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Jours tranquilles à Paris

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10 avril 2020

Helmut Newton

newton28

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10 avril 2020

Boris Johnson n’est plus en soins intensifs.

La condition du premier ministre britannique, atteint du coronavirus et traité depuis dimanche à l’hôpital St-Thomas de Londres, s’est améliorée selon la BBC. “Il est de très bonne humeur” et il remercie le NHS (le système de santé britannique) pour les “soins brillants” qu’il a reçus, a assuré un porte-parole du 10 Downing Street. Dominic Raab, le ministre des affaires étrangères, devrait continuer à le remplacer pendant encore quelques jours. Il n’a pas encore parlé à M. Johnson. ”Il est important de laisser se concentrer sur sa guérison”, s’est-il justifié, invitant la population à rester confinée en ce week-end de Pâques. Environ 8000 personnes ont succombé à l’épidémie au Royaume-Uni jusqu’à présent.

10 avril 2020

Vous êtes nos héros

heros

10 avril 2020

Le catholicisme en Bretagne

catholicisme bretagne

10 avril 2020

Covid-19 - La crise économique risque de disloquer la société

FOREIGN AFFAIRS (NEW YORK)

Le seul rôle de la politique économique aujourd’hui doit être de maintenir des liens sociaux forts, prévient cet économiste, qui dresse un parallèle entre la crise actuelle et la chute de l’Empire romain.

Mars 2020, le monde entier est touché par un fléau qu’il est incapable de contrer efficacement et dont personne ne peut sérieusement prédire la durée. Il ne faut pas analyser les répercussions économiques de cette nouvelle pandémie comme des problèmes ordinaires que l’on pourrait résoudre avec des solutions macroéconomiques.

Nous sommes peut-être sur le point d’assister à un basculement fondamental de l’économie mondiale. Dans l’immédiat, il s’agit d’une crise à la fois de l’offre et de la demande. L’offre diminue parce que les entreprises ferment ou font travailler moins de salariés pour les protéger du virus. La demande recule, parce que les gens restent chez eux et nombre des biens et services qu’ils consomment habituellement ne sont plus disponibles.

Un retour à l’économie naturelle

Le monde est peut-être face à un tournant radical : un retour à l’économie naturelle. L’exact opposé de la mondialisation. Alors que la mondialisation repose sur la division du travail entre les nations, un retour à l’économie naturelle pousserait les pays à rechercher l’autosuffisance. Ce changement n’est pas inévitable. Si les gouvernements parviennent à maîtriser et à surmonter la crise actuelle dans les six ou douze prochains mois, on reprendra probablement le chemin de la mondialisation – même si certains de ses fondements (comme la production en flux tendu) devront sans doute être revus.

Mais si la crise persiste, elle pourrait signer la fin de la mondialisation. Plus la crise dure, plus les obstacles à la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux s’installeront et plus la situation finira par sembler normale. Des groupes particuliers ayant intérêt à maintenir ce nouveau statu quo se formeront et la peur d’une nouvelle épidémie pourrait inciter les États à miser sur l’autosuffisance.

À cet égard, les intérêts économiques et sanitaires pourraient se rejoindre. Sachant que des millions de gens avaient l’habitude de prendre régulièrement l’avion, le fait d’exiger, par exemple, un simple certificat médical, en plus d’un passeport et d’un visa, représenterait un obstacle au retour au monde d’avant.

Un échange de biens excédentaires entre territoires

Cet effondrement pourrait ressembler à la chute de Rome, lorsque la désintégration de l’Empire romain d’Occident a fait émerger une multitude de petits territoires indépendants entre le IVe et le VIe siècle. Dans cette économie, le commerce se résumait à un échange de biens excédentaires entre territoires. Il ne s’agissait pas de se spécialiser dans une production pour un hypothétique acheteur. Ainsi que l’écrit l’historien F. W. Walbank dans The Decline of the Roman Empire in the West [Le déclin de l’Empire romain d’Occident, publié en 1946] :

Dans tout l’empire, on a assisté à un retour à l’artisanat de subsistance, destiné au marché local et aux commandes des environs.”

Dans la crise actuelle, les gens qui ne se sont pas entièrement spécialisés ont l’avantage. Si vous êtes capable de produire votre propre nourriture, si vous ne dépendez pas des réseaux publics de distribution d’eau et d’électricité, vous n’êtes pas seulement à l’abri de toute perturbation de ces services, vous êtes également mieux protégé d’une contamination car la nourriture que vous consommez n’est pas préparée par une personne potentiellement infectée et vous n’avez pas besoin de faire venir un réparateur, potentiellement contagieux, pour réparer quoi que ce soit chez vous. Moins vous êtes dépendant des autres, plus vous êtes protégé. Tout ce qui constituait un avantage dans une économie hautement spécialisée devient un inconvénient, et inversement.

Les gens ne pourront plus payer leurs factures

Le retour à l’économie naturelle ne serait pas guidé par les pressions économiques classiques mais par des préoccupations bien plus fondamentales, la peur des épidémies et de la mort. C’est pourquoi les mesures économiques classiques ne seront pas plus que des palliatifs : elles pourraient (et devraient) protéger ceux qui vont perdre leur emploi et ne possèdent souvent même pas de couverture santé. À mesure que ces gens se trouveront dans l’impossibilité de payer leurs factures, il s’ensuivra une série de chocs en cascade – des expulsions de domicile aux crises bancaires.

Reste que c’est sur le plan humain que le tribut sera le plus lourd et que les conséquences de l’épidémie risquent de conduire à une désintégration sociale. Ceux qui n’auront plus ni espoir, ni emploi, ni ressources pourraient facilement se retourner contre ceux qui sont mieux lotis. Aux États-Unis, près de 30 % de la population ne possède rien ou seulement des dettes.

Il faudra peut-être s’habituer aux scènes de pillage

Si cette crise produit encore plus d’individus n’ayant ni emploi, ni argent, ni accès aux soins, si ces gens tombent dans le désespoir et la colère, alors il faudra peut-être s’habituer aux scènes de pillage observées après l’ouragan Katrina à la Nouvelle Orléans en 2005 ou à des évasions de prisonniers comme récemment en Italie. Si les gouvernements doivent recourir à l’armée ou à des forces paramilitaires pour contenir des émeutes ou des atteintes aux biens, il est possible que les sociétés commencent à se déliter.

C’est pourquoi le principal objectif – si ce n’est le seul – de la politique économique devrait être de prévenir une telle dislocation sociale. Les pays avancés ne doivent pas se laisser aveugler par les indicateurs économiques, et notamment les marchés financiers, ils doivent se rappeler que le rôle essentiel de leur politique économique aujourd’hui est de maintenir des liens sociaux forts en cette période d’extrême pression.

L’économiste Branko Milanovic est spécialiste des inégalités et de la pauvreté. Il enseigne à l’université de la ville de New York.

Branko Milanovic

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10 avril 2020

Ali Mac Grow et Steve Mac Queen

ali mac grow et steve mac queen

10 avril 2020

Témoignage - “Au Pérou, nous n’avons rien vu venir”

perou (1)

COURRIER EXPAT (PARIS)

Le Pérou n’a ni les infrastructures ni les ressources nécessaires pour faire face à la crise sanitaire. Pour Léa Van Cuyck, qui vit à Cuzco, les autorités ont eu raison de fermer les frontières sans préavis et de décréter l’état d’urgence.

Ici, au Pérou, nous n’avons rien vu venir. Nous avions bien eu quelques pensées pessimistes à l’annonce d’un virus se propageant insidieusement sur la surface du globe, faisant fi des frontières, mais nous nous pensions à l’abri, loin des foyers épidémiques, dans nos vies bien tracées. Pourtant l’Amérique allait elle aussi être touchée de plein fouet. Nous ne voulions tout simplement pas y croire.

Jusqu’au mercredi 11 mars, quand le président Vizcarra (photo)  annoncé la mise en quarantaine de tous les ressortissants étrangers atterrissant sur le territoire, à la suite de la détection d’une soixante de cas de Covid-19. Branle-bas de combat dans notre agence de voyages : cette déclaration a fait l’effet d’un séisme. Nous n’avons pas voulu y croire.

Pourtant, c’était la seule mesure à prendre : le pays ne possède ni les infrastructures ni les ressources nécessaires pour faire face à une crise sanitaire d’une telle ampleur. Conscientes du péril, les autorités n’avaient ni le temps ni le droit de s’abandonner au déni. Il fallait absolument circonscrire l’épidémie le plus vite possible.

Soudain, un monde obéissant à de nouvelles règles

Fermer le pays avant la certitude d’une contamination aurait permis de tuer l’hydre dans l’œuf. Mais la population n’aurait pas compris l’application d’une mesure aussi radicale sans l’apparition de cet ennemi mortel sur le territoire national. Le virus que l’on pointait du doigt partout était enfin à nos portes. Nous pouvions commencer à avoir peur.

Au cours des soixante-douze heures qui suivent l’annonce du président Vizcarra, les informations se succèdent : le gouvernement décrète la ley de emergencia, ferme les frontières et suspend tous les vols internationaux en provenance et à destination de l’Europe et de l’Asie. Finalement, c’est l’annonce d’un confinement de deux semaines qui achève d’écailler le vernis de nos certitudes. De notre appartement, situé dans le quartier de Wanchaq, à Cuzco, nous nous sentons perdus et démunis. Nous envisageons le pire sans réellement pouvoir nous en convaincre.

Lundi 16 mars, première sortie depuis l’annonce du confinement. Un couvre-feu a été proclamé entre 18 heures et 5 heures du matin, laissant suffisamment de temps à la population pour s’organiser. Pourtant nous observons les premiers signes d’une folie collective : les gens se précipitent dans les supermarchés, ratissent les rayons et remplissent leurs voitures dans un tumulte erratique. Nous voilà devenus des spectateurs étrangers, ne comprenant pas cette agitation presque démente. Nous achetons rapidement ce qu’il nous faut pour les trois premiers jours de confinement et rentrons nous enfermer dans notre appartement, un aquarium aux parois de verre. Ses fenêtres seront le prisme par lequel nous observerons le monde à l’avenir, un monde obéissant à de nouvelles règles.

S’occuper l’esprit et les mains à tout prix

Alors que les supermarchés mettent en place des quotas pour éviter les pénuries, nous nous organisons de notre côté. Nous établissons un planning pour la semaine afin de hiérarchiser les tâches urgentes, nous occupant ainsi tout autant l’esprit que les mains. Nous consacrons notre première semaine de quarantaine aux reports et annulations de voyage. Personne ne sachant quand le confinement prendra fin et quand les frontières rouvriront, nous sommes dans un inconnu permanent.

Puis vient la deuxième semaine et l’annonce de la prolongation du confinement jusqu’à la mi-avril. La nouvelle nous assomme un peu, mais nous y étions préparés. Ne faisant plus que du télétravail à mi-temps, nous nous occupons de notre mieux. C’est l’occasion pour nous d’entreprendre tout ce que nous n’avons jamais le temps de faire. Pour ma part, je me lance dans l’apprentissage du japonais. Depuis plusieurs mois, je ne parvenais pas à y consacrer suffisamment de temps pour avancer. À raison de cinq à huit heures par jour, les semaines défilent plus vite, ne laissant aucune emprise aux pensées noires.

Chaque soir, comme si elles nous donnaient rendez-vous, des voitures de police défilent sous nos fenêtres, sirènes hurlantes et lumières clignotantes. Cette scène surréaliste se teinte cependant d’une incroyable banalité au fil des jours. Notre esprit s’est formaté, le confinement ne nous apparaît plus si contraignant. Nous attendons tout simplement que la vague pandémique s’essouffle, qu’elle se tarisse d’elle-même, pour nous permettre de reprendre le fil de nos vies, là où il s’était arrêté un mois plus tôt.

Croiser des visages anonymes dont seuls les yeux restent visibles nous paraît par contre toujours aussi incongru. Les masques ont quelque chose d’angoissant et de menaçant. Cela nous rappelle le couperet qui risque de s’abattre à tout moment, au détour d’une rue ou d’une rencontre fortuite. Mais il nous faut garder le moral et les exemples pour nous y aider ne manquent pas : la planète est en train de prendre sa première vraie bouffée d’oxygène depuis des décennies, la pollution reflue des grandes métropoles et les pays se tournent vers leurs producteurs locaux. Les industries se transforment pour s’adapter aux besoins du moment et les gestes de solidarité se multiplient. Malgré une désobéissance civile flagrante à travers le globe, des citoyens décident d’appliquer le confinement alors même que leur gouvernement n’a pas encore pris de décision officielle.

À l’heure où notre planète est en sursis, alors que le “jour du dépassement” apparaît un peu plus tôt chaque année, essayons de voir le positif sans pour autant oblitérer la tristesse et la détresse qui ont frappé des milliers de foyers ces derniers mois. Gardons à l’esprit que cette quarantaine prendra fin et qu’en attendant elle n’est pas vaine. Qu’elle ne l’a jamais été et ne le sera jamais. Respectons-nous et protégeons-nous les uns les autres en restant confinés.

Léa Van Cuyck

perou rien vu venir

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Source

Courrier Expat

PARIS

http://www.courrierinternational.com/expat

Lancé en avril 2016 et destiné aux expatriés français et aux candidats à l’expatriation, Courrier Expat offre des informations puisées dans la presse internationale sur l’environnement professionnel et personnel des Français de l’étranger, sur le même modèle que Courrier international. Ces infos sont organisées en trois rubriques : business, éducation, santé.

Courrier Expat explore également de nouvelles frontières, en alliant informations, services et dimension communautaire. Les lecteurs peuvent, en devenant membres du Club Courrier Expat, avoir accès aux informations du site, accéder à des conseils d’experts, consulter des offres d’emploi, participer à des forums et voyager grâce aux blogs de nos correspondants expatriés.

10 avril 2020

Extrait d'un shooting - photos : Jacques Snap

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10 avril 2020

Martial Lenoir - Noemie Mazella - Normal Magazine from Normal Magazine on Vimeo.

10 avril 2020

Miles Aldridge

miles aldridge

Miles Aldridge est un photographe britannique né en 1964 à Londres.

Son père était directeur artistique et sa mère mannequin. Passionné depuis son enfance par le Rock 'n' roll et la photographie. Il étudie dans une école d'art à Londres où il intègre un groupe de Rock 'n' roll tout en continuant en parallèle la photographie. Il devient peu à peu photographe de mode et apportera son talent à des magazines tels que Vogue au Japon, en Italie à la demande de Franca Sozzani, pour Numéro, Gloss, V, Citizen K, ou encore The New York Times Magazine.

Il a été le réalisateur de cinq vidéo-clips entre 1992 et 1994 pour les groupes Terrorvision, The Charlatans, The Verve, Ultra Vivid Scene et Michael Brook.

En 2014, il photographie une campagne de publicité remarquée pour la marque de lingerie Agent Provocateur.

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