En Bretagne le jardin est en fleurs....
Mort de Jean-Laurent Cochet, le maître de théâtre de Depardieu, Huppert, Auteuil, Béart...
DISPARITION - Le comédien et metteur en scène a formé des générations d'artistes dans son cours créé en 1965. Il vient de décéder à 85 ans.
Par Jean-Baptiste Garat
Ancien pensionnaire de la Comédie-Française au début des années 1960, il avait fondé sa propre école, le cours Cochet en 1965 et formé des générations de comédiens.
Jean-Laurent Cochet, comédien, metteur en scène et professeur d'art dramatique est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 85 ans, a annoncé son entourage au Figaro. Il était «le Maître le plus érudit de notre répertoire dramatique et lyrique», selon la formule de Pierre Gaxotte. Mais aussi «la mémoire théâtrale de ces quarante dernières années, et il réussit ce miracle d’en transmettre à lui seul l’essentiel».
Né en le 28 janvier 1935 à Romainville, Très tôt monté sur les planches, il devient pensionnaire de la Comédie-Française au début des années 1960. Il fonde ensuite sa propre école, le cours Cochet en 1966 et forme des générations de comédiens. De Gérard Depardieu à Maxime d'Aboville, en passant par Richard Berry, Emmanuelle Béart, Isabelle Huppert, Daniel Auteuil, Fabrice Luchini...
Avec Jean-Laurent Cochet, c'est un pan entier de l'histoire du théâtre français qui disparaît, lui qui avait mis en scène Jean Le Poulain, Suzy Delair, Danielle Darrieux, Jeanne Moreau, Claude Brasseur et tant d'autres. Au point que Jean d'Ormesson avait salué le maître de théâtre en des mots laudateurs. «Dieu a besoin des hommes. Molière, Racine, et les autres ont bien de la chance d’être servis avec tant de fidélité, d’enthousiasme et d’intelligence par Jean-Laurent Cochet, qui est leur délégué parmi nous», avait expliqué l'académicien.
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Le metteur en scène et professeur Jean-Laurent Cochet est mort
Fabienne Darge
Le comédien, fondateur du Cours Cochet à Paris, avait formé un grand nombre d’acteurs parmi lesquels Huppert, Luchini ou Depardieu
DISPARITION
Jean-Laurent Cochet est mort, mardi 7 avril à Paris, des suites du Covid-19, à l’âge de 85 ans. Il avait été hospitalisé à l’hôpital Bichat cinq jours plus tôt. Comédien, metteur en scène et professeur d’art dramatique, c’est surtout dans ce dernier rôle qu’il s’était illustré, en formant au fil de cinquante ans de pédagogie un nombre impressionnant de vedettes de théâtre et de cinéma. Gérard Depardieu, Isabelle Huppert ou Fabrice Luchini figurent à son tableau de chasse, mais aussi Daniel Auteuil, Emmanuelle Béart, Carole Bouquet, Richard Berry, Bernard Giraudeau, Mélanie Thierry, Andréa Ferréol, Stéphane Guillon et bien d’autres encore.
Né le 28 janvier 1935 à Romainville (Seine-Saint-Denis), il s’était tourné très tôt vers le théâtre, sous l’égide de professeurs eux-mêmes dépositaires de la grande tradition classique : Béatrix Dussane, Maurice Escande, René Simon ou Jean Meyer. En 1959, il entre comme pensionnaire à la Comédie-Française, où il restera jusqu’en 1963, jouant Molière, Marivaux ou Feydeau sous la direction de Jacques Charon ou de Jean Meyer.
Il se lance dès cette époque dans la mise en scène, qu’il va pratiquer jusqu’au début des années 2010, au fil de quelque quatre-vingts spectacles qui alterneront sans coup férir classiques du répertoire et succès du théâtre de boulevard : Molière croise Sacha Guitry ; Marivaux, André Roussin ; Musset, Françoise Dorin ; Labiche et Feydeau ne sont jamais bien loin.
« Travailler le passage du texte »
Dans ce théâtre qui ne s’embarrasse pas de modernité, les vedettes sont les bienvenues, et Jean-Laurent Cochet met en scène Suzy Delair ou Danielle Darrieux, Jacques Dufilho ou Claude Piéplu, Jean Le Poulain ou Thierry le Luron, Claude Brasseur ou Jean-Pierre Bacri, Jeanne Moreau ou Michèle Morgan. En 1962, il fait ses premières apparitions à la télévision avec l’émission Le Théâtre de la jeunesse, de Claude Santelli.
Mais c’est comme pédagogue qu’il restera dans l’histoire. En 1965, il ouvre le cours Cochet à Paris, où il va former et révéler à eux-mêmes un nombre impressionnant de comédiens. « Le talent, disait-il, cela n’existe pas. Le théâtre, c’est un métier qui se travaille. Les dons, c’est parfois dangereux car un élève doué a tendance à ne pas travailler. »
Fabrice Luchini, qui a toujours dit ce qu’il lui devait, et qui a été un des premiers à lui rendre hommage, le racontait dans un entretien au Monde en 2008 : « J’ai eu la chance d’apprendre le métier dans le cours de Jean-Laurent Cochet, où il fallait travailler le passage de texte, et pas la confidence personnelle. On devait d’abord apprendre à articuler pendant des heures. Moi, je suis comme Michel Bouquet : je viens sur scène pour passer quelque chose de plus grands que moi. Mais cela ne suffit pas d’aimer et d’admirer Baudelaire ou Molière : il faut savoir les phraser. Cela demande des années de pratique. Comme un pianiste, avec ses gammes. »
Isabelle Huppert « [se] souvien[t] surtout d’avoir passé des heures à l’écouter. J’étais fascinée, a-t-elle déclaré à l’AFP, par sa manière de poser les mots, de rythmer, de respirer les phrases (…). Chaque auteur avec lui devenait limpide. A son cours, j’étais plus spectatrice qu’actrice ».
Ce savoir à l’ancienne, qu’il opposait parfois de manière caustique à un art en pleine (r)évolution depuis les années 1960, de même que ses souvenirs émaillés d’anecdotes, de passion et d’indignation, Jean-Laurent Cochet les avait réunis dans trois livres, Mon rêve avait raison (Pygmalion, 1998), Faisons encore un rêve (Pygmalion, 2004) et L’Art et la Technique du comédien : comme un supplément d’âme (Pygmalion, 2010). Un savoir qu’il emporte aujourd’hui avec lui.
Le coronavirus dans le monde : plus de 73 000 morts et 4 milliards de personnes confinées…
Les trois mois écoulés depuis les premières suspicions de l’apparition en Chine d’un nouveau coronavirus ont plongé le monde dans un scénario catastrophe, du point de vue sanitaire, social et économique.
Plus de 73 000 morts, selon un décompte de l’Agence France-Presse (AFP), 4 milliards de confinés, une peur planétaire : les trois mois écoulés depuis les premières suspicions de l’apparition en Chine d’un nouveau coronavirus ont plongé le monde dans un scénario digne d’un film catastrophe.
L’Europe, le continent le plus frappé par la pandémie, espérait une confirmation de la lueur d’espoir du week-end, lorsque le nombre de décès avait baissé dans les deux pays en première ligne, l’Italie et l’Espagne. Mais si la tendance s’est poursuivie en Espagne, elle s’est inversée en Italie et en France, et s’est même aggravée au Royaume-Uni.
Au Royaume-Uni, plus de 50 000 cas, dont le premier ministre Johnson, en soins intensifs
Avec plus de 50 000 personnes testées positives au coronavirus et 5 385 décès, le Royaume-Uni est devenu l’un des pays d’Europe les plus violemment touchés. Boris Johnson a été admis, lundi 6 avril, en soins intensifs. Le premier ministre britannique, 55 ans, est le seul chef de gouvernement d’une grande puissance à avoir été contaminé par le SARS-CoV-2, qui a fait plus de 74 500 morts dans le monde.
Après avoir assuré que Boris Johnson restait « aux commandes » du gouvernement, Downing Street a été contraint de préciser que son ministre des affaires étrangères, Dominic Raab, avait finalement été prié « de le remplacer là où nécessaire ».
Aux Etats-Unis, 1 150 morts supplémentaires en vingt-quatre heures
Les Etats-Unis ont dépassé le seuil des 10 900 morts du Covid-19 depuis le début de la pandémie, avec 1 150 décès supplémentaires en vingt-quatre heures, selon le comptage, lundi soir, de l’université Johns-Hopkins. Le pays dénombre officiellement plus de 366 000 cas d’infection (avec quasiment 30 000 cas supplémentaires en vingt-quatre heures) et déplore 10 908 décès au total, selon cette base de données actualisée en continu.
Les Etats-Unis sont le pays du monde qui compte, de très loin, le plus de cas officiellement déclarés de Covid-19. Le nombre de morts causés par la maladie dans le pays augmente depuis plusieurs jours de plus de 1 000 morts quotidiennement, se rapprochant ainsi peu à peu du bilan déploré en l’Italie (16 523 morts) et en Espagne (13 341).
Aucun décès au cours des dernières vingt-quatre heures, selon la Chine
Trois mois après le premier mort enregistré en Chine, les autorités de ce pays annoncent n’avoir recensé aucune victime du Covid-19 au cours des dernières vingt-quatre heures. Les statistiques officielles du gouvernement sont toutefois remises en question, le nombre de décès pouvant sembler sous-estimé. Le pays, où le nouveau coronavirus est apparu fin 2019, avait fait état d’un premier décès le 11 janvier. Depuis, 3 331 personnes ont succombé à la maladie dans ce pays.
Après avoir dépassé le cap d’une centaine de victimes courant février, le nombre quotidien de décès s’est régulièrement réduit depuis, et le ministère de la santé n’avait fait état que d’un seul mort lundi. Les nouveaux cas de contamination diminuent aussi constamment depuis début mars, mais le pays est confronté à une deuxième vague d’infections venant de l’étranger, avec près d’un millier de cas cumulés, selon le ministère. L’organisme a fait état mardi de 32 nouveaux cas de contamination, tous d’origine importée. Les autorités ont aussi dénombré 30 nouveaux patients asymptomatiques, portant le total à 1 033.













