Marchand semble toute tracée. Sauf que la jeune femme n’a aucune envie de rester animatrice. Son rêve, c’est le cinéma. Mais personne n’y croit. Même si son statut de célébrité du petit écran lui offre un strapontin dans les comédies grand public. « Invariablement, je courais sous la pluie et je roulais des pelles juste avant le générique », confiait récemment la comédienne dans Marie-Claire. Dans « L’Amour, c’est mieux à deux », « La chance de ma vie », ou « 20 ans d’écart », elle est tête d’affiche… de bluettes.

Mais à force d’obstination, petit à petit, Virginie Efira force les portes, jusqu’au cinéma d’auteur, comme un petit rôle avec Anne Fontaine, en 2011. Avec laquelle elle resigne pour le tout récent « Police », avec Omar Sy. Mais le basculement se fait en 2016, avec « Victoria », de Justine Triet, où elle interprète une jeune avocate dans la tourmente, professionnellement et sentimentalement. Nommé cinq fois aux César, le film la propulse dans une autre dimension. Depuis, les scénarios s’accumulent. Elle retrouve Justine Triet, dans « Sibyl », film à nouveau sélectionné à Cannes, en 2019. Est embauchée par Paul Verhoeven, dans « Elle », où elle donne la réplique à Isabelle Huppert, puis à Charlotte Rampling dans « Benedetta », du même réalisateur, qui doit sortir en 2021.

Consciencieuse et engagée

Tourner pour Albert Dupontel aussi, c’est une forme de reconnaissance. Le réalisateur est connu pour son amour du cinéma, pour son exigence envers ses comédiens, lui qui se plaignait du côté trop « cool » de Sandrine Kiberlain qu’il avait fait tourner dans « 9 Mois ferme ». Sous ses dehors débonnaires, Virginie Efira n’est pas cool, en tout cas, pas sur ses rôles. Elle est consciencieuse et engagée. « Dans le cinéma de Dupontel, il y a du Ken Loach et du Tex Avery », dit la jeune femme, qui loue le sujet d’« Adieu les cons ». « C’est une critique du pouvoir mais il y a des renversements possibles. Jouer au con, c’est aussi sortir du rang. »

Mère d’Ali, une petite fille de 7 ans qu’elle a eue avec le comédien Mabrouk El Mechri, elle forme aujourd’hui un couple discret avec Niels Schneider, un jeune acteur de 33 ans rencontré sur le tournage d’un film de Catherine Corsini, en 2017. Issu d’une lignée d’acteurs, le franco-canadien lui offre le glamour et aussi le reste de légitimité nécessaire pour devenir une comédienne incontournable. La « blonde à grosses joues » a décidément fait du chemin…

« Adieu les Cons », d’Albert Dupontel. 

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7 septembre 2020

Finistère - Le « Sad Paradise » de Kerouac s’expose à Brest

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Article de Didier Déniel - Le Télégramme

Jack Kerouac, l’auteur du mythique roman « Sur la route », fait l’objet d’une exposition très émouvante aux Capucins, à Brest, du photographe René Tanguy, qui a marché sur les traces du romancier, outre-Atlantique. Brest n’a pas été choisie au hasard. Kerouac s’y était arrêté en 1965, à la recherche de ses ancêtres bretons.

Nous sommes en 2006. René Tanguy rencontre Youenn Gwernig dans sa maison de Locmaria-Berrien. L’écrivain et poète breton, qui a longtemps vécu aux États-Unis, pose sur la table, devant les yeux ébahis du photographe brestois, une grande enveloppe contenant de nombreuses lettres échangées avec Jack Kerouac. « Le premier courrier date de 1966, explique le photographe. Il est signé Youenn Gwernig, qui vit alors à New York. Ce dernier explique qu’il a lu "Sur la route", à cause du patronyme de Kerouac, qui lui évoquait sa Bretagne natale ». Jack Kerouac est un pseudonyme littéraire. Le vrai nom du romancier est Jean-Louis Le Bris de Kerouac, dont un aïeul, un fils de notaire de Huelgoat, a émigré au Québec, au début du XVIIIe siècle, pour éviter des ennuis avec la justice.

Une amitié indestructible

Cette première lettre scelle une amitié que même l’alcoolisme dévastateur, qui touche Kerouac, ne pourra détruire. Les deux hommes se rencontreront souvent, chez eux, mais aussi dans les bars new-yorkais. Une seule phrase de Kerouac, exhumée de cette correspondance, en dit long sur cette puissante relation : « Tu es le seul homme que je connaisse aujourd’hui dont la conversation et la présence sont un cadeau ».

René Tanguy décide alors de marcher dans les pas de Kerouac. De Rivière-du-Loup, au Québec, sur les rives du Saint-Laurent, où ses ancêtres se sont installés, à Lowell, dans le Massachusetts, où il est né, en passant par New York et la Floride, où Kerouac a longtemps vécu. Les photographies exposées aux Capucins sont des évocations de sa vie. Des paysages qu’il a vus, des clubs qu’il a fréquentés comme le Paradise Diner, un de ses bars favoris, aménagé dans un wagon. « Je suis allé une dizaine de fois aux États-Unis, poursuit René Tanguy. Chaque voyage était riche de découvertes et d’émotions. » Youenn Gwernig est aussi très présent aux Capucins. On y découvre de touchants clichés familiaux, des écrits et des photos d’objets qui lui ont appartenu.

« Il était beau et séduisant »

Brest n’a pas été choisie par hasard pour accueillir cette exposition. Car Kerouac y est venu chercher ses racines pendant deux jours, en mai 1965. Ce voyage commence très mal. Kerouac rate son vol Orly-Brest. Il prend le train, sans sa valise. Il veut à tout prix renouer avec ses origines, en remontant la piste des Le Bris. Sur les conseils de Gaston Gallimard, et sans prévenir, il se rend chez le propriétaire de la librairie de la Cité, rue de Siam, qui s’appelle Pierre Le Bris. Ce dernier lui ouvrira la porte, ravi qu’un auteur de cette renommée et de ce talent vienne à sa rencontre. « Je m’en souviens comme si c’était hier, raconte Jacqueline Millet, la fille du libraire, aujourd’hui décédé. J’étais jeune maman à l’époque. Mon père, avec une pointe d’humour, m’a dit : "Viens, je vais te présenter tonton Jacques". Et là, je suis tombée à la renverse. Kerouac était au sommet de sa gloire, assis chez moi. Pour moi, c’était une star. J’avais lu ses livres. Il était vraiment très beau et séduisant. » Ce que confirme avec un grand sourire Blanche Le Bris, sa mère.

Quelques heures plus tard, et après avoir sifflé une bouteille de cognac avec Pierre Le Bris, Jack Kerouac reprenait le train pour Paris. Sans avoir de réponse à ses questions, les deux hommes n’ayant aucun lien de parenté.

« Le vieux Brest, les bateaux, deux pétroliers là-bas »

En 1968, dans « Satori à Paris », Kerouac reviendra sur son voyage éclair à Brest. Il écrit : « Le port, les pots de fleurs derrière les cuisines, le vieux Brest, les bateaux, deux pétroliers là-bas, et les promontoires sauvages dans le ciel gris qui galope (…). Dans la rosée, la brume et la brume. Brest, Bretagne. Et puis j’ai dit adieu, et je m’en suis allé ». La même année, Pierre et Blanche Le Bris acquièrent une maison à Plougastel, qu’ils baptiseront Kerouac, avec l’autorisation de l’auteur, qui mourra peu de temps après, d’une hémorragie digestive. Bien des années plus tard, notre confrère du Télégramme, Hervé Quéméner, et la généalogiste Patricia Dagier, après une longue enquête, réussiront à retrouver la trace des ancêtres de Jack Kerouac.

http://jourstranquilles.canalblog.com/tag/jack%20kerouac

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4 octobre 2013

Transport en commun : la traverse Brancion-Commerce dans le XVème arrondisement - le 16 octobre

La Traverse, c’est un petit bus de quartier convivial et non polluant, créé pour des déplacements de proximité. Après les Traverses Charonne, Bièvre-Montsouris, Ney-Flandre, ou encore Batignolles-Bichat, c'est au tour du 15e arrondissement d'accueillir sa ligne de bus accessible aux personnes à mobilité réduite

La Traverse Brancion-Commerce avec ses 28 points d’arrêt sur une boucle de 8 km, desservira les quartiers du sud du 15e arrondissement encore mal desservis par le réseau de transports en commun. Elle concernera plus de 90 000 habitants et permettra d’accéder aux nombreux lieux qui font la vie des quartiers : les marchés Georges Brassens et Convention, les 4 hôpitaux, la médiathèque Yourcenar, la bibliothèque Vaugirard, la MJC, la Poste, la sécurité sociale, les squares…

La Traverse Brancion-Commerce en bref

- Une desserte fine des quartiers du sud du 15e arrondissement

- un petit bus convivial de 22 places accessible aux personnes à mobilité réduite

- une boucle de 8 km

- 28 points d’arrêt

- 8 correspondances avec 3 lignes de métro, 4 avec les lignes de Tramway et 7 lignes de bus.

- un bus 100 % électrique et silencieux

- un passage toutes les 15 minutes, du lundi au samedi et toutes les 20 minutes le dimanche et les jours fériés.

La mise en place de ce service de proximité fait suite à une concertation menée par la Mairie de Paris. Cette ligne est financée par la Mairie de Paris (89%) et le STIF (11%). Elle sera exploitée par la société BE-Green.

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30 septembre 2013

Actuellement à la M.E.P.

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http://www.mep-fr.org/

Genesis est la grande exposition de Sebastião Salgado, un hommage photographique sans précédent à notre planète. Les 245 photographies exposées, au terme de huit ans de travail et d’une trentaine de voyages à travers le monde, sont présentées selon un parcours en cinq chapitres géographiques ("Aux confins du Sud", "Sanctuaires naturels", "Afrique", "Terres du Nord", "Amazonie et Pantanal"), qui sont autant de régions du monde explorées par Sebastião Salgago pour nous révéler la nature de notre planète dans toute sa splendeur.

26 septembre 2013

Exposition : Pierre Huygue au Centre Pompidou

Pierre Huygue

Jusqu’au 6 janvier 2014

Centre Pompidou, Galerie Sud, Niveau 1, Paris IV

Attention sens en déroute! La rétrospective consacrée à Pierre Huygue (né en 1962 à Paris) au Centre Pompidou décoiffe. Tous vos repères habituels sont abolis pour vivre une expérience d’un autre genre, souhaitée intense par l’artiste.

Pour commencer, un aboyeur annonce votre nom à l’entrée de l’exposition. Déconcerté, le visiteur contemporain rougit souvent. Avant d’accélérer la cadence pour atteindre Mère Anatolica (1975) de Parvine Curie, sculpture minérale ayant appartenu au collège Pierre de Coubertin de Chevreuse où a étudié l’artiste. Une ruine in situ qui évoque les centres intérêts de P. Huygue pour la pierre, la terre, et la vie générée par ces deux matières.

Lévrier à la patte rose, araignées fourmis, abeilles : ces formes de vie habituellement interdites dans un musée sont ici présentes, en toute liberté… Chacun vaque à ses occupations, au milieu des visiteurs. De même, pluie, glace et sable rose envahissent l’espace. Toutes formes de vie le captive, et plus encore, la circulation qui se fait entre elles. L’artiste crée un monde qui s’auto-génère, varie dans le temps et l’espace, indifférent à l’humain.

« Je m’intéresse à l’aspect vital de l’image, à la manière dont une idée, un artefact, un langage peuvent s’écouler dans la réalité contingente, biologique, minérale, physique. Il s’agit d’exposer quelqu’un à quelque chose, plutôt que quelque chose à quelqu’un », explique-t’il.

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17 septembre 2013

Le nouveau clip torride de Miley Cyrus bat des records sur le net

Los Angeles - Le nouveau clip torride de la chanteuse américaine Miley Cyrus, dans lequel elle chevauche dans le plus simple appareil un boulet de démolition, a battu des records sur internet, s'est félicité mardi le site Vevo.

"Wrecking Ball" a été visionné 19,3 millions de fois au cours de ses 24 premières heures en ligne, s'est réjoui Vevo sur Twitter. Le précédent record appartenait au boys band britannique One Direction.

1150270_195412983968271_812849818_nAncienne star d'une série Disney, Miley Cyrus, 20 ans, a récemment créé la sensation en dansant de manière extrêmement provocante --du "twerking"-- lors d'un duo avec Robin Thicke lors des MTV Video Music Awards. 

Sa prestation, durant laquelle elle se frottait en bikini chair contre le chanteur, la langue sortie, et jouait de façon suggestive avec un énorme gant de mousse au doigt pointé en l'air, lui avait valu les foudres d'une association familiale, le Parents Television Council, dans laquelle --ironie de l'histoire-- son propre père, un chanteur de country, siège.

Le prochain album de Miley Cyrus doit sortir en octobre.

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Cliquez ICI pour voir le clip

22 mars 2016

James Bond - bientôt exposition à Paris - save the date

A partir du 16 avril, 007 fête ses cinquante ans de bons et loyaux services (secrets) à la Villette, avec une exposition taille XXL. Découvrez les premières images.

L’esthétique so chic de l'espion le plus célèbre de la planète sera à l'honneur tout l'été à Paris avec une exposition qui dévoilera quelques uns des gadgets les plus emblématiques de la saga cinématographique (dont la très attendue Aston Martin), de nombreux costumes (du smoking de Roger Moore au soutien-gorge d'Ursula Andress) sans oublier photos  et croquis de tournage... Un incontournable rendez-vous pour les fans de 007, dont voici quelques images commentées par Laurent Perriot, ex-responsable du fan-club français James Bond et fin connaisseur du héros d' Ian Fleming.

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Parade de la fête des morts, Spectre 2015

Conception numérique par Gregory Fangeaux. Michael G Wilson, le producteur de la série des James Bond, a déclaré la scène d'ouverture de Spectre comme “la plus grande que nous ayons jamais filmée”. C'est une course poursuite épique en plein cœur de Mexico, le jour de la grande Fête des Morts, se terminant en apothéose par une spectaculaire séquence d’acrobaties aériennes en hélicoptère, au-dessus de Zocalo (la grande place de Mexico) noire de monde.

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Au fond à gauche, les combinaisons de ski de James Bond (Pierce Brosnan) et Elektra King (Sophie Marceau) dans Le Monde ne suffit pas (1999). Dessinée par Lindy Hemming, la combinaison de ski d’Elektra King fut réalisée sur mesure dans un tissu capable de résister à des températures négatives tout en lui gardant une silhouette flatteuse. A droite, une des 14 motoneiges acquises pour les sbires de Gustav Graves. Elle fut lancée par Bombardier après la sortie de Meurs un autre jour.

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Vitrine comprenant le mythique maillot deux pièces porté par Ursula Andress dans James Bond 007 contre Dr No (1962), mais aussi celui d'Halle Berry en 2002 dans Meurs un autre jour. Le maillot orange d'Halle Berry est un véritable clin d'oeil modernisé à celui d'Ursula Andress. Il y a aussi ceux de Sean Connery dans James Bond 007 contre Dr No (1962) et de Daniel Craig dans Casino Royale (2006)

21 mars 2016

CRAZY HORSE - DITA VON TEESE

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C’était il y a 10 ans déjà. Dita Von Teese enflammait la scène du Crazy Horse à Paris, le cabaret le plus glamour du monde. Pour fêter cet anniversaire et pour montrer qu’elle reste la star incontestée de l’art de l’effeuillage, Dita Von Teese revient au cabaret de l’avenue George V en mars 2016 pour 15 jours de pure folie.

Les codes intemporels du burlesque et de l’effeuillage seront évidemment à l’honneur et Dita a reçu carte blanche pour composer ses propres tableaux avec le soutien des Crazy Girls bien sûr, mais aussi du metteur en scène Ali Mahdavi, du chausseur Christian Louboutin ou encore du célèbre couturier Zuhair Murad. Ne manquez pas le Dita’s Crazy Show au risque de le regretter toute votre vie et réservez sans plus attendre vos places du 16 au 30 mars 2016.

2 février 2016

George Miller, réalisateur de "Mad Max", présidera le 69e festival de Cannes

Pour la première fois, le jury du festival de Cannes aura cette année un président australien. C'est le cinéaste George Miller qui a été choisi pour présider la compétition, ont annoncé les organisateurs dans un communiqué publié mardi 2 février. Le réalisateur, auteur de la célèbre saga Mad Max, succéde ainsi aux frères Coen.

A la fois réalisateur, scénariste et producteur, George Miller a vu sa carrière décoller en 1979 avec son premier long métrage, Mad Max, film d'action violent qui a lancé Mel Gibson, inconnu à l'époque. Jouant sur les codes du road movie, du western et de la science-fiction, le film a connu un succès planétaire.

"Je ne manquerais ça pour rien au monde"

Metteur en scène éclectique des Sorcières d'Eastwick, du film d'animation Happy Feet, pour lequel il a reçu un Oscar, et de Mad Max : Fury Road l'année dernière, George Miller, 70 ans, est le représentant d'un cinéma plus commercial et spectaculaire que ses prédecesseurs. L'Australien décernera la Palme d'or avec son jury à l'issue de la manifestation, qui se déroulera du 11 au 22 mai.

Cité dans le communiqué du festival, George Miller dit son "immense plaisir" de présider le jury. "Etre au cœur de ce festival chargé d'histoire qui dévoile les joyaux du cinéma mondial, débattre des heures passionnément avec mes compagnons de jury, c'est un grand honneur, déclare-t-il. Je ne manquerais ça pour rien au monde !"

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7 mars 2019

« Gilets jaunes » : l’ONU demande à la France d’enquêter sur « l’usage excessif de la force »

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Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, s’est dit étonné de voir la France citée « dans une liste entre le Venezuela et Haïti, où il y a eu des morts ».

La haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme (et ancienne présidente du Chili), Michelle Bachelet, a demandé instamment à la France, mercredi 6 mars, une « enquête approfondie » sur les violences policières pendant les manifestations des « gilets jaunes ».

Mme Bachelet, qui s’exprimait devant le Conseil des droits de l’homme, à Genève (Suisse), a déclaré :

« Nous encourageons le gouvernement [français] à poursuivre le dialogue et demandons urgemment une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d’usage excessif de la force. »

Les « gilets jaunes » manifestent contre « ce qu’ils considèrent comme [leur] exclusion des droits économiques et de la participation aux affaires publiques », a déclaré Michelle Bachelet.

La haut-commissaire a aussi dénoncé les répressions violentes des manifestations qui se sont produites récemment, que ce soit en France, au Soudan, au Zimbabwe et en Haïti :

« Les inégalités touchent tous les pays et même dans des Etats prospères, des gens se sentent exclus des bénéfices du développement et privés de droits économiques et sociaux. »

« Est-ce bien raisonnable ? », demande Christophe Castaner

Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a réagi en début d’après-midi, se disant étonné de voir la France « [citée] dans une liste entre le Venezuela et Haïti, où il y a eu des morts ». « Est-ce bien raisonnable ? », s’est pour sa part demandé le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, sur Twitter, rappelant qu’il y a eu « 41 morts » en Haïti et que le président vénézuélien « Nicolas Maduro refuse l’aide humanitaire à son peuple ».

« On a toujours été extrêmement clairs : à chaque fois que cela est nécessaire, des enquêtes ont été lancées », a ajouté M. Griveaux, lors du compte rendu du conseil des ministres. Il a fait état de 162 enquêtes ouvertes à la date du 1er mars.

Quant à l’appel au dialogue prôné par Mme Bachelet, le porte-parole a estimé : « C’est précisément ce qu’on fait avec le grand débat national. » Cependant, « lorsque les Nations unies s’expriment, (…) la moindre des choses, c’est de les écouter et de les prendre en considération », a souligné M. Griveaux.

Mercredi soir, le premier ministre, Edouard Philippe, a estimé que la France « n’a pas attendu » l’ONU « pour faire la lumière » sur les faits de violence qui ont émaillé les défilés des « gilets jaunes ». « En France, on a un Etat de droit », a-t-il ajouté, estimant qu’« il faudra expliquer à madame le haut-commissaire [sic] l’ensemble des faits d’extrême violence » notamment contre « les forces de l’ordre » ou les « biens publics ».

Fin février, la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe avait, elle, demandé à la France de « suspendre l’usage » du lanceur de balles de défense (LBD), accusé d’occasionner de graves blessures aux manifestants.

18 janvier 2014

Patrick Guicheteau expose à la Concorde Art Gallery

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Photos prises avec mon IPhone

Patrick Guicheteau

Artiste peintre.

Artiste autodidacte, Patrick Guicheteau peint et expose depuis 1976. Plusieurs périodes et une constante remise en question ont façonné sa creation. La sculpture est venue compléter son œuvre à partir de 1997 avec des représentations trois dimensions de femmes drapées, inspirées de ses tableaux.
L’œuvre actuelle de Patrick Guicheteau, par-delà la personnalisation du corps montre que le réalisme des êtres n’est qu’apparence. La femme est bien une métaphore de la création, c'est-à-dire de la vie. Une création qui joue sur une interférence entre le réel et l’indicible, une représentation allégorique de l’unité à l’infini et de la note à la symphonie. Rythmes de formes, partitions de couleurs, répétition des motifs, interférences, ruptures, temps forts ou faibles. Jeu quasi musical entre le fond et la forme.
Les toiles ici présentées dans le cadre de la galerie concorde sont représentatives de la période hyperréaliste de l’artiste. Elles sont une vision ludique voir subversive de réalités urbaines.

16 août 2016

60 millions de personnes touchées par El Niño

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 Le phénomène climatique El Niño a pris fin en mai, mais ses effets se font toujours sentir. Les pénuries alimentaires pourraient s’aggraver avec La Niña, attendue pour la fin de l’année.

En Afrique australe, c’est la pire sécheresse depuis trente-cinq ans. Même constat en Amérique centrale et dans la corne de l’Afrique, des régions touchées par le phénomène climatique El Niño.« La vie et les moyens de subsistance de millions de personnes ont été bouleversés », souligne le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-Moon. Plus de 60 millions de personnes risquent la malnutrition, dont 40 millions dans le sud de l’Afrique. Le courant chaud El Niño, particulièrement fort cette année, provoque des sécheresses ou des inondations dans différentes parties du globe. Chose inhabituelle, il touche la planète depuis deux années consécutives.

Des risques d’inondations

Les conséquences sont dramatiques. Le bétail meurt et les stocks d’eau s’amenuisent. Sans compter les dégâts sur les cultures. À Haïti, les fermiers ont enregistré jusqu’à 70 % de pertes.« Les récoltes d’avril 2015 ont été très mauvaises » , indique David Orr, du Programme alimentaire mondial (PAM). Dans certaines régions, les stocks de nourriture sont au plus bas, comme au Malawi ou au Zimbabwe, provoquant une hausse des prix.« D’un jour à l’autre, nous ne savons pas si nous allons manger » ,explique Vuyisile Shabungu, mère de quatre enfants, au Swaziland (sud de l’Afrique). Les prochaines récoltes n’auront lieu qu’en avril 2017. Certaines régions sont déjà en pénurie, alors qu’elles ne le sont habituellement qu’en octobre.« Si la population a faim, elle mangera les semences avant de les planter », prévient David Orr. Les acteurs de l’humanitaire regardent de près La Niña, attendue avant la fin de l’année. Ce phénomène contraire à El Niño provoque de fortes précipitations.« Si elles sont modérées, c’est idéal pour les cultures », espère Selvaraju Ramasamy, de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Mais il y a un risque d’inondations. Les ONG et les pays concernés ont tiré la sonnette d’alarme. La Communauté de développement d’Afrique australe a déclaré l’état d’urgence dans la région. Selon les Nations unies, il faudrait 5,3 milliards de dollars pour répondre à l’urgence. Seul un tiers a été collecté.« C’est l’une des pires crises humanitaires et on n’en parle pas. Ce silence, on a du mal à l’accepter » , interpelle Fanny Petitbon, de l’ONG Care. El Niño est un phénomène naturel mais beaucoup s’accordent à dire que le réchauffement de la planète l’aggraverait. Selon Mary Robinson, envoyée spéciale de l’Onu pour les changements climatiques,« nous sommes dans une nouvelle phase d’El Niño » . Une mise en garde : l’ampleur du réchauffement de la planète a été sans précédent en 2015, a alerté hier le rapport sur l’état du climat de deux agences gouvernementales américaines. Article de Awenig MARIÉ.

22 novembre 2013

Un séisme a fait trembler la Bretagne hier matin

Sa magnitude a été évaluée à 4,6 sur l’échelle de Richter. L’épicentre serait situé à quelques kilomètres de Vannes. La secousse a été ressentie à 150 kilomètres alentour.

Un bruit sourd, puis un grondement de tonnerre de plus en plus intense, le sol qui se dérobe légèrement sous les pieds… Durant vingt secondes, la terre bretonne a tremblé, hier, peu avant 11h. L’épicentre du séisme, d’une magnitude de 4,6 sur l’échelle de Richter, est estimé proche de Vannes (Morbihan).« C’est une intensité modérée » ,analyse Sophie Lambotte, du Réseau national de surveillance sismique.« Sur les étagères de la boutique, tout est tombé » , témoigne une commerçante de Vannes. Le standard du centre opérationnel des pompiers a été pris d’assaut par une centaine de personnes affolées, durant quinze minutes. Aucun dégât n’a été signalé. Les capteurs du Bureau central sismologique français ont enregistré des secousses plus ou moins intenses en Loire-Atlantique, Ille-et-Vilaine, Côtes-d’Armor et Finistère. Un séisme d’une magnitude de 5,4 avait secoué la région d’Hennebont en septembre 2002. Celui d’hier est le deuxième plus intense des vingt dernières années.« Une faille de 500 km traverse le sud de la Bretagne jusqu’à la LoireAtlantique. Une autre est dans le Nord breton, explique Philippe Steer, à l’Observatoire des sciences de l’université de Rennes 1.Le Massif armoricain subit un effet de cisaillement, sous l’effet du rapprochement des plaques européenne et africaine » .Ces failles sont« actives. On ne sait pas si elles peuvent générer de plus gros séismes » . Le réseau de surveillance a prévu d’installer des sismomètres supplémentaires. Source : article de Isabelle JOHANCIK. Ouest France.

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9 mars 2019

COCO CAPITÁN à la MEP

La MEP présente "Coco Capitán : Busy Living", la première exposition institutionnelle en France d'une des artistes les plus accomplis de sa génération

Avec près de 150 œuvres, l’exposition est construite comme un parcours immersif dans l’univers de l’artiste. Le parcours est  jalonné de plusieurs séries de l’artiste, mêlant le plus souvent la photographie au texte. L’une est composée de paysages de l’ouest américain représentant des infrastructures à l’abandon, une autre révèle le regard critique que l’artiste porte sur la société de consommation et traduit une vraie filiation avec le Pop Art.

En écho également à l’intérêt de Coco Capitán pour la représentation et la perception du corps, des photographies de mode font partie intégrante de l’exposition, ainsi que celles d’athlètes de l’équipe olympique espagnole de natation synchronisée, photographiés juste après l’effort.

Une série plus personnelle souligne les relations que l’artiste entretien avec la Chine depuis son enfance. Enfin, un ensemble de toiles peintes sur lesquelles sont écrits ses aphorismes, ainsi que des carnets de notes et journaux intimes sont présentés en exclusivité.

Très tôt engagée dans l’univers de la mode et du luxe, Coco Capitán acquiert rapidement une notoriété internationale en tant que photographe de mode, secteur avec lequel elle collabore, non sans humour et dérision, pour de nombreuses marques de luxe. Mais son travail est beaucoup plus vaste : à seulement 26 ans, Coco Capitán est une artiste déjà accomplie qui allie la photographie, la peinture et les performances à un travail éditorial constitué de slogans et d’aphorismes.

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24 juin 2016

NEWTON : "Us and them" - Helmut Newton - Alice Springs

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À travers la jeunesse et le grand âge, l’amour et le sexe, la vie publique et la vie privée, Us and Them offre une véritable ode au couple et à l’art composée par Alice Springs et Helmut Newton.

Us and Them réunit une série de photographies prises par Helmut Newton et son épouse, Alice Springs. Ode au couple et à l’art, le recueil fait alterner les points de vue sur leur univers personnel, tendre et intime, et les instants glamour de leur vie sociale et professionnelle. Dans la partie «Us», Newton et Springs se photographient tantôt ensemble, tantôt l’un l’autre. Dans «Them», ultime chapitre de l’ouvrage, ils tournent leur objectif vers les mêmes sujets, des célébrités emblématiques, de Catherine Deneuve à Gianni Versace.

31 octobre 2020

Kamel Mennour inaugure un nouvel espace

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“Lorsque j’ai vu le nouveau site de Kamel Mennour, j’ai tout de suite imaginé un cloître”, raconte l’architecte Pierre Yovanovitch, invité à repenser le quatrième et nouvel espace parisien de la galerie française. Situés dans la rue du Pont de Lodi, à quelques mètres de l’une de ses autres adresses, les deux étages de ce site ont longtemps servi de stockage aux éditions Hachette et offrent désormais une surface exposable de 600 m2 — la plus grande de toutes les antennes de la galerie –, très lumineuse et agrémentée d’un remarquable escalier en colimaçon. Pour son inauguration le 3 novembre prochain, Kamel Mennour prévoit une exposition en tandem avec deux de ses artistes historiques : Philippe Parreno et Daniel Buren. En attendant, ses autres espaces accueilleront dès cette semaine les œuvres qui devaient initialement composer le stand de la galerie à la 47e édition de la FIAC.

Nouvel espace de la galerie Kamel Mennour, ouverture le 3 novembre au 5 rue du Pont de Lodi, Paris 6e.

18 septembre 2020

Emmanuel Macron défend « le tournant de la 5G » face au « retour à la lampe à huile »

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Le président s’exprimait devant un rassemblement de responsables d’entreprises françaises de technologie à l’Elysée, alors qu’une partie de la gauche souhaite un moratoire contre la 5G.

Pour Emmanuel Macron, pas de doute : « Oui, la France va prendre le tournant de la 5G. » Le président de la République a lancé cette phrase lundi 14 septembre devant des entreprises du numérique, en ironisant sur ceux qui préféreraient le « retour à la lampe à huile ».

« La France est le pays des Lumières, c’est le pays de l’innovation. On va tordre le cou à toutes les fausses idées. » Le choix de la 5G, « c’est le tournant de l’innovation », a insisté le chef de l’Etat devant une centaine d’entrepreneurs de la « French Tech » réunis dans la salle des fêtes de l’Elysée.

Il s’exprimait au lendemain de la demande de moratoire sur le déploiement de la 5G de 70 élus de gauche et écologistes, dont le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon et le député européen (Europe Ecologie-Les Verts) Yannick Jadot. L’attribution des fréquences de cette technologie mobile doit débuter à la fin du mois en France.

« J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine », s’est moqué Emmanuel Macron, en référence à cette communauté religieuse américaine hostile à certaines technologies.

« On ne doit dépendre d’aucune puissance non européenne »

En costume mais sans cravate, le président s’est dit ravi de retrouver le milieu des start-up, au cours du premier événement de grande ampleur organisé à l’Elysée depuis le confinement. « On est en train de démontrer qu’on peut continuer à faire des événements en période Covid », a-t-il dit, même s’il faudra « vivre avec le virus, sans doute pour des semaines, peut-être des années ».

Il a aussi rappelé que le plan de relance de l’économie consacrerait 7 milliards d’euros au secteur du numérique, notamment pour la transformation digitale de l’Etat. Emmanuel Macron a enfin défendu une Europe numérique souveraine. « Sur la 5G et sur beaucoup d’autres sujets, on ne doit dépendre d’aucune puissance non européenne », a-t-il jugé, en appelant notamment à « rouvrir la bataille du cloud ».

Au cours de la soirée, trois entreprises qui ont affiché des performances particulièrement remarquables cette année devaient présenter leur activité : l’éditeur de jeux vidéo mobiles Voodoo, devenu une « licorne » – il est donc désormais valorisé à plus de 1 milliard de dollars (842 millions d’euros) – en faisant entrer à son capital le groupe chinois Tencent, la start-up Mirakl (création de places de marché) et Innovafeed (protéines d’insectes).

14 septembre 2020

Portrait - Patrick Procktor, le double maudit de David Hockney

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Par Roxana Azimi - Le Monde

Ami intime du célèbre peintre britannique, Patrick Procktor n’a pas connu le même destin. Mort dans l’oubli en 2003, ce loser magnifique ne manquait pourtant pas de talent, comme le prouve une exposition qui lui est consacrée à Paris.

Deux peintres discutent cuisine. « Le blanc que tu as mis sur la mer, c’est une sorte de réserve, et tu y as rajouté, après, de la peinture. C’est bien ça ? » « Oui, la toile était grise au départ. » « C’est super, cette technique. J’adore ça. Ça fait penser à Sargent. Tu aimes, Sargent ? » « Oui, beaucoup ! » Un dialogue tout ce qu’il y a de plus commun entre deux artistes. Sauf que les deux peintres, filmés ce jour de 1973 par le cinéaste anglais Jack Hazan, n’ont rien de banal.

Cheveux peroxydés et lunettes cerclées, le premier se nomme David Hockney, et le réalisateur a choisi d’en faire le personnage principal de son film A Bigger Splash. À 36 ans, le peintre britannique est déjà une star, dont les collectionneurs se disputent les scènes de piscines californiennes. Le second, à la silhouette élancée et au visage sculptural comme un Giacometti, s’appelle Patrick Procktor. À 37 ans, il n’est pas aussi connu que son ami, mais il est une figure pétillante du Swinging London.

Les mondains connaissent ses bons mots, ainsi que ses portraits de tout ce que l’Angleterre compte de célébrités, du styliste hippie chic Ossie Clark au photographe Cecil Beaton, dont l’élégance à la Cocteau résiste à toutes les modes. Sa boîte d’aquarelles sous le bras, Procktor a également pris l’habitude de parcourir le monde pour capturer les reflets changeants de la lagune vénitienne, les infimes variations du ciel nippon ou les paysages immémoriaux de Katmandou.

Les Castor et Pollux du monde de l’art

Aujourd’hui, presque cinquante ans après A Bigger Splash, l’octogénaire David Hockney est un trésor national, célébré par les plus grands musées (notamment le Centre Pompidou en 2017) et par le marché – une toile adjugée 90 millions de dollars (76 millions d’euros), en 2018, l’a brièvement auréolé du statut d’artiste-vivant-le-plus-cher-au-monde. Patrick Procktor, dont la galerie parisienne Loeve & Co expose une trentaine de paysages et de portraits à partir du 17 septembre, est mort en 2003, alcoolique et presque clochard. Et complètement oublié.

Car l’histoire de l’art plébiscite les premiers de cordée et rejette les talents honorables. Aujourd’hui, seuls quelques passionnés, à l’image de la Redfern Gallery, qui le représente depuis quarante ans, et d’artistes, comme le peintre Peter Doig, saluent encore le talent de ce loser magnifique, comète des sixties et des seventies, balayé par le vent du destin.

« HOCKNEY EST TRÈS LABORIEUX ALORS QUE, PROCKTOR, C’EST LA GRÂCE PURE. » STÉPHANE CORRÉARD, CODIRECTEUR DE LOEVE & CO

Hockney et Procktor, qui se sont rencontrés en 1962, furent pourtant si proches que le critique d’art anglais John McEwen rapporte qu’à une époque « on ne pouvait pas mentionner l’un sans l’autre ». « C’était Castor et Pollux, les jumeaux dandy du monde de l’art », ajoute-t-il. Joint au téléphone à New York, l’artiste Peter Schlesinger confirme : les deux hommes étaient inséparables. En 1967, l’ancien amant et modèle de Hockney avait à peine 19 ans quand il les a accompagnés pour une virée mémorable entre la France et l’Italie. « David et Patrick se parlaient tout le temps, jouaient aux échecs ensemble, je me sentais presque à l’écart, parfois », raconte-t-il sans rancœur aucune.

Les frères d’armes, qui se sont souvent portraiturés l’un l’autre, partagent alors une même vision de la peinture : tout en ressentant profondément les émotions, ils veulent les retransmettre de manière distanciée dans leur discipline. En effet, s’ils admirent l’expressivité et le geste génial d’un Picasso, ils lui préfèrent une peinture plus lisse et minutieuse. Quand Hockney saisit avec précision l’éclaboussure d’un plongeon, Procktor capte délicatement l’ennui dans le regard d’un proche. Homosexuels assumés, ils produisent une œuvre qui sera aussi intimement mêlée à leur vie.

Un chef-d’œuvre de désinvolture

Pour Stéphane Corréard, codirecteur de Loeve & Co, la comparaison entre les deux, bien qu’inévitable, est injuste. « Hockney dialogue en permanence avec les génies du passé et du présent, il est obsédé par la technique, les secrets des grands maîtres, la composition, la perspective et les nouvelles technologies », précise-t-il. Procktor, qui dessine avec trois fois rien, est, lui, de plain-pied dans la vie. Et Corréard de poursuivre : « Par certains côtés, Hockney est très laborieux alors que, Procktor, c’est la grâce pure. » Une défense en règle qui ne l’empêche pas de reconnaître que « Procktor est un néoclassique qui avait peut-être trente ans de retard ».

« PATRICK SE LAISSAIT AISÉMENT DISTRAIRE. IL ÉTAIT INTRIGUÉ PAR LA HAUTE SOCIÉTÉ ET PEUT-ÊTRE N’A-T-IL PAS CONSACRÉ ASSEZ DE TEMPS À SON TRAVAIL. » CELIA BIRTWELL, STYLISTE

Le critique et historien de l’art Bernard Denvir en avait déjà l’intuition en 1976 : « On dirait des œuvres des années 1920 », dit-il dans la biographie d’Ian Massey (Patrick Procktor. Art and Life, Unicorn Press, 2010, non traduit). Moins avant-gardiste que dandy de l’entre-deux-guerres. Procktor passe donc pour frivole, doué mais inconstant. Cette image a beau lui nuire, il n’aura de cesse de la conforter.

Aux peintres Francis Bacon et Lucian Freud qui lui demandent un jour quel artiste il admire le plus, Patrick Procktor cite Stephen Tennant, un mondain dilettante, moins connu pour ses écrits que pour son style de vie décadent. Plus que de constance, l’ami d’Hockney a plutôt manqué d’ambition. « Il ne courait pas après les expositions muséales. Il n’avait pas pour but de devenir une star », rappelle Richard Selby, directeur de la Redfern Gallery.

« Patrick se laissait aisément distraire, ajoute de sa voix traînante la styliste Celia Birtwell, ex-épouse d’Ossie Clark. Il était intrigué par la haute société et peut-être n’a-t-il pas consacré assez de temps à son travail. » Quand Hockney a mis tout son temps et son talent dans ses toiles, Procktor, érigeant la désinvolture au rang d’art, a injecté son génie dans sa vie, romanesque et tragique, appliquant à la lettre la leçon de l’écrivain Oscar Wilde : « Le premier devoir dans la vie est d’adopter une pose. »

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Soupçonné d’espionnage pour le compte de l’URSS

La pose Procktor ? Un accent posh qui contredit ses origines modestes. Une mise excentrique qui avait impressionné David Hockney lors de leur première rencontre, en 1962, lors de l’exposition « Young Contemporaries » à l’Imperial College. « Il portait des bottines en cuir, un pantalon en velours et une petite veste sur le dos, comme un hussard hongrois », rapporte-t-il à son biographe, Ian Massey. Attentive, en bonne professionnelle, aux détails vestimentaires, Celia Birtwell n’a pas oublié le fez ni les babouches marocaines qui le distinguaient des autres. À ces atours s’ajoutait un parfum de mystère, qui vaudra à Procktor d’être vaguement soupçonné d’espionnage au profit de l’Union soviétique, où il avait voyagé alors qu’il apprenait le russe dans la marine…

Sans oublier l’audace. C’est au culot qu’il aborde, en 1957, la Redfern Gallery, à Londres, en prétendant avoir étudié à l’Académie Jullian et à la Grande Chaumière, à Paris, alors creusets des artistes européens. Un gros mensonge. Mais la vénérable enseigne se laisse séduire par le jeune homme. Lors de sa première exposition personnelle à la Redfern, en 1963, les critiques, globalement élogieuses, relèvent quelques traces d’académisme. Qu’importe, Procktor vend les deux tiers de l’accrochage. Par la suite aussi les commentaires sont mitigés, une plume de l’Observer évoquant un « talent volatile ». Volatile, peut-être, mais capable de vraies fulgurances, comme dans Lunacharsky Street, tableau de 1965, composé d’un rose évanescent et d’une déflagration de noir.

C’est lors d’un été en Italie, en 1967, en compagnie de Hockney et de Schlesinger, que Procktor trouve véritablement sa voie. En ouvrant la boîte d’aquarelles de son ami, c’est la révélation. Nombreux sont les Britanniques à avoir excellé dans cet art modeste, évanescent et spontané. Mieux que quiconque, William Turner en a sublimé les effets de lumière et de transparence dans ses somptueuses marines. À l’inverse de son célèbre aîné, Procktor n’est pas le peintre du chaos des éléments, des ciels tourmentés et des mers déchaînées.

Il a certes le coup d’œil et brosse les paysages avec facilité. Mais il est surtout un merveilleux aquarelliste des sentiments, un portraitiste tendre et cruel, capable de faire ressortir en quelques touches diaphanes la personnalité de ses modèles. Parfois, il dilate les membres, allonge de manière exagérée bras ou jambes, exacerbe les détails physiques. Sans jamais tomber dans la caricature. « Il a cette aptitude à percer nos pensées sans nous embarrasser », vantait ainsi son amie la comédienne Jill Bennett dans Patrick Procktor. Art and Life. « Il place toujours ses sujets dans un espace, mais un espace très abstrait, hors du temps », précise Stéphane Corréard.

Evadé du prolétariat

Ses modèles sont souvent ses proches : Ossie Clark, l’un des princes du Swinging London, l’acteur Terence Stamp, héros de Théorème (1968), de Pier Paolo Pasolini, et compagnon de la mannequin vedette Jean Shrimpton, le chanteur Mick Jagger, les artistes plasticiens Gilbert & George, qui se font connaître comme sculptures vivantes. Toute la bohème brouillonne et bouillonnante de l’époque se donne rendez-vous dans son incroyable maison du 26 Manchester Street, dans le quartier de Marylebone, autour d’une spectaculaire cheminée flanquée de deux atlantes émergeant d’ananas.

Il est aussi intime avec la sœur de la reine, la princesse Margaret, dont le glamour le fascine mais qu’il n’hésite pas à moquer pour le seul plaisir de faire rire l’assemblée. Car l’artiste fait partie de ces fils de prolétaires qui, dans le tourbillon des années 1960-1970, ont réussi l’impensable : s’échapper de l’immuable système des classes britanniques.

Hockney aussi est d’origine modeste. Lui aussi séduit le Tout-Londres par son irrévérence et sa lecture toute britannique du pop art. Plus incisif que ses homologues américains, plus narquois aussi, il marie le trivial et le virtuose dans ses tableaux aux couleurs de plus en plus acides. Procktor, à l’inverse, ne se laisse pas emporter par la vague pop – encore qu’il signe la pochette de l’album Blue Moves, d’Elton John, en 1976. Trop puriste sans doute pour aimer le mélange des genres, trop snob pour goûter la banalité. En un mot, trop classique. Ian Massey rapporte que sa seule concession au Flower Power est le mur de sa maison, sur lequel ses amis, Hockney, Cecil Beaton ou l’artiste Ron Kitaj peignent des fleurs à chacune de leur venue.

Pourtant très proche de Derek Jarman, cinéaste queer et subversif qui révéla l’actrice Tilda Swinton, Procktor se gardera aussi de tout militantisme homosexuel. Il fallait pourtant beaucoup de courage pour être ouvertement gay à la fin des années 1950. Dans l’Angleterre encore corsetée de cette époque, l’homosexualité est pénalisée. Les livres de William Burroughs sont interdits jusqu’en 1964.

« “Don’t ask, don’t tell” était la maxime des gays », rappelle Ian Massey. Procktor oppose aux préjugés homophobes son humour féroce et son goût de l’artifice, penchant que les Anglo-Saxons regroupent sous le terme de « camp ». Interrogé par Ian Massey, Roger Cook, qui fut son camarade d’école, décèle en Procktor « ce conflit entre être gay et vouloir être hétéro. Comme moi, Patrick ne voulait probablement pas être gay ». Contre toute attente, Procktor se marie en 1973 avec sa voisine Kirsten Benson, qui lui donnera un fils. Sans jamais cesser d’aimer les hommes.

Le flop américain

Ses amours d’ailleurs parfois l’égarent. Ainsi en 1968, lorsqu’il est invité par le galeriste Lee Nordness à exposer à New York. À l’époque, comme aujourd’hui, l’Amérique est un passage obligé pour lancer une carrière. David Hockney l’avait bien compris, en s’installant dès 1964 sur les hauteurs d’Hollywood, où il a expérimenté toutes les façons possibles de représenter les reflets de l’eau sur le carrelage d’une piscine. Quoique affranchi de l’esthétique européenne depuis l’après-guerre, le Nouveau Monde garde un faible pour tout ce qui est British, des Beatles aux Rolling Stones.

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Lee Nordness, toutefois, s’inquiète : ce marchand très chic de Madison Avenue n’a rien d’un galeriste underground et transgressif. Or, toutes les œuvres envoyées par Procktor (32 aquarelles et 8 tableaux) n’ont qu’un seul et unique sujet : Gervase Griffiths, sa passion du moment, un jeune mannequin de 22 ans qui rêve de se faire un nom dans la chanson et ressemble à s’y méprendre à Mick Jagger.

Six mois avant les émeutes de Stonewall, en 1969, où les clients d’un bar gay new-yorkais se sont insurgés après une énième descente de police, l’exposition, trop ouvertement homosexuelle, est un four. La critique l’ignore, les ventes sont inexistantes. « S’il avait été plus carriériste, moins amoureux, s’il avait écouté les conseils, il aurait accroché des portraits de Terence Stamp et de Mick Jagger qui lui auraient apporté un peu de publicité », analyse Ian Massey. Non seulement Procktor rate son entrée sur le marché américain – il ne s’y risquera plus jamais par la suite –, mais son versatile amant s’envole pour Haïti avec un autre homme.

Cerné par le deuil

L’abandon et la perte, voilà le drame de l’artiste, orphelin de père à l’âge de 4 ans. Autour de lui, les proches tombent les uns après les autres. Sa femme meurt en 1984 d’une crise cardiaque. Sa complice Jill Bennett se suicide en 1990, tandis que Derek Jarman meurt du sida quatre ans plus tard. En 1996, Ossie Clark est tué par son amant. Une hécatombe qui précipite la descente aux enfers de Procktor – il devient alcoolique – et se répercute sur sa carrière.

« TOUT LE MONDE A ESSAYÉ DE L’AIDER, MAIS IL DEVENAIT VITE GROSSIER AVEC LES GENS. IL ÉTAIT TOTALEMENT AUTODESTRUCTEUR. » RICHARD SELBY, CODIRECTEUR DE LA REDFERN GALLERY

Dans les années 1980 déjà, son étoile commençait à pâlir. En 1982, les dessins qu’il livre pour une production de Turandot, de Puccini, à Covent Garden, sont refusés. Trop peu modernes au goût du metteur en scène. Procktor est amer. Lorsque Peter Schlesinger le croise en 1985, dans une exposition de Francis Bacon à la Tate, à Londres, il l’entend éructer : « Bacon, quel mauvais artiste ! Quelle mauvaise exposition ! »

Deux ans plus tard, c’est le camouflet : Procktor ne figure pas dans le panorama « British Art of the 20th Century » à la Royal Academy. Dans les années 1990, il est comme soufflé par l’arrivée des Young British Artists, ces trublions nommés Damien Hirst ou Tracey Emin. « Son œuvre et son être étaient trop poétiques pour une époque qui pensait qu’on en avait fini avec la poésie », soupire la galeriste Gabriella Cardazzo, qui l’a un temps représenté en Italie.

Un cruel retour chez maman

Son charme s’est aussi fané auprès de ses amis. Procktor a l’alcool mauvais. Autour de lui, le vide se fait. Lasse de ses outrances, la princesse Margaret rompt tout lien avec lui à partir de 1994. De 1991 à 1997, Margaret Thornton, propriétaire de la Redfern Gallery, tentera bien de l’éloigner de l’alcool et de le remettre à son chevalet en lui ouvrant les portes de sa maison secondaire, près de Tours. « Tout le monde a essayé de l’aider, mais il devenait vite grossier avec les gens. Il était totalement autodestructeur », soupire Richard Selby, codirecteur de la Redfern, qui l’accompagnait lors de ses semaines de sevrage en France.

Sa dégringolade sociale et artistique se poursuit avec l’incendie de sa maison, en 1999. Procktor y perd ses œuvres, sa collection d’art, notamment un petit tableau de Constable. Et plus encore son indépendance. Le voilà contraint de vivre chez une mère qu’il déteste – et qui le lui rend bien – dans un village du Buckinghamshire. Après une dispute où Procktor la bouscule, elle l’accuse de tentative d’homicide. Il passera un mois derrière les barreaux avant de squatter chez son fils, puis chez des amis charitables, tous rapidement excédés par ses frasques.

Procktor meurt d’un caillot de sang dans les poumons en 2003. Seul et fauché. David Hockney vit alors auréolé de gloire, entouré d’assistants et d’employés de maison, en Californie. Loin, très loin de la réalité qu’avait connue son ami de jeunesse dans ses dernières années. Cet ami au sujet duquel il avait écrit, dans le catalogue d’une exposition consacrée à Procktor en 1989, qu’il était « un grand aquarelliste anglais de voyage ». Un compliment, certes, mais où perce la cruauté de celui qui a triomphé.

« Patrick Procktor, Postures », Galerie Loeve & Co, 18, rue des Beaux-Arts, Paris 6e. du 17 septembre au 31 octobre.

13 septembre 2020

Chronique - Président Trump, an IV : débauche d’énergie

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Par Gilles Paris, Washington, correspondant Le Monde

Le candidat républicain accumule, comme quatre ans plus tôt, les miles en avion et les assemblées extatiques, lancé dans une course-poursuite avec son adversaire démocrate, Joe Biden. Pour l’instant l’agité est le distancé, mais jusqu’à quand ?

Samedi : réunion avec des fidèles au Trump hôtel de Washington, départ pour le Nevada et meeting dans la foulée. Re-meeting dimanche. Re-re-meeting lundi, dans l’Arizona. Avant ou après un détour par la Californie qui brûle. Bien obligé, même s’il n’est pas question de parler de réchauffement climatique.

Donald Trump accumule, comme quatre ans plus tôt, les miles en avion et les assemblées extatiques, lancé à corps perdu dans une course-poursuite avec son adversaire démocrate, Joe Biden. Ce dernier n’avait rien à son agenda de samedi, à un peu plus de sept semaines de l’élection présidentielle. Deux candidats, deux rythmes. Pour l’instant l’agité est le distancé, mais jusqu’à quand ?

Nul ne peut plus distinguer depuis bien longtemps le président du candidat. Qui promet par exemple sur son compte Twitter, jeudi soir, l’équivalent d’une rallonge salariale aux militaires s’il est réélu le 3 novembre ? Qui envisage de nommer à la Cour suprême, la plus haute instance juridique des Etats-Unis, des modèles de tempérance comme le sénateur Tom Cotton (Arkansas), qui rêve de déployer la 101e division aéroportée dans les rues américaines à la première manifestation un peu animée, ou bien son collègue Ted Cruz, enfant du Tea Party, qui voit l’une des têtes de l’hydre socialiste pointer derrière la moindre revendication sociétale ?

Le président ne résiste pas à la notoriété

Si Donald Trump aimait gouverner comme il aime faire campagne, il s’avancerait sans doute aujourd’hui au-devant d’une réélection de maréchal. Pendant la convention d’investiture républicaine, son entourage a juré qu’il s’agissait d’un président dur à la tâche. On l’imaginait penché sur le « Resolute Desk » jusqu’à des heures impossibles, annotant une montagne de rapports à la lumière chiche d’une méchante lampe par souci des deniers publics. Le majordome de la Maison Blanche, fatigué d’avoir arpenté sans but les bureaux vides de la West Wing, tentait de le rappeler à l’ordre d’un toussotement discret. Encore un instant ! répondait un index impérieux.

Mais on ne peut compter sur personne. Jeudi, au cours d’une conférence de presse, Donald Trump a expliqué comment il envisageait le travail d’un président. « Je regarde certains shows. Je regarde Liz McDonald ; elle est fantastique. J’ai regardé Fox Business. J’ai regardé Lou Dobbs hier soir, Sean Hannity hier soir, Tucker [Carlson] hier soir, Laura [Ingraham]. J’ai regardé “Fox and Friends” le matin. Vous regardez ces émissions ; vous n’avez pas besoin d’aller trop loin dans les détails. Ils couvrent des choses qui sont… c’est vraiment une chose incroyable », a-t-il assuré, énumérant une véritable grille de programmes.

Le policy planning de la première puissance mondiale étant assuré par les animateurs de la chaîne de la droite américaine, le président peut se concentrer sur l’essentiel. Par exemple en accordant dix-huit entretiens en six mois au journaliste Bob Woodward, et en acceptant qu’ils soient enregistrés. Pourquoi donc baisser la garde devant un danger patenté pour tout président en fonction ? Parce que Donald Trump, pas même trentenaire lorsque le journaliste du Washington Post creusait avec application le tombeau politique de Richard Nixon, ne peut résister à toute forme de notoriété. « Chérie, je parle avec Bob Woodward », se vantait-il auprès de la First Lady, le 22 juin, au cours de l’une de leurs conversations. Bob Woodward, meeting. Re-Bob Woodward, re-meeting.

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