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Jours tranquilles à Paris
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24 janvier 2017

La La Land

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« La La Land », au pays des rêves qui s’envolent

Par Mathieu Macheret

Avec Ryan Gosling dans le rôle de Sebastian et Emma Stone dans le rôle de Mia.

Tout commence par un plan-séquence époustouflant. Un matin, à Los Angeles, un immense embouteillage paralyse l’autoroute. Tout à coup, une musique enjouée et jazzy retentit à la radio. Les gens sortent, se mettent à chanter et à danser sur la route, en une grande choré­graphie collective, virevoltant au milieu des véhicules immobilisés. Ils chantent le début prometteur d’une belle journée où tout un chacun, muni de son talent artistique, attend son heure de gloire. A la fin de la chanson, tout ce petit monde retourne dans sa voiture, comme si de rien n’était : le trafic peut reprendre et le récit démarrer.

Dès son ouverture exaltante, le troisième long-métrage de Damien Chazelle (Whiplash, 2014) réactive un sentiment d’euphorie et de bonheur dont seule l’Amérique florissante des années 1950 s’était jusqu’alors montrée apte. En donnant notamment naissance au second âge d’or de la comédie musicale (le premier remontant aux années 1930), genre enchanteur aux couleurs vives, à l’élégance et à la réflexivité duquel il est ici rendu hommage. Contrairement à son modèle canonique, La La Land ne raconte pourtant pas la création d’un show de music-hall, mais une histoire typiquement liée aux mythologies de la Cité des Anges : celle d’un miroir aux alouettes aux dimensions d’une ville entièrement vouée au spectacle, et des désillusions qui se cachent sous ses promesses de réussite.

Un séduisant vernis vintage

Mia (Emma Stone) et Sebastian (Ryan Gosling), deux jeunes gens à l’élégance intemporelle, se rencontrent à plusieurs reprises – dans un embouteillage, dans un bar, dans une fête – et tombent amoureux. Elle sert des cafés aux stars de cinéma et court les castings dans l’espoir de devenir un jour comédienne. Lui joue du piano dans des clubs douteux et des fêtes d’anniversaire, en attendant de composer la musique qu’il aime vraiment. Ils ont 30 ans ou presque, mais la reconnaissance et le succès n’ont toujours pas frappé à leur porte. Ils se sentent presque aussi vieux et dépassés que les arts qui leur font battre le cœur : le cinéma classique pour l’une, le jazz pour l’autre, deux cultures nées et déchues avec le XXe siècle, et dont le XXIe siècle ne retient plus qu’un folklore dévitalisé.

Mia et Sebastian se serrent les coudes, s’installent même ensemble, mais comment vivre à deux avec deux rêves si grands, si différents et si peu conciliables ? Question posée, comme le veut l’art de la comédie musicale, en glissant incessamment de passages dialogués en scènes chantées et dansées, les numéros intervenant la plupart du temps comme une extériorisation de l’humeur et des affects des personnages.

En s’arrêtant ainsi sur un couple de protagonistes qui n’appartiennent pas vraiment à leur époque, mais se retournent vers un temps révolu, le film prend moins le parti d’actualiser la comédie musicale (comme pouvait le faire la série des Sexy Dance) que d’en restituer la saveur, la tonalité et les sonorités d’antan. On craint donc, dans un premier temps, que La La Land ne soit qu’un duplicata de ses illustres modèles, ce que semble appuyer l’approximation de certains passages, notamment un numéro de claquettes faiblard entre Emma Stone et Ryan Gosling.

Avec son séduisant vernis vintage, le film se réfugie d’abord dans une nostalgie décorative et croule sous ses références à l’âge d’or d’Hollywood. Les personnages se prévalent d’une culture qui vire parfois au name-dropping (on cite en rafale Howard Hawks, Casablanca, La Fureur de vivre, Miles Davis, Charlie Parker, Louis Armstrong et d’autres), et Chazelle se donne à travers eux des allures de premier de la classe, récitant son classicisme sur le bout des doigts.

L’AMOUR, C’EST CETTE ÉLECTION SECRÈTE DE L’UN PAR L’AUTRE QUI RENVOIE LE MONDE ENTIER À SON INDIFFÉRENCE

Heureusement, le film n’en reste pas là. A mi-parcours, la romance cède le pas à la vie de couple et à ses crispations. Le bagage culturel que les personnages transportent avec eux joue en leur défaveur : c’est un poids, une gêne, un trait discriminant, dans le monde sauvage du show-business qui rejette toute forme de distinction. Le récit confronte alors l’amour des personnages au passage du temps et à l’érosion de leurs espérances, basculant dans une tonalité douce-amère de plus en plus prononcée. Les plus belles scènes du film sont celles qui soulignent le déphasage des amoureux par rapport au règne sans partage du spectaculaire. Lors d’un concert où Sebastian occupe un rôle de claviériste subalterne, Mia, dans la fosse, n’a d’yeux que pour lui, perçant du regard la foule qui acclame unanimement le chanteur vedette, au centre de la scène. L’amour, c’est cette élection secrète de l’un par l’autre qui renvoie le monde entier à son indifférence.

Douleur enfouie

La mise en scène de Damien Chazelle, toute d’élégants travellings coulissants, se teinte de monochromes crépusculaires, glisse parmi les lueurs irréelles et les reflets flottants des éclairages citadins. La mélodie navrée que Sebastian porte en lui, et qui a scellé sa rencontre avec Mia, contamine les chansons faussement gaies des débuts pour les entraîner sur le terrain d’une douleur enfouie. Le film ne raconte plus, dès lors, que l’inexorable divergence des deux amoureux, qui ne partageront jamais le même degré de réussite et deviennent de moins en moins disponibles l’un pour l’autre.

La comédie romantique et musicale se renverse et révèle le véritable ferment de son énergie sautillante : un indécrottable sentiment de mélancolie. La mélancolie des rêves qui s’envolent, d’une impossible fidélité à soi-même, d’une coexistence illusoire entre la pureté de ses intentions et le besoin de gagner sa vie. C’est à cause de ce bourdon lancinant, de cette dépression latente, qu’il faut chanter et danser toujours plus fort.

Ainsi, La La Land se révèle moins une comédie musicale qu’une réflexion sur le spectacle hollywoodien et ce qu’il nous cache : cette joie qu’il débite au kilomètre repose en fait sur le désarroi de hordes d’artistes inconnus, cœurs tendres et rêveurs sincères, qui se retrouvent inlassablement broyés entre les rouages insensibles de ses machineries enchantées.

Film américain de Damien Chazelle. Avec Emma Stone, Ryan Gosling, J.K. Simmons (2 h 06).

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19 août 2019

Aung San Suu Kyi, Lady disgrâce

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Par Arnaud Vaulerin — 15 août 2019 à 19:06

Aung San Suu Kyi prononce un discours à Pékin, en République populaire de Chine, le 1er décembre 2017, en pleine crise des Rohingyas chassés de l’Etat Rakhine. Photo Fred Dufour. AP 

Star déchue. Prix Nobel de la paix en 1991, la dirigeante birmane a longtemps suscité l’admiration de l’Occident. Mais son manque d’empathie pour les Rohingyas a fait s’effondrer le mythe.

Aung San Suu Kyi, Lady disgrâce

Le moment était inédit et réjouissant. Après des décennies de plomb et d’isolation, le pays s’ouvrait. La peur reculait. Les gens parlaient. Les journaux florissaient. La Birmanie était en effervescence comme jamais. Incroyable signe des temps, le portail de la sinistre prison d’Insein, dans le nord de Rangoun, s’était entrouvert un après-midi de janvier 2012. Parfois hagards, le teint pâle, l’allure frêle et flottante dans leur chemise blanche, les prisonniers politiques retrouvaient l’air libre par dizaines. Les amis et les familles les attendaient dans la cohue, les portaient dans la poussière et la chaleur sèche, au milieu des cafés et des gargotes de rue.

Sur des pancartes, des tee-shirts ou encore les vitres des taxis qui emmenaient vers la liberté les bannis d’hier, une effigie s’affichait en majesté : la Lady. Ce code utilisé par les Birmans pour qualifier celle dont le nom était proscrit par les généraux n’était pourtant plus nécessaire. Libérée treize mois plus tôt de sa résidence surveillée, Aung San Suu Kyi n’était plus l’opposante honnie d’une junte cadenassée qui s’essayait à une transition très maîtrisée. Elle était l’élue, la vénérée, la promesse. Elle n’avait pas encore failli. L’aura n’avait pas pâli.

Lors de tournées marathon, suivie dans la liesse par des foules de dizaines de milliers de personnes, elle sillonnait alors le pays, professant l’unité nécessaire entre les ethnies birmanes, appelant de ses vœux l’établissement d’une réelle démocratie, vantant les réformes à venir. Les Birmans saluaient aussi bien le réel courage de «Mother Suu» sacrifiant sa liberté et sa famille - elle a été privée de ses enfants pendant dix ans, son mari est mort sans qu’elle puisse le revoir - que sa droiture inflexible, sa résistance à toute épreuve malgré plus de quinze années d’assignation à résidence et d’emprisonnement.

Grâce et fragilité

C’est l’époque où la Ladymania devient démesurée. «Il y avait un pathos surdimensionné, une émotion déraisonnée pour un responsable politique, un peu comme avec la Philippine Cory Aquino ou la Pakistanaise Benazir Bhutto en leur temps», raconte un diplomate qui souhaite rester anonyme. Certes, depuis les années 90, le culte de la dame de Rangoun se portait déjà bien : le prix Sakharov pour la liberté de l’esprit, le Nobel de la paix, le titre d’«ambassadrice de conscience» d’Amnesty, les unes des magazines, des livres, une chanson de U2 ont notamment forgé la légende de la madone de la démocratie en gracile brindille de liberté. Dans sa soif d’idoles, l’Occident entre encore plus en adoration de l’icône incarnant seule, avec grâce et fragilité, la démocratie face à une brochette de généraux âgés, râblés et verrouillés dans leur capitale bunker de Naypyidaw.

Au 54, University Avenue, la résidence d’Aung San Suu Kyi à Rangoun, les ministres, chefs de gouvernement, diplomates se succèdent à qui mieux mieux. Un matin ensoleillé de janvier 2012, sur la terrasse tournée vers le lac Inya, Alain Juppé est l’un d’eux. Droit comme un «i», presque ému d’être au côté de la Lady. Restée si longtemps inaccessible, elle parlait et souriait, des fleurs blanches dans les cheveux. Devant la ferveur, elle met en garde : «Je ne suis pas une icône, encore moins un symbole. Je suis réelle.»

A peine élue députée au printemps 2012, elle entame une nouvelle vie en visitant des capitales, comme une rock star en tournée. A Londres, le président de la Chambre des communes, John Bercow, la proclame «conscience d’un pays et héroïne pour l’humanité». Elle est gratifiée d’une standing ovation, comme jadis en leur temps De Gaulle ou Mandela, avant d’être célébrée à Oxford où elle a fait ses études en sage et disciplinée fille de diplomate.

A Paris, avec les honneurs dus à une cheffe d’Etat, elle est accueillie à l’Elysée par un François Hollande tout sourire. A la mairie, Bertrand Delanoë salue avec extase et emphase une «femme de paix et d’amour». Et dans son sillage parisien, des journalistes béats l’applaudissent, boivent ses paroles, la félicitent. Des militants d’ONG sont en quasi-lévitation christique. Le vertige avant la chute.

Premier reflux

Les sommets tutoient parfois les abîmes. Le décrochage est rapide pour la Dame de Rangoun, qui perd peu à peu les attributs du sublime en Occident. «C’est l’effet gueule de bois, la fin d’un long malentendu, constate l’historien et spécialiste de la Birmanie Gabriel Defert. Il s’avère que celle que l’on pensait merveilleuse ne l’est pas.»

Un premier reflux est perceptible à partir de la mi-2012. Une redoutable flambée de violences envers les musulmans embrase le centre du pays. Pogroms, incendies, propos haineux sur les réseaux sociaux, le feu religieux se propage au reste de la Birmanie. La pacifiste de jadis, adepte de la non-violence qui se réclame de Gandhi et de Mandela, reste silencieuse. Maung Zarni, l’un des activistes birmans les plus véhéments, l’accuse alors de se ranger du côté des groupes «racistes antimusulmans, très bien organisés». Même silence éloquent quand la représentante de l’ONU pour les droits de l’homme en Birmanie, Yanghee Lee, est traitée de «chienne» et de «pute» par Ashin Wirathu, moine bouddhiste et prédicateur de la haine.

Et il y a ces incompréhensions. Fin 2015, la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de la cheffe de l’opposition exclut les candidatures de musulmans pour les premières législatives libres depuis 1990. La même année, ferme et cassante, la Lady chapitre les fonctionnaires et les diplomates étrangers pour qu’ils n’emploient plus le mot «Rohingya». Pour qualifier cette communauté musulmane apatride et persécutée depuis des décennies dans l’Ouest birman, elle recommande de parler de «personnes qui croient en l’islam dans l’Etat Rakhine». C’est une «formulation qui leur refuse une identité ethnique distincte et donc une revendication de la citoyenneté birmane», analyse Andrew Selth, professeur à l’université Griffith de Brisbane, en Australie.

«Autoritaire», «intransigeante», «cynique», «retorse» sont alors des qualificatifs que l’on entend de plus en plus souvent, y compris dans la bouche de proches d’Aung San Suu Kyi ou de diplomates raisonnés qui naviguent en Asie. Gare aux traîtres. La «femme guerrière», comme l’ont surnommée des féministes, «montre parfois plus de compréhension envers d’anciens militaires qu’envers ses ex-partenaires», expliquait à Libération un haut fonctionnaire en 2012. Fille du général Aung San, héros national et père de l’indépendance assassiné en 1947, elle n’a jamais caché son respect pour l’armée. Gabriel Defert va jusqu’à parler de «consanguinité couleur kaki» entre la Tatmadaw et la dame de Rangoun.

«Elle revendique un goût pour l’ordre et la sécurité. N’oublions pas qu’elle a fondé la LND avec d’anciens généraux, dont Tin Oo, le brutal ministre de la Défense de l’ex-dictateur Ne Win, poursuit le chercheur. Sa vision du pays est restée celle d’une société dirigée par des élites bouddhistes, appartenant à l’ethnie majoritaire bamar qui se méfie des minorités ethniques. Et quinze ans d’isolement forgent un profil psychologique, renforcent le sentiment d’avoir raison.»

Madone vilipendée

Puis l’opposante véhémente est rattrapée par l’exercice du pouvoir. Le sacro-saint principe de réalité va écorner l’icône. Après le raz-de-marée de la LND aux législatives de 2015, l’ex-opposante historique est nommée conseillère d’Etat, Première ministre de facto en avril 2016. Six mois plus tard éclatent les premières escarmouches entre un groupuscule rohingya et les forces de sécurité, prises pour cible dans l’Ouest enclavé. A la fin août 2017, une seconde offensive rohingya, plus musclée, déclenche une contre-offensive massive dont les populations civiles font les frais. Milices, militaires et policiers se livrent à des viols, des destructions et des exécutions sommaires. Plus de 700 000 personnes fuient l’Etat Rakhine vers le Bangladesh dans un état de dénuement extrême.

Aung San Suu Kyi se refuse à parler de «nettoyage ethnique» qui ne fait pourtant aucun doute. Fustige un «énorme iceberg de désinformation». Et ne montre aucune empathie pour la souffrance des Rohingyas qui indiffère, il est vrai, une large part des Birmans. La conseillère d’Etat est en «cohabitation avec les militaires, seuls responsables des questions de sécurité, de frontière et de défense, rappelle un diplomate joint par Libération. Pour le pouvoir, cette crise s’inscrit dans un ensemble de phénomènes de violence, comme dans le nord et l’est du pays. Aung San Suu Kyi a nié l’ampleur de la violence contre les Rohingyas et a sous-estimé la réaction internationale et la banalisation du terme de génocide.» Pour ne rien arranger, elle brandit le droit pour valider l’emprisonnement de deux journalistes de Reuters condamnés après avoir révélé un massacre en 2017.

L’ex-madone est vilipendée pour ses reniements vis-à-vis des engagements qui ont légitimé son aura et consacré son intégrité sacrificielle. Des Nobel l’interpellent et en appellent à l’ONU. Desmond Tutu est sans doute le plus éloquent : «Si le prix politique de votre ascension à la plus haute fonction de la Birmanie est votre silence, il est sûrement trop cher payé.» Des chefs d’Etat et de gouvernement l’étrillent. Elle annule des visites à l’étranger par peur de manifestations. Ses anciens zélateurs se sentent trahis, appellent à sa démission. Dans une pétition, près de 350 000 personnes exigent que le prix Nobel lui soit repris. Impossible. Des villes, des institutions décrochent son portrait et lui retirent sa citoyenneté d’honneur ou son titre d’ambassadrice. Il y a deux ans, au micro de la BBC, Aung San Suu Kyi se campait en «politicienne» : «Je ne suis pas tout à fait comme Margaret Thatcher. Mais d’un autre côté, je ne suis pas non plus mère Teresa.»

A 74 ans, elle «reste populaire en Birmanie où les habitants parlent d’elle avec respect et attendent des résultats», conclut le diplomate. Elle a quitté son piédestal. Sa parole s’est raréfiée. Sur les clichés, le visage s’est creusé et fermé. La Lady de fer n’a pas désarmé. Plus «réelle» que jamais.

11 août 2010

Steven Meisel (photographe)

Vogue Italie publie «Water & Oil», un shooting au réalisme troublant, dans son numéro de septembre: le mannequin Kristen McMenamy pose sous l’objectif du photographe Steven Meisel, grimée en oiseau enduit de pétrole agonisant sur une plage.

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Photos : Steven Meisel

Steven Meisel est un habitué des éditoriaux polémiques pour le magazine Vogue Italie. Le photographe passionné de mode a ainsi tourné en dérision la pauvreté des sans domicile fixe dans le shooting «Wild is The Wind» ou encore le virus de la grippe H1N1 avec le mannequin allemand Rianne ten Haken. Il a par ailleurs esthétisé les dérives de la chirurgie esthétique et même la pratique du dogging (partouse dans un lieu public), dont la publication fût refusée par les éditions Condé Nast. Steven Meisel a par ailleurs collaboré au livre «Sex» de son amie Madonna (qui pose en faisant du stop totalement nue ou en mordant les fesses d’un homme tatoué d’une croix).

7 août 2010

NEW ! La Bretagne aussi a sa Gay Pride...

Le troisième Festy Gay aura lieu, dans les rues de Gourin(56), ce samedi 7 août 2010. Organisée par les Folies gourinoises, la manifestation regroupera différents partenaires, dont l’association Aides-Morbihan. Sorte de Gay-Pride à la Bretonne, l’événement avait rassemblé 6.000personnes l’an dernier, dans le centre-ville. « Placées sous le signe de la fête et des libertés individuelles, les Folies gourinoises poursuivent leur mission de prévention, de lutte contre les discriminations et toutes formes d’homophobie », explique Bernard Raynal, propriétaire du Starman, rue de la Gare, et président des Folies gourinoises.

Lire l'article dans "Le Télégramme" en cliquant ICI

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Photos ci-dessus : Gay Pride 2010 à Paris

17 août 2019

Peter Fonda, star du film « Easy Rider », est mort

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L’acteur, devenu icône de la contre-culture avec ce road-movie à moto dans les grands espaces du sud-ouest américain, s’est éteint des suites d’un cancer. Il avait 79 ans.

Il laisse orpheline toute une génération marquée par un long-métrage entré dans la légende : l’acteur américain Peter Fonda, rendu célèbre par son rôle de motard dans le film Easy Rider (1969), qu’il avait co-écrit, est mort vendredi 16 août au matin à son domicile de Los Angeles (Californie), à l’âge de 79 ans.

Fils de la star d’Hollywood Henry Fonda, petit frère de Jane Fonda et père de Bridget Fonda, Peter Fonda est mort d’un arrêt respiratoire provoqué par un cancer du poumon, a indiqué son attaché de presse dans un communiqué.

Le texte, signé de sa famille, conclut :

« Tandis que nous pleurons la perte de cet homme doux et gracieux, nous souhaitons aussi célébrer son esprit indomptable et son amour de la vie. En l’honneur de Peter, portez un toast à la liberté s’il vous plaît. »

Jane Fonda, dans une déclaration transmise à l’Agence France-Presse, a exprimé son émotion :

« Je suis très triste. C’était mon gentil petit frère adoré. Le bavard de la famille. J’ai passé des moments merveilleux seule avec lui ces derniers jours. Il est parti en riant. »

Icône de la contre-culture américaine

Easy Rider, écrit par Peter Fonda, Dennis Hopper, et Terry Southern, interprété par les deux premiers et réalisé par Hopper, est l’un des films étendards de la contre-culture américaine des années 1960. Il évoque la quête de liberté à travers une odyssée à moto dans les grands espaces du sud-ouest américain.

L’image de Peter Fonda les jambes étendues sur son chopper Harley-Davidson peint aux couleurs du drapeau américain est emblématique du cinéma de cette époque. Un exemplaire de cette moto s’était vendu aux enchères 1,35 million de dollars en 2014.

« Légendaire »

La disparition de l’acteur risque de laisser un grand vide. « Icône #PeterFonda », a simplement tweeté l’acteur Joseph Gordon-Levitt, accompagnant son message d’une photo, en noir et blanc, de Peter Fonda, veste en cuir sur les épaules et immense drapeau américain dans le dos. « Repose en Paix », a tweeté la réalisatrice américaine Ava DuVernay avec une photo datant de 2012 où elle fait un selfie avec celui qu’elle qualifie de « légendaire ».

Pour célébrer le 50e anniversaire de la sortie du film (le 14 juillet 1969), Peter Fonda avait organisé une projection à New York le 20 septembre prochain, avec des musiciens pour interpréter la célèbre bande-son rock du film, dont l’inoubliable Born to Be Wild du groupe Steppenwolf.

En 1998, l’acteur avait concouru aux Oscars pour son rôle dans le film L’Or de la vie de Victor Nuñez, qui lui a valu un Golden Globe. Plus récemment, Peter Fonda avait joué Méphistophélès dans Ghost Rider (2007). Son dernier film, The Last Full Measure, avec Samuel L. Jackson, Morgan Freeman et Laurence Fishburne, doit sortir fin octobre aux Etats-Unis.

Militant écologiste de la première heure, l’acteur avait fait sensation au festival de Cannes en 2011 lorsqu’il avait qualifié le président américain de l’époque, Barack Obama, de « putain de traître » en lui reprochant sa gestion d’une marée noire dans le Golfe du Mexique provoquée par le naufrage de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon.

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5 août 2010

Le cirque PINDER s'installe à Auray (Morbihan)

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Le (petit)chapiteau du cirque PINDER

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Il semblerait que les caravanes des artistes ont été abandonnées au profit de ces cabanons sur semi-remorque. Chacun a son cabanon, son échelle pour y accéder et son antenne parabolique. Cette rationalisation du logement des artistes diminue considérablement le parc automobile du cirque.

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Publicité sur une camionnette PINDER

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L'entrée de l'ancien Stade du Bel Air (aujourd'hui détruit) qui accueille, comme autrefois, le cirque PINDER.

17 janvier 2017

Pierre Lescure reconduit à la Présidence du Festival de Cannes

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Alors que le Festival de Cannes prépare sa 70e édition, Pierre Lescure vient d’être réélu à l’unanimité Président de l’association organisatrice.

En décembre 2016, le conseil d’administration de l’Association Française du Festival International du Film, qui réunit pouvoirs publics et professionnels du 7e art, a renouvelé sa confiance à Pierre Lescure, et l'a réélu Président du Festival, poste qu'il occupe depuis juillet 2014. Ce nouveau mandat, d’une durée de trois ans, couvrira les éditions 2018, 2019 et 2020. Il garantit ainsi la continuité de la gouvernance du Festival et de ses projets.

Journaliste, cofondateur de la chaîne Canal+, Pierre Lescure a été Président-Directeur général du groupe Canal+ de 1994 à 2002. Entre 2008 et 2014, il est producteur et directeur des opérations du théâtre Marigny. Il est depuis 2015 Vice-Président de Molotov TV, la nouvelle plateforme numérique d’accès à la télévision.

Aux côtés de Pierre Lescure, Thierry Frémaux, Délégué général, continuera à diriger l’institution et à assurer notamment la sélection officielle qui sera dévoilée, pour l’édition 2017, à la mi-avril.

LE FESTIVAL DE CANNES SE TIENDRA DU 17 AU 28 MAI 2017.

16 août 2019

FÉTICHISME Par Didier Péron - Libération

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Dans une scène déjà culte de Once Upon a Time… in Hollywood, l’acteur de série télé interprété par le génial DiCaprio traverse une période de gros doute face à un monde du spectacle qui change à toute vitesse sous ses yeux embués par l’alcool. Il essuie une larme en avouant se sentir «légèrement inutile» , confidence faite à une gamine-comédienne qu’il a surprise en pleine lecture vorace d’une biographie de Walt Disney. Nous sommes en 1969, année charnière et crépuscule avéré de l’ancien système des studios chahuté par l’escouade ébouriffante de ce qui va devenir pour l’histoire le «Nouvel Hollywood» (les Scorsese, Coppola, Friedkin, Polanski, Bogdanovich…). En 1977, pourtant, George Lucas sonne froidement la fin de la récré et l’ère de la coke pour tous avec la Guerre des étoiles, matrice de tous les blockbusters et plans quinquennaux de production à venir. Fin des utopies, fin de la mise en scène, début de la mise en chaîne. Aujourd’hui, tout se tient : Star Wars appartient à Disney (un nouvel épisode est attendu pour décembre) qui poursuit une invraisemblable course à l’hégémonie pop-culturelle, réalisant une année record et alignant les mégasuccès planétaires (Avengers : Endgame, Captain Marvel, Toy Story 4, le Roi Lion et Aladdin). L’industrie ne veut plus prendre de risques. Elle exploite les filons lucratifs dont elle détient les droits ou remake ses propres catalogues d’anciens succès. Dans cet univers, Tarantino, 56 ans, pour qui un film c’est quand même un prototype stylisé qu’on paraphe de son nom, fait figure de dernier des Mohicans. Son neuvième opus est d’ores et déjà la seule œuvre originale à franchir le cap des 100 millions de recettes dans un box-office américain estival dopé aux spin-off et suites. Héros d’un cinéma indépendant qui a coulé à pic bien avant la chute libre de son mentor Weinstein, il se retrouve quasi seul, un peu «inutile» à son tour dans sa petite boutique du fétichisme chromé, coincé entre plusieurs entrepôts Marvel à la tonne et plateformes sérielles à perte de vue. L’heure de mettre la clé sous la porte va bientôt sonner. Didier Péron

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19 janvier 2017

Aujourd'hui : "Prends ton temps !"

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Où l’on découvre que, 100 ans plus tard, on y est encore.

1883, Barcelone. Un jeune architecte catalan, Antoni Gaudí, accepte un important chantier : une majestueuse église en plein cœur de la ville, la Sagrada Familia (la Sainte Famille). Il n’a alors aucune idée de là où il met les pieds…

Rapidement, les problèmes s’amoncellent et le projet prend beaucoup de retard. En effet, l'église devait être financée uniquement par des dons.

Mais le taux de participation se révèle très faible… Au point que l’architecte lui-même se retrouve à faire du porte-à-porte pour quémander de l’aide !      

Et Gaudí, avec sa manière de travailler, n’arrange pas les choses : il refuse d’utiliser des plans définitifs et préfère suivre son inspiration au jour le jour…

Au fil du chantier, l’architecture se complexifie, le décor se charge de scènes religieuses et de sculptures fourmillantes inspirées par la nature.

Bref, personne ne sait vraiment à quoi va ressembler cet édifice. Ni quand il sera terminé !

Apparemment, Gaudí lui-même l’ignore. Il se consacre au projet pendant près de quarante ans... Les dernières années de sa vie, l’architecte va même jusqu’à habiter dans un petit atelier sur le chantier

Aujourd’hui, la Sagrada Familia n’est toujours pas achevée. Heureusement, on touche au but : pour le centenaire de la mort de Gaudí, en 2026, tout doit être fini. Promis, juré !

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19 janvier 2017

Polanski, un président qui dérange

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Le réalisateur Roman Polanski présidera la cérémonie des Césars.

Par   Renaud Baronian

A peine annoncé, déjà contesté. L’Académie des Césars a informé hier, via Twitter, que l’édition 2017 de la cérémonie, qui se tiendra le 24 février, sera présidée par le cinéaste franco-polonais Roman Polanski, 83 ans. Des réactions indignées sont apparues dans la foulée sur le même réseau social, avec un hashtag #BoycottCésar. Un appel au boycott de la cérémonie présidée par un homme toujours poursuivi par la justice américaine et fiché par Interpol pour le viol d’une mineure de 13 ans, il y a presque quarante ans, le 10 mars 1977. Polanski, alors installé aux Etats-Unis, avait été accusé par la jeune Samantha de violences sexuelles au cours d’une séance photo. Le réalisateur, après une incarcération de quarante-sept jours, avait plaidé coupable pour une accusation de « relations sexuelles illicites avec un mineur ». Il s’est enfui en France lorsque le juge a requalifié le crime en viol, ce qui entraînait le risque d’une peine de prison beaucoup plus longue.

Un appel au boycott

Depuis, il n’a jamais remis les pieds aux Etats-Unis, malgré des demandes d’extradition répétées de la justice américaine. Ces dernières années, plusieurs épisodes ont relancé l’affaire : Polanski, en déplacement en Suisse ou en Pologne, a été assigné à résidence sur place dans l’attente de jugements visant à son extradition, avant que les pays en question refusent finalement de le renvoyer aux Etats-Unis. Depuis, le cinéaste — qui s’est marié en 1989 avec Emmanuelle Seigner, avec qui il a eu deux enfants — s’est excusé en privé auprès de la victime, et cette dernière a demandé par deux fois à la justice de son pays de mettre fin aux poursuites contre le réalisateur. Si le cinéaste a été souvent honoré, notamment pour « le Pianiste », Palme d’or en 2003, récompensé aux Oscars et aux Césars, l’affaire ne cesse de le poursuivre. Toute la journée d’hier, les réseaux sociaux ont relayé l’appel au boycott. Avec des commentaires du type : « Quelle idée de choisir un violeur pour présider la cérémonie. Pas de quoi être fiers ». Contactée hier, l’Académie des Césars est restée silencieuse.

19 janvier 2017

Tom Ford et le parfum : dix ans de provocations sensuelles

Clivant, le designer texan ? C’est un euphémisme. Alors que son deuxième long-métrage déchaîne la critique, depuis dix ans déjà ses odeurs de cocaïne, d’ambre sensuel et de truffe passionnent les adeptes de sillages singuliers.

Sur les affiches dans le métro, forcément, les adjectifs sont dithyrambiques. « Électrisant », « magistral », « enivrant ». Dans les pages des journaux, les critiques de Nocturnal Animals, le nouveau film de Tom Ford (récompensé à la Mostra de Venise 2016) sont moins élogieuses. « Plein de clichés, esthétisme démodé », tranche notre confrère Éric Neuhoff.

Le couturier américain, homme de communication hors pair, a le talent de diviser. Sa collection de fragrances en atteste : en boutiques comme dans la rue, les gens adorent ou détestent ses notes sophistiquées d’ambre, de tabac ou d’oud, ses formules complexes souvent à contre-courant de la tendance. Exemple, en pleine mouvance gourmande, la récente série de quatre jus verts aux accents seventies à tomber (Private Blend).

« Nos clients ont tous un peu le même profil, des personnalités raffinées, des connaisseurs du parfum, rapporte une vendeuse. Ils ne veulent pas sentir comme tout le monde, et ce désir de différenciation frise la provocation. » Il en faut pour réclamer, sur un stand de grand magasin, « celui qui sent la cocaïne » - Tuscan Leather, un accord cuir, safran et framboise auquel Jay Z dit être accro dans sa chanson Tom Ford.

Moins cher qu’une Maserati

Ses briefs seraient parmi les plus intéressants du secteur

Derrière la provocation, adjuvant intéressant dans l’univers lisse de la parfumerie actuelle, le Texan fait preuve de flair. « Je suis né avec une passion pour le parfum. Je me souviens qu’à Santa Fe, quand j’étais enfant, je sentais tout, tout le temps », confie cet autodidacte qui assure que, lorsqu’on est passionné par quelque chose, on apprend facilement. Il dit encore, crâne: «Tout le monde ne peut pas s’offrir une Maserati, mais la plupart des gens peuvent acheter un flacon. »

En 2006, l’ancien directeur artistique de Gucci lance, avec le groupe ­Estée Lauder, Black Orchid. L’héroïne alanguie, la fiole sous influence Art déco et l’accord ténébreux - orchidée noire, truffe et cacao - plantent la mécanique Tom Ford Beauty : vintage, sensualité, luxe. Suivent des déclinaisons comme Velvet Orchid cet ­hiver, une ligne de maquillage (fards à paupières lamés, terre de soleil et ­rouges à lèvres carmin) mais, surtout, Private Blend, sorte de « laboratoire » : sa trentaine de formules ­unisexes, plus confidentielles, est ultracompartimentée par familles traditionnelles - cuirés, floraux, orientaux, tabacés, etc. - comme au temps de la grande époque de la parfumerie, dont Tom Ford est nostalgique. Il ne les cite pas, mais collabore avec plusieurs nez, dans différentes maisons (Robertet, IFF…). Et selon les professionnels, ses briefs seraient parmi les plus intéressants du secteur.

« Les parfumeurs aiment travailler avec moi car je ne fais pas de tests marketing, je leur dis : “Montrez-moi quelque chose que vous aimez”, explique le designer. Quand quelqu’un crée pour vous, l’essentiel est de l’inspirer. Alors, à ce moment-là, vous obtenez des merveilles. » Dans la liste, citons Neroli Portofino, une fleur d’oranger devenue un must du genre, l’oriental sexy Jasmin Rouge ou encore Tobacco Vanille, le préféré des gentlemen avec ses notes cognac, tabac et pain d’épices.

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Ci-dessus : Photos Terry Richardson pour Tom Ford

15 août 2019

L’œuvre Street Art de l’artiste français C215 a été dévoilée, fin juillet, dans le XIIIe arrondissement de Paris.

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C215, L’Âge d’or, 2019, fresque au pochoir et aérosol, 13 mètres de haut ©Photo Christian Guémy.

Le 31 juillet, l’artiste engagé Christian Guémy, connu sous son pseudonyme « C215 », a inauguré une nouvelle fresque de 13 mètres de haut, sur le flanc d’un immeuble du XIIIe arrondissement de Paris. La façade grise de l’édifice, abritant un bar-restaurant très apprécié des riverains, cède l’espace à un portrait ultra-coloré, un brin psychédélique, réalisé au pochoir et à l’aérosol. Commande du propriétaire de l’immeuble, l’œuvre, nommée L’Âge d’or, représente le visage énigmatique d’un garçon brésilien des favelas, que C215 a rencontré à São Paulo en 2008. De grandes zones de couleurs jaune doré, violet, bleu turquoise, rose pourpre cernent le visage sérieux de l’enfant, aux lèvres charnues et au regard profond. Des petites bulles, étoiles, carrés pixélisés, cercles et traits viennent rythmer la composition. Les graffitis occupant déjà l’espace, comme la pieuvre dans le coin inférieur droit, ont été préservés et intégrés dans la fresque, qui a nécessité deux jours et demi de travail. Outre le style très reconnaissable (pop, coloré, « hyperréaliste »), l’artiste y a apposé sa signature « C215 », stylisée en cube, en haut à droite.

C215 est devenu, dès ses débuts dans les années 2000, un Street Artiste incontournable de la scène française et internationale. De nombreux pays européens (France, Angleterre, Belgique, Danemark, Allemagne, Espagne) accueillent, en extérieur ou en intérieur, ses fresques au pochoir. Prenant comme support des objets, des boîtes aux lettres ou des murs entiers, l’artiste met en couleurs des animaux, des personnages de la culture populaire et des icônes religieuses : de Marilyn Monroe à Simone Veil, en passant par maître Yoda, la vierge Marie, Andrée Chedid ou encore Chet Baker. C215 s’attache aussi à représenter des anonymes ou « ce que la société cherche à cacher » : réfugiés, enfants des rues, sans-abris.

Le XIIIe arrondissement de Paris, fervent foyer du Street Art, compte aujourd’hui trois œuvres de l’artiste : le Chat bleu (2013), illuminant la façade d’un immeuble de six étages, situé à l’angle de la rue Nationale et du boulevard Vincent Auriol, le portrait d’un homme, à la barbe et aux sourcils fournis, sur un mur de l’avenue de Choisy (2015), et maintenant ce garçon attachant des favelas, Mike, au 26, rue du docteur Magnan. Texte d'Eugénie Vignon

16 janvier 2017

Hier soir : «Django Unchained» censuré ?... Pourquoi TF1 n'a pas diffusé la version cinéma du film

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Jamie Foxx et Leonardo DiCaprio dans «Django Unchained». - The Weinstein Company

Django Unchained est un hommage de Quentin Tarantino au western spaghetti. Mais avec beaucoup de sauce tomate. Sorti en 2013 en France, ce film qui réserve son lot de fusillades, d’énucléation et de bain de sang avait à l’époque été interdit aux moins de 12 ans. Sa violence est telle que TF1 l’a diffusé dimanche soir en présentant une version « modifiée », différente de celle qui fut montrée dans les cinémas. Cette décision a ulcéré plusieurs téléspectateurs qui s’en sont émus sur les réseaux sociaux, parfois en allant jusqu’à parler de « censure ». « C’est Sony [le distributeur] et Quentin Tarantino qui ont légèrement retravaillé deux scènes. TF1 n’est pas intervenue sur ce travail », explique ce lundi la chaîne à 20 Minutes. Les séquences concernées sont celles dans laquelle un esclave est dévoré par des chiens ainsi que la fusillade se déroulant à Candyland, la plantation appartenant au personnage incarné par Leonardo DiCaprio. Ces deux passages ont donc été expurgés des plans les plus dérangeants. TF1 précise que les coupes « représentent une minute et onze secondes du film » qui dure 165 minutes.

« Le CSA n'intervient qu'à posteriori »

« Après visionnage de cette version, nous avons pu le proposer à 20h55 avec le pictogramme "- de 12 ans" », ajoute la première chaîne. Car, si TF1 avait diffusé Django Unchained dans sa version « cinéma », elle se serait peut-être exposée aux foudres du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Un film interdit aux moins de 12 ans en salle est considéré par le gendarme du petit écran comme un programme de catégorie III. Ceux-ci ne peuvent généralement pas être diffusés avant 22 h à la télévision mais une recommandation du CSA avance qu’à « titre exceptionnel, il peut être admis une diffusion après 20h30 de programmes de cette catégorie (…) sauf les mardis, vendredis, samedis, veilles de jours fériés et pendant les périodes de vacances scolaires ». Par ailleurs, une chaîne ne peut pas programmer plus de quatre longs-métrages interdits en salle aux moins de 12 ans par an.

TF1 a donc tenu à rester dans les clous pour se prémunir de toute récrimination de l’instance de contrôle. « Le CSA n’intervient qu’a posteriori [après la diffusion d’un programme], souligne Christophe Triollet, auteur du livre Le Contrôle cinématographique en France (L’Harmattan). C’est la chaîne qui a choisi de diffuser ce film en première partie de soirée. Elle aurait pu le programmer en deuxième partie de soirée dans sa version "salle", mais cela lui aurait apporté moins de revenus publicitaires. » D’autant plus que le film de Tarantino dure près de trois heures – les téléspectateurs auraient forcément été moins nombreux à le suivre à une heure plus tardive.

Django Unchained, suivi par 5.5 millions de téléspectateurs, a permis dimanche à TF1 de se classer en tête des audiences de la soirée devant France 2 qui diffusait Gone Girl. Le thriller de David Fincher a tenu en haleine 4.4 millions de personnes... qui ont été mises en garde par la chaîne au sujet d'une scène particulièrement violente.

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18 janvier 2017

A partir de mercredi prochain au Théâtre Trévise

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Fifty Shades en moins cucul, est–ce possible ? Alors que le 8 février, sort au ciné la suite, 50 Nuances plus sombres, Mademoiselle A donne son spectacle musical Mon Gainsbourg à moi au prestigieux théâtre Trévise où les planches vont bien cramer. Première date : le 25 janvier, mercredi prochain. La miss qui chante très bien, belle voix chaude, n’a pas froid aux yeux et ailleurs. Elle s’appuie sur des chansons du grand Serge pour raconter son cheminement vers l’épanouissement sexuel et intellectuel. C’est inspiré directement de la vie d’Alice, l’interprète, adepte du libertinage et du BDSM. Elle ne cache pas qu’elle aime jouer les soumises avec son mari.

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Mademoiselle A

C’est moi qui fait la com du spectacle, mais là, je vais plutôt faire la conne. Interview express

– être soumise, n’est-ce pas une façon de flemmarder ?

– Tout à fait ! (mdr) C’est exactement ça ! T’as tout compris. En fait, tu n’es responsable de rien. La seule chose que tu as à faire, c’est de te faire belle pour ton maître. Pour les femmes hyperactives, c’est une façon de ne plus penser à leurs soucis, de se faire offrir l’esthéticienne, le coiffeur, des tenues hyper sexy, t’es traitée en princesse, c’est les vacances quoi !

– Le libertinage et le BDSM seraient-ce de nouvelles méthodes de développement personnel ?

– Aujourd’hui, tout le monde a un coach, un coach de vie, de sport, de carrière, moi j’ai choisi un maître.

– ça coute moins cher ?

– pour moi oui, mais pas pour lui ! (mdr)

– Sur scène, tu reprends les chansons de Gainsbourg à la gloire du libertinage. La famille est au courant ?

– Oui, bien sûr ! Mais Serge Gainsbourg était libertin. Il ne s’est jamais caché d’avoir eu des relations homosexuelles. S’il avait des limites heureusement, il s’autorisait à tout penser dans sa création. Il est allé au bout des idées libertaires.

– Et pour le côté BDSM ?

– Dans son rapport aux femmes, Gainsbourg était très misogyne, il aimait les faire souffrir. Les chansons qu’il a écrites pour ses égéries sont très difficiles à interpréter. Et en même temps, il en était fou, une sorte d’attirance-répulsion. Tu sais quand même que les fans de Gainsbourg l’appellent « le maître » !

– No comment !

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14 août 2019

AURAY - Visite. J’ai marché dans Saint-Goustan en 1480

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Un montreur d’ours rue Saint-René, une patrouille de gardes qui descend vers Saint-Goustan… Tous les mardis de l’été, Lambert Tourisme propose un voyage dans l’histoire de la Bretagne ponctué d’une immersion dans l’ambiance du port d’Auray au Moyen Âge. Nous avons enfilé le casque pour vous.

Un seau d’urine jeté à la fenêtre. Devant moi, deux hommes se battent. J’entends leurs cris. Derrière, des gardes descendent la rue Saint-René. Ils devraient régler ce conflit. Des crottes jonchent le sol. Gaffe ! Des boutiques. Un festival de couleurs. Le tailleur. La vendeuse de légumes. Les mendiants tendent la main à une famille endimanchée. Pendant qu’elle discute avec un homme, une femme lui dérobe sa bourse. Elle la tend à son jeune fils. Sur le port de Saint-Goustan, derrière le montreur d’ours, on décharge les bateaux.

Bienvenue en 1480, dans le quartier de Saint-Goustan, à Auray. Cette scène a été reconstituée par l’association Arkhéo. « Le moindre détail, comme la taille du pavé ou encore la couleur des maisons à pans de bois, provient de recherches historiques », explique Rémy Lambert. Sa société, Lambert Tourisme, propose, à Auray, des visites guidées sur l’histoire de la Bretagne. Clou du spectacle, en fin de parcours, le visiteur enfile casque 3D et casque audio pour une immersion dans l’ambiance du port d’Auray au XVe siècle.

On a envie d’avancer dans l’image

Arkhéo réunit des historiens, archéologues, scientifiques et infographistes. Cette expérience est le fruit de deux années de travail : recréer la rue en image de synthèse, puis les lieux, textures et couleurs. De vrais personnages, des figurants en costumes d’époque, photographiés à 360° sont enfin « ajoutés ». Le rendu est impressionnant. Prenant même. On a envie d’avancer dans l’image. D’interpeller les personnages, entrer dans une boutique, descendre la rue vers Saint-Goustan… Impossible. En revanche, en tournant la tête de tous côtés, on découvre de nouveaux détails. Dans le casque, le feu crépite, la rue s’anime de palabres. Nous y sommes. Presque.

Ce même travail de reconstitution a été effectué sur le parvis de la basilique de Sainte-Anne-d’Auray. Au XIXe siècle cette fois (visites tous les mercredis du mois d’août). Le viaduc de Kerisper, au Bono, dont les ruines dorment au fond de la rivière d’Auray, va lui aussi renaître, dans les mois qui viennent, à la faveur d’une reconstitution 3D.

Pratique :

Visite guidée virtuelle de Saint-Goustan au Moyen Âge, tous les mardis jusqu’à fin août, à 15 h 30. 12 €, réduit 10 €, 8 € moins de 15 ans. Durée : 2 h environ. À partir de 8 ans. Information et réservation sur tourisme-decouverte.fr

17 janvier 2017

Création d'Explicite par les ex-iTélé: «On veut être à l'écoute des gens»

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MEDIAS Lundi, les ex-grévistes d'iTélé ont présenté leur nouveau projet de média, Explicite, qui ne vivra que sur les réseaux sociaux...

Lundi, 53 journalistes associés (ayant officiellement payé leur cotisation), pour la plupart des anciens d’iTélé étant partis à l’issue du mois de grève, présentaient leur nouveau bébé :  Explicite. Un projet de média pensé pour être plus près des gens, plus proches des vraies valeurs journalistiques et éviter l’intox qui circule trop sur Internet. Un petit air de déjà-vu ? Oui, mais non. C’est en tout cas ce que les journalistes ont essayé d’expliquer.

Une rédaction « prête à l’emploi »

53, 54, 58 journalistes… Les chiffres n’étaient pas vraiment fixes, et ce n’était pas très grave. « Olivier Predhomme, Olivier Ravanello, Sonia Chironi et les autres du noyau à l’initiative du projet ont appelé les gens qu’ils appréciaient pour leur proposer de s’associer et nombreux ont été ceux qui se sont investis », confie Brice Andlauer, parti après quatre ans à iTélé. Résultat : des profils très différents mais soudés par la grève. « Une rédaction entièrement constituée, va même jusqu’à dire Olivier Ravanello, ancien chroniqueur international d’iTélé désormais président de l’association Explicite. Un ensemble capable de faire du bon boulot avec peu de moyens. »

Un contenu uniquement disponible sur les réseaux sociaux

Comme un cri du cœur, Olivier Ravanello a lancé : « C’est là que ça se passe ! » Là ? Facebook, Twitter, YouTube… Les réseaux sociaux où l’association Explicite estime qu’on voit passer un peu de tout, et en ce moment « pas que des choses bien ». Et leur but est de proposer des contenus « sans contrainte de flux, de temps ou de formats à travers la vidéo, l’écrit ou la photo ». Le président de l’association l’assure : « On veut entendre ce qui se dit et faire remonter la parole politique. »

Une chaîne d’info à la demande

Les chaînes d’info, ils connaissent puisqu’ils en viennent. Et sans renier leur passé, ils veulent faire autre chose. « On peut imaginer beaucoup plus grand en permettant aux gens d’aller où ils veulent grâce à plusieurs directs en même temps, comme dans une régie télé, explique Olivier Ravanello. Les réseaux sont un espace illimité sans contraintes. » Une sorte de chaîne d’info à la demande où chacun pioche ce qu’il veut quand il veut sans avoir à attendre l’heure du journal.

La politique en profondeur

Point essentiel de la conférence : la politique. Explicite sera lancé le vendredi 20 janvier, jour de l’investiture de Donald Trump. L’idée des journalistes est de tourner le dos aux petites phrases et aux thèmes qui montent dans les médias. « Nous allons discuter avec chaque candidat de son programme en profondeur pour voir si ces gens sont préparés et ce qu’ils ont dans le ventre sur le fond, a déclaré Olivier Ravanello durant la conférence. Ça répond à une nécessité presque civique. »

Et Morandini ?

Inévitablement, la grève après l’arrivée de Jean-Marc Morandini sur la chaîne a fait l’objet d’une question. « On est très fiers de ce qu’on a fait à iTélé et de ce qu’on est en train de faire maintenant. » Visiblement, les associés d’Explicite ont laissé leur passé derrière eux et sont résolument tournés vers l’avenir.

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15 janvier 2017

Ren Hang - nouveau livre chez Taschen

Ren Hang est tout sauf un rebelle. De taille modeste, de nature timide et sujet à des crises de dépression, ce photographe de 28 ans, originaire de Pékin, est pourtant au premier rang du combat que livrent les artistes chinois en faveur de leur liberté de création. À l’instar de son défenseur, Ai Weiwei, Ren produit des œuvres jugées dangereuses pour la société et l’État communiste. Ren affirme pourtant: «Les idées politiques exprimées dans mes images n’ont rien à voir avec la Chine. C’est la politique chinoise qui veut s’introduire dans mon art. Une de mes expositions a déjà été annulée par le gouvernement chinois pour “suspicion de sexe”.»

Pourquoi cette accusation? À cause de ses modèles: ses amis et, de plus en plus, ses fans, sont photographiés nus, souvent en extérieur, perchés au sommet des arbres ou au bord des toits vertigineux de Pékin, empilés comme des cubes de béton, la tête enturbannée d’une pieuvre, des fils de téléphone ou des fleurs jaillissant de leurs cavités corporelles, selon ce qui lui vient à l’esprit sur le moment. Il dément toute arrière-pensée sexuelle, et l’on sent un vrai détachement dans la moindre de ses images les plus extrêmes montrant urine, pénétrations, et même des érections. En 2013, lors d’un entretien, le magazine VICE l’interrogeait ainsi: «Il y a beaucoup de bites… N’aimez-vous donc que ça?» Et Ren a répondu: «Ce n’est pas seulement aux bites que je m’intéresse, j’aime représenter chaque organe d’une façon nouvelle, vivante et émotionnelle.»

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Dans la suite de la discussion, Hang affirmait aussi: «Le genre importe peu, quand je prends des photos, la seule chose qui me préoccupe, c’est quand vais-je avoir un rapport sexuel.», ce qui le place à l’avant-garde d’une nouvelle scène où les genres s’effacent. Ses jeunes fans le suivent avidement sur son site Internet, ses comptes Facebook, Instagram et Flickr. Ses photographies, toutes produites sur pellicule, ont fait l’objet de plus de 20 expositions personnelles et 70 collectives durant les cinq années de sa brève carrière, dans des villes aussi diverses que Tokyo, Athènes, Paris, New York, Copenhague, Francfort, Vienne, et même Pékin. Il a publié 8 monographies en autoédition et à de faibles tirages, dont le prix atteint désormais jusqu’à 600 $. L’ouvrage Ren Hang publié par TASCHEN sera donc sa première anthologie mondiale à parcourir l’ensemble de sa carrière à travers ses photos les plus appréciées et les plus populaires, dont beaucoup d’inédites, montrant hommes, femmes, Pékin, et même des érections.

16 juillet 2010

Kate Moss par Mario Testino (photographe)

Mario Testino est considéré comme le photographe de mode de sa génération. Mais ses photos de Kate Moss dépassent la mode. Fruit de plus de vingt ans d'amitié, de joyeuse connivence et de glamour phénoménal, cette collaboration mythique offre un aperçu intime de la vie et de l'esprit de deux créateurs de tendance.

"J'ai rencontré Kate très tôt. Juste après son premier défilé Galliano, je suis allé en coulisse pour la féliciter, mais je l'ai trouvée en larmes: elle était déçue qu'on ne lui ait pas confié plus d'une tenue à porter pour le défilé. Voilà ce que je lui ai répondu: "dans la vie, il y a les parfums et les eaux de Cologne. Il faut utiliser beaucoup d'eau de Cologne parce que l'odeur s'évapore, alors qu'avec du parfum, il suffit d'une seule goutte pour qu'il embaume toute la nuit. Tu es un parfum, tu es faite pour durer, et durer encore." Mais je ne savais pas encore à quel point ce serait vrai! Ni que je m'étais fait une amie pour la vie."

Nous offrant un précieux éclairage sur l’une des personnalités les plus secrètes du monde de la mode, Kate Moss nous fournit un aperçu de sa relation avec le célèbre photographe, dont elle révèle à la fois l'aspect professionnel et personnel.

"Mario m’a rendue plus glamour. Je pense que personne ne m’avait perçue comme un mannequin sexy avant lui. C’est lui qui m’a transformée. Avant, j’étais juste une fille un peu grunge, mais il m’a vue différemment. Il a été le premier à dire, "En fait, elle est assez sexy. Je vois ce qui se cache derrière ! Il y a autre chose !" Il m’avait vue avec une paire de chaussures à talons glamour et il a été le premier à me photographier comme ça... C’est sûr, il a changé la vision que les gens avaient de moi en tant que mannequin. Après, les autres se sont mis à faire pareil, mais il a été le premier."

Ce livre illustre l'évolution de l'une des collaborations les plus créatives de la mode, depuis les débuts dans les coulisses des défilés, à l'intimité des séances de pose pour les publications innovantes qu'ils continuent à produire pour les magazines les plus respectés au monde. De nombreuses photographies ont été choisies parmi les archives personnelles de Testino et sont ici publiées pour la première fois.

Et Kate de conclure : "Les gens sont totalement fascinés par Mario; quand ils le rencontrent, il est si généreux et altruiste, il n'est jamais centré sur lui-même. Il donne tellement de sa personne, toujours prêt à vous aider ou à vous apprendre quelque chose, il est extrêmement sensible aux autres et à qui ils sont. Quand il entre dans une pièce, c'est comme si on allumait la lumière. Il déborde de passion, d'énergie et de vie, tout ce qui fait de vous une superstar."

Ce livre est l'hommage personnel de Mario à sa plus grande muse: une jeune femme qui a capturé son cœur et son regard grâce à sa beauté, son humour et son esprit et dont l'image portée par ses photographies a conquis les imaginations du monde entier.

Le livre contient:

• Un avant-propos de Mario Testino

• Essai exclusif par Kate Moss

• Plus de 100 images noir et blanc et couleur PAN 4C, dont beaucoup de photographies personnelles inédites

• Édition cartonnée spéciale dans un luxueux coffret à rabats, tirage limité à 1.500 exemplaires signés.

À propos de l'artiste:

Le Péruvien Mario Testino vit actuellement à Londres, mais voyage beaucoup dans le cadre de séances photos pour Vanity Fair, GQ et les éditions américaine, britannique, française et italienne de Vogue. Ses autres clients incluent Estée Lauder, Burberry et Versace. Du Japon à l’Italie en passant par les Etats-Unis, les galeries d’art internationales lui ont consacré des expositions en solo. Son œuvre fait également partie des collections de nombreux musées aux quatre coins du globe, notamment la National Portrait Gallery et le Victoria & Albert Museum de Londres, ainsi que la New York University.

En vente chez TASCHEN

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13 juillet 2010

Voile intégral

Les députés ont adopté ce mardi par 335 voix contre une le projet de loi sur l'interdiction du port du voile intégral dans l'espace public. Les groupes UMP et Nouveau Centre ont voté pour. Le groupe socialiste et les Verts n'ont pas participé au scrutin ; les communistes et apparentés non plus, à l'exception d'André Gérin (PCF), qui avait présidé la commission d'enquête sur le voile intégral et qui a voté pour. Le Sénat examinera à son tour le projet de loi en septembre. (Reuters)

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10 janvier 2017

EVA & ADELE - YOU ARE MY BIGGEST INSPIRATION

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Jusqu'au 26 février 2017 au MAM (Musée d'Art Moderne)

Dans les collections permanentes. EVA & ADELE, autoproclamées The Hermaphrodite Twins in Art (Les Jumelles hermaphrodites dans l’art), sont un couple atypique et emblématique de l´art actuel. Les artistes dépassent les frontières des genres dans une transgression affirmée. Toujours vêtues de tenues identiques surprenantes et ultra féminines, maquillées de paillettes et le crâne rasé comme des hommes, elles cherchent à démontrer que l’identité sexuelle n´est pas une question simple. Tout en restant en retrait du système du marché de l’art, EVA & ADELE sont, depuis plus de 25 ans, de tous les vernissages, tous les lieux qu’elles considèrent comme des « socles de représentation ». Créant « l´événement dans l´événement », leurs apparitions ne relèvent pas de mondanités mais sont de véritables performances dont chaque détail est préalablement étudié et répété.

« Wherever we are is museum » Tout lieu où nous sommes est musée. (E&A). Considérant que tout ce qu’elles font est une œuvre d'art, EVA & ADELE fondent leur production artistique sur des idées d'échanges permanents avec le public, dans une véritable symbiose entre art et culture de masse, entre vie publique et sphère privée. Leur action est basée sur une réflexion sur le rôle social de l’artiste dans la société contemporaine.

« Coming out of the future ». Tout droit venues du futur. (E&A)

Refusant toute référence à leur passé avant leur rencontre en 1989, EVA & ADELE déclarent être venues du futur. Adoptant le mot « FUTURING » comme logo, les artistes souhaitent initier de nouveaux modes de vie et de genre.

L’exposition YOU ARE MY BIGGEST INSPIRATION est conçue à partir d’un don fait par EVA & ADELE au Musée d’Art moderne en 2013 : deux installations vidéo, deux sculptures et une édition.

- Hellas (1989/2001/2007), installation vidéo se déployant sur sept projections simultanées, évoque la toute première rencontre des deux artistes et illustre leur évolution progressive vers une identité sexuelle de plus en plus fusionnelle.

- Wings I, II et III (1997/98), vidéos, relèvent d’une démarche de répétition comme mode de progression.

- Non rien de rien (1991) et Biographische Skulptur n°7 (1993/2006), deux sculptures autobiographiques, intègrent des objets personnels.

- Polaroid Diary (1991/2005) est constitué de 1500 autoportraits en polaroïd réalisés quotidiennement par les artistes, selon un rituel très codifié avant de sortir et de se laisser photographier par d’autres.

L’exposition est complétée par une sélection d’œuvres phares, représentatives de leur activité depuis près de 25 ans, tels le camping-car rose (Biographische Skulptur n°2, B-EA 5800, 1999/2006), le premier « double » costume en vinyl rouge (Red Vinyl Costume, 1991), ainsi que plusieurs peintures de la série MEDIAPLASTIC. Dans cette dernière série, EVA & ADELE interrogent les mécanismes de la diffusion de leur image à travers les médias.

Une performance des artistes se déroulera lors du vernissage, et ponctuellement pendant toute la durée de l’exposition, notamment au moment de la FIAC.

Cette exposition est rendue possible grâce au soutien de Swatch aux artistes.

11 juillet 2010

Mediapart

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Mediapart: Des attaques "rétrogrades" (RSF)

Reporters sans frontières (RSF) a fustigé vendredi les attaques formulées par certains membres du gouvernement contre le site Mediapart, qui a récemment dévoilé des informations épineuses concernant l'affaire Liliane Bettencourt. Dans un communiqué, RSF déplore "tous les efforts pour allumer un contre-feu à l’affaire Woerth/Bettencourt dans l’espoir de la transformer en affaire Mediapart". "Les attaques de ces derniers jours contre la presse sont a prendre au sérieux. La dernière en date, consistant a vouloir rééquilibrer la liberté de la presse et le respect de la vie privee est partiulierement inquiétante et indigne d'un pays démocratique", clame Reporters sans frontières. "A ceux qui tiennent absolument à voir dans Mediapart un 'site de ragots' (Nadine Morano) manipulé et manipulateur indigne du terme de journaliste, nous souhaitons répondre que les méthodes adoptées par le gouvernement et des membres de la majorité pour s'attaquer a la presse sont rétrogrades" et "qu’il est légitime et, plus encore, nécessaire que la presse se livre à des enquêtes journalistiques sur le monde politique, même au moyen de document procurés sans autorisation", conclut l'organisme.

28 juin 2010

"Têtu" fête ses 15 ans

Pour ses 15 ans, « Têtu » prépare un numéro spécial été et fait appel à des célébrités pour customiser des pages de Une déjà parues. Julien Doré, Mylène Farmer et Valérie Lemercier se prêtent au jeu.

mylene_farmer_presse_tetu_20_08_2008_002Professionnels de la mode, acteurs, chanteurs et autres stars participeront à l’événement organisé par le magazine gay et lesbien « Têtu ». Jean Paul Gautier, Catherine Deneuvre, Pierre Bergé (propriétaire du magazine) et de nombreuses autres personnalités se lancent dans cette amusante aventure. Même les politiques seront représentés à travers la présence de Jack Lang (!), ancien ministre de la Culture sous François Mitterrand. Les lecteurs pourront ainsi découvrir sous un nouveau jour des numéros spéciaux qui ont marqué les esprits et fait évoluer les mœurs comme celui de Valérie Lemercier devenue androgyne ou encore celui de Mylène Farmer se rasant le visage avec conviction. Les originaux et les versions revues et corrigées sont exposés et mis en vente jusqu’au 25 août à la Reflexgallery, située dans le premier arrondissement de Paris. Les fonds récoltés seront ensuite versés au profit de l’association SOS homophobie. Le magazine gay friendly tient à son engagement pour la cause LGBT (Lesbienns, gays, bisexuels et transsexuels), marque de fabrique du mensuel né en juillet 1995.

Exposition spéciale « Têtu », du 24 juin au 25 août 2010, Reflex Gallery/Oral-bar, 62 Rue Jean Jacques Rousseau, 75001-Paris

26 juin 2010

"Gaypride party" au Crazy Horse

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Le Crazy Horse n'en finit de créer l'évènement. Après les prestations ultra-médiatisées de Dita Von Teese, Pamela Anderson et Arielle Dombasle, ou encore la récente collaboration très réussie du sexy cabaret avec le trublion de la danse contemporaine Philippe Decouflé, le saloon le plus en vue de la capitale organise LA soirée de l'après Marche des Fiertés parisienne 2010 (ex Gay Pride).

En association avec Spirit of star, créateur d’évènements chic et choc, le Crazy Horse ouvre donc ses portes ce 26 juin dès minuit aux plus friendly d’entre vous. Après présentation du spectacle Désirs, qui rencontre un vif succès depuis son lancement le 21 septembre 2009, le cabaret pousse ses fauteuils rouge (désir forcément…) pour devenir The place to be à savoir la discothèque la plus glam de l’année…

30 juillet 2019

Laetitia Casta se confie à Philippe Besson : découvrez son portrait en intégralité

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Vendredi, Laetitia Casta s’est dévoilée à l’état pur en posant pour deux couvertures de ELLE. Découvrez dans sa totalité l’article que lui a consacré l’écrivain Philippe Besson, et retrouvez sa série mode, actuellement en kiosque.

Elle incarne la féminité absolue mais aussi une forme de liberté. La sublime quadragénaire se confie à l’écrivain Philippe Besson sur l’importance de faire rêver, d’aimer et d’être soi. Irrésistible.

C’est une journée caniculaire, une journée de fin du monde, et, tandis que la chaleur m’accable, Laetitia Casta se présente à notre rendez-vous avec une fraîcheur désarmante. Je me dis que la vie est décidément injuste et je remercie aussitôt cette injustice. D’emblée, nous convoquons nos souvenirs communs : nous avons été voisins jadis, je la croisais le matin, tandis qu’elle accompagnait ses enfants à l’école. Elle sourit à cette évocation. Désormais, ils se débrouillent sans elle. D’ailleurs, quel genre de mère est-elle ? « Le contraire d’une mère égoïste. Mes enfants, je ne les ai pas faits pour moi et je les aime pour ce qu’ils sont. Ma fierté, c’est de les voir prendre leur envol. À mon fils, par exemple, je répète : “N’aie pas peur de ta sensibilité, au contraire, affirme-la, elle est ta meilleure arme dans le monde qui t’attend.” » Voudrait-elle être mère à nouveau ? Elle botte en touche : « Je vis le moment présent, je ne planifie rien. » Car, enfin, voilà deux ans qu’elle est mariée au sémillant Louis Garrel. Tout de même, elle aura attendu longtemps avant de passer devant monsieur le maire. Elle plaisante : « J’ai toujours pensé qu’il fallait se marier tard. Peut-être qu’à 80 ans j’essaierai l’opium. En réalité, j’ai toujours eu peur du mariage, alors que mes parents ont pourtant connu une union heureuse. J’ai fini par dépasser ma peur, mes a priori. C’est une question d’assurance. J’ai pris beaucoup d’assurance. Et puis, vous savez quoi, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. » Sur le site Konbini, elle avait décrit son mari avec ces mots : « maladresse, vivacité, fougue, intelligence ». Elle dit : « J’aurais dû parler aussi de son humour. Il est très drôle. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’avec lui je ne m’ennuie pas ! »

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LA PROMESSE D'UNE VIE EXTRAORDINAIRE

On imagine aisément qu’elle ne supporterait pas l’ennui. Elle confirme : « Toute petite, je me suis fait une promesse. Avoir une vie extraordinaire, c’est-à-dire qui sorte de l’ordinaire. J’ai été entendue par les étoiles. » Prend-elle toujours autant de plaisir à poser devant les photographes ? « Toujours, assène-t-elle. Songez qu’on fabrique du beau. C’est important de faire rêver. On n’est pas là pour assommer les gens… » Je lui fais remarquer que sa précocité dans le métier l’a tout de même privée de son adolescence. Elle est catégorique : « Je ne me suis pas sentie frustrée pour autant. J’ai voulu brûler cette étape. J’ai tout de suite eu envie d’appartenir au monde des adultes. D’ailleurs, au début, ma jeunesse m’a porté préjudice. On se méprenait sur moi : j’étais déguisée en lapin, mais il y avait un lion à l’intérieur. » Repensant au chemin parcouru depuis ses débuts, elle affirme n’éprouver aucun regret. « J’ai fait des conneries, ajoute-t-elle, mais, aussitôt, j’ai pensé : ce ne sont pas des conneries, ce sont des leçons. Quand on fait des choix avec son cœur, on ne peut pas se tromper. »

Une question me taraude : qui est la femme des photos ? Elle ou quelqu’un d’autre ? Y a-t-il une distanciation ? Une schizophrénie ? S’agit-il d’un rôle qu’elle interprète, comme au cinéma ? « Non, ça raconte quelque chose d’intime, on livre quelque chose de soi, on ne peut plus jouer seulement sur les choses extérieures, l’apparence. » Certaines photos cachent peu d’elle. Quel est son rapport à la nudité ? « Quand on arrive au monde, on est nu. Je n’ai pas à me cacher. Et je suis atterrée par la résurgence d’un certain puritanisme. J’aime, par exemple, la force que dégage “L’Origine du monde”, de Courbet. Mais montrer cette œuvre aujourd’hui, ça devient un acte politique. La censure m’horrifie. Finalement, la nudité, c’est un acte de rébellion. C’est affirmer son identité. » Dans le genre « j’assume tout » me revient qu’elle a accompli récemment un numéro de pole dance (oui, de pole dance) en décolleté pigeonnant et chaussures argentées sur la scène du Théâtre de la Porte-Saint-Martin, à Paris, aux côtés de Christophe, avec qui elle s’apprêtait à chanter en duo. La température était soudain montée dans la salle. « Je n’ai pas fait un numéro athlétique, précise-t-elle, mais plutôt sensuel. Je voulais jouer avec le spectateur, que ce soit comme un rêve. Alors, bien sûr, dès que ça déborde, ça pose problème mais, moi, ce que j’aime, justement, c’est quand ça déborde. »

DE L'ADMIRATION POUR LES GILETS JAUNES

On sait qu’elle a choisi de ne pas recourir à la chirurgie esthétique, dans une industrie qui révère la jeunesse. Elle s’en explique : « Le temps qui passe est mon ami. Je trouve ça beau de vieillir. J’attendais depuis longtemps d’avoir 40ans. Maintenant, ça commence à être vraiment intéressant ! » Et le plus fou, c’est qu’elle est absolument sincère. On sait aussi qu’elle n’a pas fait refaire ses dents, dans un monde qui traque impitoyablement les imperfections. Elle s’émeut que «la mode soit devenue parfois une fabrique de modèles, de clones, où tout est aseptisé, où on va même jusqu’à gommer les différences entre les sexes ». Elle se fait songeuse : « Chez Yves Saint Laurent, ce qui primait, c’était la beauté naturelle de la femme parce que cette beauté valorisait son travail, son art. » Elle se souvient du créateur avec tendresse et émotion : « C’est notre timidité qui nous a rapprochés. On se tenait la main et tout me paraissait plus facile. C’est lui qui m’a sortie du rang, lui qui m’a appris à sortir du rang. Lui qui m’a dit : “Tu seras actrice.” » Précisément, on l’a vue, il y a peu, dans « L’Incroyable Histoire du facteur Cheval », de Nils Tavernier. On la reverra bientôt sur Arte dans « Une île », une série fantastique qui propose une relecture moderne du mythe des sirènes. Comment accepte-t-elle les projets ?  « D’abord, mon obsession, c’est de ne pas refaire, de ne pas reproduire, mais, au contraire, de toujours tout remettre en jeu. Ensuite, il y a le sujet. Dans “Le Facteur Cheval”, ce qui m’a plu, c’est de raconter l’amour inconditionnel, le besoin mutuel de s’accompagner. Mon arrière-grand-mère, ma grand-mère accompagnaient leur mari, elles tenaient la maison, mais elles ne subissaient pas. » Ce qui tend à confirmer que, au cinéma, même quand on joue un rôle, on parle toujours un peu de soi. Du reste, le dernier film qui l’a profondément marquée, c’est « Douleur et Gloire », d’Almodóvar : « Il va au plus intime, et avec une honnêteté absolue. » Dès lors, je me sens autorisé à lui demander si elle a vu également « Les Estivants », de Valeria Bruni Tedeschi, où, sous le masque de la fiction, elle (en mannequin soutien-gorge) et Louis Garrel (en comédien infidèle et lâche) semblent apparaître. « Non, assure-t-elle. On m’en a parlé, bien sûr. Mais tout me glisse dessus. Moi, je vais à l’essentiel. » Manière de dire que tout cela n’est, au fond, que péripétie, détail. Plus tard, dans l’entretien, elle dira néanmoins : « Je n’aime pas blesser. Mais si on s’attaque à mon espace vital, alors je peux devenir redoutable. » En somme, il ne faudrait pas la chercher, la Casta. Mais revenons à l’« essentiel ». Ce serait quoi ? Qu’est-ce qui lui importe ? La politique ? Je lui rappelle qu’elle a exprimé de la sympathie pour le mouvement des « gilets jaunes ». Elle me coupe : « Non, pas de la sympathie, de l’admiration ! » Et, tout à coup, c’est très net, ça tient au regard qui se charge d’ombres, au corps qui se redresse, une ferveur nouvelle se manifeste : « Ils sont courageux. Vous avez vu les femmes ? Ce sont elles qui tiennent les comptes à la maison ! Les personnes âgées dans la rue ? Ça dit quelque chose de notre société, quand même ! Ce sont des gens qui galèrent en silence, et, tout d’un coup, ils sortent du silence. Moi, je viens d’un milieu très simple. Je sais ce qu’ils vivent. Ils dérangent, oui, et alors ? Avec eux, on ne sait pas sur quel pied danser ? Tant mieux ! On attendait cette révolution. Cela a réveillé les esprits, ouvert les consciences. La morale est simple : il faut arrêter de prendre les gens pour des cons. »

Elle enchaîne d’elle-même sur un autre combat, celui de #BalanceTonPorc. « Là aussi, les lignes ont bougé. J’ai vu le comportement de certains hommes changer. Ils font davantage attention, désormais. On ne doit pas tomber pour autant dans l’excès, il ne faudrait pas que la censure et la frustration produisent de l’agressivité. Ce qui importe, c’est qu’on comprenne qu’on n’est pas les uns contre les autres mais qu’on est ensemble. » Et puis, elle ne dit plus rien. Et moi non plus. Je comprends que le moment est venu de nous quitter. Cependant, juste avant de prendre congé, et parce que le moment s’y prête, et parce que je tiens à terminer sur une note de douceur, je lui demande, un peu gêné, quel est son meilleur souvenir de vacances. « La Corse, forcément, répond-elle aussitôt dans un sourire. J’empruntais un petit chemin seule, parce que, l’été, mes parents travaillaient, et j’allais nager. J’ai appris à nager dans les rivières. Et après m’être baignée, je m’allongeais sur les grosses pierres chauffées par le soleil. Je me souviens de l’odeur de menthe sauvage et du bruit strident que faisaient les libellules. Je n’ai oublié aucune sensation. » Elle ajoute : « Vous savez, je sais courir sur les cailloux. » On la croit volontiers. On se dit même que c’est ça qu’elle est d’abord : une femme qui court sur les cailloux avec une grâce infinie, comme si elle volait.

Retrouvez la série mode et l’interview de Laetitia Casta dans ELLE, actuellement en kiosque.

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Laetitia Casta, née le 11 mai 1978 à Pont-Audemer, dans l'Eure, est une actrice, mannequin et réalisatrice française. Elle débute dans le mannequinat à l'âge de quinze ans et est rapidement remarquée par photographes et stylistes. Jean Paul Gaultier est le premier à la faire défiler. En 1999, elle entame une carrière d'actrice de cinéma avec le film Astérix et Obélix contre César puis de théâtre en 2004 dans le rôle-titre d'Ondine. Elle est, en 2000, le modèle d'un des bustes de Marianne. Elle est faite chevalier des Arts et des Lettres en 2012. En 2016, elle dévoile la réalisation de son premier court métrage En moi à la Semaine de la critique au festival de Cannes.

25 juin 2010

"Teasing" : exposition photographique à la Galerie Orel Art

Galerie Orel Art

40 rue Quincampoix

75004 Paris

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Photographe : Vlada Krassilnikova

Teasing du 2 juillet au 25 septembre 2010

Après avoir exposé sa célèbre série ‘Moulin Rouge’ en 2005, la Galerie Orel Art est heureuse de présenter ‘Teasing‘, la nouvelle exposition de la photographe russe Vlada Krassilnikova.

Née à Oufa dans l’Oural, Vlada Krassilnikova possède la double nationalité, Française et Russe. D’abord gymnaste professionnelle plus danseuse de cabaret et de Music-hall à Moscou, elle est vite remarquée par Alain Bernardin, fondateur du Crazy Horse, qui la fait venir à Paris. Écartée de cette revue mythique pour sa grande taille, elle intègre en 1993 le cœur de ballets du Moulin-Rouge. Première danseuse russe à être engagée dans la troupe, elle en deviendra la danseuse soliste pendant dix ans. Une expérience qui lui permet de découvrir ce que signifie d’être l’objet de tous les fantasmes.

Parallèlement à son métier de danseuse et de mannequin, Vlada photographie ses camarades en coulisses. C’est à travers son regard et son expérience « de l’intérieur » qu’elle nous livre les émotions vraies cachées derrière l’illusion de la scène. Elle y étudie et décrypte l’intrigue de la performance et du langage corporel que les danseuses utilisent dans un jeu de séduction avec le spectateur. Dès 2003, Vlada Krassilnikova se consacre à plein temps à la photographie et se voit invitée d’honneur du Festival Européen de la Photo de Nu d’Arles. Remarquée par le magazine Paris Match, elle réalise trois portfolios de 10 pages sur le sujet de la féminité.

Métaphore d’un quotidien ici exalté au plus haut point, cette plongée photographique dans le monde du paraître dévoile les étapes du changement de personnalité essentiel à ces créatures féeriques. Teasing montre ainsi la réalité d’un travestissement aussi bien dicté par les lois du spectacle que par celles du social. La mise en lumière de cette métamorphose vouée à la séduction et au fantasme montre ici la relation secrète qui relie l’innocence au glamour. Ces clichés deviennent alors des pièces à conviction d’un monde à la fois factice et terriblement humain : apparaissent des icônes en attente, entre intimité et dévoilement, entre exhibition et pudeur, entre tendresse et dureté, entre euphorie et découragement, entre narcissisme et perte de confiance.

C’est sur ce clivage fragile du dédoublement de personnalité que le projet ‘Teasing’ dévoile l’acte de séduction comme une pure performance. Une approche contemporaine de la photographie, notamment par l’utilisation de l’image numérique dont les possibilités technologiques ouvrent un champ nouveau à son travail. Identifiable par ses cadrages, ses couleurs vives ou le jeu monochrome des ombres, l’esthétique de Vlada Krassilnikova pose un regard pudique, sensible et sensuel sur les réalités de la femme du XXIè siècle plus que jamais déterminée par son image.

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