Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Jours tranquilles à Paris

Publicité
8 avril 2020

'NYC ROUGH' UNE NOUVELLE HISTOIRE VISUELLE PAR 'JUDICAËL PERRIN' {NSFW / EDITORIAL EXCLUSIF}

Le photographe Judicaël Perrin  et le mannequin Alex Feldman se sont associés pour l' éditorial exclusif de NAKID intitulé « NYC Rough ». L'histoire découle du dernier voyage de Perrin à la Fashion Week de New York où les deux se sont rencontrés. Ils ont conceptualisé l'idée et jeté un lieu ensemble à seulement 2 heures avant de repartir pour Paris. Ils disent: « New York ne dort jamais»,  mais cela ne vous laisse jamais non plus en paix, vous vous sentant toujours comme un moment pourrait être manqué. Alex sait mieux que quiconque à quel point le brillant et le brut sont comme des frères et sœurs dans la grande ville, et maintenant Perrin le fait aussi ..

Si vous aimez cette histoire visuelle, montrez-leur un peu d'amour, ce n'est qu'un aperçu des choses incroyables qu'ils ont créées - rendez-vous sur leur Instagram ci-dessous pour en savoir plus sur cet artiste génial et soutenir leur créativité et votre inspiration quotidienne en les suivant !

Découvrez plus de Judicaël Perrin

https://www.instagram.com/judefotografy/

judi20

judi21

judi22

judi23

judi24

judi25

judi26

judi27

judi28

Publicité
8 avril 2020

Applis, smartphones, les défis du pistage massif

David Larousserie Et Martin Untersinger

Certains prônent un suivi des malades du Covid-19 par le biais d’applications, au risque d’une surveillance de masse

Après les masques et les tests, les téléphones mobiles pour lutter contre la pandémie de Covid-19 ? Le 26 mars, une vingtaine de chercheurs du monde entier ont mis en ligne un « manifeste » insistant sur l’utilité des données téléphoniques en temps d’épidémie pour « alerter », « lutter », « contrôler » ou « modéliser ».

Chaque abonné mobile, en sollicitant des antennes relais, donne en effet à son opérateur un aperçu de ses déplacements. Les « simples » listings d’appels, après anonymisation, peuvent ainsi permettre de savoir comment se déplacent des populations, où se trouvent les zones à forte densité, donc à risque, de vérifier si des mesures de restriction de mobilité sont bien appliquées…

Ces techniques ont déjà fait leurs preuves dans des situations de crise, notamment contre Ebola. Et le 3 avril, l’ONG Flowminder a publié un rapport préliminaire d’analyse des mobilités au Ghana, grâce à un accord avec l’opérateur britannique Vodafone, permettant d’estimer le respect des restrictions imposées dans deux régions. Les données des opérateurs peuvent aussi améliorer les modèles épidémiologiques. Ceux-ci considèrent classiquement que les populations sont homogènes, avec des individus ayant les mêmes chances de se contaminer les uns et les autres.

La réalité est évidemment différente : les contacts sont plus nombreux à l’école que dans une entreprise, les adolescents sont plus « tactiles »… Les téléphones peuvent quantifier ces interactions dans différents lieux, voire diverses tranches d’âge. Ils peuvent aussi donner des indications sur leurs évolutions entre période normale et confinée. Un sujet sur lequel va travailler une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) en collaboration avec Orange.

Mais les téléphones peuvent parler plus précisément. Chercheurs et responsables politiques envisagent sérieusement l’utilisation des mobiles pour révolutionner le contact tracing, ou « suivi de contacts ». C’est-à-dire le pistage, grâce à des applications installées sur les smartphones, des malades et des personnes qu’ils sont susceptibles d’avoir infectées. La Chine, Singapour et la Corée du Sud ont déjà franchi le pas. Et de nombreux autres pays s’apprêtent à les imiter, comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne. En Europe, le dispositif qui semble tenir la corde n’est pas exactement le même qu’en Chine. Plutôt que de savoir où s’est rendu un malade, l’idée est d’identifier qui cette personne a côtoyé. Et cela, sans nécessairement accéder à ses déplacements, mais en détectant les téléphones à proximité, grâce notamment à la technologie sans fil Bluetooth.

Le 1er avril, PEPP-PT, un consortium de chercheurs européens, a annoncé être sur le point de lancer une infrastructure informatique permettant aux autorités sanitaires de construire une telle application de suivi des patients. Tout le code informatique sera ouvert, et le modèle est censé garantir la protection des données personnelles. Il doit permettre, espèrent-ils, de faire fonctionner ensemble des applications de différents pays, afin de s’adapter aux déplacements des populations. Les premières applications fondées sur ce protocole, dont les derniers tests sont en cours, pourraient arriver à la « mi-avril ». Plusieurs gouvernements suivraient de près leurs travaux.

Aux Etats-Unis, des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) développent une application similaire. Celle-ci fonctionnerait en deux phases. D’abord, il sera possible pour chaque utilisateur d’enregistrer, avec le GPS et le Bluetooth, ses déplacements et de les partager, ou non, avec une autorité de santé. Cette dernière pourrait, en agrégeant les informations reçues, diffuser les zones à risque auprès des utilisateurs. Les chercheurs assurent travailler sur des mécanismes cryptographiques rendant impossible pour l’autorité d’accéder aux données individuelles. Dans un second temps, les utilisateurs pourraient être avertis s’ils ont été en contact rapproché avec une personne malade. Cette équipe se targue, elle aussi, de collaborer avec de « nombreux gouvernements de par le monde » et d’avoir approché l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Nombreuses limites

La confiance dans cette méthode de suivi des contacts s’appuie sur une étude parue dans Science, le 31 mars, et réalisée par l’université d’Oxford. Les auteurs du rapport ont travaillé sur deux types d’actions censées calmer le moteur de l’épidémie (autrement appelé taux de reproduction, soit le nombre de personnes qu’une personne infectée peut contaminer) : l’efficacité à isoler les cas et la mise en quarantaine des personnes ayant été en contact avec un malade.

« La transmission, dans le cas du Covid-19, étant rapide et intervenant avant que des symptômes n’apparaissent, cela implique que l’épidémie ne peut être contenue par le seul isolement des malades symptomatiques », préviennent les chercheurs. D’où l’idée d’isoler aussi les contacts d’une personne contaminée. Cette parade est ancienne et souvent utilisée en début d’épidémie pour la juguler et pour déterminer les paramètres-clés de la maladie. Mais la technique a ses limites, car elle demande de remplir des questionnaires et des enquêtes de terrain pour retracer les parcours et les interactions sociales.

Les chercheurs britanniques d’Oxford estiment qu’il faudrait le faire avec au moins 50 % d’efficacité, voire 80 %, pour faire décliner rapidement l’épidémie. Or cela est impossible avec les méthodes de suivi de contacts habituelles. Seule une application sur smartphone remplirait les critères de quantité et de rapidité. « Le choix réside entre le confinement et ce suivi de contact par téléphone », résume Christophe Fraser, le responsable de l’équipe.

Certains chercheurs estiment aussi que ces applications pourraient être utiles lors du déconfinement des populations pour éviter une flambée épidémique. « Plutôt que de mettre en quarantaine des populations entières, nous pourrions le faire seulement avec ceux pour qui c’est nécessaire. La seule façon de faire tout ça, c’est de manière numérique », a affirmé, lors de la présentation du projet PEPP-PT, Marcel Salathé, directeur du département d’épidémiologie numérique de l’Ecole fédérale polytechnique de Lausanne.

Si ces applis présentent sur le papier un grand intérêt épidémiologique, personne n’a jamais tenté d’en développer une pour un pays entier en seulement quelques jours. Jusqu’ici, seules des initiatives localisées, aux résultats certes prometteurs, ont été expérimentées. « Nous pensons qu’une solution électronique de suivi de contacts à grande échelle peut fonctionner si des efforts considérables sont entrepris pour adapter son fonctionnement aux processus sanitaires existants, et si elle est adaptée à ses utilisateurs », explique le docteur Lisa O. Danquah, de l’école de santé publique de l’Imperial College, à Londres.

Les limites à ce type d’applications sont nombreuses. D’abord, on ne sait pas tout sur le SARS-CoV-2 : pendant combien de temps un patient est-il asymptomatique et contagieux ? Sur les surfaces, à partir de quelle « quantité » de virus le risque de contamination apparaît-il ? Jusqu’à quelle distance et pendant combien de temps considère-t-on qu’il y a eu un contact à risque ?

Du paramétrage du système dépendront le nombre de fausses alertes et le degré d’engorgement des lieux de dépistage. « Ces applications sont utiles, mais ce n’est pas une baguette magique. Cela peut faire partie d’un éventail de mesures. Il semble bien que les masques aient aussi un effet, par exemple, sur la propagation », rappelle Alain Barrat, physicien au Centre de physique théorique de Marseille, qui a travaillé avec des capteurs de courte portée dans des écoles et des hôpitaux pour recenser les interactions précises.

Il n’est pas non plus acquis que le Bluetooth soit capable d’évaluer finement la distance entre les individus. Les développeurs de l’application de Singapour expliquent que, pour un usage optimal, l’application doit être ouverte en permanence.

Données très sensibles

Par définition, ces applis ne fonctionneront que si elles sont installées par un nombre significatif d’individus. Le corollaire, comme le fait remarquer Michael Parker, professeur de bioéthique à l’université d’Oxford et coauteur de l’article de Science, est que les utilisateurs aient confiance dans le système.

Pour cela, il recommande la transparence du code informatique et son évaluation indépendante, la mise en place d’un conseil de surveillance avec participation de citoyens, le partage des connaissances avec d’autres pays… « Le fait que les gens restent libres de choisir et de ne pas installer l’application est aussi un garde-fou », ajoute-t-il. Un sondage réalisé les 26 et 27 mars par son équipe montre que 80 % des Français interrogés seraient prêts à installer une telle application. Une enquête qui a ses limites, les sondés s’étant prononcés uniquement sur l’application imaginée par les chercheurs, a priori peu gourmande en données personnelles.

Ce type de dispositif de suivi, à l’échelle d’une population entière, pose justement la question des informations personnelles et de leur utilisation par les Etats. Même si le dispositif ne repose pas sur la géolocalisation et que ces données restent sur le téléphone, d’autres informations pourraient, en effet, être collectées. Et la question de la sécurité du code de l’application – une faille permettrait à des pirates de s’emparer des données – est entièrement ouverte.

Quelle que soit la solution technique, ces dispositifs vont brasser des données très sensibles. Or, les scientifiques ont largement prouvé que le concept de données anonymes est trompeur. Certes, plusieurs experts estiment que ces applications ne sont pas condamnées à installer une surveillance de masse. Mais encore faut-il qu’elles fassent l’objet d’un développement informatique minutieux et vérifié, et qu’elles utilisent des algorithmes éprouvés. Le tout avec la mise en place de robustes garde-fous techniques et légaux. « Il est possible de développer une application entièrement fonctionnelle qui protège la vie privée. Il n’y a pas à faire un choix entre le “contact tracing” et la vie privée. Il peut y avoir un très bon équilibre entre les deux », assure Yves-Alexandre De Montjoye, expert reconnu, qui dirige le Computational Privacy Group à l’Imperial College de Londres. A condition de s’en donner les moyens.

8 avril 2020

Francesca Polverini

Francesca Polverini (1)

Francesca Polverini (2)

Francesca Polverini (3)

8 avril 2020

Mourir peut attendre de Cary Joji Fukunaga - Sortie du film reportée à l'automne à cause du coronavirus

Que peut-on encore attendre d'un James Bond après vingt-quatre films et près de soixante ans de bons et loyaux services ? Premier épisode à éclore après MeToo, l'un des enjeux majeurs de Mourir peut attendre sera assurément la question du féminisme. Jusqu'ici promoteur d'une mythologie sexiste marquée par une objetisation de la femme, la saga devrait connaître un rajeunissement revigorant avec la participation à l'écriture du script de Phoebe Waller-Bridge, géniale créatrice de Fleabag. On sait déjà que le film met un terme au consumérisme amoureux frénétique de son héros masculin en faisant revenir pour la première fois un personnage féminin dans un second film (Madeleine Swann donc, incarnée par Léa Seydoux). On sait aussi que ce sera le dernier tour de piste de Daniel Craig en Bond. Mourir peut attendre pourrait se révéler comme cet important opus transitoire semant ses graines avant le grand bouleversement : incarner la franchise par une femme.

En salle le 8 avril

8 avril 2020

Vu sur internet - j'aime beaucoup

jaime67

Publicité
8 avril 2020

Coronavirus : Guayaquil, la ville qui compte plus de décès causés par le Covid-19 que des pays entiers

Guayaquil, la plus grande ville d'Équateur, ne peut pas faire face à l'explosion du nombre de morts causés par le Covid-19.

Alors que le nombre de cas de Covid-19 augmente en Équateur, la plus grande ville du pays, Guayaquil, est confrontée à une crise de santé publique de grande ampleur.

Il ne s'agit pas seulement de places vides et d'hôpitaux bondés. À Guayaquil, la ville la plus peuplée d'Équateur, la pandémie de coronavirus a vu des gens s'effondrer dans les rues. Et il faut des jours pour que, suivant une liste d'attente, on emporte les corps des personnes qui meurent chez elles après avoir contracté le Covid-19.

La province de Guayas a enregistré plus de décès liés au coronavirus que l'ensemble des pays d'Amérique latine : 60 décès et 1 937 cas confirmés au 1er avril.

À elle seule, Guayaquil, la capitale de la région, abrite environ 70 % des cas recensés dans le pays. C'est l'une des principales villes du monde les plus touchées par le coronavirus.

8 avril 2020

Berck sur Mer - save the date - MANIFESTATION ANNULÉE à cause du coronavirus

cerfs volants

8 avril 2020

Charliee

charliee

charliee14

8 avril 2020

Covid-19 : « En France, l’obligation de porter le masque serait une révolution »

masques 147

Par Frédéric Keck, Anthropologue

Dans l’idéal des Lumières, le citoyen se présente à visage découvert dans l’espace public, d’où, en partie, le retard français sur cette mesure de protection contre la maladie due au coronavirus, explique l’anthropologue Frédéric Keck dans une tribune au « Monde ».

Une équipe de chercheurs de l’université de Hongkong vient de montrer dans un article publié dans la revue mensuelle Nature Medicine, le 3 avril, que le port du masque chirurgical réduisait de façon significative le risque de transmission du coronavirus par la toux ou par la simple respiration. Le même jour, l’Académie nationale de médecine en France recommande que le port du masque « grand public » ou « alternatif » soit rendu obligatoire pour les sorties nécessaires en période de confinement.

Si ces deux avis scientifiques étaient suivis, cela impliquerait une véritable révolution dans l’espace public en France. Le gouvernement français a en effet affirmé, au début de la crise du Covid-19, que les masques chirurgicaux devaient être réservés au personnel hospitalier et qu’ils ne protégeaient pas le reste de la population, celle-ci devant plutôt utiliser les « gestes barrières » comme se laver les mains ou tousser dans son coude.

Les responsables asiatiques, comme le directeur du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, George Gao, ou le doyen de la faculté de médecine de Hongkong, Gabriel Leung, affirmaient depuis plusieurs semaines que cette position, partagée par la plupart des Etats en Europe et en Amérique, était une erreur. La position française sur les masques ne tient pas seulement à une pénurie d’équipements due aux coupes budgétaires dans la préparation aux pandémies.

Elle s’explique également par une définition de l’espace public comme un lieu dans lequel le citoyen moderne se présente à visage découvert. Cet idéal des Lumières réalisé par la Révolution française s’est construit contre les masques dont l’aristocratie s’ornait dans les salons. Il s’est ensuite renforcé lorsque les autorités coloniales de la IIIe République ont imposé le retrait du foulard sur les photographies d’identité en Afrique du Nord.

L’interdiction du voile islamique

Il est devenu plus contraignant encore, voire oppressif, au cours des vingt dernières années lorsque le foulard islamique a été interdit par l’Assemblée nationale dans les écoles et les lieux publics, provoquant la réprobation de l’ensemble du monde arabe. En France, porter un morceau de tissu sur son visage est perçu comme un signe d’archaïsme et de domination ; se présenter le visage découvert est un signe de modernité et de libération.

A l’inverse, en Asie, le masque est un signe de modernité et c’est le fait de ne pas en porter qui est perçu comme un signe d’archaïsme. L’anthropologue Christos Lynteris a montré (notamment dans une tribune publiée par le New York Times, le 13 février) que le masque chirurgical inventé en Europe fut introduit en Chine en 1910 par un médecin chinois né en Malaisie et éduqué à Cambridge, Wu Lien-teh (1879-1960). Celui-ci montra que la peste pneumonique qui sévissait en Mandchourie se transmettait par voie aérienne, et il recommanda aux infirmiers et aux malades de porter un masque. Ses collègues européens et japonais étaient sceptiques sur son hypothèse, jusqu’à la mort d’un médecin français qui traitait ses patients sans porter de masque.

Les photographies des médecins chinois portant des masques circulèrent à travers le monde et conduisirent à l’adoption du masque par les médecins américains durant la pandémie de grippe de 1918.

Le port du masque fut ensuite abandonné en Occident, alors qu’il fut prescrit par le premier président de la République de Chine (1911-1912), Sun Yat-sen, formé en médecine à l’université de Hongkong, et par le président de la République populaire de Chine, Mao Zedong, lors de la guerre contre les Etats-Unis en Corée (1950-1953).

« L’homme malade de l’Asie »

La crise du SRAS, en 2003, imposa le port du masque à Hongkong, puis dans le reste de la Chine. On estime que 90 % de la population de Hongkong en portait au pic de l’épidémie. Le masque ne visait pas à se protéger de cette nouvelle maladie respiratoire, mais à protéger les autres pour ceux qui en détectaient sur eux-mêmes les symptômes.

Il devint un signe de solidarité collective et de conscience écologique dans une société très consciente des risques d’un développement économique accéléré : les maladies émergentes ou la pollution de l’air. Par contraste, les Chinois qui ne portaient pas de masques et qui crachaient par terre étaient perçus par les Hongkongais comme les symptômes de ce que les Européens appelaient au XIXe siècle « l’homme malade de l’Asie ».

« LA CRISE DU COVID-19 OBLIGE À UNE PERTE DE L’INNOCENCE OU DE L’INSOUCIANCE DANS L’ESPACE PUBLIC, ANALOGUE À CELLE QUE LE SIDA A IMPOSÉE DANS LES RAPPORTS AMOUREUX »

Si les Français se mettent à porter des masques pour limiter la transmission du Covid-19 et pour favoriser un déconfinement plus efficace, cela signifiera-t-il qu’ils auront dû suivre ce modèle de la modernité chinoise plutôt que celui des Lumières européennes ? Il faut se méfier d’une approche du masque en termes de culture ou de civilisation, et parler plutôt, en reprenant l’idée du philosophe Etienne Balibar, d’une révolution dans la civilité.

Le port du masque signifiera que la crise du Covid-19 aura marqué nos corps et nos esprits, comme la crise du SRAS a marqué ceux des populations asiatiques. Elle oblige à une perte de l’innocence, analogue à celle que le sida a imposée dans les rapports amoureux. De même, les attentats du Bataclan, en novembre 2015, ont mis fin à l’insouciance de la consommation d’un verre en terrasse. Nous porterons des masques en souvenir des victimes de l’épidémie pour protéger la population d’une maladie nouvelle qui nous affecte en commun. Ce ne sera pas un signe religieux et communautaire qui menace la laïcité, mais un signe public et commun de l’immunité collective.

Frédéric Keck est directeur du Laboratoire d’anthropologie sociale du CNRS, auteur des « Sentinelles des pandémies : chasseurs de virus et observateurs d’oiseaux aux frontières de la Chine » (Zones sensibles, 240 p., 20 €).

7 avril 2020

Deux bonnes mesures pour lutter contre le coronavirus

jogging

Publicité